J’essaie ne pas les rater, car même si j’ai les plus grandes réserves sur la pratique de « démocratie de proximité » que nous vante la ville, les réunions de quartier (dites parfois « réunions du maire ») sont toujours l’occasion d’entendre les habitants. Ce n’est pas si fréquent dans notre ville.
J’étais donc ce mardi 15 octobre 2024, dans le préau de l’école élémentaire Jean Moulin, pour la réunion du « quartier 4 ». L’exposé commence inévitablement avec le rapport de la « marche exploratoire », un vocabulaire bien audacieux pour ce qui n’est finalement qu’une simple visite du quartier afin de repérer les éventuels problèmes de voirie, dépôts d’ordures, besoin de peinture sur le mobilier urbain ou réinstallation de la nouvelle boîte à livres. 
« Il y a plus de gens de la mairie que d’habitants des Marais », me souffle mon voisin de chaise. C’est presque vrai ! Après rapide comptage, il y a effectivement 22 habitants dans la salle, et 16 personnes de la ville, entre maire et élus majoritaires, cabinet du maire, personnel administratif et police municipale… Est-ce la météo maussade, le peu de pub qui est faite pour ces rencontres… ou les Gratiennois ont-ils fini par se lasser de ces soirées où leur sont présentés des projets déjà actés ?
Ce soir, le maire évoque rapidement l’implantation de nouvelles caméras et rappelle que la ville est déjà surveillée, oups ! « vidéoprotégée » par 45 de ces engins. Nous disposons également de 16 policiers municipaux, beaucoup plus nombreux et disponibles selon lui que la police nationale. J’y vois un problème, puisque la sécurité, domaine de la compétence de l’État, a été ainsi transférée aux communes, qui disposent d’autant moins de forces nationales au fur et à mesure qu’elles investissent en matériel et en effectifs de police municipale. Une charge financière supplémentaire pour du personnel qui n’a pas les mêmes prérogatives que les forces de l’ordre nationales.
Ensuite, comme dans ce quartier des Marais, la ville n’a implanté aucun équipement municipal, la présentation des actions est réduite à sa plus simple expression : dispositif « Voisins Vigilants » qui ici ne rencontre qu’un succès modéré et collecte des bio-déchets, thème déjà abordé lors de la précédente réunion de quartier…
C’est bien peu pour lancer les échanges, et je m’interroge sur le faible investissement dans cette partie de la ville. Difficile de tirer un quelconque enseignement sur l’efficacité de « Voisins Vigilants et Solidaires». Les « alertes » émises ont-elles permis d’empêcher le passage à l’acte ? À quoi ont pu servir les « échanges entre foyers VVS » ou les « échanges entre les VVS et la mairie » ? Impossible de tirer une conclusion sur la pertinence de ce dispositif, sur lequel j’ai émis un avis dubitatif dès sa mise en œuvre. 
Dans le quartier des Marais, je remarque qu’une activité suspecte de « porte à porte » a fait l’objet d’une alerte, ce qui n’est pas sans m’inquiéter puisqu’en juin dernier lors de la campagne électorale des législatives, j’ai moi-même pratiqué l’exercice…
Rien de neuf sur la collecte des bio-déchets qui semble bien fonctionner. Des habitants du centre-ville regrettent même de ne pas avoir des bacs de collecte et sont obligés pour trier leurs déchets ménagers, de venir les déposer aux Marais. Le système expérimental ne semble pas devoir être étendu dans l’immédiat. Personne n’est revenu sur « l’anomalie » écologique qui consiste à envoyer le contenu de ces bacs de collecte gratiennois à l’autre bout de l’Île-de-France afin de les traiter.
Une fois ces deux sujets majeurs évoqués… parole à la salle. Les traditionnelles remarques et plaintes concernant les dépôts sauvages ou l’état des trottoirs étant abordées, (y a-t-il vraiment besoin d’une réunion de quartier pour ces problèmes, qui pourraient se traiter directement et plus rapidement auprès des services techniques ? ), les échanges semblent devoir s’arrêter là.
Le maire, qui d’habitude apprécie moyennement nos interventions, cette fois m’incite à prendre la parole, tant il craint que la réunion ne se termine en un temps un peu trop record…
J’en profite pour évoquer la circulation rue d’Ermont, devenue véritable et très fréquentée entrée de ville , où les automobilistes sur l’élan de leur vitesse en sortant du BIP, ignorent parfois la limitation à 30km/h. Des pictogrammes au sol rappelant le 30, voire même un dessin de vélo (soyons fous !) pourrait les inciter à ralentir. Et décidément la soirée est inédite, puisque mon souhait est directement approuvé par le maire, qui vient d’avoir la même illumination en se rendant ce soir aux Marais.
Hélas, je ne rencontre pas le même succès pour mon deuxième thème, celui des commerces. Je pose à chaque réunion aux Marais la question du commerce de proximité qui pourrait revenir en haut de la résidence dans les locaux appartenant au bailleur. La ville pourrait peser quand notamment des volontaires se présentent pour reprendre la boulangerie. Mais elle se contente de renvoyer vers le bailleur, qui depuis des années laisse ces locaux vides à l’abandon. Dommage pour le quartier, qui en plus des 600 logements de la résidence des Marais, a vu ces dernières années la constructions de plusieurs programmes immobiliers le long de la rue d’Ermont. Autant de clients potentiels, en plus des habitants des pavillons autour du cimetière.
La question est posée du manque de médecins dans notre ville, même si cela dépasse les compétences communales. L’occasion d’annoncer l’arrivée prochaine de 3 médecins. Comme Saint Thomas, j’attends de voir, d’autant que le centre Casanova où la ville a investi pour un nouveau cabinet, n’a pour le moment aucun nouveau praticien en vue. Quant aux cabines de « téléconsultation » qui sont à la mode pour pallier le manque de médecins… je pense que, comme pour les caméras, une machine remplace difficilement un humain !
Seule une dernière question donnera au maire l’occasion de faire un peu durer le plaisir. Comment les villes, et les collectivités locales en général, vont-elles supporter la cure d’austérité qui s’annonce pour elles ? En effet le nouveau gouvernement, dont le premier ministre est de la même famille politique que le maire, a annoncé une ponction de 5 milliards sur leurs budgets. Une vraie préoccupation, la communauté d’agglomération verra son budget amputé de 2 millions, celui du département le sera de 20 millions. Le maire est inquiet, mais en bon politique, il épargne le gouvernement en soulignant la nécessité de « faire des économies ». On sera curieux de voir lesquelles, car il était très critique envers les majorités qui ont ces dernières années baisser les dotations, mettant ainsi à mal les services publics locaux. Un débat que nous reprendrons très prochainement, puisqu’en novembre, le Conseil municipal débattra des orientations budgétaires de Saint Gratien pour 2025.
La réunion se termine moins d’une heure après avoir commencé. En traversant la cour de l’école, ouverte pour la circonstance au stationnement, je compte 12 voitures. C’est beaucoup quand on sait que les habitants du quartier viennent tous à pied à la réunion, étant donné la proximité immédiate de leurs immeubles. Finalement, j’aurais dû reparler de pistes cyclables.