La Palestine à l’ONU

Le 10 mai, l’assemblée générale de l’ONU a voté sur une résolution qui recommande au Conseil de sécurité de reconnaître la Palestine comme un État membre à part entière.

La France a voté pour, comme 143 pays sur les 193 membres de l’ONU. 9 ont voté contre et 25 se sont abstenus.

Les Palestiniens sont seulement membres « observateurs » depuis 2012, car le droit de veto des Américains bloque le processus d’adhésion. Sans cela, les Palestiniens auraient donc une très large majorité pour intégrer l’ONU. Le vote de l’Assemblée générale, malgré son caractère symbolique, témoigne d’un soutien international croissant à l’État palestinien, et de l’isolement croissant d’Israël sur la scène internationale.

« Il est temps d’inscrire l’action des Nations unies dans la perspective d’un règlement du conflit israélo-palestinien, sur la base de la solution des deux États. Celle-ci est la seule à même de répondre aux besoins de sécurité d’Israël, ainsi qu’aux aspirations légitimes des Palestiniens à un État », a déclaré l’ambassadeur de France, expliquant le vote positif de la France.

Aujourd’hui 144 pays dans le monde reconnaissent la Palestine. L’Espagne et l’Irlande pourraient le faire bientôt, ainsi que la Belgique, la Norvège et la Slovénie. Pablo Sanchez affirme travailler à cette reconnaissance « par conviction morale (…) mais aussi parce que c’est la seule façon pour que deux États, Israël et la Palestine, puissent coexister et cohabiter dans la paix et la sécurité. »

Ces dernières semaines, plusieurs pays des Caraïbes ont reconnu l’État palestinien, ainsi que le Vatican.

17 personnalités israéliennes, dont Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, ont également appelé à la reconnaissance d’un État palestinien, «une question de principe et de justice historique».

Le 21 mars 2024, à l’occasion de leur niche parlementaire, les sénateurs communistes du groupe CRCE-K devaient présenter une proposition de résolution « invitant le gouvernement à reconnaître l’État palestinien et à agir pour un cessez-le-feu effectif et durable dans l’attente de négociations ». Malheureusement, faute de temps, la résolution n’a pas été mise à la discussion.

« Il faut que les États occidentaux et en premier lieu la France sortent de leur complaisance coupable, selon la sénatrice PCF Michelle Gréaume, qui devait présenter le texte. Il y a urgence, 30 000 Gazaouis ont été tués, pour deux tiers des femmes et des enfants, et 85 % de la population a été déplacée. Les Nations unies parlent de “risque plausible de génocide”. Nous devons faire pression pour contraindre Israël à appliquer les mesures conservatoires préconisées par la Cour internationale de justice. »

Deux mois plus tard, il y a à présent 35 000 morts, des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, un territoire ravagé devenu un immense champ de gravats où la vie est devenue un enfer. La France s’honorerait à reconnaitre la Palestine, signifiant ainsi son engagement pour stopper le massacre.  

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