À l’occasion du « Jour de la nuit », événement annuel de sensibilisation à la pollution lumineuse, je partage cet article du « Huffpost » qui alerte sur la nocivité de l‘éclairage nocturne. À Saint Gratien, nous avons suggéré à la ville depuis des années d’engager une réflexion autour de cette question. Non seulement l’éclairage public est un poste de dépense important pour les finances de la commune, non seulement on sait que cela constitue une nuisance pour la nature, non seulement cela nous rend les étoiles invisibles, mais on s’aperçoit aussi que la santé humaine s’en ressent… le tout pour une illusion de « sécurité ». En effet, les villes, nombreuses, qui ont choisi d’éteindre tout ou partie de leurs lampadaires, tout ou partie de la nuit, n’ont pas constaté une augmentation des délits, agressions, vols… voire même c’est l’inverse, car les délinquants aussi ont besoin de voir pour commettre leurs méfaits ! On lira aussi ci-dessous que les Led ne résolvent pas le problème.
Les photos qui accompagnent l’article ci-dessous ont été prises à Saint Gratien, après 23 heures.

La pollution lumineuse ne gêne pas juste l’observation des étoiles, elle nuit à la santé et décime les insectes
La généralisation de l’éclairage artificiel affecte la faune, la flore et même la santé humaine, interpellent les associations de défense de l’environnement.
La pollution lumineuse ne gêne pas juste l’observation des étoiles, elle nuit à la santé et décime les insectes.
Pas besoin d’être une étoile pour subir la pollution lumineuse. Alors que l’éclairage nocturne de l’espace public s’est généralisé, les associations de défense de l’environnement tirent la sonnette d’alarme. Si elle a pour conséquence connue d’empêcher l’observation des étoiles, l’omniprésence des lumières artificielles a aussi conséquences sur la faune, la flore et la santé humaine.
Le phénomène est massif : 72 % du territoire hexagonal est concerné « à un niveau élevé de pollution lumineuse », selon le Commissariat général au développement durable. Pour sensibiliser le public sur ce problème trop peu connu, des évènements sont prévus partout en France ce samedi 11 octobre pour le « Jour de la Nuit », organisé par l’association Agir pour l’environnement (APE).
Son directeur général Stéphen Kerckhove souligne les effets délétères et l’ampleur de la pollution lumineuse. « On a réussi le tour de force de gommer la nuit, déplore-t-il auprès du HuffPost. Il n’y a peut-être pas de “jour permanent”, mais il n’y a plus d’opacité complète. » Des lois existent pour réglementer les lumières artificielles, notamment dans les vitrines des commerces, mais elles ne sont pas toujours respectées.
La lumière, un perturbateur endocrinien ?

Le bilan n’est pas plus reluisant pour la santé humaine. Dans un rapport mis en ligne en juillet 2021, l’Académie nationale de médecine (ANM) préconisait carrément l’inscription de la lumière comme « perturbateur endocrinien ». L’organisation alertait sur l’ « effet délétère » de la « lumière artificielle la nuit » (LAN) sur l’horloge interne et la production de certaines hormones comme la mélatonine, dont la sécrétion dépend de l’exposition à la lumière.
Sa réduction cause un « sommeil de moins bonne qualité et moins reposant », explique Stéphen Kerckhove d’Agir pour l’environnement. De son côté, l’ANM relève que cette « inhibition de la mélatonine » peut avoir des conséquences plus graves : l’ » incidence de cancer du sein 50 à 200 % plus élevée chez les infirmières exposées à la LAN » peut s’expliquer par « la privation de sommeil », mais aussi la réduction de cette « hormone du sommeil ».

L’ANM met aussi en cause la lumière artificielle qu’on retrouve notamment dans l’éclairage LED, qu’elle décrit comme un « polluant délétère pour la rétine ». Cette « photo-toxicité » perturbe « gravement » le métabolisme de certaines cellules de l’œil, censées se régénérer la nuit dans l’obscurité, et constitue un « facteur majeur pour les maladies dégénératives de la rétine ».
Un lampadaire tue 150 insectes par nuit d’été
Au-delà de l’impact sur la santé humaine, la liste des victimes de la pollution lumineuse est longue, appelle l’Office Français de la Biodiversité (OFB). La lumière artificielle attire et maintient les « animaux diurnes » éveillés, tandis que « les animaux nocturnes fuient les zones éclairées ou au contraire s’y agglomèrent ». Les premiers à en pâtir sont les insectes ; on évalue à 150 le nombre d’entre eux qui meurent chaque nuit par lampadaire et par nuit d’été « soit 1 milliard d’insectes par an en France », rapporte l’OFB dans un autre rapport.
« Les insectes s’épuisent en tournant autour de la source lumineuse, explique Jules Boisseau, coordinateur de France Nature Environnement (FNE) en Nouvelle-Aquitaine, qui donne comme exemple le Jardin des plantes de Poitiers. À l’occasion d’un inventaire pour la recherche de papillons de nuit, l’association Vienne Nature a constaté qu’il y avait anormalement peu d’insectes. Ils sont attirés par les lampadaires du parking d’en face et ils y restent, complètement désorientés. »

La lumière artificielle nuit également au reste de la faune. En décimant les insectes, elle impacte la chaîne alimentaire de certaines espèces comme la chauve-souris. Cette dernière, comme beaucoup d’autres animaux, peut aussi être désorientée par la lumière. C’est ce que constate Françoise Jouve, à la tête de l’association Nonette Nature dans l’Oise.
Interrogée par Le HuffPost, elle constate dans son département les effets de la pollution lumineuse sur les animaux volants. « Par endroits, il n’y a pas un rapace, un hibou ou une chauve-souris », insiste-t-elle, dénonçant l’impact de certains lampadaires et spots qui éclairent le ciel et gênent au passage « les oiseaux migrateurs qui voyagent de nuit ».
Le « parent pauvre » des mobilisations sur l’environnement
Les effets se font sentir dans les airs, mais aussi dans l’eau, puisque les poissons et même les huîtres sont concernés, d’après une étude de l’Université de Bordeaux qui constate une perturbation de la croissance des coquillages, ou de leur rythme d’ouverture. La flore n’est pas en reste : la pollinisation diminue puisque les insectes sont perturbés et les « cycles biologiques » des plantes (dont la floraison) peuvent être impactés, souligne l’OFB.
Malgré ses effets désastreux, « la pollution lumineuse reste un peu le parent pauvre des mobilisations citoyennes sur l’environnement », estime Stéphen Kerckhove qui donne plusieurs explications. « L’environnement nocturne reste dans l’ombre, sans mauvais jeu de mots » puisque ses espèces et ses enjeux sont peu connus du public, affirme-t-il, estimant que des initiatives comme le « Jour de la Nuit » permettent d’inviter le grand public à s’intéresser à la biodiversité nocturne ou à s’émerveiller devant le « spectacle » du ciel étoilé.

De son côté, France Nature Environnement organise des équipes de « sentinelles de la Nuit » bénévoles pour repérer les sources de pollution lumineuse et interpeller les acteurs concernés. L’enjeu est aussi énergétique et économique, fait valoir Perrine Dereux, coordinatrice de l’association dans les Hauts-de-France. Elle s’alarme du « gaspillage considérable » que représentent les « éclairages souvent inutiles, à des horaires inadaptés et avec des sources parfois trop puissantes ».
D’après les chiffres de l’Ademe repris en 2021 par le ministère de la Transition écologique, « l’éclairage public correspond à 41 % de consommation d’électricité des communes et émet annuellement 670 000 tonnes de CO2 », soit l’équivalent de plus de 300 000 vols Paris-New York.
Aller plus loin : https://jourdelanuit.fr/
Lors du Conseil municipal du 16 novembre notre groupe a demandé un bilan de la coupure de l’éclairage public une partie de la nuit. Cette mesure permet de protéger la biodiversité, de limiter la consommation d’énergie donc de réduire l’émission de gaz à effet de serre et de réaliser des économies budgétaires conséquentes. Très satisfaits de voir que notre proposition d’étendre la plage horaire de coupure a été partagée par l’ensemble des groupes du Conseil municipal.

À Bouffémont…
Extinction éclairage public
À Attainville…


Petites balades nocturnes en ville ! Avec nos amis de « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », nous nous sommes promené.e.s entre 23 heures et minuit dans quelques rues gratiennoises, puis une autre fois après 1 heure du matin.
À l’heure où le gouvernement vante les nécessaires économies d’énergie que chacun doit faire s’il veut passer l’hiver sans coupures… il nous a semblé utile de faire un état des lieux : éclairage des magasins, circulation piétonne et utilité de l’éclairage public. Y a-t-il gaspillage d’électricité, éclairage inconsidéré ?






Côté magasins, le bon sens et la sobriété font que la plupart ont éteint leur éclairage. Quelques-uns font encore malheureusement de la résistance, notamment les agences bancaires, bien évidemment fermées… mais brillamment illuminées à l’intérieur ! D’autres enseignes hélas, ont installé spots et autres dispositifs lumineux qui ne brillent pour personne. Toutes les vitrines ne sont pas éteintes à partir de 23 heures, comme le veut la règlementation, ni même après 1 heure du matin.










Confrontées à une crise énergétique sans précédent, les collectivités réfléchissent à réduire leurs factures de gaz et d’électricité. De plus en plus, l’idée se répand d’une extinction de l’éclairage public une partie de la nuit.
Au Salon et au Congrès des maires, plusieurs rendez-vous ont pris pour sujet la rénovation énergétique de l’éclairage public. La crise énergétique a en effet mis au premier plan la question de l’extinction des lumières dans les communes. Entre restrictions budgétaires, sentiment d’insécurité et lutte contre la pollution lumineuse, où se situent finalement les élus locaux ? Éléments de réponse.
À Maignelay-Montigny (2 700 habitants, Oise), la décision de l’extinction totale des lumières, dans toutes les rues, de 23 heures à 5 heures du matin, a été prise il y a un mois. Denis Flour, le maire, explique : « On a pris cette décision car, en l’état actuel des choses, on a estimé pouvoir réaliser une économie de 16 000 euros, donc cela nous a semblé opportun. Surtout qu’on nous a annoncé récemment que le prix de l’électricité pour notre commune serait multiplié par cinq l’an prochain. » Le vote du conseil municipal a d’ailleurs été unanime, et « la question est venue assez naturellement car, au cours de l’été, des communes proches, de toute taille, ont pris la même décision, qui s’est finalement imposée comme une évidence pour nous. »

Françoise Laborde, la maire de La Sauvetat-sur-Lède (700 habitants, Lot-et-Garonne), relate la situation particulière qui s’est présentée au moment de prendre une décision sur l’éclairage public : « Nous sommes traversés par une route départementale, avec à peu près 4500 véhicules par jour, avec des écoles, des personnes âgées qui se déplacent là. » La commune a donc décidé de gérer son éclairage différemment en fonction des quartiers. Dans les lotissements, l’extinction se fait à 23 heures et jusqu’à 6 heures du matin, mais pas du tout dans le reste du village, et en particulier dans le cœur de bourg traversé par cette route départementale.
À Still, qui est à 20 % en leds, la rénovation des lumières se fait au coup par coup, « quand on a une lampe qui claque ». « A la vitesse à laquelle on avance, on devrait atteindre le 100% leds dans une dizaine d’années. Notre matériel actuel fonctionne et, écologiquement, on se dit qu’on doit l’utiliser tant que c’est le cas », explique l’adjoint au maire Johann Guénard.