11 novembre 2025

Une lectrice attentive me fait remarquer que je n’ai pas évoqué sur ce blog la cérémonie du 11 novembre dernier. Elle s’inquiète de savoir si nous avons boudé la commémoration qui se déroule chaque 11 novembre devant le monument aux morts de la place de la mairie, pour se poursuivre ensuite au cimetière.

Je la rassure : nous étions bien présents et comme nous le faisons d’habitude, nous avons déposé une gerbe au nom du Parti communiste français.

Je salue la présence de Gabrielle Cathala, députée de la 6è circonscription du Val d’Oise, qui a également déposé des fleurs. 

Depuis 2012, les cérémonies du 11 novembre ne commémorent plus seulement l’armistice de 1918 et le sacrifice des poilus, mais « tous les morts pour la France », de toutes les guerres. 

C’est inepte.  

Amalgamer tous les conflits en un même souvenir », niant ainsi la singularité des conflits est une aberration. Cela met sur le même plan des guerres qui n’ont rien à voir entre elles.  
Quel rapport en effet entre les troupes révolutionnaires, le poilu de 1914 enrôlé dans une guerre absurde, le résistant de 1944 qui combat pour se libérer du joug nazi, et le conscrit que l’on envoie empêcher l’indépendance de l’Indochine et de l’Algérie ? 

Je crains que cette bouillie mémorielle ne facilite pas le travail auprès des jeunes générations, bien au contraire.  

En ce 11 novembre 2025, nous avons bien entendu à l’esprit le budget militaire français qui dépasse les 50 milliards d’euros. Les dépenses militaires françaises auront ainsi doublé en deux mandats d’Emmanuel Macron.

Au niveau mondial, les dépenses d’armements ont atteint des chiffres exorbitants. Est-ce une assurance de sécurité ? Loin de là ! La course aux armements ne sert que les marchands d’armes.

On voit en effet l’échec de toutes les solutions de force militaire qui ont été appliquées dans les diverses crises ou conflits : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Afrique centrale et aujourd’hui Ukraine et Palestine. Dans tous ces pays, ce sont les populations qui paient le prix fort et qui voient leurs conditions de vie plus mauvaises encore à la fin du conflit qu’avant les affrontements.

Donc les dépenses militaires n’assurent pas la paix de la planète et ne garantissent pas la sécurité de ses habitants. Elles représentent de plus un  gaspillage énorme de ressources au regard des besoins dans le monde. 400 milliards par an suffiraient à sortir du sous-développement les 59 pays les plus pauvres, alors que les dépenses militaires mondiales ont été de 2700 milliards de dollars en 2024.

On imagine les bouleversements qu’apporteraient de pareilles sommes consacrées à l’éducation !

La guerre est une connerie, comme le disait Jacques Prévert. C’est aussi une folie.

Soulignons que pour une fois, le discours du maire de Saint Gratien s’est éloigné des accents belliqueux qu’il emprunte parfois. Il a ciblé essentiellement le souvenir de la première guerre mondiale, rappelé les souffrances des poilus, les millions de morts et « le silence revenu sur les plaines de Verdun et de l’Artois, qui n’était pas celui du triomphe. La grande guerre a montré comment la folie des hommes pouvait tout ravager. » 

Pour notre part, nous associons chaque commémoration à notre combat pour la paix.

Les collectivités asphyxiées

Je partage l’éditorial de l’Humanité de ce mardi 28 octobre 2055.

Les collectivités locales subissent depuis des années la baisse des dotations d’État et la disparition de la taxe d’habitation a contribué à réduire à néant leur autonomie financière. Avec de moins en moins de ressources, de quelles marges de manœuvre disposeront les communes ? Un sujet qui ne manquera pas de s’inviter dans les débats des élections municipales de mars 2026.  

Collectivités territoriales : étranglement budgétaire et asphyxie politique

2,2 milliards en 2025, 5,3 milliards en 2026 : tels sont les efforts budgétaires que l’État exige des collectivités territoriales. L’argument est simple, elles doivent aussi participer à « l’effort général ». Outre que « l’effort » demandé est loin d’être général et loin d’être équitablement réparti, il se trouve que ces chiffres sont faux.

Le Comité des finances locales, qui est loin d’être un nid de dangereux gauchistes irresponsables, a fait ses comptes. En 2025 ce sont plus de 8 milliards qui ont été ponctionnés dans les caisses des collectivités locales et, pour 2026, le chiffre grimpe en réalité à 10 milliards. À tel point que le CFL parle de « culture de la dissimulation » de la part des gouvernements Bayrou puis Lecornu.

Prises en étau entre injonction d’austérité et responsabilités accrues via les transferts de compétences, les collectivités territoriales subissent un étranglement budgétaire doublé d’une asphyxie politique. Depuis des années, et notamment avec la suppression de la taxe d’habitation, elles ont perdu une part majeure de leurs ressources fiscales.

La suppression des compensations promises pour équilibrer ces pertes les laisse le bec dans l’eau. Et quand elles ne sont pas purement et simplement supprimées, ces compensations sont conditionnées à des dépenses obligatoires liées à des objectifs nationaux.

Conséquence, les collectivités ont de moins en moins de latitude pour mettre en œuvre les orientations politiques sur lesquelles les majorités qui les dirigent ont été élues.

Étrangler économiquement les collectivités a des conséquences concrètes sur la vie des habitants en matière de services publics, de qualité de vie, de lutte contre le changement climatique.

Cela en a également en termes démocratiques. En limitant, faute de moyens, les choix politiques des exécutifs locaux, le macronisme entend ancrer l’idée selon laquelle, finalement, une seule politique est possible. Celle de cet « extrême centre » qui, comme le dit l’historien Pierre Serna, « a toujours eu une pente devant lui le menant vers l’extrême droite ».

Stéphane Sahuc, dans l’Humanité 

300 000 vols Paris-New York

À l’occasion du « Jour de la nuit », événement annuel de sensibilisation à la pollution lumineuse, je partage cet article du « Huffpost » qui alerte sur la nocivité de l‘éclairage nocturne. À Saint Gratien, nous avons suggéré à la ville depuis des années d’engager une réflexion autour de cette question. Non seulement l’éclairage public est un poste de dépense important pour les finances de la commune, non seulement on sait que cela constitue une nuisance pour la nature, non seulement cela nous rend les étoiles invisibles,  mais on s’aperçoit aussi que la santé humaine s’en ressent… le tout pour une illusion de « sécurité ». En effet, les villes, nombreuses, qui ont choisi d’éteindre tout ou partie de leurs lampadaires, tout ou partie de la nuit, n’ont pas constaté une augmentation des délits, agressions, vols… voire même c’est l’inverse, car les délinquants aussi ont besoin de voir pour commettre leurs méfaits ! On lira aussi ci-dessous que les Led ne résolvent pas le problème. 

Les photos qui accompagnent l’article ci-dessous ont été prises à Saint Gratien, après 23 heures.    

La pollution lumineuse ne gêne pas juste l’observation des étoiles, elle nuit à la santé et décime les insectes

La généralisation de l’éclairage artificiel affecte la faune, la flore et même la santé humaine, interpellent les associations de défense de l’environnement.

La pollution lumineuse ne gêne pas juste l’observation des étoiles, elle nuit à la santé et décime les insectes.

Pas besoin d’être une étoile pour subir la pollution lumineuse. Alors que l’éclairage nocturne de l’espace public s’est généralisé, les associations de défense de l’environnement tirent la sonnette d’alarme. Si elle a pour conséquence connue d’empêcher l’observation des étoiles, l’omniprésence des lumières artificielles a aussi conséquences sur la faune, la flore et la santé humaine.

Le phénomène est massif : 72 % du territoire hexagonal est concerné « à un niveau élevé de pollution lumineuse », selon le Commissariat général au développement durable. Pour sensibiliser le public sur ce problème trop peu connu, des évènements sont prévus partout en France ce samedi 11 octobre pour le « Jour de la Nuit », organisé par l’association Agir pour l’environnement (APE).

Son directeur général Stéphen Kerckhove souligne les effets délétères et l’ampleur de la pollution lumineuse. « On a réussi le tour de force de gommer la nuit, déplore-t-il auprès du HuffPost. Il n’y a peut-être pas de “jour permanent”, mais il n’y a plus d’opacité complète. » Des lois existent pour réglementer les lumières artificielles, notamment dans les vitrines des commerces, mais elles ne sont pas toujours respectées.

La lumière, un perturbateur endocrinien ?

Le bilan n’est pas plus reluisant pour la santé humaine. Dans un rapport mis en ligne en juillet 2021, l’Académie nationale de médecine (ANM) préconisait carrément l’inscription de la lumière comme « perturbateur endocrinien ». L’organisation alertait sur l’ « effet délétère » de la « lumière artificielle la nuit » (LAN) sur l’horloge interne et la production de certaines hormones comme la mélatonine, dont la sécrétion dépend de l’exposition à la lumière.

Sa réduction cause un « sommeil de moins bonne qualité et moins reposant », explique Stéphen Kerckhove d’Agir pour l’environnement. De son côté, l’ANM relève que cette « inhibition de la mélatonine » peut avoir des conséquences plus graves : l’ » incidence de cancer du sein 50 à 200 % plus élevée chez les infirmières exposées à la LAN » peut s’expliquer par « la privation de sommeil », mais aussi la réduction de cette « hormone du sommeil ».

L’ANM met aussi en cause la lumière artificielle qu’on retrouve notamment dans l’éclairage LED, qu’elle décrit comme un « polluant délétère pour la rétine ». Cette « photo-toxicité » perturbe « gravement » le métabolisme de certaines cellules de l’œil, censées se régénérer la nuit dans l’obscurité, et constitue un « facteur majeur pour les maladies dégénératives de la rétine ».

Un lampadaire tue 150 insectes par nuit d’été

Au-delà de l’impact sur la santé humaine, la liste des victimes de la pollution lumineuse est longue, appelle l’Office Français de la Biodiversité (OFB). La lumière artificielle attire et maintient les « animaux diurnes » éveillés, tandis que « les animaux nocturnes fuient les zones éclairées ou au contraire s’y agglomèrent ». Les premiers à en pâtir sont les insectes ; on évalue à 150 le nombre d’entre eux qui meurent chaque nuit par lampadaire et par nuit d’été « soit 1 milliard d’insectes par an en France », rapporte l’OFB dans un autre rapport.

« Les insectes s’épuisent en tournant autour de la source lumineuse, explique Jules Boisseau, coordinateur de France Nature Environnement (FNE) en Nouvelle-Aquitaine, qui donne comme exemple le Jardin des plantes de Poitiers. À l’occasion d’un inventaire pour la recherche de papillons de nuit, l’association Vienne Nature a constaté qu’il y avait anormalement peu d’insectes. Ils sont attirés par les lampadaires du parking d’en face et ils y restent, complètement désorientés. »

La lumière artificielle nuit également au reste de la faune. En décimant les insectes, elle impacte la chaîne alimentaire de certaines espèces comme la chauve-souris. Cette dernière, comme beaucoup d’autres animaux, peut aussi être désorientée par la lumière. C’est ce que constate Françoise Jouve, à la tête de l’association Nonette Nature dans l’Oise.

Interrogée par Le HuffPost, elle constate dans son département les effets de la pollution lumineuse sur les animaux volants. « Par endroits, il n’y a pas un rapace, un hibou ou une chauve-souris », insiste-t-elle, dénonçant l’impact de certains lampadaires et spots qui éclairent le ciel et gênent au passage « les oiseaux migrateurs qui voyagent de nuit ».

Le « parent pauvre » des mobilisations sur l’environnement

Les effets se font sentir dans les airs, mais aussi dans l’eau, puisque les poissons et même les huîtres sont concernés, d’après une étude de l’Université de Bordeaux qui constate une perturbation de la croissance des coquillages, ou de leur rythme d’ouverture. La flore n’est pas en reste : la pollinisation diminue puisque les insectes sont perturbés et les « cycles biologiques » des plantes (dont la floraison) peuvent être impactés, souligne l’OFB.

Malgré ses effets désastreux, « la pollution lumineuse reste un peu le parent pauvre des mobilisations citoyennes sur l’environnement », estime Stéphen Kerckhove qui donne plusieurs explications. « L’environnement nocturne reste dans l’ombre, sans mauvais jeu de mots » puisque ses espèces et ses enjeux sont peu connus du public, affirme-t-il, estimant que des initiatives comme le « Jour de la Nuit » permettent d’inviter le grand public à s’intéresser à la biodiversité nocturne ou à s’émerveiller devant le « spectacle » du ciel étoilé.

De son côté, France Nature Environnement organise des équipes de « sentinelles de la Nuit » bénévoles pour repérer les sources de pollution lumineuse et interpeller les acteurs concernés. L’enjeu est aussi énergétique et économique, fait valoir Perrine Dereux, coordinatrice de l’association dans les Hauts-de-France. Elle s’alarme du « gaspillage considérable » que représentent les « éclairages souvent inutiles, à des horaires inadaptés et avec des sources parfois trop puissantes ».

D’après les chiffres de l’Ademe repris en 2021 par le ministère de la Transition écologique, « l’éclairage public correspond à 41 % de consommation d’électricité des communes et émet annuellement 670 000 tonnes de CO2 », soit l’équivalent de plus de 300 000 vols Paris-New York.

Aller plus loin : https://jourdelanuit.fr/

 

Libération de Saint Gratien

Traditionnellement Saint Gratien commémore la libération de la ville en août 1944. Cette cérémonie se déroule le dernier dimanche du mois d’août. Saint Gratien a été libérée le 25 août 1944, peu de temps après Paris. Une journée malheureusement endeuillée par la mort de cinq jeunes Gratiennois qui s’étaient lancés à la poursuite des troupes nazies en déroute.

Cette année encore, nous étions présents au carré militaire du cimetière municipal pour le 81è anniversaire de cet événement.

Notre camarade Fabienne Launey a déposé une gerbe au nom de notre organisation politique, le PCF.

Stéphane Bauer, mon collègue conseiller municipal, a également représenté notre députée Gabrielle Cathala qui assistait à une cérémonie analogue dans une autre ville de la circonscription, et déposé une gerbe en son nom. Un double dépôt qui a semblé perturber le protocole, alors pourtant que les choses avaient été annoncées en amont auprès des organisateurs.

Il est pour nous primordial de participer à ces cérémonies pour perpétuer la mémoire de ceux et celles qui se sont battu·es contre la barbarie, souvent au sacrifice de leur vie.

Important aussi de ne pas oublier de quel côté étaient ceux qui aujourd’hui tentent de récrire l’histoire en occultant leur sinistre rôle. Le RN, ex-Front National, a été fondé par d’anciens Waffen-SS et des sympathisants néo-nazis. Ne l’oublions jamais, à l’heure où les tentatives sont nombreuses de brouiller les repères.

L’interview de Stéphane Bauer à la fin de la cérémonie  : 

https://www.facebook.com/share/v/1Gz3x2z4rW/

8 mai 2025

Nous avons participé ce jeudi à la commémoration du 8 mai 1945 au monument aux morts de Saint Gratien. Nous avons déposé une gerbe de fleurs. Il est important d’être présent pour perpétuer le souvenir, dénoncer l’horreur des crimes nazis, l’engagement des forces alliées dont l’Angleterre, l’URSS, les États-Unis et bien d’autres encore, et l’importance de la résistance intérieure à laquelle, nous en sommes fiers, participaient les communistes.

Comme le disait Karl Marx: « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ». A fortiori dans une période qui se trouble.

Le poison de la haine

La Grand Combe

L’ignominie a encore frappé notre pays.

La haine anti musulmans serait à l’origine du terrible assassinat d’Aboubakar, jeune Malien de 23 ans, au cœur de la mosquée de La Grand Combe, dans le Gard.

À travers ce crime raciste, c’est une religion tout entière qui a été visée. Au-delà, c’est la communauté nationale qui se trouve dans son ensemble meurtrie.

Les propos glaçants du meurtrier illustrent à quel point la haine anti musulmans peut armer le bras de criminels en puissance.

L’auteur des faits, filmé alors qu’il commettait son crime, ne laisse aucun doute sur le caractère islamophobe de ses actes. Tous les moyens nécessaires de l’État doivent être mis en œuvre pour permettre son arrestation au plus vite et traduire le coupable devant la justice.

Nous apportons tout notre soutien à nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane de toute la France et à celles et ceux de La Grand Combe en particulier.

Nous pensons également à tous les habitants de cette commune minière du Gard, connue pour ses politiques de solidarité, de fraternité, d’accueil.

Mettons tout en œuvre pour bannir le poison de la haine de notre République et condamner sévèrement tout propos, tout acte qui pourrait l’encourager.

Paris, le 27 avril 2025

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français

 

Journée du souvenir de la déportation

Le dernier dimanche d’avril est la journée nationale du souvenir de la déportation.

Cette commémoration prend cette année un relief particulier en raison du 80è anniversaire de la libération des camps nazis.

La plupart des villes de la circonscription ont organisé une cérémonie d’hommage… mais pas Saint Gratien.

Nous avons donc répondu à l’appel de Gabrielle Cathala, députée de notre circonscription, qui nous a proposé de nous retrouver pour l’accompagner dans un dépôt de gerbe ce dimanche 27 avril 2025 devant le monument aux morts de la place Gambetta.

Voici l’intervention qu’a prononcée Stéphane Bauer devant les Gratiennois présents, dont deux autres élus municipaux.  

Chère députée de notre circonscription, chers collègues, ami·es, camarades, mesdames, messieurs

Cette journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, ou plus simplement la « Journée nationale du souvenir de la déportation », a été proposée par Edmond Michelet, résistant et déporté, qui est devenu ministre dans les années 50.

Cette journée est observée chaque dernier dimanche d’avril, depuis1954, pour qu’on entretienne la mémoire.

Assez étonnamment, dans notre circonscription, il n’y a qu’à St Gratien où rien n’est organisé. Pourquoi ? Nous ne savons pas !

Or, c’est un moment essentiel pour la Nation française afin de rendre hommage à ceux qui ont souffert et résisté face à la barbarie nazie. A fortiori dans cette époque qui se trouble..

Cette date du dernier dimanche d’avril a été retenue en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps. Il y a 80 ans étaient libérés notamment par les soldats russes, les soldats américains, les camps de la mort.

Relisons le sobre exposé des motifs de la loi de 1954 : « Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux ».

Qu’elle est juste cette formule qui parle de « l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents ». Scientifique… la science ne protège en rien, au contraire, elle peut être mise au service du meilleur, comme elle peut l’être à celui du pire.

La déportation a bien sûr concerné au premier chef les juifs. Le système concentrationnaire, déshumanisant, s’abattit aussi sur les Tsiganes, sur des Russes, des Polonais, des Français bien sûr. Des Allemands aussi furent déportés, il faut le rappeler.

En cette journée hommage aux morts en déportation, nous souhaitions rendre hommage à des femmes et hommes victimes de la déportation, ou qui allaient être déporté·es, mais aussi à de grandes et grands résistant·es  dont les noms sont sur les plaques de certaines de nos rues et nos écoles.

On pense à Berthie Albrecht, dont le principal boulevard de St Gratien porte le nom.

On pense à Danièle Casanova, dont la principale avenue de St Gratien porte le nom.

Mais aussi à Jean Moulin, dont une rue et une école aux Marais portent le nom. Il y a aussi une rue Pierre Brossolette derrière le marché. La rue derrière nous, le long de la mairie, s’appelle Gabriel Péri. Dans le parc, il y a aussi le rond-point Guy Môquet.

Plusieurs fois, nous avons demandé que leur date de naissance et de mort, et les raisons de leur mort, soient mentionnés sur les plaques de nos rues. Cela nous a été toujours refusé. Quelque chose qui reste énigmatique ici en ville.

Le 8 mai 2023, nous avons suggéré qu’un hommage soit rendu à Danielle Casanova, qui avait succombé 80 ans plus tôt du typhus au camp d’Auschwitz, il nous a été rétorqué par une membre de la majorité municipale en charge du devoir de mémoire que cela n’était pas possible. Nous étions le 8 mai. Danielle Casanova était morte un 9 mai…

Aussi, voici quelques mots en hommage plus particulièrement à Danielle Casanova et à Jean Moulin. La première est morte en déportation, à Auschwitz. Le deuxième est mort dans le train à destination de l’Allemagne.

Danielle Casanova

Le nom de Danielle Casanova a été donné dès fin 1944 à une des plus importantes avenues de Saint Gratien.

Responsable des jeunesses communistes, créatrice de l’Union des jeunes filles de France, Vincentella Perini, Danielle Casanova après son mariage, a été durant la période du Front populaire une des figures des femmes communistes.

Réfugiée dans la clandestinité à partir d’octobre 1940, elle dirigea la mise en place des comités féminins dans la région parisienne et la zone occupée. La police l’arrêta le 15 février 1942 et elle fut déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943 dans un convoi de femmes résistantes, qui comprenait aussi Marie-Claude Vaillant -Couturier.

Marie-Claude Vaillant–Couturier, qui ensuite fut transférée à Ravensbrück, dit de Danielle Casanova que dans le camp d’Auschwitz : « Elle incarna pour nous toutes un idéal. Elle devint un symbole, et pas seulement un exemple pour les Françaises. (…) Elle savait qui avait besoin d’être aidé et comment il convenait d’aider : à l’une, des arguments politiques, à l’autre un morceau de pain, à la troisième un chant révolutionnaire ou un entretien privé.  »

Le 9 mai 1943, Danielle Casanova meurt du typhus. Un cortège funèbre traverse les allées du camp sous le regard médusé des SS. Une nouvelle et dernière fois, elle aura créé l’exception.

Jean Moulin

Préfet de l’Aveyron puis d’Eure-et-Loir, refusant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint en septembre 1941 la France libre à Londres. Il est reçu par le général de Gaulle, à qui il fait un compte-rendu de l’état de la résistance en France. 

Il est envoyé à Lyon par le général de Gaulle pour réunir les principaux mouvements de la Résistance française. Il crée et dirige le Conseil national de la Résistance. Il est arrêté dans la banlieue de Lyon, le 21 juin 1943 et conduit au siège de la Gestapo à Lyon, où il est torturé par Klaus Barbie et ensuite transféré à la Gestapo de Paris. Il est mort le 8 juillet 1943 dans un convoi à destination de l’Allemagne — à la suite des tortures subies préalablement.

Considéré comme l’un des principaux héros de la Résistance, il est fait Compagnon de la Libération en 1942.

Voilà pour notre hommage en cette journée nationale du souvenir à toutes les victimes et aux héros de la déportation. À une époque qui se trouble, où tout devient trouble, comme je l’ai déjà dit plus tôt. 

Merci.

8 mars 2025

8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Une journée qui est loin d’être inutile pour rappeler les combats passés, présents et futurs pour l’égalité. Car si grâce aux luttes menées, certaines avancées sociales et sociétales ont pu se faire, le combat reste d’actualité pour arriver à l’égalité.

Les inégalités demeurent importantes au travail : emplois mal rémunérés et dévalorisés, temps partiels imposés, difficile conciliation de la vie professionnelle et familiale, manque de structures de garde : le salaire des femmes reste inférieur d’un quart à celui des hommes, leur retraite de 40 %. 

80 % des personnes qui occupent un temps partiel sont des femmes.

40% des femmes ont une retraite incomplète.

À plus de 80 %, elles assument seules la responsabilité des familles monoparentales, dont près de la moitié vivent sous le seuil de pauvreté.

Le droit à la sécurité ne leur est pas assuré, que ce soit dans la rue ou trop souvent au sein même de leur famille. On sait que les violences sexistes et sexuelles touchent l’ensemble des sphères de la société. De récentes affaires médiatiques ont montré l’ampleur du phénomène. 

Les femmes sont avec les enfants, les premières victimes des guerres.  

Elles sont trop souvent oubliées de l’histoire, dans les domaines culturels, scientifiques et artistiques.

Aujourd’hui encore, l’égalité qui semble acquise n’est que théorique faute de moyens, et peut toujours être remise en cause.

Pourtant des politiques publiques, comme la création d’un service public de la petite enfance pour permettre aux femmes de ne plus renoncer à leur travail, et donc à leur salaire, ou la création d’un réel statut du foyer monoparental, comme le propose le PCF, permettraient de réelles avancées pour la vie des femmes.

La revalorisation des statuts et des salaires des métiers à prédominance féminine est urgente. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes apporterait 10 milliards d’euros de cotisations supplémentaires. C’est non seulement une question de justice mais cela  bénéficierait à toute la société !

En ce 8 mars 2025, pour permettre à toutes les travailleuses qui le veulent de déambuler dans les centaines de rassemblements prévus en France dans la journée de samedi, plusieurs centrales syndicales (CFDT, CGT, CFE CGC, Unsa, Solidaires et FSU) ont déposé un préavis de grève pour la journée. Des syndicats et associations réunis en collectif appellent à la grève féministe le samedi 8 mars.

Enfin, anecdotique mais répétitif et agaçant au regard des enjeux : la coutume municipale gratiennoise complètement décalée qui consiste à offrir un cadeau du maire aux femmes qui travaillent pour les collectivité, et aux élues. Un cadeau pour le 8 mars ? Non, des droits ! La ville pourrait chercher à progresser en matière d’égalité au travail, faire la chasse aux stéréotypes sexistes sur son territoire, initier des initiatives municipales un peu moins confidentielles dans le cadre du 8 mars…  Les exemples ne manquent dans des villes voisines, plus ambitieuses !

Comment sauver l’école ?

Natacha Polony, comment sauver l’école et les contradictions du maire de St Gratien

Natacha Polony était invitée à St Gratien à une conférence débat mardi 11 février salle Georges Brassens.

On nous avait mis en garde : « les salons de la Princesse Mathilde étaient surtout fréquentés par des intellectuels marqués à droite » – Franz Olivier Giesbert et Nicolas Vannier avaient été les derniers invités – voire dit qu’« elle était  » réactionnaire « par certains côtés ».

Tout d’abord, nous ne sommes pas sectaires.

D’autant que nous avions déjà écouté Natacha Polony au siège du PCF, place du Colonel Fabien, le 8 janvier dernier, à l’occasion d’une soirée hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes. Elle animait et participait à un débat entre notamment Fabien Roussel et Richard Melka (cf. photos ci-dessous en fin d’article).

Nous sommes donc allés écouter Natacha Polony mardi soir, sur un sujet qui nous tient à cœur : Comment sauver l’école ?

Ce qui jeudi soir, au Conseil municipal, nous a permis de constater l’ampleur des contradictions de M. le maire et de son équipe municipale sur le sujet de l’éducation [ce qui fera l’objet d’un deuxième article rendant compte du conseil municipal].

La conférence de Natacha Polony était charpentée. Il y avait de la substance dans ses propos. En un peu plus d’une heure d’exposé, elle a abordé beaucoup de sujets, certains très rapidement (on aurait pu y passer la soirée), d’autres de façon factuelle, et illustrés par sa propre expérience d’enseignante, puisqu’avant d’être journaliste et essayiste, pendant une dizaine d’années elle a été enseignante. Tout d’abord à Épinay (en collège si on a bien compris) puis dans le supérieur à Léonard de Vinci.

Elle a ensuite débuté une carrière de journaliste, d’abord comme spécialiste des questions d’éducation.

En guise d’entrée en matière, N. Polony a dit que les débats sur l’école dans les médias étaient affligeants : Pour ou contre l’uniforme à l’école ? Faut-il changer les rythmes scolaires ?  etc. n’étaient pas des thèmes à la hauteur au regard des enjeux.

Qu’est-ce que l’école ? À quoi sert l’école ? L’école est un sujet éminemment politique !

L’école est un pilier de la République Française. L’école n’est pas un service public au sens d’une « prestation de services ». Ce n’est pas quelque chose que l’on consomme. C’est bien plus que cela : c’est une institution de la Nation. Elle n’est pas seulement au service des individus. L’école est le creuset de la Nation.

Dire que l’on ne peut pas réformer l’école, c’est faux. L’école a connu beaucoup de réformes et les enseignants ont accepté beaucoup de réformes toujours venues du haut. L’une remplaçant l’autre. Sans évaluation de leurs résultats.

Les années 80/90 ont été des années de transformations majeures, qui se sont inscrites dans le projet européen à visée libérale : l’école doit être un service rendu aux entreprises (cf. Stratégie de Lisbonne de l’UE[1]). Il ne s’agit plus de transmettre des savoirs mais plutôt des compétences.

C’est une vision utilitaire – utilitariste – de l’école qui l’a emporté. Le rôle de l’école est dans cette logique libérale est de « fournir des travailleurs, adaptables, recyclables qui vont pouvoir interagir ».

On s’est éloigné du projet d’émancipation. C’est ce qui a guidé les différentes lois sur l’école entre 1985 et 2024. La droite et la gauche ont toujours fait la même politique en matière d’école.

Et malgré toutes ces réformes, l’école française ne va pas bien. C’est le ventre mou des maux de la société française.

L’école connait une baisse du niveau. Ce que révèlent les enquêtes du type Pisa. Ce n’est pas nouveau.

Déjà dans les années 90, le phénomène était identifié. Mais il ne fallait pas en parler au sein de l’Éducation Nationale. J’avais déjà vu niveler par le haut des moyennes et faire passer coûte que coûte des élèves dans le niveau supérieur.

Comment cela s’explique-t-il ?

La France a un des systèmes éducatifs les plus inégalitaires. Il ne faut pas idéaliser l’école de la IIIè République, qui elle aussi était inégalitaire. On emmenait la masse des élèves des catégories les moins favorisées jusqu’au certificat d’étude. Et seuls les élèves des classes aisées allaient jusqu’au bac et au-delà.

Aujourd’hui si l’école française porte près de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac, on constate depuis plusieurs années, que le noyau dur des très bons élèves se réduit. Et la masse des élèves de niveau moyen voient leur moyenne baisser. Ils tirent vers le bas les résultats.

Ce décrochage du niveau scolaire aura des conséquences économiques : moins d’ingénieurs, de chercheurs, etc. à terme cela impactera la compétitivité de la France.

Comment cela s’explique-t-il ?

Il y a une paupérisation des enseignants. Un enseignant gagne en moyenne 1,2 Smic. La place des professeurs dans l’échelle sociale dégringole.

Cette paupérisation des enseignants s’explique parce qu’on a voulu faire baisser le nombre d’élèves par classe, avec une moyenne d’élèves par classe qui a baissé de 30, à 28/27 élèves en moyenne. Cela a un coût. Et ce coût a été compensé par la non augmentation des salaires des enseignants.

Cette dévalorisation du métier d’enseignant s’est traduite par une crise des vocations. Les concours de l’éducation ne font plus le plein : faute d’être attractive, l’éducation nationale n’arrive plus à recruter les meilleurs par matière, qui vont ensuite aller les enseigner.

Cela s’explique aussi par une destruction progressive de l’image de l’école aux yeux des familles. On pense à un ancien président qui laissait entendre qu’être prof, c’est avoir 6 mois de vacances… Cela a participé à délégitimer l’école, y compris au niveau des savoirs qui y sont enseignés. Tous les jours il y a des parents qui viennent contester auprès des enseignants le contenu de certains cours, qui déplaisent aux familles. Tous les jours des élèves contestent la fonction du professeur qui n’est plus respectée : « toi qui enseigne à 1700€ / 1900€,  tu es là parce que tu n’as pas été pris ailleurs ». [La rémunération des enseignants français est en queue de peloton dans l’OCDE : elle représente 50% de la rémunération des enseignants allemands. Elle se situe juste au-dessus de la rémunération des enseignants polonais].

La France est parmi les pays de l’OCDE celui où il y a le plus de problèmes de discipline dans les classes. Il n’est pas rare, que sur une heure de cours, l’enseignant consacre 15 minutes à régler des problèmes de discipline. Cela a des conséquences sur le résultat des élèves et sur la crise des vocations.

Dans le privé est-ce mieux ? Les gens fuient vers le privé. Mais si l’école publique jouait son rôle, alors il n’y aurait pas de fuite vers le privé. Dans l’école publique on ne peut pas virer les élèves qui posent problème.

Que faire ?

ž Il n’y aura pas de cohésion nationale sans une école qui fonctionne. Il faut retrouver le sens de l’école.

ž Il faut rappeler que les professeurs sont indispensables. Pour un élève suivre un cours à distance devant un écran n’a rien à voir au gain qu’il en retire quand il s’agit d’un cours en présentiel, avec interaction avec l’enseignant.

ž Si en valeur absolue il est vrai que le budget de l’Éducation nationale progresse chaque année, en part relative il n’a pas arrêté de décrocher depuis 1997. Par rapport à cette époque, si aujourd’hui on avait le même % de budget, il nous manque 15 à 20 milliards par an.

ž Il faut en finir avec la baisse des rémunérations des enseignants et le manque de considération. Il faut rendre leur honneur aux enseignants.  Et cela passe par une revalorisation significative du métier de professeur, pour le rendre à nouveau attractif : pour qu’à nouveau l’éducation sélectionne les meilleurs par matière et que ceux-ci soient devant les élèves pour les former.

ž Disposer de plus d’enseignants et disposer d’enseignants formés. J’ai connu le système de l’IPES[2] qui formait sur 3 ans de futurs professeurs. Ce système de formation des enseignants permettait un brassage social :  il permettait à des jeunes adultes issus de la classe moyenne de trouver un emploi, de les payer pendant leurs études et en compensation, ils devaient 10 ans de service à l’État.

 Rappeler que le rôle des parents ne doit pas être de contester les enseignants. Les parents ont toute leur place à l’école, mais pas pour contester les méthodes d’enseignement et encore moins les contenus des enseignements. Devant les enseignants, ils doivent tirer dans le même sens que les enseignants et les directions d’école.

Merci à Stéphane Bauer pour ce compte-rendu de la soirée, et pour ses photos !

[1] La dynamique de la politique éducative française du début des années 2000, qui a inspiré notamment la loi Fillon, tire directement son inspiration de la « Stratégie de Lisbonne », élaborée lors du Conseil européen tenu dans la capitale portugaise en mars 2000. C’est la feuille de route libérale de toutes les politiques européennes. On y retrouve, appliquées à l’éducation, bon nombre de notions qui fleurissent par ailleurs dans le discours des institutions internationales, de la Commission européenne et des dirigeants politiques : compétitivité, efficacité, développement des partenariats, financement public-privé, marché de l’éducation, capital humain, économie de la connaissance, esprit d’entreprise, individualisation de la responsabilité de la formation, etc. L’un des derniers documents du Conseil est parfaitement explicite à cet égard : « Les ressources humaines constituent la principale richesse de l’Union européenne. Elles sont au cœur de la création et de la transmission des connaissances et sont un élément décisif du potentiel d’innovation de chaque société. L’investissement dans l’éducation et la formation est un facteur déterminant en matière de compétitivité, de croissance durable et d’emploi dans l’Union, et constitue de ce fait un préalable pour atteindre les objectifs économiques, sociaux et environnementaux que l’Union européenne s’est fixé à Lisbonne. De même, il est essentiel de renforcer les synergies et la complémentarité entre l’éducation et d’autres domaines d’action tels que l’emploi, la recherche et l’innovation et la politique macro-économique ». Pourquoi se former ? Pour mieux s’adapter aux changements économiques. Le droit de se former tout au long de la vie rime avec le droit de rechercher un emploi dans un marché du travail dérégulé où la « concurrence est libre et non faussée »

[2] En France, un institut de préparation aux enseignements de second degré (en abrégé IPES) rassemblait, au sein d’une faculté des sciences ou des lettres, des élèves-professeurs rémunérés, généralement durant 3 ans, en vue de l’acquisition des titres habilitant à l’enseignement dans les lycées, les collèges classiques et moderne, les écoles normales primaires, les écoles nationales professionnelles et les collèges techniques. Créés en 1957, ces instituts furent supprimés en 19792 mais les postes d’élèves-professeurs furent maintenus jusqu’en 1978. Les élèves professeurs devaient souscrire l’engagement de servir dans l’enseignement public pendant une durée minimum de dix années à dater de l’entrée à l’institut. Les élèves professeurs devaient préparer normalement en deux ans dans les facultés les certificats des licences d’enseignement. Ils accédaient aux centres pédagogiques régionaux pour y effectuer un stage d’une année en tant que professeur-stagiaire.

Ci-dessous, Natacha Polony, Julie Gayet, Fabien Roussel, Richard Melka, pour une soirée-hommage à Charlie le 8 janvier 2025, au siège parisien du PCF

Logement, une crise sans précédent

30è Rapport sur le mal-logement de la Fondation pour le logement des défavorisés

Après avoir été annoncée, la bombe sociale du logement est en train d’exploser sous nos yeux et la crise du logement s’accélère de manière très inquiétante, comme le souligne le 30è rapport annuel sur l’état du mal-logement de la Fondation.

En France, 350 000 personnes sont sans domicile, en hébergement ou à la rue. 30 % des ménages ont eu froid dans leur logement en 2024, contre 14 % en 2020. Plus de 2,7 millions de ménages étaient en attente d’un logement social mi-2024. Plus de 19 000 ménages ont été victimes d’expulsion locative en 2024.

Une crise du logement sans précédent dans notre région, alerte le groupe de « La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne » au Conseil régional d’Île-de-France. À lire ci-dessous son communiqué.  

La Fondation pour le logement des défavorisés dévoile son 30ème rapport sur l’état du mal-logement en France, document de référence. Chiffres à l’appui, la Fondation confirme une crise sans précédent du logement. Tous les signaux sont au rouge : explosion du nombre d’enfants à la rue, des expulsions sans relogement, du prix des logements, des charges locatives… et une chute de la production de logement de 23,4% entre 2016 et 2021. Ils confirment que l’Ile-de-France s’enfonce dans une crise du logement sans précédent. Il s’agit d’une situation explosive.

Toujours plus de demandes, toujours moins de constructions

En effet, en 2023, le nombre de demandes de logement social en attente en dénombre 837 129. Cela représente une augmentation de 53 640 demandes sur un an (+6,85%). Le nombre de personnes en attente d’un logement social grimpe à 1 858 337, soit 106 462 personnes en plus en une seule année (+6,01%). L’Ile-de-France compte 100 000 demandes de plus qu’en 2020, soit 335 000 personnes en attente supplémentaires en seulement 3 années.

Ces terribles chiffres s’ajoutent à l’explosion des expulsions sans relogement, du prix des logements, des charges locatives… et à une chute de la production de logement de 23,4% entre 2016 et 2021. Depuis le 3ème trimestre 2023, le nombre de logements mis en construction chaque trimestre est inférieur à celui enregistré lors du confinement de 2020 ! La construction de logements en Ile-de-France atteint son plus bas niveau depuis 1993. Par ailleurs, les loyers des logements sociaux neufs explosent : ils sont, en moyenne en Ile-de-France, 28% supérieurs aux logements sociaux existants.

L’Ile-de-France, région capitale du sans-abrisme

Le nombre d’enfants à la rue et de sans-abri bat un record : 350 000 sans-abris estimés en 2024 (plus 20 000 en un an) en France, dont plus de la moitié en Île-de-France. Il est à déplorer un record du nombre de morts dans la rue : 735 morts en 2024, record depuis le recensement associatif de ces victimes. L’Île-de-France concentre également 72% des nuitées  d’hébergement en hôtel du pays, alors qu’elle ne représente qu’un habitant sur cinq.

25 ans après la loi SRU, le nombre de communes carencées augmentent

L’Île-de-France compte désormais 67 communes hors la loi, soit 17 de plus que le précédent bilan triennal ! En effet, 67 collectivités (dans le Val d’Oise : Auvers, Enghien,  Ezanville, Franconville, Montlignon, Montmorency, Nesles-la Vallée, Le Plessis-Bouchard, Saint Brice, Saint-Leu la Forêt) ne respectent pas l’obligation de disposer de 25% de logements sociaux, plus de 23 ans après l’application de la loi SRU. Ce nombre augmente. Certains édiles revendiquent même, jusque dans la presse, un droit à l’illégalité et au refus de construire du logement social. La censure du Gouvernement de Michel Barnier a évité la mise en œuvre des projets visant à supprimer l’obligation de construire 25% de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants. Toutefois, les mesures efficaces de la loi SRU restent dans le viseur de la droite et de l’extrême-droite.

Zéro euro pour le logement en 2025, clause anti-ghetto, stigmatisation du logement social et de leurs habitants : la droite régionale complice

Alors que 70% de la population est éligible à un logement social, niant la gravité de la situation et des millions de Francilien·nes mal-logé·es ou non-logé·es, la droite régionale a réduit de 55,8% les crédits de paiement dédiés au logement entre 2015 et 2023. Pire, en 2025, Valérie Pécresse a décrété une « année blanche » : aucun crédit de paiement ne sera versé pour la rénovation ou la construction de logements sociaux (hors ANRU). Désavouée par l’État sur sa « clause anti-ghetto », la droite régionale persiste à vouloir stigmatiser les communes qui construisent du logement social au-delà du seuil minimal légal dans un contexte de pénurie historique.

Face à cela, un plan d’urgence pour la construction de logements sociaux et très sociaux s’impose. Il doit reposer notamment sur des aides nationales à la pierre, le soutien aux bailleurs sociaux (notamment publics), le renfort des aides aux locataires mais aussi par la prise de sanctions, prévues par la loi, à l’encontre des maires complices de cette situation qui constitue une véritable mise en danger de la vie d’autrui.

Céline Malaisé, Présidente du groupe de « La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne »

Lire ici le dossier de synthèse du rapport