Cérémonie pluvieuse…

Le discours du maire de Saint Gratien ne nous ayant pas laissé un souvenir impérissable, nous préférons pour ce 11 novembre 2019, nous référer au dernier discours de Jean Jaurès, prononcé peu avant son assassinat à Paris, le 31 juillet au café du Croissant. 

Les responsables de la guerre ; discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914

Une semaine avant son assassinat à Paris, Jean Jaurès prononce son dernier discours public en France, à Lyon, dans un café situé en plein cœur du quartier ouvrier de Vaise. Devant près de 2 000 personnes, le député du Tarn ne cache pas son inquiétude face à la menace de la guerre qui plane sur l’Europe. Il l’imagine, la redoute, la déplore. Il avertit de manière éloquente son auditoire du danger et des responsabilités de chacun dans cette crise internationale.

Ce discours intervient à l’occasion des élections partielles organisées à la suite du décès, le 27 mai, du député socialiste Joannès Marietton, élu de la 6e circonscription de Lyon dont Vaise fait partie. Au nom de la SFIO, Jean Jaurès apporte son soutien à la candidature de son ami, Marius Moutet, avocat et conseiller municipal de Lyon, mais aussi l’un des fondateurs de la Ligue des droits de l’Homme.

Ah ! Citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau […] dont nous avons eu la nouvelle il y a une demi-heure entre l’Autriche et la Serbie. Cette terrible nouvelle à laquelle Jaurès fait allusion, n’est autre que l’état de mobilisation fraîchement décrété par la Serbie. En effet, deux jours auparavant, l’Autriche-Hongrie avait lancé un ultimatum à la Serbie et la réponse de cette dernière, jugée insuffisante, avait entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays ce 25 juillet, à 18 heures.

Jaurès explique de manière presque pédagogique à son auditoire, l’engrenage infernal que les alliances risquent inévitablement de provoquer. Il ajoute que la France, après les événements du Maroc, n’est pas en mesure de donner des leçons à l’Autriche à propos de la Bosnie-Herzégovine : nous n’avions pas le droit ni le moyen de lui opposer la moindre remontrance, parce que nous étions engagés au Maroc et que nous avions besoin de nous faire pardonner notre propre péché en pardonnant les péchés des autres.

Pour Jaurès, le dernier espoir de préserver la paix repose ainsi sur l’appel au prolétariat : c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandons à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. En cas d’échec, il prédit un véritable désastre pour l’Europe, non pas des milliers d’hommes engagés sur les champs de bataille, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d’hommes.

J’aurais honte de moi-même, citoyens, s’il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d’une victoire électorale, si précieuse qu’elle puisse être, le drame des événements. Mais j’ai le droit de vous dire que c’est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l’orage, la seule promesse d’une possibilité de paix ou d’un rétablissement de la paix.

Au final, le député ne réserve que quelques mots en faveur de son ami en toute fin de discours. Cinq jours plus tard, il est assassiné. Le dimanche 9 août 1914, Marius Moutet est élu député avec 56 % des suffrages exprimés. Mais moins d’un électeur inscrit sur deux (48 %) s’est exprimé : à la suite de la déclaration de guerre, le 3 août 1914, nombreux sont les hommes qui ont déjà rejoint leur régiment.

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Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais, le dimanche 25 mai 1913

Quelques images de la cérémonie gratiennoise, entre deux parapluies… du monument aux morts de la place Gambetta au carré militaire du cimetière, puis en salle des mariages

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Laïcité bien ordonnée…

Il y a 101 ans se terminait la « grande guerre ». Grande par les millions de morts et la désolation qu’elle a semé partout dans le monde. Maudite soit la guerre !

Nous serons comme chaque année à la commémoration de l’armistice qui mit fin à cette « grande » boucherie ce lundi 11  novembre 2019.

La cérémonie commencera pour nous sur la place Gambetta devant le monument aux morts de la mairie, avant de se poursuivre devant le monument du cimetière.

Je regrette, une nouvelle fois, que l’invitation de la ville mentionne dans le programme de la commémoration le « service religieux en l’église de Saint Gratien« . Pour le moins incongru en ces temps où est ouverte la chasse à certains signes religieux, y compris dans des endroits où cela n’a pas lieu d’être, telle la voie publique…. N’est-ce pas l’ex-maire de Saint Gratien qui prône, via un amendement voté au Sénat, l’exclusion des mères voilées des sorties scolaires ? La même élue qui a exclu du marché de Noël de la commune une commerçante portant un foulard ? Au nom du « vivre ensemble », bien sûr.Alors qu’on tente d’invisibiliser certains de nos compatriotes, sous prétexte qu’ils afficheraient trop « ostensiblement » leur appartenance religieuse, il est donc très étonnant qu’une ville se permette une publicité pour une messe.

Qu’un office religieux se tienne le 11 novembre ne nous pose pas de problème, mais ce n’est pas à la ville d’en faire la promotion. Notre administration ne serait-elle pas tenue aux principes élémentaires de laïcité ? Interrogée, la municipalité nous répond que c’est l’association des anciens combattants qui souhaite cette publicité officielle. Un argument qui ne tient pas quand on sait que la ville fait signer une « charte de laïcité » aux associations recevant des subventions municipales…  On peut lire à ce sujet sur le site Internet de la ville cette belle déclaration : « La laïcité revêt un double sens : c’est à la fois un mode d’organisation juridique et politique de la société mais c’est aussi une approche philosophique du Vivre Ensemble. Depuis plusieurs années, la municipalité de Saint Gratien s’est engagée sur une réflexion globale concernant l’application du respect du principe de laïcité au sein de ses services mais également auprès des usagers du service public. » 

J’ai dû rater un épisode…

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