Orientations budgétaires

Principal dossier de la séance du Conseil municipal de novembre : les orientations budgétaires pour 2025.

Ce point a donné lieu à de nombreux échanges entre les élus. En voici quelques-uns, sans prétention exhaustive, en reprenant les éléments des interventions des deux élus de notre groupe.

Sur un plan général, la situation des collectivités locales est très difficile après les annonces gouvernementales. Grande colère des élus, vue lors du Congrès des maires. « Faire mieux avec moins » ça a toujours été compliqué. Les collectivités ne sont pas responsables de la dette de la France, elles font de l’investissement public. Avec moins de moyens elles en feront moins et c’est mauvais pour l’économie. de plus, elles sont quasiment mises sous tutelle car elles n’ont plus d’autonomie financière avec la disparition de la taxe d’habitation et sont entièrement dépendantes des dotations…

Comme le 1er ministre est de la famille politique du maire, nous aurions aimé connaître son appréciation de ces coupes budgétaires, évaluées entre 5 et 11 M€ à aujourd’hui… ? Même si visiblement St Gratien n’est pas si impacté que ça par les mesures directes, nous le serons par contre par l’assèchement des dotations des autres collectivités dont nous recevons les subventions.

Le maire ne s’engagera pas à nous répondre sur ce point…  

Il y a évidemment risque avec ces coupes drastiques que les services publics soient mis à mal ; que la transition écologique soit freinée par des coupes dans les financements. Ce sont notamment les alertes concernant le « fond vert », amputé au niveau national de -1,5 milliard d’euros, et la suppression du plan vélo national avec cascades sur les autres plans vélo. Déjà que la ville est très en retard dans ce domaine !  

Localement, comme nous l’avions déjà fait remarquer en juin lors du vote du Compte administratif, il est surprenant de voir que la situation financière de la ville qui était présentée en novembre 2022 comme catastrophique et nécessitant une forte augmentation du taux de taxe foncière (ce sera +14%, à ajouter à l’augmentation des bases de +7%), est à présente tellement bonne qu’on pourrait investir comme jamais, entre 12 et 14 millions d’euros ! Les dépenses d’investissement sont en effet d’environ 5 M€ habituellement chaque année. Alors qu’on nous annonçait que les courbes des recettes et des dépenses devaient se croiser (le redoutable effet ciseau !), il n’en est rien, et d’ailleurs les fameuses courbes ont opportunément disparu de notre document.

Évidemment, les débat montre que le montant total des investissements ne sera pas supérieur à celui des années précédentes. Ce sont des reports, des investissements planifiés les exercices antérieurs, mais comptablement non engagés et des frais d’études, qui anticipent une partie des investissements, gonflant ainsi artificiellement les chiffres.

Il n’y aura finalement que des choses très classiques.. les habituels travaux de voirie, un bâtiment communal rénové, la salle d’armes, à grands coups de subventions, et la rénovation du centre culturel du Parc. La reconstruction du centre Camille Claudel sera, elle, entièrement financée par les assurances et l’État.

La ville a-t-elle beaucoup souffert de la baisse de la DGF ? Pas vraiment, puisque la baisse était assez faible depuis 2018, et qu’en même temps d’autres dotations augmentaient.

Un nouvel objectif de la majorité est de conserver la dette au niveau où elle était en début de mandat. Or, ce qui compte, c’est le coût de la dette.. Saint Gratien est bien placée après la douloureuse expérience des emprunts toxiques pour savoir que des taux d’intérêt exorbitants sont effectivement un problème !  Mais derrière la dette, il y a l’investissement en ville.. Moins de dette, c’est moins d’investissement, ou un sous-investissement, inférieur aux besoins. Or nous constatons qu’il y a un gros retard d’investissements sur la transition écologique. Les inondations du mois d’octobre ont su nous le rappeler. Non, la dette n’est pas diabolique, tout dépend du taux des emprunts, et des travaux qui seront ainsi financés.

En ce qui concerne les agents municipaux,  nous constatons de plus en plus de CDD… 87 postes sur 370, c’est-à-dire 23,5%, contre 16,8% en 2022. Les titulaires ne représentent plus que 60,5% des effectifs en 2024 contre 64% en 2022. C’est une précarisation des statuts. Nous retrouvons également l’invariable rhétorique sur les « rémunérations contenues ». C’est positif du côté de l’employeur mais moins du côté des salariés ! Nous estimons que la revalorisation du point d’indice est positif, même s’il y a un coût pour la collectivité. Le nombre d’assistantes maternelles passe de 9 à 6 et c’est inquiétant.  

Pour la partie « orientations » puisque c’est le rapport d’orientations budgétaires dont nous débattons, il faut arriver à la page 18 d’un document qui en compte 24 pour les découvrir…  

Pour maitriser nos dépenses de fonctionnement, je réitère la proposition d’éteindre l’éclairage public une partie de la nuit dans une partie de la ville, ce qui apporterait des économies substantielles. Les Leds ne règlent pas tout.

La ville annonce une quasi stabilité des tarifs des services pour 2025. On s’en félicite ! Depuis longtemps nous déplorons le très haut niveau des tarifs de cantine… parmi les plus chers du département Le maire nous répond que les réfectoires sont pleins. Oui, les parents qui travaillent sont contraints de laisser leurs enfants à la cantine. Mais, beaucoup plus gênant : si les élèves de Grusse Dagneaux déjeunent à plus de 80% à la cantine, ceux de l’école Jean Sarrailh ne le font qu’à 55%… selon les infos obtenues -difficilement- en commission scolaire. Il y a donc une grosse inégalité entre quartiers qui doit nous interroger . Donc si on se réjouit de voir que les tarifs de cantine n’augmenteront pas cette année encore, notons qu’ils n’en restent pas moins très élevés -trop- pour certaines familles.

Nous regrettons aussi que la médiathèque Motordu ne soit pas davantage développée et rendue plus accessible parce que c’est un équipement qui le mériterait, dans un quartier qui en a bien besoin.

Toujours dans le domaine des écoles, la ville a beaucoup communiqué sur la « végétalisation » des cours d’école. Nous avons été parmi les premiers à dire qu’il faut revoir le modèle des cours entièrement bitumées. Hélas, on craint que ce bel objectif ne se réduise finalement à assez peu de choses : des auvents qui ne protègent pas forcément de la chaleur, quelques plantations. Pourtant l’enjeu est grand en matière de dés imperméabilisation des espaces urbains, et de lutte contre les ilots de chaleur. Le bitume emmagasine et renvoie la chaleur la nuit. C’est donc réduire sa place qu’il importe de faire. Sans oublier l’impact positif qu’un réaménagement bien mené peut avoir sur le climat….. scolaire.

Mais hélas là comme ailleurs, la majorité municipale a un gros défaut : elle ne consulte personne, ou si peu. Les enseignants, les parents et même les enfants ont de très bonnes idées. Ce n’est pas dessaisir les élus de leurs prérogatives car au final, ce sont toujours les élus qui décident… mais en meilleure connaissance de cause s’ils ont entendu les avis des uns et des autres, ceux qui utilisent les équipements au quotidien. Or, nous voyons que se profilent des projets déjà ficelés qu’on annonce aux intéressés en oubliant que peut-être ils ont un avis.. Même remarque d’ailleurs pour tous les projets importants pour la ville : manque de concertation pour la passerelle de la gare, si importante pour la liaison centre-ville/Raguenets ou encore la rénovation du centre du Parc.. D’ailleurs pas de budget participatif non plus chez nous alors que la pratique se répand y compris dans des villes dirigées par des maires de droite… moins frileux.  Impliquer les habitants quant au budget est pourtant essentiel.

Toujours dans le domaine des enfants, rien en ce qui concerne le centre Fossiez qui vraiment n’est pas un centre de loisirs qui les accueille dans de bonnes conditions.

En ce qui concerne la si nécessaire adaptation au changement climatique qui nous rattrape plus vite que prévu, je regrette qu’on en reste souvent au « la ville est si dense qu’on ne peut pas faire grand-chose ». Si elle est l’est, c’est aussi parce que depuis 40 ans la bétonisation a beaucoup prospéré… Je rappelle à ce sujet au maire qui nous accuse d’avoir toujours voulu davantage de logements, que dès les années 90, nous étions les seuls à souligner le fait que Saint Gratien était la ville la plus dense du 95. Nous avons beaucoup travaillé avec les habitants pour sauvegarder quelques espaces libres, par exemple par l’implantation du parc urbain ou la réalisation de la couverture du BIP. Ce sont aujourd’hui des espaces verts appréciés. Seule la construction de logement social est à notre avis nécessaire, rappelons que 70% des Français y sont éligibles.

Mais même dans une ville dense, des choses sont possibles. Même les parkings peuvent être dés-imperméabilisés… La majorité a peu d’ambition dans ce domaine malgré les alertes. Rien ou si peu pour les mobilités douces, toujours aussi compliquées dans notre ville. C’est l’exemple des parcs à vélos dans les écoles, ou des « rues scolaires », qui pourraient contribuer à désengorger les entrées/sorties des écoles de la circulation automobile : on se contente de nous répondre : « il n’y a pas de demande des familles ni des enseignants »… Mais c’est aux élus aussi de parfois se montrer audacieux.     

Enfin, nous votons « contre » ce rapport d’orientations budgétaires afin de marquer notre profond désaccord sur la politique municipale qu’il sous-tend.