Le 20è ministre de l’Éducation nationale depuis 40 ans annonce des mesures « fortes », le contraire aurait été étonnant, pour lutter contre la baisse du niveau des élèves.
Le tout fleure bon les années 50 : retour du redoublement, groupes de niveau, retour de l’autorité des professeurs et exigence accrue vis-à-vis des élèves… Ne manque que l’uniforme mais cela ne saurait tarder, une expérimentation étant lancée sur le sujet.
Hélas, pauvre école publique, ce n’est pas de ce remède illusoire et inefficace dont elle a besoin pour être à même d’assurer une formation de qualité à tous nos enfants.
Le constat n’est pas difficile à faire. Notre école peine à remplir ses missions, ce n’est pas nouveau mais a été certainement aggravé par l’épisode Covid. Un enseignement à distance ou sur ordinateur ne remplacera jamais un enseignant en chair et en os. Qui en doutait ? Et ce sont bien évidemment les plus fragiles qui ont le plus souffert d’être éloignés de l’école. Il apparaît de plus que les enseignants français étaient mal préparés à l’enseignement à distance.
Les annonces et projets du ministre Attal tombent pile poil avec les résultats de l’enquête internationale « Pisa » menée par l’OCDE dans 81 pays sur 700 000 jeunes de 15 ans. L’édition 2022 montre une chute importante du niveau des élèves
français, particulièrement en mathématiques.
Moins médiatisée, une « alerte sociale » a été lancée par le principal syndicat enseignant il y a quelques jours. Alerte sur la situation de l’école : absence de moyens de remplacement, classes surchargées, inclusion sans moyens supplémentaires, sans formation spécifique des personnels.… Comment faire réussir dans ces conditions ? Les heures d’enseignement perdues faute de professeurs n’influent-elles pas sur le niveau des élèves ? Surtout quand elles sont nombreuses dans les zones déjà frappées par l’échec scolaire.
La pandémie n’expliquant pas tout, l’OCDE pointe cette année la gestion de notre système éducatif. C’est édifiant. Contrairement à l’enquête précédente, « les chefs d’établissement déclarent en France un manque important d’enseignants et de personnels non-enseignants dans leurs établissements en 2022 », note l’OCDE. 67% des élèves souffraient en 2022 d’un manque d’enseignants, contre seulement 17% en 2018. Pourquoi ? Parce que l’investissement éducatif est toujours insuffisant. Par exemple, les dédoublements des classes de CP et CE1 dans les zones sensibles ont été faits à moyens constants, ce qui revient à déshabiller Paul pour habiller Jacques : les collèges et lycées ont souffert de suppressions de postes, alors que le taux d’encadrement français est déjà largement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté ont aussi beaucoup souffert, notamment les « Rased ». Les écoles manquent de moyens humains, d’enseignants mais aussi de psychologues, de psychomotriciens, d’infirmières, de médecins scolaires…
La formation des enseignants est aussi un gros point noir. La formation continue notamment est quasi inexistante, alors que les métiers de l’éducation demandent non seulement une solide formation de base, mais aussi une réflexion continue sur l’évolution des pratiques pédagogiques. Un point fondamental, car des études montrent que plus un État investit dans la formation des maîtres, plus l’échec scolaire recule. 
Quant aux groupes de niveau à nouveau vantés, on les a connus par le passé. Ils peuvent être bénéfiques à certaines conditions, mais ne seront jamais la panacée. Ils ne doivent pas être généralisés dans toutes les matières, sauf à recréer des ghettos d’élèves en difficulté. Les groupes doivent être flexibles, avec des enseignants formés au soutien. Là aussi, rien de neuf ne se fera sans moyens. Recruter des enseignants pour ces dispositifs sera évidemment difficile, quand on connaît la dévalorisation du métier. Le retour du possible redoublement ne changera pas fondamentalement la donne, sans moyens supplémentaires pour lutter contre l’échec scolaire. Ce ne sont pas non plus les stages de « remise à niveau » pendant les vacances qui règleront le problème.
Retour en arrière aussi sur la place des parents dans l’école. Ceux-ci sont vus comme des empêcheurs d’enseigner en rond. Pourtant, l’ouverture de l’école aux parents est essentielle, et doit aller au-delà du simple suivi de scolarité ou de la surveillance des devoirs à la maison. Là encore, rien de facile. Les situations sont variées, entre les intrusions pédagogiques néfastes ou une absence d’investissement. Une question complexe qui nécessiterait un éclairage particulier lors de la formation des maîtres pour prendre en compte la diversité des familles et la nécessité d’une coopération entre parents et enseignants.
Enfin, on remarque que les nombreuses réformes menées quasiment à chaque fois qu’on change de ministre, ne font pas l’objet d’évaluation. On attend notamment encore le point sur les réformes du précédent ministre, JM Blanquer. Réformes qui sortent de la poche du ministre, mais qui ne sont jamais l’émanation de réflexions ou de travaux partagés avec ceux qui auront à les mettre en œuvre : les enseignants.
On doute fort que cette fois encore, le remède préparé soit approprié pour guérir une école publique bien malade, inapte à combler les inégalités sociales. La France reste une championne des pays les plus inégalitaires en matière d’éducation.

https://www.cafepedagogique.net/2023/12/05/pisa-2022-les-mauvais-resultats-sont-principalement-dus-aux-reformes-incessantes/
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Une organisation utile. Le pcf vient d’obtenir que les locataires, dans les hlm, puissent utiliser le chèque énergie (150 eur) pour payer leur régularisation de charges. Amendement qui sera introduit par le gouvernement dans le projet de loi de finances. A écouter vers les 3/5 ème de l’interview ci dessous : https://www.youtube.com/live/HQjhecBE188?si=Zy2HEWwadQpAblNl
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https://www.francetvinfo.fr/societe/immigration/direct-projet-de-loi-immigration-suivez-l-examen-de-la-motion-de-rejet-et-les-debats-a-l-assemblee-nationale_6236340.html
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