ADP, un service public !

ADP 8.jpgLa collecte des signatures pour le référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris, commencée il y a deux semaines, a déjà réuni plus de 10 % du total à atteindre en neuf mois. Soumise par 248 parlementaires, la proposition de loi référendaire vise à « affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ». Il est possible de déposer son soutien dans les mairies des chefs-lieux de canton et via un site Internet dédié.

En cas de problème ou si vous avez besoin d’aide, contactez-nous !

ADP, notre trésor !

Saint Gratien

Ce matin dimanche 7 juillet, beau succès de notre initiative pour la collecte de signatures demandant un référendum sur la privatisation d’ADP.

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En centre-ville, des Gratiennois.e.s concerné.e.s, qui s’arrêtent pour échanger, demander des infos, et même signent sur place grâce à une tablette qui permet d’accéder au site officiel. Nous serons de retour le 14 juillet au même endroit ! En attendant, ci-dessous davantage d’infos sur les dessous d’une privatisation refusée par les Français.e.s, déjà échaudé.e.s par la vente de nos autoroutes. Et plus attaché.e.s au service public que certains le croient !

Une émission de France Inter à retrouver ici : « Les autoroutes, un « bijou » vendu au nom de la dette »  

Un dossier du « Monde diplomatique » à lire ici : « Aéroports de Paris, petites concessions entre amis« 

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Les aéroports de Paris doivent rester publics

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C’est parti : avant mars 2020, il faut réunir 4,7 millions de signataires pour s’opposer à la privatisation d’Aéroports de Paris. Même les non-franciliens et ceux qui ne prennent pas l’avion sont concernés par la privatisation éventuelle d’ADP.

ADP, c’est quoi ? Depuis 2005, ADP est une société anonyme dont le secteur privé détient la moitié du capital. Entre 2006 et 2016, ADP a versé 2 milliards de dividendes à ses actionnaires, dont 1,1 à l’État. Dans le même temps, ADP a perdu un emploi sur cinq. Ah, cherchez l’erreur… ADP est en tout cas une entreprise stratégique pour le développement économique, l’aménagement et la sécurité du territoire. 

ADP 7.jpgUn regroupement totalement inédit, de tous bords sauf LREM, s’oppose à sa privatisation : du PCF à LR, en passant par FI, le PS, Génération.s, sans oublier des syndicalistes, des citoyens, des associations…

Orly, Roissy, Le Bourget : 80% du trafic passagers et 90% du fret. Des aéroports de référence, qui doivent rester sous maitrise publique pour des raisons évidentes d’enjeux environnementaux (nuisances sonores, réduction des gaz à effet de serre…) et d’aménagement du territoire. Après le sandale de la privatisation des autoroutes, et avant d’autres privatisations prévues pour les barrages et la Française des Jeux, il est urgent de dire « stop » et de défendre le service public.

Comme l’explique un parlementaire de… droite : « je suis contre une privatisation dans une situation de monopole. Dès lors qu’on privatise, la puissance publique est pieds et poings liés ».

Le gouvernement argue du produit de la vente d’ADP, d’Engie et de la FDJ qui rapporterait 250 M€ destinés à un fond pour l’innovation. Mauvais calcul puisque ces entreprises rapportent actuellement 700 M€ annuels.

Enfin, cette mobilisation contre une privatisation est une démarche inédite mais qui pourrait redonner vigueur à la démocratie française. Quand les institutions sont verrouillées et imperméables à toute intervention des citoyens, le processus de « RIP », référendum d’initiative partagée, est une bouffée d’air pur.  

C’est la première fois que la procédure de référendum d’initiative partagée est initiée par des parlementaires et confirmée par le Conseil constitutionnel.

À partir de maintenant, nous avons 9 mois pour réunir 10 % du corps électoral soit 4,7 millions de signatures. C’est sans doute une des pétitions les plus ambitieuses de l’histoire mais en cas de succès, elle permettra, si le Parlement ne revoit pas la loi, de déclencher un référendum et de poser la question au peuple français.

Dès maintenant, signez contre la privatisation d’Aéroports de Paris !

Pour cela, il suffit de vous munir de votre carte d’identité ou de votre passeport et de vous rendre sur le site gouvernemental :  https://www.referendum.interieur.gouv.fr/

On en reparle ici très bientôt.

 

ADP : aux Français de décider !

adp 2Patrick Kanner :

« C’est aux Français de décider du sort d’ADP »

Entretien avec Patrick Kanner, président du Groupe socialiste et républicain au Sénat, paru dans l’Humanité du 11 avril 2019

Des parlementaires hostiles à la privatisation d’ADP se sont pour la toute première fois entendus en nombre suffisant pour réclamer l’organisation d’un référendum.

Les 248 parlementaires de gauche comme de droite ont signé une proposition de loi visant à organiser un référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Comment ce front s’est-il construit ?

Patrick Kanner Cette démarche est historique. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République, à la suite de la révision constitutionnelle de 2008, que plus de 185 parlementaires s’entendent pour lancer un référendum d’initiative partagée (RIP). Le texte a été déposé mercredi au bureau de l’Assemblée nationale, après un travail collectif. L’idée est née dès le rejet de la privatisation d’ADP par le Sénat, et a été confortée par le débat à l’Assemblée. Quand nous avons vu qu’il y avait une unanimité dans l’opposition, de gauche comme de droite, pour s’opposer à ce projet, nous nous sommes mis à la recherche d’outils pour contrer la volonté du gouvernement. Avec Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée, nous avons associé en premier lieu les deux groupes communistes du Sénat et de l’Assemblée, très hostiles à cette privatisation. Puis nous avons élargi le front grâce à des parlementaires LR, FI, LT, RDSE, UDI, UC et non-inscrits. Tous ensemble, nous avons su dépasser nos différences en considérant que l’intérêt national est en jeu. On retrouve ici, non pas l’esprit du CNR, ce serait peut-être un peu osé de ma part, mais en tout cas une haute conscience du rôle du politique.

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Quelles sont les étapes pour que ce référendum puisse être organisé ?

Patrick Kanner Il fallait d’abord réunir les signatures et déposer le texte le plus vite possible, car on ne peut pas lancer une procédure de RIP sur un texte promulgué depuis moins d’un an. Là, nous sommes dans les clous : la loi Pacte, qui contient la mesure de privatisation d’ADP, n’a pas encore été définitivement votée et encore moins promulguée. Le Conseil constitutionnel va maintenant devoir vérifier la conformité de notre proposition. Son travail sera totalement analysé, car c’est la toute première fois qu’il aura à se prononcer sur un RIP. Puis nous aurons neuf mois pour réunir la signature d’au moins 10 % du corps électoral, soit 4,7 millions de personnes, pour que le référendum soit enfin organisé. Nous sommes très clairement sur une course d’obstacles. Toute une année de bagarre nous attend. Si le Conseil constitutionnel nous y autorise, nous mènerons une campagne intense, avec l’ensemble des citoyens et de tous les élus locaux franciliens opposés à cette privatisation, pour obtenir l’organisation de ce scrutin.

Quelle question voulez-vous poser par référendum ?

Patrick Kanner Nous voulons donner au peuple français la possibilité d’affirmer ou non le caractère de service public national d’ADP, ce qui aura pour conséquence de rendre impossible sa privatisation. Pour nous, il va sans dire que les aéroports de Roissy, du Bourget et de Roissy sont d’intérêt national et qu’ils ne peuvent pas être bradés au privé. Nous estimons de plus qu’il serait complètement invraisemblable de le faire au sortir du grand débat national, sans consulter les Français, alors même qu’ils réclament sans cesse d’être davantage associés aux décisions politiques. C’est à eux de choisir. On ne peut pas recommencer une erreur aussi manifeste que celle de la privatisation des autoroutes sans avoir un échange construit avec les citoyens.

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Cette initiative parlementaire a-t-elle été rendue plus simple par le fait que les arguments utilisés font consensus ?

Patrick Kanner Absolument. Certains nous disent qu’il est scandaleux de signer avec la droite. Mais quand la défense de l’intérêt national est partagée et que nous avons la même analyse du problème, à un moment donné, il me semble normal d’avancer ensemble. Nous sommes tous d’accord pour dire que la privatisation d’ADP est une erreur en termes de souveraineté nationale, d’environnement et d’aménagement du territoire. Ce serait en plus une mauvaise opération économique, car ADP rapporte chaque année des dividendes à l’État. Le gouvernement dit vouloir dégager 250 millions d’euros par an avec cette vente, mais dire que c’est uniquement possible en vendant ADP est une plaisanterie alors que notre budget est de 330 milliards d’euros. En vérité, l’exécutif privatise pour combler les trous à la suite de mauvais choix  budgétaires. Il faut l’empêcher de vendre ce qui est à la fois l’entrée de la France et une poule aux œufs d’or. Et il faut en finir avec ce dogme de toujours moins d’État et moins de services publics en imaginant que le privé ferait forcément mieux. Il y a des limites à ne pas franchir : on ne doit pas toucher au patrimoine national et à ce qui relève d’un monopole aussi important.

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre