Voici les questions que nous avons posées au maire en fin de séance du Conseil municipal du 26 juin, et les réponses apportées.
Pour rappel, nous avons droit à un maximum de 5 questions pour notre groupe, et la démocratie gratiennoise ayant des limites, nous n’avons plus la parole après la réponse du maire. Les « commentaires » que vous lirez ci-dessous n’ont donc pas été prononcés en séance.
Questions orales au Conseil municipal du 26 juin 2025, pour le groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »
Cérémonies – Stéphane Bauer
La ville ne participe pas jusqu’ici ni aux cérémonies de la journée nationale de la Résistance le 27 mai, ni à celles de la journée nationale des victimes de la déportation, le dernier dimanche d’avril. Nous ne comprenons pas pourquoi. Compte-tenu de la disparition progressive des témoins de cette période tragique de notre histoire, et de la résurgence des théories négationnistes qui la remettent en cause, n’est-il pas temps de revoir cette position et de s’associer aux événements qui contribuent au devoir de mémoire ?
Réponse du maire : le maire se dit heureux de constater noter attachement au devoir de mémoire, comme la ville l’est elle-même ! La ville commémore chaque année la libération de Saint Gratien fin août, ainsi que les cérémonies nationales du 11 novembre, 8 mai et 18 juin. Lors de la cérémonie de la libération et du 8 mai, la ville rend un hommage appuyé aux déportés et aux résistants. Le maire rappelle qu’il cite d’ailleurs souvent les héros gratiennois dans ses discours. La ville a donc fait le choix de ne pas multiplier les cérémonies et de concentrer les hommages sur les dates les plus hautement symboliques afin de leur garantir une pleine visibilité, d’autant qu’il existe des cérémonies départementales auxquelles on peut assister.
Nos commentaires : une réponse hélas attendue, puisque la ville n’a jamais répondu à nos invitations lors des hommages que nous avons nous-mêmes organisé devant le monument aux morts, soit le 27 mai en mémoire de la résistance, soit le dernier dimanche d’avril comme en 2025 avec la présence de la députée Gabrielle Cathala. Les autres communes de la circonscription se montrent moins frileuses, puisque toutes ont organisé une cérémonie en 2025 pour le 80è anniversaire de la libération des camps de concentration nazis. Nous estimons pour notre part que toute cérémonie qui participe au souvenir et à l’enseignement de cette période de notre histoire est positive, et que malheureusement les sujets de la déportation et de la résistance, pourtant si riches en enseignements sur les idéologies d’extrême-droite, ne sont pas suffisamment mis en avant. Ces nouveaux moments commémoratifs pourraient être organisés de manière moins traditionnelle, associant par exemple davantage le travail des collégiens et de leurs professeurs d’histoire,comme cela a pu se faire dans le cadre du concours national de la Résistance. Ce pourrait être l’occasion d’associer autrement que par le simple chant de la Marseillaise, le Conseil municipal des enfants… Les pistes ne manquent pas si on a la volonté de travailler efficacement au « devoir de mémoire » que nous vante régulièrement la municipalité.
Mesures de carte scolaire – Isabelle Volat
Après les dernières réunions du comité départemental sur les mesures de carte scolaire pour la rentrée de septembre 2025, il apparait que deux écoles maternelles des Raguenets sont sous la menace d’une fermeture de classe : Jean Zay et Sarrailh. Quelles sont les informations dont dispose la ville à ce sujet et quelle est sa position si ces fermetures se confirment en septembre prochain ?
Réponse du maire : ni ouverture ni fermeture de classe à Saint Gratien pour la rentrée prochaine. Les menaces de fermeture ont été levées le 20 juin, notamment grâce à des dérogations de secteur.
Nos commentaires : Dont acte. Ces informations auraient pu être données à la commission scolaire, qui aurait pu être saisie, et associée à la réflexion… pas d’ouverture, pourtant espérée, pour l’école Jean Jaurès.
EHPAD les Jardins d’Iroise – Stéphane Bauer
Depuis le Conseil municipal d’avril 2025, l’établissement « les Jardins d’Iroise » de Saint Gratien a fait une nouvelle fois l’objet d’articles de presse, après déjà une grève du personnel dénonçant le manque de soignants pour une prise en charge correcte des résidents. Il s’agit cette fois d’une fermeture de la cuisine de l’établissement, sur ordre du Préfet pour « danger grave pour la santé publique en raison du risque de contamination ou de développement de micro-organismes et d’intoxication alimentaire » : non-respect de la traçabilité, de l’hygiène et des températures, saleté des équipements. Cette situation désastreuse ne peut que nous interpeller, puisque nous sommes soucieux de la qualité de l’accueil des personnes âgées hébergées dans ces structures, et que d’autre part, la commune a eu recours précédemment aux Jardins d’Iroise pour la livraison des repas des personnes âgés à domicile. De quelles informations dispose la ville sur la suite de ces événements et quelle est sa position ?
Réponse du maire : la ville participe activement au Conseil de la vie sociale de l’établissement. Il y a environ 6 réunions par an. Nous restons en lien régulier via le CCAS avec les familles et les services départementaux. Nous avons rencontré la direction du groupe Iroise le 26 mai afin d’obtenir des explications sur les dysfonctionnements graves constatés et le plan d’action mis en place. Les analyses de la DDPP n’ont pas confirmé de cas d’intoxication alimentaire. L’établissement a toutefois reconnu un manque de vigilance sur la partie restauration et a engagé rapidement des travaux de remise aux normes pour 30 000€ : rénovation de la cuisine, réparation et nouveaux équipements. Un nouveau chef cuisinier est en cours de formation pour une prise de poste en juillet et un audit externe par Optima Pro est prévu. Une inspection de l’ARS a récemment eu lieu sur les volets administratifs et soins. Aucune injonction immédiate à ce stade. Un rapport est attendu d’ici deux mois. Deux postes de soignants en CDI restent à pourvoir avec un recours temporaire à des vacataires. Nous suivons ce dossier avec une particulière attention.
Nos commentaires : effectivement un dossier à suivre de près puisque les échos que nous avons de la part de familles de résidents font état de problèmes récurrents, notamment en ce qui concerne les effectifs du personnel et la formation de ce dernier.
Adaptation des locaux scolaires – Isabelle Volat
Nous connaissons depuis quelques jours un épisode de chaleur intense, phénomène qui malheureusement se répètera de plus en plus fréquemment dans les années futures. Or, nos écoles sont peu adaptées à ces températures excessives et il devient très difficile d’y travailler dans de bonnes conditions quand les classes sont surchauffées. Pose de stores occultants, installation de ventilateurs, classe à l’extérieur…. sont parfois envisagés dans l’immédiat. Des aménagements plus conséquents comme l’isolation des bâtiments et la végétalisation des cours d’école peuvent être prévus à plus long terme. Quelle est l’action de la commune sur ce sujet, outre la fourniture ponctuelle de ventilateurs ?
Réponse du maire : les écoles ont été pourvues de ventilateurs fixes ou mobiles mais c’est une réponse à très court terme. À moyen terme, nous travaillons sur un PPI (plan pluriannuel d’investissement, ndlr ) dédié. Des relevés de température sont effectués dans toutes les classes. Un programme de travaux priorisera les écoles et les classes les plus concernées. IL faut aussi certainement qu’à l’avenir les rythmes scolaires s’adaptent aussi à cette problématique.
Nos commentaires : on voit difficilement comment les horaires des écoliers peuvent être profondément modifiés pour échapper aux journées de forte chaleur. Si les ventilateurs sont certes indispensables dans l’immédiat, on voit bien que la ville est à présent rattrapée par son inaction face au changement climatique. Si certains bâtiments scolaires ont bien été réhabilités (il sera intéressant de voir si ces travaux ont été efficaces en terme de protection thermique), il n’en reste pas moins certains points noirs ( Grusse Dagneaux, Jean Jaurès, Jean Moulin, Jean Zay au moins…) et qu’au vu du nombre de ventilateurs fournis, l’ensemble des classes semble concerné. Et surtout, comme nous l’avons encore fait remarquer lors du débat sur le Compte administratif 2024 (le blog y revient très prochainement), rien ne se passe pour la végétalisation des cours d’école, véritables ilots de chaleur. Même si certaines sont arborées, leur revêtement bitumé et imperméable emmagasine et renvoie la chaleur. Un plan sur plusieurs années est là aussi indispensable ! Quant au « PPI » (plan pluriannuel d’investissement) annoncé par le maire, nous sommes heureux d’apprendre son existence, puisque, comme à l’accoutumée, nous n’avons pas été consultés, ni même informés, de cette démarche !
Expression libre par voie d’affichage – Stéphane Bauer
Le petit espace vert à l’angle des rues Hémonnot et sœur Angèle a récemment été réaménagé. Mais à cette occasion, le panneau d’affichage libre et associatif a été démonté. Or, la réglementation impose une surface minimum dédiée à l’affichage libre selon les normes suivantes pour les villes de plus de 20 000 habitants : 12m2 , augmentés de 5m2 par tranche de 10 000 habitants. Ce qui pour Saint Gratien reviendrait à une surface de 12 + 5 + 5 m2, donc 22m2. Les panneaux Decaux actuels mesurant 2m2, il apparait que nous sommes loin du compte puisque la ville ne compte désormais que 6 panneaux.
Que compte faire la ville pour respecter la liberté d’expression par voie d’affichage, reconnue par la loi ? 
Réponse du maire : le maire relève dans notre question une affirmation exacte et une inexacte. Il est en effet nécessaire, en vue d’assurer la liberté d’opinion et de répondre aux besoins des associations, selon le code de l’environnement, que les communes mettent à disposition des citoyens des surfaces d’affichage dites d’affichage libre. Par ailleurs, la surface minimale est précisée en fonction du nombre d’habitants. La ville comptant plus de 10 000 habitants, elle se trouve dans l’obligation de fournir 12 m2, plus 5 m2 par tranche de 10 000 habitants au-delà de 10 000 habitants. Le maire considère qu’il faut donc pour Saint Gratien au moins 17 m2 d’affichage, et non pas 22 m2 comme nous le pensons. C’est selon lui le cas, puisque chaque panneau mesure 3,47 m2 par face, ce qui représente 20,82 m2. Ce serait donc tout à fait conforme à la règlementation.
Nos commentaires : le contrat passé avec Decaux mentionnait une surface de 2m2 par face de panneau et c’est sur cette base que nous avons fait nos calculs. Outre les calculs d’apothicaires de m2, c’est une liberté fondamentale d’expression dont il est ici question ! Le maire reconnaît en commission qu’il n’a aucun intérêt pour cette pratique dont il estime qu’elle dégrade visuellement notre environnement ! Nous pensons bien au contraire que la parole donnée aux murs reste essentielle, même en ces temps de communication numérique. Certains quartiers sont à Saint Gratien totalement dépourvus de panneaux. Quant au calcul des m2 nécessaires, nous le contestons : Saint Gratien comptant 21 000 habitants, ne doit-on pas prendre en compte la tranche entamée entre 20 000 et 21 000 ? Et plus fondamentalement, la surface réglementaire est minimale… rien n’empêche d’aller au-delà en implantant les panneaux de façon plus uniforme dans l’ensemble de la ville, pour une vie démocratique bien pensée. Sans oublier que pour les associations aussi, ces espaces sont indispensables pour faire connaître largement leurs activités.
À suivre : les dossiers du Conseil, et notamment le vote du Compte administratif 2024