Nuit noire

Rêvons un peu…

Lors du Conseil municipal du 16 novembre notre groupe a demandé un bilan de la coupure de l’éclairage public une partie de la nuit. Cette mesure permet de protéger la biodiversité, de limiter la consommation d’énergie donc de réduire l’émission de gaz à effet de serre et de réaliser des économies budgétaires conséquentes. Très satisfaits de voir que notre proposition d’étendre la plage horaire de coupure a été partagée par l’ensemble des groupes du Conseil municipal.

Hélas ! Cette « tribune libre » n’est pas la nôtre ! Elle n’est pas parue dans le « Mag » de Saint Gratien, mais dans la revue municipale de Mériel (95), et est signée du groupe de mon ami Jean-Michel Ruiz.  

Cette commune a choisi d’éteindre son éclairage public (je précise que le maire n’est pas de ma sensibilité politique…) et l’explique dans un dossier consacré au sujet dans sa revue municipale, tout en consultant ses habitant·es (une habitude que nous ne connaissons pas dans notre ville). C’est à lire ci-dessous.  

Éclairage public : un enjeu économique mais pas que…

Malgré une stratégie de renouvellement en technologie LED avec un abaissement lumineux en cœur de nuit déjà mise en place, l’éclairage public représente plus de 40% de la consommation électrique de la commune. Mais il pose aussi la question de la « pollution lumineuse » et de son impact sur la faune, la flore, la santé, le bilan climatique ou encore la consommation de matières premières. À la  » peur du noir « , l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales oppose que 80% des vols et agressions ont lieu en plein jour et que l’extinction lumineuse ne favorise pas la délinquance. Votre avis est important et nous vous consultons dans le dossier du mois.

Gare aux idées reçues

L’éclairage public assure deux principales missions : la bonne circulation et la sécurité durant la nuit. Depuis des décennies, la lutte contre les accidents routiers et les cambriolages ont incité au  développement de l’éclairage artificiel. Pourtant, deux études menées à grande échelle tordent le cou aux idées reçues. En 2017, la première a été menée par la Préfecture du Val-d’Oise et concernait l’autoroute A15, éteinte la nuit à partir de 2007. « Depuis cette date, 60% des accidents ont lieu le jour et, sur une période de cinq ans (2008-2013 contre 2002-2007), les accidents la nuit ont été divisés par deux. Visiblement, l’inconfort entraîne plus de vigilance et comme la vitesse diminue, le nombre  d’accidents chute », concluait le rapport.

‘‘L’obscurité ne rime pas avec insécurité’’

La seconde, analysant les cambriolages à l’échelon national, a été menée en 2020, par l’Insee, l’Ondrp (Observatoire de la Délinquance et des réponses pénales) et le Ssmsi (Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure). Le résultat est édifiant, prenant à contrepied 72% des Français pensant que les cambriolages avaient lieu la nuit. « 80% des cambriolages ont lieu le jour et 55% entre 14h et 17h. Les malfaiteurs agissent en général lorsque la maison est vide, après avoir repéré les habitudes de leurs victimes ». L’obscurité n’est donc pas garantie d’insécurité mais plutôt de tranquillité. Et c’est précisément ce que recherchent bon nombre de Mériellois mais aussi la faune et la flore…

Des nuisances à contrecarrer

« Éteindre de minuit à 5 heures (créneau où la circulation est très faible) diminuerait le coût de l’éclairage public de 58%. C’est une chose. Mais cela permettrait surtout à bon nombre de Mériellois de dormir confortablement. En effet, et c’est prouvé, la lumière de l’éclairage public perturbe notre cycle de sommeil car elle dérègle la production d’une hormone (la mélatonine) nécessaire au sommeil réparateur », explique le Maire Jérôme François.

«L’éclairage public n’est pas non plus sans conséquences pour la faune et la flore. Une seule lumière artificielle tue chaque heure 150 insectes. Les papillons de nuit confondent la lueur des ampoules avec celle de la lune qui leur sert de repère pour s’orienter. La reproduction des lucioles devient impossible et leur espèce est en péril. Les chauves-souris ne peuvent plus chasser et meurent. Or, en ‘‘sentinelles environnementales’’, elles jouent un rôle de régulation des populations d’insectes. Sans leur présence, certaines espèces nocives (lépidoptères ravageurs, pyrales du buis…) prolifèrent. C’est tout l’écosystème et la biodiversité qui sont bouleversés. La flore, est touchée puisque la lumière affecte la germination, la croissance, l’expansion des feuilles, la floraison et le développement des fruits. Le risque majeur est un bourgeonnement précoce », poursuit l’édile municipal.

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