Au Conseil de septembre… (2)

Les principaux échanges de la séance du 25 septembre 2025 du Conseil municipal de Saint Gratien

Le Conseil entend tout d’abord une information sur la rentrée scolaire. Exercice habituel en septembre.

Nous n’avons pas la parole à ce moment.. dommage ! Car je n’aurais pas manqué de rappeler que nous avons demandé par écrit auprès de l’adjointe aux affaires scolaires diverses informations, telles que les effectifs des écoles (détaillés par classe), les travaux d’été, l’état des dérogations, le nombre d’animateurs, le nombre de rationnaires par école dans les cantines… Nous n’entendrons le soir du Conseil que les effectifs par école, annoncés si rapidement qu’une prise de notes est ardue, et les travaux principaux. Nous n’avons aucune réponse du maire sur ce sujet. Nous lui avons en effet adressé un courrier, après le refus de l’adjointe de nous communiquer les infos élémentaires que nous demandons chaque année. D’ordinaire, la ville nous les communique lors de la commission scolaire de… novembre, ce qui est déjà un problème ! Mais cette année, l’adjointe nous répond que nous ne recevrons aucun renseignement car nous sommes… en période d’élection ! On en déduit que ces années-là, les effectifs des écoles ou le nombre d’enfants déjeunant à la cantine est top secret ! On en resterait sans voix si hélas, on ne connaissait bien les difficultés d’accès aux informations de base que rencontrent les élus minoritaires… une attitude contraire à l’exercice démocratique.

Les travaux dans les écoles comportent un important volet « festonnage » c’est à dire opacification des grilles, au motif de sécurité. Nous reviendrons sur cet aspect et ces aménagements, qui nous interdisent dorénavant de voir les enfants jouer dans les cours, tout en n’apportant guère de sécurité… Quant au gazon synthétique installé pour « végétaliser », on reste là encore assez stupéfait…  

Nous questionnons ensuite sur les décisions du maire, toujours en nombre important. Un échange incompréhensible pour le public, puisque ces décisions ne sont plus lues en séance comme auparavant…. Des sujets variés et parfois importants, comme les travaux du château Catinat, des demandes de précisions sur des dépenses nouvelles non négligeables ou des informations sur des opérations immobilières projetées. Les travaux de la cour de l’école élémentaire Jean Jaurès nous interpellent, puisque trois chiffres différents apparaissent pour cette opération, dans le budget, dans une  décision modificative… puis dans le Mag de la ville. Il apparait que le coût total est de 189 000€, mais ils ne concernent pas uniquement la « dés-imperméabilisation » de la cour, comme le titre de l’article du Mag le laisse faussement entendre. Je reviendrai d’ailleurs sur ce dossier, sur un sujet et une école qui me tiennent à cœur.

Nous nous opposons, comme à chaque fois que le sujet se présente, sur la vente d’un appartement possédé par la ville. Nous faisons remarquer qu’on manque cruellement de lieux d’accueil pour femmes victimes de violences.. Pourquoi ne pas mutualiser un stock de logements via la CAPV ? Le maire argue alors d’une impossibilité de louer le studio du fait de sa mauvaise performance énergétique. Étrange, car il a quelques mois, la ville a vendu un autre appartement au même endroit, et le maire niait alors ce problème…

Nous votons pour une délégation au maire lui donnant  le pouvoir de sanctionner en cas de non-respect du permis de louer, dispositif que la ville a instauré pour lutter contre l’habitat indigne.

À suivre…

Au Conseil de septembre… (1)

Voici les principaux moments du Conseil municipal de ce 25 septembre 2025.

Commençons par la fin de la séance… et les réponses du maire à nos questions orales, au nom de notre groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». À noter que nos « commentaires » n’ont pu être énoncés en séance, puisque nous n’avons plus la parole après que le maire se soit exprimé.

Golf urbain    Stéphane Bauer

Nous souhaitons bien appréhender la fréquentation de cet équipement sportif. Dans la brochure disponible en mairie, il est indiqué que l’on peut acheter pour 2 € une balle de golf chez Carrefour Market, partenaire « officiel » par conséquent du golf urbain de St Gratien.

À combien s’élève depuis l’inauguration du golf urbain les recettes de la vente de balles de golf spécifiques à cet usage ?

Réponse du maire : il est difficile d’indiquer la recette récoltée par l’association des commerçants qui assure la vente des balles. Quelques éléments néanmoins… depuis la mise en place du golf urbain, plus de 200 participants ont pris part aux différentes actions proposées par la ville : 20 participants ont profité de l’initiation avec la fédération française de golf, 25 enfants du club des Raguenets, les membres du club de pétanque, et une vingtaine d’agents municipaux. De nouvelles actions sont programmées avec l’espace « Citoyennes de la République », avec les seniors via le CCAS, et les jeunes de l’espace jeunes. La ville réfléchit à l’organisation d’un tournoi intergénérationnel.  

Nos commentaires : on voit bien que cette initiative peine à démarrer et à trouver un public régulier. La ville se voit contrainte d’organiser des initiations, dont on ne connait pas les répercussions sur une pratique régulière par la suite. C’est à notre avis une dépense répondant davantage à une attirance personnelle d’un adjoint que d’une réelle demande des habitant· es. Trouvera-t-elle enfin un public régulier de pratiquant· es ? Rien aujourd’hui ne semble l’indiquer, et le fait que le maire ne se hasarde pas à donner un chiffre de vente de balles montre bien que le golf urbain reste aujourd’hui très peu fréquenté par les Gratiennois· es. À part sur les photos du magazine, bien peu de golfeurs et de golfeuses en ville..   

Projet boulevard Pasteur   Stéphane Bauer

Un projet d’aménagement urbain en lien avec les mobilités alternatives à la voiture pourrait prochainement sortir de terre boulevard Pasteur, derrière l’école Ferrandi, au niveau du marchand de cycles, propriété qui jouxte une maison inoccupée sur un grand terrain dont la ville a fait l’acquisition.

Qu’envisage la ville à cet endroit pour les mobilités alternatives à la voiture?

Réponse du maire : pas de projet clairement défini aujourd’hui. Le maire doit rencontrer prochainement la CCI du Val d’Oise, propriétaire de la parcelle voisine, pour envisager le devenir de cet endroit et aux différentes options possibles.    

Nos commentaires : Il nous faudra revenir à la chasse aux informations prochainement… avant de nous voir présenter un projet déjà finalisé sur lequel nous n’aurons plus rien à dire..

PLU     Isabelle Volat

Nous lisons dans la tribune de la majorité du dernier Mag municipal, sorti le 20/09/2025, que le « PLU entre dans une phase essentielle avec la rédaction de son projet d’aménagement et de développement durable ». Trois axes sont ensuite développés. Une réunion est évoquée à la date du 9 septembre 2025, à laquelle les élus de la minorité n’ont pas été conviés, et dont aucun compte-rendu ne nous a été transmis, ni diffusé sur les supports de communications de la ville (FB, etc).

Pourquoi le Conseil municipal dans son ensemble n’a-t-il pas été informé et associé à cette réflexion, qui paraît capitale pour notre ville dans les années à venir ?

Réponse du maire : tous les Gratiennois ont été informés de cette réunion, annoncée dans le magazine de juin, sur les panneaux administratifs et sur le site de la ville. Il y avait de nombreux élus et les questions des Gratiennois présents étaient particulièrement intéressantes. Il est regrettable que votre groupe n’ait pas été au rendez-vous pour cette présentation importante pour l’avenir de notre commune. Néanmoins, le diaporama présentant le diagnostic et les grands axes du PADD sont consultables sur le site internet de la ville.   

Nos commentaires : l’art de la non-réponse dans toute sa splendeur ! Outre que la publicité faite à ce type d’initiative reste toujours très discrète et peu efficace, que la date choisie la semaine de la rentrée limite encore la participation, notre question était claire : pourquoi n’avons-nous pas été associés à ce travail ? Parce que la majorité municipale travaille en toute opacité et se contente de nous donner, a postériori, les résultats de ses réflexions.

Cérémonie de la libération   Stéphane Bauer

Le 31 août dernier, la ville commémorait comme à l’accoutumée la libération de la ville en août 1944. Gabrielle Cathala, députée de notre circonscription, avait communiqué au cabinet du maire sa volonté de faire déposer une gerbe à cette occasion. Or, de façon incompréhensible, le déroulé de la cérémonie a ignoré la présence de cette gerbe que nous nous apprêtions à déposer au nom de la députée, retenue dans d’autres cérémonies du même type. Nous avons pu enfin procédé au dépôt de la gerbe, après un cafouillage inédit dans le déroulé de la cérémonie officielle, partiellement rattrapé par la responsable du protocole, davantage informée que les services chargés du pilotage opérationnel de la cérémonie. Le titre de la députée n’a au final pas été cité lors de l’appel des dépôts des gerbes.

Comment expliquez-vous cet incident dans un exercice pourtant bien rodé habituellement ?

Réponse du maire : le maire reconnaît une erreur de lecture dans le déroulé de la cérémonie. La ville fera à l’avenir tout pour éviter ce genre de dysfonctionnement.

Nos commentaires : dont acte… nous y serons attentifs.

Marché municipal   Stéphane Bauer

La ville en collaboration avec le concessionnaire SOMAREP-MANDON envisageait si on a bien compris les explications de M. Le Maire en Conseil municipal, ainsi que lors de la fête de la paroisse, le regroupement des étals des commerçants sur le pan gauche de la halle, et la construction d’un boulodrome ou d’une aire de jeu et/ou d’un parking à vélos sur le pan droit, pour « une meilleure convivialité du marché ».

Où en sont ces projets, en cette rentrée où notre marché, avec seulement 12 commerçants présents en tout sous la halle et en extérieur ce dernier dimanche, apparaît plus fragile que jamais ?

Réponse du maire : le maire estime avoir déjà répondu à cette question lors du débat sur le rapport d’activité présenté par le concessionnaire. Il finit sur notre insistance par apporter quelque précisions. Toute modification de l’organisation, puisque le marché est régi via une délégation de service public, doit faire l’objet d’un avenant à la DSP. La ville donc transmis au délégataire une demande de réagencement pour accroître la superficie dédiée à l’espace de convivialité, y adjoindre des activités ludiques et mieux répartir les commerçants. La ville a demandé qu’il n’y ait pas d’augmentation des tarifs en 2025, ce qui supposera une prise en charge par la ville. La buvette a changé de gérant. Le tout figurera dans un avenant qui sera présenté au Conseil municipal.  

Nos commentaires : nous avons donc bien fait d’insister pour obtenir ces informations. Heureusement que nous fréquentons régulièrement le marché et que nous savions déjà que la buvette avait repris son activité. Pour le reste, la commission commerce de la semaine dernière aurait pu faire état de cette demande de modification du contrat, et de la volonté de la ville d’enfin investir pour aider le marché dans cette période difficile. Opacité, quand tu nous tiens.. 

À suivre.. 

Pense aux autres

Sans grande surprise, le drapeau de la Palestine n’a pas été accroché hier 22 septembre, au fronton de la mairie de Saint Gratien, malgré notre demande au maire. Mais en ce jour historique de reconnaissance officielle de la Palestine par la France à la tribune de l’ONU, le drapeau palestinien a tout de même flotté devant l’hôtel de ville ! Une trentaine de Gratiennois·es ont répondu à l’appel d’organisations et d’élus et se sont rassemblé·es  quelques heures avant le discours du Président de la République.

La vidéo de mon intervention est à retrouver ci-dessous, ainsi que celle de mon collègue Stéphane Bauer.

https://www.facebook.com/share/v/1CQZNPZAW7/

https://www.facebook.com/share/v/1DaB87DrLE/

Nous avons rappelé toute l’importance de la reconnaissance de la Palestine par la France et neuf autres pays. Même symbolique, c’est une étape marquante sur le chemin de la paix. Mais n’oublions pas qu’il faut arrêter le massacre des Palestiniens, que le monde entier caractérise comme un génocide, et enclencher un processus qui mène à une paix juste et durable, avec deux États aux frontières sûres et reconnues. Seules de fortes sanctions politiques et économiques pourront contraindre le gouvernement d’extrême-droite israélien : total embargo sur les armes, dénonciation de l’accord entre l’Union Européenne et Israël notamment. Des sanctions, maintenant, alors que Netanyahou, malgré le mandat d’arrêt international lancé contre lui, continue de menacer de terminer son entreprise génocidaire. Des sanctions, maintenant.

Merci à tous ceux et toutes celles qui se sont rassemblé·es hier devant notre mairie pour manifester leur solidarité envers le peuple palestinien !

Nous avons terminé par la lecture d’un poème de Mahmoud Darwich, tiré de : « Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin », traduit de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar  

Quand tu prépares ton petit-déjeuner, pense aux autres.

(N’oublie pas le grain aux colombes.) 

Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres.

(N’oublie pas ceux qui réclament la paix.) 

Quand tu règles la facture d’eau, pense aux autres.

(Qui tètent les nuages.) 

Quand tu rentres à la maison, ta maison, pense aux autres.

(N’oublie pas le peuple des tentes.) 

Quand tu comptes les étoiles pour dormir, pense aux autres.

(Certains n’ont pas le loisir de rêver.) 

Quand tu te libères par la métonymie, pense aux autres.

(Qui ont perdu le droit à la parole.) 

Quand tu penses aux autres lointains, pense à toi.

(Dis-toi : Que ne suis-je une bougie dans le noir ?)

Palestine, rien ne peut plus attendre

Manifestation parisienne de soutien au peuple palestinien ce dimanche 21 septembre 2025, dans le cadre de la journée internationale pour la paix. PCF, PS et écologistes avaient appelé à cette  manifestation, pas LFI, ce qu’on regrette. 

Demain, 22 septembre, la France reconnaîtra officiellement à l’ONU l’État de Palestine. Enfin ! Nous réclamions cette annonce depuis des années. Elle est importante, mais insuffisante pour arrêter le massacre et permettre d’envisager un processus conduisant à une paix juste et durable, avec deux États coexistant pacifiquement dans des frontières sûres et reconnues. Il nous faut à présent continuer à nous mobiliser pour obtenir l’arrêt des ventes d’armes à Israël, la suspension de l’accord de coopération UE/Israël, décider de sanctions contre l’État d’Israël, apporter une aide humanitaire massive à la population gazaouie.. Plus rien ne peut attendre. Stoppons le génocide.

Pour exprimer notre soutien aux Palestiniens et demander que la France s’engage beaucoup plus activement dans un processus conduisant à une paix juste et durable, nous donnons rendez-vous ce lundi 22 septembre à 18h devant la mairie de Saint Gratien.Ci-dessous l’appel des différentes organisations gratiennoises à l’initiative de ce rassemblement, puis nos images de la manifestation.

Un État palestinien

État de Palestine, le tournant ?

Tribune de Francis Wurtz dans l’Humanité Magazine

« Il n’y aura pas d’État palestinien : cet endroit nous appartient » : en prononçant ces paroles sur le lieu le plus emblématique de la colonisation de la Cisjordanie – car destiné à couper le territoire palestinien en deux pour tenter de rendre physiquement impossible l’édification d’un État autre que celui de l’occupant –, Netanyahou ne pouvait pas se montrer plus provocateur face au groupe d’États occidentaux, considérés jusqu’alors comme des alliés indéfectibles d’Israël, mais qui s’apprêtent à leur tour à reconnaître l’État de Palestine.

Les voici – France en tête – placés spectaculairement devant leurs responsabilités : ils vont devoir montrer à toute la communauté internationale ce que vaut leur acte diplomatique, tant de fois repoussé, mais que l’isolement sans précédent de ce pouvoir assassin dans l’opinion mondiale a rendu incontournable. Quelles mesures vont-ils prendre pour que soit mis fin au génocide à Gaza1 et à l’entreprise coloniale d’Israël dans sa globalité ?

En finir avec l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens.

Vont-ils laisser définitivement démonétiser leur parole collective en capitulant ouvertement devant ce politicien hors la loi, ou auront-ils cette fois à cœur de concrétiser leur engagement rituel en faveur de la « solution à deux États » ? Désormais, plus d’échappatoire. Aucune nouvelle lâcheté de leur part ne passera inaperçue. Tous les amis du peuple palestinien, tout comme les militants de la paix en Israël, y veilleront, et, au-delà, quiconque ne supporte plus le « deux poids, deux mesures » en matière de droit international sera, n’en doutons pas, aux aguets.

Emmanuel Macron est, à cet égard, le plus exposé. Lui qui revendique le « leadership » européen en matière de sanctions économiques contre Moscou, de livraisons d’armes à Kiev et d’envoi de troupes au sol en Ukraine, face à « l’ogre qui a besoin de continuer à manger » pour survivre. Que va-t-il proposer concernant l’« ogre » de Tel-Aviv, qui, de Gaza à la Cisjordanie, du Liban à l’Iran, de la Syrie au Yémen et jusqu’au Qatar, sème la mort et attise les tensions alors qu’une seule décision suffirait à créer les conditions d’une paix durable en Israël comme dans toute la région : en finir avec l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, conformément aux résolutions des Nations unies adoptées depuis 1967 !

Observons que, dans ce cas, nul ne demande que l’on recourt, pour obtenir une paix juste, à la livraison de chars, d’avions de chasse, de drones, de missiles ni de munitions aux Palestiniens occupés et martyrisés. Ce que demandent les Palestiniens depuis des décennies n’est autre que l’arrêt de toute vente d’armes à l’agresseur ainsi que l’exercice de pressions économiques et politiques suffisantes sur le pouvoir israélien pour obtenir l’ouverture de véritables négociations de paix sur la base du droit international.

Avec pour objectif l’édification de l’État palestinien à côté de l’État d’Israël, dans des frontières sûres et reconnues. Rendre enfin possible ce rêve simple et raisonnable : c’est tout l’enjeu que la désormais très large reconnaissance de l’État de Palestine remet à l’ordre du jour de l’agenda diplomatique mondial.

Je veux rendre hommage à José Fort, ce grand journaliste de l’Humanité, dont il dirigea longtemps avec compétence et sensibilité la rubrique internationale.

  1. « J’ai refusé pendant des années d’utiliser ce terme : « génocide ». Mais maintenant je ne peux pas m’empêcher de l’utiliser, après ce que j’ai lu dans les journaux, après les images que j’ai vues et après avoir parlé avec des personnes qui y ont été » (David Grossman 1er août 2025).

Le pire de l’horreur

« En Cisjordanie, l’apartheid s’amplifie avec la création de nouvelles colonies » : Pierre Barros, sénateur communiste, de retour de Palestine, est interrogé par l’Humanité.  

Sénateur communiste, Pierre Barros revient de Cisjordanie, où il s’est rendu dans le cadre d’une délégation du groupe d’amitié France Palestine 1. Il invite à préparer le « jour d’après » la reconnaissance de l’État de Palestine par la France, prévue le 22 septembre. Entretien.

Comment, en Cisjordanie, la situation à Gaza est-elle perçue ?

Ils considèrent que nous sommes face à une catastrophe colossale. On affame des gens, qui finissent par se déplacer eux-mêmes, qui cherchent de la nourriture sur les points contrôlés par l’armée israélienne. Avec une centaine de morts par jours, des bombardements quotidiens, on touche au pire de l’horreur.

La population est déshumanisée, placée dans une détresse folle. Il y a quelques mois, nous avions déjà reçu Médecins sans frontières, qui utilisait des termes similaires. On n’a pas affaire à une guerre, où deux pays, deux armées régulières s’affrontent, dans laquelle les populations civiles sont le moins affectées possible, avec des règles. Là, on a affaire à un déplacement de population. Il n’y a plus de règles. On est totalement hors du cadre du droit international.

La solidarité vit-elle entre Cisjordanie et Gaza ?

À Ramallah, nous avons visité un site du Croissant rouge palestinien. De là, ils gèrent l’ensemble des secours sur Gaza et la Cisjordanie. Sur le site, sont affichés l’ensemble des professionnels de santé tués à Gaza et en Cisjordanie. Cela pose l’ambiance.

On voit que c’est un métier difficile. Le sous-sol est un site logistique avec de la nourriture, du matériel médical, des tentes, des générateurs. On nous dit que le problème n’est pas tant le matériel, que de le faire entrer dans Gaza.

Le gouvernement israélien explique que ce n’est pas possible parce que les piquets de tentes, ça peut être des armes, etc. L’acheminement se fait au compte-goutte de sorte que les Gazaouis aient un peu à manger, mais aussi pour que cela entraîne des problèmes, des trafics, des bagarres. La faim devient une arme pour déplacer les populations.

Vos interlocuteurs vous font-ils part de l’évolution en Cisjordanie également ?

Absolument. Par exemple, lorsque nous étions à Bethléem, cartes à l’appui, l’installation de nouvelles colonies nous a été montrée, avec un zonage conçu pour faire en sorte qu’un État de Palestine n’ait aucune continuité territoriale. Une colonie est en train de s’installer à l’Est de Jérusalem, qui séparera le Nord et le Sud de la Palestine.

Des Palestiniens nous ont raconté leur quotidien, marqué par les coupures d’eau et d’électricité, les checkpoints, les permis de déplacement, de travail ou autre. Cela s’est dégradé depuis la crise du Covid. Il est plus difficile d’avoir une autorisation de déplacement.

Les atteintes aux droits humains se multiplient ?

Concernant les droits humains, on a un paquet global, fait d’humiliations, d’un apartheid qui s’amplifie par la création de colonies, de réseaux routiers auxquels seuls les colons peuvent accéder. Cela s’accélère. Un pays se superpose sur un autre avec ses propres infrastructures.

L’Autorité palestinienne vous fait-elle part de sa difficulté à administrer le territoire ?

Elle n’a pas les moyens de tout gérer. Ainsi, il y a beau y avoir des puisages en territoire palestinien, l’eau, comme l’électricité sont gérées par des entreprises israéliennes. C’est le gouvernement israélien qui a donc la main sur le robinet.

Or, en Cisjordanie, il y a de fortes restrictions d’eau. Un Palestinien pourra avoir au mieux 50 litres par jour alors qu’un colon bénéficiera de 150 litres. Il y a un véritable rationnement qui est un outil de l’État israélien. C’est ce genre de détail qui empêche les gens de vivre au quotidien, de travailler, de construire un avenir.

De plus, l’État israélien a détourné deux milliards de dollars de recettes fiscales qui auraient dû permettre à l’administration palestinienne de payer les salaires de ses agents.

La France s’apprête à reconnaître l’État de Palestine. Quels autres gestes doit produire la France ?

Le jour d’après la reconnaissance, il faut faire en sorte que l’État de Palestine puisse disposer d’une administration avec des cadres compétents. Cela va être un combat, car Israël va entraver la possibilité d’un État de Palestine de fonctionner normalement. Il va y avoir besoin d’un appui de l’ONU, de partenaires économiques, d’investissements. Il va falloir irriguer économiquement le territoire pour qu’il soit libéré de l’emprise du gouvernement israélien.

Faut-il sanctionner Israël pour faire pression sur lui ?

Malheureusement, on voit bien que rien ne bouge sans qu’il y ait, à un moment donné, une contrainte. Il faudra des sanctions pour qu’Israël se plie au droit international, comme il y en a eu après l’agression russe contre l’Ukraine. Il faut des sanctions, mais il ne faudra pas manier le seul bâton.

Je pense qu’il y a un vrai travail à faire sur la question de l’empathie. Les gens doivent être reconnus pour ce qu’ils sont et il faut tenir compte de l’histoire d’Israël, des citoyens d’Israël, la manière dont cette population a été martyrisée, chassée de partout à un moment de son histoire. Cela ne peut être balayé d’un revers de main. Mais en ce moment, on assiste à un repli et les premières victimes sont les Palestiniens, qui sont chassés.

Qu’avez-vous appris au contact des communautés chrétiennes ?

Nous avons rencontré des communautés religieuses. Leurs établissements vivent autour de lieux de culte et de pèlerinage. Ils étaient très fréquentés. Il n’y a plus personne et ce n’est pas sans conséquence. Tout un modèle économique existe autour du pèlerinage.

Or, les congrégations finançaient des écoles, des hôpitaux, des orphelinats, des centres sociaux. Elles permettaient un accès aux droits dans les territoires palestiniens. Tout ce réseau est en difficulté. Nous avons visité une congrégation dont le terrain a été coupé en deux pour y placer un mur.

Certaines voient leur eau, leur électricité coupée. Les membres des congrégations font face aux check-points, sont mis à nu pour être fouillés. Parfois on leur crache dessus. Les chrétiens, pour certains venus de l’étranger, nous disent vivre ce que vivent les Palestiniens en matière de privations.

  1. La délégation comprenait également Gisèle Jourda et Adel Ziane (socialistes) Raymonde Poncet-Monge (écologiste), et Étienne Blanc (LR).

Reconnaissance de la Palestine

Ce lundi 22 septembre, le Président de la République annoncera à la tribune de l’ONU la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France.

Nous nous félicitons de cette initiative, tout en regrettant qu’elle soit si tardive puisque 148 pays ont déjà reconnu la Palestine.  

Cette déclaration de reconnaissance, certes symbolique, marquera toutefois une étape décisive pour préserver la perspective de deux États – Israël et l’État de La Palestine – vivant côte à côte dans la sécurité et le respect mutuel de leurs droits.

Afin d’associer chaque municipalité de France à cette annonce solennelle, l’idée a été avancée de faire flotter le drapeau palestinien au fronton des mairies.

Notre groupe d’élus au Conseil municipal de Saint Gratien s’associe à cette initiative lancée au niveau national par Olivier Faure, dirigeant du PS. Cela permettrait d’exprimer la solidarité des habitants de notre ville envers une nation victime d’une agression militaire sans précédent, ainsi que vis-à-vis des otages israéliens du Hamas.

Nous nous sommes donc adressés au maire pour lui demander de faire flotter le drapeau de la Palestine au fronton de notre hôtel de ville ce lundi 22 septembre 2025.

Nous appelons par ailleurs les habitants à venir exprimer leur solidarité envers un peuple victime de la politique génocidaire d’un état colonialiste d’extrême – droite, en se rassemblant devant la mairie, ce lundi 22 septembre à 18h.

Le 21 septembre, pour la paix

Le 21 septembre est la journée internationale de la paix, instituée en 1981 par l’Assemblée générale des Nations-Unies.

Pour la paix, ce 21 septembre 2025, marchons pour la reconnaissance de l’État palestinien et l’arrêt immédiat du génocide en cours.

À Paris, le rendez-vous est fixé à 14h Place de la République.

Le PCF appelle à marcher dimanche pour :

-la reconnaissance immédiate de l’État de Palestine dans les frontières de 1967  

-l’arrêt immédiat du génocide en cours

-le cessez-le-feu et la libération des prisonniers politiques palestiniens et des otages israéliens  

-la fin de la colonisation et de l’occupation  

-un embargo sur les armes et des sanctions contre le gouvernement Netanyahou.

Voici l’appel unitaire des différentes organisations.

Marchons pour la paix, la justice, la liberté et l’arrêt immédiat du génocide en cours.

Partout dans le monde, des forces se lèvent pour la paix et l’arrêt des massacres. En Israël, le gouvernement Netanyahou fait face à une mobilisation d’une très large partie de la société pour stopper la guerre.

Le temps n’est plus aux déclarations et aux remontrances sans sanction.

La France doit reconnaître maintenant et sans condition l’État de Palestine dans les frontières de 1967 pour préserver la perspective de deux États vivant côte à côte dans la sécurité et le respect mutuel de leurs droits.

Nous appelons à un cessez-le-feu, à la libération des otages israéliens et des prisonniers politiques palestiniens, à la fin de colonisation et de l’occupation.

La France doit peser de tout son poids pour stopper la famine à Gaza, imposer un embargo sur les armes et sanctionner le gouvernement de Benyamin Netanyahou par tous moyens, à commencer par la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, puisque son article 2 sur le respect des droits humains n’est pas respecté.

Il est plus que temps pour la France d’agir, il est déjà bien tard.

Dans le cadre de la journée internationale de la paix du 21 septembre, marchons pour la reconnaissance de l’État palestinien et l’arrêt immédiat du génocide en cours.

Premiers signataires

Gregory Benzekry, collectif Golem

Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT)

Caroline Chevé, secrétaire nationale de la Fédération syndicale unitaire (FSU)

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS)

Julie Ferrua et Murielle Guilbert, co-délégués de l’Union syndicale Solidaires

Pascal Lederer et Olivier Gebuhrer, co-animateurs d’Une autre voix juive (UAVJ)

Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF)

Claude Sarcey, co-président de l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE)

François Sauterey, co-président et Renée Le Mignot, présidente honoraire du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)

Marine Tondelier, secrétaire nationale Les Écologistes

Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine solidarité (AFPS)

La reconnaissance, enfin

Déclaration de l’association nationale des élu· communistes et républicain·es, la « Coopérative des élu·es »

Lundi 22 septembre dans nos mairies soutenons les droits du peuple palestinien et de l’humanité !

Le 24 juillet, le Président Macron s’est engagé à reconnaître officiellement, au nom de la France, l’État de Palestine. Il co-présidera, le 22 septembre 2025, aux côtés de Mohammed Ben Salmane, prince héritier saoudien, une conférence au siège des Nations Unies à New York, consacrée à la mise en œuvre de la solution à deux États.

Nous saluons cet acte politique marquant qui est un pas vers une paix juste et durable au Proche- Orient.

Il aura fallu attendre 35 ans d’alertes répétées de l’ONU et les ONG sur l’urgence de la situation en Palestine, il aura fallu un génocide en cours à Gaza et que la Palestine soit mitée de centaines de colonies rendant sa continuité territoriale impraticable sur le terrain, pour que la France franchisse enfin le pas de cette reconnaissance.

Cette décision, si elle veut véritablement marquer l’histoire, doit s’accompagner d’un travail diplomatique et politique courageux pour parvenir à une solution crédible et à la mise en place effective de deux États.

La colonisation en Cisjordanie et le génocide à Gaza, menés par l’État israélien d’extrême droite est commis en toute impunité. C’est une normalisation du bafouement de l’état de droit, ce même droit qui a tiré le monde de la barbarie après la Seconde Guerre mondiale, et que nous défendons chaque jour, dans nos collectivités. Un monde qui permet cela, réduit à néant le sentiment de justice et le vivre ensemble, même à l’échelle locale.

La défense quotidienne des droits et des libertés les plus fondamentales de chaque être humain, c’est ce qui fait l’identité de notre engagement. Lutter contre cette injustice, c’est aussi clamer haut et fort que la violence ne doit pas être la base des relations entre les êtres humains et que la dignité et la liberté des peuples sont le seul avenir durable.

Devant les attaques du gouvernement envers les élus faisant le choix courageux de défendre la paix, nous appelons nos élus et nos maires à prendre toutes les dispositions qu’ils jugeront adaptées afin de marquer ce jour du sceau de l’humanité.

Ce lundi 22 septembre, nous, maires, élu·e·s de la République, attaché·e·s aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de justice, ferons entendre cette voix pour que la France soit à la hauteur des enjeux et au rendez-vous de l’histoire.

610 000

Une fête de l’Humanité historique ! 

Magnifique, cette Fête ! Durant trois jours, une foule immense a submergé les allées, la fraternité accrochée au cœur, portant en étendard la liberté, la solidarité et la paix. Pour la première fois depuis des années, nous avons affiché complet : 610 000 personnes ! Dimanche, un peuple uni en est reparti, conscient d’avoir vécu un moment décisif pour les luttes à venir.

C’est une réussite politique et populaire, qui témoigne d’un besoin de se retrouver pour débattre, dialoguer, s’organiser, et bien sûr chanter, danser et s’amuser ensemble. Cette bulle d’humanité est précieuse : elle est un temps suspendu qui unit et rend plus fort.

Une semaine après la démission de Bayrou, alors que le président Macron s’entête dans son déni démocratique, ce week-end a fédéré tous ceux qui se sentent bafoués depuis le vol du résultat des élections législatives de 2024, et qui vivent la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre de la Guerre, comme une ultime provocation.

Le public de la Fête est venu transformer sa colère en espoir pour construire l’après-Macron, ouvrir un chemin d’espoir pour la justice sociale et climatique, en rupture avec le système capitaliste qui épuise le vivant. Le peuple a répondu présent le 10 septembre. Prochains rendez-vous : le 18, aux côtés de l’intersyndicale, puis le 21 septembre, contre le génocide à Gaza.

Cette 90e édition a également mis à l’honneur la paix, dans un contexte de nouvel impérialisme basé sur l’économie de guerre, qui se nourrit de conflits généralisés qui minent les peuples. Dans toutes les allées, a résonné la solidarité avec la Palestine, pour dénoncer le génocide à Gaza, à quelques jours de la probable reconnaissance de l’État de Palestine par la France.

Cette Fête, comme tous les ans, a donc fait du bien à chacune et chacun. Nous avons fait bloc pour porter haut les valeurs d’égalité, de fraternité, de liberté, loin du repli sur soi et de la division dont les réactionnaires se nourrissent. Un chemin d’espoir, de partage des savoirs, des pouvoirs et des richesses, que nous nommons le communisme.

Alors mille mercis à vous, aux militantes et militants communistes, à ceux des autres forces politiques, syndicales, associatives venues de toute la France et du monde. 610 000 mercis !

Fabien Gay, 14 septembre 2025