Le marché en gestion directe !

Scoop au dernier Conseil municipal ! Le maire annonce que le concessionnaire du marché Hémonnot a fait connaître par courrier officiel à la ville qu’il cesserait d’assurer la gestion du marché le 7 mai 2024.

Mandon-Somarep a donc décidé de rompre unilatéralement le contrat de délégation de service public qui le liait à la ville pour une durée de 13 ans, jusqu’en 2030.

Inacceptable, selon le maire, qui déclare que la commune « se préparera au mieux à cette éventualité » et que « s’il le faut, cela se résoudra devant les tribunaux. L’objectif reste de dynamiser le marché, qui peine à trouver de nouveaux clients. Nous poursuivrons nos efforts et nous réfléchissons aussi à de nouvelles propositions », a-t-il encore indiqué.

Les relations entre la ville et Mandon-Somarep s’étaient nettement dégradées ces derniers temps. Lors du vote de l’augmentation des droits de place en décembre 2023, le maire reconnaissait -enfin- que la gestion du marché était problématique, et que la ville avait recours aux services d’un avocat pour traiter ce dossier.

« Enfin », car pour notre part, cela fait des années que suite à nos échanges réguliers avec les commerçants de la halle, nous savons que notre marché souffre d’une gestion erratique, opaque et douteuse. La réputation de Mandon n’est d’ailleurs plus à faire, de nombreuses communes d’Île-de-France connaissent les mêmes difficultés : facturations sans justificatifs, droits de place perçus sans reçus, animations facturées sans être assurées, pressions sur les commerçants, favoritisme dans l’attribution des places, pourboires obligatoires… La presse locale s’en fait régulièrement l’écho.

Nous nous sommes très régulièrement exprimés sur le sujet du marché, non seulement pour dénoncer les manquements de Mandon mais aussi en avançant toujours des propositions dans l’objectif de redynamiser l’activité de la halle.

Et maintenant ? Quelle suite espérer à ce renoncement inattendu de Mandon ? Il apparaissait jusqu’ici difficile de mettre fin à un contrat qui nous liait pour encore 6 ans, sans pénalités financières excessives. La situation est aujourd’hui tout autre, puisque c’est Mandon qui en rompant la délégation se met en tort.

Que faut-il entendre dans la déclaration du maire ? Il assure que la ville est prête à aller devant les tribunaux… Mais pour quelle raison ? Obtenir des pénalités qui doivent être prévues dans le contrat de délégation ou pour  obliger Mandon à assurer ses obligations ? On n’imagine pas dans quelles conditions le contrat pourrait alors se poursuivre. Le maire, dans son annonce au Conseil d’ailleurs très concise, fait aussi allusion à « d’autres propositions »… Des propositions de reprise du contrat par d’autres délégataires ? Nous n’avions pas la parole pour demander des précisions en séance…

Que va donc faire la ville ? C’est une opportunité formidable pour nous de récupérer la gestion du marché en régie municipale, c’est-à-dire de le gérer directement sans avoir à passer par un concessionnaire du type de Mandon. L’adjoint au commerce nous a assez répété qu’aucune société de gestion de marchés n’avait de pratiques satisfaisantes ! Il importe donc de ne pas se remettre pour des années entre les griffes d’un Mandon-bis. S’engager de nouveau dans un contrat de même genre serait incompréhensible ! Il s’agirait aussi de se rapprocher des commerçants qui depuis des années s’installent sous la halle pour leur demander leur avis dans cette situation pour le moins inattendue…

Le sujet en tout cas n’est pas anodin. Le marché, via les droits de place versés par les commerçants, rapporte environ 100 000€ par an au gestionnaire. Ce dernier en reverse environ 45 000€ à la commune. Il y a aujourd’hui environ 27 commerçants réguliers au marché, cela représente entre 40 et 50 emplois. Le marché est un lieu de commerce qui compte dans notre ville, convivial, facteur de lien social : il suffit de se promener dans les allées ou de s’asseoir à la buvette pour le constater ! Nombre de Gratiennois de tout âge y sont attachés…

Des villes en fin ou rupture de contrat ont opté pour la régie municipale afin de reprendre la main sur leur marché. Il n’y a pas d’autre solution pour sauver notre marché, assez mal en point, qu’une gestion directe : transparente, en collaboration étroite avec les commerçants, avec le souci d’élargir l’offre commerciale, de rendre le marché vivant, abordable, ouvert sur des productions locales et respectueuses de l’environnement.

On ne manque pas d’idées pour redynamiser le marché, et nous les avons soumises régulièrement à la majorité ces dernières années. Des animations grâce aux associations de la ville, des permanences d’élus, de la publicité partout en ville pour le marché, y installer une boite à livres, des bancs, un vrai parc à vélos et un parking réservé aux clients, des étals à des tarifs abordables pour les commerçants, avec des calicots, un local poubelles propre et des toilettes correctes, pour refaire du marché un endroit convivial et attractif. C’est possible, les marchés alentour en plein essor comme à Eaubonne, Enghien ou Ermont, le démontrent bien !

On revient très bientôt sur ce sujet, en détail. En attendant, rendez-vous dans les allées du marché, chaque mercredi et dimanche matin ! Commerçants et clients y discutent ferme, depuis que la nouvelle s’est répandue, par nos soins, du départ de Mandon.