Vous n’étiez pas en salle des mariages lors du dernier Conseil municipal de Saint Gratien ? On vous en raconte les grandes lignes !
Le vote du budget 2024 est l’un des dossiers les plus importants de cette séance du Conseil municipal. Rarement de surprises dans cet exercice, puisque ce vote est précédé au mois de novembre d’un débat sur les orientations budgétaires qui en trace les grandes lignes. Nous ne votons évidemment pas le budget, puisque c’est la transcription financière de choix que nous ne partageons pas. Pour autant, nous saisissons l’occasion de débattre et d’avancer nos critiques, mais aussi nos propositions. Propositions qui ne sont pas toujours simples à élaborer, car il nous faut souvent solliciter à plusieurs reprises des informations que la ville délivre au compte-gouttes…
Le budget de fonctionnement 2024 s’élève à quasi 31 millions d’euros, et le budget d’investissement à 7,4 millions. Ce dernier comprend les dépenses d’équipement mais aussi le remboursement du capital de la dette.
Voici l’essentiel de nos interventions.
Une remarque : l’emprunt que la ville appelle pudiquement « structuré » (ou toxique quand la langue de l’adjoint aux finance fourche… ) connaîtra un taux de 9% et un surcoût de + 39 000€ « selon les prévisions »… ce que l’adjoint et le maire nous précisent à plusieurs reprises… Personne ne sait exactement ce que seront les parités monétaires entre le dollar et le franc suisse lors de la prochaine échéance et c’est justement le problème ! Rendez-vous au mois d’avril pour juger du surcoût qui est, heureusement pour la ville, pris en charge partiellement par le contribuable via un fond de soutien national.
Un regret. Nous demandons à connaître deux chiffres depuis des années : la masse globale de ce que représentent les différentes concessions et le poids des charges liées à l’énergie et aux fluides. C’est aussi conséquent en montant que les dépenses de personnel, entre 12 et 14 millions d’euros. La seule info obtenue concerne le chiffre de l’énergie : entre 2016 et 2023 le budget énergie de la ville a doublé. C’est pourquoi la ville s’était prononcée pour un bouclier tarifaire pour les collectivités (sauf la sénatrice qui a voté contre cette mesure au Sénat…)
S’agit-il bien comme la majorité le vante, d’un budget ambitieux et vertueux à fiscalité inchangée ? La fiscalité ne sera d’ailleurs pas inchangée puisque le contribuable aura à supporter une augmentation de +4% des bases locatives. Ni vertueux ni ambitieux si on regarde les priorités. L’enfouissement se taille toujours la part du lion pour 1,1 million. Or il y a un an lorsque les inquiétudes étaient grandes sur les capacités financières de la ville face à l’envolée des prix de l’énergie, il avait été évoqué une pause sur ce poste… on en est loin !
D’autres priorités auraient pu être choisies : développement durable avec une accélération sur la végétalisation, notamment des cours d’école et les toilettes scolaires (30 000€ seulement sont budgétés pour la réfection des toilettes de l’école Grusse Dagneaux mais en même temps les toilettes filles à Jean Jaurès fuient…). Or il faudrait un véritable plan d’urgence pour les toilettes des écoles maternelles et élémentaires : rénovation, accès aux élèves en situation de handicap… C’est un élément important qui participe à l’ambiance d’un établissement. Nous proposons de faire un état des lieux en faisant le tour des écoles avec des élu·es de la majorité et de l’opposition, en collaboration avec les directeur·trices d’école. Valérie Pécresse avait elle-même reconnu le problème lors de sa visite du lycée en septembre dernier, et lancé des travaux.
Sur la végétalisation aussi, manque d’ambition avec une seule école concernée pour 60 000€. Or, on a battu en 2023 des records de température. L’ensemble des écoles est concerné.
Enfin, créer du liant entre les quartiers devrait être aussi une priorité au vu des événements de fin juin : élargissement des horaires de la bibliothèque Motordu et rénovation de la passerelle sont deux vrais sujets. Élargissement et couverture de cette passerelle devraient être envisagés. Ce serait un signe donné aux habitants des Raguenets que la ville se préoccupe aussi de leur quartier. Cela aurait été possible en décalant le budget enfouissement. C’est un sujet essentiel que nous avions déjà soulevé il y a plus d’un an en réunion de quartier aux Raguenets.
L’adjoint aux finances réaffirme que l’enfouissement « promis aux habitants » est une « nécessité absolue ». Chacun sa politique et ses priorités ! La végétalisation ne fait visiblement pas partie de celles de la majorité…
Le maire revient sur le sujet de la passerelle qu’il n’est plus possible de réparer : il faudra la déposer et travailler avec la SNCF pour trouver la « meilleure solution » et faire que les gens qui ne sont pas utilisateurs des transports puissent passer d’un côté à l’autre. Ce point faisait l’objet d’une de nos questions orales.
Nous sommes revenus sur le niveau de la taxe foncière, dont le taux a été augmenté de façon très importante l’an dernier. Or, une étude récente montre que la taxe foncière pèse davantage sur les propriétaires modestes. Les ménages les mieux dotés en patrimoine immobilier paient relativement moins de TF que les ménages les moins dotés.. un élément à garder en mémoire. Nous regrettons que le débat de 2023 ait été expédié : pourquoi une hausse de +14% du taux communal, pourquoi pas moins ? Et pourquoi justement l’année où les bases augmentaient de +7%, ce qui entraînait une hausse totale de +22% pour le contribuable ? On voit aujourd’hui que cette augmentation était peut-être excessive.
En ce qui concerne le personnel communal, malgré les mesures d’augmentation décidées par l’État, nos dépenses restent très en-deçà de la moyenne de la strate : 53,5% des dépenses à St Gratien contre 61,9% et même de l’ensemble des villes de France. Peut-on s’en féliciter ? Ou cela a-t-il des conséquences néfastes sur le services publics locaux, et les conditions de travail des agents ?
Sur le détail des dépenses d’équipement, quid des travaux du gymnase du Forum, dont la toiture fuit sur les terrains ? Picolo et Jean Zay sont cités puisqu’ils ont les mêmes problèmes mais pas celui du Forum. Il apparaît que les sommes sont inscrites au budget… 2023. Mais les sportif·ves attendent toujours les travaux…
Îlot de fraicheur pour la cour de Raymond Logeais pour 60 000€ : c’est peu ? À comparer avec la somme prévue pour la rénovation d’une salle au Forum de 50 000€…
Évidemment si on connaissait un peu le projet, on pourrait juger et nous répétons qu’il serait intéressant que la commission scolaire discute des projets en amont.
En novembre lors du débat d’orientations budgétaires, 150 000€ étaient prévus pour la cour de Raymond Logeais et les toilettes de Grusse Dagneaux. Au final, ce sera seulement 90 000 €.
Le budget travaux pour les écoles reste modeste : 189 000€, soit 4% des travaux listés dans le document. L’enfouissement et les travaux de voirie se taillent encore comme tous les ans la part du lion.
Il y a quelques travaux dans les logements de la ville : est-ce pour le bâtiment de la rue Pierre Curie ? 47 000€ pour un bâtiment très vieillot qui en a grand besoin.
Le passage aux LED coûte cher : 500 000€. Nous suggérons d’économiser environ 100 000€ par an en éteignant l’éclairage public en milieu de nuit comme le font plusieurs villes du 95. Ce sont des économies non négligeables, et cette mesure apporte un impact positif sur la biodiversité et le sommeil humain, ainsi que la possibilité de voir les étoiles pour les enfants de la ville…
Centre du Parc : 150 000 € pour la maîtrise d’œuvre préalablement à la réhabilitation de ce bâtiment très dégradé. Les grandes lignes du projet ont été présentées en réunion de quartier avant de l’être en Conseil… curieux comme processus. On regrette d’avoir eu confirmation que les travaux se feraient sans agrandissement alors que le terrain le permet et que la concertation avec les associations a montré la nécessité de salles dédiées à des activités différentes qui cohabitent difficilement dans les mêmes salles.
Bref, la nécessaire végétalisation des cours et leur équipement en parcs à vélos se réduit à un seul « ilot de fraicheur ». La rénovation des toilettes scolaires est a minima. Aux Raguenets, la reconstruction de Camille Claudel étant prise en charge totalement par l’État, le département et la région, qu’investit la ville ? Pas de surprise : nous ne voterons pas ce budget qui rate une nouvelle fois le virage écologique et manque grandement d’ambition pour nos écoles et nos enfants.
À suivre… les autres dossiers du Conseil, entre séjours de vacances, collecte des mégots et marché municipal..