Au Conseil de juin 2025 (1)

Vous n’étiez pas au Conseil municipal du 26 juin 2025 ?

On vous comprend un peu…

La pub faite aux séances du Conseil est minimale, les intitulés des rapports qui y sont votés sont souvent obscurs pour le non-élu, les chaises réservées au public sont inconfortables, la sonorisation est mauvaise, les discussions entre certains élus peu motivés eux-mêmes gênent encore l’écoute, aucun document n’est projeté ou communiqué ce qui rend la compréhension des débats encore plus difficile pour le public..  

La seule partie compréhensible plus facilement pour les citoyen·nes est peut-être celle des questions au maire. Mais elle n’arrive qu’en fin de séance pour celles et ceux qui ont déjà enduré deux heures d’échanges plus ou moins nébuleux.

La séance n’étant pas retransmise en ligne, impossible de la suivre en plusieurs fois. Le compte-rendu des débats n’arrive, sous forme de 50 ou 60 pages écrites, qu’à la séance suivante, deux ou trois mois plus tard.

On comprend donc bien que le travail du Conseil soit peu connu des Gratiennoises. Et pourtant, c’est bien de leurs affaires dont il s’agit et des villes ont su trouver des canaux d’information, voire de participation, efficaces.

Voilà l’essentiel de nos interventions pour cette séance de juin 2025.

Huit élu·es sur les 29 que compte la majorité sont absent·es et ont donné pouvoir. Les élu·es  minoritaires sont au complet.

La séance débute avec une minute de silence en hommage à notre camarade Jean-Marie Jouanjan, élu municipal de 2001 à 2014. Le maire annonce avoir appris avec tristesse son décès, le jour-même de ses 82 ans. Il souligne que Jean-Marie a servi les habitants avec dévouement et sincérité, toujours soucieux du bien commun et fidèle à ses valeurs. Il exprime à sa famille et ses proches, au nom du Conseil municipal et de l’ensemble des élus et des agents communaux, ses plus sincères condoléances et assure que tous garderont de lui le souvenir d’un homme engagé et respecté.

Nous avions salué la mémoire de Jean-Marie lors de ses obsèques au cimetière de Saint Gratien. Il s’est toujours beaucoup investi dans la vie municipale, dans la vie locale en général, militant au PCF avec un seul souci : celui de défendre des mesures qu’il jugeait utiles aux habitants. Il était également un militant fidèle de la CGT.

Nous questionnons en début de séance sur les décisions du maire : 49 pour cette séance ! Dont certaines méritent des précisions, montant de dépenses engagées ou subvention attendue. On s’aperçoit aussi à cette occasion que des sujets importants ne viennent pas en débat au Conseil et donc échappent quelque peu à la connaissance des élu·es, particulièrement ceux de la minorité. Un exemple, celui du marché de nettoyage de la voirie, confié à la société Val’Horizons pour un montant de 600 000€, et qui n’apparait que via une ligne d’une décision du maire… Nous questionnons aussi sur l’augmentation de marchés concernant l’éclairage public ou encore les travaux de voirie, dont les montants, là encore, ne sont pas minimes, et sur l’avancée du dossier de la géothermie.  

Le dossier principal de la soirée est celui du vote du Compte administratif 2024 : l’occasion de revenir sur sommes reçues et dépensées durant cette année, ainsi que sur les réalisations qui s’en sont suivies.

Force est de constater que ce compte administratif est très bon, puisque l’excédent de clôture est de quasi 7,5M€.

Question récurrente : l’augmentation du taux de taxe foncière de +14% en 2022 n’a-t-elle pas été exagérée ? Année où de plus, les bases avaient fortement augmenté de +7%. Pour ne pas que notre position soit déformée, nous l’avons répété : nous ne sommes pas opposés à certaines augmentations d’impôts. Encore faut-il bien les mesurer, et bien sûr la question qui nous divise, c’est celle de l’utilisation qui est faite ensuite de ces recettes. Nul doute que nous n’aurions pas fait les mêmes choix de dépenses en 2024 que la majorité municipale actuelle.

Nous avons rappelé que les augmentations d’impôt n’ont pas été anodines pour les habitants avec trois exemples.

Appartement en centre-ville : 1462€ en 2022 ; 1747€ en 2023  soit +285 €

Maison dans le parc : 2560 € en 2022 ; 3060€ en 2023 soit +500€

Appartement aux Raguenets : 1455€ en 2022 ; 1737€ en 2023 soit + 282€

En sachant que les augmentations des bases ne sont pas sans effet non plus, finalement les avantages de la suppression de la taxe d’habitation ont déjà été grignotés de moitié… Nous avions souligné à l’époque notre opposition à cette réforme qui prive les collectivités locales de ressources.

Il est dommage que ces chiffres très positifs ne nous aient pas été dévoilés en décembre 2024, car alors nos demandes en terme d’investissements auraient été tout autres, au regard de l’urgence climatique, de la nécessité de rénover certains locaux publics, et de végétaliser les cours d‘école. Il faisait le 25 juin, 41° dans les classes de Jules Ferry… Alors quand les excédents budgétaires sont exceptionnellement hauts, la question à se poser est de savoir comment les utiliser auprès des habitants.

Le sujet n’est pas aujourd’hui de baisser les impôts. La situation est un révélateur de l’absence de débat de fond en 2022 sur l’augmentation de la taxe foncière. Pour décider en toute connaissance de cause, nous avions proposé à l’époque, car la situation était certes complexe entre la guerre d’un côté et de l’autre les envolées des coûts de l’énergie, de « lisser » les augmentations sur deux années, avec une « clause de revoyure ». La majorité a préféré une augmentation unique mais forte. Trop ?      

À Saint Gratien, comme chaque année, les dépenses de personnel, même en augmentation, suite aux mesures gouvernementales, restent bien inférieures à celles de la strate : elles représentent chez nous 54,5% des dépenses contre 60,5% dans les villes de même importance. Elles n’ont augmenté que de +1,8% en 2024 c’est-à-dire même pas l’inflation, alors qu’il y a eu une augmentation nationale de 5 points d’indice et +1,5% d’augmentation du SMIC. Les dépenses de personnel ont augmenté en 2024 de + 250 000€, ce qui n’est pas énorme dans le budget ! Je ne crois pas que cette pression soit une bonne nouvelle pour les agents, ni pour les services rendus à la population. Quelles conséquences ? il serait intéressant de savoir si c’est par compression de postes, non-remplacement de départs  ou pression sur les rémunérations, primes etc..  L’adjoint aux finances ne s’étendra pas sur la question dans ses réponses, sauf à évoquer des postes restés vacants en 2024.

                    Cour de la maternelle Raymond Logeais au cours des travaux

Sur les travaux réalisés en 2024, notre principal reproche porte sur les cours d’école.  À Raymond Logeais, la ville a procédé à la plantation de 3 ou 4 arbres dans une cour qui n’en avait plus aucun.. et implanté un auvent qui protège de la pluie mais pas de la chaleur. Il reste 13 autres cours et on voit en ce mois de juin que le dérèglement climatique va plus vite que les  travaux de la commune. Rien non plus n’a été entrepris en 2024 pour favoriser les mobilités alternatives aux voitures, ce qui ne va pas non plus dans le sens de la lutte contre le réchauffement. Et avec le bon matelas financier annoncé, peut-être que la majorité aurait pu augmenter le nombre d’Atsem pour une par classe de maternelle, ou favoriser le départ en séjour de vacances de davantage de petits Gratiennois.. Hélas.

                                                Cour de Jean Zay élémentaire, 30 juin 2025

Nous nous étonnons d’une baisse de 20 000€ des recettes de stationnement.

Nous questionnons sur une baisse de 200 000€ des dépenses d’éclairage public : est-ce dû aux LED ? Mais les LED ont eu un coût important d’installation. Je rappelle que nous avons demandé d’ailleurs un état des dépenses d’éclairage après l’installation des LED, non fourni à ce jour… On imagine les économies si on éteignait en milieu de nuit.

Enfin, nous demandons des informations sur les acquisitions foncières boulevard Pasteur pour une opération immobilière qui reste opaque pour l’opposition.

Nous votons contre ce compte administratif 2024, afin de signifier nos désaccords sur les choix budgétaires et d’investissement de la ville.

À suivre… les autres rapports du Conseil

Laisser un commentaire