Ces femmes invisibles

Ces femmes invisibles mises en lumière par le coronavirus

Un appel de médecins aux milieux économiques

Lu sur le site « Domaine public », qui publie des analyses, commentaires et informations sur l’actualité suisse, en se revendiquant « indépendant, différent, réformiste depuis 1963 »

Par Danielle Axelroud Buchmann

Deux médecins haut-valaisans, Natalie Urwyler et Simon Fluri, ont lancé un appel urgent aux milieux économiques pour leur demander de libérer les pères occupés dans des secteurs moins prioritaires afin que les mères travaillant dans le système de santé puissent assumer leurs responsabilités.

La fermeture des écoles met les parents dans une situation difficile, en particulier tous ceux dont le travail est crucial si l’on veut maîtriser la pandémie. Non seulement les médecins, le personnel soignant et des pharmacies, mais aussi toutes les personnes actives au sein du système de santé et des hôpitaux.

Or, dans le domaine de la santé humaine et de l’action sociale, les femmes représentent 78% du personnel, selon les statistiques fédérales. Dans le commerce de détail, ce chiffre est de 68%.

Tous ces gens qui travaillent et dont l’activité s’avère en ce moment si nécessaire sont en majorité des femmes, mères pour nombre d’entre elles. Les écoles étant désormais fermées, qui va s’occuper des enfants? Plusieurs cantons (Vaud, Valais, Berne, Zurich) ont annoncé vouloir mettre en place des solutions de garde pour les cas d’urgence. Mais cela ne suffira peut-être pas. Les deux médecins haut-valaisans, soutenus par le directeur de l’Hôpital du Valais, Eric Bonvin, en appellent aux employeurs des entreprises dont l’activité n’est actuellement pas du domaine de l’approvisionnement de base : libérez les pères, pour qu’ils puissent prendre en charge les enfants et que leurs mères puissent assumer les tâches plus primordiales pour la santé de la population.

Il ne s’agit donc pas seulement des médecins et du personnel soignant. Mais aussi de toutes les petites mains qui nettoient, désinfectent, décontaminent, cuisinent. On peut d’ailleurs tenir le même raisonnement pour le commerce de détail alimentaire, indispensable pour assurer l’approvisionnement du pays.

En ces temps de crise, ces personnes – donc, en majorité des femmes – deviennent enfin visibles.

Apparemment pas pour le Conseil fédéral: dans sa conférence de presse du 16 mars, il a précisé la teneur des nouvelles mesures nationales prises et applicables dans tous les cantons, sans faire la moindre mention de la question du genre. Pourtant, dans une telle situation de crise, la répartition des tâches entre les femmes et les hommes est décisive.

Le Conseil fédéral a par exemple bien spécifié que 90% des soldats faisant partie des quatre bataillons hospitaliers ou des cinq compagnies sanitaires qui vont être appelés prochainement ne travaillent pas dans le système de santé. L’idée : ne pas priver la société civile de personnel soignant qualifié pour les remettre à disposition via l’armée. Mais quelle proportion d’entre eux sont des pères ou des mères? Et qu’adviendra-t–il des enfants? Et si les conjoints, eux, font partie du personnel soignant ou auxiliaire?

Ces femmes dont le rôle est aujourd’hui si important, n’étaient pas visibles non plus en 2018, lorsque le Conseil fédéral a rejeté l’initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts» sans lui opposer de contre-projet. Cette initiative, portée par l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), vise à garantir un nombre suffisant d’infirmiers et d’infirmières diplômées. Elle veut rendre cette profession plus attrayante pour les jeunes et revendique un élargissement des tâches dévolues aux infirmiers et infirmières, de meilleures conditions de travail, une rémunération appropriée et des possibilités de développement professionnel. Apparemment, améliorer les conditions de travail du personnel soignant – en majorité féminin – n’entrait pas en 2018 dans les priorités du Conseil fédéral.

Ce thème n’a pas convaincu le Conseil national non plus, puisqu’il a également rejeté cette initiative, au profit d’un contre-projet qui ne dit rien d’une amélioration des conditions de travail du personnel infirmier. Contre-projet qui lui-même n’a pas trouvé grâce devant la Commission de la santé du Conseil des Etats en février dernier. Espérons que nos sénateurs auront pris conscience de l’importance du sujet lorsqu’ils pourront reprendre leurs travaux…

La question de l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans le programme de législature 2019-2023 publié en janvier dernier (objectif 8, pp.71-72). Il s’agit d’un thème typiquement transversal, qui devrait être pris en compte de manière systématique dans chaque Message du Conseil fédéral et dans tout débat parlementaire ainsi que, bien entendu, lors de la mise en place de mesures aussi drastiques que celles qui viennent d’être promulguées. Un réflexe qui n’est visiblement pas encore acquis.

 

Contre le virus, l’humain d’abord !

Coronavirus : Les travailleurs doivent être protégés !

virusFace à une crise sanitaire sans précédent dans l’histoire récente de notre pays, une part importante de notre population est confinée depuis mardi midi afin de limiter la propagation rapide du Covid-19. Mais beaucoup de salarié-es sont aussi les premiers au front pour répondre aux besoins vitaux de la population.

Nous pensons aux personnels de santé qui tentent de répondre aux mieux à l’urgence dans des conditions de travail dégradées comme ils le dénoncent depuis un an.

Nous pensons aux agents de l’état, des collectivités locales, qui assurent les missions régaliennes et les solidarités sur les territoires qui sont essentielles dans cette période. Ils font chaque jour la démonstration du rôle indispensable de nos services publics.

Nous pensons à tous ceux qui doivent continuer de produire et travailler pour nous permettre de manger, de nous déplacer, d’accéder à l’énergie.

Nous saluons leur engagement, leur courage, nous les remercions pour leur sens des responsabilités et de l’intérêt général.

Nous exigeons que les conditions sanitaires les plus essentielles soient respectées afin de les protéger.

Par ailleurs, sur tout le territoire national, de trop nombreuses entreprises continuent de produire et fonctionner au détriment de la santé de leurs salariés, parfois même dans des entreprises où des salariés ont été dépistés positifs au COVID-19

Cela doit cesser : seul ce qui est essentiel doit fonctionner.

Le confinement doit s’étendre rigoureusement à tout le reste afin de répondre efficacement au défi qui est devant nous. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,  s’adressera en ce sens au premier ministre afin que celui-ci définisse plus clairement les secteurs stratégiques et les mesures de protection au travail, afin que nul ne puisse déroger aux règles qui permettent d’épargner des vies.

La situation d’urgence ne peut se traduire par un confinement du droit des salariés.

Partout en France, chez Amazon, sur le chantier de Saint-Nazaire, comme chez Alstom, des salarié.e.s sont conduits à utiliser leur droit de retrait, à débrayer parce qu’ils refusent d’aggraver une situation sanitaire déjà grave. Nous sommes à leurs côtés.  À l’heure où le président de la République semble découvrir l’importance du service public, nous exigeons qu’il prenne les mesures pour protéger tous les travailleurs, toutes les travailleuses, leur santé et leurs droits sociaux.

Nous sommes fiers des travailleurs de notre pays. Ils sont à la hauteur de la crise que nous connaissons. Protégeons-les !

PCF, 19 mars 2020

8 mars 2020

Sororité

Alors non, le féminisme n’est ni « consensuel », ni « puritain », ni « victimaire », comme on entend ici ou là le proférer les fils malades du patriarcat dans leur guerre préventive contre l’égalité. Et gare au retour de bâton

8 mars 2020Gardez vos roses, messieurs. Avec les Rosie en grève, le 8 mars a ­repris des couleurs, ­renouant avec les origines ouvrières et socialistes de cette journée. ­Depuis trois ans, le patriarcat subit les plus vifs coups de boutoir de son histoire. Cette nouvelle vague féministe, portée par une jeunesse qui ne supporte plus de courber l’échine devant la violence de la domination masculine, redessine l’imaginaire social et les rapports de pouvoir qui perpétuent les inégalités de genre.

Le courant est si puissant que les grands de ce monde, sentant le vent tourner, font mine de s’y ­atteler, à coups d’opportunisme marketing et autre « féminisme washing ». Sur ce registre, l’imposture féministe du gouvernement sur les retraites n’aura dupé personne. Mieux, les conséquences dramatiques de cette réforme sur les pensions des femmes, que le pouvoir macroniste condamne à la perspective du minimum vieillesse, ont mis de l’huile dans le moteur du mouvement social, renouvelé avec créativité ses modes de lutte. Le grand débat de société ouvert sur l’enjeu des retraites a démontré les effets pervers de l’assignation au travail reproductif, mais aussi combien la surexploitation du deuxième sexe est un outil de dumping social pour le patronat.

Alors non, le féminisme n’est ni « consensuel », ni « puritain », ni « victimaire », comme on entend ici ou là le proférer les fils malades du patriarcat dans leur guerre préventive contre l’égalité. Et gare au retour de bâton. « L’histoire de l’opposition des hommes à l’émancipation des femmes est plus intéressante peut-être que l’histoire de cette émancipation elle-même », avançait Virginia Woolf. Les récentes ­restrictions du droit à l’IVG, aux quatre coins de la planète, rappellent combien le patriarcat ne cédera pas gentiment la place. Et aucun groupe social, aucune famille politique, aucune religion n’en est immunisé. Bien loin des polémiques hexagonales manichéennes, rappelons ici que, pour des millions de femmes dans le monde, leur engagement féministe ne les expose pas qu’à une vindicte réactionnaire, mais à la prison ou la mort.

Maud Vergnol, dans l’Humanité du 8 mars 2020

 

Un référendum pour les retraites !

« Monsieur le président, soumettez au référendum votre réforme des retraites »

Le journal L’Humanité demande l’organisation d’un référendum sur le projet de loi du gouvernement visant à modifier le système de retraites. Cet appel est signé notamment par Daniel Mermet, Didier Porte et Gérard Mordillat.

Pour signer cette pétition, rendez vous sur le site change.org

retraite référendumAprès plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demandent toujours le retrait de la réforme du système de retraite voulue par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances.

Même le Conseil d’État a rendu un avis très sévère, relevant « la fausse promesse d’un régime universel », des projections financières « lacunaires  », mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».

Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur.  À ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.

Pour une retraite juste et solidaire

Pour dire « non » à la retraite Macron, signez le texte ci-dessous !

Une majorité de citoyennes et de citoyens le demandent : retrait de la réforme Macron !

Depuis le 5 décembre, des millions d’hommes et de femmes se retrouvent dans les grèves, dont beaucoup en reconductible, et dans les manifestations à l’appel des organisations syndicales.

Ils et elles rejettent la réforme du système de retraites que veulent leur imposer le président de la République et son gouvernement.

(336)Ce projet n’est pas acceptable, car il est porteur de régression des droits de chacune et chacun : toutes les hypothétiques avancées proposées par le gouvernement devraient être financées par des baisses de pensions ou par l’allongement de la durée de la vie au travail. D’autres choix sont pourtant possibles.

C’est pourquoi nous demandons le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.

Signer et voir les premiers signataires

Vive la radio de service public !

Vive la radio de service public : France Inter, France Info, France Culture, France Musique, France Bleue, le Mouv, FIP !

Le personnel de Radio France est en grève depuis 16 jours. Voici pourquoi, expliqué dans une tribune devenue pétition et qui réunit aujourd’hui 50 000 signatures.

À partager sans modération !

La radio publique est en danger. Elle subit depuis des années des plans stratégiques et des coupes budgétaires qui menacent aujourd’hui son fonctionnement. Le soutien de tous est nécessaire, pour que le gouvernement entende l’inquiétude de ceux qui la fabriquent. Signez et soutenez une radio de service public et de qualité.

radio franceNous, voix et collaborateurs(trices) des émissions de Radio France, tenons à nous adresser collectivement au Gouvernement et au Ministère de la Culture, dans ce moment crucial que traverse le groupe.

Il nous importe de signaler notre inquiétude vis-à-vis de la baisse de dotation qui provoque les plan de « réorganisation stratégique » et de « départs volontaires » communiqué par la Présidence.

Nous ne sommes ni contre le mouvement ni contre le changement. Nous avons d’ores et déjà pris à bras le corps la transition numérique. Nous sommes sans cesse à l’affût de nouveaux publics, notamment chez les plus jeunes.

Nous pensons cependant qu’il n’y a pas de mystère, pour remplir nos missions de service public, il faut des moyens. Radio France a déjà consenti des réductions d’effectifs sous la présidence précédente, et a réussi l’an passé à revenir à l’équilibre de ses finances après la suppression de près de trois cents postes. Faire plus avec moins ne marche ni à l’hôpital, ni à l’école, ni dans les transports, ni à l’université, ni dans les lieux d’art, etc. Pourquoi cela marcherait-il à la radio?

Diminuer la contribution à la radio publique, c’est un choix politique. Un choix de société qui nous inquiète. D’autant plus que la réforme de l’audiovisuel public présentée par le gouvernement cet automne, ainsi que la fin de la redevance telle que nous la connaissons, ne donnent aucune piste sur la manière dont il entend la financer au-delà de 2022.

Conscients des enjeux considérables qui touchent tous les services publics de ce pays, et des souffrances de nombre de nos concitoyens(ennes), il ne s’agit en aucun cas pour nous de nous draper dans la défense de catégories professionnelles, mais bien de faire battre le cœur de notre mission à destination de tous les publics. Certain(es) d’entre nous ont des rémunérations enviables, mais beaucoup d’entre nous, la plupart, ont des statuts précaires (contrats d’un an, indemnités chômage, bas salaires malgré un investissement de tous les instants pour notre auditoire, de plus en plus grand). Il nous semble difficile d’accepter une baisse supplémentaire du financement public de la radio, qui seul assure la pérennité de ce service, et nous craignons que le plan annoncé ne nous permette plus de garantir cette qualité.

Monsieur le ministre de la Culture et de la Communication, êtes-vous à même de soutenir à terme le financement public de la radio et de défendre ses missions de service public, saluées quotidiennement par celles et ceux qui nous écoutent ?

Signez ici !

Stop !

Contre le racisme, pour la République

Déclaration du PCF

Un climat pestilentiel et menaçant s’installe en France.

Des appels ignobles contre nos concitoyens de confession ou culture musulmanes, ou supposés tels, n’ont cessé de s’accumuler.

Le racisme est toujours un appel au meurtre. L’attentat commis le 28 octobre, par un militant d’extrême droite, contre la mosquée de Bayonne, est un signal d’alarme. Hier, des Juifs avaient eux-mêmes été les cibles de tueurs animés par la haine de l’Autre.

Peu avant, deux élus d’extrême droite de la région Bourgogne-Franche-Comté s’en étaient pris à une mère de famille portant le voile. Dans le même temps, les stigmatisations de mères musulmanes accompagnatrices de sorties scolaires se sont multipliées. Et les tags racistes maculent diverses mosquées.

Voilà même que l’on suggère, dans des discours publics, l’épuration ethnique de notre pays, et l’un des auteurs de cette haine s’exprime quotidiennement sur une chaîne d’information en continu.

Il est grand temps de prendre la mesure de la menace : plusieurs centaines de militants d’extrême droite sont actuellement fichés « s » et ils représentent un sérieux danger pour notre pays. Toutes les enquêtes démontrent qu’ils ont la volonté  de commettre des exactions contre des élus, des personnalités ou locaux politiques, des imams, des musulmans ou des juifs.

Le président de la République porte une lourde responsabilité dans cette dérive qui défigure la France héritière des Lumières, de la Révolution française, des combats pour la République de l’égalité et de la fraternité.

Pour détourner les Français de l’exaspération que suscite la politique de son gouvernement, il a ainsi désigné « l’immigration » comme le problème actuel des « classes populaires ». Reprenant les mots de l’extrême droite, il n’a pas hésité à assimiler « fait migratoire » et « fait religieux ». Sous prétexte de lutter contre le terrorisme intégriste, il est allé jusqu’à en appeler à une « société de vigilance », au risque de donner naissance à une société de la suspicion généralisée, voire de la délation.

En amalgamant, comme il le fait, immigration, droit d’asile, islam, intégrisme et terrorisme, Monsieur Macron contribue à une dérive porteuse d’affrontements communautaristes, de violence.

Il devient d’une extrême urgence de dire « Stop » !

Ce ne sont pas l’immigration ou les musulmans qui menacent notre pays dans sa cohésion. Ce sont l’austérité, le chômage et la précarité, les fins de mois difficiles d’une majorité de Français, les dévastations incessantes de l’environnement, la remise en cause du droit à la retraite et de la solidarité entre les générations, la casse des services publics, le creusement des inégalités territoriales, le déchirement de notre tissu industriel, les discriminations à l’encontre des jeunes et des habitants des quartiers populaires, les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTI, le recul de la démocratie.

Ce qui ronge la France comme un cancer, c’est un capitalisme prédateur, qui menace l’avenir des humains autant que celui de la planète.

Hommes et femmes de gauche, démocrates et républicains, il nous appartient de nous lever pour le dire toutes et tous ensemble.

Des manifestations contre le racisme se préparent dans toute la France, et à Paris le 10 novembre « Le 10 novembre, à Paris, nous dirons STOP à l’islamophobie ! ». D’autres rassemblements sont appelés le 20 novembre « Pour la République, pour la laïcité, contre le racisme ».

Ils doivent être l’occasion de nous opposer massivement au racisme antimusulman, à l’antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse. De réaffirmer les principes de la République, qui ne reconnaît que des citoyens égaux en droits, quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau, leurs croyances, leurs genres et leurs orientations sexuelles. De défendre la laïcité contre toutes les attaques dont elle fait l’objet, car loin d’opposer les citoyens et les citoyennes, elle est la condition de l’émancipation de chacune et chacun. De dire que c’est dans la conquête de la justice sociale et d’une citoyenneté profondément renouvelée que notre peuple renouera avec son histoire et refondera le vivre-ensemble.

C’est pour défendre ces objectifs, que le Parti communiste français appelle à manifester partout en France.

7 novembre 2019

Le centre municipal de santé, une idée moderne (4)

À l’heure où nos villes connaissent une certaine pénurie de médecins, et donc une difficulté d’accès aux soins pour de nombreuses personnes, revient en force l’idée des centres municipaux de santé. Il existe dans notre département plusieurs centres de santé. Lors de la dernière fête de l’Humanité, nous avons réuni pour un débat des professionnels de santé et des élus, impliqués directement dans ces structures. Voici les échanges qui ont eu lieu à cette occasion.

débat fête 13

Débat sur les centres de santé municipaux – Fête de l’humanité 

Espace coopératif 95 – samedi 14 septembre 2019

Intervenants

-Pierre Barros, maire de Fosses, où vient de s’ouvrir récemment un centre de santé

-Florelle Prio, maire-adjointe de Bezons, où une telle structure existe depuis longtemps

-Jean-Pierre Deschamps, prothésiste dentaire dans un centre de santé d’Argenteuil

-Docteur Guirec Loyer, Directeur des Services de Santé et de Prévention, Médecin Directeur des Centres Municipaux de Santé à Gennevilliers

-Alain Feuchot, responsable du PCF 95

Animation du débat : Isabelle Volat

I.V. : Vous avez bien montré le fonctionnement d’un centre de santé. C’est très innovant en matière de prévention, de travail en collaboration avec d’autres organismes. Est-ce que dans vos villes, vous avez essayé aussi d’associer les citoyens, la population au projet du centre de santé et à son fonctionnement et de quelle manière ?

F.P.: Sur Bezons, il n’y a pas de comité d’usagers, pas de structure qui travaille là-dessus, mais à Gennevilliers, il y a matière.

G.L. : Le président du comité des usagers des services de santé de Gennevilliers est reçu deux fois par an avec les membres de son association. On les associe au projet de santé. On va rentrer de nouveau dans une démarche d’enquête de satisfaction. C’est valorisé aujourd’hui par l’ARS qui a prévu un label pour les structures qui ont créé de quoi associer à la gouvernance. C’est important de faire rentrer les usagers, ce n’est pas toujours simple. Souvent, on a non pas des comités d’usagers mais des comités de sauvegarde du centre de santé quand il est menacé. Ce n’est jamais bon signe ! Mais à Gennevilliers, on a cette particularité d’avoir un comité d’usagers très actif.

I.V. : À l’approche des élections municipales de 2020, comment fait-on pour susciter de nouvelles envies de projets de centres de santé dans les villes, notamment du Val d’Oise mais aussi au-delà… Contacter la fédération des centres de santé certainement ? Se rapprocher des villes qui ont déjà une expérience pour en profiter ? D’autres choses ?

P.B.: Ce qui est intéressant quand on monte un centre de santé, c’est qu’on va aller chercher des partenariats, des idées, des modes de fonctionnement, on apprend en allant chez les autres. D’autres sont venus nous voir parce qu’il y avait une expérience. En général, c’est un peu médiatisé et on a déjà eu cinq ou six contacts qui sont venus nous voir, de territoires assez proches. Nous diffusons les documents à qui veut les récupérer, on donne des rendez-vous. On est là, c’est aussi une responsabilité quand est sur un outil comme ça, d’essayer de la faire partager au mieux possible, de façon à ce que ça fasse des petits. Ensuite, chacun monte son expérience avec son tissu, avec ses partenaires, avec son projet politique. Mais c’est aussi la responsabilité des villes qui portent des centres municipaux de santé, dans le cadre de la fédération des centres de santé, cela fait partie du job d’expliquer aux gens qui sont intéressés par cette expérience-là, de donner des clés, et de rentrer dans la communauté que cela forme. C’est une façon de concevoir, de tisser ce réseau d’acteurs. C’est un beau sujet à partager.

F.P.: Dans la perspective des municipales, cela peut être au cœur d’un projet parce qu’on peut parler non seulement d’une ville et d’une offre de santé mais d’une « ville en santé ». C’est un thème qui est tellement transversal, on peut y agglomérer des politiques sur des sujets complètement différents : le sport, la jeunesse, les personnes âgées, l’environnement, la façon dont on conçoit l’urbanisme dans nos villes. Il y a de passerelles très fortes avec la santé. Quand on parle des modes de déplacement, on parle de santé. Quand on parle de prévention cardio-vasculaire, c’est une question éminemment pointée sur la santé, mais dedans, il y a des questions d’urbanisme et d’environnement. Il faut le voir sous cet angle-là, une ouverture très large. Également, quand on a un centre de santé, c’est un outil, on peut travailler avec la restauration collective de la ville pour améliorer les repas, plus équilibrés, des choix de produits, et s’engager dans la lutte contre l’obésité qui est un fléau aujourd’hui pour nos populations, surtout dans les quartiers défavorisés où l’on sait que c’est prégnant. Donc je pense que c’est important de ne pas se limiter à «santé», offre de soins, accès aux soins et curatif. Il y a aussi tout cet aspect-là qui est très large et qui est essentiel.

débat fête 14A.F. : Je reviens sur l’expérience de Cergy, de la liste conduite par une communiste. Le rapport des forces aux élections municipales ne nous donnait pas un iota de chance d’être présent au deuxième tour, et c’est parce qu’on a porté un tel projet qu’il y a eu rassemblement au deuxième tour avec la liste socialiste et que ce projet est maintenant complètement construit. Comme quoi, c’est vecteur de rassemblement, et ce type de sujet, ça se travaille en amont. Il y a matière à travailler pour construire des listes de large rassemblement avec les citoyens, avec les usagers, et donc porter un projet politique très fort. Ces expériences-là, sont différentes, de périodes différentes, entre le centre de santé de Bezons qui va être bientôt centenaire, celui de Marly-Fosses qui a six mois, Gennevilliers c’est aussi une autre histoire. Mais il y a un commun dans l’organisation et dans le partage de tels projets. Cela permet de créer des mouvements d’opinions larges, favorables,  qui permettent de progresser et d’avoir des outils modernes pour l’ensemble des populations, qui souvent sont en très grande souffrance. Par exemple, cela a explosé à Argenteuil : la question de l’obésité. Avec une campagne de plusieurs mois qui explique qu’il faut être bronzé, filiforme, alors qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça qu’on va régler les problèmes. Là, il y a une vraie offre nouvelle qui peut permettre à une population en grande difficulté une prise en charge globale.

I.V. : Merci beaucoup de toutes ces pistes qui sont très riches. Les centres de santé portent mal leur nom car ils sont bien plus que des centres qui ne s’occupent que de santé, cela va effectivement bien au-delà. Merci à tous, on continue à échanger au bar de l’espace Val d’Oise.