Surprenantes décisions

Vous avez raté la séance du Conseil municipal du 10 avril 2025 ? Vous ne pouvez pas la regarder en ligne puisque ce dispositif n’est pas mis en place à Saint Gratien, contrairement à de nombreuses villes alentour ?

On vous en raconte les principaux moments.

Ordre du jour léger pour cette séance d’avril. Force est de constater que le nombre de conseils est réduit au minimum (6 par an), que le nombre de rapports soumis au vote diminue également, au profit des décisions du maire. De plus, sur les neuf dossiers présentés ce 10 avril, deux portaient sur des sujets mineurs : ventes de véhicules municipaux, déjà réalisées qui plus est, et une modification comptable réglementaire, donc obligatoire…  

La séance commence avec les décisions du maire : 33 depuis le Conseil de février ! Et elles sont loin d’être toutes anodines, comme nous allons le voir. La nouveauté est que, pour raccourcir la durée de la séance, elles ne sont plus lues par le premier adjoint, et on passe directement aux questions. Pour nous, cela ne change pas grand-chose, mais le public n’y comprend goutte, qui entend des remarques ou interrogations sur une décision qui ne lui a pas été communiquée… De quoi décourager encore davantage les déjà rares Gratiennois à se risquer en salle des mariages…  

33 décisions donc contre 9 rapports soumis à débat et vote de l’assemblée municipale. La démocratie locale est ici un peu oubliée. Et ce d’autant plus, que plusieurs décisions du maire sont sources d’interrogations. Elles portent toutes sur des dépenses que nous découvrons à l’occasion de demandes de subventions, ou qui sont très nettement supérieures à celles votées en décembre lors du vote du budget. Nous n’avons pas besoin que le maire nous rappelle qu’un budget est « prévisionnel » !  Mais de tels écarts en trois mois de temps sont plus que surprenants.

Voici ce que nous avons pointé.   

Fenêtres et volets du château Catinat : 102 000€ alors qu’au budget figuraient 75 000€ pour peintures et toiture

Déplacement du relais de la petite enfance au Forum : 530 000€ ; aucune ligne au budget 2025

Nouvelles caméras : 1,9 M€ ! Rien en novembre lors des orientations budgétaires. Ensuite 834 000€ en décembre au budget, puis 1,4 M€ dans le dernier Mag. Voilà un sujet qui aurait mérité une présentation et un débat au Conseil municipal ! C’est une dépense qui double ! Le prix de la caméra (69 nouvelles) serait passé entre décembre et avril de 12 000€ à 27 000€ ?

Les travaux d’étanchéité des toits de l’école Jean Moulin passent de 124 000€ à 190 000€. On s’en félicite pour les écoliers et les enseignants mais cela représente 53% d’augmentation.

Plus fort encore, les travaux de réhabilitation de la mairie passent de 35 000€ de menuiserie à 1,3 M€ ! Là aussi, c’est peut-être une bonne nouvelle pour les agents qui y travaillent mais comment comprendre que cette dépense qui avoisine le million ne nous a pas été présentée au budget ?

Les travaux d’extension du local de la police municipale apparaissent pour 140 000€ mais n’ont jamais été évoquées au budget.

La ville achète et rénove pour 442 000 € un local pour de nouveaux médecins… non encore arrivés bien que le maire nous les annonce comme déjà là ! Par contre, un des praticiens du centre Casanova le quittera en juin…

Le delta est donc particulièrement important entre le budget des investissements débattu et voté en décembre et ces nouvelles dépenses !

Il n’y a que deux chiffres corrects dans ces demandes de subventions via les décisions du maire par rapport aux dépenses votées au budget : le mur d’escalade au gymnase du Picolo pour 230 000€ et les 720 000€ de rénovation de l’éclairage public et le passage aux Led.

D’où nos interrogations, auxquelles le maire n’a pas répondu, se contentant de dire que les subventions seront importantes et qu’il faut les solliciter avant que les règles en la matière ne changent. Sauf que les subventions ne sont jamais que de l’argent public, qu’on n’a jamais vu déposer une demande de subvention avant toute préparation du projet, et que l’information des élus est un minima !

D’où sort cet argent ? Ces nouvelles opérations se réaliseront-elles au détriment de quelles autres ? Pourquoi n’avons-nous jamais eu communication du PPI de la ville, plan pluriannuel d’investissement ?

Comment expliquer qu’il y a 2 ans, la ville était dans une situation financière présentée comme critique par l’adjoint aux finances, avec des courbes de recettes et dépenses qui allaient se croiser, et qu’à présent il peu des dépenses imprévues ?

Nous reposons pour la x-ième fois, la question de la justification de l’augmentation du taux de l’impôt foncier de 2023 : + 14 % de taux, ajoutés aux + 7 % d’augmentation des bases pour un total de + 21 %… Tout cela pour au final investir 2 M€ dans des caméras et 1,3M€ dans la rénovation thermique et phonique de la mairie ?

N’y avait-il pas d’autres urgences au regard des impacts du changement climatique ? Quid de la rénovation thermique et phonique des écoles ? De la végétalisation des cours d’écoles ? La ville prévoit généreusement 56 000€ pour la plus grande des 14 cours…

Enfin, à l’heure où toutes les collectivités s’inquiètent des coupes budgétaires à venir, où l’association des maires de France refuse de participer aux réunions gouvernementales en signe de protestation, il est étonnant de voir qu’à Saint Gratien, on dépense comme si de rien n’était…

À suivre….

Génocide

À l’heure où enfin Emmanuel Macron lui-même semble s’alarmer du « calvaire » vécu par la population de Gaza, je partage cette tribune de Guillaume Duval, lue dans « Le nouvel Obs ».  

Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction. Les illustrations sont du blog et ont été publiées dans l’Humanité.

« Je faisais partie de ceux qui refusaient d’employer le terme de “génocide” pour désigner la guerre à Gaza, mais il n’y a plus guère de doute ».  

Les derniers développements sur place ne laissent plus guère de doute sur la nature réelle des intentions et des actions du gouvernement israélien.

Jusqu’ici, je faisais partie de celles et ceux qui refusaient d’employer le terme de « génocide » pour désigner la sale guerre que mène depuis un an et demi le gouvernement de Benyamin Netanyahou contre les Palestiniens à Gaza, bien que nombre de responsables israéliens aient exprimé à de multiples reprises des intentions qui étaient clairement génocidaires à ce sujet.

Il me semblait que les qualificatifs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité étaient suffisants pour caractériser de tels actes. Et il me paraissait important de ne pas prendre le risque de galvauder le mot de génocide.

Mais aujourd’hui il n’est plus possible d’en rester là. Le gouvernement israélien a en effet rompu unilatéralement la trêve signée sous les auspices du président Joe Biden pour reprendre la guerre et les bombardements, condamnant ainsi selon toute probabilité les otages survivants tout en causant de nouveau la mort de milliers de civils supplémentaires, dont de très nombreux enfants.

Mais il ne s’est pas contenté de ce crime-là. Il a aussi instauré depuis plus d’un mois maintenant un blocus complet de l’enclave, ne laissant entrer à Gaza ni nourriture, ni carburant, ni eau, ni électricité, ni médicaments. Ce qui fait que non seulement la famine règne partout dans l’enclave mais l’eau potable y fait aussi défaut ainsi que l’accès aux soins les plus élémentaires.

L’article 2 de la Convention internationale pour la prévention et la répression du crime de génocide, définit ce crime comme « l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe 

 b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe 

 c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle 

d)  Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe 

 e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.»

Comme c’est le cas depuis un an et demi, il est impossible de rendre compte très précisément de la situation à Gaza puisque le gouvernement israélien bloque également tout accès à la presse. Mais ces derniers développements ne laissent malheureusement plus guère de doute sur la nature réelle des intentions et des actions du gouvernement israélien, et même si c’est bien sûr aux juges de la Cour pénale Internationale qu’il reviendra de trancher la question en dernier ressort, il devient impossible, pour toute personne sensée, d’écarter l’idée que nous avons bien affaire désormais à un génocide au titre des 3 premiers cas de figure prévus par la Convention.

Face à ce saut qualitatif majeur dans l’horreur de la politique menée par le gouvernement israélien, avec la bénédiction de l’administration de Donald Trump, l’inaction maintenue de l’Union européenne devient elle-même à proprement parler criminelle. Mais, à rebours de cette prise de conscience, Kaja Kallas, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a jugé indispensable de resserrer les liens de l’UE avec le gouvernement de Benyamin Netanyahou ces dernières semaines tout en critiquant les distances prises avec celui-ci par son prédécesseur. Dans le contexte actuel, la passivité des dirigeants européens face aux actions du gouvernement de Benyamin Netanyahou ne peut guère être qualifié autrement que comme relevant d’une complicité active dans la commission de crimes contre l’humanité.

Coprésident du club Maison commune, journaliste, ex-rédacteur en chef de la revue « Alternatives économiques », Guillaume Duval a été ancien speechwriter du haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission Josep Borrell.

Questions d’avril

Vous n’avez pas assisté au Conseil municipal de Saint Gratien le 10 avril 2025 ? On vous en raconte les principaux moments.

Voici les réponses apportées par le maire à nos questions orales, en fin de séance. Nous y ajoutons ici nos commentaires, hélas impossibles à émettre en salle des mariages, puisqu’après la réponse du maire, le débat est clos et nous n’avons plus la parole. 

1 – Parking P1 – Isabelle Volat

Autant le parking nous avait semblé entretenu et nettoyé correctement en septembre 2024, autant à l’heure actuelle, ce n’est plus le cas. Nous avons constaté (visite le 28 mars 2025) un manque de nettoyage évident (sol maculé de taches d’huile, de graisse, déchets, saleté générale…) et une dégradation visible de l’équipement : joints de dilatation éclatés, porte F toujours pas réparée, sortie sur la rue B. Albrecht condamnée, embase sans potelet représentant un obstacle au sol non visible pour les piétons, revêtement de sol très écaillé à de nombreux endroits…

Pourtant la ville a investi pour remettre à niveau le parking P1 lors du départ de Vinci, qui n’avait pas respecté ses engagements. Il faudrait en tirer des enseignements concernant les engagements qui lient Effia dans sa convention avec la ville en matière de maintenance du parking. Un rappel à l’ordre du concessionnaire Effia ne serait-il pas nécessaire ?

Réponse du maire : le concessionnaire indique avoir renforcé les équipes chargées du nettoyage du parking afin d’améliorer sa propreté. Concernant le revêtement de sol écaillé, et bien que cela soit antérieur et hors périmètre contractuel, de travaux de peinture seront réalisés cet été selon la demande municipale. L’embase sans potelet est située en zone technique sans accès au public ne présente aucun risque et ne nécessite pas d’intervention. La sortie sur la rue Berthie Albrecht est condamnée suite à une dégradation et sera remise en service très prochainement avec une nouvelle barrière. La porte F, difficilement réparable du fait de son ancienneté, fera l’objet d’un remplacement complet. Les joints de dilatation détériorés, suite à l’usure naturelle et hors champ contractuel, font  l’objet d’un suivi. 

Nos commentaires : une contrevérité évidente sur la présence d’une embase dépourvue de potelet et qui représente bien un danger car située, comme notre photo le montre, juste devant la porte d’accès B ! D’autre part, nous nous étonnons d’entendre que les travaux de peinture ne seraient pas à la charge d’Effia car le rapport voté lors de la délégation de service public nous indiquait l’inverse… Pour le reste, on voit qu’il y a bien un problème de nettoyage et d’entretien dans ce parking. Effia ne fera-t-il pas mieux que Vinci, délégataire précédent, qui avait laissé à la charge de la commune des travaux qui lui incombaient selon le contrat ?

2 – Fermeture de la librairie – Stéphane Bauer

Cette question n’a pas été posée dans son intégralité puisqu’en début de séance, le maire a informé le Conseil de la reprise de la librairie du Forum par les gérants de la maison de la presse des Raguenets. La ville avait appris que le Grand Cercle-city allait fermer suite à de grandes difficultés financières du groupe. « Après des semaines de recherche intensive » (mais sans penser à nous en informer), la ville a trouvé des repreneurs. Le bail a été signé avec la Saiem  et après quelque travaux de peinture, la réouverture aura fin juin début juillet avec la presse, des jouets, des produits artisanaux et une offre de livres qui se développera progressivement. Le maire encourage les Gratiennois à fréquenter ce commerce.  

La disparition de ce commerce essentiel en centre-ville nous a tous surpris et déçus comme de très nombreux Gratiennois. Nous ne contestons pas le principe du rachat du local par la SAIEM et les aides apportées pour créer les conditions d’une reprise. Mais nous aurions certainement été plus attentifs que vous au projet présenté en 2019 par deux ex-salariés de la librairie du Forum.

Si le passé est le passé, la question complexe du devenir du commerce de proximité mérite une gestion qui ne soit pas isolée et concentrée au niveau du seul maire.

Vous disposiez de cette information (la fermeture de la librairie) dès début janvier, vous n’en n’avez pas fait part au Conseil municipal ni saisi la commission commerce, qui, de fait, ne sert à rien.

Depuis janvier, on aurait pu s’appuyer sur la présence de l’équipe encore en place, pour élaborer un projet de création d’entreprise avec les candidats potentiels.

Un financement participatif, dans l’optique d’une reprise de l’activité, aurait pu être envisagé, avec par exemple un appel en réunion de quartiers aux Gratiennois soucieux du maintien d’un commerce en centre-ville, pour mettre chacun au pot 20 ou 25€, qui seraient un avoir sur l’achat d’un livre dans l’année. Avec les fonds collectés, on garantirait là à un potentiel nouveau gérant un co-financement du stock de livres nécessaire pour amorcer le démarrage de son activité.

Si chaque jour une librairie ferme, chaque jour une librairie ouvre. Notre courrier du 5 mars présentait quelques concepts de librairies-maisons de la presse indépendantes Encore très récemment, dans des communes du 95, et notamment à Gonesse, des projets d’ouverture de librairie indépendante se sont concrétisés.

Nous réitérons notre demande d’être informés et associés à cette réflexion. La commission commerce doit être l’instance ad hoc qui doit être mobilisée pour élaborer l’offre que la ville pourrait faire à un éventuel repreneur de l’activité.

Où en est la ville sur ce dossier ? 

Nos commentaires : Si la réponse a été donnée en début de séance, on n’en regrette pas moins que l’ensemble des élus n’ait été ni informé ni associé à la recherche d’une solution. Un appel à financement participatif aurait pu par exemple permettre de constituer et financer plus rapidement un stock de livres, puisque c’est le principal problème auquel vont se heurter les repreneurs.    

3 – Marché municipal – Stéphane Bauer

Là aussi, les choses semblent évoluer avec une réflexion engagée avec le concessionnaire sur le regroupement des commerçants, réaménagement que nous avions nous aussi évoqué, il y a plusieurs années, dans nos publications, après discussion avec les intéressés. Mais là encore, la commission commerce n’a abordé ce sujet qu’en réponse à une question de notre part. La réponse est restée très évasive. Nous souhaitons davantage de détails sur le déménagement des étals, à quelles conditions, prise en charge des frais, aménagement de l’espace libéré.

À notre question en réunion de quartier à Jean Sarrailh, vous avez laissé entendre que le côté du marché qui ne serait plus dédié aux étals, deviendrait un boulodrome.

Des commerçants proposent plutôt d’y installer plutôt des jeux pour enfants, et pourquoi pas un mini-golf ! Ce qui, d’une part, serait moins couteux que la mise à niveau de l’espace pour le transformer en boulodrome ; et d’autre part, permettrait à une clientèle de jeunes parents de fréquenter le marché tout en laissant leur enfant jouer à côté dans un espace sécurisé.  

La commission commerce doit être l’instance ad hoc qui doit être mobilisée pour réfléchir au devenir du marché Hémonnot. Au regard des enjeux, nous demandons qu’elle puisse  s’ouvrir dans ce cas particulier aux représentants des commerçants et à celui de Mandon-Somarep.

Où en est la ville sur ce dossier ?

Réponse du maire : Le regroupement des étals émane des commerçants. L’espace de convivialité (la buvette !) sera agrandi. Pour l’installation d’activités ludiques, la ville étudie les possibilités les plus adaptées et compatibles avec le lieu.  

Nos commentaires : le brouhaha et les rires de la majorité à l’annonce du sujet de la question sont assez révélateurs de l’intérêt porté au marché ! Visiblement, le conseil du maire de fréquenter les commerces de proximité ne concerne pas la halle Hémonnot.  Pour le reste, le maire ne nous en pas dit davantage que nous ne sachions déjà. Notamment le projet de boulodrome qui apparaît à tous comme fantaisiste, verra-t-il le jour, mystère ! Encore un projet qui sera concocté en toute opacité.  

4 – Raguenets – Façades –  Isabelle Volat

Suite à une visite du quartier et à des rencontres avec les habitants, nous avons constaté des dégradations importantes sur les façades des immeubles pourtant rénovés relativement récemment : cloquage du revêtement, traces noirâtres, éclatement de fers à béton au niveau des balcons. Un affichage de CDC habitat indiquait des sondages et prélèvements sur ces façades. Nous sommes surpris d’une dégradation aussi rapide. Quels travaux vont être menés et à quelle échéance ? 

Réponse du maire : La rénovation des immeubles des Raguenets et particulièrement l’isolation extérieure présente de graves malfaçons et désordres, cloques et fissures de façades. Le bailleur a engagé une procédure contre l’entreprise ayant réalisé les travaux d’isolation, et des investigations toujours en cours. Le but est d’obtenir la prise en charge des malfaçons. La procédure judiciaire sera longue et n’est qu’à son début. Des mesures conservatoires sont mises en place, surveillance et sécurisation quand nécessaire. Concernant les balcons, un audit structurel complet a été mené. De nombreux désordres sont sans danger mais une vingtaine pose problème et nécessite des travaux pour stopper la dégradation. Les réparations sont prévues cette année en priorité.  

Nos commentaires : un sujet loin d’être anodin mais dont nous n’aurions pas entendu parler au Conseil sans notre question.

5 – Raguenets – Fils téléphoniques et fibre rue d’Argenteuil – Stéphane Bauer

Des habitants du 51 rue d’Argenteuil nous ont saisi concernant des branchements téléphoniques anarchiques et dangereux. Ils se sont manifestés plusieurs fois auprès de leur bailleur (CDC Habitat) en vain. Ces branchements ont déjà pris feu au niveau des caves. Outre la dangerosité de l’installation, le côté anarchique des branchements permet à quiconque de pirater une ligne.

Vous nous aviez dit à l’occasion d’un précédent rapport municipal, que des « tours de quartier » étaient faits par des habitants avec le représentant du bailleur.

Visiblement ces branchements n’ont pas été identifiés lors de ces « rondes ».

Dans le cadre de la convention qui lie la ville avec CDC Habitat vous est-il possible d’intervenir assez urgemment avec cet acteur du logement social ? 

Réponse du maire : l’incendie en 2021 dans les caves était dû à un acte de malveillance et non à une défaillance des installations. Il est prévu en 2025 de refaire le chemin de câbles pour limiter les branchements illicites.

Nos commentaires : une question pertinente puisque des travaux sont prévus.

À suivre : les autres dossiers de la séance

Conseil d’avril

Conseil municipal à Saint Gratien le jeudi 10 avril 2025

Voici l’ordre du jour et nos questions orales.

Venez écouter les débats et les réponses du maire ! La séance est ouverte à tous et toutes en salle des mariages à partir de 20h30.

Questions orales au Conseil municipal du 10 avril 2025 du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

1 – Parking P1 – Isabelle Volat

Autant le parking nous avait semblé entretenu et nettoyé correctement en septembre 2024, autant à l’heure actuelle, ce n’est plus le cas. Nous avons constaté (visite le 28 mars 2025) un manque de nettoyage évident (sol maculé de taches d’huile, de graisse, déchets, saleté générale…) et une dégradation visible de l’équipement : joints de dilatation éclatés, porte F toujours pas réparée, sortie sur la rue B. Albrecht condamnée, embase sans potelet représentant un obstacle au sol non visible pour les piétons, revêtement de sol très écaillé à de nombreux endroits…

Pourtant la ville a investi pour remettre à niveau le parking P1 lors du départ de Vinci, qui n’avait pas respecté ses engagements. Il faudrait en tirer des enseignements concernant les engagements qui lient Effia dans sa convention avec la ville en matière de maintenance du parking. Un rappel à l’ordre du concessionnaire Effia ne serait-il pas nécessaire ?

2 – Fermeture de la librairie – Stéphane Bauer

La disparition de ce commerce essentiel en centre-ville nous a tous surpris et déçus comme de très nombreux Gratiennois. Nous ne contestons pas le principe du rachat du local par la SAIEM et les aides apportées pour créer les conditions d’une reprise. Mais nous aurions certainement été plus attentifs que vous au projet présenté en 2019 par deux ex-salariés de la librairie du Forum.

Si le passé est le passé, la question complexe du devenir du commerce de proximité mérite une gestion qui ne soit pas isolée et concentrée au niveau du seul maire.

Vous disposiez de cette information (la fermeture de la librairie) dès début janvier, vous n’en n’avez pas fait part au Conseil municipal ni saisi la commission commerce, qui, de fait, ne sert à rien.

Depuis janvier, on aurait pu s’appuyer sur la présence de l’équipe encore en place, pour élaborer un projet de création d’entreprise avec les candidats potentiels.

Un financement participatif, dans l’optique d’une reprise de l’activité, aurait pu être envisagé, avec par exemple un appel en réunion de quartiers aux Gratiennois soucieux du maintien d’un commerce en centre-ville, pour mettre chacun au pot 20 ou 25€, qui seraient un avoir sur l’achat d’un livre dans l’année. Avec les fonds collectés, on garantirait là à un potentiel nouveau gérant un co-financement du stock de livres nécessaire pour amorcer le démarrage de son activité.

Si chaque jour une librairie ferme, chaque jour une librairie ouvre. Notre courrier du 5 mars présentait quelques concepts de librairies-maisons de la presse indépendantes Encore très récemment, dans des communes du 95, et notamment à Gonesse, des projets d’ouverture de librairie indépendante se sont concrétisés.

Nous réitérons notre demande d’être informés et associés à cette réflexion. La commission commerce doit être l’instance ad hoc qui doit être mobilisée pour élaborer l’offre que la ville pourrait faire à un éventuel repreneur de l’activité.

Où en est la ville sur ce dossier ? 

3 – Marché municipal- Stéphane Bauer

Là aussi, les choses semblent évoluer avec une réflexion engagée avec le concessionnaire sur le regroupement des commerçants, réaménagement que nous avions nous aussi évoqué, il y a plusieurs années, dans nos publications, après discussion avec les intéressés. Mais là encore, la commission commerce n’a abordé ce sujet qu’en réponse à une question de notre part. La réponse est restée très évasive. Nous souhaitons davantage de détails sur le déménagement des étals, à quelles conditions, prise en charge des frais, aménagement de l’espace libéré.

À notre question en réunion de quartier à Jean Sarrailh, vous avez laissé entendre que le côté du marché qui ne serait plus dédié aux étals, deviendrait un boulodrome.

Des commerçants proposent plutôt d’y installer plutôt des jeux pour enfants, et pourquoi pas un mini-golf ! Ce qui, d’une part, serait moins couteux que la mise à niveau de l’espace pour le transformer en boulodrome ; et d’autre part, permettrait à une clientèle de jeunes parents de fréquenter le marché tout en laissant leur enfant jouer à côté dans un espace sécurisé.  

La commission commerce doit être l’instance ad hoc qui doit être mobilisée pour réfléchir au devenir du marché Hémonnot. Au regard des enjeux, nous demandons qu’elle puisse  s’ouvrir dans ce cas particulier aux représentants des commerçants et à celui de Mandon-Somarep.

Où en est la ville sur ce dossier ? 

4 – Raguenets – Façades  Isabelle Volat

Suite à une visite du quartier et à des rencontres avec les habitants, nous avons constaté des dégradations importantes sur les façades des immeubles pourtant rénovés relativement récemment : cloquage du revêtement, traces noirâtres, éclatement de fers à béton au niveau des balcons. Un affichage de CDC habitat indiquait des sondages et prélèvements sur ces façades. Nous sommes surpris d’une dégradation aussi rapide. Quels travaux vont être menés et à quelle échéance ? 

5 – Raguenets – Fils téléphoniques et fibre rue d’Argenteuil – Stéphane Bauer

Des habitants du 51 rue d’Argenteuil nous ont saisi concernant des branchements téléphoniques anarchiques et dangereux. Ils se sont manifestés plusieurs fois auprès de leur bailleur (CDC Habitat) en vain. Ces branchements ont déjà pris feu au niveau des caves. Outre la dangerosité de l’installation, le côté anarchique des branchements permet à quiconque de pirater une ligne.

Vous nous aviez dit à l’occasion d’un précédent rapport municipal, que des « tours de quartier » étaient faits par des habitants avec le représentant du bailleur.

Visiblement ces branchements n’ont pas été identifiés lors de ces « rondes ».

Dans le cadre de la convention qui lie la ville avec CDC Habitat vous est-il possible d’intervenir assez urgemment avec cet acteur du logement social ?

Condamnée

Madame Le Pen est rattrapée par la justice ce lundi 31 mars 2025.

Les réactions ci-dessous de « l’Humanité » et de « Regards »

Marine Le Pen condamnée : une victoire pour la démocratie et l’État de droit, par Stéphane Sahuc dans l’Humanité

Peu importe la vérité, l’essentiel c’est de raconter l’histoire qui arrange. Dans le cas de la condamnation de Le Pen et compagnie, la fable mêle « complot anti-RN », « juges rouges corrompus », « verdict politique », « condamnation excessive », « volonté de nuire »… Un conte sur une justice partiale et « politique » qui priverait injustement des millions de Français d’une candidature à la présidentielle, « une justice contre la démocratie » en quelque sorte. Le tout repris en boucle par les leaders du Rassemblement national et les médias Bolloré pour imposer leur récit.

Cette mise en cause de la justice est d’autant plus grave que d’autres que le RN portent ce discours. Les renvois d’ascenseur entre le clan Sarkozy et le clan Le Pen pour s’insurger du sort fait à l’autre sont quotidiens. La droite et l’extrême droite toujours si promptes à réclamer une justice exemplaire et sévère – quand la justice doit simplement faire appliquer le droit – font la démonstration que ce qu’elles réclament c’est pour les autres.

Quitte à jeter aux oubliettes les attendus du jugement qui montrent que « la gravité de faits relève de leur nature systémique, de leur durée, du montant des fonds détournés, mais aussi de la qualité d’élus des auteurs et de l’atteinte portée à la confiance publique et aux règles du jeu démocratique ».

Alors, comment appelle-t-on ceux qui dénoncent une justice indépendante appliquant les lois et protégeant les règles démocratiques ? Qu’est-ce qu’une organisation politique dont l’obsession première, si elle arrive aux affaires, sera de mettre la justice au pas et donc d’en finir avec le principe de la séparation des pouvoirs ? Quand un projet politique a l’odeur, la couleur et la saveur du fascisme, c’est qu’il s’agit de fascisme.

Ne nous leurrons pas, la candidature compromise de Marine Le Pen pour 2027 ne met pas hors jeu le RN et encore moins son projet liberticide et raciste. La surenchère à droite et à l’extrême droite va battre son plein et, comme aux États-Unis, en Israël, en Hongrie ou en Russie, c’est le cœur du modèle démocratique qui sera visé. La responsabilité des forces de gauche pour ouvrir une issue politique est immense. Dans deux ans il sera peut-être trop tard.

Les cartes de la présidentielle 2027 rebattues, par Catherine Tricot dans « Regards »

Marine Le Pen a été condamnée à l’inéligibilité et ne sera pas candidate à la présidentielle. C’est un coup de tonnerre.

Marine Le Pen a donc été condamnée à 4 ans de prison, dont deux ans ferme, aménageables avec un bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité de 5 ans assortie d’une exécution immédiate. En clair, Marine Le Pen se voit dans l’incapacité de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

C’est donc un jugement sans « laxisme » : les prévenus du procès en détournement de fonds européens ont tous été déclarés coupables, la plupart avec des peines de prison ferme. Les juges ont appliqué la loi votée par les députés en 2016, lesquels ont rendu obligatoire – et non automatique – la peine d’inéligibilité et l’exécution immédiate en cas de détournement de fonds.

Sitôt le verdict tombé, le leader Hongrois Viktor Orban tweete « Je suis Marine », le Kremlin déplore « une violation des normes démocratiques ». Dans le monde entier, l’ultra-droite marque son soutien au RN. Le jugement a un écho national et international.

Avant même le prononcé des peines, Marine Le Pen avait rejoint le siège du parti et son président Jordan Bardella. Les dirigeants du RN vont contester ce jugement, le déclarant partisan. Ils alimenteront la campagne planétaire contre la justice, son autonomie et sa fonction de garant du droit et des institutions.

Ce jugement est un tremblement de terre pour le RN, mais il l’est pour tout l’espace politique. Il est un peu l’équivalent de l’affaire Strauss-Kahn qui redistribua les cartes pour 2012.

Le RN va bien sûr mettre en selle un candidat. Il y a fort à parier que ce sera Jordan Bardella. Mais son très jeune âge (29 ans) et son positionnement à la croisée du RN, de Reconquête et des LR modifient la donne. Bardella a peu convaincu lors des législatives, pas plus qu’il ne s’impose parmi les cadres du RN. Il n’occupe pas exactement le même espace politique que Marine Le Pen. Mis en place pour rallier la bourgeoisie réactionnaire et les électeurs âgés, il devait bloquer Marion Maréchal. Le voilà en première ligne : les équilibres sont modifiés. La force de Marine Le Pen était du côté des catégories populaires, les plus nombreuses. Avec un tout autre profil, Bardella ne part pas avec les mêmes chances de victoire. Malgré une cote de popularité équivalente à celle de Marine Le Pen, son élection est loin d’être aussi crédible.

Bien des prétendants à l’Élysée vont se sentir rassérénés. Chassant sur les mêmes terres, Retailleau et Zemmour vont disputer la place au jeune homme au nom de l’expérience. Sur cette base, l’alliance du « bloc central » va en prendre un coup. La lutte entre Philippe et Retailleau prend corps.

À gauche, ceux qui ne veulent pas d’une candidature de rassemblement vont y trouver arguments. La droite divisée, la crédibilité de Bardella incertaine, le niveau à atteindre pour accéder au second tour s’abaisse et la perspective de victoire paraît moins bouchée. Jean-Luc Mélenchon en tirera argument. Raphaël Glucksmann aussi. Les forces d’entropie à gauche vont pouvoir se libérer. Audacieux et dangereux calculs : Marine Le Pen sort du jeu alors que l’extrême droite est en ascension, en Amérique comme partout en Europe. En France, ils sont nombreux à pouvoir et vouloir reprendre ces idées, au-delà du RN.

André Chassaigne, un élu utile ! (2)

Aujourd’hui même, mardi 25 mars 2025, André Chassaigne posera sa dernière question au gouvernement. L’emblématique député communiste quitte l’Assemblée nationale. 

Portrait d’un combattant de l’intérêt général, publié dans l’Humanité, par Aurélien Soucheyre. Les photos ont été prises par Stéphane Bauer, lors d’un rassemblement pour la défense de l’audiovisuel public, place Collette en avril  2024.

André Chassaigne, « un monument de l’Assemblée et un militant »

Figure centrale du PCF et de l’Assemblée nationale, le chef de file des députés communistes a été élu vendredi 14 mars maire-adjoint, à Saint-Amand-Roche-Savine, dans son Puy-de-Dôme natal. Il prévoit de rendre fin mars son mandat parlementaire.

Député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2022, André Chassaigne quittera son poste à la fin du mois de mars.

L’un des députés les plus costauds de l’Assemblée nationale, tant par sa carrure massive que par sa grande connaissance du Parlement, a décidé de passer la main. André Chassaigne, figure centrale du PCF, connu pour ses bons mots, ses coups de gueule, sa moustache devenue blanche comme la neige, et sa défense acharnée de la justice sociale, des services publics, de la ruralité et de Cuba, quittera fin mars son siège au Palais Bourbon.

Mais n’allez pas croire que c’est une porte qui se ferme. « Il s’agit surtout d’en ouvrir une pour la suite. J’accorde une grande importance à la transmission. J’ai 74 ans, il est temps de laisser la place », mesure-t-il.

Vendredi 14 mars, le chef de file des députés communistes, président du groupe GDR depuis 2012, a été élu maire-adjoint dans sa commune auvergnate du Saint-Amand-Roche-Savine. « Je reprends le premier mandat que j’ai eu il y a des années, quand j’avais 27 ans. La boucle est bouclée ! », apprécie-t-il. Et quelle boucle. Lors des législatives de 2002, le PCF prend l’eau : il perd 14 sièges et n’en gagne qu’un seul. Qui peut bien enregistrer une telle conquête, à contre-courant de la dynamique nationale ? André Chassaigne.

L’ancien professeur de lettres et d’histoire géographie, devenu principal de collège et maire de sa ville, arrache la 5e circonscription du Puy-de-Dôme. « J’ai été candidat pendant 24 ans avant de gagner, en grappillant des points petit à petit », raconte l’élu, enraciné dans son territoire, et où Michel Charasse, ancien ministre de François Mitterrand, le qualifiait de véritable « service public à lui tout seul ».

« Dédé »

Après avoir usé quatre présidents de la République, douze premiers ministres, et sept présidents de l’Assemblée, celui que beaucoup surnomment « Dédé », aura donc toujours siégé dans l’opposition. « C’est facile de critiquer et de cogner. Et les gouvernements auxquels j’ai fait face le méritaient bien. Mais je me suis toujours méfié des critiques littéraires qui n’écrivent jamais de romans. J’ai donc sans cesse cherché à m’investir dans le corps-à-corps législatif avec cet objectif : être un député d’opposition sans concession, tout en étant capable de revenir en circonscription avec des amendements dans ma besace, pour l’intérêt général », témoigne-t-il.

À la stupeur générale, en 2008, André Chassaigne fait ainsi voter un amendement anti-OGM, qui provoque une crise au sein du gouvernement et de la majorité UMP de l’époque. « J’avais réussi à convaincre suffisamment de députés de droite de la nocivité du projet ! » se remémore-t-il.

Les caméras se braquent sur l’élu. Les troupes présidentielles déposent dans la foulée un amendement similaire, présenté par François Grosdidier, qui est adopté. Et pour calmer le jeu, sans perdre la face, le président Nicolas Sarkozy se déclare publiquement favorable à « l’amendement Chassaigne-Grosdidier ».

« Quand je suis retourné en circonscription, les gens m’ont félicité, puis certains m’ont dit, outrés, qu’ils étaient scandalisés que Sarkozy m’ait appelé ‘‘Chassaigne Gros Dédé’’ ! », rigole encore le député, qui prend la tête du groupe GDR en 2012. François Hollande succède alors à Sarkozy. Les citoyens attendent une politique de gauche. Il n’en sera rien.

« J’ai connu une bonne trentaine de 49.3 »

« Il existe en Auvergne des petites fenêtres dans nos fermes, que l’on appelle ‘‘fenestrou’’. Eh bien à trop vouloir l’emprunter, François Hollande s’est coincé dans le fenestrou de la droite et ne peut plus en sortir ! », lance en 2016 André Chassaigne, aussi bien ulcéré par le projet de déchéance de la nationalité, que par les lois Macron et El Khomri passées à coups de 49.3.

« J’en ai au final connu une bonne trentaine, et on s’y habitue jamais. Nous sommes arrivés à une situation où tout ce que la Ve République avait prévu pour que l’exécutif domine le législatif est utilisé sans aucune mesure, écrasant toujours plus la représentation nationale. C’est catastrophique pour la démocratie. J’avais qualifié le régime de « démocrature » sous le premier quinquennat de Macron. Le ‘‘triple coup de force’’, comme j’ai pu le dire contre la loi El Khomri ou sur les réformes des retraites, est permanent : coup de force contre l’opinion majoritaire des Français, coup de force contre les représentations syndicales, coup de force contre les parlementaires. Personne ne profite de ses assauts d’une violence inouïe du capital contre notre modèle social issu du programme du Conseil national de la résistance. Personne, à part les milliardaires et l’extrême droite », s’indigne le député sur le départ.

« Un internationaliste, un antiraciste, un grand défenseur des droits humains »

En 23 ans au Palais Bourbon, toujours en première ligne, « Dédé » aura mené bien des batailles. « C’est un monument de l’Assemblée, et en même temps c’est un militant. C’est ça qui est formidable. C’est un magnifique porteur de parole pour la ruralité. Un ami des outre-mer. Un internationaliste, un antiraciste, un grand défenseur des droits humains », souligne Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion, qui a longtemps siégé avec lui au Parlement.

Car communistes et élus progressistes ultramarins composent ensemble le groupe GDR. « C’est notre spécificité, c’est notre richesse. J’ai eu le bonheur de présider un groupe pour qui le soleil ne se couche jamais, où nous avons tous en commun de lutter pour qu’il n’y ait aucun sous-citoyen, aucun sous-territoire, et une égalité républicaine réelle, que ce soit à 10 heures d’avion de Paris dans les Outremers, à plusieurs heures de train et de voiture dans les territoires ruraux, ou à une heure de métro dans les banlieues populaires », relève André Chassaigne.

Figure très respectée, André Chassaigne l’est aussi de ceux qu’il combat. « Parce qu’il a acquis beaucoup d’expérience sur la défense et du rôle du Parlement, et parce que même quand il cogne dur, ses coups de gueule sont toujours argumentés et justifiés », observe Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

« Un hyperactif et boulimique de travail »

« On est nombreux à l’apprécier humainement, et à le trouver assez coriace, voire redoutable quand on le cherche. Mais on lui pardonne, sauf peut-être ses mots lors de l’Affaire Benalla », souffle un macroniste. En 2018, scandalisé par l’enterrement de la commission d’enquête dédiée à l’obscur collaborateur du président, André Chassaigne étrille la servilité des députés de la majorité, les qualifiant « d’intestins silencieux de la bouche élyséenne » : « vous avez prouvé que même sans colonne vertébrale il est possible de ramper ».

Stéphane Peu, pressenti pour reprendre la présidence du groupe GDR avec la coprésidente Emelyne K/Bidi, se souvient bien de ses premiers pas de député devant cette Macronie triomphante : « Nous étions dans le groupe presque tous des néodéputés. Seuls André Chassaigne et Marie-George Buffet avaient une expérience aguerrie du Parlement. Et nous avons été un peu désarçonnés par l’arrogance du nouveau monde, par ces jeunes macronistes vierges d’histoire et de culture politique, soumis au président et tout droit sortis de cabinets d’affaires. André, qui est un personnage hors normes, un hyperactif, un boulimique de travail, a été d’une aide précieuse pour nous accueillir au groupe et nous lancer sur le chemin de l’offensive ».

« Il nous a pris la main. À chaque fois que l’on pose une question au gouvernement, quand on arrive au micro juste devant lui. Il nous glisse cette boutade pour nous détendre et nous mobiliser : ‘‘Attention tout le parti te regarde, pose correctement ta question’’ », se souvient Fabien Roussel, qu’André Chassaigne avait d’ailleurs convaincu de se lancer, lors du congrès du PCF de 2018, afin d’en prendre la tête.

L’échec du Perchoir

L’autre caractéristique de « Dédé », c’est qu’il ne lâche rien. Engagé dans un long combat pour revaloriser les pensions de retraites agricoles, afin qu’aucune ne soit inférieure à 85 % du Smic, le député a dû affronter tous les mauvais coups possibles inventés par les gouvernements avant d’obtenir gain de cause, avec deux lois qui portent son nom, la deuxième étendant la première aux conjointes des exploitants agricoles.

« Au pouvoir, on aurait fait bien plus. Mais il faut savoir être utile en toutes circonstances, dans l’adversité ». C’est cette endurance, son aura et son expérience, qui l’ont amené à devenir en 2024 candidat du Nouveau Front populaire à la présidence de l’Assemblée.

« Si cela n’avait pas été lui, jamais un communiste ne se serait imposé comme candidat commun du NFP alors que nous étions le seul groupe à avoir perdu des sièges. Son autorité et sa personnalité lui ont permis de convaincre non seulement à gauche, mais au-delà. Il a reçu 207 voix lors du vote, contre 220 pour Yaël Braun-Pivet. Seulement 13 voix d’écart, alors que 17 ministres ont pris part au vote pour l’empêcher de gagner, se livrant en dépit de toutes les règles à un cumul des genres entre exécutif et législatif », signale Stéphane Peu.

« André Chassaigne aurait fait un formidable président de l’Assemblée », relève Huguette Bello, qui qualifie le groupe GDR de « pépinière à présidents », puisqu’en plus d’elle à La Réunion, bien d’autres anciens membres ont présidé ou président leur région : Alfred-Marie Jeanne en Martinique, Gabriel Servil en Guyane, et Moetai Brotherson en Polynésie.

« On m’a élevé dans l’idée du rejet de toutes les oppressions »

André Chassaigne n’est pas passé loin, lui aussi, du fauteuil principal d’une assemblée. Sans jamais y avoir pensé avant qu’une occasion historique ne se présente.

« Si c’était arrivé, j’aurais gardé les pieds sur terre. Mon père était ouvrier. J’ai grandi dans une cité Michelin. Quand il revenait de l’usine avec sa musette, mes frères l’ouvraient pour récupérer les résultats sportifs, et moi c’était pour voir s’il n’y avait pas des tracts des syndicats et du PCF. J’avais des photos du Che dans ma chambre, et chez moi on ne buvait pas de Coca-Cola, et encore moins pendant la guerre du Vietnam. On me disait qu’une bouteille vide, c’était une balle pour un petit vietnamien. On m’a élevé dans l’idée du rejet de toutes les oppressions ».

À la place du cola, ce sera donc un verre d’eau ou de vin, pour ce bon vivant, également sauveur de la fraise de veau. « Elle avait été interdite à la consommation. Elle fait pourtant partie d’un plat traditionnel de la montagne thiernoise, le moulet, en référence aux ouvriers à domicile », précise-t-il. Et parce qu’il y a « aussi bien des petits matins que des grands soirs », André Chassaigne a réussi à ce que la fraise de veau retourne dans les assiettes. Alors que la tête de veau est déjà mangée pour fêter tous les 21 janvier la mort de Louis XVI, qui sait si la fraise de veau, l’air de rien, n’a pas elle aussi un petit goût de révolution ?

« Avec la centaine de députés d’extrême droite à l’Assemblée, la révolution, ce n’est pas pour tout de suite, mesure tout de même le député. Le combat politique s’annonce toujours plus musclé. Mais je ne suis pas pessimiste. La gauche, si elle sait combattre frontalement la xénophobie et les inégalités, peut rassembler et renverser la vapeur. » Un combat qu’il n’entend pas abandonner, à son échelle, en plus de faire revivre au local l’ancien collège de Saint-Amand-Roche-Savine et faire restaurer son église.

« À l’Assemblée, mon suppléant, Julien Brugerolles, va prendre la suite. Il est très présent à mes côtés et sur le terrain depuis des années, on va simplement inverser les rôles. Je sais qu’il va très bien se débrouiller », indique Dédé, qui ne quittera pas Paris de si vite. « Maintenant qu’André va avoir plus de temps, nous allons pouvoir l’exploiter davantage au Conseil national du PCF, apprécie Fabien Roussel. Il y intervient régulièrement. Sa parole y est très importante. Il est très aguerri sur les questions internationales, particulièrement brûlantes en ce moment ! »

La dernière question au gouvernement d’André Chassaigne, prévue le 25 mars, ne signera donc pas son dernier acte politique. Bien au contraire. Comme dit la formule, militant un jour, militant toujours…

Notre tribune de mars

Grand émoi en ville à l’annonce de la fermeture prochaine de la librairie du Forum. C’est sans surprise donc que nous voyons que tous les groupes du Conseil municipal ont consacré leur tribune libre  à cet événement. Mais nous sommes les seuls à avoir évoqué le sort hélas bien préoccupant de notre marché, et souligné l’effet positif que pourrait avoir sur le commerce local, le développement d’autres modes de transport que la voiture… Vélo et marche favorisent la fréquentation des commerces de proximité ! Nous insistons aussi sur la non-concertation récurrente avec les élus de la minorité sur ces sujets essentiels. 

Notre texte est à lire ci-dessous.

Tribune libre des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Magazine municipal de mars 2025

Le commerce de proximité est essentiel à la vie de nos quartiers !

Fermeture de la librairie

La fermeture le 7 avril de la librairie du Forum nous peine. Si la ville ne peut l’empêcher, elle doit par contre travailler à conserver une activité indépendante de librairie-presse. Nous l’avions proposé en 2017, soutenant la reprise par des salariés du magasin. Selon des sources internes, c’est économiquement viable. La fermeture est due aux difficultés du groupe « Grand Cercle » et non à la structure gratiennoise. Le maire, informé dès janvier, n’a pas daigné en informer la commission commerce du Conseil municipal pour engager une concertation avec tous les élus.

Déclin du marché municipal

Autre lieu convivial de lien social, le marché reste très fragile. La ville, empêtrée dans un trop long contrat avec un délégataire peu fiable, se contente d’encaisser 45 000€ sur la redevance de 100 000 € facturée aux commerçants, d’entériner les hausses des droits de place, tout en déplorant la cherté du marché.. À quand un débat en Conseil municipal ?

Mobilités et commerce local

Le vélo favorise aussi la fréquentation des commerces locaux !

Participez à l’enquête pour faire progresser les aménagements cyclables en ville : https://www.barometre-velo.fr

I.Volat, S.Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr

 

Andromède, Jules et Cassiopée

Oui, le patrimoine local ne doit pas être oublié ! Oui, il doit être accessible à tous !

Ce matin, nous avons assisté avec grand intérêt au spectaculaire déplacement de la statue d’Andromède jusqu’à la place Gambetta.

Voir ici la vidéo réalisée pour « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Andromède a traversé dans le ciel la rue Gabriel Péri. Elle ne pèse finalement que 2,8 tonnes et non 6 comme précédemment estimé. Merci au lecteur attentif et averti qui m’a indiqué le poids exact ! 

Élément important du patrimoine gratiennois, implantée à l’origine dans le parc de la princesse Mathilde, l’œuvre du sculpteur Jules Franceschi est à présent posée sur un socle place de la mairie.

Le propriétaire du jardin où elle était dressée en a fait don à la ville.

Cette sauvegarde a été rendue possible par l’engagement de deux associations, « Aimons Saint Gratien en Val d’Oise » de François Paget, et « L’art dans la ville », de François Scellier.

Dans les années 1850, la princesse Mathilde, nièce de Napoléon 1er et cousine de Napoléon III, acquiert le « Château neuf » et son domaine de 230 hectares de verdure. La statue, œuvre du sculpteur Jules Franceschi (1825-1893) se trouvait dans ce parc, qui fut démembré et loti à la mort de la princesse, tombée dans son escalier en 1904….

Andromède sera restaurée par l’artiste Dan Robert. La statue devrait retrouver sa splendeur d’origine, principalement ses membres inférieurs et ses mains.

En effet, la statue a été très dégradée au cours du temps. Elle a notamment perdu ses deux jambes. C’est grâce à l’obstination des deux associations qu’Andromède sera sauvée. Elles financent le déplacement et la restauration d’Andromède. Sa restauration se fera à partir d’une statuette en bronze identique à l’originale et nécessitera des moyens financiers et techniques.

La ville se charge plus modestement de la réalisation du socle place de la mairie.  

En septembre, Andromède, fille de Cassiopée dans la mythologie grecque, devrait avoir retrouvé sa légendaire beauté !

Nous nous sommes intéressés ces dernières années à l’aventure d’Andromède, et plus particulièrement au rôle qu’aurait pu jouer la ville pour sauvegarder cette statue, mémoire du Saint Gratien du 19è siècle.

À relire ci-dessous les précédents articles du blog sur le sujet  

https://isabellevolat.fr/2024/07/23/salle-des-mariages-20-juin-2/

https://isabellevolat.fr/2021/10/18/conseil-municipal-de-septembre-4/

https://isabellevolat.fr/2021/09/21/andromede-en-peril/

André Chassaigne, un élu utile ! (1)

Qui n’a pas d’estime pour André Chassaigne ?

Bien au-delà des rangs de sa formation politique, il suscite le respect de par la constance de ses combats, sa force de persuasion, son caractère toujours affable, son souci des autres.

En 2012, il a été à Saint Gratien notre invité pour une soirée. C’était à l’occasion des élections législatives, et il était venu parler de changement climatique et d’écologie, autour de son livre « Pour une Terre commune ». Après la réunion publique, pendant laquelle il avait séduit l’auditoire comme à l’accoutumée, nous avions partagé un repas tardif. Soudain, André a disparu de la table… nous l’avons retrouvé dans la cuisine du restaurant, en grande discussion avec le chef, dont il s’inquiétait des conditions de travail !

Membre du PCF depuis 1979, André a été conseiller général du canton de Saint-Amant-Roche-Savine, conseiller régional d’Auvergne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine. Il est également député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2002 et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale depuis 2012. Il est réélu en 2017 puis en 2022 avec…69,43 % des suffrages exprimés, réélu encore en 2024.

Il est régulièrement cité parmi les députés les plus actifs de l’Assemblée nationale. En avril 2017, il est désigné « meilleur élève » parmi les députés de l’Assemblée nationale, pour son assiduité et son implication dans le travail parlementaire. Il intervient fréquemment sur les thématiques en lien avec la protection de l’environnement, passant ainsi, selon Mediapart, pour le « Monsieur écologie » du PCF. Il est perçu comme un élu de terrain, proche de ses administrés et du monde rural. Le 17 juillet 2024, il est désigné par le Nouveau Front populaire pour être le candidat unique de la gauche à la présidence de l’Assemblée nationale. Il arrive en tête au premier tour avec 200 voix et est cependant battu à l’issue du troisième tour par Yaël Braun-Pivet, de 13 voix. En juin 2020, il est rapporteur d’une proposition de loi, initialement déposée durant le précédent mandat, visant à revaloriser les petites retraites agricoles pour qu’aucune ne soit inférieure à 85 % du SMIC, avec un financement assuré par une augmentation de 0,1% de la « taxe sur les transactions financières ». Cette revalorisation sera votée à l’unanimité. Sa proposition de réévaluation des retraites des aidants d’exploitations agricoles, dont en particulier les femmes conjoints, est également adoptée en décembre 2021.

André Chassaigne est interrogé par Marceau Taburet, pour le Huffpost

André Chassaigne va quitter l’Assemblée, et exprime son spleen

André Chassaigne s’apprête à quitter l’Assemblée nationale et reconnaît une forme de regret sur la situation politique actuelle. À 75 ans, le président du groupe communiste à l’Assemblée porte un regard amer sur la situation politique, marquée par l’essor de l’extrême droite.

Après vingt-trois ans passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, André Chassaigne s’apprête à tirer sa révérence. Dans les prochains jours, le président du groupe GDR rangera son écharpe de député au placard, lui préférant celle d’adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). « Le mandat local me manque. Mon rêve est de revenir aux fonctions que j’avais à 27 ans pour finir ma vie politique en toute humilité », justifie-t-il auprès de LCP.

Mais avant de définitivement quitter le Palais Bourbon, « Dédé le rouge », comme le surnomment certains de ses amis, est revenu sur sa longue carrière politique et a assuré s’en aller « avec le sentiment du travail accompli » : « J’ai fait mon travail d’élu, comme maire, comme conseiller général, puis comme député. J’en suis fier. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait ». Il est entré à l’Assemblée pour la première fois en 2002, et s’est ensuite fait réélire à cinq reprises.

Pour autant, le communiste à la célèbre moustache porte un regard amer sur la situation politique actuelle. « J’ai commencé à militer à l’âge de 16 ans, j’en ai 75 aujourd’hui. Nous assistons aujourd’hui à une dérive planétaire sur les valeurs humanistes qu’on écrabouille », a-t-il exposé sur LCP. Il parle de ces individus dépourvus de « morale » qui « deviennent chef d’État » et qui « écrasent tout le monde », tel Donald Trump. « Tout ça pour ça ! », finit par conclure André Chassaigne qui fait part d’une forme de spleen à l’heure de raccrocher les gants : « Quand on a une vie de militant et d’élu comme moi, j’arrive à 75 ans dans un monde qui est à l’opposé de ce que j’ai toujours voulu construire ».

« Un vieux meuble de l’Assemblée »

Conscient d’être devenu au fil du temps une figure emblématique de l’Assemblée, André Chassaigne assume de vouloir transmettre le flambeau à la jeune génération. C’est son suppléant Julien Brugerolles, 43 ans, qui prendra la suite. Quand on lui demande s’il a l’impression d’être « un vieux meuble de l’Assemblée », le président de groupe répond avec humour : « Allez dans un magasin de brocante ou une antiquité, vous verrez que les vieux meubles ça ne se vend plus, les jeunes n’en veulent plus. Il faut faire du moderne ».

Son meilleur souvenir dans l’hémicycle, révèle-t-il, restera la loi sur les retraites agricoles qu’il a initiée et qui porte désormais son nom. Celle-ci réhausse le montant minimum des pensions des agriculteurs à 85 % du SMIC net agricole. « Un combat de plusieurs années», souligne celui qui est devenu l’un des derniers représentants du communisme rural à l’Assemblée : « J’ai toujours fait de la politique avec mes tripes ». Il continuera à en faire, mais loin de la capitale.

Disparition de Jean-François Téaldi

Nous apprenons avec grande tristesse la disparition de Jean-François Téaldi. Il y a quelques années, nous avions échangé avec lui alors qu’il était le « monsieur culture » du Front de Gauche.

À lire ci-dessous l’article de « la Marseillaise » qui lui rend hommage.

Hommage unanime à Jean-François Téaldi
La mémoire du journaliste, dirigeant syndical et communiste disparu à l’âge de 73 ans est saluée par de nombreuses personnalités.
Léo Purguette

Responsable du SNJ-CGT de France télévisions, Jean-François Téaldi a été de tous les combats pour le service public et le pluralisme. Il aura indéniablement laissé sa marque dans le monde des médias mais aussi dans le monde politique et syndical.

Jean-François Téaldi a rendu son dernier souffle mercredi, après un combat contre la maladie. L’annonce de sa disparition a suscité beaucoup d’émotion chez ceux qui l’ont croisé tout au long de sa vie dédiée au journalisme et à ses engagements à la CGT et au PCF.

Né en 1952, il est issu d’un milieu populaire et grandit à Cannes dans les Alpes-Maritimes, département auquel il restera attaché toute sa vie. C’est à Nice qu’il franchit le pas de l’engagement politique en rejoignant l’Union des étudiants communistes puis le PCF.

Sur le plan professionnel, après avoir fait ses débuts de journaliste à « Nice-Matin », c’est à FR3 puis à France 3 Côte d’Azur qu’il effectue l’essentiel de son parcours. «Les engagements et les luttes, syndicales et politiques, ont marqué la vie entière de celui qui fut secrétaire général du SNJ-CGT de France 3 de 1981 à 1992, puis de France Télévisions de 2002 à 2012», rappelle le SNJ-CGT dans un communiqué-hommage.

« Sa riche carrière de journaliste à FR3 puis à France 3 Côte d’Azur, dont il deviendra rédacteur en chef adjoint, l’a amené à exercer son métier aussi bien au bord des terrains de foot que dans les ateliers d’artistes, sur les plateaux de débats politiques ou de présentation du journal régional, mais également à l’étranger, pour des reportages en Afrique du Sud, au Liban, au Japon… On retiendra ses interviews sans concession, notamment face à Jacques Médecin, Jean-Marie Le Pen, Christian Estrosi ou Bernard Tapie», énumère le syndicat en soulignant que «celui qui incarnait l’exigence d’une information libre et sincère fut également cofondateur du Club de la presse Nice-Côte d’Azur, enseignant en école de journalisme ou encore membre du jury de la sélection « Un certain Regard » du Festival de Cannes».

À l’Humanité, c’est le grand reporter, Pierre Barbancey, qui rend hommage à son  » ami et camarade Jean-François Téaldi ».

Ses camarades dirigeants et élus communistes ne sont pas en reste pour saluer sa mémoire, son engagement, sa passion de la politique.

« Pour moi, il était plus qu’un compagnon de lutte ; il était un frère», témoigne Julien Picot, secrétaire départemental du PCF dans les Alpes-Maritimes. « Jusqu’au bout, Jeff a été un acteur majeur de la vie de notre Parti. Membre du Conseil national du PCF pendant plusieurs années, il continuait, malgré la maladie, à assister aux réunions du Comité départemental des Alpes-Maritimes», ajoute-t-il à l’égard de celui qui fut aussi élu de Cagnes-sur-Mer, en précisant que « son engagement dans l’équipe de rédaction du Patriote Côte d’Azur ne s’est jamais démenti. Sa tribune hebdomadaire était attendue et appréciée de nos lecteurs».

Jean-Marc Coppola, adjoint PCF au maire de Marseille, chargé de la Culture s’incline devant ce « militant communiste et syndical, courageux défenseur du service public de l’audiovisuel au plan local comme journaliste à France 3 Côte d’Azur et au plan national. Il va nous manquer».

La députée communiste de Seine-Saint-Denis, Soumya Bourouaha, le sénateur de Paris et porte-parole du PCF, Ian Brossat, joignent leur voix aux hommages rendus à « Jeff », tel que le nommaient ses amis et camarades.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et maire de Saint-Amand-les-Eaux, ne cache pas son émotion : « Jeff, j’ai appris que ta vie s’en allait et je regrette tellement de n’avoir pas pu te dire au revoir. Ton regard sur le journalisme, la presse, la démocratie vont nous manquer autant que ta gentillesse, ta douceur, ton amitié. Adieu camarade, adieu l’ami.»

Même le président LR du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy témoigne d’un réel respect à l’égard de Jean-François Téaldi : « Face à Jacques Médecin, Jacques Peyrat ou encore Bernard Tapie, il ne mâcha jamais ses mots. Jean-François Téaldi était autant un combattant qu’un journaliste. Il manquera au paysage journalistique et politique des Alpes-Maritimes. Nous ne partagions pas les mêmes idées. Nous nous retrouvions quelques fois, et avons toujours eu des relations amicales. J’adresse mes pensées à ses proches.»

À La Marseillaise, direction et CGT ont rendu hommage dès la veille, à ce grand homme, qui avait mis toute son énergie dans la bataille pour sauver notre journal en 2015. Notre respect, notre reconnaissance et notre tendresse pour lui ne s’effaceront pas.

Obsèques mercredi 19 mars à 16h au crématorium de Cannes.