André Chassaigne, un élu utile ! (2)

Aujourd’hui même, mardi 25 mars 2025, André Chassaigne posera sa dernière question au gouvernement. L’emblématique député communiste quitte l’Assemblée nationale. 

Portrait d’un combattant de l’intérêt général, publié dans l’Humanité, par Aurélien Soucheyre. Les photos ont été prises par Stéphane Bauer, lors d’un rassemblement pour la défense de l’audiovisuel public, place Collette en avril  2024.

André Chassaigne, « un monument de l’Assemblée et un militant »

Figure centrale du PCF et de l’Assemblée nationale, le chef de file des députés communistes a été élu vendredi 14 mars maire-adjoint, à Saint-Amand-Roche-Savine, dans son Puy-de-Dôme natal. Il prévoit de rendre fin mars son mandat parlementaire.

Député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2022, André Chassaigne quittera son poste à la fin du mois de mars.

L’un des députés les plus costauds de l’Assemblée nationale, tant par sa carrure massive que par sa grande connaissance du Parlement, a décidé de passer la main. André Chassaigne, figure centrale du PCF, connu pour ses bons mots, ses coups de gueule, sa moustache devenue blanche comme la neige, et sa défense acharnée de la justice sociale, des services publics, de la ruralité et de Cuba, quittera fin mars son siège au Palais Bourbon.

Mais n’allez pas croire que c’est une porte qui se ferme. « Il s’agit surtout d’en ouvrir une pour la suite. J’accorde une grande importance à la transmission. J’ai 74 ans, il est temps de laisser la place », mesure-t-il.

Vendredi 14 mars, le chef de file des députés communistes, président du groupe GDR depuis 2012, a été élu maire-adjoint dans sa commune auvergnate du Saint-Amand-Roche-Savine. « Je reprends le premier mandat que j’ai eu il y a des années, quand j’avais 27 ans. La boucle est bouclée ! », apprécie-t-il. Et quelle boucle. Lors des législatives de 2002, le PCF prend l’eau : il perd 14 sièges et n’en gagne qu’un seul. Qui peut bien enregistrer une telle conquête, à contre-courant de la dynamique nationale ? André Chassaigne.

L’ancien professeur de lettres et d’histoire géographie, devenu principal de collège et maire de sa ville, arrache la 5e circonscription du Puy-de-Dôme. « J’ai été candidat pendant 24 ans avant de gagner, en grappillant des points petit à petit », raconte l’élu, enraciné dans son territoire, et où Michel Charasse, ancien ministre de François Mitterrand, le qualifiait de véritable « service public à lui tout seul ».

« Dédé »

Après avoir usé quatre présidents de la République, douze premiers ministres, et sept présidents de l’Assemblée, celui que beaucoup surnomment « Dédé », aura donc toujours siégé dans l’opposition. « C’est facile de critiquer et de cogner. Et les gouvernements auxquels j’ai fait face le méritaient bien. Mais je me suis toujours méfié des critiques littéraires qui n’écrivent jamais de romans. J’ai donc sans cesse cherché à m’investir dans le corps-à-corps législatif avec cet objectif : être un député d’opposition sans concession, tout en étant capable de revenir en circonscription avec des amendements dans ma besace, pour l’intérêt général », témoigne-t-il.

À la stupeur générale, en 2008, André Chassaigne fait ainsi voter un amendement anti-OGM, qui provoque une crise au sein du gouvernement et de la majorité UMP de l’époque. « J’avais réussi à convaincre suffisamment de députés de droite de la nocivité du projet ! » se remémore-t-il.

Les caméras se braquent sur l’élu. Les troupes présidentielles déposent dans la foulée un amendement similaire, présenté par François Grosdidier, qui est adopté. Et pour calmer le jeu, sans perdre la face, le président Nicolas Sarkozy se déclare publiquement favorable à « l’amendement Chassaigne-Grosdidier ».

« Quand je suis retourné en circonscription, les gens m’ont félicité, puis certains m’ont dit, outrés, qu’ils étaient scandalisés que Sarkozy m’ait appelé ‘‘Chassaigne Gros Dédé’’ ! », rigole encore le député, qui prend la tête du groupe GDR en 2012. François Hollande succède alors à Sarkozy. Les citoyens attendent une politique de gauche. Il n’en sera rien.

« J’ai connu une bonne trentaine de 49.3 »

« Il existe en Auvergne des petites fenêtres dans nos fermes, que l’on appelle ‘‘fenestrou’’. Eh bien à trop vouloir l’emprunter, François Hollande s’est coincé dans le fenestrou de la droite et ne peut plus en sortir ! », lance en 2016 André Chassaigne, aussi bien ulcéré par le projet de déchéance de la nationalité, que par les lois Macron et El Khomri passées à coups de 49.3.

« J’en ai au final connu une bonne trentaine, et on s’y habitue jamais. Nous sommes arrivés à une situation où tout ce que la Ve République avait prévu pour que l’exécutif domine le législatif est utilisé sans aucune mesure, écrasant toujours plus la représentation nationale. C’est catastrophique pour la démocratie. J’avais qualifié le régime de « démocrature » sous le premier quinquennat de Macron. Le ‘‘triple coup de force’’, comme j’ai pu le dire contre la loi El Khomri ou sur les réformes des retraites, est permanent : coup de force contre l’opinion majoritaire des Français, coup de force contre les représentations syndicales, coup de force contre les parlementaires. Personne ne profite de ses assauts d’une violence inouïe du capital contre notre modèle social issu du programme du Conseil national de la résistance. Personne, à part les milliardaires et l’extrême droite », s’indigne le député sur le départ.

« Un internationaliste, un antiraciste, un grand défenseur des droits humains »

En 23 ans au Palais Bourbon, toujours en première ligne, « Dédé » aura mené bien des batailles. « C’est un monument de l’Assemblée, et en même temps c’est un militant. C’est ça qui est formidable. C’est un magnifique porteur de parole pour la ruralité. Un ami des outre-mer. Un internationaliste, un antiraciste, un grand défenseur des droits humains », souligne Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion, qui a longtemps siégé avec lui au Parlement.

Car communistes et élus progressistes ultramarins composent ensemble le groupe GDR. « C’est notre spécificité, c’est notre richesse. J’ai eu le bonheur de présider un groupe pour qui le soleil ne se couche jamais, où nous avons tous en commun de lutter pour qu’il n’y ait aucun sous-citoyen, aucun sous-territoire, et une égalité républicaine réelle, que ce soit à 10 heures d’avion de Paris dans les Outremers, à plusieurs heures de train et de voiture dans les territoires ruraux, ou à une heure de métro dans les banlieues populaires », relève André Chassaigne.

Figure très respectée, André Chassaigne l’est aussi de ceux qu’il combat. « Parce qu’il a acquis beaucoup d’expérience sur la défense et du rôle du Parlement, et parce que même quand il cogne dur, ses coups de gueule sont toujours argumentés et justifiés », observe Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

« Un hyperactif et boulimique de travail »

« On est nombreux à l’apprécier humainement, et à le trouver assez coriace, voire redoutable quand on le cherche. Mais on lui pardonne, sauf peut-être ses mots lors de l’Affaire Benalla », souffle un macroniste. En 2018, scandalisé par l’enterrement de la commission d’enquête dédiée à l’obscur collaborateur du président, André Chassaigne étrille la servilité des députés de la majorité, les qualifiant « d’intestins silencieux de la bouche élyséenne » : « vous avez prouvé que même sans colonne vertébrale il est possible de ramper ».

Stéphane Peu, pressenti pour reprendre la présidence du groupe GDR avec la coprésidente Emelyne K/Bidi, se souvient bien de ses premiers pas de député devant cette Macronie triomphante : « Nous étions dans le groupe presque tous des néodéputés. Seuls André Chassaigne et Marie-George Buffet avaient une expérience aguerrie du Parlement. Et nous avons été un peu désarçonnés par l’arrogance du nouveau monde, par ces jeunes macronistes vierges d’histoire et de culture politique, soumis au président et tout droit sortis de cabinets d’affaires. André, qui est un personnage hors normes, un hyperactif, un boulimique de travail, a été d’une aide précieuse pour nous accueillir au groupe et nous lancer sur le chemin de l’offensive ».

« Il nous a pris la main. À chaque fois que l’on pose une question au gouvernement, quand on arrive au micro juste devant lui. Il nous glisse cette boutade pour nous détendre et nous mobiliser : ‘‘Attention tout le parti te regarde, pose correctement ta question’’ », se souvient Fabien Roussel, qu’André Chassaigne avait d’ailleurs convaincu de se lancer, lors du congrès du PCF de 2018, afin d’en prendre la tête.

L’échec du Perchoir

L’autre caractéristique de « Dédé », c’est qu’il ne lâche rien. Engagé dans un long combat pour revaloriser les pensions de retraites agricoles, afin qu’aucune ne soit inférieure à 85 % du Smic, le député a dû affronter tous les mauvais coups possibles inventés par les gouvernements avant d’obtenir gain de cause, avec deux lois qui portent son nom, la deuxième étendant la première aux conjointes des exploitants agricoles.

« Au pouvoir, on aurait fait bien plus. Mais il faut savoir être utile en toutes circonstances, dans l’adversité ». C’est cette endurance, son aura et son expérience, qui l’ont amené à devenir en 2024 candidat du Nouveau Front populaire à la présidence de l’Assemblée.

« Si cela n’avait pas été lui, jamais un communiste ne se serait imposé comme candidat commun du NFP alors que nous étions le seul groupe à avoir perdu des sièges. Son autorité et sa personnalité lui ont permis de convaincre non seulement à gauche, mais au-delà. Il a reçu 207 voix lors du vote, contre 220 pour Yaël Braun-Pivet. Seulement 13 voix d’écart, alors que 17 ministres ont pris part au vote pour l’empêcher de gagner, se livrant en dépit de toutes les règles à un cumul des genres entre exécutif et législatif », signale Stéphane Peu.

« André Chassaigne aurait fait un formidable président de l’Assemblée », relève Huguette Bello, qui qualifie le groupe GDR de « pépinière à présidents », puisqu’en plus d’elle à La Réunion, bien d’autres anciens membres ont présidé ou président leur région : Alfred-Marie Jeanne en Martinique, Gabriel Servil en Guyane, et Moetai Brotherson en Polynésie.

« On m’a élevé dans l’idée du rejet de toutes les oppressions »

André Chassaigne n’est pas passé loin, lui aussi, du fauteuil principal d’une assemblée. Sans jamais y avoir pensé avant qu’une occasion historique ne se présente.

« Si c’était arrivé, j’aurais gardé les pieds sur terre. Mon père était ouvrier. J’ai grandi dans une cité Michelin. Quand il revenait de l’usine avec sa musette, mes frères l’ouvraient pour récupérer les résultats sportifs, et moi c’était pour voir s’il n’y avait pas des tracts des syndicats et du PCF. J’avais des photos du Che dans ma chambre, et chez moi on ne buvait pas de Coca-Cola, et encore moins pendant la guerre du Vietnam. On me disait qu’une bouteille vide, c’était une balle pour un petit vietnamien. On m’a élevé dans l’idée du rejet de toutes les oppressions ».

À la place du cola, ce sera donc un verre d’eau ou de vin, pour ce bon vivant, également sauveur de la fraise de veau. « Elle avait été interdite à la consommation. Elle fait pourtant partie d’un plat traditionnel de la montagne thiernoise, le moulet, en référence aux ouvriers à domicile », précise-t-il. Et parce qu’il y a « aussi bien des petits matins que des grands soirs », André Chassaigne a réussi à ce que la fraise de veau retourne dans les assiettes. Alors que la tête de veau est déjà mangée pour fêter tous les 21 janvier la mort de Louis XVI, qui sait si la fraise de veau, l’air de rien, n’a pas elle aussi un petit goût de révolution ?

« Avec la centaine de députés d’extrême droite à l’Assemblée, la révolution, ce n’est pas pour tout de suite, mesure tout de même le député. Le combat politique s’annonce toujours plus musclé. Mais je ne suis pas pessimiste. La gauche, si elle sait combattre frontalement la xénophobie et les inégalités, peut rassembler et renverser la vapeur. » Un combat qu’il n’entend pas abandonner, à son échelle, en plus de faire revivre au local l’ancien collège de Saint-Amand-Roche-Savine et faire restaurer son église.

« À l’Assemblée, mon suppléant, Julien Brugerolles, va prendre la suite. Il est très présent à mes côtés et sur le terrain depuis des années, on va simplement inverser les rôles. Je sais qu’il va très bien se débrouiller », indique Dédé, qui ne quittera pas Paris de si vite. « Maintenant qu’André va avoir plus de temps, nous allons pouvoir l’exploiter davantage au Conseil national du PCF, apprécie Fabien Roussel. Il y intervient régulièrement. Sa parole y est très importante. Il est très aguerri sur les questions internationales, particulièrement brûlantes en ce moment ! »

La dernière question au gouvernement d’André Chassaigne, prévue le 25 mars, ne signera donc pas son dernier acte politique. Bien au contraire. Comme dit la formule, militant un jour, militant toujours…

André Chassaigne, un élu utile ! (1)

Qui n’a pas d’estime pour André Chassaigne ?

Bien au-delà des rangs de sa formation politique, il suscite le respect de par la constance de ses combats, sa force de persuasion, son caractère toujours affable, son souci des autres.

En 2012, il a été à Saint Gratien notre invité pour une soirée. C’était à l’occasion des élections législatives, et il était venu parler de changement climatique et d’écologie, autour de son livre « Pour une Terre commune ». Après la réunion publique, pendant laquelle il avait séduit l’auditoire comme à l’accoutumée, nous avions partagé un repas tardif. Soudain, André a disparu de la table… nous l’avons retrouvé dans la cuisine du restaurant, en grande discussion avec le chef, dont il s’inquiétait des conditions de travail !

Membre du PCF depuis 1979, André a été conseiller général du canton de Saint-Amant-Roche-Savine, conseiller régional d’Auvergne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine. Il est également député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2002 et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale depuis 2012. Il est réélu en 2017 puis en 2022 avec…69,43 % des suffrages exprimés, réélu encore en 2024.

Il est régulièrement cité parmi les députés les plus actifs de l’Assemblée nationale. En avril 2017, il est désigné « meilleur élève » parmi les députés de l’Assemblée nationale, pour son assiduité et son implication dans le travail parlementaire. Il intervient fréquemment sur les thématiques en lien avec la protection de l’environnement, passant ainsi, selon Mediapart, pour le « Monsieur écologie » du PCF. Il est perçu comme un élu de terrain, proche de ses administrés et du monde rural. Le 17 juillet 2024, il est désigné par le Nouveau Front populaire pour être le candidat unique de la gauche à la présidence de l’Assemblée nationale. Il arrive en tête au premier tour avec 200 voix et est cependant battu à l’issue du troisième tour par Yaël Braun-Pivet, de 13 voix. En juin 2020, il est rapporteur d’une proposition de loi, initialement déposée durant le précédent mandat, visant à revaloriser les petites retraites agricoles pour qu’aucune ne soit inférieure à 85 % du SMIC, avec un financement assuré par une augmentation de 0,1% de la « taxe sur les transactions financières ». Cette revalorisation sera votée à l’unanimité. Sa proposition de réévaluation des retraites des aidants d’exploitations agricoles, dont en particulier les femmes conjoints, est également adoptée en décembre 2021.

André Chassaigne est interrogé par Marceau Taburet, pour le Huffpost

André Chassaigne va quitter l’Assemblée, et exprime son spleen

André Chassaigne s’apprête à quitter l’Assemblée nationale et reconnaît une forme de regret sur la situation politique actuelle. À 75 ans, le président du groupe communiste à l’Assemblée porte un regard amer sur la situation politique, marquée par l’essor de l’extrême droite.

Après vingt-trois ans passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, André Chassaigne s’apprête à tirer sa révérence. Dans les prochains jours, le président du groupe GDR rangera son écharpe de député au placard, lui préférant celle d’adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). « Le mandat local me manque. Mon rêve est de revenir aux fonctions que j’avais à 27 ans pour finir ma vie politique en toute humilité », justifie-t-il auprès de LCP.

Mais avant de définitivement quitter le Palais Bourbon, « Dédé le rouge », comme le surnomment certains de ses amis, est revenu sur sa longue carrière politique et a assuré s’en aller « avec le sentiment du travail accompli » : « J’ai fait mon travail d’élu, comme maire, comme conseiller général, puis comme député. J’en suis fier. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait ». Il est entré à l’Assemblée pour la première fois en 2002, et s’est ensuite fait réélire à cinq reprises.

Pour autant, le communiste à la célèbre moustache porte un regard amer sur la situation politique actuelle. « J’ai commencé à militer à l’âge de 16 ans, j’en ai 75 aujourd’hui. Nous assistons aujourd’hui à une dérive planétaire sur les valeurs humanistes qu’on écrabouille », a-t-il exposé sur LCP. Il parle de ces individus dépourvus de « morale » qui « deviennent chef d’État » et qui « écrasent tout le monde », tel Donald Trump. « Tout ça pour ça ! », finit par conclure André Chassaigne qui fait part d’une forme de spleen à l’heure de raccrocher les gants : « Quand on a une vie de militant et d’élu comme moi, j’arrive à 75 ans dans un monde qui est à l’opposé de ce que j’ai toujours voulu construire ».

« Un vieux meuble de l’Assemblée »

Conscient d’être devenu au fil du temps une figure emblématique de l’Assemblée, André Chassaigne assume de vouloir transmettre le flambeau à la jeune génération. C’est son suppléant Julien Brugerolles, 43 ans, qui prendra la suite. Quand on lui demande s’il a l’impression d’être « un vieux meuble de l’Assemblée », le président de groupe répond avec humour : « Allez dans un magasin de brocante ou une antiquité, vous verrez que les vieux meubles ça ne se vend plus, les jeunes n’en veulent plus. Il faut faire du moderne ».

Son meilleur souvenir dans l’hémicycle, révèle-t-il, restera la loi sur les retraites agricoles qu’il a initiée et qui porte désormais son nom. Celle-ci réhausse le montant minimum des pensions des agriculteurs à 85 % du SMIC net agricole. « Un combat de plusieurs années», souligne celui qui est devenu l’un des derniers représentants du communisme rural à l’Assemblée : « J’ai toujours fait de la politique avec mes tripes ». Il continuera à en faire, mais loin de la capitale.

Disparition de Jean-François Téaldi

Nous apprenons avec grande tristesse la disparition de Jean-François Téaldi. Il y a quelques années, nous avions échangé avec lui alors qu’il était le « monsieur culture » du Front de Gauche.

À lire ci-dessous l’article de « la Marseillaise » qui lui rend hommage.

Hommage unanime à Jean-François Téaldi
La mémoire du journaliste, dirigeant syndical et communiste disparu à l’âge de 73 ans est saluée par de nombreuses personnalités.
Léo Purguette

Responsable du SNJ-CGT de France télévisions, Jean-François Téaldi a été de tous les combats pour le service public et le pluralisme. Il aura indéniablement laissé sa marque dans le monde des médias mais aussi dans le monde politique et syndical.

Jean-François Téaldi a rendu son dernier souffle mercredi, après un combat contre la maladie. L’annonce de sa disparition a suscité beaucoup d’émotion chez ceux qui l’ont croisé tout au long de sa vie dédiée au journalisme et à ses engagements à la CGT et au PCF.

Né en 1952, il est issu d’un milieu populaire et grandit à Cannes dans les Alpes-Maritimes, département auquel il restera attaché toute sa vie. C’est à Nice qu’il franchit le pas de l’engagement politique en rejoignant l’Union des étudiants communistes puis le PCF.

Sur le plan professionnel, après avoir fait ses débuts de journaliste à « Nice-Matin », c’est à FR3 puis à France 3 Côte d’Azur qu’il effectue l’essentiel de son parcours. «Les engagements et les luttes, syndicales et politiques, ont marqué la vie entière de celui qui fut secrétaire général du SNJ-CGT de France 3 de 1981 à 1992, puis de France Télévisions de 2002 à 2012», rappelle le SNJ-CGT dans un communiqué-hommage.

« Sa riche carrière de journaliste à FR3 puis à France 3 Côte d’Azur, dont il deviendra rédacteur en chef adjoint, l’a amené à exercer son métier aussi bien au bord des terrains de foot que dans les ateliers d’artistes, sur les plateaux de débats politiques ou de présentation du journal régional, mais également à l’étranger, pour des reportages en Afrique du Sud, au Liban, au Japon… On retiendra ses interviews sans concession, notamment face à Jacques Médecin, Jean-Marie Le Pen, Christian Estrosi ou Bernard Tapie», énumère le syndicat en soulignant que «celui qui incarnait l’exigence d’une information libre et sincère fut également cofondateur du Club de la presse Nice-Côte d’Azur, enseignant en école de journalisme ou encore membre du jury de la sélection « Un certain Regard » du Festival de Cannes».

À l’Humanité, c’est le grand reporter, Pierre Barbancey, qui rend hommage à son  » ami et camarade Jean-François Téaldi ».

Ses camarades dirigeants et élus communistes ne sont pas en reste pour saluer sa mémoire, son engagement, sa passion de la politique.

« Pour moi, il était plus qu’un compagnon de lutte ; il était un frère», témoigne Julien Picot, secrétaire départemental du PCF dans les Alpes-Maritimes. « Jusqu’au bout, Jeff a été un acteur majeur de la vie de notre Parti. Membre du Conseil national du PCF pendant plusieurs années, il continuait, malgré la maladie, à assister aux réunions du Comité départemental des Alpes-Maritimes», ajoute-t-il à l’égard de celui qui fut aussi élu de Cagnes-sur-Mer, en précisant que « son engagement dans l’équipe de rédaction du Patriote Côte d’Azur ne s’est jamais démenti. Sa tribune hebdomadaire était attendue et appréciée de nos lecteurs».

Jean-Marc Coppola, adjoint PCF au maire de Marseille, chargé de la Culture s’incline devant ce « militant communiste et syndical, courageux défenseur du service public de l’audiovisuel au plan local comme journaliste à France 3 Côte d’Azur et au plan national. Il va nous manquer».

La députée communiste de Seine-Saint-Denis, Soumya Bourouaha, le sénateur de Paris et porte-parole du PCF, Ian Brossat, joignent leur voix aux hommages rendus à « Jeff », tel que le nommaient ses amis et camarades.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et maire de Saint-Amand-les-Eaux, ne cache pas son émotion : « Jeff, j’ai appris que ta vie s’en allait et je regrette tellement de n’avoir pas pu te dire au revoir. Ton regard sur le journalisme, la presse, la démocratie vont nous manquer autant que ta gentillesse, ta douceur, ton amitié. Adieu camarade, adieu l’ami.»

Même le président LR du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy témoigne d’un réel respect à l’égard de Jean-François Téaldi : « Face à Jacques Médecin, Jacques Peyrat ou encore Bernard Tapie, il ne mâcha jamais ses mots. Jean-François Téaldi était autant un combattant qu’un journaliste. Il manquera au paysage journalistique et politique des Alpes-Maritimes. Nous ne partagions pas les mêmes idées. Nous nous retrouvions quelques fois, et avons toujours eu des relations amicales. J’adresse mes pensées à ses proches.»

À La Marseillaise, direction et CGT ont rendu hommage dès la veille, à ce grand homme, qui avait mis toute son énergie dans la bataille pour sauver notre journal en 2015. Notre respect, notre reconnaissance et notre tendresse pour lui ne s’effaceront pas.

Obsèques mercredi 19 mars à 16h au crématorium de Cannes.

Un autre budget

Les députés GDR (Gauche démocrate et républicaine) voteront la censure du budget de F. Bayrou.

Et au Sénat, que se passe-t-il  ?

Opposés eux aussi au budget, les sénateurs du groupe CRCE-K défendent dix mesures alternatives. Pierre Barros, sénateur apparenté communiste du Val d‘Oise, co-signe à ce propos une tribune parue dans l’Humanité. À lire ci-dessous.

Les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2025 Attal-Barnier-Bayrou prévoient des coupes importantes dans les dépenses du budget de l’État et une baisse des moyens pour les services publics, les collectivités, la Sécurité sociale, déjà exsangues. Le refus de dégager de nouvelles recettes confine le débat parlementaire aux choix des dépenses à couper. Nous refusons cette parodie de démocratie.

C’est un autre budget que les groupes de la Gauche démocrate et républicaine de l’Assemblée nationale et du groupe Communiste républicain citoyen et écologiste – Kanaky du Sénat veulent proposer : un budget qui soit au service de la solidarité nationale et non au profit de quelques-uns, un budget qui crée une richesse vertueuse. C’est pourquoi nous venons de déposer une proposition de loi visant à instaurer diverses mesures d’urgence sociale et fiscale. Elles mettent en évidence que l’austérité pour tous est un choix politique et non une fatalité.

Face à l’urgence climatique et écologique, un sursaut est indispensable notamment dans les territoires dits ultramarins, en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique. Nous formulons dix propositions alternatives en faveur de la justice sociale : abrogation de la réforme des retraites, augmentation des salaires (Smic à 1 600 euros et salaires indexés sur l’inflation), évolution du traitement des fonctionnaires (point d’indice reconsidéré à + 10 %), revalorisation des pensions de retraite (fixation du montant minimum de retraite à 100 % du Smic net pour une carrière complète) et des minima sociaux à hauteur de + 10 %, amélioration du pouvoir d’achat des ménages (par un blocage des prix des loyers, des produits alimentaires…) et lutte contre la vie chère dans les territoires dits d’outre-mer (instauration d’un taux à 0 % pour les produits de première nécessité).

Dix propositions de justice fiscale viennent compléter le projet : lutte contre l’évasion fiscale grâce notamment à l’imposition des plus-values, mise à contribution des revenus du capital, doublement de la taxe sur les transactions financières, rétablissement de l’impôt sur les sociétés, abrogation des niches fiscales injustes, conditionnement des aides aux entreprises ou encore instauration de taxes sur les très hauts patrimoines.

Nous voulons aussi protéger les services publics et les collectivités locales par l’indexation de la dotation globale de fonctionnement des collectivités sur l’inflation. Ces propositions démontrent notre crédibilité financière.

L’enjeu consiste à sortir d’une société corsetée par la rente et l’héritage où l’accumulation stérile remplace l’élan collectif. Chaque fois, dans notre histoire, que les rentiers accumulent des sommes considérables, le pays s’appauvrit et les inégalités s’accentuent. C’est le respect du pacte social et fiscal que nous remettons au centre des débats afin que notre République et les valeurs universelles qui la fondent soient respectées.

Pierre Barros ; sénateur CRCE-K du Val-d’Oise, membre de la commission des Finances

Pascal Savoldelli ; sénateur CRCE-K du Val-de-Marne, vice-président de la commission des Finances

Charlie

Hommage aux victimes de l’attentat de Charlie Hebdo au siège parisien du PCF

Place du Colonel Fabien, la salle de la coupole était pleine hier 8 janvier 2025 pour des échanges denses sur la défense de la liberté d’expression, de la caricature et du blasphème. Fabien Roussel a rappelé l’attachement essentiel à ces libertés fondamentales, à la laïcité, et la lutte capitale à mener contre tous les extrémismes mortifères.

Les dessins exposés sont issus du concours international « rirededieu », lancé par Charlie Hebdo.

Photos S. B. 

 

Un équilibre complexe

À l’Assemblée, parole à André Chassaigne, qu’on ne présente plus. Il est interrogé par l’Humanité. (Léa Petit Scalogna)

André Chassaigne : « Le NFP a un équilibre complexe à trouver »

Photo Pierrick Villette/ABACAPRESS

Mercredi 30 octobre, la proposition de loi sur l’abrogation de la réforme des retraites du Rassemblement national sera examinée à l’Assemblée nationale. Vous avez dit « assumer le vote » en sa faveur. Cette position fait débat à gauche, pourquoi ce choix ?

Le groupe GDR, comme l’ensemble des groupes du NFP, est partagé. Tout le monde est convaincu de la nécessité de revenir sur la réforme des retraites. La question est de savoir, pour autant, si nous irions jusqu’à voter une proposition de loi portée par le RN. 

Nous avons débattu dans le respect de chacun. Certains, comme les insoumis, considèrent qu’il faut conserver la digue : « On ne votera jamais leurs textes ! » D’autres, dont je suis, estiment que nous devons nous saisir de ce texte et faire en sorte qu’il suive son chemin législatif jusqu’au Sénat.

Dans la niche de la France insoumise, le 28 novembre, il y aura une proposition de loi pour l’abrogation de la réforme des retraites. Nous l’avons cosignée, contrairement aux écologistes et aux socialistes.

Néanmoins, il subsiste le risque que le RN ne vote pas notre texte, auquel cas, ce serait un formidable échec pour les millions de Françaises et Français qui l’attendent. Nous ne pouvons écarter l’hypothèse car nous savons qu’au fond, le RN ne veut pas de cette abrogation. Le parti a trop de gages à donner aux marchés financiers.

Les débats sur le budget ont lieu en ce moment au Palais Bourbon, la gauche souhaite augmenter les recettes fiscales, contrairement à la droite. En quoi est-ce un des combats prioritaires ?

Il s’agit d’une bataille identitaire pour l’ensemble de la gauche, dans la mesure où nous considérons qu’il faut maintenir les dépenses publiques pour que nos services publics soient efficaces. Si nous n’arrachons pas de recettes fiscales, on amputera la faculté de l’État à répondre aux besoins essentiels des personnes.

L’identité de la gauche réside dans le fait que ce sont des services que nous devons à la population. Tandis que la droite, elle, porte tout le contraire. Elle a toujours considéré que les services publics devaient être réduits à la portion congrue et juge souvent que la santé, l’éducation et les transports doivent répondre à des logiques marchandes.

Nos recettes fiscales ne sont pas piochées dans des prétendus impôts prélevés sur les foyers modestes, mais sur les plus grandes fortunes. Nous voudrions notamment revenir sur les exonérations de cotisations accordées aux entreprises et, surtout, aux multinationales.

La colère paysanne a largement profité à l’extrême droite, a contrario, qu’est-ce que la gauche propose aux agriculteurs ?

Nous ne proposons pas de répondre au coup par coup, par des mesurettes et une espèce d’éparpillement d’aides temporaires. La gauche, notamment les communistes, souhaite mettre en place des mesures structurelles – car le pouvoir actuel ne les porte aucunement. La première consiste en une régulation économique.

Il nous faut soutenir les prix d’achat à la production et, pour cela, nous devons nous attaquer frontalement à la libéralisation du secteur. Les acteurs de la distribution et les industriels agroalimentaires minent actuellement la chaîne de valeur. Les pouvoirs publics doivent maintenir un rapport de force pour imposer des mesures aux géants du domaine et fixer les prix.

Ensuite, la violence de la crise climatique et des aléas sanitaires doit être compensée par un système d’assurance publique de couverture des risques. Tant qu’on ne l’aura pas créé, nous n’arriverons pas à répondre clairement aux problématiques des agriculteurs.

L’un des autres chantiers sur lequel il faut travailler est celui des importations. J’ai pris l’initiative d’une tribune, signée par plus d’une centaine de parlementaires, qui s’oppose à la signature du Mercosur avec les pays d’Amérique latine. Il faut revenir sur tous les accords de libre-échange qui créent une concurrence abusive et inacceptable au détriment de nos paysans.

Comment la gauche peut-elle faire des ponts entre les campagnes et les quartiers populaires ?

Je ne crois pas qu’il faille opposer villages et banlieues. Cet antagonisme alimente le vote d’extrême droite qui se nourrit de tous les populismes. Les populations urbaines et rurales sont différentes, néanmoins ce qui les réunit, c’est la réalité de la lutte des classes toujours plus vive.

Dans les villes, dans les banlieues, dans les villages, nous devons combattre avec la même détermination l’abandon des populations les plus fragiles par l’État.

Que doit faire la gauche pour ne pas décevoir l’espoir créé par le NFP et gagner en 2027 ?

Il y a une forte attente des électeurs du rassemblement de la gauche, il ne faut pas les décevoir. Mais nous avons un équilibre, complexe, à trouver. Au lendemain de la dissolution, le Nouveau Front populaire a vu le jour avec un programme et des candidatures communes.

Malheureusement, elles ont été présentées en fonction de l’ascendant de certaines formations politiques. Déjà, lors de l’épisode douloureux de la Nupes, je déplorais la domination sans partage de la France insoumise, sortie renforcée de l’élection présidentielle.

Pour les législatives, je regrette que les communistes aient été réduits à 50 circonscriptions. Alors que, pour beaucoup d’autres, nous aurions pu avoir des candidats ancrés localement et gagner des sièges. Ce n’est pas comme ça que nous avancerons. Aujourd’hui, il y a un rééquilibrage entre les quatre formations qu’il faut poursuivre.

Le NFP ne peut être viable sans le respect de ses différentes composantes. Nous nous organisons collectivement, comme pour ma candidature à la présidence de l’Assemblée. Nous avons parfois des divergences stratégiques et de fond. Par exemple, les communistes et les écologistes n’auront jamais la même appréciation sur la question des centrales nucléaires.

L’objectif n’est pas de se fondre les uns dans les autres, d’écraser les spécificités de chacun. Nous souhaitons devenir majoritaires dans la diversité des expressions des organisations. Cela ne signifie pas forcément qu’il y aura plusieurs candidats pour 2027, mais il ne faudrait pas qu’une candidature unique nous soit imposée de façon unilatérale. Cela dit, nous n’en sommes pas là.

Un État pour la Palestine

Fabien Roussel : « Reconnaître l’État de Palestine maintenant, un devoir politique et moral pour la France »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, Charlotte Blandiot-Faride, présidente de l’Association pour le Jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF) et Philippe Rio, président de la Coopérative des élus communistes, ont cosigné une tribune (parue dans « Marianne, ndlr). Ils y appellent la France à agir en reconnaissant l’État de Palestine, afin de ne plus rester spectateur des horreurs commises par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Et ainsi démanteler les colonies, détruire le mur de la honte et mettre fin à l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza.

À lire ci-dessous

Le Proche-Orient s’enfonce dans la guerre. Les chiffres sont sidérants à Gaza : plus de 50 000 morts sont désormais comptabilisés, plus de 95 000 blessés, 89 % de la population gazaouie déplacée sous ordre d’évacuation, le spectre de la famine et des épidémies touchant l’ensemble de population civile, 70 % des infrastructures détruites selon l’ONU. La Cisjordanie subit des incursions permanentes des camps de réfugiés et les violences sans précédent de colons qui sévissent en territoire occupé.

Le peuple palestinien est face à l’une des plus grandes catastrophes de son histoire, confronté à un risque de génocide selon la Cour pénale internationale (CPI) et à une intention délibérée de l’État d’Israël de tuer la population civile sans distinction. Le Liban, à son tour, est bombardé, après des attaques dont le modus operandi rappelle les pratiques des pires organisations terroristes.

Honte

Le gouvernement ultranationaliste de Benyamin Netanyahou, dans sa volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, constitue un danger mortel pour le peuple palestinien, pour le peuple libanais et pour le peuple israélien. Ni les massacres terroristes inqualifiables du Hamas le 7 octobre, ni les attaques du Hezbollah ne peuvent justifier les crimes de Tsahal, la dévastation de Gaza, le pilonnage des villes libanaises ou les actions visant à répandre la terreur parmi les populations civiles.

Depuis un an, nous, citoyens français, avons honte. Honte de voir notre pays rester spectateur alors qu’un massacre a lieu à 200 kilomètres des frontières de l’Union européenne.

Honte de voir notre pays renoncer au rôle qui le voyait hier porter devant la communauté internationale les exigences de paix et de justice pour la région. Honte de laisser des binationaux franco-israéliens commettre des crimes en toute impunité dans les territoires occupés. Honte de voir cette Union européenne maintenir ses accords commerciaux avec le gouvernement israélien. Honte de voir notre pays s’aligner sur l’inaction coupable de l’UE et s’effacer devant le soutien militaire et diplomatique des États-Unis.

La France doit agir

Depuis trente ans, nous avons vu l’espoir suscité par les accords d’Oslo être piétinés par les gouvernements israéliens successifs et par la passivité des gouvernements occidentaux. Nous avons entendu ce que nous ont dit les Israéliens du camp de la paix qui manifestent sans relâche pour un cessez-le-feu et la libération des otages ; ce que nous ont dit les Palestiniens des camps de réfugiés, les prisonniers libérés, l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), l’Autorité palestinienne.

Nous avons entendu les familles des victimes du Hamas et des victimes de Tsahal. Nous avons été les premiers responsables politiques français à nous être rendus en délégation en Israël, en Cisjordanie occupée et dans les camps de réfugiés au mois de mars dernier. Nous écoutons les grandes voix pour la paix que sont Elie Barnavi ou Elias Sanbar. Tous appellent la France à sortir des postures, des discours impuissants, de l’hypocrisie et à agir concrètement.

La France doit reconnaître immédiatement l’État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, aux côtés de l’État d’Israël. Emmanuel Macron a dit dans son discours à la tribune de l’ONU s’engager à « bâtir des reconnaissances mutuelles ».

Franchement, qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce que les 147 États qui ont à ce jour reconnu l’État de Palestine, parmi lesquels figurent l’Espagne, l’Irlande et l’Arménie, ont attendu de « bâtir des reconnaissances mutuelles » ? Est-ce que la France elle-même, quand elle a voté le 18 avril dernier, au conseil de sécurité de l’ONU pour l’adhésion et entière de la Palestine à l’ONU, a attendu de « bâtir des reconnaissances mutuelles » ?

La reconnaissance de l’État de Palestine ne peut pas être la fin sans cesse reportée d’un processus. Elle en est au contraire le début, la clef pour mettre en œuvre concrètement la seule solution de paix juste et durable possible : deux États pour deux peuples vivant sur une même terre et la reconnaissance du droit au retour des réfugiés. C’est la première étape pour démanteler les colonies, détruire le mur de la honte et mettre fin à l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza.

Un message fort

La reconnaissance de l’État de Palestine redonnerait à la France un rôle et un crédit dans l’action concrète pour une paix juste. Elle serait un message fort envoyé au gouvernement israélien coupable d’actes de terreur, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ; un gouvernement qui a sur les mains le sang du peuple palestinien, du peuple libanais et du peuple israélien, dont la place est devant la justice internationale, comme l’est celle des dirigeants du Hamas.

La reconnaissance de l’État de Palestine serait un message fort envoyé aux peuples qui veulent simplement vivre en paix, en sécurité et en démocratie. Il est temps que la France mette ses actes en cohérence avec ses discours. Il est temps que la France soit à la hauteur de ce que les peuples attendent d’elle.

Dominique à la fête

Dominique de Villepin : « Nous avons le devoir d’arrêter l’escalade meurtrière à Gaza »

Dominique de Villepin, invité à la fête de l’Humanité, a plaidé pour un nouvel ordre mondial fondé sur la justice et sur la paix.

Cette invitation a fait couler beaucoup d’encre. Certes, D. de Villepin est de droite et nous avons de nombreux désaccords sur la plupart des sujets. Nous n’oublions pas qu’il a été ministre de Jacques Chirac, à l’origine du projet de « CPE » qui avait suscité une forte mobilisation amenant à son abandon. Mais son discours devant le Conseil de Sécurité de l’ONU en 2003, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères,  avait aussi marqué les esprits : il avait brillamment détaillé l’opposition de la France à la guerre américaine en Irak.

En tout cas, dans les propos tenus à la fête, que ce soit sur la guerre à Gaza ou la situation politique française… rien à redire, nous partageons ses positions !

Pour juger vous-même, à lire ci-dessous son entretien avec les journalistes Rosa Moussaoui, Sébastien Crépel et Vadim Kamenka.

Photo Nicolas Cleuet

« Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang/Vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair/Mais le ciel et l’air/Sont les mêmes pour vous et pour nous. » Que vous inspirent ces vers du poète palestinien Mahmoud Darwich ?

La poésie nous rappelle à la conscience de notre humanité commune. Nous avons tous le même devoir : arrêter cette escalade meurtrière. Le 7 octobre, ne l’oublions pas, c’est 1 200 morts et plus de 240 otages. À partir de là, l’engrenage de la vengeance sans limite, sans proportion, a conduit, à Gaza, à ce bilan effarant de 40 000 morts, dont 30 000 femmes et enfants, issus de la population civile. Ce bilan, qu’il nous faut regarder en face, est lié à un choix de réponse par la force de la part d’une démocratie soutenue par les États-Unis et par les autres démocraties.

Alors même que nous aurions la capacité, et c’est cela que je trouve particulièrement révoltant, d’introduire de la mesure dans la réponse israélienne. D’abord, parce que nous aidons économiquement Israël, y compris sur les territoires de la colonisation. Ensuite, parce que nous apportons à ce pays une aide militaire – c’est particulièrement vrai s’agissant des États-Unis. Et nous le faisons, en quelque sorte, en fermant les yeux sur cet engrenage de la violence dont nous savons qu’il ne peut conduire à rien.

Ceux qui plaident pour continuer la guerre, pour aller « jusqu’au bout », oublient une réalité fondamentale. Nous sommes dans une guerre dite « contre le terrorisme » qui ne peut être gagnée en employant le seul langage de la force. Surtout si cette logique de force est sans objectif politique. Benyamin Netanyahou répète que son but, c’est l’éradication du Hamas. Il est contredit par son ministre de la Défense, Yoav Gallant, qui dit lui-même que le Hamas a été désarmé.

À Gaza, tous les services de renseignements disent que le point d’achoppement des négociations, le corridor de Philadelphie, dans le sud de Gaza, n’a pas lieu d’être maintenu par Israël. Sur ce point, une entente est possible : on pourrait engager un cessez-le-feu qui permettrait de libérer de nombreux otages, comme cela a été possible une première fois. Mais le gouvernement Netanyahou cherche surtout à se maintenir au pouvoir. Le premier ministre israélien joue sa survie personnelle et judiciaire. D’où la persistance d’une politique ultraconservatrice et fondamentaliste, celle de Ben-Gvir et Smotrich, auxquels il est associé. Cet engrenage de la violence est sans issue.

Entre les victimes du 7 octobre et celles de Gaza, partagez-vous le constat d’un double standard, d’une empathie sélective ?

Le drame, c’est l’invisibilisation de la mort à Gaza. Il ne s’agit pas de nier l’horreur, ni la barbarie du 7 octobre. Mais tous ces morts ont un visage. Tous ces morts s’inscrivent dans un lignage, dans un souvenir. Comment fait-on son deuil de ces morts qui n’existent pas ?

Vous avez cité Mahmoud Darwich ; je garde la mémoire des vers de Paul Celan : « Alors vous montez en fumée dans les airs/alors vous avez une tombe au creux des nuages. » Quelles sont les sépultures de ces enfants et de ces femmes à Gaza, dans un territoire où même les cimetières sont bombardés ? Heureusement, il reste une conscience internationale. Tous, nous avons le devoir d’ouvrir les yeux.

La France apporte son soutien inconditionnel à Benyamin Netanyahou. Comment pourrait-elle retrouver une voix crédible, indépendante, écoutée pour dégager des alternatives de paix au Proche-Orient ?

Nous avons défendu le droit international en Ukraine mais que faisons-nous à Gaza ? Ce droit international, depuis 1947, est bafoué au Proche-Orient. La Cour internationale de justice s’est prononcée sur l’illégalité de la colonisation. Elle a dit son inquiétude sur ce qui pourrait conduire à un éventuel génocide. La Cour pénale internationale a mis en accusation des responsables israéliens et, également, même si je ne fais pas de parallèle, des responsables du Hamas.

Si nous sommes capables de faire gagner la justice à Gaza, c’est tout l’ordre mondial que nous pourrons refonder. Ce conflit est né avec la création de l’État d’Israël, au lendemain de cet immense traumatisme de la Shoah, mais aussi de cette immense injustice faite aux Palestiniens restés sans terre. Avec la Nakba, 700 000 personnes ont été contraintes au départ.

Vous avez à plusieurs reprises réaffirmé votre attachement à une solution à deux États, à la reconnaissance par la France d’un État de Palestine…

Reconnaître le droit du peuple palestinien, accepter une solution à deux États, c’est garantir la sécurité d’Israël. Je n’ignore rien de l’immense choc, en Israël, du 7 octobre, qui a ravivé la mémoire de la Shoah. Cet État refuge, tout à coup, montrait ses limites. Le mythe d’un État capable de tout sécuriser par des armes sophistiquées s’est effondré. Une seule arme pourra garantir la sécurité du peuple israélien. C’est la justice qui permettra aux deux peuples de vivre ensemble.

La seule solution pour les esprits les plus radicaux comme Benyamin Netanyahou, c’est l’extension du conflit, avec le rêve d’une guerre totale. On voit bien comment Israël pourrait, si le conflit s’étend, solliciter l’aide américaine. Les Israéliens ne peuvent pas seuls détruire le Hezbollah et s’en prendre à l’Iran, avec une vraie menace sur le plan nucléaire. Le schéma de Benyamin Netanyahou, c’est la politique du pire.

Au contraire, la réponse, dans le cadre de la solution à deux États, réside dans une administration pour tous les territoires occupés : Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem. Une administration qui pourrait prendre en main ces territoires le plus tôt possible, sous l’égide internationale, avec une Autorité palestinienne rénovée, légitime et crédible, avec une force internationale d’interposition. Un tel scénario exige des interlocuteurs prêts à avancer, du côté israélien comme du côté palestinien. Il implique un réengagement de la communauté internationale en faveur de la justice et de la paix. Liquider le Hamas, ce n’est pas liquider les Palestiniens, ni la question palestinienne.

Jamais la question palestinienne n’a été aussi prégnante, incontournable, nécessaire à la création d’un nouvel ordre mondial. Si la communauté internationale veut éviter le spectre d’une guerre globale, mondialisée, elle doit offrir un avenir aux peuples, changer la perspective du monde.

Toute voix critique du gouvernement israélien s’expose à l’infamante accusation d’antisémitisme. Vous-même avez été la cible de tels procédés. Comment l’avez-vous vécu ?

Toute instrumentalisation de l’antisémitisme nuit à la lutte indispensable contre l’antisémitisme. Nous sommes dans un monde où les réseaux sociaux, les chaînes d’information en continu ne cessent de polariser les jugements et les opinions publiques. Cette logique de clivage est permanente. Nous devons donc nous méfier de l’instrumentalisation de nos paroles.

Mais ceux qui lancent ces accusations refusent en fait le débat. Je suis prêt à parler avec tout le monde. Et cette liberté fait peur à ceux qui refusent le dialogue et veulent le clore avec des étiquettes : « Antisémite », « anti-Israélien », « antisioniste ». Non ! Nous devons prendre le risque du débat. Un devoir s’impose quand on fait de la politique : assumer ses convictions.

La France a choisi elle aussi, au Sahel, la voie de la « guerre contre le terrorisme »…

Derrière cette guerre contre le terrorisme, et souvent derrière l’emploi de la force, il y a, sous-jacente, cette pensée magique du changement de régime qui réglerait tout. La politique du changement de régime, défendue par les néoconservateurs américains, s’est déployée en Irak, en Libye, en Syrie. Avec pour résultat le chaos que l’on sait. Elle est encore omniprésente sur la scène internationale, face à l’Iran, face à la Russie.

Je crois au contraire que l’ordre international tel qu’il a été défini en 1945 et tel qu’il devra être refondé implique l’acceptation du principe de non-ingérence, qui n’est pas synonyme de désintérêt pour les droits de l’homme. Toute leçon donnée aux autres doit commencer par soi-même. Regardez ce qui s’est passé le 6 janvier 2021 avec l’invasion du Capitole à Washington. Est-ce l’image d’une grande démocratie ? La confusion idéologique conduit les démocraties occidentales à s’égarer dans la surenchère. Or il n’y a pas d’issue dans la surenchère.

Qu’est-ce qui distingue le spectre de la « guerre globale » contre laquelle vous mettez en garde des conflits mondiaux du XXe siècle ?

Le spectre de la guerre globale est présent dans beaucoup de nos discours, y compris parfois dans la politique des sanctions. Les deux tiers de l’humanité ne suivent pas nos politiques de sanction. Les Brics, eux, se posent la question de vivre sans ce dernier tiers, en commerçant par le biais d’échanges qui ne passeraient pas par le dollar, par les marchés internationaux. C’est la construction d’un monde parallèle qui peu à peu va nous isoler. Tout cela change les mentalités du monde.

Et si la France veut rester capable de parler au Brésil, à l’Afrique du Sud, à l’Algérie, à l’Indonésie, nous devons construire un langage commun hors de la confrontation entre les États-Unis et la Chine. C’est aussi la question posée à l’Otan : doit-elle se projeter vers l’Asie pour contenir l’influence chinoise ? Cette logique d’élargissement des conflits, de guerre totale, nous menace. Au contraire, l’Europe doit préserver son indépendance, son autonomie stratégique. Elle doit construire son identité et sa souveraineté dans un grand partenariat avec le Sud global. L’avenir est là.

Le président Biden se dit « déterminé à mettre l’Ukraine dans la meilleure position possible pour l’emporter ». Comment initier un processus diplomatique conduisant à la désescalade ?

Ce conflit a déjà fait 300 000 victimes, on voit bien qu’il ne mène nulle part. Comment faire en sorte que la Russie ait intérêt à ne pas aller plus loin, à transiger ? C’est la question stratégique aujourd’hui sur la table. Nous devons être capables de dire là où peut se nouer une paix raisonnable. C’est compliqué, avec l’enjeu territorial au Donbass et en Crimée. Mais la question du statut de l’Ukraine, de sa neutralité, se pose aussi, comme celle des garanties de sécurité.

Redoutez-vous le retour de Donald Trump ?

Donald Trump prétend qu’il va faire la paix en Ukraine en 24 heures. Ça paraît peu raisonnable. Il a sans doute son idée sur Gaza ; elle ne passe sans doute pas par la création d’un État palestinien. Mais cela peut produire un réveil. Les Européens finiront peut-être par comprendre que les États-Unis, quoi qu’il arrive, privilégieront, comme ils l’ont fait avec Barack Obama, une continuité historique et diplomatique qui ne va pas dans le sens de l’Europe.

L’obsession des États-Unis, c’est l’Asie-Pacifique, avec l’objectif d’empêcher la Chine de devenir la première puissance mondiale. Ce n’est pas l’enjeu pour l’Europe. Nous n’avons pas partie liée avec les États-Unis sur l’ensemble de leur vision stratégique mondiale. L’Europe doit comprendre qu’elle a des intérêts communs avec le Sud global. Il faut être capable de mettre les pieds dans le plat.

Mario Draghi, l’ancien gouverneur de la BCE, fait justement le constat d’un décrochage économique de l’Europe. Il préconise un grand plan européen d’investissement. Michel Barnier, lui, a pour mission de conduire en France un plan d’austérité sans précédent. Quelles peuvent en être les conséquences économiques, sociales, politiques ?

L’austérité est toujours un renoncement. On peut choisir le sérieux budgétaire face à la dette tout en restant exigeant sur la nécessité de préserver la croissance. Nous avons besoin, comme les Américains et comme les Chinois, de relancer nos économies dans un moment où la différenciation se fait dans la grande bataille numérique, technologique. Cela exige des sommes colossales.

Mario Draghi parle de 800 milliards d’euros par an. C’est un immense effort, les États-Unis l’ont fait. Il faut être capable de cette audace. Le drame de la France, c’est que la start-up nation s’est faite à périmètre constant. Le résultat, c’est que nous sommes aujourd’hui dans un pays étriqué, qui rapetisse, ne pense pas, un pays égoïste. L’avenir, c’est au contraire la capacité d’offrir à chacun une perspective. Et cela suppose de renier la politique du rabot.

La dissolution de l’Assemblée nationale a ouvert une crise inédite sous la Ve République. Peut-elle se muer en crise de régime ?

Je ne suis pas forcément le mieux placé pour parler de dissolution… Mais je me permets de dire quand même que cette dernière dissolution n’a rien à voir avec la précédente. Là, j’avoue qu’on a un maître ès dynamite. Se couper de l’exigence démocratique, c’est courir le risque d’une crise de régime. Je l’ai dit dès le lendemain des législatives : il fallait faire les choses dans l’ordre, en respectant les Français.

Une force est arrivée en tête, il fallait lui donner sa chance. Est-ce que cela aurait duré ? Est-ce que le Nouveau Front populaire (NFP) aurait eu l’audace d’étendre ses lignes pour constituer un gouvernement qui puisse avoir une majorité ? Ce n’était pas au président de la République d’y répondre à la place du NFP. Nous sommes dans une situation très singulière : c’est le parti arrivé en dernier qui forme le gouvernement. Reconnaissez quand même un mérite à ce choix : il donne raison à la parole évangélique. « Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers ! »

Michel Barnier est un homme d’expérience, de dialogue, il l’a prouvé à Bruxelles. Bruxelles n’est pas le Parlement français. Je lui souhaite bon courage, avec le RN aux aguets. Mais il ne faut pas désespérer de la démocratie : nous avons d’autres options. L’expérience d’un gouvernement de front républicain mériterait peut-être d’être tentée. Vous avez devant vous un gaulliste : j’ai la mémoire de 1944. Un gouvernement d’union nationale, en cas de crise majeure, pourrait être une réponse. Ce que je souhaite, c’est que personne ne joue la politique du pire. Parce que le pire, nous savons tous où cela conduit.

Quelle fête !

Trois jours qui passent bien trop vite ! La fête de l’Huma 2024 s’est tenue dans l’Essonne ces 13, 14 et 15 septembre. Traditionnel rendez-vous politique, festif, culturel, musical, sportif, littéraire, international…. (liste non exhaustive !)  de la rentrée, l’édition 2024 a cette année pris un relief tout particulier. Le journal fêtait ses 120 ans d’existence, et continue de revendiquer sa place de média indépendant et engagé. La fête a fait bien évidemment une grande place au Nouveau Front Populaire, aux échanges entre forces de gauche, qui, ce n’est pas nouveau, ont des divergences mais aussi un tel « devoir « d’union ! 

À la fête, il y avait du monde, davantage que l’an dernier… Du soleil, c’est assez inédit aussi ! Des débats… audacieux, comme celui entre la « patronne » de la CGT  et le président du Medef. Des invités… inattendus comme Dominique de Villepin (très applaudi!), d’autres moins surprenants, comme François Ruffin (un peu chahuté, comme quoi la fête est toujours étonnante), des grandes personnalités tels Angela Davis… Au village du monde, c’est toujours un voyage extraordinaire de solidarité, avec cette année une mention spéciale et émouvante à la Palestine.. Des concerts qui ont fait le plein  entre MC Solaar, Pomme ou Calogero…  Des dizaines de stands plus imaginatifs les uns que les autres, et pas seulement en matière culinaire. Et tant d’autres choses qu’il faudrait un livre pour ne pas en oublier !

On regrette que cela soit déjà fini, avec l’impression d’en avoir si peu vu, entendu, profité ! En voici un tout petit aperçu, avec quelques photos prises aux détours des allées. (Merci à J, S, P. pour leurs clichés !)