Manque d’ambition

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Point essentiel de la séance du Conseil ce 19 décembre 2024 : le vote du budget primitif de la commune. Sans surprise, nous avons voté contre, en voici les principales raisons.

En décembre, nous sommes toujours dans l’expectative puisque dans l’attente des mesures du budget 2025 concernant les collectivités locales. Il y a donc de grandes incertitudes, puisque les précédentes annonces gouvernementales prévoyaient entre 5 et 11 milliards de ponction sur les collectivités. C’est un moment compliqué pour voter un budget local, comme cela a été évoqué lors du débat de novembre sur les orientations budgétaires.

Quelques remarques avant notre appréciation générale.

En ce qui concerne les dépenses de personnel, il est fait état d’une progression modérée en 2025 (+1,58%) malgré que les cotisations à la caisse de retraite des agents (CNRACL) soient en nette hausse. Les dépenses liées au personnel représentent 54% des dépenses de fonctionnement de la ville alors que la moyenne dans les villes de même importance est de 62%.

Cela est peut-être bénéfique pour les finances de la ville mais pour les agents ? Comme nous l’avons vu dans un dossier précédent, la grande majorité des employés communaux ou plutôt des employées communales, est en catégorie C avec des salaires…. modestes.  Reconnaître et vanter les mérites  des agents de la ville, comme le fait régulièrement le maire, c’est bien. Mais pour nous, cela passe aussi par des rémunérations à la hauteur de leur engagement. On note que le versement du « bonus attractivité » à certains agents représente par exemple un effort plutôt modéré pour le budget de la ville : 78 000€.

Des motifs d’inquiétude : le taux de CDD passe de moins de 17% en 2022 à 23,5% en 2024, les agents titulaires ne représentent plus que 60,5% des effectifs, contre 64% en 2022. C’est une précarisation des statuts. Le nombre d’assistantes maternelles diminue d’un tiers.

Dépenses de fonctionnement

Curieusement la ville ne s’étend pas (ni tableau, ni graphe) sur la forte augmentation des charges à caractère général. Elles sont en hausse de +31% en 4 ans sans que le document ne nous l’explique. De même les charges de gestion augmentent de +37% sur la même période, sans que la ville ne commente ces chiffres. Il y a là peut-être des économies à faire. La ville en recourant massivement à de la sous-traitance, ne maîtrise plus certains ouvrages, des compétences et connaissances ont été perdues. Dès qu’il faut réfléchir à un projet, on recourt à un cabinet extérieur. Quant aux concessionnaires, on voit (stationnement payant, marché..) qu’ils recourent largement à des augmentations de tarifs.

Sur les travaux annoncés pour 2025

La ville prévoit 9,7M€ de travaux. C’est un montant jamais atteint les années précédentes et il comporte bien évidemment des reports d’opérations prévues en 2024 mais pas réalisées.

Les travaux pour 2025 sont principalement la réhabilitation du centre du Parc et la reconstruction de Camille Claudel après l’incendie de juillet 2023. Cette dernière est subventionnée ou couverte par les assurances à quasi 100%. Le centre du Parc était lui dans un tel état de délabrement qu’il devenait urgent d’agir.

Le montant des investissements hors Camille Claudel est de 245€ par habitant, largement en-dessous de ce que dépensent la moyenne des villes de même importance que Saint Gratien. Surtout, ces investissements ne sont pas à la hauteur des besoins en matière de jeunesse et de bifurcation écologique. 16% seulement des travaux concernent ce dernier point, et seulement à peine 10% le secteur de la jeunesse, enfance et éducation. Les investissements restent principalement consacrés à la voirie : 30% des travaux.

Nous nous étonnons de voir des travaux de voirie dans des rues en assez bon état, comme Gabriel Péri, ou Hémonnot. Les travaux en mairie sont par contre nécessaires, et les bureaux des étages mériteraient d’ailleurs aussi une rénovation.

On remarque une somme extravagante de 834 000€ pour l’extension de la vidéosurveillance ! Il y a certes 700 000€ de subventions.. mais qui sont aussi de l’argent public. Le tout pour une course aux dispositifs technologiques qui ne remplaceront jamais la présence humaine.

D’un autre côté nous voyons à peine 400 000€ pour les travaux dans les écoles, ce qui veut dire que la dés-imperméabilisation des cours sera modérée ! 56 000€ sont prévus pour la cour de l’école Jean Jaurès ; 59 000€ pour la cour de Jules Ferry, qui ne compte actuellement… qu’un seul arbre.

Pour finir, on remarque que le total des travaux sera de 23 millions d’euros sur le mandat 2020/2026, contre 44 durant le mandat précédent. Pour la majorité, cela s’explique par le fait que la ville est déjà très bien équipée… plus besoin d’équipements nouveaux ! Un avis que nous ne partageons évidemment pas.

 

La dette

La majorité fait une priorité de contenir la dette au même niveau, voire moindre,  qu’en début de mandat : environ 20 millions d’euros. Mais la dette en elle-même n’est pas diabolique, ce qui importe c’est le taux des emprunts, le coût de la dette. La ville devrait le savoir, puisqu’elle a connu des taux pharamineux au temps de la flambée de ses prêts toxiques !

On remarque au passage que le surcoût lié au dernier emprunt toxique, bien que ce dernier soit d’une part à présent négligeable dans l’encours de dette, s’élèvera en 2025 aux alentours de 32 000€… heureusement pris partiellement en compte par le fond de soutien national… c’est à dire au final le contribuable.

Cette frilosité sur la dette entraîne selon nous un niveau d’investissement inférieur aux besoins et aux enjeux, notamment écologiques.

Tous ces choix budgétaires sont évidemment révélateurs des ambitions de la majorité municipale.

Notre avis général sur ce BP 2025

Les montants annoncés des investissements sont supérieurs aux autres années. Certes deux centres culturels seront réhabilités ou reconstruits (Claudel subventionné en quasi-totalité).

Une part toujours importante est comme chaque année dédiée aux aménagements urbains, avec en 2025, une partie significative pour les LED qui équiperont les lampadaires. Ce sont des économies futures certes mais on éclaire toujours des rues vides d’habitants la majeure partie de la nuit avec des nuisances écologiques non négligeables.

Il y a des acquisitions foncières rue Léon Fontaine pour un projet qui nous est à ce jour inconnu… un espace vert agrandi ? Si peu sur la passerelle de la gare, projet sur lequel on a zéro info…Si peu pour les écoles ce qui laisse augurer des travaux a minima dans les cours. Rien pour le centre de loisirs Fossiez qui pour  le coup ne fait pas l’admiration des villes voisines (argument imparable puisqu’invérifiable, souvent avancé par la majorité pour vanter nos équipements gratiennois..)

Aucun aménagement cyclable pour encourager les mobilités actives : c’est sans surprise étant donné la position de la majorité sur le sujet, comme on l’a vu dans les échanges sur le projet de plan des mobilités en Île-de-France.

En février 23, nous avions interrogé sur un état des performances énergétiques des bâtiments communaux. Pas eu de nouvelles depuis de ce cabinet d’études qui devait faire un diagnostic et conseiller la ville pour des travaux éventuels. Quid des fenêtres de Grusse Dagneaux dont une partie est toujours en bois et de celles de Jean Jaurès qui s’ouvrent et se ferment difficilement, avec un fabricant qui n’existe plus ?

Bref si les montants des investissements peuvent paraître plus importants, il n’y a pas de prise en compte des enjeux en matière d’adaptation au changement climatique, ni de mobilités différentes.

Pour le fonctionnement, on pèse toujours sur le personnel. Les dépenses sociales sont a minima comme les sommes consacrées aux écoles, augmentées en 2024 après 10 ou 12 ans de stagnation et qui seront à nouveau grignotées par l’inflation. Les tarifs des services n’augmentent pas. C’est donc possible ! Par contre,  jamais la grille des quotients familiaux n’est revalorisée à hauteur de l’inflation.  Ce sont là des avantages grignotés peu à peu pour les familles.

En matière de solidarité, le compte n’y est pas. En matière d’évolution écologique, le compte n’y est pas. Et dans le domaine scolaire, le compte n’y est pas non plus. Cela devrait pourtant être un axe essentiel de l’action municipale. En matière d’information et de démocratie, le compte n’y est pas non plus. Pas de concertation sur ce budget, info a minima des élus de la minorité, pas de budget participatif, pas de réunion de présentation aux habitants…

Rien ne change et pour nous, il est temps que cela change.

Nous votons ensuite pour les subventions au Centre Communal d’Action Sociale, aux coopératives scolaires et aux associations pour l’année 2025.

Nous voterons ces subventions bien évidemment mais en faisant quelques remarques. Les subventions pour les coopératives scolaires relèvent de l’anecdotique, bien que réévaluées de 10% en 2024. Le total pour les 14 coopératives est de 2412€… La participation aux projets des classes de CM2, bien qu’augmentée elle aussi en 2024 après 15 ans de non-évolution, demanderait à être revue tous les ans a minima en fonction de l‘inflation. L’organisation de projets pédagogiques voire de mini-séjours coûte de plus en plus cher, notamment les locations de cars.

Le total 2025 des subventions aux écoles est de 33 500€, en baisse de plus de 5000€ sur 2024, puisque moins d’élèves sont concernés. Cela reste très modeste dans un budget communal.

Quant à la subvention au CCAS, ses augmentations sont dues à des transferts divers. Cette année 800 000€ de mieux pour  compensation d’un transfert de personnel de la ville au CCAS. Est-ce à la hauteur des besoins d’aide sociale qui sont partout en forte augmentation ?

Pourrait-on rêver des subventions en augmentation en fonction de l’inflation ? La réponse était prévisible : soyez contents qu’elles soient maintenues…

Prochain Conseil municipal le 13 février 2025

5 réflexions sur “Manque d’ambition

  1. Avatar de Le gars qui arrive à la bourre en com. fi Le gars qui arrive à la bourre en com. fi

    Cette année 800 000€ de mieux pour compensation d’un transfert de personnel de la ville au CCAS : l’adjoint aux finances n’a pas été clair la dessus. C’est flou.

    Ce n’est pas 800 000 EUR de mieux.

    On arrive a 800 000 EUR. En intégrant aussi le ou les véhicules qui portent les repas. Jusque là cette ligne bud? était sur un autre budget…

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