Le clap de fin est proche pour EuropaCity

Lu dans l’Humanité de ce lundi 30 Septembre 2019, cet article d’Alexandra Chaignon sur le projet Europacity, ce « grand projet inutile » prévu dans le Val d’Oise.

europacity sept 2019.jpg

Le projet controversé de centre commercial géant pourrait être enterré par le gouvernement. Une annonce pas chère et qui peut rapporter gros à Emmanuel Macron.

Après Notre-Dame-des-Landes, EuropaCity, cet aménagement aussi gigantesque qu’aberrant et notoirement controversé, pourrait bien être lui aussi abandonné. Certains signes ne trompent pas. Depuis quelques jours, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, reçoit les unes après les autres, toutes les parties prenantes de l’affaire : Les élus locaux et régionaux, les aménageurs, les opposants et même Vianney Mulliez, le président de Ceetrus, la branche immobilière du groupe Auchan, porteuse du projet. « On sent que les choses sont en train de bouger », confie Bernard Loup, l’infatigable porte-parole du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), opposant de la première heure.

La folie des grandeurs

De fait, la position et le soutien du gouvernement, accusé d’inaction par les défenseurs de l’environnement, deviennent difficilement tenables. En particulier pour Emmanuel Macron, qui donne des leçons à tout le monde en matière de lutte contre le changement climatique. À l’heure où l’urgence climatique réclame une politique résiliente, comment porter un concept qui prévoit de bétonner les dernières terres agricoles d’Île-de-France ? Car ce méga projet urbain devrait à lui seul occuper 80 hectares de la ZAC. Des milliers de mètres carrés de commerces, hôtels, restaurants, équipements culturels et sportifs -une piste de ski y avait même été envisagée un temps ! Conçu comme un lieu de métissage des cultures, des publics et des usages (sic), Europacity espérait drainer 31 millions de visiteurs par an ! Soit deux fois plus que le parc Eurodisney… Et promettait aux collectivités de vastes retombées fiscales et la création de plus de 10 000 emplois. Ce ne fut, au final, que mirages, illusions et fiasco en chaîne.

Depuis des années, les aménageurs lorgnent les centaines d’hectares de terres du Triangle de Gonesse, vierges de toute urbanisation. En février 2010, le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, lâche, dans une interview accordée à une revue spécialisée, que « le groupe Auchan souhaite construire un très grand commercial, culturel, sportif et récréatif (…) prototype d’un nouvel « urbanisme commercial à visage humain » ». Europacity n’est pas nommé, mais le concept est né. Quelques mois plus tard, le directeur de la branche immobilière d’Auchan confirme le projet et le lieu, la future ZAC (zone d’aménagement concerté) de Gonesse, à condition de disposer d’une gare à proximité. « Ce qui m’a fait réagir, c’est le terme de « complexe commercial ». J’avais déjà passé pas mal d’années à les combattre », se souvient Bernard Loup. Le Collectif pour le Triangle de Gonesse naît en mars 2011.

Soutien de l’État et premiers revers

Le changement de majorité présidentielle ne change rien à la donne. Le gouvernement socialiste y voit la possibilité d’un désenclavement économique, géographique et culturel du territoire. En décembre 2014, Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, déclare ainsi : « Avec la création prévue de 11 500 emplois directs non délocalisables (…), Europacity est un projet majeur. Il structurera notre territoire (…). Ce n’est pas un hasard si ce projet recueille une majorité d’opinions favorables. » C’est  oublier qu’Europacity suscite aussi de fortes oppositions. Les promoteurs n’en ont cure. Pour porter ce projet titanesque, évalué à 3,1 milliards d’euros et censé ouvrir en 2024, Immochan, la filière d’Auchan devenue Ceetrus depuis, s’allie au géant chinois de l’immobilier Wanda.

Le premier revers tombe en mars 2016 : l’Autorité environnementale émet d’importantes réserves sur le choix de l’emplacement et l’impact du projet. Ce qui n’empêche pas la préfecture du Val d’Oise d’autoriser la création de la ZAC, première étape nécessaire au chantier. Puis, début 2017, le tronçon nord de la ligne 17, indispensable à la viabilité du complexe, est déclarée d’utilité publique. De leur côté, les opposants élaborent une alternative : Carma, pour Coopération pour une ambition rurale métropolitaine et agricole, un projet d’agriculture périurbaine.

Au fil des mois, les recours et avis défavorables se multiplient, comme celui du commissaire-enquêteur qui évoque « des impacts environnementaux négatifs à très négatifs ». La justice aussi penche en faveur des opposants. Annulation de l’arrêté préfectoral de création de la ZAC en février 2018, finalement remise sur les rails en juillet dernier par la Cour administrative de Versailles, puis annulation en 2019 du PLU (plan local d’urbanisme) qui rendait constructibles les 300 hectares de la zone, dont 80 pour Europacity.

Le projet Europacity abandonné, le gouvernement décidera-t-il de rendre au Triangle sa vocation agricole ? Les opposants à Europacity en doutent, d’autant que le permis de construire de la gare du Triangle de Gonesse, sur  la ligne 17 du Grand Paris Express, a été validé par le Préfet –un soutien tacite au projet, une gare desservant des champs n’ayant guère d’intérêt… « On ne criera victoire que lorsque le gouvernement lâchera la gare et acceptera une concertation sur l’avenir de la zone ! » assène Bernard Loup, rappelant qu’à ce jour, « il n’y a pas d’autre projet alternatif que Carma, qui n’a pas besoin de gare »… Pour le militant, si gare il y a, il y aura forcément aménagement. Or les premiers coups de pioche ont débuté cet été, et devraient reprendre en novembre.

3 réflexions sur “Le clap de fin est proche pour EuropaCity

  1. http://nonazemmoursurcnews.wesign.it/fr

    En 2011, SOS Racisme et d’autres organisations antiracistes faisaient condamner Eric Zemmour pour provocation à la discrimination envers les « noirs et les arabes » suite à des propos tenus sur France Ô et sur Canal+. Il y a quelques jours, le même personnage a été une nouvelle fois condamné pour provocation à la haine religieuse en raison de propos virulents tenus à l’endroit des musulmans.
    Alors que cette condamnation était annoncée, nous apprenions que C News entendait confier une émission à Eric Zemmour. Nous nous élevons contre cette décision qui consiste, par connivence idéologique ou par goût du « buzz », à offrir en toute conscience un espace d’expression et de propagation de la haine à un personnage engagé sur le chemin d’une violence verbale croissante à l’endroit des immigrés et de leurs enfants, des musulmans, des noirs et des arabes.
    D’ailleurs, la prestation d’Eric Zemmour lors de la « Convention de la droite » à Paris ce 28 septembre ne laisse place à aucun doute quant à la nature des propos qu’il serait amené à tenir sur un média télévisuel. En effet, à l’occasion de cet évènement organisé à la gloire de Marion Maréchal Le Pen, Eric Zemmour, tout à ses obsessions, a déroulé un discours d’une violence rarement égalée dans une prestation publique.
    Ainsi, agrémentant son propos de mises en garde contre l’« inversion de la colonisation », l’« extermination de l’homme blanc hétérosexuel catholique » ou l’« islamisation de la rue », appelant de ses vœux la « préférence nationale » dont on comprend qu’elle doit être plus particulièrement réservée aux « Français de souche », Eric Zemmour s’est lancé à cette occasion dans un appel explicite au passage à l’acte raciste, lorsqu’il déclare que « tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam (…) Les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ? Si oui, ils méritent leur colonisation, sinon ils devront se battre pour leur libération. »
    Voilà donc un individu qui, dans un discours relayé en direct avec une spectaculaire complaisance par LCI, appelle quasi ouvertement ses aficionados à se lancer dans des ratonnades, ajoutant encore de la haine en comparant les djellabas aux « uniformes des armées d’occupation » et rendant son propos particulièrement explicite en disant « aimer les formules de Renaud Camus », dont on sait, à travers le fumeux et complotiste concept du « grand remplacement », qu’il a inspiré le terroriste qui a récemment tué plus de 50 personnes dans une mosquée à Christchurch en Nouvelle-Zélande.
    Tout cela C News ne peut l’ignorer et ne peut en faire fi au nom de la pluralité des opinions. D’autant que confier une émission à Eric Zemmour, c’est le mettre dans une position de légitimité. Nous demandons donc à C News de renoncer à établir une relation avec Eric Zemmour car la haine, jamais, ne devrait devenir un commerce.

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  2. Marche contre Europacity Gonesse – Matignon

    Mobilisation 30 septembre 2019

    Rendez-vous vendredi 4 et samedi 5 octobre pour la marche citoyenne de Gonesse à Matignon : non à Europacity, un autre projet est possible !

    Les adhérent·e·s habitant l’Île-de-France savent qu’un grand projet inutile est en préparation dans leur région : un méga-centre commercial sur les terres agricoles de Gonesse, à l’initiative de Auchan, associé à un investisseur chinois, Wanda. Cheval de Troie du projet, les travaux de la gare sur la future ligne 17 sont prévus dès le mois de novembre.
    Contre l’artificialisation des terres, un projet alternatif existe, http://carmapaysdefrance.com/, permettant le maintien de la vocation agricole du Triangle de Gonesse.

    Une marche entre Gonesse et Matignon est prévue les vendredi 4 et samedi 5 octobre.
    Les adhérent·e·s d’Attac sont invité·e·s à y participer, et à notamment se retrouver samedi 5 octobre à 11h à Stalingrad , pour se diriger ensuite vers l’Hôtel de Ville, puis Matignon.

    Programme complet
    Vendredi 4 octobre
    9h30 Départ du Triangle de Gonesse, chemin de la justice
    10h Mairie de Gonesse
    13h-15h Pique-nique Parc Georges-Valbon – La Courneuve – entrée Waldeck-Rochet
    16h Maladrerie à Aubervilliers – angle rue Charles Tillon / rue Danielle Casanova
    18h Arrivée à La Cité Fertile 14 rue Edouard Vaillant 93 Pantin
    Banquet citoyen – Prises de parole – Concert

    Samedi 5 octobre
    10h Départ de la Cité Fertile
    11h Place Stalingrad (19e), point de ralliement de la marche
    13h Arrivée au parvis de l’Hôtel de Ville de Paris (4e) ; pique-nique
    14h30 Départ de la manifestation vers Hôtel de Matignon (7e)
    https://adherez.attac.org/sites/all/modules/civicrm/extern/url.php?u=12914&qid=9691979

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  3. VONews

    Le projet Europacity est-il sur la sellette ?

    Depuis la mi-septembre, Elisabeth Borne, ministre de l’écologie, organise une concertation sur ce projet qui doit voir le jour d’ici 2027. Selon les informations rapportées par plusieurs médias nationaux, le gouvernement chercherait une porte de sortie.

    Le projet de mégacomplexe de loisirs et de commerces Europacity, qui doit voir le jour dans le Triangle de Gonesse d’ici 2027 a-t-il du plomb dans l’aile ? C’est la question qui se pose, depuis que la ministre de l’écologie, Elisabeth Borne a lancé une concertation il y a quelques semaines.

    Ces réunions avec les porteurs du projet, les élus et opposants doivent permettre à la ministre de « fournir promptement un avis éclairé sur l’avenir à donner à ce projet », au premier ministre ainsi qu’au chef de l’État, selon le journal Le Monde.

    Un projet clivant

    Dans un article publié le vendredi 27 septembre, le quotidien du soir rapporte que ces réunions pourraient « servir, selon plusieurs sources, à habiller la décision de porter un coup d’arrêt au projet ».

    Car ce complexe à 3,1 milliards d’euros porté par Ceetrus (ex-Immochan) et le géant chinois Wanda fait l’objet d’une forte opposition. Les associations de défense de l’environnement y voient notamment « un projet d’un autre temps qui bétonne des terres fertiles pour y construire un temple dédié à la consommation ».

    Une contestation qui se traduit devant les tribunaux. En mars dernier, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise annulait le plan local d’urbanisme (PLU) de la ville de Gonesse [qui permet l’aménagement de la zone, ndlr]. Plus récemment la cour d’appel de Versailles confirmait la création de la ZAC du Triangle de Gonesse [dans laquelle est prévue le complexe Europacity, ndlr], après que celle-ci ait été annulée par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise en mars 2018.

    Des « évolutions importantes » prochainement annoncées

    « Le gouvernement a un problème d’image et de communication politique lié au fait qu’il n’assume pas son opération d’aménagement [du triangle de Gonesse, ndlr] », analyse David Lebon, responsable du développement d’Europacity, dans l’article du quotidien. Car dans le même temps, à l’international, le président Emmanuel Macron s’emploie à défendre la préservation du climat et l’accord de Paris (COP21), comme le 25 septembre dernier à la tribune de l’ONU.

    Pourtant, les porteurs du projet préparent l’annonce d’« évolutions importantes concernant la protection de la nature et de la biodiversité », rapporte Le Monde. Celles-ci devraient être présentées en fin de semaine, lors d’une conférence de presse. D’autres modifications avaient déjà été apportées par le passé, avec notamment l’abandon de certains équipements comme un parc des neiges et une piste de ski.

    De nouvelles évolutions suffiront-elles à convaincre le gouvernement d’apporter un soutien clair au projet ? La réponse est attendue pour le 10 octobre prochain, date de fin de la concertation.

    Le Val-d’Oise demande à l’Etat « un avis favorable » au projet

    Du côté du département, on reconnaît une certaine inquiétude quant à l’avenir de ce complexe de 80 hectares. Favorables en majorité au projet, les élus ont d’ailleurs adoptés une motion à ce sujet vendredi 27 septembre. Dans celle-ci, le Val-d’Oise « réaffirme son soutien » au projet, avant de « réclame[r]à l’Etat de confirmer ses engagements […] et rendre un avis favorable à la poursuite du projet ».

    « On reste motivés derrière Europacity et confiants. On ne lâchera pas [les porteurs], cette réalisation est tellement importante pour l’Est du Val-d’Oise et l’emploi », explique-t-on au sein du cabinet de l’exécutif départemental.

    « Derrière le projet Europacity, il y a la ligne 17 [la seule du Grand Paris Express à desservir le Val-d’Oise, ndlr], la ministre assure qu’un abandon d’Europacity ne remet pas en cause cet équipement … Est-ce qu’on doit la croire ? », s’interroge cette même source.

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