Conseil de novembre (4)

Les principaux moments du Conseil municipal du 22 novembre 2025 ; suite des échanges sur les orientations budgétaires

La fin de mandat est l’occasion de faire le point sur les promesses de 2020 et les réalisations, ou les non-réalisations. On fera le bilan de la mandature lors du vote du budget en décembre. À notre avis, la ville et la majorité municipale ont raté le coche, et même plusieurs  coches. C’est une gestion très traditionnelle, avec réfection des rues avec joli bitume et petits pavés. Un entretien basique des bâtiments communaux.  Mais rien ou si peu sur les urgences : logement, santé, transition écologique, amélioration du bâti scolaire, jeunesse, mobilités douces.

Le maire nous reproche d’avoir depuis des années demandé beaucoup de constructions et de nouveaux logements. Il indique que le projet de PLU cherche à limiter les nouvelles constructions, face aux demandes de la Région ou du département de voir Saint Gratien compter 30 000 habitants. Je rappelle alors au maire que dès les années 90, nous étions les seuls à dénoncer la densification excessive de la ville et réclamé que les seules constructions soient du logement social. Le maire répliquant que Saint Gratien compte 32 % de logement social, je rétorque que 70% des français sont éligibles au logement social, et que les demandes de logement s’entassent par centaines en mairie.. Quant au PLU, depuis l’annonce de sa mise en révision, nous n’en avons eu aucun écho au Conseil municipal. Le maire nous renvoie au site de la ville pour davantage d’infos.. Il indique que ce PLU sera novateur en matière de lutte contre le changement climatique. Nous verrons sur pièces, ce n’est déjà certes pas un modèle de démocratie participative, puisque même l’ensemble des élus n’y est pas associé. Quant aux Gratiennois…   

Pour être complet sur la densification de la ville, rappelons qu’il est quand même curieux de voir une équipe aux affaires depuis 40 années la découvrir et la déplorer. À plusieurs reprises, nous avons agi pour la limiter et pour implanter des espaces naturels : action avec les habitants des Marais pour obtenir la semi-couverture du BIP, proposition d’un espace vert en centre-ville, idée reprise par la majorité qui y a implanté le parc urbain, et nous œuvrons à présent pour la végétalisation des cours d’école. C’est un sujet sur lequel le maire nous répondait il y a peu de temps encore, que nos cours étaient bien équipées et qu’il n’y avait pas lieu d’y faire des aménagements !

On remarque une concentration des investissements sur 2025, avec des reports sur 2026. Nous avions donc raison de demander un PPI (plan pluriannuel d’investissement) en début de mandat pour connaître la répartition des travaux dans le temps. Entre 2020 et 2024, peu de choses. En 2025, la ville investit pour 20M€, autant qu’entre 2020 et 2024. (Comme chacun constate qu’il n’y a pas 20 M€ de travaux en ville, cela comporte de nombreux reports d’une année sur l’autre.) Un fort déséquilibre donc. Pourquoi ? Nous estimons qu’en début de mandat, la ville était freinée par sa situation financière, avec une dette importante vis-à-vis de sa capacité d’autofinancement. La majorité avait en effet choisi de garder un taux de fiscalité assez faible par rapport aux autres communes, et d’autre part elle était handicapée par le surcoût des emprunts toxiques, à hauteur d’environ 500 000€ par an. Un sous-investissement que la ville tente de rattraper à présent. Les travaux de reconstruction du centre Camille Claudel sont certes une lourde opération. Mais le coût (5M€) est pris en charge à 100% par le département, la Région, l’État et les assurances. La situation financière de la ville est « aisée »  suite à l’augmentation du taux de +14% en 2022. Nous avions proposé à l’époque une augmentation qui aurait pu être progressive et adaptée au fur et à mesure à l’évolution des charges, notamment des coûts de l’énergie.

Mais même avec les marges de manœuvre actuelles, la ville manque d’ambition. Notamment face aux effets du réchauffement climatique que nous subissons déjà : il faisait plus de 35° dans les écoles en juin. Pourtant il y a peu d’efforts de végétalisation au rebours d’autres villes, telles Vauréal qui a végétalisé l’ensemble de ses cours d’écoles. Nous alertons sur le taux de pollution dû au CO2 devant les écoles, ce qui entraîne une augmentation des problèmes respiratoires chez les enfants. On aurait pu voir, au regard de « l’excellente situation financière » de la ville selon l’adjoint aux finances, un réel effort pour limiter le nombre de voitures devant les écoles, en encourageant les enfants et les parents à venir autrement à l’école. Développer notamment les parcs à vélos dans les écoles, ou instaurer le système de « rues scolaires », fermées à la circulation durant le temps d’entrée et de sortie des enfants, comme cela existe dans de nombreuses villes. L’investissement n’est selon nous, clairement pas à la hauteur au regard des urgences.     

Dernier rapport présenté ce 20 novembre : nous votons contre l’achat par la ville d’une propriété rue Léon Fontaine, destiné selon la ville à réaliser une coulée verte entre le skatepark et le parc urbain. Voter contre un espace vert ? Quelle idée !

Le maire nous vante une « végétalisation » de Saint Gratien. Mais le fait est que nous sommes très sceptiques sur ce projet, aucunement détaillé, qui selon le maire ne devrait pas voir le jour avant 10, 15 ou 20 ans, le temps pour la ville d’acquérir d’autres maisons au gré des ventes. Nous nous interrogeons sur sa faisabilité, puisque cette coulée se heurtera à la rue Galliéni, qui longe le parc à cet endroit. D’autre part, au vu des très nombreuses demandes de logement dans notre ville, démolir des habitations comme celle-ci ou encore celle située boulevard Pasteur, est une aberration. Il s’agit de plus d’immobiliser 450 000€, ce qui n’est pas une somme négligeable.

Prochain Conseil municipal avec le vote du budget 2026, le jeudi 18 décembre

Laisser un commentaire