Communiqué de presse du Parti socialiste et du Parti communiste de Saint Gratien
Nous sommes profondément bouleversés et en colère suite à la tragique mort du jeune Nahel, âgé de 17 ans, abattu par un policier à Nanterre.
Toutes nos pensées vont au jeune Nahel et à sa famille.
Il est insupportable de constater cette longue série de décès dans des circonstances similaires. La tristesse et l’incompréhension nous submergent.
Le quartier des Raguenets, y compris le Centre Culturel Camille Claudel, qui accueille des associations pour adultes et enfants, a été pris pour cible. Cette étincelle a suffi à embraser les quartiers, soulignant ainsi les tensions qui y régnaient déjà.
Cela nous amène à nous interroger sur la politique de la ville : Qu’est-ce qui a changé depuis les événements similaires de 2005/2007 ? Que sont devenues les mesures préconisées dans le rapport Borloo sur les banlieues en 2018 ?
Le gouvernement doit mettre en place une véritable politique urbaine, car trop souvent les quartiers sont laissés à eux-mêmes pour faire face à leurs difficultés. Cela soulève des questions d’aménagement du territoire et de relégation de populations, compte tenu de la réduction des financements de l’État et de la suppression de la taxe d’habitation.
Le refus d’obtempérer a été invoqué pour justifier le recours à son arme par le policier : une réaction totalement disproportionnée !
Cela pose également la question de la rédaction de l’article L435-1 du Code de la sécurité intérieure, qui permet désormais aux policiers de tirer « lorsqu’ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l’usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport, dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ».
Toutefois, il est important de souligner que les actes de violence et les destructions de services publics, d’écoles ou de mairies ne font que servir de prétexte à une répression et à des discours sécuritaires excessifs et réactionnaires.
Nous demandons justice à travers une mobilisation massive, déterminée et pacifique. La violence n’est pas acceptable et ne résoudra rien. La désespérance d’une partie de la population alimente les tensions.
En cette période troublée, nous devons appeler au calme, rendre hommage à Nahel et exprimer notre soutien à sa famille. Seule la justice et des réformes structurelles pourront apporter une véritable amélioration de la situation de nos quartiers et au vivre ensemble.
Parti Socialiste Section Saint-Gratien/Sannois
Parti Communiste Français Saint-Gratien
https://www.liberation.fr/politique/mort-de-nahel-pour-catherine-arenou-maire-dans-les-yvelines-dans-ce-merdier-des-gens-y-croient-encore-20230701_7ETNEERWJFD6PA4BKDWCQ5TVOM/
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https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/adolescent-tue-par-un-policier-a-nanterre/violences-urbaines-le-maire-de-la-courneuve-plaide-pour-une-grande-convention-pour-travailler-sur-les-besoins-de-ces-quartiers-populaires_5922533.html
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https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/05/24/les-banlieues-sont-au-bord-de-l-asphyxie-l-appel-au-secours-de-maires-de-quartiers-prioritaires_6174580_3232.html
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18 propositions :
https://www.lejdd.fr/Politique/gilles-poux-le-maire-qui-veut-un-plan-durgence-pour-les-banlieues-3891662
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Violences urbaines : « Il ne s’agit pas d’excuser, mais de comprendre le profond malaise de cette jeunesse », note le maire de Corbeil-Essonnes
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https://www.lesechos.fr/pme-regions/ile-de-france/la-courneuve-lance-sa-bataille-pour-lemploi-1872865
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http://actu.fr/ile-de-france/fosses_95250/emeutes-dans-le-val-d-oise-incendies-pillages-et-saccages-a-fosses_59805826.html?utm_source=newsletter&mgo_eu=fc91a7b60d06557109e11d729547f894&mgo_l=9BNcE2I9SVizItltwKdabA.24.1&utm_campaign=mediego_gazette_val_doise&utm_medium=email
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https://www.lesechos.fr/politique-societe/regions/les-emeutes-urbaines-relancent-les-questions-sur-la-politique-de-la-ville-1958128
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Mise en œuvre du plan borloo
https://www.lagazettedescommunes.com/699696/plus-de-trois-quarts-du-plan-borloo-mis-en-oeuvre-info-ou-intox/
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http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2023/07/pour-la-verite-et-la-justice-pour-nahel-contre-toutes-les-violences-unissons-nous-declaration-du-conseil-national-du-pcf-1er-juillet-2023.html#:~:text=D%C3%A9claration%20du%20Conseil%20national%20du%20PCF%20%2D%201er%20juillet%202023,-Publi%C3%A9%20le%2002&text=Mardi%20dernier%2C%20%C3%A0%20Nanterre%20dans,communistes%20du%20pays%20est%20immense.
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Le résumé des 19 mesures préconisées par le plan Borloo :
Cliquer pour accéder à Re%CC%81sume%CC%81-des-19-programmes-PlanBanlieue-JL.BORLOO.pdf
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En 2017, les banlieues ont fait barrage au Front National et ont placé beaucoup d’espoir dans ce candidat qu’elle percevait jeune et moderne. Emmanuel Macron, à trop attendre à donner des réponses sur le sujet, risque d’accroître la déception et la défiance.
Emmanuel Macron a toujours avancé avec un discours « pro-business » qui parle aux jeunes des quartiers populaires. Dans une interview aux Echos donnée le jour de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, six mois après son entrée au gouvernement, la phrase était passée relativement inaperçue, en tout cas dans un premier temps : « il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. » Quelques jours plus tard, il s’en expliquait sur Europe 1.
Ce discours sur la réussite, cette ode à entrepreneuriat, pour reprendre ses mots, sur les « success-stories », sur l’économie du Net et ses entreprises superstars, lorsqu’il défendait un nouveau venu dans le monde économique, Uber comme une source d’emploi pour les jeunes des quartiers, et aussi le concept de « se faire soi-même », de créer sa propre réussite, mais en d’autres mots, de ne pas attendre de l’Etat.
« Qu’il ne nous abandonne pas et qu’il ne nous oublie pas », disait une habitante de Sarcelles pendant la campagne présidentielle
Emmanuel Macron avait choisi Bobigny, en Seine-Saint-Denis, pour lancer officiellement sa campagne. Un centre de formation et d’apprentissage pour bien affirmer ce qui est selon lui le problème numéro un : l’emploi. Des territoires plombés par le « chômage de masse » disait-il où « il n’y a plus », c’était l’un de ses mantras, « de mobilité géographique ».
Quelques semaines avant, alors qu’il n’était pas encore candidat et qu’il venait tout juste de quitter Bercy, il avait déjà choisi ce campus des métiers de Bobigny. Dans son costume anthracite, il regardait déjà en direction des quartiers populaires comme une manne électorale parce qu’ils étaient selon lui parmi les grands déçus du quinquennat Hollande. Et il en jouait, façon pragmatique : « On a fait trop de promesses, parfois aussi trop de concessions. Dans les deux cas, bien souvent par clientélisme ». Une de ces formules « dégagistes » pour balayer l’ancien monde.
Revenons un peu plus d’un an en arrière. Replongeons-nous dans l’ambiance de la campagne électorale. Nous sommes dans l’entre-deux-tours et Emmanuel Macron choisit de nouveau la banlieue parisienne, cette fois à Sarcelles dans le Val d’Oise. C’est un reporter de France Culture Antoine Marette qui assiste à cette petite partie de football et ce tir au but sous l’oeil des caméras, le 27 avril 2017.
Un an après, sur la question des banlieues, Emmanuel Macron n’a prononcé qu’un discours à Tourcoing au mois de novembre, promis des réponses pour le mois de février, pour finalement ne les livrer qu’aujourd’hui et on le sait déjà que très partiellement, refusant l’idée d’un énième plan à plusieurs millions d’euros.
Chez cette habitante d’outre-mer née en Guyane, croisée en 2017, il y avait à la fois une fascination pour l’homme et une méfiance pour le politique qu’il incarne. Dans cette ville du Val d’Oise, si Emmanuel Macron avait eu deux fois plus de voix que Marine Le Pen au 1er tour, c’est bien l’abstention qui l’avait emporté devant tous les candidats. Comme la preuve déjà que les beaux discours ne fonctionnaient plus. Le risque à trop attendre, c’est de nourrir encore davantage cette déception, de faire croître le sentiment de relégation et l’envie de sécession.
Dans une interview au Figaro ce matin, le sondeur de l’IFOP, Jérôme Fourquet :
« Si le discours d’Emmanuel Macron sur la « promesse républicaine » et le redressement économique de la banlieue a pu séduire une partie des électeurs de ces quartiers, ils se sont tout de même tournés massivement vers Jean-Luc Mélenchon au premier tour. »
Un an après, l’image d’Emmanuel Macron s’est même inversée dans l’opinion.
« Le glissement du centre de gravité du macronisme à droite, explique Jérôme Fourquet, se traduit aussi dans ces territoires qui attendent au tournant le président sur des mesures économiques et sociales mais aussi sur la question de l’islam de France. »
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-billet-politique/comment-emmanuel-macron-a-courtise-les-banlieues-pendant-sa-campagne-8756396
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Emmanuel Macron promet de « ramener l’Etat dans les quartiers » (lagazettedescommunes.com)
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Emmanuel Macron a affirmé que sa candidature serait placée « sous le signe de l’espérance ». « La France aujourd’hui est sortie du chemin du progrès. Le doute s’est installé. Depuis 40 ans, nous n’avons pas réussi à régler le problème du chômage de masse, la déprise* des territoires, la langueur de l’Europe, les divisions internes. La France est bloquée par les corporatismes. Dans le fond elle n’est plus à la hauteur de sa promesse », a dramatisé l’ancien banquier.
* dépriser : se détacher…
avec un verbe comme cela, c’est sûr, on ne savait pas bien qu’elle allait être la visée pour les territoires…
https://www.la-croix.com/France/Politique/Emmanuel-Macron-candidat-lelection-presidentielle-2017-2016-11-16-1200803508
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A 20 km de Paris, dans le Val-d’Oise, Saint-Gratien est l’entrée de la vallée de Montmorency.
Ville résidentielle, Saint-Gratien a longtemps été un modeste bourg rural avant de se voir couvrir de grands ensembles dans les années 1970. Le quartier des Raguenets est composé essentiellement de logements HLM classés en zone urbaine sensible. Le contraste est saisissant avec le nord de la commune qui annonce les propriétés plus cossues d’Enghien-les-Bains. Dans ce secteur, la bourgeoisie parisienne du XIXème siècle, autour de la princesse Mathilde, fille de Jérôme Bonaparte, venait régulièrement passer quelques jours dans des résidences secondaires.
https://www.linternaute.com/ville/saint-gratien/ville-95555
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Début 2011, après des ateliers organisés avec les habitants, notamment au centre Camille Claudel, le cabinet Solving portait ce regard sur StGratien :
L’urbanisme a également des répercussions importantes en matière sociale.
Une attention constante doit donc être portée à la mixité sociale et fonctionnelle et à son évolution dans le temps pour contrecarrer la ségrégation spatiale et la concentration des problèmes économiques et sociaux dans les quartiers les plus sensibles.
Les choix urbanistiques doivent concourir à favoriser un accès égal aux services, au
logement, aux équipements et aux modes de transport.
Ils doivent également encourager les rencontres entre habitants, le brassage des populations et prévenir les inégalités sociales et écologiques.
Ils doivent aussi privilégier les équipements collectifs alternatifs favorables à l’environnement, tels que les transports collectifs ou les modes de déplacement doux ainsi que l’accès aux énergies renouvelables.
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En relisant, le rapport du cabinet Solving, on peut lire ceci, qui fait partie des points qu’il faudra à notre sens réexaminer suite aux évènements récents :
« Le quartier des Raguenets concentre une très large part des incivilités de la commune, liées notamment à la persistance d’une économie souterraine.
L’existence de ce noyau pourtant limité d’infractions rend les actions en matière de
mixité sociale beaucoup plus difficiles à réaliser. »
Quelles alternatives sont proposées à la persistance d’une économie souterraine ? Voilà ce que constatait le cabinet il y a 12 ans :
– Une programmation culturelle qui peut sembler parfois « élitiste » et qui demande
un accroissement de la médiation culturelle. Des disparités dans la connaissance et la fréquentation des équipements culturels : un suivi et une évaluation défaillants risquent d’engendrer des prises de décision non adaptées au contexte
– Une densité du territoire rend difficile la construction de nouveaux équipements
sportifs dans le quartier des Raguenets : le quartier ne compte qu’un terrain
multisports pour répondre aux besoins de 30% de la population gratiennoise
– Un management en mode projet à parfaire : Il est observé un manque de transversalité entre les projets
– Une efficacité de la démocratie de proximité mitigée : bien que de nombreuses instances soient présentes sur le territoire, l’implication des jeunes reste faible.
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Hélas, le seul terrain au cœur même du quartier des Raguenets a été détruit ! Non pas par « des jeunes » mais par la ville elle-même ! Première décision du maire élu en 2020… Un problème ?
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A écouter l’invité du 13/14 sur France inter, lundi 3 juillet 2023 :
Le sociologue Fabien Truong, professeur à Paris VIII, auteur de « Jeunesses Françaises »
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-13-14/le-13-14-du-lundi-03-juillet-2023-7460579
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