Qui a cru à l’ilot de fraicheur ?

Réunion de quartier ce mardi 6 février 2024 à l’école Raymond Logeais. Une occasion que je ne rate jamais d’entendre les avis et préoccupations des habitants !

Ce soir, une assemblée assez fournie, rajeunie, ce qui se ressentira dans les questions au maire. Les sempiternelles remarques sur le stationnement et la circulation laisseront cette fois place à des sujets habituellement peu traités lors de ces rencontres.

On n’échappe pas en préambule au traditionnel exposé sur la « marche exploratoire » qui précède de quelques jours la réunion. Un intitulé bien ambitieux ! Cela se résume finalement à une visite du quartier par le maire et ses services, accompagnés des membres du groupe de quartier, pour relever les problèmes de voirie, propreté et espaces verts. Rien de fondamental n’émerge jamais de cette « exploration », qui se réduit à un état des lieux de l’espace public.

On remarque vite que contrairement aux années précédentes, il n’y a plus de présentation de projets municipaux. On se contentera cette année de courtes informations sur la mutuelle communale, le projet de « ressourcerie sportive », et le passage de la flamme olympique…  sujets qui d’ailleurs n’appellent pas de commentaires ni de questions du public.

Seule la très succincte présentation des travaux concernant l’école maternelle Raymond Logeais provoque un échange avec la salle. 80 000€ sont prévus pour ce qui nous avait été annoncé comme la réalisation d’un ilot de fraicheur. Attardons-nous un peu sur ce point. Depuis longtemps, nous avons alerté sur le sujet des cours d’école, véritables « ilots de chaleur » car très bétonnés, avec insuffisamment d’arbres et de verdure. Le dérèglement climatique fait que les périodes de forte chaleur y sont difficilement supportables. D’autre part, les aménagements classiques donnant une large part au terrain de foot au détriment de toute autre activité des élèves, sont aujourd’hui dépassés. Cela a fait l’objet de notre part de questions diverses au Conseil municipal notamment, et nous avons soulevé le problème lors des débats budgétaires. L‘ensemble des cours de nos 14 écoles devrait à notre sens, faire l’objet d’un réaménagement important : dés-imperméabilisation des sols et plantations pour des espaces rafraichis, plus agréables au quotidien et mieux partagés. Cela pourrait faire l’objet d’une concertation approfondie de la communauté éducative. Le projet municipal concernant l’école maternelle Raymond Logeais est aux antipodes : il s’agit finalement, nous l’apprenons en réunion de quartier, de l’implantation d’un auvent du type de celui existant dans la cour de l’école élémentaire, sur quatre piliers, destiné à protéger des intempéries, mais peu de la chaleur. Quant à « l’ilot de fraicheur » vanté par la ville, il semble ne s’agir que de la plantation de trois arbres… Regrettons ici le manque total de concertation et même d’information, puisqu’aucune réunion de la commission scolaire n’a eu lieu depuis septembre, sur ce sujet comme sur quoi que ce soit d’autre concernant le domaine scolaire.

Le débat étant lancé sur les écoles, des parents d’élèves présents soulèvent alors le problème des toilettes scolaires ! Toilettes trop peu nombreuses car le groupe scolaire a vu ces dernières années ses effectifs s’alourdir considérablement, et relativement vétustes. De plus, les parents y constatent, ici comme dans l’ensemble des écoles gratiennoises, un problème de nettoyage insuffisant. Une question sur laquelle nous sommes également intervenus à plusieurs reprises au Conseil municipal. Notre proposition : un état des lieux dans les 14 écoles, et un plan de rénovation en fonction des urgences. Dans l’immédiat, il faudrait un nettoyage en cours de journée. Ces toilettes sont fréquentées par de nombreux enfants (220 élèves par exemple à Raymond Logeais élémentaire) et on comprend bien la nécessité d’un coup de serpillière sur le temps de midi.. Sauf que la ville vient de repasser un marché avec une société de nettoyage pour les écoles (mais curieusement, pas pour la mairie, où continue d’œuvrer du personnel communal..) Dans ce contrat, rien ne prévoit un deuxième nettoyage des locaux en cours de journée. Le maire nous assure d’ailleurs qu’il n’en est pas question, puisqu’il chiffre le montant de cette éventuelle prestation supplémentaire à une augmentation de 5 ou 6% des impôts locaux ! Nous ne manquerons pas de le réinterroger sur cette évaluation, qui parait bien étonnante.  

Le sujet des encombrements automobiles et de la vitesse excessive constatée aux heures d’entrée et de sortie des élèves de l’école revient également dans la discussion. Problème hélas présent devant la plupart des écoles. Là aussi, c’est un sujet sur lequel nous avons plusieurs fois interpellé la ville : relance des dispositifs de pédibus, rues scolaires, c’est-à-dire fermées à la circulation aux heures où les élèves entrent et sortent des locaux.. ces solutions ont été mises en place dans des villes voisines. C’est possible, à condition de prendre cette question au sérieux. Elle n’est pas anecdotique. En dehors des soucis de pollution et des risques d’accidents, il y a aussi le fait que des enfants qui viennent à vélo ou à pied sont plus à même de commencer leur journée d’école dans de bonnes conditions que ceux qui sont véhiculés. L’exercice physique a des répercussions positives sur les apprentissages !

Je pose la question de l’évolution des effectifs de l’école Logeais, qui compte à présent 9 classes élémentaires. Or, les locaux n’ont pas été prévus pour une telle fréquentation. Ni les salles de classe (une supplémentaire a dû être aménagée dans les anciens locaux de la gardienne), ni la cour, ni le préau ne sont extensibles et tous ces espaces sont actuellement bien (trop ?) occupés. Peut-être aurait-il mieux fallu que les enfants habitant les nouveaux immeubles côté gare, soient affectés dans les écoles des Raguenets qui pouvaient les accueillir sans difficulté, au lieu de leur faire traverser la D14 pour se rendre à Logeais ? La mixité sociale y aurait aussi gagné. D’autre part, les élèves de ces immeubles étant dirigés ensuite vers le collège Jean Zay, il aurait été cohérent qu’ils fassent leur scolarité primaire dans les écoles du secteur de ce collège.

On apprend avec plaisir que la grève du 1er février des personnels de l’éducation nationale, enseignants, animateurs, Atsem..  a été tellement bien suivie que la ville s’est trouvée dans l’incapacité de mettre en place le service minimum d’accueil pour toutes les écoles… après l’avoir pourtant annoncé aux parents.

Autre sujet abordé , celui de la collecte des « bio-déchets ». Ce n’est pas sans poser de nombreuses questions. Le maire rappelle le dispositif de collecteurs mis en place aux Raguenets et Marais, mais estime plutôt négatif cette obligation pour les collectivités. En effet, le ramassage de ces déchets organiques suppose un nouveau passage de camions roulant au diesel. Les déchets sont acheminés dans une usine de méthanisation éloignée de notre territoire, et cette technique laisse un substrat très pollué, dont nous nous débarrassons… à l’étranger ! On aurait effectivement pensé que cette nouvelle collecte de déchets aurait été mieux réfléchie avant d’être imposée aux collectivités.

Autre pollution dont se préoccupe l’assemblée : celle des mégots jetés dans l’espace public, en quantité impressionnante. Sujet, là encore, que nous avons largement contribué à mettre en lumière ! Deux années de suite, nous avons collecté et apporté au Conseil municipal des quantités importants de mégots ramassés devant les commerces du centre-ville. Depuis 2020, nous rappelons régulièrement ce problème à la majorité municipale. L’affaire semble enfin avancer, puisqu’un partenariat se met en place avec la société « Tchao mégot » pour une collecte et un recyclage de ce déchet, petit mais extrêmement polluant.

Un habitant s’inquiète de savoir si la taxe foncière augmentera encore, après la hausse de +14% du taux communal en 2023. Le maire invoque bien évidemment les difficultés budgétaires des communes, l’augmentation du Smic, et l’absence de bouclier tarifaire des collectivités face à l’envolée des tarifs de l’énergie. Bouclier réclamé au niveau local, mais que les élus LR, dont une certaine sénatrice, refuseront de voter quand les communistes en présenteront le principe au Sénat.. ce dernier point n’étant évidemment pas évoqué par notre édile.  

Le maire est ensuite interrogé sur les travaux de la passerelle au-dessus des voies du RER C, ouvrage communal actuellement condamné et tellement délabré qu’il devra être démonté. Cette opération pourrait se réaliser en avril à l‘occasion d’arrêts de circulation des trains pour travaux fixés par la SNCF en vue des Jeux Olympiques. D’autre part, la ville étudie en partenariat avec la SNCF la possibilité de permettre le passage des habitants qui ne possèderaient pas de titre de transport, via un système de tickets délivrés par la mairie. Parfait ! Nous avions suggéré ce système, puisque la fermeture de la passerelle complique fortement la circulation -importante- des piétons entre le centre-ville et les Raguenets.

Je pose quant à moi la question de la rénovation du centre de loisirs Fossiez. Ce bâtiment, pavillon individuel à l’origine, n’est guère adapté à l’accueil de groupes d’enfants et n’a jamais connu de travaux depuis très longtemps. Surprise ! Ce sujet qui ne figurait pas dans le programme 2020 de la majorité, pourrait être étudié plus tôt que prévu avant la fin de la mandature et consister en une reconstruction complète. Il est temps quand on connaît l’état du bâtiment. Reste à connaître plus précisément ce qui sera envisagé. On sait que derrière de belles promesses peuvent se cacher des déconvenues. L’ilot de fraicheur tant vanté de Raymond Logeais, devenu simple auvent protégeant de la pluie, en est la preuve.    

9 réflexions sur “Qui a cru à l’ilot de fraicheur ?

  1. Avatar de Con-seiller Con-seiller

    Nous y avons cru. De plus, de mémoire, les débats aux 2 derniers conseil.ont porté sur des sommes différentes de 80 000 euros… donc il y a quelque chose qui ne va pas… soit on.ne nous dit pas tout au conseil municipal, malgré nos questions très précises sur ce dossier, soit le maire gonfle en réunion de quartier les sommes investies à Raymond Logeais…
    Ne nous prendrait on pas pour des …. ?

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  2. Avatar de Stephane Bauer Stephane Bauer

    En tous les cas, j’ai pointé en séance le 21 décembre, l’absence totale d’ambition du maire et de son adjoint aux finances concernant la végétalisation des cours d’école … absence d’ambition : c’est comme cela que j’ai débuté ma prise de parole sur le débat d’orientation budgétaire…

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