Calomnie

La tribune libre de la majorité municipale, parue dans le magazine de septembre (vous pouvez la lire en toute fin d’article), nous interpelle. Elle nous est entièrement et nominativement consacrée, ce qui est déjà inhabituel. Mais surtout elle colporte bon nombre de contrevérités. Cela mérite une réponse.

La moitié de ce texte concerne la ville… de Grenoble ! Assez étonnant !  Qu’avons-nous de commun avec cette commune iséroise ? La suite du propos nous éclaire. Si la délinquance est importante à Grenoble, c’est, selon la tribune majoritaire, la faute du maire Éric Piolle, qui refuse d’armer sa police municipale et doute de l’efficacité des caméras de surveillance ! Voilà pourquoi l’insécurité serait si grande à Grenoble, comme plus généralement dans les villes dirigées « par la gauche et l’extrême-gauche » ! Et voilà qu’on en arrive au Nouveau Front Populaire gratiennois, qui mènerait le « même combat idéologique » que le maire de Grenoble.

En effet, nous avons refusé au dernier Conseil municipal, de voter 600 000€ pour l’installation de 70/90 nouvelles caméras, qui s’ajouteront aux 45 déjà en place. Nous nous sommes expliqués sur le sujet ici même.

Quelques remarques sur la prose d’ «Union pour Saint Gratien».

Le passage sur Grenoble et son maire reprend les mensonges propagés par la droite et l’extrême-droite sur les propos tenus par Éric Piolle. Ce dernier n’a jamais assimilé le drame de Grenoble, où un agent de la ville a été abattu alors qu’il portait secours suite à une collision entre véhicules, à un « accident ». Cela a largement été démontré par la presse, comme par exemple le Parisien ou Franceinfo.

Cela  est notamment très bien expliqué dans le « vrai du faux « de Franceinfo (et pour le coup, ces accusations sont fausses ! ). C’est à lire ici.

Le Parisien démonte également la fake news visant à discréditer Éric Piolle. À lire ici.

Il s’agissait bien d’une campagne de calomnie destinée à faire passer Éric Piolle pour un élu dangereux,  et responsable de l’insécurité qui existe dans sa ville. Il est assez surprenant de voir ces mensonges repris dans notre revue municipale, qui se déclare « revue d’information« . Ou de désinformation, cela dépend des pages….

Deuxième inexactitude : mais quelles sont donc les villes dirigées par l’extrême-gauche ? Aucune ! Car ni les écologistes, ni les communistes ne sont ainsi classés, ni d’ailleurs les Insoumis, comme l’a reconnu le Conseil d’État, qui les classifie « à gauche ». Mais « extrême-gauche », assurément, c’est beaucoup plus effrayant !

Il n’y a pas qu’Éric Piolle qui est injustement dénigré dans cette tribune. Le détour par Grenoble ne sert qu’à déformer nos propos et notre position à propos de « l’insécurité ». Elle reprend des échanges qui ont bien eu lieu lors de la séance du Conseil, mais en les sortant de tout contexte.

« Pour eux (les deux élus de SGSEC), ce serait de la politique fiction », nous assène la majorité municipale, laissant entendre que nous nions tout problème de sécurité. C’est faux ! Nous avons seulement dit que les caméras de surveillance ne réglaient aucun problème, et que seul « de l’humain sur le terrain » était efficace ! Une preuve éclatante en a d’ailleurs été donnée récemment. Si les Jeux Olympiques se sont si bien déroulés sur le plan sécuritaire, c’est parce que les forces de police étaient en nombre sur le terrain… les caméras n’ayant pour le coup pas été jugées suffisantes !

Lors de ce Conseil municipal, nous avons aussi insisté sur le versant « prévention ». Autant d’arguments que la tribune se garde bien de reprendre. Ce que nous qualifions de « politique fiction », c’est quand le maire élucubre sur ce qui se SERAIT passé en l’absence de caméras, dans un cas précis d’agression.  On peut toujours imaginer ce qui aurait pu advenir… ou pas. Avec des « si », tout est possible mais cela n’est pas un argument, et c’est cela que j’ai qualifié de «fiction ».

Si le maire nous avait démontré, chiffres à l’appui, l’efficacité des caméras, le débat aurait été différent. Mais jamais aucun chiffre concernant la délinquance ne nous est communiqué, aucun chiffre d’affaires ayant été élucidées grâce aux caméras, aucun pourcentage de faits dans les quartiers surveillés et ceux qui sont dépourvus de caméras…  

Ce que nous voyons, c’est que la multiplication des caméras ne règle pas les problèmes et surfe sur le « sentiment d’insécurité ».

Plus grave encore, il y a effet pervers. La sécurité publique est une compétence régalienne. La transférer aux communes, par le biais des polices municipales, et/ou par l’implantation des caméras, a eu l’effet pervers de désengager l’État. Plus les villes investissent dans la sécurité, plus leurs forces de police nationales disparaissent. C’est bien le cas à Saint Gratien, qui ne dispose non seulement pas de commissariat, mais a perdu son poste de police nationale.

En bref, nous avons certes avec la majorité des positions très éloignées sur les questions sécuritaires, mais rien ne justifie que nos positions soient complètement dénaturées.

Le fond de l’affaire, c’est que Monsieur Bachard et madame Eustache sont inquiets.

Il y a de quoi.

En juillet 2024, une députée LFI-NFP a été élue dans notre circonscription. Au premier tour, Gabrielle Cathala, dont mon collègue au Conseil, Stéphane Bauer, était le suppléant au titre du PCF,  a obtenu 39% des voix à Saint Gratien, contre seulement 9% pour la candidate de droite… Le grand malheur s’est confirmé une semaine plus tard, lorsque Gabrielle a recueilli plus de 45% des voix à Saint Gratien et a été élue députée de la 6è circonscription ! Jamais arrivé depuis 40 ans !

Les élections municipales ayant lieu dans un et demi, l’alerte est sérieuse pour l’équipe en place. Il faut remobiliser les électeurs de droite, voire ceux de la droite extrême, et donc agiter le chiffon rouge : des dangereux « d’extrême-gauche » qui ne croient pas aux caméras et réfutent même les problèmes d’insécurité, risquent d’être majoritaires au prochain scrutin.

Attendons-nous donc dans les prochains mois à voir s’aiguiser les attaques contre toute proposition d’action municipale alternative.

Pour nous, c’est clair. Le débat politique ne doit pas être coups bas et rumeurs infondées. Le débat, oui. La calomnie, non.

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