Sans les femmes, tout s’arrête !

8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Ce n’est ni la fête de la femme, ni la fête des mères, ni la Saint-Valentin. 

Il est donc inutile de faire un cadeau. (Mais il est utile de le rappeler au maire de Saint Gratien qui est en resté à cette vision erronée.)

Le 8 mars est une journée pour revendiquer et gagner l’égalité réelle au travail et dans la vie, et aussi une journée de solidarité avec les femmes du monde entier, une journée de lutte contre les idées d’extrême droite sexistes et patriarcales. 

En France, le chemin vers l’égalité entre les femmes et les hommes est encore long. La victoire historique obtenue par la constitutionnalisation du droit à l’IVG, dont on se félicite toutes*, même si elle reste symbolique et limitée à une « liberté garantie », ne doit pas nous faire perdre de vue que nous devons continuer à mener les luttes pour l’égalité.

Les femmes subissent des inégalités de carrière et de revenus. Temps partiels imposés, discriminations, salaires inférieurs à compétence égale, dévalorisation des métiers à prédominance féminine. Les salaires des femmes sont d’un quart inférieurs à ceux des hommes, 58 % des smicards sont des femmes et bien que toujours plus diplômées, elles ne comptent que pour 39 % des cadres.

De plus, on n’oublie pas l’impact souvent négatif de la maternité sur le déroulement de leur carrière avec des temps partiels et les congés parentaux essentiellement pris par les mères. On connaît aussi le poids de la double journée et la charge mentale qui leur sont souvent réservés…

Trop de femmes sont également contraintes de rester à la maison par manque d’un service public de la petite enfance.

Les tâches domestiques et familiales leur incombent toujours en grande majorité.

Les violences sexistes et sexuelles persistent dans tous les milieux, sportif, professionnel, cinématographique… 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sur leur lieu de travail et 70 % d’entre elles n’en ont pas parlé à leur employeur. Le harcèlement de rue reste un phénomène courant. Les moyens alloués par le gouvernement pour lutter contre ces violences sont notoirement insuffisants.

La prise en compte de la santé menstruelle des femmes est impérative et doit se traduire par l’instauration d’un congé spécifique sans jour de carence et sans justificatif médical.

Le propos d’Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique », qui révèle une misogynie profondément rétrograde, a fait bondir plus d’une femme…

En politique, si quelques progrès ont été faits avec la parité des candidatures, seulement 20% des maires, moins d’un tiers des présidents de région, 20% des présidents de conseils départementaux, 37% des députés et 36% des sénateurs sont des femmes…

Le 8 mars est aussi l’occasion d’exprimer la solidarité internationale avec toutes les femmes et les peuples qui luttent dans les conflits armés, qui sont toujours plus dévastateurs pour les femmes et les filles, avec toutes celles et ceux qui luttent contre les régimes autoritaires et fanatiques qui bafouent les droits les plus fondamentaux des femmes.

Ce 8 mars 2024 est novateur : la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, appellent à se mobiliser et à faire grève ce 8 mars. C’est la première fois !

Peut-être le prolongement de la forte mobilisation unitaire contre la réforme des retraites et aussi très certainement l’effet de la présence de deux femmes à la tête des deux premiers syndicats : Marylise Léon pour la CFDT et Sophie Binet pour la CGT !

L’idée portée par la CGT est de débrayer à 15 h 40, heure à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement, pour réaffirmer le principe « un salaire égal pour un travail de valeur égale ».

Un investissement massif dans les services publics pour garantir un droit d’accueil aux enfants et pour répondre aux problèmes liés à la perte d’autonomie est revendiqué. Il est ainsi rappelé qu’il manque plus d’un million d’emplois dans les métiers du soin et du lien aux autres, et au moins 200 000 places d’accueil dans la petite enfance.

Plus généralement, cet appel à la grève féministe, ce 8 mars 2024, est là pour démontrer le rôle fondamental des femmes et rappeler que « quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête ».

Sans les femmes, tout s’arrête, car non seulement elles sont indispensables dans bon nombre de professions, notamment du soin et du lien aux autres, mais qui plus est, elles continuent à assumer la grande majorité des tâches domestiques et familiales. Il faut donc repenser la manière dont travail domestique et travail salarié s’agencent, en impliquant l’ensemble du monde du travail car ces combats sont ceux de tous et toutes les salarié·e·s.

Soulignons enfin que la transmission de la valeur d’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, se fait dès l’école primaire. Là aussi, beaucoup reste à faire..

Bon 8 mars à tous et toutes !

* Toutes sauf la sénatrice du Val d’Oise, J. Eustache-Brinio, jamais en retard d’un combat d’arrière-garde, qui a voté contre cette inscription dans la Constitution…

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