ADP doit rester public !

Privatiser les Aéroports de Paris ? Au peuple de décider !

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Le gouvernement voudrait privatiser sans aucun débat les aéroports de Paris. ADP gère les aéroports de Roissy, Orly, Le Bourget (à eux trois, ces aéroports voient passer plus de 105 millions de voyageurs chaque année), un héliport (Issy-les-Moulineaux) et dix aérodromes civils d’Île-de-France.

Cela concerne plus de 600 000 emplois directs et indirects, dont plusieurs dizaines de milliers dans le Val d’Oise : 2,2% de l’emploi en France. En Île-de-France, ADP joue également un rôle considérable. Il représente 5 % du PIB régional et 8 % de l’emploi régional.

ADP est notre bien commun comme tous les services publics et c’est aux Français et aux Françaises de décider de son avenir.

Pourquoi nous opposons-nous à la privatisation des aéroports de Paris ?

La privatisation d’ADP pose tout d’abord une question de souveraineté. ADP est notre première frontière avec l’étranger. Ses aéroports parisiens voient passer chaque année 105,3 millions de passagers. Comment imaginer privatiser une frontière ? Même aux États-Unis, le contrôle des grandes plateformes aéroportuaires reste public en raison de leur caractéristique d’infrastructure d’intérêt général au service de l’aménagement du territoire.

La privatisation serait aussi un non-sens économique. Selon Dominique Plihon, économiste membre d’Attac : « Budgétairement, cela n’a pas de sens ; c’est une rentrée d’argent à court terme lors de la vente mais une perte de finances à long terme pour l’État qui ne disposera plus des bénéfices d’ADP. » ADP rapportera 185 millions d’euros de dividendes à l’État en 2019, sur  600 millions de  bénéfices réalisés. L’État va de plus, devoir indemniser les actuels actionnaires d’ADP à hauteur de 1 milliard pour pouvoir privatiser.

Privatiser ADP serait une aberration écologique. ADP, c’est près de 7 000 hectares de bâtiments, de terrains, de pistes et d’infrastructures, l’équivalent des deux tiers du territoire de la ville de Paris. « Si Aéroports de Paris est privatisé, ça va probablement devenir la plus grande propriété privée de France sur laquelle on pourra bétonner et kéroséniser », craint l’historien et politologue Patrick Weil. L’écologie n’est pas compatible avec la finance ! Il est certain que privatiser ADP privera l’État de marges de manœuvre en matière de régulation du transport aérien très polluant. Les aéroports privatisés privilégient les gros-porteurs longs courriers, plus rémunérateurs pour les boutiques et services des aéroports, au détriment des petits et moyens courriers, lignes intérieures ou intra-européennes.

ADP représente un enjeu majeur pour l’aménagement du territoire. Fort de ses « 411 hectares de réserves foncières dédiées aux futurs développements immobiliers », le groupe juge possible de doubler sa surface de bureaux de 1,5 million de mètres carrés, déjà exploitée.  

La privatisation serait également une aberration constitutionnelle. L’écrivain et professeur de droit Paul Cassia a rappelé que notre constitution depuis 1946 interdit la privatisation d’un monopole de fait et d’un service public national. Or, c’est bien le cas d’ADP.

Enfin, c’est une décision anti-démocratique avec une concession de 70 ans au privé, assortie de conditions empêchant de fait un retour dans le giron public.

N’oublions pas non plus qu’il n’existe pas de cas de privatisation qui n’ait entraîné de suppressions d’emplois

Les privatisations, ce n’est jamais bon, ni pour nous, ni pour le pays. Ce sont les actionnaires qui en profitent, en rachetant à bas prix les biens publics et en réalisant un maximum de profit sur notre dos.

On le voit bien avec les autoroutes et les tarifs de l’électricité (+50 % en 10 ans). Les privatisations en France, ce sont aussi des dizaines de milliers de suppression d’emplois. Tout le monde a en tête le fiasco de la privatisation des autoroutes : +20% d’augmentation des tarifs, 6 000 emplois supprimés, une manne de plus de 2 milliards qui tombe chaque année dans les poches des actionnaires. A ce rythme-là, les 15 milliards payés en 2006 lors de la privatisation seront remboursés dans trois ans !

Un succès du référendum gênerait par contre le gouvernement pour concrétiser les autres projets de privatisation qu’il a sous le coude comme les barrages et les ports, ou encore la Française des Jeux. Ce pourrait être un coup d’arrêt aux privatisations.

C’est inédit en France : le peuple peut se donner les moyens de se prononcer sur une privatisation. En effet, la procédure du Référendum d’Initiative Partagée (RIP) a été lancée pour la première fois sous la Vè République, par le vote de 248 parlementaires de tous les courants politiques.

À nous de nous mobiliser pour obtenir que la décision  revienne au peuple et qu’un référendum soit organisé ! Faisons décoller le référendum contre la privatisation des aéroports de Paris !  

À Saint Gratien, tous les dimanches de 10h à 12h, nous recueillons les signatures en ligne sur le marché municipal. Il suffit de venir avec votre carte d’identité.  

Vous pouvez aussi signer la pétition sur le site officiel :

https://www.referendum.interieur.gouv.fr

Le référendum et le Conseil

Depuis ces dernières semaines, nous sommes engagés pour la collecte de signatures demandant un référendum sur la privatisation des aéroports de Paris.Nous sommes convaincus qu’un référendum sur ADP serait une occasion unique pour les Français de choisir eux-mêmes l’avenir de leurs services publics. C’est au peuple de décider si oui ou non Aéroports de Paris doit être privatisé. Ce processus référendaire a réuni 248 parlementaires de divers bords politiques.

Nous avons donc demandé au maire de notre commune d’inscrire à l’ordre du jour du prochain Conseil municipal le vote d’une motion appuyant la demande d’un référendum.

Voici le texte que nous proposions aux élus gratiennois. 

Motion proposée au Conseil municipal de Saint Gratien par le groupe « St Gratien solidaire et citoyen »

Le Conseil Municipal de Saint Gratien (95) réuni le jeudi 26 septembre 2019, affirme sa volonté de s’opposer à la privatisation du Groupe Aéroports de Paris ADP (Roissy, Orly et Le Bourget), dont le siège social est dans notre département, d’apporter son soutien à la démarche constitutionnelle du Référendum d’Initiative Partagée et de faciliter la participation des citoyennes et des citoyens.

Le Groupe ADP est le leader mondial de la conception, de la construction et de l’exploitation d’aéroports.

Le Groupe ADP est un acteur économique majeur et représente 600 000 emplois directs et indirects.

Le Groupe ADP est un outil majeur pour la transition écologique.

Le Groupe ADP est une des frontières majeures de la France.

Le Groupe ADP est un domaine foncier de plus de 7000 hectares.

À cela s’ajoute pour notre département, des enjeux de nuisances aériennes, de santé publique, d’accès à l’emploi et à la formation, d’aménagement du territoire et de structuration des transports publics.

Pour toutes ces raisons, il faut que le Référendum d’Initiative Partagée se tienne et donc qu’au moins 4,7 millions de citoyens l’exigent.

Aussi, nous proposons également que notre commune facilite la prise de parole citoyenne en

  • reprenant sur ses supports de communication l’existence du Référendum d’Initiative Partagée et notamment le site internet de signatures : referendum.interieur.gouv.fr
  • mettant en place une borne d’accès à Internet conformément à l’option ouverte par la circulaire préfectorale du 7 juin 2019,
  • recueillant les soutiens déposés par les électeurs en format papier (Cerfa) conformément à l’option ouverte par la circulaire préfectorale du 7 juin 2019

Hélas ! Cette motion ne sera pas proposée au vote du Conseil. Le maire vient de nous répondre négativement, arguant d’un manque de moyens humains et financiers de la commune. Les parlementaires de sa sensibilité politique ont pourtant soutenu la demande d’un référendum sur l’avenir d’ADP. Mais il estime qu’un vote du Conseil n’apporterait  » aucune plus-value sur la mobilisation des citoyens. »

Nous regrettons cette grande frilosité et ce peu d’engagement local. Un vote des élus municipaux sur ADP n’aurait bien au contraire pas manqué d’avoir un grand retentissement en ville. Nous notons de même que Saint Gratien s’investit bien peu : information confidentielle sur le site de la ville, affichage minimal sur les panneaux municipaux. Au-delà de ces si petites mesures de publicité, l’engagement des élus aurait eu un poids bien supérieur. Notre proposition de motion était par ailleurs tout à fait modifiable. Le fait est que le maire n’a pas souhaité s’engager trop visiblement contre la privatisation d’un service public pourtant essentiel, ni même voulu qu’un débat ait lieu au Conseil sur le sujet. 

Nous sommes quant à nous présents tous les dimanches matins à l’entrée du marché municipal pour proposer aux Gratiennois.e.s de signer pour un référendum.

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ADP, un service public !

ADP 8.jpgLa collecte des signatures pour le référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris, commencée il y a deux semaines, a déjà réuni plus de 10 % du total à atteindre en neuf mois. Soumise par 248 parlementaires, la proposition de loi référendaire vise à « affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ». Il est possible de déposer son soutien dans les mairies des chefs-lieux de canton et via un site Internet dédié.

En cas de problème ou si vous avez besoin d’aide, contactez-nous !

ADP, notre trésor !

Saint Gratien

Ce matin dimanche 7 juillet, beau succès de notre initiative pour la collecte de signatures demandant un référendum sur la privatisation d’ADP.

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En centre-ville, des Gratiennois.e.s concerné.e.s, qui s’arrêtent pour échanger, demander des infos, et même signent sur place grâce à une tablette qui permet d’accéder au site officiel. Nous serons de retour le 14 juillet au même endroit ! En attendant, ci-dessous davantage d’infos sur les dessous d’une privatisation refusée par les Français.e.s, déjà échaudé.e.s par la vente de nos autoroutes. Et plus attaché.e.s au service public que certains le croient !

Une émission de France Inter à retrouver ici : « Les autoroutes, un « bijou » vendu au nom de la dette »  

Un dossier du « Monde diplomatique » à lire ici : « Aéroports de Paris, petites concessions entre amis« 

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Les aéroports de Paris doivent rester publics

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C’est parti : avant mars 2020, il faut réunir 4,7 millions de signataires pour s’opposer à la privatisation d’Aéroports de Paris. Même les non-franciliens et ceux qui ne prennent pas l’avion sont concernés par la privatisation éventuelle d’ADP.

ADP, c’est quoi ? Depuis 2005, ADP est une société anonyme dont le secteur privé détient la moitié du capital. Entre 2006 et 2016, ADP a versé 2 milliards de dividendes à ses actionnaires, dont 1,1 à l’État. Dans le même temps, ADP a perdu un emploi sur cinq. Ah, cherchez l’erreur… ADP est en tout cas une entreprise stratégique pour le développement économique, l’aménagement et la sécurité du territoire. 

ADP 7.jpgUn regroupement totalement inédit, de tous bords sauf LREM, s’oppose à sa privatisation : du PCF à LR, en passant par FI, le PS, Génération.s, sans oublier des syndicalistes, des citoyens, des associations…

Orly, Roissy, Le Bourget : 80% du trafic passagers et 90% du fret. Des aéroports de référence, qui doivent rester sous maitrise publique pour des raisons évidentes d’enjeux environnementaux (nuisances sonores, réduction des gaz à effet de serre…) et d’aménagement du territoire. Après le sandale de la privatisation des autoroutes, et avant d’autres privatisations prévues pour les barrages et la Française des Jeux, il est urgent de dire « stop » et de défendre le service public.

Comme l’explique un parlementaire de… droite : « je suis contre une privatisation dans une situation de monopole. Dès lors qu’on privatise, la puissance publique est pieds et poings liés ».

Le gouvernement argue du produit de la vente d’ADP, d’Engie et de la FDJ qui rapporterait 250 M€ destinés à un fond pour l’innovation. Mauvais calcul puisque ces entreprises rapportent actuellement 700 M€ annuels.

Enfin, cette mobilisation contre une privatisation est une démarche inédite mais qui pourrait redonner vigueur à la démocratie française. Quand les institutions sont verrouillées et imperméables à toute intervention des citoyens, le processus de « RIP », référendum d’initiative partagée, est une bouffée d’air pur.  

C’est la première fois que la procédure de référendum d’initiative partagée est initiée par des parlementaires et confirmée par le Conseil constitutionnel.

À partir de maintenant, nous avons 9 mois pour réunir 10 % du corps électoral soit 4,7 millions de signatures. C’est sans doute une des pétitions les plus ambitieuses de l’histoire mais en cas de succès, elle permettra, si le Parlement ne revoit pas la loi, de déclencher un référendum et de poser la question au peuple français.

Dès maintenant, signez contre la privatisation d’Aéroports de Paris !

Pour cela, il suffit de vous munir de votre carte d’identité ou de votre passeport et de vous rendre sur le site gouvernemental :  https://www.referendum.interieur.gouv.fr/

On en reparle ici très bientôt.

 

ADP : aux Français de décider !

adp 2Patrick Kanner :

« C’est aux Français de décider du sort d’ADP »

Entretien avec Patrick Kanner, président du Groupe socialiste et républicain au Sénat, paru dans l’Humanité du 11 avril 2019

Des parlementaires hostiles à la privatisation d’ADP se sont pour la toute première fois entendus en nombre suffisant pour réclamer l’organisation d’un référendum.

Les 248 parlementaires de gauche comme de droite ont signé une proposition de loi visant à organiser un référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Comment ce front s’est-il construit ?

Patrick Kanner Cette démarche est historique. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République, à la suite de la révision constitutionnelle de 2008, que plus de 185 parlementaires s’entendent pour lancer un référendum d’initiative partagée (RIP). Le texte a été déposé mercredi au bureau de l’Assemblée nationale, après un travail collectif. L’idée est née dès le rejet de la privatisation d’ADP par le Sénat, et a été confortée par le débat à l’Assemblée. Quand nous avons vu qu’il y avait une unanimité dans l’opposition, de gauche comme de droite, pour s’opposer à ce projet, nous nous sommes mis à la recherche d’outils pour contrer la volonté du gouvernement. Avec Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée, nous avons associé en premier lieu les deux groupes communistes du Sénat et de l’Assemblée, très hostiles à cette privatisation. Puis nous avons élargi le front grâce à des parlementaires LR, FI, LT, RDSE, UDI, UC et non-inscrits. Tous ensemble, nous avons su dépasser nos différences en considérant que l’intérêt national est en jeu. On retrouve ici, non pas l’esprit du CNR, ce serait peut-être un peu osé de ma part, mais en tout cas une haute conscience du rôle du politique.

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Quelles sont les étapes pour que ce référendum puisse être organisé ?

Patrick Kanner Il fallait d’abord réunir les signatures et déposer le texte le plus vite possible, car on ne peut pas lancer une procédure de RIP sur un texte promulgué depuis moins d’un an. Là, nous sommes dans les clous : la loi Pacte, qui contient la mesure de privatisation d’ADP, n’a pas encore été définitivement votée et encore moins promulguée. Le Conseil constitutionnel va maintenant devoir vérifier la conformité de notre proposition. Son travail sera totalement analysé, car c’est la toute première fois qu’il aura à se prononcer sur un RIP. Puis nous aurons neuf mois pour réunir la signature d’au moins 10 % du corps électoral, soit 4,7 millions de personnes, pour que le référendum soit enfin organisé. Nous sommes très clairement sur une course d’obstacles. Toute une année de bagarre nous attend. Si le Conseil constitutionnel nous y autorise, nous mènerons une campagne intense, avec l’ensemble des citoyens et de tous les élus locaux franciliens opposés à cette privatisation, pour obtenir l’organisation de ce scrutin.

Quelle question voulez-vous poser par référendum ?

Patrick Kanner Nous voulons donner au peuple français la possibilité d’affirmer ou non le caractère de service public national d’ADP, ce qui aura pour conséquence de rendre impossible sa privatisation. Pour nous, il va sans dire que les aéroports de Roissy, du Bourget et de Roissy sont d’intérêt national et qu’ils ne peuvent pas être bradés au privé. Nous estimons de plus qu’il serait complètement invraisemblable de le faire au sortir du grand débat national, sans consulter les Français, alors même qu’ils réclament sans cesse d’être davantage associés aux décisions politiques. C’est à eux de choisir. On ne peut pas recommencer une erreur aussi manifeste que celle de la privatisation des autoroutes sans avoir un échange construit avec les citoyens.

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Cette initiative parlementaire a-t-elle été rendue plus simple par le fait que les arguments utilisés font consensus ?

Patrick Kanner Absolument. Certains nous disent qu’il est scandaleux de signer avec la droite. Mais quand la défense de l’intérêt national est partagée et que nous avons la même analyse du problème, à un moment donné, il me semble normal d’avancer ensemble. Nous sommes tous d’accord pour dire que la privatisation d’ADP est une erreur en termes de souveraineté nationale, d’environnement et d’aménagement du territoire. Ce serait en plus une mauvaise opération économique, car ADP rapporte chaque année des dividendes à l’État. Le gouvernement dit vouloir dégager 250 millions d’euros par an avec cette vente, mais dire que c’est uniquement possible en vendant ADP est une plaisanterie alors que notre budget est de 330 milliards d’euros. En vérité, l’exécutif privatise pour combler les trous à la suite de mauvais choix  budgétaires. Il faut l’empêcher de vendre ce qui est à la fois l’entrée de la France et une poule aux œufs d’or. Et il faut en finir avec ce dogme de toujours moins d’État et moins de services publics en imaginant que le privé ferait forcément mieux. Il y a des limites à ne pas franchir : on ne doit pas toucher au patrimoine national et à ce qui relève d’un monopole aussi important.

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre