Strasbourg, août 2023 (1)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Un mot tout d’abord sur la ville de Strasbourg. Ce fut une belle découverte pour nous que cette superbe cité alsacienne, où les transports collectifs et les modes de déplacements doux ont une si belle place ! En sortant de la gare, c’est un vrai choc que de découvrir les centaines de vélos garés à proximité. La démonstration, mais on n’en doutait pas, que lorsque des aménagements adéquats sont réalisés, nombre d’habitants choisissent de se déplacer en vélo. Les Gratiennois sont-ils  différents des Strasbourgeois ? Certainement non ! Ce qui a été réalisé à Strasbourg est possible ailleurs.

Très peu de circulation automobile en ce week-end, et donc une atmosphère paisible et des rues piétonnes très agréables à arpenter, même si notre temps de promenade a été assez réduit ! Se déplacer dans Strasbourg est particulièrement facile grâce à sept lignes de tramway, qui à un tarif modique, sillonnent à une bonne fréquence tous les quartiers de la ville, sa banlieue et peuvent même vous emmener jusqu’en Allemagne ! Un transport très emprunté par les habitants à toute heure de la journée. Logés assez loin du lieu des ateliers, nous avons pu grâce au tram relier la fac et la résidence universitaire en un temps record matin et soir. Ceci nous conforte dans l’idée que le tramway est un extraordinaire moyen de transport pour nos villes, et qu’il nous faut continuer à réclamer à nos élus d’œuvrer pour que les lignes de tram qui s’arrêtent aux portes de notre ville, que ce soit à Épinay ou Argenteuil, soient prolongées jusqu’à Saint Gratien. Premier enseignement, inattendu, de l’université 2023 !Revenons sur l’événement lui-même. L’Université d’été, c’est trois jours de rencontres avec des militant·e·s et sympathisant·e·s du PCF de tous âges venu·e·s de toute la France, des responsables du PCF et des élu·e·s communistes, des intervenant·e·s divers·e·s, chercheurs et chercheuses, universitaires, journalistes, spécialistes pour confronter savoirs, expériences, initiatives et propositions. Des débats, échanges, exposés sur tous les grands sujets d’actualité politique en France et dans le monde. Un moment de réflexion et d’approfondissement que nous avons rarement dans le cours de l’année, pour connaître, comprendre, échanger des expériences pour mieux agir…

Pratiquement il faut une très bonne organisation pour préparer les ateliers et prévoir les intervenant·e·s, recevoir, nourrir, héberger le millier de participant·e·s : c’est rodé et ça fonctionne sans ratés, merci au directeur de l’Université, Guillaume Roubaud-Quashie et aux militant·e·s mobilisé·e·s pour l’occasion.  

Changement climatique, désordres du monde et paix, mobilisations sociales et crise démocratique étaient particulièrement au menu de cette édition 2023.

À l’Université d’été, on a pu cette année se former à la communication digitale et à la prise de parole en public ; débattre du droit au logement avec Ian Brossat, maire-adjoint de Paris ; passer les frontières pour s’informer de la situation en Palestine, en Autriche, au Congo, à Cuba avec André Chassaigne ou des enjeux du parlement européen ; écouter Philippe Rio, le meilleur maire du monde, sur l’urgence de République ; s’intéresser à notre organisation politique, son renforcement, son histoire, la place qu’on y donne aux femmes ; approfondir les questions de transition énergétique, en planchant sur les zones à faibles émissions, la place de l’écologie dans le monde du travail, dans l’agriculture ou dans l’industrie, ou bien encore fouiller les travaux du GIEC avec un climatologue ; se pencher sur les politiques migratoires avec un historien ou un acteur majeur de la solidarité ; réfléchir sur les questions de paix face aux désordres du monde avec Francis Wurtz et Hubert Védrine ; participer au travail des élu·e·s sur leur campus et s’interroger sur les relations police-population, les services publics, les quartiers populaires… et enfin assister à un meeting de Fabien Roussel, accompagné de travailleurs de l’usine de Clestra d’Illkirch, en lutte depuis des semaines, ou au discours de clôture avec Léon Desffontaines, chef de file des communistes pour les élections européennes de juin 2024.

Le choix est souvent difficile entre toutes ces offres… et évidemment nous n’avons pas tout vu.

Photos S.B./I.V.

À suivre…

La nuit des étoiles

Jusqu’à 50 étoiles filantes par heure ! C’est ce que nous devrions pouvoir admirer dans les nuits du samedi 11 au lundi 13 août ! Comme chaque année, les Perséides reviennent durant l’été. Cette pluie d’étoiles filantes est l’une des plus connues et donne lieu aux « Nuits des étoiles », manifestations astronomiques estivales.

Pas besoin d’instruments particuliers, une bonne paire d’yeux suffisent… et une nuit noire. Hélas ! Dans la majorité de nos villes, la pollution lumineuse, due notamment à l’éclairage public, rend les étoiles invisibles. C’est le cas à Saint Gratien.  

Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, la majorité de la population n’a jamais vu un ciel étoilé de qualité. Depuis l’avènement de l’électricité, la quantité de lumière artificielle de nuit (LAN) ne cesse de croître à un taux de plus de 6% par année. Le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu à certains endroits pourrait être divisé par deux en moins de 20 ans.

Concrètement, un enfant qui nait aujourd’hui dans un lieu où 250 étoiles sont visibles la nuit ne pourra en voir qu’une centaine lorsqu’il atteindra l’âge de 18 ans.

Rappelons que si la pollution lumineuse nous interdit d’admirer le ciel, les étoiles et les constellations, elle est aussi néfaste pour notre sommeil, et nuit gravement à la biodiversité, notamment parce qu’elle participe grandement à la disparition des insectes. L’éclairage public est coûteux, et à l’heure où les tarifs de l’électricité s’envolent, des villes ont heureusement opté pour une extinction totale ou partielle de leurs lampadaires. Mais pas encore à Saint Gratien, où nous n’avons pas fini de relancer le débat !  

À lire ci-dessous l’interview par TF1 d’Anne-Marie Ducroux, porte-parole de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) : « Il y a encore très peu d’endroits où l’on a une bonne qualité de nuit en France »

Depuis plus de 20 ans, votre association milite pour limiter l’impact de la lumière artificielle. Les résultats de cette étude vous ont-ils surpris ?

Anne-Marie Ducroux : À l’origine, ces chercheurs avaient démontré une augmentation de 2% en moyenne par an. Dans leur dernière étude, ils indiquent qu’elle serait plutôt de 10% en moyenne, un chiffre dont ils s’étonnent. Mais on s’étonne à vrai dire qu’ils soient étonnés : on sait qu’il y a une sous-estimation de la pollution lumineuse depuis des années, l’éclairage privé – panneaux publicitaires, enseignes lumineuses, etc. – n’étant pas pris en compte, faute de données disponibles. En seulement 20 ans (entre 1992 et 2012), à partir du seul éclairage public, le nombre de points lumineux de l’éclairage public avait augmenté de plus de 89%, produisant 94% de lumière artificielle en plus pendant la nuit.

La pollution lumineuse générée par la multiplication des sources de lumière artificielle touche aussi bien les villes que les campagnes. Existe-t-il encore des endroits de nuit noire en France ? 

Souvent, on croit qu’il n’y a que les grandes villes qui produisent de la lumière. Or, ce n’est pas le cas. La lumière se diffuse à distance des sources, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres à la ronde. En 2015, on a publié une carte de la pollution lumineuse en France. On voit très bien qu’il existe encore très peu d’endroits où l’on a une bonne qualité de nuit, soit ce sont des zones inhabitées, dans les montagnes par exemple, soit ce sont des zones avec une densité de population très faible, la fameuse « diagonale du vide ». La totalité des communes sont beaucoup trop éclairées par rapport à ce qu’est la réalité du rythme biologique dont nous avons besoin, d’où l’importance de réduire la quantité de lumière émise. Mais pour cela, il faut une prise de conscience à l’échelle nationale. Car si une commune agit au mieux mais que toutes ses communes environnantes ne font rien ou augmente les sources lumineuses, son effort va être fortement amoindri.

L’étude parue dans Science a coïncidé avec le remplacement de nombreux éclairages extérieurs par des diodes électroluminescentes (LED). En raison des économies d’énergie qu’elles génèrent, cette technologie est souvent qualifiée d’écologique. Selon vous, c’est une hérésie. Pourquoi ?

Les LED ont un rendement lumineux plus important que les technologies qu’on utilisait auparavant et permettent des économies d’énergies, d’où le fait qu’elles sont parées d’allégations écologiques. Mais en réalité, ce qu’on observe sur le terrain, c’est que les points lumineux se multiplient. Les élus se disent : puisqu’on va faire des économies d’énergie, on va pouvoir en mettre encore plus. Chaque année, cela se compte par millions, ce qui conduit à une contribution très forte des LED dans l’augmentation de la quantité de lumière artificielle. Par ailleurs, comme elles sont souvent mal orientées, une partie de la lumière est dirigée vers le ciel, ce qui amplifie encore le phénomène. De plus, les LED créent une lumière à très forte composante de bleu, dont on sait qu’elle va avoir une toxicité supérieure à la fois sur les humains, la faune et la flore.

Les effets de la lumière artificielle sont nombreux et touchent aussi bien les humains que les animaux ou les insectes et même les plantes. Quelles en sont les conséquences ? 

Physiologiquement, pour vivre au mieux et être en bonne santé, l’humain doit s’exposer longtemps à la lumière solaire le jour et dormir dans une qualité d’obscurité la nuit. Or, de nos jours, on vit à l’envers la plupart du temps. Ce dérèglement biologique a des effets sur la production hormonale, diminue nos défenses immunitaires et perturbe ausi la régulation de l’humeur. Concernant le monde animal, nous avons publié une étude qui montre que cela impacte tous les groupes d’espèces, des oiseaux aux batraciens, en passant par les reptiles, les poissons ou encore, les planctons.

Comme nous, ils ont une horloge biologique qui est conditionnée par la lumière et l’alternance du jour et de la nuit. En faisant en sorte que la nuit ressemble au jour, on a brisé ce rythme biologique naturel. C’est pourtant là-dessus que le vivant s’est construit depuis des millions d’années. On sait d’ailleurs que la pollution lumineuse est la deuxième cause d’effondrement des insectes. Entre une zone éclairée et non éclairée, on a observé une différence de 62% dans la pollinisation des deux zones. Ces pollinisateurs ont un rôle essentiel, car sans eux, rappelons-le, les arbres fruitiers ne produisent pas de fruits.

Aujourd’hui, la pollution est reconnue dans les textes de référence nationaux. Il y a encore dix ans, ce n’était pas le cas. Cette prise de conscience des effets de la pollution lumineuse se traduit-elle dans les actes ? 

Aujourd’hui, les maires sont de plus en plus sensibilisés aux problématiques qui entourent la pollution lumineuse. Actuellement, quelque 12.000 villes pratiquent l’extinction en milieu de nuit. C’est la solution que nous recommandons depuis des années, car c’est la plus simple et la moins coûteuse. Avec la hausse des prix de l’énergie, c’est un levier supplémentaire afin de réduire l’éclairage des villes et, dans le même temps, la pollution lumineuse qui en découle.

Pour aller plus loin…  

Le site de l’ANPCEN

Deux fois moins d’étoiles visibles

Les étoiles masquées

Les constellations invisibles

C’est grave de ne plus voir les étoiles

La pollution lumineuse progresse

Photos : le ciel des Cévennes, classé réserve internationale de ciel étoilé

Au Conseil de juin… (4)

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal du 27 juin 2023 à Saint Gratien

Enfin, nous votons contre la motion d’opposition au projet de voies dédiées au covoiturage sur le périphérique parisien. Saint Gratien en effet, souhaite que le projet de voies de covoiturage sur le boulevard périphérique parisien ne se réalise pas.

Première remarque… « Considérant que les Valdoisiens sont déjà suffisamment pénalisés par le manque d’infrastructures routières et de transports collectifs » dit la motion proposée par la commune….  : mais que fait donc madame Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et à ce titre, en charge des transports ?

D’autre part, le périphérique est un ouvrage communal, il est donc géré par la ville de Paris. Saint Gratien s’immisce-t-elle dans la gestion de la ville de Paris ? On imagine le tollé dans la situation inverse !

Ce projet de voies réservées au covoiturage sur le périph ne date pas d’aujourd’hui. Il est discuté depuis 2019 et a été voté au Conseil de Paris, à l’unanimité.  

Sur le principe du covoiturage : il apparaît difficile d’être contre les expérimentations visant à le développer ! Circuler tout seul dans sa voiture est une aberration écologique et provoque embouteillages monstres. Donc l’objectif est d’optimiser l’usage des infrastructures existantes, en augmentant le nombre d’occupants dans les véhicules, sans modification lourde de l’infrastructure routière. On ne supprime pas de voie mais on répartit le trafic autrement pour plus de fluidité.

En plus de la création de voies réservées, il y a une politique globale de mobilités : création de dispositifs ou d’aménagements en faveur des mobilités partagées, plateforme de mise en relation de covoitureurs, incitations financières, aires de covoiturage, actions pour favoriser également l’utilisation des transports en commun.

Comme trop souvent, la ville de Saint Gratien est bien en retard sur toute politique écologique.

Prochain Conseil municipal le jeudi 28 septembre 2023

Au Conseil de juin… (3)

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal du 27 juin 2023 à Saint Gratien…

Le Conseil vote ensuite le lancement de la procédure de révision du Plan local d’urbanisme (PLU). Nous nous sommes abstenus sur ce dossier.

Oui à une procédure de révision du PLU car il y a besoin de faire évoluer ce document qui touche à tous les domaines de la vie locale. Mais…Nous insistons sur la nécessité d’une concertation large. Le PLU ne doit pas rester un document technique mais être expliqué et débattu avec le plus grand nombre d’habitants possible. Trop souvent ces procédures restent confidentielles. Espérons que le cabinet que la ville sollicite saura rendre accessibles les différents axes du futur PLU et surtout que la concertation sera réelle. Au moins une réunion publique devrait se tenir.

Si la nécessité de la révision  ne fait pas débat, les objectifs annoncés nous paraissent manquer d’audace. On reste dans le flou et le conventionnel. Pourtant le PLU recouvre des enjeux énormes : adaptation au changement climatique, transition énergétique, logement… En ce qui concerne le développement de la ville, on en reste à des objectifs louables mais très généraux : « maintenir et continuer à développer dans la mesure du possible l’offre en services et commerces »… bien sûr mais à l’heure où le marché par exemple se meurt…cela risque de rester un vœu pieux.  

Quant à « redéfinir et encadrer les opérations urbaines à venir », nous ne savons pas ce que cela signifie. Saint Gratien est la ville  la plus dense du 95 (longtemps nous avons été les seuls à le dire) : 7676 habitant au km2 contre 2453 pour la CAPV et 1025 pour l’Île-de-France. Mais qui a urbanisé au maximum ? La majorité municipale. Et qui s’est battu pour des espaces verts, casquette du BIP et parc urbain, notamment ? Notre groupe d’opposition…Reste que de nombreuses demandes de logement sont insatisfaites. Comment faire pour que le logement dans la commune soit accessible.. aux jeunes ? Nous sommes un peu étonnés par le propos du maire  : « on ne construira plus »..

Le futur PLU comprendra pourtant des zones « mutables » ? Lesquelles ? Dans quel but ? 

Questionnement aussi sur la place du végétal et de la biodiversité : peut-être l’occasion de reprendre le débat sur les cours des écoles ? En effet, elles représentent des surfaces importantes, qui peuvent permettre à la fois de répondre au besoin de nature en ville et de lutter contre le phénomène d’ilot de chaleur urbain.

Pour protéger la biodiversité, reparlerons-nous de l’extinction de l’éclairage public, si nuisible pour les populations d’insectes ?  

Nous sommes aussi une ville où une grande surface est occupée par les parkings, surfaces imperméables..

Le futur PLU encouragera-t-il les énergies renouvelables ? Par exemple, les panneaux photovoltaïques, même visibles, seront-ils autorisés chez les particuliers, contrairement à aujourd’hui ? Ou implantés sur les bâtiments publics ?

Rien dans le document sur les transports alternatifs ni sur les transports tout court : c’est un gros manque ! Circulation et stationnement sont des sujets majeurs… Comment décliner le PDUIF (Plan de déplacements urbains d’Île-de-France, renommé plan de mobilité), mieux qu’en 2018 où le Préfet avait dû rappeler la norme d’un emplacement vélo de 8 à 10 places sur 40 places de stationnement)

Qu’en est-il du plan vélo de la CAPV et comment sera-t-il intégré dans le nouveau PLU ?

Comment seront traités les stationnements vélos dans les écoles, à la gare ?

Comment évolueront les transports en commun, à l’heure où le tramway est à Épinay et bientôt à Argenteuil mais reste à nos portes ?Rien sur les nuisances sonores dues aux transports, notamment les nuisances aériennes ?    

Qu’en est-il de cette « trame verte et bleue » et de l’objectif de réhabiliter les zones humides, alors qu’elles ont toutes disparu de notre territoire ?

Comment lutter contre le phénomène de ruissellement qui existe encore dans nos rues ?

Enfin, le maintien des emplois sur la commune avait été un objectif du précédent PLU. Rien n’est dit sur ce sujet cette année.

Autant de thèmes à aborder durant les mois à venir, car la procédure de révision est régie par des règles strictes qui la rendent assez longue, entre élaboration, concertation, enquête publique et approbation par le Conseil municipal.

À suivre : pour ou contre le co-voiturage ?   

Saint Gratien, photos du blog

Au Conseil de juin (2)

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal du 27 juin 2023 à Saint Gratien…

Les nombreuses (44 pour cette séance) décisions du maire qui nous sont énoncées appellent remarques et questions de notre part. Calendrier des travaux de réfection des toitures des gymnases (pas de date plus précise annoncée, alors que les utilisateurs, associations ou scolaires, se plaignent depuis déjà longtemps des nuisances que cela occasionne) ; questionnement sur l’évolution du coût de la réhabilitation de la salle d’armes ; approbation des travaux de désimperméabilisation de certaines aires de jeux et suggestion de poursuivre dans le même sens pour les cours d’école, d’autant plus que des subventions sont possibles pour ces aménagements.

Le premier rapport de la séance est une présentation obligatoire de l’état des ressources humaines de la commune. L’occasion d’une question sur les rémunérations des personnels. En effet, au 1er juillet 2023, le point d’indice sera revalorisé de +1,5% et il y aura la possibilité en octobre pour les communes de verser entre 300 et 800€ de prime « inflation ». Cette mesure est positive (bien que pesant sur le budget des collectivités alors que c’est l’État qui la décide) car le gel du point d’indice des fonctionnaires a tiré depuis des années les salaires vers le bas. La ville versera-t-elle la prime, à quel niveau ? La ville ne versera pas de prime généralisée, répond le maire qui rappelle les augmentations précédentes de 2021 et 2022 et de façon assez floue, fait allusion à un « travail RH » qui apporterait des augmentations pour les personnels de catégorie C. Le maire, qui ne manque pas une occasion de saluer le travail des agents de la commune, n’ira donc pas jusqu’à leur attribuer une compensation financière de l’inflation, qui serait pourtant bien méritée.

Le rapport qui suit est un des dossiers les plus importants de ce Conseil : le vote du compte administratif 2022, qui retrace les dépenses et recettes réelles.

Contrairement aux années précédentes où le document recèle peu de surprises, le CA 2022 apparaît un peu étonnant au regard des débats budgétaires précédents. En Conseil municipal ou en réunion de quartier, la  situation financière de la ville, comme celle de toutes les collectivités, était présentée comme difficile, avec risque de croisement des courbes de recettes/dépenses. Prix de l’énergie et hausse des dépenses de personnel (ces dernières étant justifiées par ailleurs) pèsent très fortement.

En juin 2022, l’adjoint aux finances nous disait : « la capacité d’autofinancement de la ville n’ira pas en s’améliorant dans les années à venir et la ville va devoir gérer avec cette contrainte. La capacité d’investissement de la ville va de fait être réduite au cours des années à venir. Une réflexion très approfondie va être menée pour pouvoir poursuivre une politique de contraction des dépenses et une politique de maîtrise des investissements. »

Alors qu’est-ce qui a permis de retrouver une capacité d’autofinancement satisfaisante (plus de 4M€) ? Nous soulignons deux éléments : une pression sur les dépenses, notamment de personnel avec le gel de postes, et un faible montant des investissements. Il y a eu en effet de nombreux reports de travaux de 2021 sur 2022 (plus de 4M€). Une rentrée exceptionnelle à souligner avec la vente d’un pavillon boulevard Pasteur pour 500K€, et surtout des recettes fiscales « inattendues » venues de l’État au titre de rappels sur 2021, pour un total de 1,350M€.

Nos questions (qui font rarement l’objet de réponses…) et remarques

Le document annonce une augmentation de + 136K€ de prestations périscolaires (participation des familles pour les prestations périscolaires, cantine,accueil pré-et post scolaire) mais c’est par rapport à 2021, année Covid. Comparons ce qui est comparable : 2022 par rapport à 2019, année pré Covid. Or, on ne retrouve pas le niveau de 2019 en 2022. Une fréquentation moindre, qui n’a ps retrouvé son niveau d’avant épidémie ?

Le tableau des ratios montre une dotation globale de fonctionnement (DGF) stable et supérieure à celle de la strate… pourtant la ville s’est beaucoup plaint de la chute de la DGF. Ce ne serait plus le cas depuis 2017 ? Oui, reconnaît l’adjoint, « c’est comme ça… la grosse descente a eu lieu dans les années 2010.. »

Dépenses de personnel : malgré les augmentations du point d’indice, du SMIC… la hausse n’est que de +1,9% à Saint Gratien.. Bravo ? Nous redoutons que cela ne se fasse au détriment des conditions de travail et des services rendus car il est impossible, malgré les affirmations de l’adjoint aux finances, de faire mieux avec moins de moyens, malgré le vocabulaire toujours positif de « optimisation ». Des exemples de services supprimés ou rendus de moindre façon ? Le festival culturel est moins long ( une seule journée contre une bonne semaine auparavant), les courts séjours de vacances printemps été pour les enfants sont supprimés en 2023, les crédits aux écoles sont immuables depuis 10 ans, alors que l’inflation notamment sur le papier, réduit les possibilités d’achat des fournitures, les petits travaux dans les écoles tardent..  D’ailleurs un ratio montre que St Gratien dépense en 2022 en fonctionnement 212€ par habitant contre 317 en moyenne pour les communes de même importance.

Enfin, un tableau montre aussi que le problème de St Gratien vient de recettes fiscales insuffisantes : 588€ par habitant contre 902 pour la strate. Depuis des années, la majorité municipale a voulu maintenir des taux « bas », quitte à priver la ville de recettes et donc limiter le niveau des services et reporter certains investissements. La ville se voit à présent contrainte de procéder à une forte augmentation de son taux de taxe foncière : +14% en 2023.

Les investissements 2022 sont constitués de nombreux reports de 2021.

Principalement il s’agit des travaux de rénovation de la salle Georges Brassens, le reste étant des travaux plus « modestes ». Plus généralement, les chiffres montrent des investissements assez modérés depuis 2017. Éternel débat ici entre la majorité et notre groupe : la ville serait bien équipée et n’aurait plus les mêmes besoins d’investissement qu’il y a 10 ans.. Mais c’est oublier l’état assez lamentable du centre de loisirs Fossiez, ou celui du centre culturel du Parc, ou encore la saturation des gymnases… et ne pourrait-on pas imaginer par exemple que Saint Gratien, à l’instar d’autres  villes, se lance dans le réaménagement de cours d’écoles, véritables ilots de chaleur imperméables qui deviendront intenables dans les années à venir ?

L’adjoint aux finances souligne toutefois que le bon compte administratif peut laisser envisager des travaux jusqu’ici reportés.. tout en continuant de surveiller les « charges » de personnel, même si certaines situations particulières pourront être « appréhendées de façon plus positive ». Cela ne va pas jusqu’au versement d’une prime générale, comme nous l’avons vu plus haut.

Enfin, le maire démine le terrain en soulignant que le CA 2022 reste exceptionnel et que cela ne remet pas en cause la logique « d’activation de la fiscalité ». Un terme élégant pour évoquer l’augmentation de +14% du taux de la taxe foncière, que les Gratiennois·e·s ne manqueront pas d’apprécier dès septembre, d’autant qu’il se conjuguera cette année avec une hausse de 7% des bases…

À suivre… le lancement de la procédure de révision du PLU

Au Conseil de juin (1)

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal du 27 juin 2023. Un exercice un peu retardé suite à l’actualité et les « émeutes » qui ont secoué la France, événements sur lesquels nous nous sommes beaucoup exprimés sur ce blog. Mais nous serons malgré tout encore très en avance sur le procès-verbal officiel de la ville, qui n’apparaîtra que…. fin septembre.

Hélas, comme il est désormais de tradition, nous demandons des modifications du PV de la séance précédente, puisque quasi systématiquement, nos interventions sont mal retranscrites.

Première surprise : le PV comporte les tableaux complets des tarifs des prestations périscolaires, que nous n’avions pas lors de leur vote au Conseil du 13 avril. Nous l’avions fait remarquer en séance, car il est très… étonnant de voter des tarifs sans les connaître. Mieux vaut tard… ? Par contre, notre remarque du 13/04 sur l’absence des tarifs apparaîtra saugrenue aux lecteurs du PV puisqu’ils figurent à présent sur le document…  

Plus gênant encore, lintervention de Stéphane Bauer sur les 14% d’augmentation du taux de taxe foncière -un point fondamental de la dernière séance ! – est totalement tronquée.

L’argumentaire était en 6 points, dont aucun n’a été retenu. Je les rappelle ici. 

1-C’est la famille politique du maire qui a entamé le processus de  réduction de la DGF (N. Sarkozy)

2-La hausse des prix de l’énergie a débuté suite à la libéralisation du secteur de l’énergie en Europe, loi Nome, contre laquelle nous nous sommes toujours prononcé, contrairement à la droite..

3-La facture énergétique de St Gratien ne se limite pas aux factures directement payées par la commune (chauffage + éclairage). Il faut ajouter la quote-part « énergie » dans le coût de revient du recours à des sous-traitants. Or, St Gratien sous-traite beaucoup de prestations de services : nettoyage des locaux, concession de la gestion du marché, concession de la gestion d’une partie de la voirie/parking, cantine…

4-À propos du bouclier tarifaire, nous rappelions la motion du Conseil, le réclamant pour les communes, et la position de Me. Eustache Brinio qui n’a pas voté une motion du même type présentée au Sénat quelques jours après ce vote au CM… et qui a voté contre l’extension aux collectivités du bénéfice du tarif règlementé.. !

5-Nous rappelions les choix en matière de transition énergétique qui n’ont pas été fait à  St Gratien, il y a 10/12 ans et le refus aussi de faire des choix audacieux en matière d’aménagements cyclables.. qui seraient pourtant sources d’économies de travaux de voirie.

6-Enfin, nous n’oublions pas que les 14% d’augmentation du taux de la TF sont aussi la facture du choix d’une banque privée, DEXIA, et des emprunts toxiques qui en ont découlé, avec un coût élevé pour la ville.

Autant d’éléments qui ont disparu du PV et qui rendent d’ailleurs incompréhensibles les réponses faites à Stéphane Bauer en séance par le maire et l’adjoint aux finances… réponses qui, elles, figurent bien au PV….

Refus du maire de toute modification du procès-verbal.

Si nous insistons tellement sur la retranscription de nos propos, c’est bien parce que la ville refuse de mettre en ligne les séances du Conseil municipal, à l’instar des pratiques de nombreuses villes actuellement, et que le PV est donc la seule trace et la seule information dont disposent les Gratiennois·e·s sur les débats de leurs élu·e·s.   

À suivre… 

Camille Claudel

Notre expression municipale après l’incendie du centre culturel Camille Claudel et la lettre du maire aux habitant·e·s.

Ce document a été distribué dans le quartier des Raguenets : l’occasion de nombreux échanges sur l’importance de la reconstruction rapide du centre, les difficultés de la vie quotidienne, le ressenti, souvent très négatif, du courrier du maire, la possibilité de développer des actions municipales…

Dès début septembre, nous reviendrons sur le sujet des travaux à engager pour retrouver une structure accueillant les associations, la PMI, la halte-garderie, les activités sportives des écolier·ères. C’est indispensable pour la vie sociale du quartier !  

Bonnes vacances !

54 % seulement des Français partent en vacances. L’argent est évidemment au cœur du problème, puisque si 72 % des plus fortunés font leurs valises au moins une fois par an, c’est le cas de seulement 37 % des plus modestes.

Pour leurs habitant·e·s qui ne quittent pas leur cadre habituel l’été, les villes organisent souvent des activités sportives, culturelles, ludiques.. pour les familles.

À Eaubonne, structure accro-ludique, bulles géantes, sports de raquette, bibliothèque de rue, tir à l’arc, mini-golf, jeux d’adresse, éveil musical, atelier jardinerie…sont proposés aux enfants. Pour les ados, graff, tir à la carabine laser, et soirées « jeunesse », soirées à thèmes les vendredis et samedis soirs.

À Enghien, ciné en plein air, concerts, animations durant tout l’été….

À Ermont, théâtre en plein air…

Stages et animations en pied d’immeubles tout l’été à Montmagny…   

Terrasses d’été et carriole à peinture à Fosses

À Argenteuil en juillet et août, tous les quartiers en fête avec stages, animations, terrasses d’été, sorties…

L’été à Sarcelles propose concerts, animations, terrasses du monde, ciné en plein air, carnaval, sorties, été en sciences…

Enfin, de nombreuses villes alentour ont organisé des festivités diverses les soirs des 13 et 14 juillet.

 À Saint Gratien, en dehors des quelques traditionnelles activités proposées aux 11/17 ans entre le 10 et  le 28 juillet… la ville fait surtout la pub du passage de la flamme olympique le 19 juillet… 2024.

Le ciné est fermé du 23 juillet au 16 août, les centres culturels ferment à 17h , celui du Parc est fermé du 8 juillet au 2 septembre, celui du centre ville fermé du 22 juillet au 15 août, la médiathèque Motordu est fermée tout l’été et évidemment le centre Camille Claudel est fermé jusqu’à délation.. euh, nouvel ordre.

Les courts séjours de vacances pour le printemps et l’été 2023 ont été, eux, supprimés dans la plus grande discrétion.

Pas de réduction de voilure, selon l’adjoint aux finances.  

Bonnes vacances à tous et toutes !

Le blog reste, lui, actif tout l’été. Merci de vos commentaires !

Liberté, fraternité… inégalités ! (7)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

La suite…

Ce que les maires et le chef de l’État se sont dit à l’Élysée

Emmanuel Macron a reçu entre 250 et 300 maires mardi 4 juillet à l’Élysée après les violences urbaines de ces derniers jours.

Les réactions ci-dessous de cinq maires communistes ou apparentés.

Écouter la réaction de Patricia Tordjman, maire de Gentilly

Écouter la réaction de David Queiros, maire de Saint-Martin-d’Hères

Écouter la réaction de Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers

Écouter la réaction de Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine

Écouter la réaction de Philippe Rio, maire de Grigny, président de la Coopérative des élu·e·s

Stéphane Bauer

Liberté, fraternité… inégalités ! (6)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

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École : la disparité des moyens attribués renforce les inégalités

L’Éducation nationale a dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de l’académie de Créteil ou de l’académie de Versailles.

Un document de la Cour des comptes sur les inégalités à l’école montre que l’éducation nationale a dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de l’académie de Créteil ou de l’académie de Versailles et 51 % de plus pour former un élève parisien qu’un élève niçois…

École : les moyens attribués renforcent les inégalités : article du Monde à lire ici

La banlieue, grande laissée-pour-compte de l’Éducation nationale

Collèges : l’égalité des chances n’existe pas. Le « panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale » du Conseil national d’évaluation des politiques scolaires (Cnesco), étude publiée le 24 octobre 2018, pose un constat terrible sur les « disparités scolaires » en Île-de-France. Il souligne que l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources, humaines et budgétaires, « très variables » selon les territoires. Grands perdants : les collèges de zones « défavorisées » de banlieue parisienne.

La conclusion du Cnesco est sans appel : « Les territoires cumulant le plus de difficultés socio-économiques ne bénéficient pas de ressources humaines en enseignants capables de compenser les difficultés des publics scolaires accueillis ».

La banlieue, grande laissée pour compte de l’Éducation nationale : article de Marianne à lire ici

Ce sont des jeunes professeurs, parfois sans expérience, qui enseignent dans les ZEP

D’après l’OCDE, la France a l’un des systèmes scolaires qui reproduit le plus les inégalités sociales, de sorte que les élèves les plus défavorisés sont ceux qui obtiennent les moins bons résultats.

Souvent, ce sont des jeunes professeurs, parfois sans expérience, qui enseignent dans les ZEP. Pourtant, les élèves les plus en difficulté sont sans doute ceux qui ont le plus besoin des professeurs les plus expérimentés.

La France comme cas d’école de l’impact des disparités scolaires : à lire ici

Un lycéen du 15e arrondissement ou du lycée Louis le grand coûte plus cher à la nation qu’un lycéen de banlieue.

« Globalement, dans le secondaire, les ressources humaines sont inégalement réparties au détriment des quartiers défavorisés de banlieue. »

En Ile-de-France, l’Éducation nationale donne moins qualitativement aux élèves des territoires cumulant les difficultés qu’à ceux des quartiers favorisés.

Les étudiants parisiens profitent donc de professeurs plus âgés, plus souvent titulaires (donc formés pour enseigner) et plus souvent agrégés qu’en banlieue »

Libération,  le 31 octobre 2018 ; lire l’article ici

« Je suis toujours frappé par le fait qu’il y a plus d’argent déboursé par l’Éducation nationale pour un petit écolier à Paris qu’en Seine-Saint-Denis », lance le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

L’interview de JC Lagarde sur Franceinfo, à lire ici

En 2019, une dépense par élève en France en dessous de la moyenne OCDE en élémentaire.

Stéphane Bauer

À suivre…