André Chassaigne, un élu utile ! (1)

Qui n’a pas d’estime pour André Chassaigne ?

Bien au-delà des rangs de sa formation politique, il suscite le respect de par la constance de ses combats, sa force de persuasion, son caractère toujours affable, son souci des autres.

En 2012, il a été à Saint Gratien notre invité pour une soirée. C’était à l’occasion des élections législatives, et il était venu parler de changement climatique et d’écologie, autour de son livre « Pour une Terre commune ». Après la réunion publique, pendant laquelle il avait séduit l’auditoire comme à l’accoutumée, nous avions partagé un repas tardif. Soudain, André a disparu de la table… nous l’avons retrouvé dans la cuisine du restaurant, en grande discussion avec le chef, dont il s’inquiétait des conditions de travail !

Membre du PCF depuis 1979, André a été conseiller général du canton de Saint-Amant-Roche-Savine, conseiller régional d’Auvergne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine. Il est également député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2002 et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale depuis 2012. Il est réélu en 2017 puis en 2022 avec…69,43 % des suffrages exprimés, réélu encore en 2024.

Il est régulièrement cité parmi les députés les plus actifs de l’Assemblée nationale. En avril 2017, il est désigné « meilleur élève » parmi les députés de l’Assemblée nationale, pour son assiduité et son implication dans le travail parlementaire. Il intervient fréquemment sur les thématiques en lien avec la protection de l’environnement, passant ainsi, selon Mediapart, pour le « Monsieur écologie » du PCF. Il est perçu comme un élu de terrain, proche de ses administrés et du monde rural. Le 17 juillet 2024, il est désigné par le Nouveau Front populaire pour être le candidat unique de la gauche à la présidence de l’Assemblée nationale. Il arrive en tête au premier tour avec 200 voix et est cependant battu à l’issue du troisième tour par Yaël Braun-Pivet, de 13 voix. En juin 2020, il est rapporteur d’une proposition de loi, initialement déposée durant le précédent mandat, visant à revaloriser les petites retraites agricoles pour qu’aucune ne soit inférieure à 85 % du SMIC, avec un financement assuré par une augmentation de 0,1% de la « taxe sur les transactions financières ». Cette revalorisation sera votée à l’unanimité. Sa proposition de réévaluation des retraites des aidants d’exploitations agricoles, dont en particulier les femmes conjoints, est également adoptée en décembre 2021.

André Chassaigne est interrogé par Marceau Taburet, pour le Huffpost

André Chassaigne va quitter l’Assemblée, et exprime son spleen

André Chassaigne s’apprête à quitter l’Assemblée nationale et reconnaît une forme de regret sur la situation politique actuelle. À 75 ans, le président du groupe communiste à l’Assemblée porte un regard amer sur la situation politique, marquée par l’essor de l’extrême droite.

Après vingt-trois ans passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, André Chassaigne s’apprête à tirer sa révérence. Dans les prochains jours, le président du groupe GDR rangera son écharpe de député au placard, lui préférant celle d’adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). « Le mandat local me manque. Mon rêve est de revenir aux fonctions que j’avais à 27 ans pour finir ma vie politique en toute humilité », justifie-t-il auprès de LCP.

Mais avant de définitivement quitter le Palais Bourbon, « Dédé le rouge », comme le surnomment certains de ses amis, est revenu sur sa longue carrière politique et a assuré s’en aller « avec le sentiment du travail accompli » : « J’ai fait mon travail d’élu, comme maire, comme conseiller général, puis comme député. J’en suis fier. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait ». Il est entré à l’Assemblée pour la première fois en 2002, et s’est ensuite fait réélire à cinq reprises.

Pour autant, le communiste à la célèbre moustache porte un regard amer sur la situation politique actuelle. « J’ai commencé à militer à l’âge de 16 ans, j’en ai 75 aujourd’hui. Nous assistons aujourd’hui à une dérive planétaire sur les valeurs humanistes qu’on écrabouille », a-t-il exposé sur LCP. Il parle de ces individus dépourvus de « morale » qui « deviennent chef d’État » et qui « écrasent tout le monde », tel Donald Trump. « Tout ça pour ça ! », finit par conclure André Chassaigne qui fait part d’une forme de spleen à l’heure de raccrocher les gants : « Quand on a une vie de militant et d’élu comme moi, j’arrive à 75 ans dans un monde qui est à l’opposé de ce que j’ai toujours voulu construire ».

« Un vieux meuble de l’Assemblée »

Conscient d’être devenu au fil du temps une figure emblématique de l’Assemblée, André Chassaigne assume de vouloir transmettre le flambeau à la jeune génération. C’est son suppléant Julien Brugerolles, 43 ans, qui prendra la suite. Quand on lui demande s’il a l’impression d’être « un vieux meuble de l’Assemblée », le président de groupe répond avec humour : « Allez dans un magasin de brocante ou une antiquité, vous verrez que les vieux meubles ça ne se vend plus, les jeunes n’en veulent plus. Il faut faire du moderne ».

Son meilleur souvenir dans l’hémicycle, révèle-t-il, restera la loi sur les retraites agricoles qu’il a initiée et qui porte désormais son nom. Celle-ci réhausse le montant minimum des pensions des agriculteurs à 85 % du SMIC net agricole. « Un combat de plusieurs années», souligne celui qui est devenu l’un des derniers représentants du communisme rural à l’Assemblée : « J’ai toujours fait de la politique avec mes tripes ». Il continuera à en faire, mais loin de la capitale.

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