Décidément, la ville de Saint Gratien aura défrayé la chronique et fait la « une » de nombreux médias ces derniers jours. Jusqu’à « l’Humanité », dont je partage ci-dessous l’éditorial du lundi 10 juillet 2023. Le tout pour une bien mauvaise cause : les discours atterrants de J. Eustache-Brinio, ainsi que les menaces par le maire J. Bachard, de non-reconstruction du centre Camille Claudel, faute de dénonciation par les habitants des responsables de l’incendie. Deux tristes exemples de la boussole perdue des « Républicains ». Nous ne sommes pas les seuls à nous en alarmer à Saint Gratien.
Éditorial de l’Humanité ; lundi 10 juillet 2023 ; par Maud Vergnol (les gras sont du blog)
« Ils sont comment français ? » Cette phrase d’une bêtise abyssale, lâchée par une sénatrice LR, en dit long du climat actuel, du discours décomplexé de la droite extrême et ses diatribes fumeuses sur la « nationalité faciale » et autre « régression ethnique ». Il existerait donc deux types de citoyens, l’un, « Français de souche », à protéger de l’autre, ce « comment français ? » (comprendre noir ou arabe). L’expression « Français de papier » avait déjà été utilisée par Valérie Pécresse, la candidate dite des « Républicains », en 2022. À l’origine, la formule serait apparue dans la Libre Parole, le journal antisémite d’Édouard Drumont. Elle désignait alors les juifs d’origine étrangère.
« Nul ne semblait vous voir Français de préférence », écrira Aragon dans l’Affiche rouge.
Une puissante vague xénophobe et raciste est en train d’éroder les principes fondamentaux de notre République. Au premier rang desquels l’égalité des droits, pourtant gravée dans le marbre du préambule de notre Constitution par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Des textes que semblent avoir oubliés les macronistes, qui se permettent pourtant de distribuer des brevets de « bons républicains » et les confisquer aux organisations politiques qui manifestent (quel outrage !) contre les violences policières. Pourtant, l’ONU vient à nouveau ce week-end de taper sévèrement sur les doigts de la France, lui recommandant de « s’attaquer en priorité aux causes structurelles et systémiques de la discrimination raciale », notamment au sein de la police. Elle relève la pratique d’un « profilage racial dans les opérations de police, les contrôles d’identité discriminatoires ». Des propos jugés « excessifs » par le Quai d’Orsay.
Ce déni, tout comme la seule réponse du pouvoir d’un « retour à l’ordre » par une justice expéditive et une surenchère sécuritaire, mènera à la catastrophe. Tant que les discriminations, le racisme et les inégalités sociales perdureront, la marmite va continuer à bouillir. Et ne débordera pas forcément du bon côté. Incapable de relever les immenses défis sociaux et écologiques du moment, le néolibéralisme, qui fait commerce de ces haines, a déjà choisi son camp.