Triste Sénat

Une véritable démonstration de cynisme. En votant la suppression de l’aide médicale d’État (AME), la droite sénatoriale, épaulée par l’extrême droite et le silence d’un gouvernement divisé sur la question, a prouvé une nouvelle fois que, chez eux, le bien commun et la rationalité passent après l’opportunisme politique. De fait, adoptée par 200 voix contre 136 dans le cadre du débat sur le projet de loi immigration, cette mesure ne s’appuie sur aucun argument crédible. Au contraire. Des milliers de praticiens, jusqu’au prix Nobel de médecine, rappellent les risques de restreindre l’accès à ce dispositif réservé aux sans-papiers malades. Des alertes que la droite a balayées d’un revers de main, préférant surfer, comme le RN, sur la figure fantasmée de « l’immigré profiteur », dont les deux formations ont fait leur marchepied électoral.

Le dossier de l’AME symbolise les errements du débat sur l’immigration, hystérisé et manipulé. Trop chère cette aide ? Le milliard annuel représente 0,5 % des dépenses de santé en France. La fraude ? D’après l’Igas, elle pèse à peine 1 % de ces 0,5 %. « L’appel d’air » suscité par l’AME ? Une farce. Le non-recours aux soins prédomine chez les sans-papiers dont la grande majorité, selon les associations, ignorerait même l’existence de cette aide.

La droite est dans un mépris des réalités. Mépris qui place toute la population en danger. La crise du Covid l’a montré : la santé de quelques-uns nous concerne tous. Les virus n’ont pas de frontières. Réduire l’aide médicale aux cas les plus graves, comme le veulent la majorité sénatoriale et le ministre de l’Intérieur, retardera les prises en charge de pathologies, parfois infectieuses comme la tuberculose, multipliera les contagions. Et, au final, dégradera l’état de santé de patients dont les soins coûteront plus cher à la collectivité. Un non-sens complet. Sanitaire, économique et tout simplement humain.

Créée en 2000 par la gauche, l’AME reste l’honneur de notre pays. Au-delà des considérations de santé publique, elle dit beaucoup de la valeur universelle accordée aux vies humaines. Notre démocratie peut encore se targuer de ne pas faire de hiérarchie entre les existences, celles qu’il faut sauver et les autres qu’on peut délaisser parce qu’étrangères.

Espérons que les parlementaires de l’Assemblée nationale, où le texte viendra en débat début décembre, sauront rappeler ces évidences à une droite en pleine surenchère xénophobe.

Masculin, féminin, neutre

Pris dans la tourmente des catastrophes qui traversent le monde, on a quelque difficulté à s’intéresser à un sujet qui paraît si anodin… Pourtant, puisque le Sénat y a consacré son temps, penchons-nous sur ce thème qui fait tant débat : l’écriture « inclusive ».

Nous l’utilisons volontiers sur ce blog et dans nos expressions en général. Une exception : notre tribune municipale, limitée à 1 333 signes, ce qui nous interdit hélas de féminiser nos termes, sauf à dépasser l’espace qui nous est imparti. On regrette bien alors de ne pouvoir accorder au féminin la place qu’il mérite !  

Les sénateur·trices ne sont pas les seul·es à s’être penché·es sur ce problème crucial, puisque même le Président a cru bon d’affirmer qu’en bon français, « le masculin faisait le neutre ». Une formule alambiquée pour nous expliquer qu’en grammaire le masculin ne désigne pas que des hommes. Il ajoute qu’il est donc inutile de rajouter ce « point médian » diabolique qui rendrait tout texte illisible.

Plusieurs remarques.

Tout d’abord, le Président n’est pas notre linguiste en chef. Ce n’est pas lui qui décide fort heureusement de l’évolution de notre langue. Toute langue vivante se transforme au fil du temps, des mots nouveaux apparaissent et les formes grammaticales ne sont pas immuables.

Ensuite, E. Macron semble réduire l’écriture inclusive au seul point médian. Sauf qu’il existe bien des manières de faire apparaître dans nos écrits la moitié de l’humanité. On connaît tou·tes les expressions du type « Gratiennois, Gratiennoises », ou les écritures comme « né(e) le… », ou encore les fameux mots « épicènes » tels que « élève » ou « camarade »  qui pour le coup, n’oublient personne.

Et en remontant un peu le temps, on sait que la règle qui veut que « le masculin l‘emporte sur le féminin » est finalement assez récente, et qu’on utilisait encore il y a peu l’accord dit « de proximité » pour ainsi écrire : «  les garçons et les filles sont assises ».

Bref, tout cela semble plus subtil que la seule assertion péremptoire du Président. Lequel s’inquiète des difficultés de lecture que l’écriture inclusive engendrerait. On lui suggère alors d’accorder à l’école publique, si dégradée, les réels moyens pour que le français y soit correctement enseigné. De profs formé·es, des effectifs réduits, des maîtres et maîtresses spécialisé·es dans l’aide aux élèves en difficulté scolaire, par exemple.

Enfin, les temps changent. On a beau nous expliquer, à nous pauvres femmes, que nous sommes incluses dans les formules au masculin, que penseraient donc les hommes qui entendraient aux infos : « bonjour à toutes, les Françaises sont intéressées par les voitures électriques »,  « les dirigeantes européennes sont inquiètes », « les manifestantes battent le pavé », car « le pouvoir d’achat des ouvrières est fragilisé » pendant que « les actrices se préparent pour le festival de Cannes ». Comprendraient-ils que cela inclut aussi les hommes ? « Les réactions qu’une telle expérimentation ne manquerait pas de susciter nous permettraient de saisir le caractère non anecdotique de ces questions », nous disent Maria Candea et Laélia Véron, dans leur petit manuel d’émancipation linguistique (« Le français est  à nous », Éd. La découverte) .

L’écriture inclusive n’est pas une lubie moderne, nous rappelle l’historienne du langage Éliane Viennot. C’est l’Académie française, on ne peut plus masculine, qui a par exemple œuvré à la disparition des noms féminins qui désignaient les métiers ou fonction des femmes… des écrivaines et des autrices existaient jusqu’au 17è siècle.     

Les choses et la langue évoluent, et même à Saint Gratien. Longtemps j’ai reçu -non sans énervement- des convocations envoyées à « Isabelle Volat, conseiller municipal ». Longtemps, on nous a intimé l’ordre de nous adresser à « madame LE maire », lorsque la première magistrate était une femme. Ce qu’on appelle un « solécisme », c’est à dire une syntaxe incorrecte… Aujourd’hui, son titre est bien devenu « madame LA sénaTRICE ». Tout change, rien n’est désespéré. On imagine toutefois que malgré cette évolution personnelle, son vote au Sénat n’a pas été favorable à l’écriture inclusive…  

En savoir plus…

Lutter contre les nuisances aériennes

Je viens de signer sur le site de l’association « Advocnar » cette pétition pour lutter contre les nuisances aériennes de l’aéroport de Roissy.

Nous la proposerons au vote du prochain Conseil municipal de Saint Gratien.

La réduction du transport aérien est une impérieuse nécessité pour la santé des riverains des aéroports et pour la préservation du climat.

À Roissy, l’Advocnar demande la réduction du nombre de vols à 440 000, soit une baisse de 10% par rapport à 2019, ainsi qu’un couvre-feu de 8 heures consécutives. D’autres aéroports bénéficient de cette mesure qui préserve quelque peu le sommeil des riverains.   

L’affaire est d’autant plus urgente à Roissy que Air France vient d’annoncer  son départ d’Orly et le regroupement des vols à Roissy.    

Signer une pétition… ça peut être utile ! L’Advocnar a ainsi réussi après une campagne de mobilisation, à faire abandonner le projet d’extension de l’aéroport de Roissy, le Terminal 4. Cet agrandissement aurait été synonyme d’aggravation importante des nuisances.  

Texte de la pétition ci-dessous  

Destinataire(s) : A l’attention de Mme Elisabeth Borne (Première Ministre), M. Clément Beaune (Ministre délégué chargé des transports) et M. Christophe Béchu (Ministre de la transition écologique)

Comme à Amsterdam, le trafic aérien à Roissy doit être plafonné pour la santé et le climat !

Campagne lancée par ADVOCNAR et Collectif Non au T4

Nous, associations de défense de l’environnement et des populations survolées, demandons le plafonnement de l’aéroport de Roissy à 440 000 mouvements/an ainsi qu’un couvre-feu nocturne de 8 heures consécutives, afin de protéger le climat et la santé des Franciliens.

Pourquoi faut-il agir maintenant ?

Le gouvernement des Pays-Bas a pris une décision historique : plafonner le trafic de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol à 440 000 mouvements/an, en dessous du niveau de 2019, pour protéger les riverains et le climat. Nous demandons une mesure identique à l’aéroport de Roissy, qui connaît un trafic similaire à celui d’Amsterdam-Schiphol (environ 500 000 mouvements/an en 2019).

En effet, la situation sanitaire est critique autour de Roissy, le plus grand aéroport d’Europe en nombre de vols, de jour comme de nuit. Dans une tribune, plus de 100 professionnels de santé dénoncent le grave impact sanitaire du bruit aérien, avec jusqu’à trois années de vie en bonne santé perdues sous les couloirs aériens de cet aéroport et 1,4 millions de Franciliens exposés à un niveau de bruit aérien qui dépasse le seuil recommandé par l’OMS.

De plus, la baisse du trafic aérien est nécessaire pour tenir nos engagements climatiques car les progrès technologiques et les carburants alternatifs ne suffiront pas, comme le soulignent l’ADEME, le Haut conseil pour le climat et l’étude Aviation-climat de l’ISAE SUPAERO. L’aéroport de Roissy pèse lourdement dans le bilan carbone de notre pays : près de 4 % de nos émissions de CO2 ! Et beaucoup plus si on intègre – comme nous devrions le faire – l’effet sur le climat des traînées de condensation et des oxydes d’azote émis en altitude.

Le trafic aérien ne peut plus continuer à croître – à Roissy comme sur les autres plateformes françaises et européennes – et doit même décroître, sans report sur d’autres aéroports, pour protéger la santé et le climat.

Signez et partagez cette pétition ! Grâce à vous, nous avons remporté une grande victoire avec l’abandon du projet d’extension de Roissy, le Terminal 4. Mobilisons-nous à nouveau ! Ensemble, nous pouvons obtenir une décision politique comme à Amsterdam.

Premiers signataires :

ADVOCNAR, collectif Non au T4, Greenpeace, Alternatiba Paris, FNE IDF, Réseau environnement santé, Notre affaire à tous, Rester sur Terre, UFCNA, UECNA, CGT de l’aéronautique, les Amis de la Terre Val d’Oise, Greenpeace Paris, Val d’Oise environnement, SOS vallée de Montmorency, CIRENA, FNE Seine et Marne, AREC, DIRAP, Environnement 93, MNLE-93NEP, Aulnay environnement, ONASA, CSNA, Amis de la Terre Val de Bièvre, Pensons l’aéronautique pour demain, coordination des luttes locales d’Ile de France

Signez la pétition

Site de l’Advocnar

Les vieux campeurs de Gonesse

Le « Triangle de Gonesse » n’a pas fini de faire parler de lui. Voilà un grand projet néfaste et largement contesté. Après l’abandon du mégalo « Europacity », on pouvait espérer que ces terres fertiles, parmi les dernières d’Île-de-France,  allaient enfin être sauvées de l’artificialisation. Le projet de transition écologique « Carma » apportait une solution durable pour répondre aux besoins, notamment en matière d’autonomie alimentaire, des populations locales. Hélas ! Le bétonnage de la zone n’est pas abandonné, avec projet de cité scolaire dans une zone pourtant déclarée inadaptée à l’habitat pour cause de nuisances aériennes insupportables, et une gare.. loin de toute habitation.

Mais c’est compter sans la détermination de vieux mais robustes campeurs, récemment installés sur le site !

Un salut amical à Roland, infatigable militant présent dans toutes les mobilisations !

Un article de l’Humanité de ce jour raconte cette lutte.  À lire ci-dessous.

Des vieux campeurs en lutte contre l’artificialisation de Gonesse

Depuis dimanche 1er octobre, une quinzaine de militants retraités occupent un terrain de Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. Une action de désobéissance civile pour défendre les terres fertiles contre la bétonnisation et la construction d’une cité scolaire.

Le groupe de militants retraités se sont installés sur une petite parcelle d’un terrain municipal de Villiers-le-Bel.

Il est 10 h 15. Étienne, seul jeune du campement, se réveille tout juste, embarrassé d’avoir raté la réunion du matin. « Avec la planète qu’on va te laisser, tu méritais bien de dormir un peu plus », s’amuse Djissi, membre du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).

Dans les tentes qui entourent le barnum, ils sont une quinzaine à camper, par relais, depuis le 1er octobre. Sur cette petite parcelle d’un terrain municipal de Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise, le CPTG a décidé d’installer sa « Ziac », pour zone imaginative d’aménagement concerté : un « camping sauvage » censé visibiliser leur lutte contre la bétonnisation des centaines d’hectares du Triangle de Gonesse, en vue d’implanter une cité scolaire.

Cet établissement accueillerait quelque 2 400 élèves au sein d’un collège, d’un lycée général, d’un lycée agricole et d’un internat, à 6 kilomètres de la ville. Une aberration écologique et sociale aux yeux de Bernard Loup, président du CPTG : « On va se retrouver avec une cité scolaire et une ligne de métro au milieu de nulle part. Au-delà de l’artificialisation des terres agricoles, c’est une vraie prise d’otage de la jeunesse. Cette parcelle n’est pas censée accueillir des logements permanents, comme ceux prévus par l’internat. » En cause, sa proximité avec les aéroports du Bourget et de Roissy, synonyme d’une exposition au bruit dangereuse pour la santé.

La cité scolaire pour justifier la gare ?

Malgré le soutien de nombreux activistes de Seine-Saint-Denis, d’élus et militants des Verts, du PCF ou de la FI, le CPTG se confronte depuis des mois au silence de l’État. Par cette action de désobéissance civile, ils espèrent interpeller la première ministre : « C’est une affaire de démocratie. Il n’y a eu aucune concertation pour ce projet », déplore Bernard Loup.

Habitant de Villiers-le-Bel et membre du collectif, Roland Bauer estime que d’autres espaces seraient beaucoup plus appropriés pour accueillir la cité scolaire : « Nous avons décidé de camper ici, car nous sommes au milieu de deux sites plus cohérents. Notamment une friche hospitalière. Un endroit idéal où on trouve des équipements, un parc, des exploitations agricoles à proximité… »

En 2019, après des années de lutte, le CPTG l’avait emporté face au projet de mégacomplexe commercial EuropaCity. Mais alors que les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont accéléré la construction du réseau du Grand Paris Express, les hostilités ont repris de plus belle. Au cœur du Triangle, la ligne 17 est en cours d’aménagement, et le chantier de la gare devrait suivre.

Pour Bernard Loup, la construction de la cité scolaire permet de justifier l’existence de cette gare, après l’abandon en 2019 du complexe de loisirs et de commerces qu’elle était censée rallier : « Le souci, c’est qu’un établissement scolaire est censé être desservi localement. Un collège, on y va à pied ou à vélo. La ligne 17 sera uniquement empruntée par les professeurs habitant à Paris. »

Aujourd’hui, les membres du collectif s’imaginent déjà occuper les lieux jusqu’au 24 octobre, date à laquelle un chantier pourrait les expulser. Mais pour Djissi, Pascale, Odette, Bernard ou Roland, la lutte ne s’arrêtera pas pour autant : « Il faut qu’ils aient conscience qu’il n’y a rien de plus robuste que des vieux campeurs comme nous ! »

Le BIP, c’est toujours non

BIP : un sigle bien connu à Saint Gratien puisque notre commune est traversée par un tronçon de ce « boulevard intercommunal du Parisis », dont on reparle beaucoup du prolongement.

Pour mémoire, ce projet autoroutier a vu le jour dès… 1933 ! Sous la dénomination d’« ARISO », il s’agissait alors d’un gigantesque tracé de 2 fois 4 voies, traversant le val d’Oise, sans grande protection des riverains, à une époque où la lutte contre les nuisances routières n’était pas à l’ordre du jour. Des emprises sont délimitées et gelées sur toute les communes traversées. Jusque-là en sommeil, c’est en 1990 que ce projet refait surface, notamment à Saint Gratien puisque est prévu de réaliser le tronçon entre l’autoroute A15 et le Champ de Courses à Soisy.

Ce morceau du BIP sera ultérieurement construit en deux étapes, tandis qu’à l’autre extrémité, le tronçon entre l’autoroute A1 et Gonesse voit également le jour.

Le BIP a donné lieu à une forte mobilisation des riverains durant les 10 années des études et de sa réalisation. Une association d’habitants du quartier de « la Croix des Marais », regroupant la résidence des Marais à Saint Gratien et les quartiers pavillonnaires voisins de Saint Gratien et Sannois, a mené bataille sans relâche. L’utilité du projet a dès le début été contestée, car il apparaissait déjà que le BIP ne résoudrait en rien les difficultés de circulation dans nos communes. D’autre part, les protections contre les nuisances sonores et polluantes étaient à l’origine réduites au minimum ! Le BIP a d’abord été imaginé en hauteur… puis pourvu d’un simple rideau d’arbres, alors qu’il longeait au plus près des zones très densément peuplées, notamment la cité des Marais à Saint Gratien. Le tout sans que les élus de droite ne s’en émeuvent beaucoup…

Heureusement, les habitants ont su se faire entendre. Un mémorable Conseil municipal se tient alors à Saint Gratien, et la salle des mariages est archipleine de spectateurs, qui bien que normalement tenus au silence, se manifestent par des applaudissements nourris à la fin de l’intervention des élus communistes, qui réclament une large concertation et dénoncent les dangers du projet.

Longue bataille… qui malgré qu’elle n’arrivera pas à faire stopper l’implantation du BIP, réussit toutefois à faire suffisamment modifier le projet. Les voies seront enterrées, recouvertes d’une casquette de végétation malgré que les élus de droite affirment que cela est techniquement impossible, puis trop coûteux. La passerelle piétonne reliant la résidence à la gare d’Ermont est reconstruite, suite à la remise d’une pétition au ministre des transports de l’époque, un certain.. Jean-Claude Gayssot.

Le nouvel espace vert est apprécié et les nuisances réduites pour les riverains. N’oublions pas que nous le devons à l’action des habitants !

Quant au BIP, il a drainé une circulation nouvelle et comme prévu, il n’a nullement empêché le centre vile de Saint Gratien de subir un engorgement automobile important.

Aujourd’hui ressurgit le projet de tronçon central du BIP, avec les mêmes arguments : il faut désengorger les communes d’une circulation devenue insupportable. Mais qui y croit ? Une voie nouvelle apporte toujours une circulation nouvelle. Sans compter que les villes traversées se sont densément peuplées, et que l’insertion d’une route de deux fois deux voies parait impossible sans de nouvelles nuisances importantes. C’est à présent le Conseil départemental qui est à la manœuvre. À nouveau, les riverains s’organisent, manifestent, contestent en justice, font valoir d’autres solutions pour le Val d’Oise. Conserver des espaces verts, développer des liaisons douces, des transports en commun !

Aujourd’hui, comme hier, on soutient pleinement la mobilisation ! Quelques images ci-dessous, en direct de la grande marche organisée aujourd’hui sur le parcours. Pierre Barros, tout nouveau sénateur, apparenté PCF, était présent. 

Merci à Cécile et Brigitte pour leurs photos !

 

Il y a 80 ans, Auguste Delaune

Il y a 80 ans Auguste Delaune mourait sous la torture de la Gestapo.

À Reims, mais aussi à Saint-Denis, Aubervilliers ou encore au Mans, de nombreux stades et complexes sportifs portent le nom du résistant communiste.

À Saint Gratien aussi, où le stade rue des Cressonnières porte le nom d’Auguste Delaune, nom choisi à l’époque où la municipalité progressiste d’après-guerre rendait hommage aux résistants·e·s et personnalités de la Résistance.

Le blog avait rappelé qui était Auguste Delaune, à l’occasion de la réhabilitation de l’espace sportif des Cressonnières, le 29 février 2020.

L’Humanité lui consacre un article, le jour du 80è anniversaire de sa mort sous la torture de la Gestapo. C’est à lire ci-dessous.

Sport : qui est Auguste Delaune qui a donné son nom à tant de stades ? Nicolas Guillermin 

Premier secrétaire général de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), qu’il a contribué à créer, ce sportif ouvrier et résistant est mort torturé par la Gestapo, le 12 septembre 1943.

Il y a quatre-vingts ans, le 12 septembre 1943, torturé à mort par la Gestapo, Auguste Delaune succombait à ses blessures. Il était âgé de trente-quatre ans. Arrêté par la police française au Mans deux semaines plus tôt, cet ancien sportif ouvrier, devenu le premier secrétaire général de la FSGT (1934-1939) et organisateur de Sport-Libre, le seul réseau résistant du sport tricolore qui lutte contre l’occupant nazi et le régime de Vichy, meurt sans avoir livré le moindre renseignement, pas même sa véritable identité.

Pour lui rendre hommage, une cérémonie avec dépôt de gerbe [a été] organisée, ce mardi 12 septembre à 9 heures, au cimetière de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où repose Auguste Delaune, en présence du maire Mathieu Hanotin (PS) et président de Plaine Commune, Emmanuelle Bonnet-Oulaldj et Gérard Dizet, coprésidente et coprésident de la FSGT ainsi que Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports, Stéphane Peu, député PCF de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, Évelyne Ciriegi, présidente du Comité régional olympique et sportif d’Île-de-France et Philippe Sturm, président du Comité départemental olympique et sportif de Seine-Saint-Denis.

« À moins d’un an des Jeux olympiques et paralympiques, il est important de commémorer sa mémoire », explique Emmanuelle Bonnet-Ouladj, qui rendra également hommage à Auguste Delaune l’après-midi lors d’un conseil d’administration du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) en prononçant un discours, munie de photos et d’archives.

« Il a contribué à développer la démocratisation des pratiques sportives pour le plus grand nombre »

« Je tenais absolument à marquer le coup au niveau du mouvement sportif. Auguste Delaune a animé Sport-Libre, le seul réseau de résistance dans le sport français sous l’occupation, précise la co-dirigeante de la FSGT. C’est important que la République reconnaisse le rôle qu’il a joué pour le sport et ses faits de résistance. Il a dénoncé la collaboration et la politique antisémite du gouvernement de Vichy. La police française l’a arrêté parce qu’il était communiste. »

Sport-Libre, qui est aussi un journal, va également permettre la circulation d’idées et d’informations. « Diffusé sous le manteau, outre son côté informatif, Sport-Libre dénonce les exactions allemandes et participe à la mise en place de rassemblements, de manifestations pour s’opposer aux nazis et au régime de Vichy », explique Joris Vincent, historien du sport.

Adepte de la course à pied, ce natif de Graville-Sainte-Honorine, aujourd’hui un quartier du Havre, prend la direction de Saint-Denis en 1926. Communiste, il est favorable en 1934 à l’union des organisations sportives ouvrières communistes et socialistes, et contribue activement à la création de la FSGT, le 24 décembre 1934. Il en devient le premier secrétaire général. La Fédération omnisports va vite compter plus de 100 000 licenciés et près de 1 800 clubs avant la 2e Guerre Mondiale. « Il a contribué à développer la démocratisation des pratiques sportives pour le plus grand nombre », souligne Emmanuelle Bonnet-Oulaldj.

En 1936, Auguste Delaune s’impose comme l’un des grands artisans de la campagne contre les Jeux de Berlin et pour les Olympiades populaires à Barcelone. « Il a organisé la solidarité avec les Républicains espagnols et mis en place le rapatriement des athlètes français. » « Le sport lui permet de créer un réseau, ajoute Joris Vincent, maître de conférences à l’université de Lille. C’est ainsi qu’il va réussir à évacuer de nombreux dissidents ou opposants à Franco quand la guerre civile éclate en Espagne. »

Une certaine idée du sport durant le Front populaire

Nommé Conseiller supérieur des Sports par le gouvernement Blum, cet ancien ouvrier soudeur incarne avec Léo Lagrange, sous-secrétaire d’État (SFIO) aux questions sportives, une certaine idée du sport durant le Front populaire. « À partir de 1936, l’objectif est de mettre en place une politique de démocratisation du sport pour le rendre accessible à chacun avec un financement important d’équipements sportifs, précise Joris Vincent. C’est l’époque où apparaît la demi-journée de sport, un brevet sportif populaire, le sport scolaire… »Haut du formulaire

Un héritage que l’on mesure encore aujourd’hui même si de nombreux citoyens ignorent l’action d’Auguste Delaune et sa participation active à la Résistance. « Si de nombreux équipements sportifs, rues ou écoles portent son nom à travers le pays, c’est uniquement parce que des municipalités, à l’image du célèbre stade de football Auguste-Delaune à Reims, ont décidé d’honorer sa mémoire, souligne Emmanuelle Bonnet-Ouladj. Tout son parcours du Front populaire jusqu’à sa mort pour la France durant l’occupation, on aimerait à la FSGT que la République et que le mouvement sportif s’en souvienne. »

La nuit des étoiles

Jusqu’à 50 étoiles filantes par heure ! C’est ce que nous devrions pouvoir admirer dans les nuits du samedi 11 au lundi 13 août ! Comme chaque année, les Perséides reviennent durant l’été. Cette pluie d’étoiles filantes est l’une des plus connues et donne lieu aux « Nuits des étoiles », manifestations astronomiques estivales.

Pas besoin d’instruments particuliers, une bonne paire d’yeux suffisent… et une nuit noire. Hélas ! Dans la majorité de nos villes, la pollution lumineuse, due notamment à l’éclairage public, rend les étoiles invisibles. C’est le cas à Saint Gratien.  

Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, la majorité de la population n’a jamais vu un ciel étoilé de qualité. Depuis l’avènement de l’électricité, la quantité de lumière artificielle de nuit (LAN) ne cesse de croître à un taux de plus de 6% par année. Le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu à certains endroits pourrait être divisé par deux en moins de 20 ans.

Concrètement, un enfant qui nait aujourd’hui dans un lieu où 250 étoiles sont visibles la nuit ne pourra en voir qu’une centaine lorsqu’il atteindra l’âge de 18 ans.

Rappelons que si la pollution lumineuse nous interdit d’admirer le ciel, les étoiles et les constellations, elle est aussi néfaste pour notre sommeil, et nuit gravement à la biodiversité, notamment parce qu’elle participe grandement à la disparition des insectes. L’éclairage public est coûteux, et à l’heure où les tarifs de l’électricité s’envolent, des villes ont heureusement opté pour une extinction totale ou partielle de leurs lampadaires. Mais pas encore à Saint Gratien, où nous n’avons pas fini de relancer le débat !  

À lire ci-dessous l’interview par TF1 d’Anne-Marie Ducroux, porte-parole de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) : « Il y a encore très peu d’endroits où l’on a une bonne qualité de nuit en France »

Depuis plus de 20 ans, votre association milite pour limiter l’impact de la lumière artificielle. Les résultats de cette étude vous ont-ils surpris ?

Anne-Marie Ducroux : À l’origine, ces chercheurs avaient démontré une augmentation de 2% en moyenne par an. Dans leur dernière étude, ils indiquent qu’elle serait plutôt de 10% en moyenne, un chiffre dont ils s’étonnent. Mais on s’étonne à vrai dire qu’ils soient étonnés : on sait qu’il y a une sous-estimation de la pollution lumineuse depuis des années, l’éclairage privé – panneaux publicitaires, enseignes lumineuses, etc. – n’étant pas pris en compte, faute de données disponibles. En seulement 20 ans (entre 1992 et 2012), à partir du seul éclairage public, le nombre de points lumineux de l’éclairage public avait augmenté de plus de 89%, produisant 94% de lumière artificielle en plus pendant la nuit.

La pollution lumineuse générée par la multiplication des sources de lumière artificielle touche aussi bien les villes que les campagnes. Existe-t-il encore des endroits de nuit noire en France ? 

Souvent, on croit qu’il n’y a que les grandes villes qui produisent de la lumière. Or, ce n’est pas le cas. La lumière se diffuse à distance des sources, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres à la ronde. En 2015, on a publié une carte de la pollution lumineuse en France. On voit très bien qu’il existe encore très peu d’endroits où l’on a une bonne qualité de nuit, soit ce sont des zones inhabitées, dans les montagnes par exemple, soit ce sont des zones avec une densité de population très faible, la fameuse « diagonale du vide ». La totalité des communes sont beaucoup trop éclairées par rapport à ce qu’est la réalité du rythme biologique dont nous avons besoin, d’où l’importance de réduire la quantité de lumière émise. Mais pour cela, il faut une prise de conscience à l’échelle nationale. Car si une commune agit au mieux mais que toutes ses communes environnantes ne font rien ou augmente les sources lumineuses, son effort va être fortement amoindri.

L’étude parue dans Science a coïncidé avec le remplacement de nombreux éclairages extérieurs par des diodes électroluminescentes (LED). En raison des économies d’énergie qu’elles génèrent, cette technologie est souvent qualifiée d’écologique. Selon vous, c’est une hérésie. Pourquoi ?

Les LED ont un rendement lumineux plus important que les technologies qu’on utilisait auparavant et permettent des économies d’énergies, d’où le fait qu’elles sont parées d’allégations écologiques. Mais en réalité, ce qu’on observe sur le terrain, c’est que les points lumineux se multiplient. Les élus se disent : puisqu’on va faire des économies d’énergie, on va pouvoir en mettre encore plus. Chaque année, cela se compte par millions, ce qui conduit à une contribution très forte des LED dans l’augmentation de la quantité de lumière artificielle. Par ailleurs, comme elles sont souvent mal orientées, une partie de la lumière est dirigée vers le ciel, ce qui amplifie encore le phénomène. De plus, les LED créent une lumière à très forte composante de bleu, dont on sait qu’elle va avoir une toxicité supérieure à la fois sur les humains, la faune et la flore.

Les effets de la lumière artificielle sont nombreux et touchent aussi bien les humains que les animaux ou les insectes et même les plantes. Quelles en sont les conséquences ? 

Physiologiquement, pour vivre au mieux et être en bonne santé, l’humain doit s’exposer longtemps à la lumière solaire le jour et dormir dans une qualité d’obscurité la nuit. Or, de nos jours, on vit à l’envers la plupart du temps. Ce dérèglement biologique a des effets sur la production hormonale, diminue nos défenses immunitaires et perturbe ausi la régulation de l’humeur. Concernant le monde animal, nous avons publié une étude qui montre que cela impacte tous les groupes d’espèces, des oiseaux aux batraciens, en passant par les reptiles, les poissons ou encore, les planctons.

Comme nous, ils ont une horloge biologique qui est conditionnée par la lumière et l’alternance du jour et de la nuit. En faisant en sorte que la nuit ressemble au jour, on a brisé ce rythme biologique naturel. C’est pourtant là-dessus que le vivant s’est construit depuis des millions d’années. On sait d’ailleurs que la pollution lumineuse est la deuxième cause d’effondrement des insectes. Entre une zone éclairée et non éclairée, on a observé une différence de 62% dans la pollinisation des deux zones. Ces pollinisateurs ont un rôle essentiel, car sans eux, rappelons-le, les arbres fruitiers ne produisent pas de fruits.

Aujourd’hui, la pollution est reconnue dans les textes de référence nationaux. Il y a encore dix ans, ce n’était pas le cas. Cette prise de conscience des effets de la pollution lumineuse se traduit-elle dans les actes ? 

Aujourd’hui, les maires sont de plus en plus sensibilisés aux problématiques qui entourent la pollution lumineuse. Actuellement, quelque 12.000 villes pratiquent l’extinction en milieu de nuit. C’est la solution que nous recommandons depuis des années, car c’est la plus simple et la moins coûteuse. Avec la hausse des prix de l’énergie, c’est un levier supplémentaire afin de réduire l’éclairage des villes et, dans le même temps, la pollution lumineuse qui en découle.

Pour aller plus loin…  

Le site de l’ANPCEN

Deux fois moins d’étoiles visibles

Les étoiles masquées

Les constellations invisibles

C’est grave de ne plus voir les étoiles

La pollution lumineuse progresse

Photos : le ciel des Cévennes, classé réserve internationale de ciel étoilé

Liberté, fraternité… inégalités ! (7)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

La suite…

Ce que les maires et le chef de l’État se sont dit à l’Élysée

Emmanuel Macron a reçu entre 250 et 300 maires mardi 4 juillet à l’Élysée après les violences urbaines de ces derniers jours.

Les réactions ci-dessous de cinq maires communistes ou apparentés.

Écouter la réaction de Patricia Tordjman, maire de Gentilly

Écouter la réaction de David Queiros, maire de Saint-Martin-d’Hères

Écouter la réaction de Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers

Écouter la réaction de Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine

Écouter la réaction de Philippe Rio, maire de Grigny, président de la Coopérative des élu·e·s

Stéphane Bauer

Liberté, fraternité… inégalités ! (6)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

La suite…

École : la disparité des moyens attribués renforce les inégalités

L’Éducation nationale a dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de l’académie de Créteil ou de l’académie de Versailles.

Un document de la Cour des comptes sur les inégalités à l’école montre que l’éducation nationale a dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de l’académie de Créteil ou de l’académie de Versailles et 51 % de plus pour former un élève parisien qu’un élève niçois…

École : les moyens attribués renforcent les inégalités : article du Monde à lire ici

La banlieue, grande laissée-pour-compte de l’Éducation nationale

Collèges : l’égalité des chances n’existe pas. Le « panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale » du Conseil national d’évaluation des politiques scolaires (Cnesco), étude publiée le 24 octobre 2018, pose un constat terrible sur les « disparités scolaires » en Île-de-France. Il souligne que l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources, humaines et budgétaires, « très variables » selon les territoires. Grands perdants : les collèges de zones « défavorisées » de banlieue parisienne.

La conclusion du Cnesco est sans appel : « Les territoires cumulant le plus de difficultés socio-économiques ne bénéficient pas de ressources humaines en enseignants capables de compenser les difficultés des publics scolaires accueillis ».

La banlieue, grande laissée pour compte de l’Éducation nationale : article de Marianne à lire ici

Ce sont des jeunes professeurs, parfois sans expérience, qui enseignent dans les ZEP

D’après l’OCDE, la France a l’un des systèmes scolaires qui reproduit le plus les inégalités sociales, de sorte que les élèves les plus défavorisés sont ceux qui obtiennent les moins bons résultats.

Souvent, ce sont des jeunes professeurs, parfois sans expérience, qui enseignent dans les ZEP. Pourtant, les élèves les plus en difficulté sont sans doute ceux qui ont le plus besoin des professeurs les plus expérimentés.

La France comme cas d’école de l’impact des disparités scolaires : à lire ici

Un lycéen du 15e arrondissement ou du lycée Louis le grand coûte plus cher à la nation qu’un lycéen de banlieue.

« Globalement, dans le secondaire, les ressources humaines sont inégalement réparties au détriment des quartiers défavorisés de banlieue. »

En Ile-de-France, l’Éducation nationale donne moins qualitativement aux élèves des territoires cumulant les difficultés qu’à ceux des quartiers favorisés.

Les étudiants parisiens profitent donc de professeurs plus âgés, plus souvent titulaires (donc formés pour enseigner) et plus souvent agrégés qu’en banlieue »

Libération,  le 31 octobre 2018 ; lire l’article ici

« Je suis toujours frappé par le fait qu’il y a plus d’argent déboursé par l’Éducation nationale pour un petit écolier à Paris qu’en Seine-Saint-Denis », lance le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

L’interview de JC Lagarde sur Franceinfo, à lire ici

En 2019, une dépense par élève en France en dessous de la moyenne OCDE en élémentaire.

Stéphane Bauer

À suivre…

Jane B.

Mort de Jane Birkin, l’Anglaise préférée des Français

Jane Birkin est décédée ce dimanche à son domicile, à l’âge de 76 ans. Elle a marqué la chanson française de son accent anglais, au cours d’une carrière qui l’a vue enchaîner les succès.

Publié le dimanche 16 juillet 2023 sur le site de l’Humanité

Jane B. s’en est allée. La chanteuse anglaise de 76 ans s’est éteinte ce dimanche. Une vie marquée par les succès musicaux, en compagnie de Serge Gainsbourg, puis en solo.

Née à Londres en 1946, d’une mère comédienne, et d’un père commandant dans la Royal Navy, Jane Birkin monte sur les planches à dix-sept ans et rencontre John Barry, qui l’engage en 1965 pour sa comédie musicale Passion Flower Hotel, ses premiers pas vers le succès.

À vingt ans, elle se fait remarquer dans Blow up, le film scandale d’Antonioni consacré à Cannes. En France, Pierre Grimblat est sur le tournage de Slogan. Il cherche une Anglaise pour donner la réplique à Serge Gainsbourg, ce sera elle.

« Je suis venue à l’audition à Paris. Il y avait cet homme arrogant avec une chemise mauve, cheveux noirs et un air de dandy sophistiqué, Serge Gainsbourg. En fait, il m’a aidée durant mon audition en me soufflant les répliques. C’était un homme timide et tout son truc d’être arrogant n’était en fait qu’une formidable façade de la part du génie juif russe qu’il était. Il était aussi ennuyé que je crois que son nom était Serge Bourguignon, qui était le nom du seul plat de cuisine française que je connaissais. Nous avons enregistré Je t’aime moi non plus en 1969. Serge était d’un côté du studio et moi de l’autre, il y avait deux micros. Je pense que nous n’avons fait que deux prises ! », disait-elle à l’Humanité dans un entretien narrant leur rencontre, en 2006.

Actrice, chanteuse, Jane Birkin fut aussi une personnalité engagée pour le climat ou les droits des sans-papiers. Comme en 2010, où, avec plusieurs personnalités du monde de la culture elle entonna sous les fenêtres du ministère de l’Immigration, à Paris, la chanson Les P’tits Papiers, célèbre chanson de Serge Gainsbourg écrite pour Régine.

La chanteuse avait récemment annulé des concerts pour des raisons de santé. « J’ai toujours été une grande optimiste, et me rends compte qu’il me faut encore un peu de temps pour être de nouveau capable sur scène et avec vous », écrivait la chanteuse dans un communiqué en mai annonçant les annulations.