Liberté, fraternité… inégalités ! (6)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

La suite…

École : la disparité des moyens attribués renforce les inégalités

L’Éducation nationale a dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de l’académie de Créteil ou de l’académie de Versailles.

Un document de la Cour des comptes sur les inégalités à l’école montre que l’éducation nationale a dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de l’académie de Créteil ou de l’académie de Versailles et 51 % de plus pour former un élève parisien qu’un élève niçois…

École : les moyens attribués renforcent les inégalités : article du Monde à lire ici

La banlieue, grande laissée-pour-compte de l’Éducation nationale

Collèges : l’égalité des chances n’existe pas. Le « panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale » du Conseil national d’évaluation des politiques scolaires (Cnesco), étude publiée le 24 octobre 2018, pose un constat terrible sur les « disparités scolaires » en Île-de-France. Il souligne que l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources, humaines et budgétaires, « très variables » selon les territoires. Grands perdants : les collèges de zones « défavorisées » de banlieue parisienne.

La conclusion du Cnesco est sans appel : « Les territoires cumulant le plus de difficultés socio-économiques ne bénéficient pas de ressources humaines en enseignants capables de compenser les difficultés des publics scolaires accueillis ».

La banlieue, grande laissée pour compte de l’Éducation nationale : article de Marianne à lire ici

Ce sont des jeunes professeurs, parfois sans expérience, qui enseignent dans les ZEP

D’après l’OCDE, la France a l’un des systèmes scolaires qui reproduit le plus les inégalités sociales, de sorte que les élèves les plus défavorisés sont ceux qui obtiennent les moins bons résultats.

Souvent, ce sont des jeunes professeurs, parfois sans expérience, qui enseignent dans les ZEP. Pourtant, les élèves les plus en difficulté sont sans doute ceux qui ont le plus besoin des professeurs les plus expérimentés.

La France comme cas d’école de l’impact des disparités scolaires : à lire ici

Un lycéen du 15e arrondissement ou du lycée Louis le grand coûte plus cher à la nation qu’un lycéen de banlieue.

« Globalement, dans le secondaire, les ressources humaines sont inégalement réparties au détriment des quartiers défavorisés de banlieue. »

En Ile-de-France, l’Éducation nationale donne moins qualitativement aux élèves des territoires cumulant les difficultés qu’à ceux des quartiers favorisés.

Les étudiants parisiens profitent donc de professeurs plus âgés, plus souvent titulaires (donc formés pour enseigner) et plus souvent agrégés qu’en banlieue »

Libération,  le 31 octobre 2018 ; lire l’article ici

« Je suis toujours frappé par le fait qu’il y a plus d’argent déboursé par l’Éducation nationale pour un petit écolier à Paris qu’en Seine-Saint-Denis », lance le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

L’interview de JC Lagarde sur Franceinfo, à lire ici

En 2019, une dépense par élève en France en dessous de la moyenne OCDE en élémentaire.

Stéphane Bauer

À suivre…

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