25 août 2024

Retour en images sur la commémoration de la libération de Saint Gratien, ce 25 août 2024. Nous avons déposé une gerbe au nom du Parti communiste français, au pied du monument du cimetière.

Il y a 80 ans, Paris se libérait, après des journées d’insurrection, de barricades et de combats sanglants dans les rues. Trois jours plus tard, notre ville à son tour se libérait du joug nazi, mais était endeuillée par la mort de cinq de ses jeunes, qui pourchassaient les Allemands en déroute. Leurs noms ont été donnés à des rues gratiennoises, ainsi que ceux de deux résistants qui ont payé de leur vie leur engagement : Suzanne Barroul et Jean Poiré.   

Les médias publics sous tutelle ?

Privé·es de Franceinfo, France Inter aujourd’hui !

Important mouvement des personnels de l’audiovisuel public, qui s’opposent unanimement à la réforme préparant la fusion entre France Télévisions, Radio France, France médias Monde et l’INA. Une holding baptisée « France Médias » et qui ressemble furieusement à l’ORTF, avec tutelle de l’État sur les médias publics, via un PDG unique aux pleins pouvoirs. Investissons plutôt dans un service public fort et indépendant : c’est la vie démocratique du pays qui en dépend.  

Le PCF apporte son plein soutien au mouvement de protestation et de grève. André Chassaigne, président des députés communistes, était présent à la manifestation parisienne. Merci à S.B. pour ses photos !

Le décryptage de ce néfaste projet dans un article de l’Humanité, à lire ci-dessous.

Rachida Dati va-t-elle tuer l’audiovisuel public ?

Le débat parlementaire sur le regroupement de Radio France, France Télévisions et l’INA s’ouvrira dans les prochains jours. Les syndicats, en grève ces jeudi et vendredi, dénoncent la création d’une holding à marche forcée qui met en péril les emplois et l’indépendance de l’information.

Pauline Achard, Caroline Constant, Émile Leauthier, Honorine Letard, dans l’Humanité du 23 mai 2024

En dégainant par amendement ce projet de fusion, l’ancienne garde des Sceaux frappe plus fort, franchissant ainsi une ligne rouge pour l’intersyndicale.

Il est à parier que les antennes de Radio France et les chaînes de France Télévisions seront muettes ce jeudi matin, ou pour le moins perturbées. Les intersyndicales de l’audiovisuel public, qui comprennent aussi l’Institut national de l’audiovisuel (INA) ou France Médias Monde, ont appelé à une grève les 23 et 24 mai pour s’opposer au projet de réforme qui devait débarquer à l’Assemblée nationale ces deux prochains jours, puis finalement a été repoussé de quelques jours en raison du débat autour de la loi d’orientation agricole (LOA).

Vigoureusement porté par Rachida Dati depuis sa nomination à la Culture, il prévoit la création d’une holding commune au 1er janvier 2025, France Médias, préparant ainsi le terrain d’une fusion-absorption, un an plus tard. Le principe d’« entreprise unique », approuvé en commission parlementaire le 14 mai, pourrait ébranler l’avenir des 16 000 salariés de l’audiovisuel public – hors France Médias Monde (RFI et France 24), écarté du regroupement à l’issue du débat. Un seul patron, donc, régnera sur les groupes de télévision et de radio à compter de l’année prochaine et, selon nos informations, un schéma immobilier commun sera dessiné.

Des économies sur le dos des salariés

La locataire de la rue de Valois – qui défend depuis février à qui veut l’entendre sa volonté de « rassembler les forces de l’audiovisuel public » – a, en effet, rapidement obtenu d’inscrire à l’ordre du jour de l’Hémicycle une proposition de loi (PPL) du sénateur centriste Laurent Lafon, adoptée en juin 2023 par le Palais Bourbon.

Le texte qui se contentait, dans sa version initiale, de préconiser la création d’une holding, émanait d’un premier chantier alors mené par Franck Riester, ministre de la Culture de 2018 à 2020, avant d’être enterré par la pandémie. En dégainant par amendement ce projet de fusion, l’ancienne garde des Sceaux frappe plus fort, franchissant ainsi une ligne rouge pour l’intersyndicale, qui redoute une véritable casse sociale, doublée d’une probable dégradation des services d’information publics.

« Quand on parle de fusion, c’est en général pour réduire les effectifs », souligne Éléonore Duplay, du SNJ-CGT de France 3. « Est-ce que ce sera sous la forme d’un plan social ? D’un non-remplacement des personnels qui partent en retraite ? » Elle explique que, d’ores et déjà, la chasse aux doublons est ouverte : « Ils vont chercher très probablement à réduire le nombre de personnels administratifs, mais à terme, ce sera pareil sur le plan journalistique. »

Sans compter, reprend Pierre Mouchel, de la CGT de France Télévisions, « qu’avec la fusion, tous les accords collectifs des entreprises seront remis en cause. Il faudra repartir d’une page blanche et tout renégocier. On craint de nombreux reculs sociaux. Le personnel est inquiet par toute cette précipitation. Il y a aussi une forme de fatalisme : on enchaîne les plans successifs depuis dix ans. On vit dans une lessiveuse permanente ».

Des économies sur le dos des salariés

En toile de fond de ce passage à l’acte, qui a mis d’accord la majorité, la droite et l’extrême droite, le discret dépôt de la proposition de loi organique du poulain de Franck Riester, le député Quentin Bataillon et de son homologue LR Jean-Jacques Gaultier, le 10 mai. Ce texte prévoit de pérenniser le mode de financement de l’audiovisuel public par l’affectation du produit de la TVA, qui avait été mis en vigueur en 2022 – pour une durée de deux ans – en substitution de la contribution à l’audiovisuel public, supprimée.

En l’état, la loi organique relative aux lois de finances (Lolf) de 2001 prévoit que, au-delà du 31 décembre 2024, ce mécanisme de financement alloué en urgence par le gouvernement deviendra illégal car la taxe n’est pas liée au secteur qu’elle finance. « Il a fallu que le ministère se dépêche d’entreprendre un rapprochement des différents groupes de l’audiovisuel public, voulu de longue date par le gouvernement, car pour modifier la loi organique dans les temps et sécuriser le mode de financement actuel, une majorité est nécessaire dans les deux chambres », nous dit-on du côté de la Rue de Valois.

Ces deux textes, qui ont vocation à évoluer côte à côte au Parlement, sur un calendrier – très – serré, vont donc dans le sens d’une vaste refonte d’un secteur qui subit déjà les conséquences d’innombrables coopérations « par le bas », à l’instar des synergies opérées entre France Bleu et France 3 Régions. L’accord, qui ressemble à du chantage, donne au camp présidentiel toutes ses chances d’obtenir le soutien dont il a besoin pour engager ce big bang et aux syndicats toutes les raisons de se battre pour limiter les dégâts.

Des audiences pourtant au beau fixe

Chez les salariés des entreprises concernées, l’heure est à l’inquiétude. Car les audiences sont excellentes, la qualité du travail réalisé à la radio comme à la télévision est reconnue par les auditeurs et spectateurs, mais aussi à l’international. L’idée de viser toujours plus haut, revendiquée par Rachida Dati et les rapporteurs du projet, est-elle pertinente ?

Pour Lionel Thompson, membre CGT du conseil d’administration de Radio France, « dire que l’audiovisuel public est affaibli, c’est créer un malade imaginaire ». Pour lui, « il y a une fixation de répondre à Netflix, en allant notamment chercher les jeunes. Mais penser qu’on va y arriver de cette façon, c’est être complètement à côté de la plaque ».

Un sentiment d’amertume partagé par Pierre Mouchel, de la CGT de France Télévisions, qui dénonce « de la précipitation, de l’amateurisme et de la confusion ». Célia Quilleret, du Syndicat des journalistes de Radio France, estime aussi que ce projet, loin de rassembler les synergies, « risque de nous diluer, donc de nous affaiblir ».

Risques de contenus appauvris

Les téléspectateurs des journaux de France 3 et de France 2 peuvent déjà le vérifier : la fusion des rédactions, c’est moins de sujets, balancés à l’envi sur les deux chaînes, à trente minutes d’intervalle. Et cela risque d’empirer. Éléonore Duplay, journaliste à France 3, explique qu’il existe déjà des synergies entre les rédactions de France Bleu et France 3 : « Fusionner, cela crée un appauvrissement de la diversité éditoriale. Nos « identités de marque », comme disent nos dirigeants, vont changer alors qu’elles sont connues par les citoyens. Plutôt que nous appeler France 3 ou France Bleu, il est prévu qu’on se nomme Ici. »

Lionel Thompson, de la CGT, renchérit : « On nous cite en exemple les audiovisuels étrangers rassemblés, mais personne n’est allé regarder finement les résultats. Et à entendre nos confrères belges, suisses ou canadiens, ce n’est pas encourageant. » « Mutualiser pour réaliser des économies » va, au contraire, « diluer nos identités », a donc rétorqué le journaliste à sa direction.

La crainte d’une mise sous tutelle politique

Qui dirigera la fameuse holding ? Comment cette personne sera nommée ? À qui rendra-t-elle des comptes ? « On craint une perte d’indépendance éditoriale, avec un État en lien avec un seul interlocuteur », s’inquiète Pierre Mouchel. Quelqu’un qui serait « à la botte du pouvoir », renchérit Célia Quilleret, qui estime qu’il s’agit d’une « ORTF nouvelle génération ». « Quand on a un seul patron et un seul directeur de l’information, les pressions sont beaucoup plus faciles. On craint que ce modèle, plutôt que la BBC, ne reprenne ce que l’ORTF avait de pire », s’alarme Lionel Thompson.

Et de balayer les faux arguments avancés pour détruire l’audiovisuel public, qui subit des restrictions budgétaires en cascade depuis la fin des années 2000 : « On n’est ni en danger, ni affaiblis. Et nous avons des résultats remarquables. Les radios publiques des autres pays nous citent en exemple et viennent chercher les clefs d’un tel succès. » À Radio France, 1 185 salariés, dont des stars de l’antenne comme Nicolas Demorand ou Léa Salamé, ont signé une tribune dans le quotidien le Monde daté de ce jeudi 23 mai, pour dénoncer ce projet de fusion qui renvoie à une époque médiatique que l’on croyait révolue.

Humour et insolence

Soutenons Guillaume Meurice menacé de licenciement par la direction de France Inter !

La liberté d’expression, pourtant marque de fabrique des antennes de Radio France, est menacée. Exprimons notre attachement à la diversité des opinions dans les médias publics !

Signez ici : https://www.change.org/p/soutenons-guillaume-meurice-et-la-d%C3%A9fense-de-la-libert%C3%A9-d-expression-sur-radio-france

L’intersyndicale de Radio France a lancé un mot d’ordre de grève pour dimanche 12 mai après cette annonce de sanction. Les syndicats dénoncent bien sûr l’éviction de Guillaume Meurice mais aussi les atteintes répétées à la liberté d’expression sur les antennes. « C’est la répression de l’insolence et de l’humour »

La sanction tombe après la blague du « nazi sans prépuce », qui visait Benyamin Netanyahou. L’éviction de l’antenne arrive malgré l’abandon par la justice de toute poursuite à l’encontre de Guillaume Meurice.

Journalistes et producteurs s’inquiètent de la convocation de Guillaume Meurice et aussi de l’arrêt de plusieurs émissions de reportage, le tout dans un contexte de constitution de la holding de l’audiovisuel public, qui est largement rejetée en interne. Le calendrier serait accéléré, avec la création de la holding en janvier 2025, et la fusion de Radio France et France Télévisions en janvier 2026.

« Radio France subit une campagne de dénigrement et de calomnie orchestrée par des partis politiques, organisations ou personnalités franchement hostiles au service public de la radio », et « c’est à ce moment précis que la direction (…), loin de défendre les intérêts vitaux de l’entreprise, mène une politique de casse sociale sur les antennes en bouleversant les grilles et en sacrifiant des émissions emblématiques », notent les syndicats dans leur communiqué.  « On n’a pas à ramper à la moindre critique de l’extrême droite, c’est un aveu de faiblesse », juge un membre de la société des journalistes.

Les collègues de Guillaume Meurice ont donné le ton de la contestation dès leur émission du 5 mai du « Grand dimanche soir ». « À force de passer plus de temps aux RH et à la PJ (police judiciaire) qu’à écrire des blagues, on va finir par donner raison aux gens qui disent que l’argent public est mal dépensé », a notamment lancé Charline Vanhoenacker, ironisant sur un Guillaume Meurice « envoyé en internat pour le remettre dans le droit chemin », avant que l’humoriste Djamil Le Schlag présente sa démission en direct.

Infos tirées des articles sur le sujet de « l’Humanité »

L’Île-de-France de demain

Le projet de Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF-E) doit organiser le développement de la région jusqu’en 2040. C’est un document stratégique qui s’impose à tous les documents d’urbanisme. Il précise les moyens à mettre en œuvre pour corriger les disparités spatiales, sociales et économiques de la Région, coordonner l’offre de déplacement et préserver les zones rurales et naturelles afin d’assurer les conditions d’un développement durable de l’Île-de-France.

Voici l’avis sur ce document de Céline Malaisé, Présidente du groupe « Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne » au Conseil Régional d’Île-de-France.

« Ce SDRIF-E aurait dû être au rendez-vous de la réduction des inégalités sociales et territoriales et d’une accélération inédite de la lutte contre le réchauffement climatique et de l’adaptation de l’Ile-de-France au dérèglement climatique. Il n’en est rien ! La droite régionale, qui a tenu la plume de ce schéma, propose au contraire d’aggraver les inégalités en empêchant la construction d’un logement social sur cinq avec un dispositif « anti-ghetto » qui s’avère être d’abord une mesure anti-logement social, contraire à la loi. En faisant la grande couronne la grande oubliée de ce schéma, ce SDRIF-E ne répond en rien au manque de transports publics Face à la crise climatique, la promesse de zéro artificialisation nette (ZAN) des espaces naturels, agricoles ou forestiers est nulle car elle ne sera pas tenue. »

Nous avons déposé notre avis, issu de nos pratiques  et expérience d’élus locaux, en participant à l’enquête publique relative au projet de Schéma Directeur de la Région Ile-de-France Environnemental (SDRIF-E) organisée du 1er février au 16 mars 2024

C’est à lire ci-dessous.

Avis sur le projet de SDRIF-E soumis à l’enquête publique- Stéphane Bauer, Isabelle Volat, élu·es du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».  

1 – Développement du réseau de transport en commun et de transports alternatifs

Le schéma ne prévoit aucune nouvelle ligne ferroviaire (métro, tram, RER, Transilien) en grande couronne, dans un contexte d’urgence climatique qui oblige à réduire les transports individuels et à énergie fossile. En oubliant la grande couronne – cf. les projets non évoqués de réactivation de la tangentielle nord, ou le prolongement de la ligne de tramway qui arrive à Bezons vers Argenteuil- le SDRIF-E ne répond en rien au manque de transports publics que nous constatons quotidiennement, et notamment de banlieue à banlieue. Le Val d’Oise est le grand oublié par ce schéma car aucune liaison Est Ouest n’est prévue à l’exception de la ligne 19 du métro, entre Argenteuil et le Triangle de Gonesse (dont le principe est à ce stade rejeté par l’État). Rien pour le cœur du Val d’Oise, enfermant durablement ce territoire dans la dépendance à l’automobile.

Nous pensons au contraire que notamment le tramway est un transport d’avenir et doit être développé dans nos territoires.

Nous sommes favorables au principe de création d’un réseau de voies réservées au covoiturage et aux transports publics sur autoroute. Nous sommes favorables à une écotaxe sur les poids lourds.

Nous demandons l’arrêt de la privatisation du réseau de transport francilien qui concerne dès 2025 le réseau de bus et dès 2029 le réseau de tramways.

La gratuité des transports publics doit être mis en débat en Île-de-France, comme l’ont d’abord fait quelques villes de province (Aubagne, Dunkerque), avant de l’expérimenter dans les zones à très fortes concentrations automobiles.

2 – Adaptation de l’Ile-de-France au dérèglement climatique

  A -Transports alternatifs

Les aides à la création ou au renforcement de continuités cyclables (et au-delà des pistes, nous insistons sur le mobilier urbain tel que des stations autonomes de réparation de vélos ou tout du moins de gonflage de pneus, et piétonnes, y compris des bancs et toilettes publiques) doivent être renforcées. Les modes de circulation dits « doux ou actifs » doivent prendre une place beaucoup plus importante dans nos villes, pour des raisons de lutte contre la pollution atmosphérique et sonore et l’engorgement automobile, a fortiori devant les écoles. Ces modes de déplacement sont aussi bénéfiques pour la santé, le lien social et le commerce de proximité (comme l’ont montré les études faites également à l’étranger, comme à Londres).

B – Renaturation                                                                                                                                                 En zone urbaine, les documents d’urbanisme doivent permettre de préserver et de restaurer des espaces de pleine terre, c’est-à-dire des espaces libres ne comportant pas de construction et permettant l’infiltration des eaux pluviales. Les cours d’école sont de véritables ilots de chaleur, et doivent à notre sens faire l’objet de re végétalisation et renaturation, bénéfiques aussi pour un meilleur climat scolaire. Ces surfaces bétonnées génèrent de l’imperméabilisation des sols et des îlots de chaleur. En effet, l’asphalte empêche l’écoulement des eaux et stocke la chaleur. Afin de limiter ces phénomènes, la végétalisation et la désimperméabilisation des surfaces doivent être encouragées, comme l’installation de points d’eau facilement accessibles.

De même, il est impératif de désimperméabiliser les parkings de surface, consommateurs d’espace*, et les couvrir lorsque cela est possible car les couvertures de parking peuvent contribuer à la production d’énergie par l’intermédiaire du photovoltaïque**.

* et ** Rappelons que :

La loi zéro artificialisation nette (ZAN) de 2023 réduit l’emprise au sol des parkings et leur éventuelle extension. Quid de la politique de la région IdF ?

La loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 a créé des zones à faibles émission (ZFE), qui devraient, à terme, limiter la circulation des véhicules polluants et compliquer leur accès à ces zones. Quid de la politique de la région IdF ?

– La loi Climat et Résilience sur le développement des énergies renouvelables de 2021 et la loi accélération de la production d’énergies renouvelables (APER) de 2023 obligent les gestionnaires de nouveaux parkings en surface à installer des ombrières végétalisées ou recouvertes de panneaux photovoltaïques.

C – Énergies renouvelables                                                                                       Nous sommes pour favoriser toutes les énergies renouvelables en Île-de-France dont l’implantation d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques.

Pour encourager la production, le transport et la transformation d’énergies en provenance de sources renouvelables, les orientations réglementaires doivent être revues pour permettre une plus grande liberté d’installations pour les sites de production d’énergies renouvelables sans altérer les milieux naturels.

Par contre un moratoire est nécessaire sur l’installation de méthaniseurs, dont les effets néfastes pour l’environnement sont connus.

L’extension et la création de nouveaux réseaux de chaleur (y compris chauffage par l’utilisation de la chaleur dégagée par les eaux usées, comme cela s’est fait au début des années 2010 à l’éco-quartier de Nanterre), doivent être une priorité en zone urbaine. Les documents d’urbanisme doivent réserver l’espace nécessaire pour des plateformes de forage permettant d’exploiter la géothermie profonde ou pour des chaufferies biomasse.

D – Projets routiers

Dans le Val d’Oise, le schéma prévoit le prolongement du BIP. Ce projet autoroutier ne correspond plus aux exigences de la réduction des gaz à effet de serre. L’urbanisation dense de la région ne permet plus la construction de cette nouvelle autoroute urbaine qui engendrerait des nuisances importantes pour les populations riveraines en termes de bruit et de pollution (a fortiori devant les écoles qui jouxteront ce projet de BIP) et la destruction d’espaces naturels.

Le prolongement du BIP entre Soisy-sous-Montmorency et Bonneuil-en-France n’aura pour résultat, comme toute nouvelle voie routière, que d’augmenter la circulation automobile et notamment des camions. Il va à l’encontre des objectifs de réduction des GES. Nous sommes opposés à ce projet.

E – Consommation de terres agricoles

Le projet de SDRIF poursuit une logique de consommation des terres agricoles en autorisant de nouveaux grands projets d’aménagement, sur le triangle de Gonesse* notamment.

Le projet de SDRIF-E prévoit la possibilité d’urbaniser jusqu’à 75 hectares de terres agricoles situées dans le sud du triangle de Gonesse (95). Ce projet d’urbanisation suscite, depuis plus d’une décennie, une très vive opposition des élu.es et des populations locales mais aussi d’associations de défense de l’environnement.

Cette opposition et les arguments légitimes avancés doivent être entendus. Maintenir cette possibilité d’urbanisation sur 75 hectares de terres agricoles contrevient aux objectifs affichés du SDRIF-E et concourt à détruire des terres productives situées aux portes de Paris.

La création de la gare du Triangle de Gonesse de la ligne 17 du métro permet ce début d’urbanisation et justifiera ultérieurement de nouvelles vagues d’urbanisation  sur des terres agricoles. Nous sommes contre la création de la gare du Triangle de Gonesse, située en plein champ et éloignée des habitations. Nous voulons préserver l’intégralité du triangle de Gonesse, terres fertiles qui pourraient alimenter par leurs productions agricoles nos cantines scolaires et les cuisines de nos maisons de retraite et favoriser l’avancée vers l’indépendance alimentaire de la Région. Le projet porté par CARMA** (Coopération pour une Ambition agricole, Rurale et Métropolitaine d’Avenir) doit au contraire être débattu en Île-de-France et concrétisé si la consultation va en ce sens.

* et ** : A 10 kilomètres de la porte de la Villette, 300 hectares d’excellentes terres agricoles, les plus proches de Paris, risquent d’être urbanisées. Pour des raisons essentielles – climatiques, alimentaires, d’emploi et de qualité de vie – CARMA veut maintenir l’agriculture sur ces terres et progressivement recréer une ceinture alimentaire et horticole autour de Paris.

Le projet CARMA soutient le désir des habitants de se nourrir sainement et de manière écologique. Il souhaite faire évoluer les pratiques agricoles sur le territoire du Pays de France dans ce sens :

https://carmapaysdefrance.com/carma/domaines-dactions/agro-ecologie/

L’équipe CARMA est composée de bénévoles de différentes disciplines (urbanistes, agronomes, paysagistes, architectes, sociologues, etc.), d’habitant.es du pays de France et de l’ensemble de la région.

3- Construction de logements sociaux

Le SDRIF prévoit une « norme anti-ghetto » visant à interdire la construction de logements sociaux PLAI dans les communes comptant plus de 30% de logements sociaux PLAI/PLUS. Cette mesure, si elle était appliquée, entrainerait une réduction de la production de logements sociaux de l’ordre de 21% par rapport à la production de la période 2018-2022. Il s’agirait donc d’une mesure dramatique dans le contexte de pénurie de logement historique que connait l’Ile-de-France. Plus de 780 000 demandes de logement sont en attente dans les 8 Préfectures d’Île-de-France. 50 % des personnes sans domicile fixe de France, soit 150 000 personnes, vivent en Ile-de-France. De plus, rien n’est prévu pour les 50 communes hors la loi SRU qui ne respectent pas l’obligation de disposer de 25 % de logements sociaux. Nous sommes opposés à cette mesure de restriction de la construction de logement social et au contraire favorables à la construction de logements sociaux dans tout nouveau programme immobilier, seule mesure susceptible de favoriser la mixité sociale indispensable à nos villes. Nous sommes également favorables aux mesures d’encadrement des loyers à l’échelle de la Région, et à la réquisition des logements vacants.

Par ailleurs, les promoteurs du type GPA ne doivent pas pouvoir agir sans bride au cou en Île-de-France. Les pouvoirs publics doivent cogérer les cas d’expropriation et en amont tout faire que les rénovations urbaines en Île-de-France se fassent en intégrant les doléances des habitants. Concertation et consultations doivent prédominer.

4- Intervention citoyenne

Les citoyens restent très éloignés des consultations du type du SDRIF, qui pourtant ont d’importantes répercussions sur leur vie quotidienne. Il faut favoriser la participation et l’intervention citoyenne dans les consultations du type du SDRIF, pour associer véritablement les habitantes et habitants de la Région à l’élaboration du SDRIF-E : réunions publiques, publications des différentes contributions, appels à idées et contributions, référendums locaux…

Sans les femmes, tout s’arrête !

8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Ce n’est ni la fête de la femme, ni la fête des mères, ni la Saint-Valentin. 

Il est donc inutile de faire un cadeau. (Mais il est utile de le rappeler au maire de Saint Gratien qui est en resté à cette vision erronée.)

Le 8 mars est une journée pour revendiquer et gagner l’égalité réelle au travail et dans la vie, et aussi une journée de solidarité avec les femmes du monde entier, une journée de lutte contre les idées d’extrême droite sexistes et patriarcales. 

En France, le chemin vers l’égalité entre les femmes et les hommes est encore long. La victoire historique obtenue par la constitutionnalisation du droit à l’IVG, dont on se félicite toutes*, même si elle reste symbolique et limitée à une « liberté garantie », ne doit pas nous faire perdre de vue que nous devons continuer à mener les luttes pour l’égalité.

Les femmes subissent des inégalités de carrière et de revenus. Temps partiels imposés, discriminations, salaires inférieurs à compétence égale, dévalorisation des métiers à prédominance féminine. Les salaires des femmes sont d’un quart inférieurs à ceux des hommes, 58 % des smicards sont des femmes et bien que toujours plus diplômées, elles ne comptent que pour 39 % des cadres.

De plus, on n’oublie pas l’impact souvent négatif de la maternité sur le déroulement de leur carrière avec des temps partiels et les congés parentaux essentiellement pris par les mères. On connaît aussi le poids de la double journée et la charge mentale qui leur sont souvent réservés…

Trop de femmes sont également contraintes de rester à la maison par manque d’un service public de la petite enfance.

Les tâches domestiques et familiales leur incombent toujours en grande majorité.

Les violences sexistes et sexuelles persistent dans tous les milieux, sportif, professionnel, cinématographique… 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sur leur lieu de travail et 70 % d’entre elles n’en ont pas parlé à leur employeur. Le harcèlement de rue reste un phénomène courant. Les moyens alloués par le gouvernement pour lutter contre ces violences sont notoirement insuffisants.

La prise en compte de la santé menstruelle des femmes est impérative et doit se traduire par l’instauration d’un congé spécifique sans jour de carence et sans justificatif médical.

Le propos d’Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique », qui révèle une misogynie profondément rétrograde, a fait bondir plus d’une femme…

En politique, si quelques progrès ont été faits avec la parité des candidatures, seulement 20% des maires, moins d’un tiers des présidents de région, 20% des présidents de conseils départementaux, 37% des députés et 36% des sénateurs sont des femmes…

Le 8 mars est aussi l’occasion d’exprimer la solidarité internationale avec toutes les femmes et les peuples qui luttent dans les conflits armés, qui sont toujours plus dévastateurs pour les femmes et les filles, avec toutes celles et ceux qui luttent contre les régimes autoritaires et fanatiques qui bafouent les droits les plus fondamentaux des femmes.

Ce 8 mars 2024 est novateur : la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, appellent à se mobiliser et à faire grève ce 8 mars. C’est la première fois !

Peut-être le prolongement de la forte mobilisation unitaire contre la réforme des retraites et aussi très certainement l’effet de la présence de deux femmes à la tête des deux premiers syndicats : Marylise Léon pour la CFDT et Sophie Binet pour la CGT !

L’idée portée par la CGT est de débrayer à 15 h 40, heure à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement, pour réaffirmer le principe « un salaire égal pour un travail de valeur égale ».

Un investissement massif dans les services publics pour garantir un droit d’accueil aux enfants et pour répondre aux problèmes liés à la perte d’autonomie est revendiqué. Il est ainsi rappelé qu’il manque plus d’un million d’emplois dans les métiers du soin et du lien aux autres, et au moins 200 000 places d’accueil dans la petite enfance.

Plus généralement, cet appel à la grève féministe, ce 8 mars 2024, est là pour démontrer le rôle fondamental des femmes et rappeler que « quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête ».

Sans les femmes, tout s’arrête, car non seulement elles sont indispensables dans bon nombre de professions, notamment du soin et du lien aux autres, mais qui plus est, elles continuent à assumer la grande majorité des tâches domestiques et familiales. Il faut donc repenser la manière dont travail domestique et travail salarié s’agencent, en impliquant l’ensemble du monde du travail car ces combats sont ceux de tous et toutes les salarié·e·s.

Soulignons enfin que la transmission de la valeur d’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, se fait dès l’école primaire. Là aussi, beaucoup reste à faire..

Bon 8 mars à tous et toutes !

* Toutes sauf la sénatrice du Val d’Oise, J. Eustache-Brinio, jamais en retard d’un combat d’arrière-garde, qui a voté contre cette inscription dans la Constitution…

Une liberté garantie

Ce lundi 4 mars 2024, la « liberté garantie » aux femmes d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse sera inscrite dans la Constitution française et deviendra ainsi une liberté fondamentale.

Une journée historique sans nul doute !  La France est le premier État au monde à inscrire l’avortement dans sa Constitution, et à ainsi réaffirmer haut et fort que les femmes doivent pouvoir disposer de leur corps.

Les parlementaires sont convoqués pour se prononcer sur l’article suivant : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. »

Cette réforme est soutenue par 86 % des Français, ce qui montre une évolution spectaculaire des mentalités depuis cinquante ans. Sauf peut-être celle de Gérard Larcher, président du Sénat qui menait il y a peu un combat d’arrière-garde..

Mobilisation des associations féministes, du Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception, manifeste des 343 qui prirent le risque de dire qu’elles avaient avorté illégalement, du Mouvement de libération des femmes … le combat a été rude et long avant d’aboutir enfin à cette avancée majeure.

Un droit qui est loin d’être répandu : 47 000 femmes meurent chaque année dans le monde au cours d’avortements clandestins. Le droit à l’avortement est menacé, restreint ou interdit dans de nombreux pays, notamment par l’extrême-droite, comme aux États-Unis, en Hongrie, Argentine, Pologne, ou Italie…

Le fait de rendre ce droit constitutionnel n’est donc pas anodin, même si on aurait préféré une formulation plus radicale qui reconnaisse totalement le « droit » à l’interruption volontaire de grossesse. Ce droit doit sans cesse être défendu contre des forces réactionnaires, même en France, comme nous le prouve la récente « erreur » d’une certaine chaîne de télé intégrant le recours à l’IVG dans les causes de mortalité…

Un brin d’histoire… Les sénatrices et sénateurs communistes ont porté cette proposition de constitutionnalisation dès 2017, notamment par la voix de l’ancienne sénatrice communiste Laurence Cohen. Un combat auquel se sont joints les socialistes, les écologistes et les insoumis, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI réussissant ensuite à faire voter un texte à l’Assemblée nationale en 2022.

L’histoire ne se termine pas le 4 mars. Le droit à l’avortement doit désormais être inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, comme le réclament les associations. 

N’oublions pas surtout que l’effectivité du droit à l’avortement recule dans notre pays. Le droit à l’avortement ne peut être considéré comme un acquis. La « liberté garantie » nécessite des moyens pour l’être vraiment !

Or, près de 130 centres d’IVG ont été fermés en quinze ans. Le droit à l’IVG est encore entravé par une inégalité d’accès aux services publics sur l’ensemble du territoire. Un quart des femmes doit changer de département pour avoir recours à l’avortement, en raison de la difficulté d’accès aux services publics. Le Collège national des gynécologues obstétriciens parle de l’IVG comme « le parent pauvre dans les services ».

Ci-dessous les propositions du PCF pour un réel droit à l’interruption volontaire de grossesse

-L’accès libre et gratuit à la contraception, sous toutes ses formes et sur tout le territoire, doit être garanti. La France doit s’aligner avec les pays européens les plus progressistes, en vertu de la « clause de l’Européenne la plus favorisée ».

-L’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution et dans la Charte européenne des droits fondamentaux pour que ce droit des femmes soit respecté et garanti partout en Europe.

-La parution des décrets d’application de la loi Gaillot de février 2022 permettant aux sages-femmes de pratiquer des IVG instrumentales.

-L’augmentation des budgets consacrés à la santé et l’accès aux soins pour toutes sur tous les territoires avec la réouverture des centres fermés, des maternités et des hôpitaux de proximité.

-Une politique publique de production des médicaments, comprenant les produits nécessaires à l’IVG.

Le vêtement magique

Pauvre école publique.. la voici avec un quatrième ministre depuis 2022.

Conditions d’apprentissage très dégradées, crise du recrutement, le service public de l’éducation va mal, très mal.  Parmi les remèdes avancés par le gouvernement, le port de l’uniforme pour les élèves, renommé plus positivement « tenue unique » puis « tenue commune ».

Mais qui peut croire qu’une telle mesure ait un effet quelconque pour améliorer les conditions d’enseignement, et favoriser la réussite des élèves ?  

On entend tout et n’importe quoi sur le « retour » de l’uniforme, qui va de pair avec un discours sur l’école d’autrefois, très idéalisée.

L’uniforme, rappelons-le, n’a jamais eu cours en France, sauf dans les lycées napoléoniens. Si les élèves des écoles portaient des « blouses », elles étaient toutes différentes et avaient pour but de protéger les vêtements contre les taches d’encre, fréquentes à l’époque où les écoliers utilisaient les plumes « sergent major » et les encriers insérés dans leurs pupitres… C’est donc une version mythique de l’école d’autrefois qu’on essaye là de nous vendre.

La droite et l’extrême-droite ont souvent prôné le port de l’uniforme à l’école. « L’uniforme a depuis toujours été utilisé pour symboliser un lien d’appartenance. Il n’est pas une panacée mais un outil permettant de gommer symboliquement les différences sociales, religieuses et ethniques», selon la proposition de loi déposée en 2013 par les sénateurs UMP…

Un uniforme unique pour toutes les écoles ou des différences selon les établissements ? Car il y a là contradiction. Si ce qui est visé, c’est « l’appartenance à notre communauté nationale et à la République française », on ne peut proposer que chaque établissement ait son propre uniforme : on tombe alors dans un « communautarisme » d’établissement.

L’uniforme à l’école serait censé rétablir l’autorité, résoudre les problèmes de discipline, limiter les atteintes à la laïcité et le harcèlement, voire même réduire les inégalités sociales. Les études scientifiques sur le sujet sont pourtant loin de lui attribuer de telles vertus. Les études existantes relèvent plutôt l’absence d’effets bénéfiques. Même Gabriel Attal ne semble pas trop y croire, lui qui déclare : « Je ne suis pas sûr que ce soit une solution miracle qui permette de régler tous les problèmes, mais elle mérite d’être testée. » Quant à l’actuelle ministre de l’Éducation, elle se déclarait opposée à l’uniforme… avant d’être nommée..

On sait que là où il y a uniforme obligatoire, beaucoup se distinguent par d’autres moyens matériels et y parviennent facilement.

Après l’annonce de l’expérimentation début décembre 2023 par Gabriel Attal, qui était alors ministre de l’Éducation nationale, une centaine environ d’établissements scolaires se sont portés volontaires dans toute la France. C’est déjà très peu. Mais alors que la clôture des candidatures était prévue le 15 février, elle vient d’être repoussée en juin. Une quinzaine de communes auraient déjà fait marche arrière, tant la mesure est loin de faire l’unanimité. Élèves, parents, enseignants ne sont pas tous emballés.

Le coût de la généralisation de l’uniforme cette mesure se chiffrerait en milliards d’euros : 12 millions d’élèves, avec un coût estimé à 200 euros par élève partagé entre État et collectivités.

De l’argent gaspillé pour des effets d’annonce et de communication ?

Sans compter toutes les contraintes pratiques : combien d’uniformes par enfant, quand on sait que les écoliers du primaire par exemple ne reviennent pas toujours de récréation avec des vêtements indemnes ? Que fera-t-on d’un élève qui arrive sans uniforme ? Que sera-t-il prévu pour les enfants qui grandissent beaucoup, ce qui est quand même le principe même de l’enfant ?

Franceinfo rapporte ainsi les propos de parents d’élèves d’une école du nord : « Si la mairie a de l’argent à dépenser, qu’elle finance des cartables, des trousses et des fournitures scolaires, ce serait de la vraie égalité sociale. Nous opposons à cette opération les véritables moyens dont nous avons besoin pour défendre le service public d’éducation : l’augmentation de l’enveloppe pour les sorties, pour la découverte de musées ou de sites historiques, pour des livres, pour des enseignants supplémentaires et des remplaçants, pour une cantine gratuite pour tous les enfants. Il y a tant à faire pour nos enfants.« 

Et oui, il y a tant à faire ! Et si au lieu de chercher à « invisibiliser » les inégalités, à « gommer symboliquement les différences », on cherchait plutôt à donner à l’école publique les moyens de les combattre pour de bon ? L’école française, on le sait, non seulement ne réduit pas les inégalités sociales, mais les conforte. Le fait qu’il y ait de moins en moins d’adultes dans les écoles, infirmières, surveillants, personnel de service, médecins scolaires, psychologues, AESH, enseignants spécialisés, Rased.. et que les effectifs des classes soient parmi les plus lourds d’Europe, pèse très négativement sur le « climat scolaire », la violence et le harcèlement. C’est sur cela qu’il faut agir.        

Si fondamentalement l’uniforme ne changera rien au problème, on sait par contre que le recrutement d’enseignants pour moins d’élèves par classe, ou l’annulation des 650 fermetures de postes prévues pour la rentrée 2024 dans le 1er degré coûterait bien moins cher et aurait un impact avéré sur la réussite des élèves.

Parler de l’uniforme, c’est occulter tout le reste. Une proposition anecdotique, inefficace, mais qui plaît à la droite et son extrême. Béziers ne s’est-elle pas précipitée pour faire enfiler l’uniforme à ses élèves ? Les essayages y sont déjà en cours…

Missak au Panthéon

Ils étaient 20 et 3 quand les fusils fleurirent
20 et 3 qui donnaient leurs cœurs avant le temps
20 et 3 étrangers et nos frères pourtant
20 et 3 amoureux de vivre à en mourir
20 et 3 qui criaient la France en s’abattant

« Vous avez hérité la nationalité française, nous l’avons méritée.»

Missak Manouchian

Missak Manouchian, figure de la Résistance, « un homme à la gueule de métèque, communiste et apatride, poète et ouvrier », comme l’écrit « Libération », entrera au Panthéon avec sa femme Mélinée, le 21 février prochain.

C’est un événement d’importance dans l’histoire de notre nation. À la place qui est la sienne, le Parti communiste français organisera plusieurs hommages pour accompagner la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian.

Missak Manouchian, arménien d’origine, en France depuis 1924, adhère au PCF en 1934. Il intègre la Main d’œuvre immigrée (MOI), structure créée par le Parti communiste pour encadrer les immigrés et les réfugiés arrivés en France dès la fin de la Première Guerre mondiale. En février 1943, il est affecté à l’organisation clandestine « Francs-tireurs et partisans-Main d’œuvre immigrée » (FTP-MOI – branche militaire de la MOI). C’est alors le seul groupe résistant à mener des actions de lutte armée contre l’occupant à Paris.

Les groupes de Manouchian mènent une trentaine d’opérations armées, dont notamment l’attentat  contre le général allemand Julius Ritter, responsable en France de la réquisition de la main d’œuvre pour le Service du travail obligatoire.

En novembre 1943, Missak Manouchian est arrêté par la police française, livré aux occupants. Dans les jours qui suivent, les groupes des FTP-MOI sont massivement arrêtés. Tous sont condamnés à mort après un procès expéditif très médiatisé.

« L’ affiche rouge »,  xénophobe et antisémite qui vise à décrédibiliser l’action de ces résistants étrangers en les désignant comme « l’armée du crime »,  est placardée à plusieurs milliers d’exemplaires dans Paris occupé. Mais au lieu de provoquer la peur, elle éveille plutôt des manifestations de sympathie pour ces résistants.

Le 21 février 1944, les vingt-deux hommes du groupe des condamnés à mort sont fusillés au Mont-Valérien. Olga Bancic est décapitée en Allemagne en mai 1944.

Une plaque avec les 23 noms du groupe Manouchian sera apposée au Panthéon. De nombreuses initiatives vont rendre hommage aux résistants FTP-MOI de l’Affiche rouge. On y revient ici bientôt.

Les faits d’armes de Manouchian et de ses camarades ont été portés à l’écran notamment par Frank Cassenti dans L’Affiche rouge (1976, prix Jean Vigo) et Robert Guédiguian, L’Armée du crime (2009). L’auteur Didier Daeninckx lui a consacré un roman Missak (2009), ainsi qu’un album jeune public, Missak, l’enfant de l’affiche rouge (2009), illustré par Laurent Corvaisier. Jean-David Morvan et Thomas Tcherkézian ont conçu la bande dessinée Missak, Mélinée et le groupe Manouchian, les fusillés de l’Affiche rouge (2024).

Le logement n’est pas une simple marchandise

« Gabriel Attal insulte la mémoire de l’abbé Pierre en attaquant la loi SRU » 

À l’occasion du 70è anniversaire de l’appel de l’abbé Pierre contre le mal-logement, le sénateur communiste Ian Brossat dénonce dans une tribune les récentes prises de position de Gabriel Attal.

La Fondation Abbé Pierre publie également aujourd’hui même son rapport sur l’état du mal logement en France. On y revient.

Faire appliquer la loi SRU, c’était l’ultime combat de l’abbé Pierre en 2006, juste avant sa mort. 70 ans après son appel du 1er février 1954, Gabriel Attal a annoncé remettre en cause la loi SRU en incorporant dans le calcul du taux les logements intermédiaires. Cette décision est une insulte à la mémoire l’abbé Pierre.

La loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) est l’acte législatif majeur du début du siècle. Elle a été adoptée à l’initiative du ministre communiste du logement Jean-Claude Gayssot et nous célébrions en décembre son 23e anniversaire.

En imposant avec ce texte aux communes une proportion minimale de logements sociaux sur leur territoire, la gauche au pouvoir a changé de nombreuses vies. Sa mise en œuvre a permis des investissements de grande ampleur en faveur du logement abordable notamment dans les zones tendues. Ainsi, à Paris le nombre de logements sociaux est passé de 150 000 en 2001 (13 %) à 275 000 en 2023 (25 %).

Malgré les premières contestations, l’obligation de produire du logement social est largement acceptée. Ces combats sont devenus majoritaires.

Comment vouloir le contraire quand la France compte 330 000 sans-abri, que 3000 enfants dorment dehors tous les soirs, que le nombre de ménages en attente d’un logement social n’a jamais été aussi élevé (2,42 millions) et que l’accès à la propriété pour les classes moyennes n’a jamais été aussi faible et inégalitaire socialement ?

Pourtant, le Premier ministre a annoncé lors de sa déclaration de politique générale une attaque inédite contre l’article 55 de la loi SRU, en amoindrissant ses exigences. Intégrer les logements intermédiaires dans la loi SRU met fin à l’obligation de construire du logement social.

Cette proposition, qui ne réglera en rien le retard pris pour la construction du logement social, va renforcer les ségrégations territoriales en fragilisant le respect de la loi SRU au lieu d’accroître la pression sur les communes hors la loi, carencées en logements sociaux. C’est un cadeau fait aux maires réticents puisqu’ils amélioreront leurs chiffres sans faire d’efforts sur ce même logement social.

Cette décision ne va pas augmenter la quantité de logements intermédiaires. Elle va juste, par effet d’aubaine, diminuer la production de logements sociaux. Bon nombre de maires voyous vont voir leur situation « régularisée » par cette réforme. Elle va leur faciliter la tâche, sapant ainsi l’ordre républicain. Changer la norme contraignante sur le logement social au lieu de la respecter n’est pas la voie à suivre.

Cette annonce, aussi honteuse qu’irresponsable, est un affront pour les préfets et les nombreux maires respectant la loi SRU depuis deux décennies, ainsi qu’une trahison envers les Français modestes.

La loi SRU équilibre la production de logements sociaux, elle met fin aux ghettos de riches, à l’entre-soi de l’argent.

La moitié des communes concernées n’appliquent pas la loi SRU ? Ce n’est pas grave, Gabriel Attal trifouille la loi pour préserver l’entre-soi bourgeois. Rachida Dati, maire de l’arrondissement parisien qui compte le moins de logements sociaux fustigeait d’ailleurs à son tour ce mercredi sur France Inter la loi SRU. Elle irait contre « la mixité sociale » et concentrerait « les difficultés aux mêmes endroits ».

Or, cette loi permet justement l’inverse. Elle équilibre la production de logements sociaux, elle met fin aux ghettos de riches, à l’entre-soi de l’argent qui persuade certains qu’ils peuvent échapper à toute règle de solidarité sociale. Surtout, refuser de construire du logement social revient à refuser de loger ceux qui font tourner nos territoires.

Le Premier ministre fait le choix d’une réforme inopportune alors que rien n’est proposé pour accélérer la production de logements sociaux. Le soutien au logement intermédiaire ne répond pas aux besoins de la majorité des classes moyennes. Aujourd’hui, seuls 3 % des ménages en attente de logement social y sont éligibles compte tenu de leurs ressources.

Encore une fois, les 2,6 millions de demandeurs de logements sociaux sont la variable d’ajustement d’une politique de désengagement de l’État.

Pour contrer la pénurie de logements, il est essentiel de renverser la logique libérale. Le logement n’est pas une simple marchandise. Il doit être une priorité budgétaire de l’État et des collectivités. En unissant nos forces, nous pouvons préserver l’héritage de l’abbé Pierre et construire un avenir où le logement décent est un droit pour tous.

Un minimum de mixité

Depuis sa nomination comme ministre de ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques (ouf), Amélie Oudéa-Castéra défraie la chronique et suscite par ses propos diverses polémiques. On s’en tiendra ici à ce qui concerne le monde de l’éducation : dénigrement de l’école publique qu’elle est censée défendre, mensonges sur les absences des enseignants de l’école publique brièvement fréquentée par un de ses enfants, enfants qui sont à présent élèves d’un établissement privé catholique et rétrograde dans le VIe arrondissement de Paris… une école pour le moins sulfureuse puisque, bien que profitant largement de financements publics, elle est mise en cause pour ses dérives homophobes et sexistes et ses pratiques éducatives non conformes avec la loi.

Cette prise de fonction chaotique relance, entre autres, le débat sur la mixité sociale dans les écoles privées. Chacun sait que leur bon taux de réussite est étroitement lié au fait que contrairement au public qui accueille tous les élèves, le privé peut choisir qui il reçoit, et ne s’en prive pas.

« Il y a un mensonge dans ce que dit la ministre, et on comprend que ce qui a motivé son choix, c’est un refus de la mixité sociale et un désir politique de cultiver une forme d’entre-soi », considère Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine. Avec Ian Brossat, élu sénateur en septembre dernier, Pierre Ouzoulias a déposé une proposition de loi qui vise à demander aux établissements privés d’assurer un minimum de mixité sociale contre l’octroi de subventions publiques.

En avril 2023, Pierre Ouzoulias avait déposé cette proposition de loi pour « autoriser la puissance publique à conditionner les subventions accordées aux établissements privés sous contrat à des critères de mixité sociale et scolaire ».

Ce texte devrait être présenté au Sénat lors de la niche parlementaire du groupe communiste, le 21 mars prochain.

En effet, les établissements privés sont financés à quasi 75 % par des fonds publics qui proviennent de l’État et des collectivités territoriales. Aujourd’hui, c’est l’État qui finance les salaires des enseignants, et ce sont les collectivités locales qui contribuent aux frais de fonctionnement des établissements privés. Pierre Ouzoulias précise qu’il « respecte le choix individuel des parents » de scolariser leurs enfants dans le privé mais qu’il trouve « anormal que l’argent public aille dans les mêmes proportions aux établissements qui font le choix politique et économique de la non-mixité et les établissements publics. »

Il insiste néanmoins sur le fait qu’Amélie Oudéa-Castéra n’est pas la première ministre de l’Éducation à scolariser ses enfants dans une école privée. Lors de sa nomination Pap Ndiaye avait été critiqué parce que ses deux enfants étaient inscrits à l’école Alsacienne, un établissement privé laïque du VIe arrondissement de Paris. « Sauf qu’il avait eu une attitude rigoureusement inverse de celle d’Amélie Oudéa-Castéra, rappelle Pierre Ouzoulias. Dès qu’il est entré en fonction, il dit que le problème fondamental de l’école, c’était la mixité sociale alors que la nouvelle ministre dit que l’école publique est pourrie ! »

Pierre Ouzoulias fait d’ailleurs partie des parlementaires qui demandent la démission de la ministre. « Après ses propos, je ne vois pas comment elle peut convaincre les enseignants du public qu’elle veut développer l’école publique. C’est la ministre de l’enseignement privé », dénonce-t-il. Le sénateur estime que « cela montre que pour elle, l’enseignement n’est plus une mission de l’État mais un système concurrentiel. C’est une conception profondément antirépublicaine parce que l’école est un endroit où on donne les mêmes droits aux élèves quel que soit leur milieu social. »

Le 1er février, les enseignant·es et personnels de l’éducation seront en grève. On revient bientôt sur cette journée. Nul doute que les déclarations de la nouvelle ministre, dénigrant l’école publique au profit du privé, seront rappelées à cette occasion.

Photos des écoles de Saint Gratien