Disparition de Jean-François Téaldi

Nous apprenons avec grande tristesse la disparition de Jean-François Téaldi. Il y a quelques années, nous avions échangé avec lui alors qu’il était le « monsieur culture » du Front de Gauche.

À lire ci-dessous l’article de « la Marseillaise » qui lui rend hommage.

Hommage unanime à Jean-François Téaldi
La mémoire du journaliste, dirigeant syndical et communiste disparu à l’âge de 73 ans est saluée par de nombreuses personnalités.
Léo Purguette

Responsable du SNJ-CGT de France télévisions, Jean-François Téaldi a été de tous les combats pour le service public et le pluralisme. Il aura indéniablement laissé sa marque dans le monde des médias mais aussi dans le monde politique et syndical.

Jean-François Téaldi a rendu son dernier souffle mercredi, après un combat contre la maladie. L’annonce de sa disparition a suscité beaucoup d’émotion chez ceux qui l’ont croisé tout au long de sa vie dédiée au journalisme et à ses engagements à la CGT et au PCF.

Né en 1952, il est issu d’un milieu populaire et grandit à Cannes dans les Alpes-Maritimes, département auquel il restera attaché toute sa vie. C’est à Nice qu’il franchit le pas de l’engagement politique en rejoignant l’Union des étudiants communistes puis le PCF.

Sur le plan professionnel, après avoir fait ses débuts de journaliste à « Nice-Matin », c’est à FR3 puis à France 3 Côte d’Azur qu’il effectue l’essentiel de son parcours. «Les engagements et les luttes, syndicales et politiques, ont marqué la vie entière de celui qui fut secrétaire général du SNJ-CGT de France 3 de 1981 à 1992, puis de France Télévisions de 2002 à 2012», rappelle le SNJ-CGT dans un communiqué-hommage.

« Sa riche carrière de journaliste à FR3 puis à France 3 Côte d’Azur, dont il deviendra rédacteur en chef adjoint, l’a amené à exercer son métier aussi bien au bord des terrains de foot que dans les ateliers d’artistes, sur les plateaux de débats politiques ou de présentation du journal régional, mais également à l’étranger, pour des reportages en Afrique du Sud, au Liban, au Japon… On retiendra ses interviews sans concession, notamment face à Jacques Médecin, Jean-Marie Le Pen, Christian Estrosi ou Bernard Tapie», énumère le syndicat en soulignant que «celui qui incarnait l’exigence d’une information libre et sincère fut également cofondateur du Club de la presse Nice-Côte d’Azur, enseignant en école de journalisme ou encore membre du jury de la sélection « Un certain Regard » du Festival de Cannes».

À l’Humanité, c’est le grand reporter, Pierre Barbancey, qui rend hommage à son  » ami et camarade Jean-François Téaldi ».

Ses camarades dirigeants et élus communistes ne sont pas en reste pour saluer sa mémoire, son engagement, sa passion de la politique.

« Pour moi, il était plus qu’un compagnon de lutte ; il était un frère», témoigne Julien Picot, secrétaire départemental du PCF dans les Alpes-Maritimes. « Jusqu’au bout, Jeff a été un acteur majeur de la vie de notre Parti. Membre du Conseil national du PCF pendant plusieurs années, il continuait, malgré la maladie, à assister aux réunions du Comité départemental des Alpes-Maritimes», ajoute-t-il à l’égard de celui qui fut aussi élu de Cagnes-sur-Mer, en précisant que « son engagement dans l’équipe de rédaction du Patriote Côte d’Azur ne s’est jamais démenti. Sa tribune hebdomadaire était attendue et appréciée de nos lecteurs».

Jean-Marc Coppola, adjoint PCF au maire de Marseille, chargé de la Culture s’incline devant ce « militant communiste et syndical, courageux défenseur du service public de l’audiovisuel au plan local comme journaliste à France 3 Côte d’Azur et au plan national. Il va nous manquer».

La députée communiste de Seine-Saint-Denis, Soumya Bourouaha, le sénateur de Paris et porte-parole du PCF, Ian Brossat, joignent leur voix aux hommages rendus à « Jeff », tel que le nommaient ses amis et camarades.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et maire de Saint-Amand-les-Eaux, ne cache pas son émotion : « Jeff, j’ai appris que ta vie s’en allait et je regrette tellement de n’avoir pas pu te dire au revoir. Ton regard sur le journalisme, la presse, la démocratie vont nous manquer autant que ta gentillesse, ta douceur, ton amitié. Adieu camarade, adieu l’ami.»

Même le président LR du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy témoigne d’un réel respect à l’égard de Jean-François Téaldi : « Face à Jacques Médecin, Jacques Peyrat ou encore Bernard Tapie, il ne mâcha jamais ses mots. Jean-François Téaldi était autant un combattant qu’un journaliste. Il manquera au paysage journalistique et politique des Alpes-Maritimes. Nous ne partagions pas les mêmes idées. Nous nous retrouvions quelques fois, et avons toujours eu des relations amicales. J’adresse mes pensées à ses proches.»

À La Marseillaise, direction et CGT ont rendu hommage dès la veille, à ce grand homme, qui avait mis toute son énergie dans la bataille pour sauver notre journal en 2015. Notre respect, notre reconnaissance et notre tendresse pour lui ne s’effaceront pas.

Obsèques mercredi 19 mars à 16h au crématorium de Cannes.

Un autre chemin vers la paix

Nous l’avions vu, non sans émotion, aux Toiles en janvier 2025 : « No Other Land » a depuis reçu l’Oscar du meilleur documentaire.

https://isabellevolat.fr/2025/01/26/no-other-land/

« Télérama » revient sur ce film et son accueil en Israël. Article à lire ci-dessous.

“No Other Land”, Oscar du meilleur documentaire : en Israël, des projections “pirates” et un succès inattendu

Le mouvement pacifiste Standing Together organise des projections du documentaire oscarisé, qui porte sur l’occupation israélienne en Cisjordanie. “Plus de deux mille” spectateurs se sont inscrit “en huit jours”, relate l’un des organisateurs.

Par Valérie Lehoux

Une semaine après avoir reçu l’Oscar du meilleur documentaire, No Other Land est-il enfin visible en Israël ? Ce film, coréalisé par deux Israéliens (Yuval Abraham et Rachel Szor) et deux Palestiniens (Basel Adra et Hamdan Ballal), dénonce l’occupation de l’État hébreu en Cisjordanie. Il montre notamment comment l’armée israélienne détruit méthodiquement des maisons palestiniennes et en chasse les habitants pour les priver de leur terre. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, par la voix notamment de son ministre de la Culture, mène une intense campagne contre ce documentaire et tente d’en empêcher la projection depuis déjà plusieurs mois.

C’était compter sans les militants de Standing Together, organisation pacifiste israélienne qui réunit Juifs et Arabes. Depuis une semaine, ils montent des séances un peu partout dans le pays, avec un succès qu’ils n’anticipaient pas. Bien plus qu’un témoignage, ce film est à leurs yeux un outil politique pour aider au dialogue et rompre la logique mortifère de la guerre. Explications d’Omri Ouaknine-Yekutieli, chargé de l’organisation des projections.

No Other Land avait-il été projeté en Israël avant de recevoir l’Oscar du meilleur documentaire, le 2 mars dernier ?
Non, le gouvernement a tout fait pour l’empêcher. Il a même essayé de voter une loi à ce sujet, ce qui n’a pas abouti, mais, dans les faits, et à ma connaissance, aucun cinéma ne l’a montré. Les réalisateurs avaient donc décidé de le mettre sur un site Web, accessible dans tout le pays. Ceux qui le souhaitaient ont pu ainsi le regarder mais de façon isolée, pas au sein d’une assemblée. Après l’Oscar, les critiques du gouvernement ont redoublé, parlant d’un film mensonger. Comme nous disposons de cinq lieux dans le pays, les « maisons pourpres » [de la couleur du logo de Standing Together, ndlr], qui peuvent accueillir de cent à cent cinquante personnes, nous avons décidé d’y monter des projections publiques. La première a eu lieu la semaine dernière à Haïfa, dans le nord d’Israël – à une quarantaine de kilomètres de la frontière libanaise. Elle s’est très bien passée. Mais nous avons tout de suite vu que cela ne suffirait pas.

Dès cette première date, de nombreuses personnes se sont manifestées, partout en Israël et en Palestine, disant qu’elles avaient envie de voir le film. Nous avons donc cherché à monter d’autres séances dans de petites communautés, hors des grandes villes. Une personne s’est portée volontaire pour en organiser une chez elle, et des habitants des environs sont venus. Nous avons réitéré l’opération ailleurs. Nous parlons maintenant de vingt ou vingt-cinq projections en une semaine. Nous l’avons fait à Haïfa, Tel-Aviv, Jérusalem, nous allons le faire à Beer-Sheva, à Rahat, une ville bédouine dans le Néguev, à Umm al-Fahm et Baqa al-Gharbiyye, des villes arabes. Dans des villages aussi. Chaque fois, nous n’indiquons les détails pratiques, lieu et horaire, qu’à celles et ceux qui se sont inscrits – plus de deux mille en huit jours –, afin d’éviter au maximum que des militants d’extrême droite viennent saboter les séances. Pour l’instant nous n’avons pas eu de problème.

Plus le gouvernement s’oppose à ce film, plus nous recevons de demandes de projection et de visionnages.

Quel genre de public vient voir le film ?
Dans les villes mixtes comme Tel-Aviv, Jaffa, Haïfa, Jérusalem, où vivent les deux communautés, le public est composé à 70 % de Juifs et à 30 % d’Arabes. Pour les villes majoritairement peuplées d’Arabes, nous attendons une proportion inverse. Quant à l’âge du public, j’ai été surpris du nombre important de jeunes. Beaucoup d’étudiants, et beaucoup qui doivent faire bientôt l’armée – ce qui est un gros sujet en Israël. Nous avons aussi des gens plus âgés, dont certains ont activement milité pour la paix dans leur jeunesse et qui veulent agir aujourd’hui dans leurs cercles proches, au sein de leur quartier, de leur communauté de vie. En fait, dans de nombreux villages, ce sont les plus âgés qui organisent les projections, et des jeunes qui y assistent.

Des débats ont-ils lieu en marge du film ?
Deux représentants de Standing Together se rendent sur place chaque fois – un Arabe d’Israël ou un Palestinien des territoires, et un Juif israélien. Ils prennent la parole rapidement avant la projection, puis animent une discussion après. Ce qui est important pour nous, en tant que mouvement, c’est de prendre appui sur ce film pour montrer qu’il est possible, et même indispensable, de monter un vrai partenariat entre Palestiniens et Israéliens. La discussion qui suit les projections ne sombre pas dans le constat d’échec, car ce film est en lui-même la preuve que ce partenariat est possible.

Le ministère de la Culture fait-il pression sur vous pour empêcher les projections, comme il l’a fait avec les salles de cinéma ?
Non, et je pense qu’il ne le fera pas, car ce serait contre-productif. Nous le constatons : plus le gouvernement s’oppose à ce film, plus il tente de diviser la population à son sujet, de construire un récit pour dire qu’il propage des fake news, plus nous recevons de demandes de projection et de visionnages. Deux mille inscriptions en une semaine, c’est considérable pour un petit pays comme Israël. Si le gouvernement fait pression sur nous, il y en aura quatre mille nouvelles la semaine prochaine, et six mille la semaine suivante. Les gens n’en peuvent plus de la situation, le 7 Octobre, les otages, la guerre à Gaza, les affrontements dans les territoires, la haine, les morts… Ils veulent sortir de cette voie sans issue, donc affronter la réalité en face. Personnellement, j’ai déjà vu le film trois fois et je ne vous mentirai pas : il est difficile à regarder. Mais il est plus que temps de trouver un autre chemin vers la paix. Il faut réfléchir ensemble, Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens.

Après l’année et demie qui vient de s’écouler, vous pensez que c’est possible ?
J’en suis sûr ! Aucun d’entre nous n’a d’autre endroit où aller ; donc la seule option, c’est de nous entendre pour vivre ensemble. Nous n’avons pas le choix. Et nous le faisons déjà. À plein d’égards, nous vivons ensemble. Nous montons des projets ensemble. Toute cette campagne de projections est le fruit d’une collaboration entre Israéliens et Palestiniens, tout comme le film lui-même l’a été. Les réalisateurs ne sont pas encore venus à nos projections mais nous sommes en contact avec eux. La dernière fois que nous nous sommes parlé, ils étaient encore à Los Angeles. Peut-être monterons-nous une projection en leur présence après leur retour.

8 mars 2025

8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Une journée qui est loin d’être inutile pour rappeler les combats passés, présents et futurs pour l’égalité. Car si grâce aux luttes menées, certaines avancées sociales et sociétales ont pu se faire, le combat reste d’actualité pour arriver à l’égalité.

Les inégalités demeurent importantes au travail : emplois mal rémunérés et dévalorisés, temps partiels imposés, difficile conciliation de la vie professionnelle et familiale, manque de structures de garde : le salaire des femmes reste inférieur d’un quart à celui des hommes, leur retraite de 40 %. 

80 % des personnes qui occupent un temps partiel sont des femmes.

40% des femmes ont une retraite incomplète.

À plus de 80 %, elles assument seules la responsabilité des familles monoparentales, dont près de la moitié vivent sous le seuil de pauvreté.

Le droit à la sécurité ne leur est pas assuré, que ce soit dans la rue ou trop souvent au sein même de leur famille. On sait que les violences sexistes et sexuelles touchent l’ensemble des sphères de la société. De récentes affaires médiatiques ont montré l’ampleur du phénomène. 

Les femmes sont avec les enfants, les premières victimes des guerres.  

Elles sont trop souvent oubliées de l’histoire, dans les domaines culturels, scientifiques et artistiques.

Aujourd’hui encore, l’égalité qui semble acquise n’est que théorique faute de moyens, et peut toujours être remise en cause.

Pourtant des politiques publiques, comme la création d’un service public de la petite enfance pour permettre aux femmes de ne plus renoncer à leur travail, et donc à leur salaire, ou la création d’un réel statut du foyer monoparental, comme le propose le PCF, permettraient de réelles avancées pour la vie des femmes.

La revalorisation des statuts et des salaires des métiers à prédominance féminine est urgente. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes apporterait 10 milliards d’euros de cotisations supplémentaires. C’est non seulement une question de justice mais cela  bénéficierait à toute la société !

En ce 8 mars 2025, pour permettre à toutes les travailleuses qui le veulent de déambuler dans les centaines de rassemblements prévus en France dans la journée de samedi, plusieurs centrales syndicales (CFDT, CGT, CFE CGC, Unsa, Solidaires et FSU) ont déposé un préavis de grève pour la journée. Des syndicats et associations réunis en collectif appellent à la grève féministe le samedi 8 mars.

Enfin, anecdotique mais répétitif et agaçant au regard des enjeux : la coutume municipale gratiennoise complètement décalée qui consiste à offrir un cadeau du maire aux femmes qui travaillent pour les collectivité, et aux élues. Un cadeau pour le 8 mars ? Non, des droits ! La ville pourrait chercher à progresser en matière d’égalité au travail, faire la chasse aux stéréotypes sexistes sur son territoire, initier des initiatives municipales un peu moins confidentielles dans le cadre du 8 mars…  Les exemples ne manquent dans des villes voisines, plus ambitieuses !

Gardons une librairie

Nous nous sommes adressés au maire de Saint Gratien au sujet de la fermeture de la librairie du Forum. Si la ville ne peut l’empêcher, puisqu’elle est due à des difficultés commerciales du « Grand Cercle », elle doit rechercher à conserver une activité indépendante de librairie-presse.

Le maire, informé dès janvier, n’a ni informé ni concerté les élus des groupes minoritaires. Dommage ! Nous souhaitons être associés à tout processus de réinstallation d’une librairie dans les locaux du Forum, par le biais des commissions municipales. Comme déjà en 2017, nous pensons préférable de favoriser une librairie indépendante, plutôt qu’une structure adossée à un groupe. C’est économiquement viable !

Notre courrier à lire ci-dessous.

Monsieur le maire,

Comme de nombreux Gratiennois, nous apprenons ce matin avec consternation la fermeture prochaine de la librairie le « Grand Cercle » du Forum.

Nous déplorons cette prochaine perte d’un magasin de proximité qui crée du lien, des échanges, et est un lieu de rencontres. Cette librairie constitue l’un des facteurs essentiels de la fréquentation du centre-ville.

Nous ne pensons pas qu’il soit de votre ressort d’empêcher cette fermeture, décidée non pas à cause des résultats commerciaux et financiers de la structure locale, mais bien parce que le groupe « Grand Cercle » est lui-même en difficulté pour diverses raisons. Le fait est qu’après un plan de sauvegarde en 2023, le groupe a décidé de réduire la voilure et de se séparer de ses magasins de proximité. Cette information a été communiquée à la ville courant janvier 2025.

Nous regrettons de ne pas en avoir eu connaissance en temps et en heure. La commission « commerce » n’a pas été réunie à cette occasion – cela témoigne de son inutilité, peut-être, à vos yeux -, ce qui aurait pourtant pu donner matière à débat et réflexions sur l’avenir du commerce en centre-ville et plus particulièrement sur le devenir de ces locaux.

Nous ne reprochons pas à la ville d’avoir fait l’acquisition de ce commerce, ni d’avoir suspendu les loyers durant la période de la Covid, comme pour l’ensemble des commerces de Saint Gratien dont la ville possédait les locaux.

La question essentielle est à présent d’appréhender les conditions dans lesquelles la ville pourrait conserver une activité indépendante de librairie-maison de la presse au Forum.

Comme de nombreux Gratiennois, nous estimons cette option souhaitable.

Non seulement parce qu’une ville de 21 000 habitants doit, à notre sens, disposer d’un point de vente de livres et de journaux, mais aussi parce qu’elle peut être viable économiquement, selon des sources internes. On assiste dans les dernières années à une multiplication des ouvertures de librairies indépendantes : 140 créations de librairies en 2021, l’année 2022 affiche un nouveau record avec 142 librairies créées. Il s’agit d’un rythme de création doublé par rapport aux années antérieures.

Les aides existantes pour la création ou la relance d’un tel commerce sont nombreuses, que ce soit de la part de l’Adelc (Association pour le Développement de la Librairie de Création), le CNL (Centre National du Livre), de la DRAC notamment.

À Saint Gratien, on peut imaginer des synergies avec la politique culturelle de la ville, avec le cinéma, les écoles dans le cadre de la semaine de la presse, le festival « Un monde des cultures », les diverses initiatives culturelles de la ville….

Il nous semble que les commissions « culture » et « commerce » doivent être associées à la réflexion sur le devenir de ce commerce.

Nous souhaitons pour notre part, comme avec nos collègues de la commission commerce, être informés et associés à tout processus de réinstallation d’une librairie dans les locaux du Forum.

Dans l’immédiat, nous souhaitons être informés de la réflexion que la ville n’a pas manqué d’engager à propos de l’occupation de ces locaux commerciaux, vides à partir du 7 avril 2025.  Nous savons que vous avez consulté Cultura, mais jusqu’à présent, selon nos informations, il n’est pas dans la logique de cette enseigne d’investir dans des magasins en centre-ville.

Dans les liens suivants nous partageons d’ores et déjà avec vous nos réflexions, menées avec des acteurs du secteur du livre :

https://isabellevolat.fr/2025/03/01/fermeture-de-la-librairie-1/

https://isabellevolat.fr/2025/03/01/fermeture-de-la-librairie-2/

Dans l’attente de vous lire,

Avec nos sentiments respectueux,

Stéphane Bauer/Isabelle Volat

Conseillers municipaux de la liste Saint-Gratien Solidaire Écologique & Citoyen

Fermeture de la librairie (2)

Fermeture de la maison de la presse – librairie « le Grand Cercle » à Saint Gratien. Pourquoi ? Que faire ? Nos propositions

Stéphane Bauer

Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ?

Peut-on conserver un commerce de librairie-presse en centre-ville ?

Ce n’est pas parce qu’on s’associe à un grand groupe, choix qu’avait fait la ville de Saint-Gratien en 2018, en s’associant avec le « Grand Cercle », qu’on garantit l’avenir d’une librairie presse de centre-ville.

À l’époque, à la réouverture du magasin à l’automne 2019, après 3 années de fermeture, il avait été convenu que le magasin ne vendrait pas de fournitures scolaires – source de marge – pour ne pas concurrencer « Bureau Vallée ». Comme quoi, on peut être comme monsieur Bachard, notre maire, pour la concurrence libre et non faussée, et la biaiser localement.

Nous suggérons la reprise en gérance d’une activité de librairie-maison de la presse au forum

La France dispose de 3000 librairies indépendantes : de quoi classer le pays parmi les mieux dotés au monde. Depuis le confinement, les ouvertures s’accélèrent, notamment dans les villes petites et moyennes. Comment s’en sortent ces librairies et quels sont leurs avantages ?

Une piste : la reprise en gérance d’une activité de librairie-maison de la presse

Près de 700 librairies à travers le pays souhaitent ainsi transmettre l’histoire et la culture du livre.

On observe une démultiplication des ouvertures de librairies, notamment dans les territoires ruraux. Alors que l’on dénombrait déjà 140 créations de librairies en 2021, l’année 2022 affiche un nouveau record avec 142 librairies créées. Il s’agit d’un rythme de création doublé par rapport aux années antérieures (62 en 2017, 79 en 2018, 68 en 2019, et 59 en 2020).

Parmi les enseignes spécialisées ouvertes (20 % du total), une sur deux porte sur la bande-dessinée (hors mangas), et une sur six est concentrée sur la littérature jeunesse.

Pas moins d’une librairie sur deux ouverte depuis 2017 l’a été dans une commune de moins de 15.000 habitants et une sur quatre de moins de 5000 habitants, dans une démarche souvent revendiquée de service de proximité.

La vague des créations s’est poursuivie ces cinq dernières années, comme le souligne l’étude d’ »Axiales », société de conseil en France spécialisée dans la filière du livre : c’est à lire ici.

2022 est l’année de pic : elle comptabilise à elle seule 33 % des 574 créations recensées sur la période 2019-2023.

Le profil des librairies indépendantes qui s’ouvrent en France

  • Les librairies indépendants se sont implantées dans presque tous les départements de France, maillant densément le territoire. Elles sont plus nombreuses à Paris.
  • Les librairies sont implantées majoritairement dans des petites villes, 1 sur 5 est située dans une commune de moins de 5000 habitants. 44 % des créations sont situées en dehors des zones d’attractivité des aires urbaines principales, montrant là encore que le maillage s’est fait principalement dans des zones peut-être plus risquées économiquement.
  • Les créations sont venues combler des “trous” (fermetures, zones vides depuis longtemps) ou ont créé une dynamique plus locale (librairie “de quartier” ou de proximité).
  • 75 % des librairies créées sont généralistes. Parmi les spécialisées, les librairies « mangas » et « littérature de l’imaginaire » sont plus présentes qu’en 2022. Confirmant la tendance observée en 2022, près d’une librairie sur 4 propose un espace café. Près de 40 % des librairies proposent d’autres produits que le livre, qui représente plus de 20 % du chiffre d’affaires pour 18 % des répondants : le poids des autres produits devient important dans l’activité.
  • La moitié des librairies créées sur la période fait moins de 65 m². Les librairies sont néanmoins très remplies : elles proposent 7500 volumes en moyenne et la part des librairies proposant entre 7000 et 20000 volumes est passée de 33 % des répondants à 44 % entre 2022 et 2024. Un niveau de stock qui pourrait devenir inquiétant en période plus tendue économiquement.
  • Avec un chiffre d’affaires médian de 170 000 €, les librairies créées sont de surface économique modeste, en corrélation avec surface et implantation.
  • 60 % seulement des répondants proposent une solution de réservation ou vente en ligne, ce sont notamment les librairies les plus récentes qui s’en passent.
  • 82 % des libraires ont été accompagnés au démarrage de leur projet, principalement par les agences régionales pour le livre. Les libraires ont accès à de nombreux dispositifs, qu’ils soient génériques ou spécialisés pour les acteurs du livre. 75 % d’entre eux se sont formés en amont de l’ouverture.
  • 80 % des répondants estime que leur prévisionnel était bien ajusté au départ. L’emprunt bancaire reste majoritaire dans le plan de financement, bien que les libraires aient eu un peu plus recours à l’apport personnel que dans les réponses 2022.
  • 73 % des répondants estiment que leur activité va se développer dans les prochaines années et 61 % a atteint son prévisionnel. Ils sont néanmoins inquiets quant à la rentabilité et au niveau de charges auxquels ils doivent faire face. Peu de libraires déclarent des résultats nets négatifs.
  • 54 % des librairies reposent sur les épaules du seul gérant. 16 % seulement des librairies emploient plus d’un équivalent temps plein en plus du gérant.

Les enjeux pour la reprise d’une librairie presse en centre-ville à St Gratien par un libraire indépendant

ž Les locaux appartiennent à la ville. Un futur gestionnaire pourra donc travailler avec elle, qui a intérêt à ce que ces locaux ne restent pas vides.

ž Tout d’abord, compte tenu de la réglementation du secteur, que l’on soit intégré à un grand groupe ou pas, les conditions commerciales vis-à-vis des maisons d’édition et les groupes de presse, sont quasiment les mêmes : le prix du livre est fixe. Les groupes, via les volumes d’achat plus important, disposeront de davantage de remise unitaire.

Quant au stock de livres, les banques ne le financent pas. Or, à la librairie du Forum, la valeur du stock de livres s’élève à 100 000€.

žQue faire des presque 300 m² de surface ? Plus la surface est grande, plus il faut de stocks et d’employés.

Coupler l’activité librairie-presse ? Avec quelles autres activités ? Le but étant d’attirer du monde et d’équilibrer les comptes qui, sur la seule activité librairie-presse, ne dégagent pas beaucoup de résultats au regard des charges fixes (loyer, fluides, charges de personnel).

Une librairie sur quatre propose un espace café et près de 40 % d’entre elles proposent d’autres produits que le livre, avec un poids de ces autres produits qui devient de plus en plus important dans l’activité : plus de 20 % du chiffre d’affaires.

Quelles synergies avec la politique culturelle de la ville ? Avec le cinéma, les écoles,  dans le cadre de la semaine de la presse, le festival « Un monde des cultures », etc.

En bref, un projet parmi d’autres, pour une librairie indépendante en centre- ville :

  • Une entreprise indépendante et coopérative ;
  • Un tiers-lieu de X m² sur les presque 300 m² existants, répartis équitablement sur deux étages pour profiter :
    • De la presse quotidienne, hebdomadaire et mensuelle, d’une librairie comptant + de 4 à 6 000 ouvrages ;
    • D’un espace café – salon de thé – bar où il sera possible de grignoter sur le pouce des mets sucrés et salés ;
    • D’un espace de création ou de travail isolé, qu’il sera possible de louer au sous-sol ou à l’étage ;
    • D’expositions et d’animations régulières en lien avec la vie de la librairie et la politique culturelle de St-Gratien ;
    • De papeterie et autres objets choisis ;
    • De jeux de société (y compris à utiliser sur place) …

Ci-dessous des projets qui ont vu le jour ailleurs ou qui tiennent le coup

Le Temps de Vivre, c’est une librairie indépendante généraliste installée dans la jolie ville du Faouët, Morbihan 

Lot : Création et reprises sont à l’ordre du jour dans le secteur qui a connu deux années exceptionnelles

À Sélestat, la dernière Maison de la presse du centre-ville, la famille Wachenheim tient à faire perdurer le métier de quatre générations d’aïeux. Malgré « les temps qui changent » et pour la clientèle d’habitués

Saint-Gilles-Croix-de-Vie : un an après, la librairie les Oiseaux voyageurs a réussi son envol

Comment réussir à faire d’un lieu underground alternatif une librairie de quartier installée ?

Après six mois de travaux, la librairie a ouvert ses portes le 3 mai, à deux pas de la plage de Luc-sur-Mer (Calvados)

Quelles aides pour se lancer dans une activité de librairie ?

Un tiers des 300 reprises effectives depuis 2017 ont été soutenues par l’Adelc (Association de développement de la librairie de création) et le CNL (Centre national du Livre) notamment. En 2022, le CNL a soutenu 23 reprises à travers ses aides à l’investissement.

Les aides de l’Adelc

L’association s’engage auprès des libraires sur plusieurs types de projets, et en particulier : la transmission et la création de librairies ; le développement et la rénovation de la surface de vente ; les déménagements ; la restructuration de fonds propres (capitaux) ou de fonds de roulement (trésorerie)

Les aides du Le Centre National du Livre (CNL)

Le CNL accompagne et soutient tous les acteurs de la chaîne du livre : auteurs, traducteurs, illustrateurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et organisateurs de manifestations littéraires : 22 aides, pour soutenir tous les acteurs de la chaîne du livre

Les aides de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) :

Aides à la modernisation des librairies : afin d’accompagner les libraires indépendantes, réseau dense de professionnels, qui sont le poumon économique de la chaine du livre, à poursuivre leurs investissements de modernisation, l’État mobilise des fonds pour leur permettre de moderniser leurs équipements.

Last but not least

Animation d’une librairie féministe à Rennes dans le film « L’attachement » …film au programme ce mois de mars au cinéma « Les Toiles » !

Nous remercions nos contacts en ville qui nous ont permis de disposer d’informations sur cette actualité.

Voici nos autres sources :

Librairies indépendantes de Paris et d’Île-de-France

Décryptage. Plus de 500 ouvertures en cinq ans : libraire, un métier qui attire de plus en plus

nouveaux_libraires.pdf

France: les créations de librairies à un «niveau record» en 2022

https://www.livreshebdo.fr/article/les-maison-de-la-presse-se-developpent-en-france

https://www.culture.gouv.fr/regions/drac-ile-de-france/Actualites/actualite-a-la-une/rendez-vous-avec-les-nuits-de-la-lecture-2025-en-ile-de-france

Fermeture de la librairie (1)

Fermeture de la maison de la presse – librairie « le Grand Cercle » à Saint Gratien. Pourquoi ? Que faire ? Nos propositions

Stéphane Bauer

À l’orée de l’opération de promotion de la lecture, le « Quart d’heure de lecture national » , qui a lieu tous les ans le 10 mars (ce sera la quatrième édition de cet événement, également appelé #10marsjelis, et organisé par le Centre National du Livre, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale), et la prochaine « Fête de la librairie » qui compte bien célébrer la littérature le samedi 26 avril 2025, nous avons appris cette semaine que la librairie-presse du centre-ville allait fermer le 7 avril.

Nous déplorons cette prochaine fermeture d’un magasin de proximité qui crée du lien, des échanges, est un lieu de rencontres : les discussions sont plus riches dans les rayons de notre librairie qu’à Carrefour Market.

Les librairies-maisons de la presse avaient été qualifiées de « commerce essentiel » lors du confinement et étaient restées ouvertes.

La librairie constitue l’un des facteurs essentiels de la fréquentation du centre-ville.

Sommes-nous condamnés à la fermeture de la librairie de centre-ville ? Quelle alternative ?C’est l’objet de cet article qui va plus loin que l’appel à pétition organisé en ville, qui en lui-même ne fera pas revenir le groupe « Le Grand Cercle », propriétaire de la librairie-maison de la presse du Forum, sur sa décision.

Nous avons mobilisé nos réseaux en ville pour vous éclairer sur ces questions : 

Pourquoi le Grand Cercle ferme-t-il son magasin à Saint Gratien ?

Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ?

Pourquoi le Grand Cercle ferme-t-il son magasin à St Gratien ?

La décision aurait été prise début 2025, en janvier par le groupe dont les résultats se sont dégradés depuis plusieurs années. Implantés dans le Centre Commercial « Art De Vivre » à Éragny, l’enseigne subit la concurrence de la vente en ligne, mais également des difficultés propres au centre commercial « Art de Vivre » concurrencé lui-même par les enseignes existantes aux Trois Fontaines à Cergy-Pontoise et dans la zone commerciale de la Patte d’Oie d’Herblay.

Le Grand Cercle réduit ses implantations commerciales jugées insuffisamment rentables, selon une source interne.

Selon les chiffres disponibles sur internet, le Grand Cercle subit un recul de son chiffre d’affaires.

Selon les comptes arrêtés à fin janvier 2020, il a réalisé un peu plus de 18 M€ de CA, pour 100 000€ de bénéfices.

Selon les comptes arrêtés à fin janvier 2024, le groupe « Le Grand Cercle » a réalisé 15,7 M€ de chiffres d’affaires, pour des pertes de 1,2 M€.

Entre janvier 2023 et janvier 2024, la diminution du chiffre d’affaires a été de – 10% : avec un CA qui en 2024 a retrouvé son niveau de 2022, mais qui est presque inférieur de 3 M€ par rapport à ce qu’il était en 2019, avant la crise du COVID.

Sur les 3 dernières années, le groupe « Le Grand Cercle » a cumulé près de 2,5 M€ de pertes.

Dans le détail, si la marge commerciale progresse, à un niveau un peu supérieur au secteur, les charges fixes (et notamment de personnel, bien que le niveau des rémunérations soit inférieur au secteur) absorbent toute la valeur ajoutée.

D’où l’enregistrement de pertes, au niveau de l’exploitation :

L’activité ne génère plus de trésorerie : les stocks ont augmenté et surtout les délais de paiement auprès des fournisseurs se sont réduits.

Au point que le groupe « Le Grand Cercle » a fait l’objet d’un plan de sauvegarde en février 2023. Le tribunal de Pontoise a prononcé un plan de continuation de l’activité en mai 2024.

Depuis le groupe a réduit la voilure et a diminué ses points de ventes, en fermant notamment les magasins à l’enseigne City Geek.

La diversification des activités de Merik Vautrin, dirigeant et actionnaire du groupe « Le Grand Cercle », dans le commerce de détail de jeux et jouets en magasin spécialisé, n’a pas fonctionné, puisqu’elle a été liquidée.

Parmi la myriade des autres participations de M. Vautrin, dirigeant et actionnaire du « Grand Cercle », nous n’avons pas d’information sur leur santé financière.

La dernière décision en date est la fermeture du magasin de Saint-Gratien le 7 avril, qui juridiquement est un prolongement de l’établissement d’Éragny, lequel fera une offre de réintégration des salariés du site du Forum.

Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ? Peut-on conserver un commerce de librairie-presse en centre-ville ?

À suivre…

 

 

École en crise

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.

Le dernier rapport présenté au Conseil est une motion au sujet des absences et des non remplacements d’enseignants et d’un directeur dans les écoles de Saint Gratien.        

Nous avons évidemment voté pour cette motion, tout en rappelant certains éléments.

Nous sommes nous aussi intervenus à propos de cette dégradation des conditions d’apprentissage. Effectivement, comme partout en France, nos écoles sont touchées par des absences non remplacées, parfois pour plusieurs semaines ! Nous avons sollicité suite à l’interpellation de parents, l’intervention de Gabrielle Cathala, députée LFI-NFP de notre circonscription, qui a écrit à plusieurs reprises à l’inspection de secteur et à l’inspection académique pour Jean Jaurès et Raymond Logeais notamment. Nous étions également présents lors du rassemblement des parents qui manifestaient leur mécontentement devant l’école Jean Jaurès en octobre 2024.   

À l’école Jean Jaurès, la seule « solution » qu’a trouvée l’Éducation nationale pour remplacer la directrice en arrêt a été de solliciter la directrice de Grusse Dagneaux, qui se partage depuis septembre entre les deux établissements. Un état de faits qui n’est satisfaisant pour aucune des deux écoles.

Nous avons alerté le Conseil sur les mesures de carte scolaire pour la rentrée 2025. Deux écoles maternelles des Raguenets, Jean Sarrailh et Jean Zay, sont sous « surveillance pour fermeture », une fermeture se dessine à Jean Zay élémentaire.  

Nous avons fait remarquer que cette motion municipale qui demande que les remplacements soient assurés, a très peu de chances d’être entendue. Un vœu pieux, car il ne s’agit pas d’un problème de remplacement. Les remplaçants qui pourraient arriver à Saint Gratien seront retirés d’autres communes. Comme tous les services publics, l’école publique est dans un tel état de crise avancée suite aux politiques des différents gouvernements ! Dévalorisation salariale importante, conditions de travail dégradées, classes surchargées, réformes contre l’avis des personnels, formation professionnelle mise à mal, manque d’Aesh qui rend impossible une école inclusive, attractivité du métier en berne, attaques contre les enseignants accusés de peu travailler. Récemment encore c’est Nicolas Sarkozy, qui pense que les enseignants travaillent six mois de l’année et seulement 24h par semaine ! Ou c’est une ignorance crasse de la réalité du métier, ou c’est une nouvelle attaque contre l’école publique pour la déconsidérer aux yeux de l’opinion.

Si la suppression de 4 000 postes a disparu du budget de la nation récemment voté, il faudrait créer 26 000 postes pour arriver au taux d’encadrement des autres pays européens ! On est donc bien loin du compte. L’école de la réussite est une chimère.  L’école aujourd’hui ne participe pas à la réduction des inégalités, mais au contraire contribue à leur creusement. Donc la motion aurait pu aller plus loin, ce n’est pas qu’une question de non-remplacement, c’est une grave crise de l’école publique, et il aurait fallu alerter sur les causes profondes. D’ailleurs la récente conférence de Natacha Polony salle Georges Brassens intitulée « comment sauver l’école » a fait le même constat et préconisé des moyens d’ampleur pour « sauver » notre système éducatif.         

Enfin, n’oublions pas quelle formation politique avait proposé la suppression de 4 000 profs, et a voté contre l’augmentation salariale des Aesh. S’indigner localement des conséquences de mesures qu’on soutient au niveau national : voilà qui est bien difficile à expliquer pour le maire, pourtant LR, qui considère que « ce n’est pas le sujet »…

Prochain Conseil municipal le 10 avril 2025

La remontada d’Heidi sur les barricades !

Élections anticipées en Allemagne ce dimanche 23 février 2025

Entre CDU favorite, AfD en embuscade, SPD au plus bas : c’est un glissement à droite qui est annoncé outre-Rhin.

Et si la surprise venait du côté de « Die Linke » ?

Petite revue de presse sur la formation de gauche qui pourrait rester au Bundestag… Merci à Stéphane Bauer pour sa sélection d’articles, et son choix d’illustrations.

Lu dans « Libération »

La remontada d’Heidi sur les barricades !

Élections allemandes : Heidi Reichinnek, sauveuse surprise du parti Die Linke

La formation ancrée à gauche devrait éviter de disparaître du Parlement, lors du scrutin du 24 février grâce à une figure émergente qui n’hésite pas à appeler les Allemands à monter « sur les barricades » contre l’extrême droite.

Heidi Reichinnek, en campagne pour les législatives du 24 février 2025. (Olaf Krostitz/ROPI-REA)

Heidi, c’est un drôle de prénom pour faire une révolution. Avec son grand tatouage de Rosa Luxemburg bien visible sur le bras gauche et l’interdiction des milliardaires comme slogan, le tableau est parfait.

«Résistez contre le fascisme dans ce pays. Aux barricades !» a-t-elle lâché à l’assemblée fédérale (Bundestag) pour dénoncer la fin du «cordon sanitaire», l’alliance symbolique il y a trois semaines pour un texte sur l’immigration entre les conservateurs de la CDU et l’extrême droite d’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui n’avait aucune chance d’être adopté.

Un parti donné pour mort début janvier

Dans une campagne marquée par des candidats pâlots et mal-aimés, la figure montante de la politique allemande a redonné de la couleur aux débats. C’est la grande surprise de ces élections anticipées, où les sondages n’ont pas bougé d’un poil pendant trois mois. Heidi Reichinnek, 36 ans, tête de liste de la gauche de la gauche (Die Linke), a réussi l’exploit de sauver son parti qui était, encore début janvier, donné pour mort. Trois semaines avant le scrutin de dimanche, les intentions de vote ont doublé (9 %), ce qui devrait permettre au parti de s’assurer le passage au-dessus de la barre fatidique des 5 % nécessaires pour entrer au Bundestag.

La remontada a commencé lors de son discours très émotionnel lors du débat au Parlement sur la politique migratoire, le 29 janvier. Elle a été la seule à attaquer frontalement Fredrich Merz, le futur Chancelier allemand à partir de dimanche soir.

Contre l’extrême droite ? Montez sur les barricades !

Non, Herr Merz, un parti chrétien-démocrate ne s’allie pas avec l’extrême-droite deux jours après l’anniversaire des 80 ans de la libération du camp d’Auschwitz !

Heidi Reichinnek, députée de Die Linke au Bundestag, dénonce la rupture du « cordon sanitaire » entre la CDU et l’AfD, 2 jours après les 80 ans de la libération du camp d’Auschwitz.. Le leader de la CDU, Fredrich Merz, promoteur du rapprochement, sera chandelier ce dimanche soir…
La charge de Heidi Reichinnek, qui pointe le rapprochement entre la CDU et l’AfD a fait date : Die Linke est maintenant à 9% dans les derniers sondages et engrange plein de nouveaux adhérent·es…

En vidéo, le discours le plus important sur le pacte entre F.Merz et l’AfD !

Et les commentaires qu’il a suscités…

Lu dans « L’Humanité »

En Allemagne, Die Linke poursuit sa percée avant les législatives et devient le premier parti chez les jeunes
Confirmant sa dynamique et le bon écho de sa fin de campagne, le parti de gauche arrive en tête d’un scrutin test chez les moins de 18 ans, à quelques jours des élections du Bundestag.

Ines Schwerdtner, présidente fédérale de Die Linke qui connaît un rebond en fin de campagne alors que le parti était menacé, il y a quelques semaines, de perdre toute représentation au sein du Bundestag. © DPA / ABACA

L’initiative a lieu comme un exercice de formation civique, avant chaque élection du Bundestag. Quelque 170 000 jeunes de moins de 18 ans sont invités à participer au scrutin comme s’ils étaient déjà en droit de voter. Énorme surprise, alors que les Verts emportaient la mise lors des derniers scrutins, Die Linke arrive largement en tête, cette fois-ci, chez les plus jeunes.
Avec 20,8 % des voix, elle devance le SPD (17,9 %), la CDU/CSU (15,7 %) et l’AfD (15,5 %). Même si ce scrutin n’est évidemment en rien représentatif, il témoigne d’une tendance bien réelle. Laquelle corrobore le rebond de Die Linke en cette fin de campagne des législatives du 23 février, alors que le parti était menacé, il y a quelques semaines, de perdre toute représentation au sein du Bundestag.

Des jeunes révoltés par la rupture du cordon sanitaire
Il faut rester bien entendu prudent avec ce type de test et les sondages. Il n’empêche que la dynamique est perceptible. La ligne affirmée par le parti pour la défense de la justice sociale et de la paix y est pour beaucoup. Mais c’est sans doute la mobilisation contre la rupture du cordon sanitaire à l’égard de l’extrême droite qui a eu le plus d’écho, en particulier parmi les jeunes Allemands.
Notamment grâce à l’intervention remplie d’émotion et de la plus intransigeante détermination d’Heidi Reichinek, jeune députée, tête de liste et candidate à la chancellerie de Die Linke. Devant le Bundestag, elle s’opposait, dans les derniers jours de janvier, à la rupture de la règle du barrage démocratique anti-AfD par Friedrich Merz, le chef de file de la CDU/CSU. De quoi secouer les esprits et galvaniser un certain courage citoyen. Merz avait recherché délibérément le soutien de l’AfD pour faire passer une motion en faveur de la fermeture des frontières, puis une loi contre le regroupement familial.
Heidi Reichinek a suscité l’approbation bien au-delà de Die Linke. Car nombre d’observateurs politiques ont relevé le contraste, si saisissant, avec « la gêne pitoyable » de députés du SPD ou des Verts, soucieux de dénoncer le glissement de Merz tout en ménageant, en même temps, un probable futur chancelier dont ils brûlent de devenir partenaires de gouvernement.
Sahra Wagenknecht et son Alliance (BSW), qui n’ont pas hésité à mêler leurs voix à celles des droites et de l’extrême-droite, se sont attiré de cinglantes condamnations, jusqu’à celles de militants et d’un élu de BSW au Parlement européen, qui ont annoncé leur démission. C’est donc désormais l’alliance BSW qui ne semble plus assurée de franchir le seuil sélectif des 5 %.

Lu sur « Euronews »

Allemagne : le parti de gauche Die Linke rebondit à l’approche des législatives

Longtemps plombé dans les sondages, Die Linke paraît en passe d’obtenir des sièges au Bundestag dimanche. A l’inverse, l’étoile du parti populiste BSW, formé par des ex de la formation, pâlit.
Le parti allemand de gauche Die Linke connaît un regain de popularité moins d’une semaine avant les élections législatives allemandes du 23 février, avec des intentions de vote atteignant les 6 ou 7 au cours des dernières semaines.

Une enquête de l’institut de sondage YouGov place même le parti à 9 % – un bond significatif par rapport à il y a un mois et bien au-dessus du seuil de 5 % dont il aurait besoin pour entrer au Bundestag.
L’une des étoiles montantes du parti, Heidi Reichinnek, est devenue virale sur les réseaux sociaux pour avoir critiqué Friedrich Merz, le dirigeant conservateur de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), pour sa décision controversée d’accepter le soutien de l’extrême droite pour ses propositions de lois sur le durcissement de l’immigration.
« Vous vous êtes rendu complice et aujourd’hui vous avez changé ce pays pour le pire », a déclaré Mme Reichinnek dans son discours spontané, qui, selon le parti, a été vu plus de 30 millions de fois. « Résistez au fascisme dans ce pays. Aux barricades », a-t-elle ajouté.
Selon Maik Fielitz, de l’Institut pour la démocratie et la société civile, le discours de Mme Reichinnek est devenu viral, à l’instar du contenu que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, a réussi à promouvoir sur les médias sociaux pendant des années.
« Les candidats comme Heidi Reichinnek agissent comme des influenceurs politiques. L’objectif est de les faire connaître d’abord par leur personnalité et seulement ensuite par leur positionnement politique », a déclaré M. Fielitz.
Le parti est conscient de son récent succès sur les réseaux sociaux. Dietmar Bartsch, politicien de Die Linke, a déclaré à Euronews que le parti visait à contrer le flot de messages en ligne pro-AfD avec un contenu de gauche crédible et bien fait. Die Linke veut « clarifier la désinformation et définir nos propres sujets » en ligne, a-t-il ajouté.
Dans le même temps, les candidats de Die Linke doutaient tellement de leurs chances que trois de ses membres ont fait campagne pour obtenir des mandats directs afin d’entrer au parlement. Heidi Reichinnek a déclaré que le récent regain de popularité lui avait redonné confiance. « Je n’ai pas besoin de croire aux miracles, j’en fais l’expérience », a-t-elle déclaré au quotidien Rheinische Post.
Die Linke a présenté deux candidats au poste de chancelier, Mme Reichinnek et M. Jan van Akken. Elle a fait de l’imposition des riches et de la garantie de logements abordables des éléments fondamentaux de sa campagne.
Le parti se concentre sur « les problèmes quotidiens des gens », a-t-elle déclaré. « Par exemple, la gauche a programmé un calculateur de loyers abusifs et un calculateur de coûts de chauffage », a expliqué Mme Reichinnek.

Lu sur le site de « Regards »

En Allemagne, le parti de gauche Die Linke veut créer la surprise aux législatives 

Le parti de gauche enregistre un bond de ses adhésions face à la menace de l’extrême droite, avant les élections dimanche 23 février.

Depuis quelques semaines, les dirigeants du parti Die Linke affichent un réel optimisme. Le Parti de gauche allemand connaît un regain de popularité dans les sondages, comme en témoignent les derniers chiffres, qui le créditent de 6 à 9% des voix aux élections législatives anticipées ce dimanche 23 février. Un scrutin qui intervient après la chute du gouvernement Scholz, une coalition « en feu tricolore » entre les sociaux-démocrates du SPD, les Écologistes et les Libéraux du FDP, suite à un vote de défiance du Bundestag, le parlement allemand, le 14 décembre dernier. « Nous avons doublé notre nombre d’adhérents, de 300 à 600 militants au niveau local », se réjouit Vinzenz Glaser, candidat à Fribourg-en-Brisgau, une ville bourgeoise et étudiante, à une heure de route de Strasbourg, dans le Land du Bade-Wurtemberg. Bonnet vissé sur la tête et piercing au nez, ce travailleur social de 32 ans brigue un mandat de député au Bundestag, le Parlement allemand, porté par « la dynamique Die Linke. »

Justice sociale et thèmes du quotidien
Au niveau national, le parti revendique 30 000 adhésions supplémentaires en un an, passant de 52 000 à 82 000 membres, soit son plus haut niveau depuis 15 ans, selon les médias allemands. Ce qui a obligé la direction à chercher des locaux de campagne plus grands au cours des deux dernières semaines pour accueillir un public plus nombreux lors de ses meetings. Mieux encore, un sondage Yougov publié le 18 février a révélé que le parti arrivait en tête parmi les adolescents et les jeunes adultes, avec 20,84% des voix.« Les gens sont enthousiastes et veulent s’engager à nos côtés pour s’occuper des vrais problèmes, comme le plafonnement des loyers et la baisse du coût de la vie », assure M. Glaser à Politis. Nos voisins d’Outre-Rhin sont eux aussi aux prises avec une inflation galopante, dans un parallélisme troublant avec la France avant la révolte des gilets Jaunes en 2018. Or, Die Linke a opportunément orienté sa campagne sur « quelques thèmes du quotidien », comme l’explique notre interlocuteur. Cette stratégie concentrée sur la défense de « la justice sociale » participe à cette dynamique sondagière. Pour donner l’exemple, les dirigeants du parti ont ainsi réduit leur salaire à 2 850 euros, soit le salaire moyen d’un travailleur qualifié en Allemagne. Une mesure « populiste », comme l’affirme en grinçant le reste de la gauche. Peut-être, mais redoutablement efficace pour frapper les esprits.

Mais c’est surtout la mobilisation contre la rupture du cordon sanitaire à l’égard de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, qui a eu le plus d’écho, en particulier chez les jeunes électeurs. Et ce, après l’intervention passionnée d’Heidi Reichinek, jeune députée, tête de liste du parti et candidate à la chancellerie. L’élue de 36 ans maîtrise à la perfection les codes des réseaux sociaux. Capable de rapper son programme en musique, elle compte plus de 420 000 followers sur Instagram et 540 000 abonnés sur Tik Tok. Son vibrant discours devant le Bundestag fin janvier, pour s’opposer à la rupture de la règle du cordon sanitaire anti-AfD par Friedrich Merz, le patron de la CDU/CSU, est devenu viral sur les réseaux sociaux avec plusieurs millions de vues.

Cette séquence a fait d’elle « une quasi pop star », observe auprès de Politis le professeur Uwe Jun, politologue et enseignant en Sciences politiques à l’université de Trèves, en Allemagne. « Il y a eu un avant et un après cette prise de parole », reconnaît Vinzenz Glaser. Die Linke a su capter l’air du temps et surtout, la crainte d’une résurgence du fascisme en Allemagne, après 80 ans de paix. Leur rival conservateur, M. Merz, s’est aliéné les autres partis en draguant ouvertement l’AfD pour faire passer une motion en faveur de la fermeture des frontières, puis une loi contre le regroupement familial, provoquant un sursaut citoyen face à l’extrême droite.

Outre un gain médiatique immédiat, cet épisode a aussi permis à Die Linke de marquer sa différence avec son ancienne leader, la très controversée Sahra Wagenknecht. L’élue a claqué la porte du parti en 2023 pour fonder sa propre formation politique « BSW » sur son nom propre (Bündnis SahraWagenknecht) en entraînant avec elle « de nombreux militants très actifs ». Mais cette dernière, qui se présente elle aussi aux législatives, dévisse dans les enquêtes d’opinion pour avoir prôné une « ligne dure » sur l’immigration, semblant s’aligner sur l’AfD sur ce sujet.
Pour la remplacer, la direction a subi un lifting, avec un tandem paritaire et rajeuni, l’ex-journaliste Ines Schwerdtner et le député Jan Van Haken, un ancien de Greenpeace. « Les vrais antifascistes, c’est nous », martèlent-ils dans la presse, un refrain répété avec aplomb sur le terrain par les autres candidats. Die Linke n’hésite pas non plus à critiquer le bilan des écologistes – die Grüne – et les sociaux-démocrates du SPD qui se sont alliés aux libéraux dans la dernière coalition.

« Ils font des promesses qu’ils ne tiennent pas une fois arrivés au pouvoir », affirme Vinzenz Glaser. Un argumentaire qui ulcère ses rivaux. « Faire du bruit ne suffit pas, il faut aussi assumer les responsabilités pour gouverner », répond sèchement le candidat des Verts à la chancellerie et ancien ministre de l’Economie dans le gouvernement Scholz, Robert Habeck, lors d’un entretien au podcast allemand Table Today ce jeudi 20 février. Rien à faire, les écologistes, usés par trois années au gouvernement, plafonnent à 14% dans les sondages. « Les Verts ont déçu pas mal de gens », observe le candidat Die Linke à Fribourg.

Démonstration à Lahr, dans le district de Fribourg, mardi 18 février, un jour de marché avec Maria. A 20 ans, cette étudiante en économie va voter pour la première fois pour Die Linke ce dimanche alors qu’elle ne se situe pas « fondamentalement à l’extrême gauche. » Ce qui l’a convaincue, c’est la « bataille contre l’extrême droite à mener pour éviter que l’Allemagne ne retombe entre les griffes des « Nazis », explique la jeune femme. Elle trouve les partis de gauche « trop mous » face au danger incarné par l’AfD, qui a fait plus de 20% des voix dans le canton aux dernières élections européennes.

« L’électorat de Die Linke est plutôt jeune et surtout, féminin », confirme le politologue Uwe Jun. Seul bémol selon cet expert, « ce parti a tendance à toucher plutôt l’électorat des grandes métropoles, souvent doté d’une formation universitaire. » Il n’empêche, Die Linke se refuse à « stigmatiser » les électeurs de l’AfD. « Beaucoup d’entre eux sont prêts à se tourner vers l’extrême droite par désespoir ou par provocation », soutient Vinzenz Glaser, qui veut « convaincre les mécontents et les ramener à gauche. » Verdict ce dimanche.

Au Conseil…

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien, la suite

Le Conseil prend acte d’un rapport intitulé « Rapport Social Unique » qui informe, comme cela est obligatoire, sur la gestion des « ressources humaines » de la collectivité pour l’année 2023. Comme il n’y a pas de commission dédiée aux questions de personnel, nous avons des questions assez nombreuses. Et comme nous n’avons pas eu toutes les réponses, nous irons consulter le rapport complet en mairie.

Tout d’abord nous constatons que les données concernant le personnel qui figuraient dans le rapport des orientations budgétaires, voté en novembre, sont différentes de celles  qui nous sont présentées aujourd’hui : 387 agents ce soir contre 363 indiqués en novembre… Les explications du maire nous ont semblé assez… nébuleuses.

Ensuite quelques chiffres qui nous semblent inquiétants.

Nous constatons une baisse de 15 fonctionnaires et il y a par contre 9 contractuels permanents et 35 contractuels non permanents de plus qu’en 2022. C’est une précarisation du statut qui se dessine.

Quant aux agents qui quittent la ville, ils étaient 27 en 2021 ; 31 en 2022 ; 38 en 2023. 10% de départs par an… n’est-ce pas beaucoup ? Selon le maire, c’est un problème rencontré par toutes les collectivités et qui oblige la ville à être attentive aux rémunérations de ses agents et à son « attractivité ».

La formation professionnelle qui était mentionnée dans le rapport de l’année 2022 ne l’est plus en 2023. Un oubli selon le maire, qui signale pourtant qu’il s’agit d’un enjeu très important…  

Il y a eu 13 accidents du travail en 2022 et 20 en 2023. « Une légère augmentation » note le rapport. C’est +50 % d’augmentation et cela concerne donc 6% des agents, ce qui paraît beaucoup.  Le maire indique que ce sont surtout des accidents de trajet.

Le taux d’absentéisme est plus fort chez les contractuels que chez les fonctionnaires, inversement de ce qu’on entend dans les médias.. sans explication particulière apportée.  

Quant aux jours de grève, ils sont passés de 9 jours en 2022 à 109 jours en 2023. Le mouvement contre la pseudo-réforme des retraites n’a visiblement pas laissé les agents municipaux indifférents.  

Un rapport suivant nous donne l’occasion de soulever les questions relatives aux écoles. Il s’agit de la création d’emplois non permanents au titre « d’activités accessoires », à savoir 20 enseignants pour les études surveillées dans les écoles élémentaires. C’est une régularisation et non des créations de postes nouveaux.

Mais le problème est surtout que la ville ne rémunère que des études « surveillées » et non « dirigées ». Une différence qui peut paraître anodine, mais qui ne l’est pas… En effet, les études dirigées, mieux rémunérées, consistent à aider les écoliers·ères dans l’apprentissage de leurs leçons, et non seulement à assurer la « garderie » des élèves. Un petit investissement pour la ville, un grand pas pour les élèves qui bénéficieraient ainsi d’un soutien scolaire le temps de l’étude. Un soutien scolaire qui n’existe pas pour les élèves des écoles élémentaires, alors que les besoins sont grands dans le domaine.

À suivre… le dernier point à l’ordre du jour qui concerne aussi les conditions d’enseignement dans nos écoles primaires : le non-remplacement chronique des maîtres absents.

Trame noire

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.

Nous votons pour un partenariat avec la LPO (Ligue de protection des oiseaux) pour que cette association accompagne la ville dans un plan d’action 2025-2029. Le projet consiste à inscrire le jardin du petit lac comme refuge LPO, avec une campagne de sensibilisation des publics scolaires et des habitants.

Toutefois nous avons exercé notre « esprit critique », expression entendue dans les rangs de la majorité.

Effectivement, nous avons fait remarquer que cette initiative est certainement très positive mais…

Les causes principales des menaces sur les espèces végétales et animales, évoquées dans le rapport présenté au vote, sont les pollutions lumineuses et sonores de la ville. Ce sont des causes de sérieuses perturbations pour la faune et de la flore sauvages, selon la LPO. Donc pour « contribuer à la préservation de la biodiversité » ce qui est un objectif très louable, nous pensons qu’il faut pousser la réflexion et l’action de la ville un peu plus en profondeur.

Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur les dangers de la pollution lumineuse, sans compter la gabegie de l’éclairage de rues vides entre 23h et 6 h du matin. Cela participe à l’extinction massive des insectes et donc à la disparition d’oiseaux et de chauve-souris. Pour les plantes, comme pour les animaux, l’alternance du jour et de la nuit est vitale. Les associations alertent aussi sur la prolifération des LED, certes plus économiques mais plus dangereuses pour la biodiversité à cause de leur lumière blanche. À l’heure où on prône des « trames vertes et bleues », il faut aussi implanter des « trames noires ».  Existent des systèmes intelligents qui activent l’éclairage à pleine puissance seulement lors du passage d’un piéton ou d’un véhicule. Sinon le niveau de lumière se fixe à 10 % de la puissance, plongeant les rues dans une semi-obscurité.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’en ville, où le fond sonore est constant en raison de la circulation routière ou encore des travaux urbains, le bruit impacte directement la reproduction des espèces.

Ces mesures pour limiter bruit et lumière auraient aussi de conséquences très positives sur le sommeil.. des humains ! Et évidemment des répercussions positives sur les dépenses d’énergie.

Je remarque aussi que la famille politique du maire a voté cette semaine sans état d’âme au Sénat pour ré-autoriser un pesticide de la famille des néonicotinoïdes via la « loi Duplomb ». Les néonicotinoïdes sont un danger avéré pour la biodiversité. L’acétamipride en question dans la loi est un insecticide qui tue notamment les oiseaux et les abeilles.

Nous nous étonnons que la ville demande une subvention pour un montant si modeste : 2540€…

Curieusement, le maire, qui d’habitude s’indigne de ces propositions car selon lui elles portent gravement atteinte à la sécurité publique, s’est cette fois-ci contenté de dire qu’il partageait ces remarques. Enfin une évolution dans la lutte contre la pollution lumineuse dans notre ville ? Si c’est le cas, on se félicite d’avoir fait avancer cette réflexion. Nous restons convaincus qu’à l’avenir, entre coût de l’énergie et dangers écologiques, l’éclairage public, qui n’est pas synonyme de sécurité, sera réduit en cœur de nuit.

Plus d’infos ici sur le sujet pour les lecteurs/lectrices qui le souhaiteraient :

https://www.lpo.fr/la-lpo-en-actions/mobilisation-citoyenne/refuges-lpo/les-15-gestes-refuges/mosaique-15-gestes/les-15-gestes-refuges-pour-proteger-la-biodiversite/je-limite-les-pollutions-lumineuses-et-sonores-pour-respecter-la-faune-et-la-flore-sauvages

https://www.socialter.fr/article/comment-l-eclairage-perturbe-la-biodiviversite

https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/conseils-biodiversite/conseils-biodiversite/accueillir-la-faune-sauvage/reduire-la-pollution-lumineuse

À suivre…