Sur la Lune

Gaza : près de 30 000 morts, dont 70% sont des femmes et des enfants.

Près de 70 000 blessés, des milliers de disparus.

17 000 enfants sont séparés de leur famille. Un million d’enfants sont touchés par la guerre. La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant.

2,2 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

90 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

L’eau et l’électricité sont coupés, le traitement des eaux usées est suspendu. Les hôpitaux sont débordés, le système de santé effondré. Deux tiers des hôpitaux ne fonctionnent plus.

Pour les familles de Gaza, la menace de mourir de faim est officielle.

Source : Unicef

« On attend autre chose des États que des discours humanitaires ! « a tout récemment déclaré « Médecins du monde ». Médecins du Monde estime que les gouvernements européens  « à l’exception de celui de l’Espagne ou de la Belgique, notamment, s’alignent sur le récit radical d’Israël « , selon lequel « tout le monde, à Gaza, est responsable, et donc, d’une certaine manière, tout le monde peut mourir « .

Médecins du Monde dénonce des « bombardements indiscriminés ; des quartiers entiers rasés ; 80 % de la population déplacée ; une aide alimentaire qui ne peut pratiquement pas rentrer ; des poches de famine ; un défaut d’accès à l’eau potable ; une médecine de guerre obligée de faire le tri des blessés ; des centaines d’employés des Nations unies et d’acteurs humanitaires tués.« 

Face à ce désastre annoncé depuis cinq mois, que fait la communauté internationale ? Devant la menace d’une attaque de Rafah, où un million et  demi de Palestiniens sont désormais piégés après avoir fui le nord de Gaza, les déclarations changent quelque peu. Il est temps !

L’opération à Rafah provoque un coup de sang du chef de la diplomatie européenne :  » Ils vont aller où ? Sur la Lune ? «  a déclaré Josep Borrell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui a aussi critiqué la vente d’armes à l’armée israélienne. Même E. Macron s’inquiète du « désastre humanitaire sans précédent » que provoquerait une offensive sur Rafah.

La gauche française appelle, elle,  à saisir la Cour pénale internationale pour prévenir un « risque de génocide » à Gaza

Soixante-six députés communistes, insoumis et écologistes ont déposé à l’Assemblée nationale, une proposition de résolution visant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) afin de prévenir un  » risque de génocide » et pour enquêter sur les crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

Alors que l’Afrique du Sud a saisi, en décembre, la Cour internationale de justice (CIJ) d’une requête visant Israël pour  » actes de génocide » dans la bande de Gaza, Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, insiste : « Le dépôt de cette résolution, c’est un appel aux actes pour la France. Nous sommes inquiets face aux risques génocidaires, à Gaza, à Rafah et dans toute la Palestine. L’urgence est de pousser notre pays à agir pour stopper le carnage qui est en cours. »

Pour éviter que le crime de génocide n’advienne, s’il n’est pas déjà en cours, il faut des mesures dissuasives. Saisir la CPI est une mesure dissuasive. « La Cour pénale internationale a des possibilités d’agir, de récolter des preuves et c’est absolument nécessaire. Mais elle peut aussi sanctionner et identifier les responsables. »

Les preuves seront difficiles à réunir. Plusieurs dizaines de journalistes palestiniens sont morts depuis le mois d’octobre et de nombreux autres ont vu leur matériel détruit. La CPI mène une investigation suite à une plainte de « Reporters sans frontières », qui estime qu’à Gaza, les journalistes sont spécifiquement ciblés pour empêcher toute documentation.

8 réflexions sur “Sur la Lune

  1. Autant de larmes que de rage nous ont envahi samedi dernier à la vue des images de Hind Rajab, âgée de 6 ans, enfermée dans une voiture au sud de Gaza sous le feu roulant des balles israéliennes qui l’ont tuée. De toutes ses forces elle a crié : : « j’ai si peur, venez me chercher ». Les deux assistants de la croix rouge qui s’approchaient pour la sauver ont été, eux aussi assassinés. Voilà ce que les protofasistes israéliens appellent « faire la guerre au Hamas ». Il y a plus de 10 000 Hind qui ont perdu la vie à Gaza. 10 000 enfants innocents. 10 000 enfants qui ne demandaient qu’à vivre pour étudier, aimer, bâtir l’avenir de leur patrie. L’armée israélienne les a tués. En même temps que le feu et le fer déversé, sur la tête de nos frères et sœurs de Gaza, voici que le pouvoir colonial israélien les affame allant jusqu’à bloquer le peu d’aide humanitaire susceptible de leur parvenir. C’est un crime de masse ! Curieux que cela n’émeuve pas plus tous nos bons défenseurs des droits humains qui habitent le confort des studios de télévision. Quand va cesser cet abominable silence sur ces crimes ? Certes, enfin après 30 000 morts à Gaza on entend de petits bruits de réprobation qui viennent de Paris ou de Washington, mais aucun acte concret. Que la Maison-Blanche cesse de fournir les armes du crime et que Bruxelles mette en sommeil l’accord d’association et de coopération avec le pouvoir de l’ultra-droite israélienne et la donne commencera à changer. Il faut faire cesser cet abominable carnage. Notre pays s’honorerait de s’allier à l’Afrique du Sud ou aux initiatives de l’Espagne et de l’Irlande pour que la justice internationale puisse faire son travail.

    Patrick Le Hyaric

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