Trop loin

Nous réagissons à une déclaration scandaleuse de J. Eustache, qui a désormais son rond de serviette sur CNews.

Selon J. Eustache, « il faudrait stopper toute construction de HLM en Île-de-France tant qu’on n’aura pas redéfini les critères de peuplement » parce que ça fait 20 ans « qu’on fait des ghettos ».

70% des Francilien.nes sont éligibles au logement social. Des milliers de demandes de logement non satisfaites s’entassent dans toutes nos villes. Des milliers de personnes, de familles, sont confrontés au mal-logement. Y compris dans celles gérées par les ami.es de madame Eustache, qui refusent d’appliquer les 25% de logement social, et sont donc des hors-la-loi. 62 333 val d’oisiens étaient en attente de logement en 2018. Où madame Eustache veut-elle les envoyer habiter ? Que leur propose-t-elle ? D’attendre 10 ans de plus ? De rester dans leur logement surpeuplé, ou insalubre ? Aux jeunes de rester chez leurs parents ?

Il faut « revoir les critères de peuplement ». C’est-à-dire ? Peut-être envoyer ailleurs les pauvres, les familles modestes, les étrangers ? Le logement social aboutirait à constituer des « ghettos », quand quasiment les trois quarts des habitants de notre région peuvent y prétendre ? Quelle erreur, et surtout quel mépris pour toutes ces populations ! Mépris de la France dite « périphérique », la France « des banlieues » !

Mais au fait, aux affaires de notre ville depuis 40 ans, qu’a donc fait madame Eustache pour éviter les « ghettos » ? Elle ne manque jamais une occasion de se glorifier des 32% de logements sociaux que compte Saint Gratien, et surtout d’en prendre prétexte pour ne plus en construire. Mais la grande majorité d’entre eux ont été bâtis dans les années 70, bien avant l’arrivée en mairie de madame Eustache. Les opérations immobilières « de standing » construites en centre-ville par la majorité de J. Eustache ne comptent aucun logement social, celui-ci étant cantonné dans les quartiers périphériques.

La seule politique du logement n’explique pas les « ghettos ». D’autres données sont à prendre en compte. Les difficultés de liaisons entre les quartiers, séparés par des routes à forte circulation ou par des voies ferrées difficilement franchissables, mais aussi la concentration en centre-ville des équipements culturels ou sportifs de la ville : voilà qui concourt fortement à « ghettoïser » certains quartiers !

Experte en « ghetto », à Saint Gratien J. Eustache a su faire fermer un foyer d’hébergement, démolir un foyer de jeunes travailleurs : elle aura ainsi contribué à revoir sur sa ville « les critères de peuplement. »

En détruisant un city-stade, elle aura, en les privant d’un équipement sportif unique dans le quartier, « ghettoïsé » un peu plus les jeunes des Raguenets. Un passage entre deux immeubles a été muré, rendant plus difficile la circulation piétonne des habitan.es. Le poste de police est inoccupé. La Poste annexe aux Raguenets a fermé. Dans le centre-ville, l’antenne de la CAF aussi, sans une opposition offensive de la municipalité.

Parlons donc aussi de politique associative, culturelle, éducative, d’investissement dans les écoles, d’emploi, de santé, de moyens humains et financiers pour accompagner certaines familles modestes ou étrangères.

Ce n’est pas la classification « HLM » qui fait le ghetto : c’est la vie difficile qui est faite aux familles, aux jeunes qui y vivent, et encore davantage en ces temps de pandémie. La baisse des APL, la disparition des services publics, la dégradation des conditions d’apprentissage : voilà ce qui contribue à la formation des « ghettos ».

Bien au contraire des idées extrêmes de J. Eustache, il faut construire bien davantage de logements sociaux. Il faut intégrer du logement social dans TOUT nouveau programme immobilier, à Saint Gratien comme partout ailleurs.

Bien au contraire, il faut que toutes les communes respectent le quota de 25% de logement social.

Bien au contraire, il faut que le gouvernement lance au plus vite un plan d’urgence pour le logement, en aidant la construction de logement social par une aide massive à la pierre, pour engager la construction de plusieurs centaines de milliers de logements sociaux.


J. Eustache le dit elle-même : « je vais très loin. » Trop loin, et surtout dans une très mauvaise direction.

2 réflexions sur “Trop loin

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