La formule

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Après quelques questions sur les décisions du maire (14 depuis le Conseil de novembre, certains non anodines..), nous prenons acte du traditionnel (et obligatoire) rapport sur l’égalité hommes/femmes. Un document toujours intéressant car il donne quelques chiffres sur la situation du personnel féminin de la commune. Nous demandons à connaître aussi les chiffres des temps partiels accordés, ceux des arrêts de travail, les jours de congé pour enfant malade et le montant des indemnités versées,  le tout avec une répartition hommes/femmes. Nul doute qu’il y a dans ces domaines des inégalités persistantes.  

Sur le territoire, une question est peu traitée : comment lutter contre les violences faites aux femmes ? La ville peut-elle éditer une brochure reprenant les différentes démarches possibles quand on est confronté à de telles situations ? La ville peut-elle engager des actions spécifiques dans le cadre de journées nationales, telles que le 25 novembre, journée de lutte contre les violences faites aux femmes et le 8 mars, journée internationale des droits des femmes ? Réponse floue sur ces points.

Nous votons contre les nouveaux tarifs de stationnement dans le parking P1.  

Des augmentations record ! Les tarifs horaires sont en hausse de +5,8%, +7%, +8,3%, +9% et jusqu’à 9,3%, les abonnements de plus de 8%.  

On remarque des tarifs un peu aberrants : le ¼ d’heure est à 50 c entre 45 min et une heure de stationnement… à 60c entre 1h30 et 1h45.. mais à 20c ensuite..

Le gestionnaire Effia a réalisé 204 000€ de recettes en 2023 avec un bénéfice de 26 000€, selon le compte rendu d’activité que nous avons vu en septembre, dans un document qui était d’ailleurs truffé d’erreurs. La ville quant à elle, perçoit une redevance d’environ 16 000€.

La délégation de service public pour le stationnement payant est de 10 ans. La ville se contentera pendant 10 ans d’avaliser les augmentations prévues par le contrat, selon une formule bien opaque dont on nous dit qu’elle est basée sur les salaires et l’énergie. Un point important dans ce contrat mais qui curieusement n’a pas été mis en avant lors du vote de la délégation de service public à Effia…

Le maire minimise les hausses en mettant en avant la gratuité de la première demi-heure, très utilisée par les Gratiennois. Il n’en reste pas moins que les 200 004€ ont été perçus par Effia en 2023. C’est autant que les Gratiennois ne dépenseront pas dans les commerces.    

D’autres villes ont opté pour un stationnement réglementé mais non payant.

Voici la fameuse formule pour les lecteurs du blog qui voudraient s’amuser :

Kn = 0,15 + 0,70 (ICHT-rev-TS/ICHT-rev-Tso) + 0,15( EBIQ/EBIQo)

Nous votons également contre les tarifs du marché municipal pour l’année 2025. Là encore, il s’agit d’une délégation de service public pour une durée de 13 ans. Le contrat prévoit des augmentations annuelles des droits de places des commerçants.         

Ces tarifs augmenteront de 4,56% ! Quelle justification à une telle hausse ? Pour mémoire, les tarifs avaient déjà augmenté de +3,29 % en 2024 et +2,60% en 2023. De plus le concessionnaire ne tient aucun de ses engagements… La ville dira ensuite que le marché est trop cher, mais visiblement elle y contribue. Notamment le concessionnaire avait une obligation de taux de remplissage de la halle de 90%. Or nous voyons le marché dépérir peu à peu, la fréquentation s’érode, le marché du mercredi est particulièrement fragile.

Plus grave encore, les commerçants paient des notes d’eau et d’électricité sans factures du concessionnaire, même si l’arrivée d’un nouveau placier a quelque peu clarifié certains points. Ces « dérives » ont été constatées dans de nombreux autres marchés d’Île-de-France et sont régulièrement dénoncées dans la presse locale. Le maire reconnaît être en conflit avec Mandon sur de nombreux points mais il réaffirme que la ville ne doit surtout pas être à l’initiative d’une rupture du contrat. Sauf que Mandon avait rompu ce contrat par lettre recommandée en avril dernier…  

À suivre…

Des réponses a minima

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Après avoir répondu aux inhabituelles questions orales de son propre groupe, le maire répond à celles des groupes de la minorité. Voici les nôtres, pour notre groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». La première et la dernière de nos questions ont également été posées par un autre groupe.

1 – Traversée voie ferrée en l’absence de passerelle au-dessus du RER C

Depuis des mois (cf. conseil de février 2024, suite à la fermeture de la passerelle), nous attendons que les contremarques gratuites de la SNCF permettant d’emprunter le souterrain de la gare RER sans titre de transport soient enfin disponibles et distribuées aux Gratiennois· e· s qui en feraient la demande. La ville a-t-elle des informations et quelle publicité sera ensuite faite de ce dispositif auprès de la population ?

Réponse du maire : depuis le 17 décembre, les habitants situés dans le périmètre retenu peuvent obtenir un « pass » gratuit pour emprunter le souterrain  de la gare de Saint Gratien. Une affiche est apposée dans les panneaux administratifs de la gare et du centre commercial des Raguenets, et un flyer est en cours de distribution dans toutes les boites aux lettres concernées ou affiché dans les halls des immeubles. Le retrait des « pass » se fera directement au guichet de la gare le mardi entre 7h et midi ; le jeudi entre 14h et 19h30 ; le samedi entre 9h30 et 13h, en présentant les pièces justificatives.

Notre commentaire : la passerelle a été démontée le 19 avril 2024… et dès connu cet événement, nous avions réclamé qu’un passage puisse être autorisés pour les Gratiennois sans titre de transport. Huit mois plus tard, il est enfin en place !  

2 – Passages piétons et passages réservés aux cyclistes

Des dispositifs d’éclairage particuliers des passages piétons avec détection de présence humaine permettent une meilleure sécurisation des traversées piétonnes. Il existe même des procédés de signalisation lumineuse au sol de ces passages, comme pour les pistes cyclables, qui amènent un meilleur respect du passage piéton et des cyclistes par les automobilistes. La ville a-t-elle engagé une réflexion sur ces possibilités ?

Réponse du maire : la ville a effectivement engagé une réflexion qui devrait aboutir à des propositions prochainement.

Notre commentaire : information a minima… nous en saurons davantage quand les dispositifs seront installés, concertation inexistante oblige. C’est pourtant une question que nous avons soulevée à plusieurs reprises depuis quelques mois.  

 3 – Entretien des trottoirs

Le maire a précisé en réunion de quartier le 12 décembre 2024 que « l’entretien des trottoirs revient aux riverains ». Or, sur le site de la ville, nous lisons que seul le balayage des trottoirs (comme l’enlèvement de la neige) incombe aux riverains. Qu’en est-il et quelle publicité est faite à d’éventuelles obligations de désherbage notamment ?

Réponse du maire : en vertu de ses pouvoirs de police, le maire apprécie au cas par cas et au vu des moyens dont dispose la commune, s’il est opportun de faire supporter le nettoiement, dont le désherbage des trottoirs, par les riverains. Ces derniers doivent procéder à l’élagage des plantations qui empiètent sur le domaine public.    

Notre commentaire : réponse un peu surprenante et certainement très mal connue en ville ! « Au cas par cas » laisse la porte ouverte à toutes les interprétations…

4 – Place des Cyclades 

Cette grande place de centre-ville est aujourd’hui un espace peu attractif, tant au niveau du revêtement du sol que des quelques aménagements et mobiliers urbains qu’elle comporte. Comment la ville pourrait-elle aménager cet endroit pour le rendre plus agréable pour les habitants et plus propice à diverses animations conviviales et jeux d’enfants ?    

Réponse du maire : un plan de rénovation des espaces publics de la ville a été établi et dès 2025, le mobilier urbain de la place François Truffaut sera par exemple remplacé, pour poursuivre ensuite sur Berthie Albrecht. Les espaces privés, tels ceux par exemple des copropriétés des Cyclades et des Cygnes feront l’objet d’une programmation ultérieure. S’agissant des animations pour enfants, elles ne sont pas souhaitées par les habitants pour éviter les nuisances sonores.

 Notre commentaire : heureusement que cette question nous a permis de découvrir l’existence d’un plan de rénovation des espaces publics… sur lequel bien évidemment nous ne serons pas consultés, comme sur l’aménagement des passages piétons. On regrette l’opposition a priori aux jeux d’enfants, qui certes crient parfois en jouant ! De là à les cataloguer en « nuisances sonores »…  

5 – Mayotte

L’île de Mayotte vient d’être ravagée par un cyclone d’une ampleur inédite. Les besoins sont immenses pour ce territoire déjà très défavorisé. Nous savons que la politique de la ville est de ne pas verser une aide financière. Malgré tout, comment peut-elle d’une part encourager les citoyens à participer de quelque manière que ce soit, à l’indispensable solidarité que requiert ce drame ? D’autre part, St Gratien, ville non jumelée jusque-là, peut-elle engager des démarches de l’ordre du symbole et travailler à son jumelage avec une des villes de l’ile de Mayotte, pour de futurs échanges culturels et de solidarité ?

Réponse du maire : comme la ville le fait à chaque catastrophe, et elles sont de plus en plus nombreuses, la ville met sur ses sites les coordonnées de plusieurs associations qui collectent des dons pour Mayotte. En ce qui concerne un éventuel jumelage, il s’agit d’un département français et la ville n’a pas vocation à se jumeler avec l’une de ces villes.   

Notre commentaire : le service est très minimum. Quant au jumelage, bien entendu rien n’interdit à des villes françaises de se jumeler entre elles.

À suivre : les dossiers essentiels de la séance, notamment le vote du budget 2025, les subventions aux associations, l’augmentation des tarifs du parking P1, l’avis de la commune sur le plan de mobilités en Île-de France, et les droits de places du marché municipal.

Sentiment

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Deuxième surprise ! Le groupe « UPSG » a une autre question orale au maire… Elle porte sur l’installation en 2025 de nouvelles caméras de vidéosurveillance, qui s’ajouteront aux 45 déjà en place sur le territoire communal.

Le groupe UPSG, par la voix de l’adjoint au développement durable (un lointain rapport avec les caméras..) indique trouver l’initiative pertinente. On va de surprise en surprise !

Le maire se fait donc un plaisir de détailler le projet. Selon le maire, police municipale et nationale sollicitent chaque jour (!) les images de la vidéoprotection (dénomination positive de la vidéosurveillance, ndlr) pour des identifications de suspects, levées de doutes ou appuis opérationnels. Il détaille ensuite trois exemples : bagarre, refus d’obtempérer, suivi d’individus en repérage… L’investissement dans 70 nouvelles caméras répond, selon lui, à un objectif de sécurité et de bien-être des Gratiennois, avec un maillage territorial équitable.  Les quartiers n’étaient pas tous couverts mais ce sera désormais le cas. Pour prévenir et dissuader, les caméras sont des outils efficaces pour prévenir les comportements délictueux et les actes de vandalisme, les agressions ou autres infractions. Avec cette extension, la ville augmente significativement sa capacité à anticiper et éviter ces situations. Pour aider la police nationale dans ses enquêtes, en cas d’incident, les images permettront d’identifier les responsables et d’apporter les preuves aux forces de l’ordre.  En couvrant l’ensemble des quartiers, la ville améliore sa capacité à résoudre les incidents rapidement et efficacement. Enfin cet investissement répond aussi à la demande des habitants, car les Gratiennois aspirent comme tous les Français à vivre dans un environnement sûr. Le maire estime qu’il était de sa responsabilité d’agir en ce sens. Ajouté au renforcement des équipes de la police municipale, c’est une étape importante dans l’engagement pour une ville plus sûre et plus sereine. 

Nos commentaires

On imagine volontiers que la majorité a débattu de cette question lors de ses réunions internes, et qu’il est simple d’y consacrer un article dans la prochaine revue de la ville. Pourquoi alors la poser en Conseil municipal ?  On espère en tout cas que le maire n’a pas été le seul à y travailler puisque son groupe lui demande de le présenter. Mais décidément ce soir, tout est possible en salle des mariages.

Sur le fond de ce dossier

La ville va donc investir 834 000€ pour 70 nouvelles caméras. Certes, l’opération est subventionnée à hauteur de 700 000€ : toujours de l’argent public issu de la poche du contribuable, rappelons-le. Les caméras sont très coûteuses, comparons leur coût aux 21 000€ que la ville consacrera cette année aux travaux dans les structures de la petite enfance, ou aux 392 000€ pour les travaux dans les écoles… Une somme particulièrement importante donc.

Sont-elles au moins efficaces, ces caméras ? Nous nous sommes déjà exprimés sur ce sujet, faisant entendre nos doutes sur l’efficacité de ces dispositifs technologiques, qui ne remplaceront jamais , à notre avis, la présence humaine sur le terrain. Aucune étude n’a prouvé quoi que ce soit, les questions de sécurité publique sont trop complexes pour que soit automatiquement attribuée à la vidéosurveillance une éventuelle baisse de la délinquance. Les caméras ne dissuadent pas le passage à l’acte, pour de multiples raisons. Elles sont parfois efficaces a posteriori pour révéler l’identité du délinquant… et très souvent non. Ce n’est pas parce que la police demande les images que celles-ci sont exploitables. Elles ne l’étaient pas visiblement le jour de l’incendie du centre Camille Claudel en juin 2023, puisque les coupables courent toujours. Je vous renvoie à notre expression sur le sujet lors du Conseil municipal du 20 juin dernier, où nous avions détaillé notre opposition à un investissement massif dans ce dispositif.

 https://isabellevolat.fr/2024/07/26/salle-des-mariages-20-juin-3/

Aucun chiffre précis (aucun chiffre tout court, d’ailleurs!) sur les différents faits de délinquance ne nous étant jamais communiqué, nous ne pouvons d’ailleurs pas apprécier une éventuelle évolution positive de l’installation des caméras. La sécurité est-elle meilleure dans les quartiers déjà vidéosurveillés, et moindre dans ceux qui ne le sont pas ? Ce serait donc inquiétant pour les habitants du quartier du Parc, et rassurant pour ceux des Raguenets ? Comme quoi, on se fait une bien fausse idée de l’insécurité ! 

En tout cas, nous interrogerons régulièrement le maire sur l’évolution de ce dossier, pour tenter de savoir à quoi ont été utiles ces 70 engins à 12 000€ pièce.  À assurer un « sentiment » de sécurité ?  

À suivre, nos propres questions orales au maire,  puis les différents dossiers traités lors de la séance.

Exhibition

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Commençons par la fin et les réponses du maire aux questions orales des groupes. Il n’y a pas de débat après la réponse du maire. La pratique a donc ses limites.

Surprise ! Cette fois-ci, le groupe majoritaire a lui aussi des questions pour le maire ! C’est étrange car c’est un peu comme si le maire s’interrogeait lui-même. On va vite comprendre de quoi il retourne…

Première question posée par le premier adjoint. Elle concerne la séance précédente du Conseil et notre question sur l’entraînement au Sivom de l’équipe israélienne de foot. N’était-ce pas l’occasion de parler de paix, demandions-nous alors, comme relaté ici :  https://isabellevolat.fr/2024/11/22/houleux/

Le maire nous accusait dans sa réponse « de prendre en otages » les victimes de Gaza, et ce à des fins électoralistes. Des accusations assez ignobles, contre lesquelles nous nous réservons d’ailleurs le droit de saisir pour diffamation les autorités compétentes, comme nous l’avons indiqué en début de la séance.

Et bien le premier adjoint interroge « naïvement » le maire pour savoir quelles suites il compte donner à « l’incident » qui aurait eu lieu selon lui lors de la séance du  21 novembre. Il accuse alors mon collègue « LFI » d’avoir « exhibé » un maillot de foot aux couleurs de la Palestine, ce qui « violerait les principes de neutralité et de respect de l’assemblée ». Il nous cite alors des articles du Code des collectivités territoriales selon lesquels les débats doivent se dérouler « sans manifestation partisane ». D’après lui, même le Conseil d’État soulignerait l’importance de la « neutralité politique » dans les Conseils. Nous aurions introduit « une symbolique politique dans un cadre institutionnel » et cela nuirait à la sérénité des débats. Le groupe « UPSG » souhaite donc savoir quelles mesures le maire compte prendre pour garantir à l’avenir le respect  de la neutralité.

Réponse attendue de celui-ci puisque l’échange est biaisé depuis le départ. Le maire indique partager l’analyse !  La ficelle est un peu grosse… Il indique avoir saisi le Préfet du Val d’Oise pour signaler l’attitude consistant à montrer un maillot de foot, en lui demandant d’examiner la conformité de cet acte avec la règlementation du fonctionnement des Conseils municipaux, et de prendre les mesures pour prévenir toute « répétition de tels incidents » pour préserver la sérénité des débats.

Nos commentaires (que nous n’avons pu faire en séance, règlement oblige) :  l’appartenance « LFI » que l’on nous prête est inexacte, mais la majorité a visiblement décidé de l’utiliser pour effrayer son électorat ; nous y avons déjà eu droit en réunion de quartier. Nous avons soutenu la campagne de Gabrielle Cathala, à présent députée LFI-NFP de notre circonscription, et y avons participé, mais notre étiquette politique n’a pas changé, et la majorité municipale le sait très bien.

Sur le fond… qui peut croire à la « neutralité politique » des Conseils municipaux ? Lieux par excellence où on fait de la politique ! Laquelle politique n’est pas une vilaine chose, mais au sens strict du terme recouvre tout ce qui  touche à l’exercice du pouvoir dans une société organisée, ce qui a trait au collectif, qui a rapport aux affaires publiques… Il est donc fort étonnant de voir nier ce qui est l’essence même du travail du Conseil municipal.

Quant à l’ «exhibition », le mot n’est pas choisi par hasard, il est connoté négativement, tel un étalage impudique. C’est là que la majorité municipale a un comportement bien hypocrite. « L’exhibition » du maillot palestinien ne serait pas acceptable et troublerait les débats. Mais l’accrochage du drapeau tibétain à la façade de la mairie revêt une toute autre signification ! Il manifesterait le soutien de la ville aux Tibétains opprimés par les Chinois. Un geste très politique, non ? Et de plus, jamais débattu en Conseil municipal… et qui pour le coup, n’a aucun lien avec notre territoire : nous ne sommes jumelés avec aucune ville de cette région du monde, nous n’avons aucune action de solidarité.

Le fond de l’affaire est à chercher ailleurs. Un vilain prétexte pour tenter de nous faire passer pour de violents agitateurs, accompagné du refus de voir apparaître même furtivement une quelconque allusion aux crimes génocidaires qui se déroulent  en Palestine. Les preuves s’accumulent, de multiples organisations internationales dénoncent le massacre qui continue : Josef Borell, commissaire européen aux affaires étrangères, Dominique de Villepin, l’équipe de foot de Norvège, Human Rights Watch qui vient de déclarer « Israël commet le crime d’extermination et des actes de génocide à Gaza »…

Mais ce qui serait insupportable, ce serait la vision d’un maillot de foot aux couleurs de la Palestine ?

Oui, notre question avait un lien direct avec notre ville puisque l’entraînement de l’équipe se déroulait sur notre territoire.

Non, nous n’importons rien sur notre sol, encore moins à des fins électoralistes. Notre parti, le PCF, ne prend personne en otage. Le PCF travaille avec des Palestiniens, des Israéliens, constitués en partis en Israël et des associations juives qui œuvrent pour la paix. Il n’a pas de leçon à recevoir, lui qui est à l’origine de la loi contre  le racisme et l’antisémitisme, la loi Gayssot.

Notre question était l’occasion d’appeler à la paix, tout simplement. Et nous continuerons à exhiber fièrement cette exigence.

À suivre… la deuxième question du groupe majoritaire…. et les nôtres, puis les différents dossiers traités lors de la séance.

Nos questions de décembre

Voici nos « questions orales au maire » pour le Conseil municipal du jeudi 19 décembre 2024, au nom du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». Venez écouter les réponses qui y seront apportées : c’est ce jeudi soir à 20h30 en salle des mariages de la mairie.

 1 – Traversée voie ferrée en l’absence de passerelle au-dessus du RER C Depuis des mois (cf. conseil de février 2024, suite à la fermeture de la passerelle), nous attendons que les contremarques gratuites de la SNCF permettant d’emprunter le souterrain de la gare RER sans titre de transport soient enfin disponibles et distribuées aux Gratiennois· e· s qui en feraient la demande. La ville a-t-elle des informations et quelle publicité sera ensuite faite de ce dispositif auprès de la population ?

2 – Passages piétons et passages réservés aux cyclistes

Des dispositifs d’éclairage particuliers des passages piétons avec détection de présence humaine permettent une meilleure sécurisation des traversées piétonnes. Il existe même des procédés de signalisation lumineuse au sol de ces passages, comme pour les pistes cyclables, qui amènent un meilleur respect du passage piéton et des cyclistes par les automobilistes. La ville a-t-elle engagé une réflexion sur ces possibilités?                                 

3 – Entretien des trottoirs

Le maire a précisé en réunion de quartier le 12 décembre 2024 que « l’entretien des trottoirs revient aux riverains ». Or, sur le site de la ville, nous lisons que seul le balayage des trottoirs (comme l’enlèvement de la neige) incombe aux riverains. Qu’en est-il et quelle publicité est faite à d’éventuelles obligations de désherbage notamment ? 

4 – Place des Cyclades 

Cette grande place de centre-ville est aujourd’hui un espace peu attractif, tant au niveau du revêtement du sol que des quelques aménagements et mobiliers urbains qu’elle comporte. Comment la ville pourrait-elle aménager cet endroit pour le rendre plus agréable pour les habitants et plus propice à diverses animations conviviales et jeux d’enfants ?

5 – Mayotte

L’île de Mayotte vient d’être ravagée par un cyclone d’une ampleur inédite. Les besoins sont immenses pour ce territoire déjà très défavorisé. Nous savons que la politique de la ville est de ne pas verser une aide financière. Malgré tout, comment peut-elle d’une part encourager les citoyens à participer de quelque manière que ce soit, à l’indispensable solidarité que requiert ce drame ? D’autre part, St Gratien, ville non jumelée jusque-là, peut-elle engager des démarches de l’ordre du symbole et travailler à son jumelage avec une des villes de l’ile de Mayotte, pour de futurs échanges culturels et de solidarité ?

Pas de politique

Nous étions hier soir à la réunion de quartier du Parc, et on vous en raconte quelques moments. Même si cela peut paraître dérisoire au vu de l’actualité nationale, et même si nous en connaissons toutes les limites, nous sommes toujours attentifs à ces rencontres avec les habitants.

Le système est bien rodé, et immuable. Le maire siège à la tribune, entouré de la police municipale et parfois nationale, des agents de la ville chargés de la politique dite de proximité, de sa cheffe de cabinet, du directeur général des services, du directeur des services techniques, et d’élus de la majorité… Ce qui représente un aéropage relativement impressionnant pour le citoyen de base, autorisé à poser des questions, jusqu’au moment où le maire décide que c’est la dernière.

Il est moins acceptable d’émettre un avis ou une opinion. Cela peut entraîner à votre égard une accusation de « faire de la politique », ce qui curieusement n’est pas admis dans une assemblée pourtant conviée à venir débattre de la gestion de la ville… Les élus de la minorité que nous sommes sont tolérés, mais immédiatement désignés comme trouble-fête s’ils se risquent à évoquer un sujet considéré comme politique, voir plus haut. Éventuellement, le maire leur demande de bien vouloir « laisser la parole aux habitants », montrant ainsi qu’il ne les considère pas tout à fait comme des citoyens ordinaires.

Une fois ces règles connues à défaut d’être admises, on peut se risquer à intervenir en réunion de quartier.  

Réunion d’information et non de concertation, la soirée commence comme d’habitude ce 12 décembre 2024, par une présentation de projets municipaux déjà finalisés. La réhabilitation du centre culturel du Parc, structure vétuste où se tient la réunion, est ainsi dévoilée : travaux d’isolation et d’amélioration acoustique, rénovation des espaces intérieurs. Tout cela est indispensable au vu de l’état actuel des locaux, et permettra une économie substantielle de chauffage. On regrette que l’occasion n’ait pas été saisie d’agrandir le centre, ni que l’association de la MJC n’ait guère été entendue sur ses demandes de sas d’entrée et de salles dédiées aux différentes activités. Les travaux débuteront en juin 2025 pour une durée de six mois et un coût estimé de 1,2M€.

Le centre culturel Camille Claudel connaîtra lui une reconstruction de ses locaux incendiés à 80% en juillet 2023. Il faudra attendre septembre 2025 pour le début des travaux qui devraient s’achever au printemps 2026. L’occasion pour le maire d’une diatribe sur les jeunes à l’origine du sinistre, sur les habitants qui d’après lui, les connaissent sans toutefois les dénoncer, sur le coût des travaux pour la ville (2,8M€), omettant de dire que la facture ne sera pas à sa charge, affichant aussi sa volonté de laisser à la vue de tous la façade calcinée pour encore des mois durant… « Pour ne pas oublier il faut le voir tous les jours ».. une quasi punition pour le quartier entier alors que l’incendie, bien évidement condamnable, n’est le fait que de quelques individus, dont d’ailleurs les caméras n’ont pas pu révéler l’identité à ce jour. Cette volonté nous semble aberrante pour l’image du quartier qui ne mérite pas cela et pour les habitants qui sont les premiers pénalisés par la fermeture du centre. Cela fait même fuir de possibles candidats médecins pour la maison de santé toute proche… avons-nous appris de source sûre.

Pas de bonne réunion de quartier sans un point sécuritaire sur les différents dispositifs qui nous protègent, police municipale, caméras (42 actuellement et bientôt 70 supplémentaires) et bien sûr Voisins Vigilants, à l’efficacité redoutable puisque le maire nous annonce que cette plate-forme entre voisins aux yeux grands ouverts a fait baisser de 50% les cambriolages dans le quartier ! Hélas, je crains que le problème ne soit un peu plus complexe..

Vient ensuite le moment des questions au maire, lequel a invariablement la bonne réponse. Quand la question est jugée pernicieuse, le maire peut soit « faire de l’humour »  en conseillant de déménager au perturbateur qui émet une critique ou un souhait, soit le désigner comme un dangereux gauchiste (effroi garanti dans la salle, composée majoritairement d’électeurs de droite plutôt âgés..), lui attribuant même une appartenance dont il sait pertinemment qu’elle est erronée : non, nous ne sommes pas adhérents de LFI…  Le maire s’exonère ainsi de la règle pourtant connue de tous : pas de politique en réunion de quartier, voir plus haut. À moins qu’il ne soit traumatisé par les résultats des dernières législatives dans ce qui n’est plus « son fief » ?

Parmi les questions de ce soir, plusieurs sur le changement climatique et ses dangers potentiels, les solutions possibles pour lutter contre les inondations, le risque de voir assouplir les dispositions de la loi « zéro artificialisation nette », le PLU.  L’occasion pour le maire de regretter que Saint Gratien soit la ville la plus dense du Val d’Oise, sans toutefois aller jusqu’à en citer les responsables. Selon lui, il est donc compliqué de désimperméabiliser, mais il importe surtout de ne plus construire, malgré que la région et le département nous y poussent.

Pour mémoire, dès les années 1990, nous avions alerté sur la densification excessive de notre ville, sans alors beaucoup d’échos, puisque l’objectif affiché était pour la majorité d’arriver à 23 000 habitants, et que la demande d’espaces verts était jugée irréalisable. Heureusement que les habitants des Marais ont su à cette époque se battre pour la couverture arborée du BIP, et que nous avons poussé pour la création du parc urbain, que la ville veut à présent agrandir !

Les transports ont fait l’objet d’échanges assez tendus, notamment comme à chaque fois sur les mobilités douces. Il n’y aura pas de parc à vélos couverts devant les centres culturels, les cyclistes sont présentés comme non respectueux des règles, et le maire profite aisément du désintérêt de son public, peu concerné par l’usage du vélo, pour évacuer la question. Pas surprenante non plus sa réponse sur les nuisances aériennes. Les avions modernes seront moins bruyants, et le trafic va baisser, donc inutile de se mobiliser pour un couvre-feu à Roissy ! Un avis contraire pourtant à toutes les prévisions qui annoncent une explosion du nombre de vols. Mais pour notre maire, la circulation automobile n’est pas non plus un problème, puisque bientôt les voitures seront électriques et donc non polluantes, sans qu’on voie bien quelles répercussions positives cela pourrait avoir sur la circulation et le stationnement… Curieusement, le maire regrette un manque selon lui de transports en commun, alors que Saint Gratien est tout de même desservi par trois gares importantes. Mais nous n’avons ni métro ni tramway, nous dit-il. Alléluia ! Il y a plus de 10 ans, la majorité et madame Eustache nous riaient au nez lorsque nous évoquions le prolongement du tramway entre Épinay et Saint Gratien !

À 21h30, le maire décide que ma question est la dernière, et je reste avec mon interrogation sur les possibilités d’améliorer la démocratie de proximité, en associant les habitants via un budget participatif, ou un conseil municipal des jeunes. Ouf, le maire a échappé à une question très politique.

Orientations budgétaires

Principal dossier de la séance du Conseil municipal de novembre : les orientations budgétaires pour 2025.

Ce point a donné lieu à de nombreux échanges entre les élus. En voici quelques-uns, sans prétention exhaustive, en reprenant les éléments des interventions des deux élus de notre groupe.

Sur un plan général, la situation des collectivités locales est très difficile après les annonces gouvernementales. Grande colère des élus, vue lors du Congrès des maires. « Faire mieux avec moins » ça a toujours été compliqué. Les collectivités ne sont pas responsables de la dette de la France, elles font de l’investissement public. Avec moins de moyens elles en feront moins et c’est mauvais pour l’économie. de plus, elles sont quasiment mises sous tutelle car elles n’ont plus d’autonomie financière avec la disparition de la taxe d’habitation et sont entièrement dépendantes des dotations…

Comme le 1er ministre est de la famille politique du maire, nous aurions aimé connaître son appréciation de ces coupes budgétaires, évaluées entre 5 et 11 M€ à aujourd’hui… ? Même si visiblement St Gratien n’est pas si impacté que ça par les mesures directes, nous le serons par contre par l’assèchement des dotations des autres collectivités dont nous recevons les subventions.

Le maire ne s’engagera pas à nous répondre sur ce point…  

Il y a évidemment risque avec ces coupes drastiques que les services publics soient mis à mal ; que la transition écologique soit freinée par des coupes dans les financements. Ce sont notamment les alertes concernant le « fond vert », amputé au niveau national de -1,5 milliard d’euros, et la suppression du plan vélo national avec cascades sur les autres plans vélo. Déjà que la ville est très en retard dans ce domaine !  

Localement, comme nous l’avions déjà fait remarquer en juin lors du vote du Compte administratif, il est surprenant de voir que la situation financière de la ville qui était présentée en novembre 2022 comme catastrophique et nécessitant une forte augmentation du taux de taxe foncière (ce sera +14%, à ajouter à l’augmentation des bases de +7%), est à présente tellement bonne qu’on pourrait investir comme jamais, entre 12 et 14 millions d’euros ! Les dépenses d’investissement sont en effet d’environ 5 M€ habituellement chaque année. Alors qu’on nous annonçait que les courbes des recettes et des dépenses devaient se croiser (le redoutable effet ciseau !), il n’en est rien, et d’ailleurs les fameuses courbes ont opportunément disparu de notre document.

Évidemment, les débat montre que le montant total des investissements ne sera pas supérieur à celui des années précédentes. Ce sont des reports, des investissements planifiés les exercices antérieurs, mais comptablement non engagés et des frais d’études, qui anticipent une partie des investissements, gonflant ainsi artificiellement les chiffres.

Il n’y aura finalement que des choses très classiques.. les habituels travaux de voirie, un bâtiment communal rénové, la salle d’armes, à grands coups de subventions, et la rénovation du centre culturel du Parc. La reconstruction du centre Camille Claudel sera, elle, entièrement financée par les assurances et l’État.

La ville a-t-elle beaucoup souffert de la baisse de la DGF ? Pas vraiment, puisque la baisse était assez faible depuis 2018, et qu’en même temps d’autres dotations augmentaient.

Un nouvel objectif de la majorité est de conserver la dette au niveau où elle était en début de mandat. Or, ce qui compte, c’est le coût de la dette.. Saint Gratien est bien placée après la douloureuse expérience des emprunts toxiques pour savoir que des taux d’intérêt exorbitants sont effectivement un problème !  Mais derrière la dette, il y a l’investissement en ville.. Moins de dette, c’est moins d’investissement, ou un sous-investissement, inférieur aux besoins. Or nous constatons qu’il y a un gros retard d’investissements sur la transition écologique. Les inondations du mois d’octobre ont su nous le rappeler. Non, la dette n’est pas diabolique, tout dépend du taux des emprunts, et des travaux qui seront ainsi financés.

En ce qui concerne les agents municipaux,  nous constatons de plus en plus de CDD… 87 postes sur 370, c’est-à-dire 23,5%, contre 16,8% en 2022. Les titulaires ne représentent plus que 60,5% des effectifs en 2024 contre 64% en 2022. C’est une précarisation des statuts. Nous retrouvons également l’invariable rhétorique sur les « rémunérations contenues ». C’est positif du côté de l’employeur mais moins du côté des salariés ! Nous estimons que la revalorisation du point d’indice est positif, même s’il y a un coût pour la collectivité. Le nombre d’assistantes maternelles passe de 9 à 6 et c’est inquiétant.  

Pour la partie « orientations » puisque c’est le rapport d’orientations budgétaires dont nous débattons, il faut arriver à la page 18 d’un document qui en compte 24 pour les découvrir…  

Pour maitriser nos dépenses de fonctionnement, je réitère la proposition d’éteindre l’éclairage public une partie de la nuit dans une partie de la ville, ce qui apporterait des économies substantielles. Les Leds ne règlent pas tout.

La ville annonce une quasi stabilité des tarifs des services pour 2025. On s’en félicite ! Depuis longtemps nous déplorons le très haut niveau des tarifs de cantine… parmi les plus chers du département Le maire nous répond que les réfectoires sont pleins. Oui, les parents qui travaillent sont contraints de laisser leurs enfants à la cantine. Mais, beaucoup plus gênant : si les élèves de Grusse Dagneaux déjeunent à plus de 80% à la cantine, ceux de l’école Jean Sarrailh ne le font qu’à 55%… selon les infos obtenues -difficilement- en commission scolaire. Il y a donc une grosse inégalité entre quartiers qui doit nous interroger . Donc si on se réjouit de voir que les tarifs de cantine n’augmenteront pas cette année encore, notons qu’ils n’en restent pas moins très élevés -trop- pour certaines familles.

Nous regrettons aussi que la médiathèque Motordu ne soit pas davantage développée et rendue plus accessible parce que c’est un équipement qui le mériterait, dans un quartier qui en a bien besoin.

Toujours dans le domaine des écoles, la ville a beaucoup communiqué sur la « végétalisation » des cours d’école. Nous avons été parmi les premiers à dire qu’il faut revoir le modèle des cours entièrement bitumées. Hélas, on craint que ce bel objectif ne se réduise finalement à assez peu de choses : des auvents qui ne protègent pas forcément de la chaleur, quelques plantations. Pourtant l’enjeu est grand en matière de dés imperméabilisation des espaces urbains, et de lutte contre les ilots de chaleur. Le bitume emmagasine et renvoie la chaleur la nuit. C’est donc réduire sa place qu’il importe de faire. Sans oublier l’impact positif qu’un réaménagement bien mené peut avoir sur le climat….. scolaire.

Mais hélas là comme ailleurs, la majorité municipale a un gros défaut : elle ne consulte personne, ou si peu. Les enseignants, les parents et même les enfants ont de très bonnes idées. Ce n’est pas dessaisir les élus de leurs prérogatives car au final, ce sont toujours les élus qui décident… mais en meilleure connaissance de cause s’ils ont entendu les avis des uns et des autres, ceux qui utilisent les équipements au quotidien. Or, nous voyons que se profilent des projets déjà ficelés qu’on annonce aux intéressés en oubliant que peut-être ils ont un avis.. Même remarque d’ailleurs pour tous les projets importants pour la ville : manque de concertation pour la passerelle de la gare, si importante pour la liaison centre-ville/Raguenets ou encore la rénovation du centre du Parc.. D’ailleurs pas de budget participatif non plus chez nous alors que la pratique se répand y compris dans des villes dirigées par des maires de droite… moins frileux.  Impliquer les habitants quant au budget est pourtant essentiel.

Toujours dans le domaine des enfants, rien en ce qui concerne le centre Fossiez qui vraiment n’est pas un centre de loisirs qui les accueille dans de bonnes conditions.

En ce qui concerne la si nécessaire adaptation au changement climatique qui nous rattrape plus vite que prévu, je regrette qu’on en reste souvent au « la ville est si dense qu’on ne peut pas faire grand-chose ». Si elle est l’est, c’est aussi parce que depuis 40 ans la bétonisation a beaucoup prospéré… Je rappelle à ce sujet au maire qui nous accuse d’avoir toujours voulu davantage de logements, que dès les années 90, nous étions les seuls à souligner le fait que Saint Gratien était la ville la plus dense du 95. Nous avons beaucoup travaillé avec les habitants pour sauvegarder quelques espaces libres, par exemple par l’implantation du parc urbain ou la réalisation de la couverture du BIP. Ce sont aujourd’hui des espaces verts appréciés. Seule la construction de logement social est à notre avis nécessaire, rappelons que 70% des Français y sont éligibles.

Mais même dans une ville dense, des choses sont possibles. Même les parkings peuvent être dés-imperméabilisés… La majorité a peu d’ambition dans ce domaine malgré les alertes. Rien ou si peu pour les mobilités douces, toujours aussi compliquées dans notre ville. C’est l’exemple des parcs à vélos dans les écoles, ou des « rues scolaires », qui pourraient contribuer à désengorger les entrées/sorties des écoles de la circulation automobile : on se contente de nous répondre : « il n’y a pas de demande des familles ni des enseignants »… Mais c’est aux élus aussi de parfois se montrer audacieux.     

Enfin, nous votons « contre » ce rapport d’orientations budgétaires afin de marquer notre profond désaccord sur la politique municipale qu’il sous-tend.

Le dimanche, c’est non

Premier rapport présenté au Conseil municipal de Saint Gratien le 21 novembre dernier : les dérogations au repos dominical.

Nous votons contre la dérogation au repos dominical des commerces de détails pour l’année 2025, comme à chaque fois que le Conseil municipal est sollicité sur cette question.

Comme chaque année, la dérogation porte sur 12 dimanches pour les commerces alimentaires, soit le nombre maximum autorisé. Il s’agit de Carrefour Market et Lidl. Le Grand Cercle et des concessions automobiles sont concernés pour 5 dimanches.

Pour nous, c’est toujours non au travail du dimanche !

Non, le travail le dimanche ne crée pas d’emplois : le pouvoir d’achat des clients n’est pas extensible, donc globalement le chiffre d’affaires reste le même et il n’y a donc pas de création d’emplois.

Non, les salariés ne sont pas « volontaires ». Soit ils sont contraints de rechercher des majorations de salaires parce que leurs salaires sont trop bas, soit ils sont contraints car s’ils refusent quand ils postulent à un emploi qui inclut le travail du dimanche, ils ne seront pas embauchés.

Non, parce que nous pensons que les étudiants qui prétendument bénéficieraient du travail le dimanche pour financer leurs études, rencontrent très souvent des difficultés à cumuler études et travail. Le travail est nuisible à leurs études.

Non, parce que le dimanche est un jour de repos collectif qui structure la société, et qui permet des loisirs sportifs, culturels, familiaux, associatifs, amicaux, cultuels etc… La liste n’étant pas exhaustive !

À suivre le dossier principal du Conseil de novembre : le rapport sur les orientations budgétaires pour 2025.

Le modèle Musk

Le dernier numéro du Mag de Saint Gratien vient de paraître.

Pour le moment, nous n’avons lu que la dernière page, celle des tribunes libres des différents groupes municipaux. La nôtre est à lire en bas de cet article. Les textes des autres groupes de la minorité sont consacrés à la paix, à l’éducation, à la transition écologique… des thèmes sur lesquels nous sommes souvent intervenus car ils nous semblent primordiaux, et sur lesquels nous pouvons d’ailleurs partager bien des propositions.

La majorité municipale, a elle, choisi d’essayer l’humour pour traiter de la difficile situation des collectivités locales, mises à mal par les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement.

Quelques remarques que suscite cette « lettre au père Noël ». Tout d’abord, le premier ministre n’est-il pas issu de la même famille politique que notre maire ? Dénoncer les conséquences sur le terrain de ce qu’on a décidé « en haut » est un peu étrange. Ensuite, on ne sait trop ce que recouvre la « bureaucratie » ou la « machine bureaucratique » dénoncées dans la prose majoritaire. Par contre, on saisit bien ce dont il est question quand on veut « rationaliser les dépenses publiques » ! Ce sont surtout les services publics qui sont en ligne de mire. On comprend totalement quand le propos est éclairé par la référence à Elon Musk, qui semble être devenu le maître à penser de la majorité ! Le milliardaire libertarien, qui prône renvois massifs de fonctionnaires et suppressions de subventions, fan absolu de la déréglementation, nous a été présenté comme le modèle à suivre au dernier Conseil municipal. Navrant. Et enfin, Saint Gratien n’est pas particulièrement touché par les restrictions budgétaires annoncées. Nous l’avons vu lors du débat sur les orientations budgétaires pour 2025. Nous y reviendrons en détail prochainement.    

Voici ci-dessous notre tribune, écrite au nom des élus du groupe municipal « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».

Des Gratiennois inondés

Les intempéries d’octobre ont montré que nous sommes exposés à de graves dégâts : inondations aux Raguenets et dans des bâtiments municipaux, dont la salle d’armes, pourtant récemment rénovée. Il faut chercher à atténuer ces événements climatiques qui vont se multiplier. St Gratien est en  retard.

Nous avons fait des propositions pour débétonniser la ville.

Les cours d’école, au sol bitumé avec peu d’arbres et d’herbe, doivent être végétalisées. La ville nous vante un « îlot de fraîcheur » à l’école Logeais. Il se réduit à un auvent qui protège de la pluie mais pas des fortes chaleurs, et à la plantation de 3 arbres sans réduction de l’espace goudronné…

Notre proposition lors des travaux de la salle d’armes de récupérer l’eau de pluie a bien fait rire la majorité. Sauf que la salle a été inondée et a provoqué l’inondation des maisons voisines en déversant son surplus d’eau dans la rue…

Solidarité : une famille avec 4 enfants, sans dette, est expulsée.

Le service social est resté impuissant. Nous saluons l’action solidaire de Gratiennois pour soutenir la famille dans sa recherche d’un logement… dans une autre ville. L’expulsion est une pratique d’un autre âge qui enfonce des personnes déjà fragiles. 

I.Volat, S. Bauer

Houleux

Un Conseil municipal bien houleux hier soir encore en salle des mariages… Il est bien difficile de faire entendre des propositions alternatives sans provoquer l’agacement voire l’énervement des élus de la majorité, qui le manifestent bruyamment. On le regrette.

Notre compte-rendu commence par les réponses du maire à nos « questions orales ». Ce pourrait être l’occasion de débattre sur le fond de questions locales, mais hélas, les réponses sont schématiques et mettent fin à tout échange puisqu’après la réponse du maire, nous n’avons plus la parole.   

Inondations du 17 octobre 2024 – Stéphane Bauer

Les intempéries d’octobre, certes exceptionnelles, ont montré que nous pourrions être exposés dorénavant à de graves dégâts : inondations notamment à la salle d’armes, pourtant récemment rénovée. La salle elle-même a été totalement inondée et a renvoyé vers les propriétés voisines le surplus de sa cuve de rétention d’eau.

Qu’envisage la ville pour éviter que de tels dommages se reproduisent ?

Réponse du maire : ces événements étaient exceptionnels et les structures publiques ou maisons individuelles ne sont pas dimensionnées pour y faire face. Des aménagements complémentaires doivent souvent être prévus. Pour ce qui est des propriétés voisines à la salle d’armes, la provenance de l’eau qui les a frappées est sans lien avec la construction nouvelle, d’autant plus que celle-ci s’est accompagnée d’ajouts d’exutoires. La solution consiste plus probablement à créer une « noue végétale » sur la bande de terre voisine, qui va en cas de pluie centennale, collecter les masses d’eau et ainsi éviter des débordements éventuels.

Nos commentaires : il est bien étonnant d’entendre à nouveau affirmer que les inondations des pavillons voisins de la salle d’armes ne sont pas dues à la salle d’armes ! La ville a pourtant précédemment reconnu les débordements de la cuve de rétention d’eau, d’ailleurs filmés par les riverains.. Le maire est resté muet sur l’inondation de la salle elle-même, qui est tout de même inquiétante pour un équipement tout récemment rénové. Les travaux devaient justement prendre en compte la position de la salle en contrebas du collège et la prémunir de tout dégât des eaux. C’est raté. Attention, les événements dits exceptionnels risquent de devenir fréquents.  

Solidarité – Isabelle Volat

Les expulsions de locataires de bonne foi sont pour nous une pratique d’un autre âge qui enfonce des personnes déjà fragiles. Cela les isole de leur environnement et les condamne à une situation très précaire, sans résoudre aucun problème. Les enfants de ces familles sont particulièrement touchés quand ils se retrouvent à errer entre différents hébergements d’urgence.

Comment la ville peut-elle éviter en amont ces situations, qui sont toujours des catastrophes sur le plan humain ?  

Réponse du maire : il commence par rappeler que ce n’est pas la ville qui expulse les familles mais les propriétaires. Par ailleurs, la complexité et le temps des procédures font que ce ne sont pas des expulsions sans raisons, comme la question semble le dire, mais c’est souvent en raison d’impayés de loyers qui datent de plusieurs années, ou la reprise du logement par les propriétaires pour vente, ou leur propre relogement. Dans tous les cas, le CCAS intervient très en amont dès qu’il est informé de la situation. Une assistante sociale propose plusieurs rendez-vous aux locataires mais malheureusement il arrive parfois que ceux-ci ne se présentent pas.

Nos commentaires : l’art de noyer le poisson poussé à son paroxysme… Nous savons parfaitement que ce sont les propriétaires qui demandent l’expulsion, et les raisons qui peuvent la provoquer. Nous savons aussi que la réalité est parfois tout autre que le récit du maire, qu’un bailleur social peut expulser même quand le locataire a réglé sa dette, et que si les familles ne se présentent pas, ce n’est pas sans raison. Cela peut justifier un déplacement des  services sociaux avant d’arriver à la mise à la rue. Pas une once d’humanité dans cette réponse froide et administrative. Et en quoi le fait de mettre une famille dehors, y compris avec des enfants (rappelons que plus de 2 000 d’entre eux dorment dans la rue en France aujourd’hui), règle-t-il le problème ? Cela ne fait que l’aggraver.    

Marché municipal – Stéphane Bauer

On sait que les relations sont mauvaises depuis longtemps entre la ville et le concessionnaire du marché. Elles sont mêmes devenues rocambolesques, Mandon cassant unilatéralement le contrat en avril. La ville lui demandant finalement de rester mi-mai, alors qu’à ce moment-là le concessionnaire était devenu débiteur vis-à-vis de la ville de la concession restant à courir jusqu’en 2030. Nous avions l’opportunité de remettre tout à plat, en régie ou avec un nouveau concessionnaire, pour relancer le marché. Dans la convention qui  lie la ville et Mandon, il apparaît qu’il n’y aurait plus désormais de « taux d’engagement de remplissage du marché » (90 %) par Mandon-Somarep (cf. rapport n°12 du dernier CM, cet objectif a disparu), taux qui était l’élément central de la convention signée entre la ville et Mandon en 2017. Nous nous étonnons qu’on en soit arrivé là.

Quelles sont les obligations de Mandon en matière de remplissage du marché ?

Réponse du maire : la présentation des faits est inexacte. La ville a rappelé en mai à Mandon les conséquences juridiques d’une rupture unilatérale du contrat. Le délégataire en a tenu compte et la ville a évité une fermeture, même temporaire du marché. La passation d’un délégation de service public nécessite de 9 à 12 mois de procédure. S’agissant de l’objectif de remplissage du marché à 90%, nous en sommes loin. Mais qui peut reprocher à la ville d’avoir eu toujours de l’ambition pour le marché ? La ville a exprimé à plusieurs reprises son insatisfaction sur la situation. Le maire estime que le contexte économique, et aussi les usages de consommation actuels, sont de plus en plus difficiles pour les marchés.      

Nos commentaires : la question était pourtant claire mais la réponse est bien floue… L’objectif de remplir la halle à 90% est-elle toujours d’actualité ? Si oui, pourquoi a-t-elle disparu du rapport d’activité de Mandon ? Quant à l’ambition municipale pour le marché, hélas, on la sait fort modeste. Pas assez importante pour envisager une régie directe, par exemple. Trop facile d’incriminer les pratiques des consommateurs, car on sait aussi que des marchés dans des communes proches fonctionnent très bien : Enghien, mais aussi Ermont et Eaubonne, cette dernière ville avec 3 marchés par semaine…

Réglementation de l’éclairage nocturne – Isabelle Volat

À défaut de réduire une partie de la nuit l’éclairage public dans une partie de la ville, ce qui générerait des économies et serait également positif en matière écologique, serait-il possible de faire éteindre comme la réglementation l’impose : les enseignes lumineuses des commerces qui restent allumées pour certains ; les panneaux publicitaires Decaux ; la publicité du cinéma sous le porche du Forum ?    

Réponse du maire : la ville a répertorié précisément les commerçants qui ne respectent pas l’obligation d’éteindre ainsi que les panneaux qui restent allumés après 23h. Le service politique de la ville va directement intervenir auprès des intéressés pour leur rappeler le règlement et pour les quelques panneaux publicitaires allumés après 23h, la liste exhaustive a été communiquée à Decaux pour qu’il fasse le nécessaire. Quant aux panneaux du cinéma, ils sont bien éteints par le projectionniste après la dernière séance.

Nos commentaires : dont acte ! Un quiproquo toutefois sur les affichages du cinéma dont nous avions bien précisé l’emplacement. Si ceux dans l’allée du cinéma sont bien éteints, il n’en va pas de même pour ceux situés sous le porche entre la place du Forum et la rue B. Albrecht.  

Football – Stéphane Bauer

Nous avons été interrogés sur l’accueil récent de l’équipe nationale de football d’Israël au Sivom, et sur le territoire de St Gratien, pour s’entrainer du 12 au 14 novembre sur le Stade Michel Hidalgo, dans le cadre de la Ligue des nations, qui somme toute reste un tournoi de nature amicale. Mais le sport ne fait pas abstraction des conflits. La participation d’Israël aux JO a fait débat, car la Charte olympique promeut le respect d’une « trêve olympique » (période de paix qui invite à l’arrêt des conflits – cessez le feu, qui s’étend d’une semaine avant le début des jeux olympiques à une semaine après les jeux paralympiques). La Russie et La Biélorussie ont pour cette raison été autorisées à envoyer seulement ses sportifs sous bannière neutre aux JO de Paris. Leurs sportifs sont exclus de toutes les compétitions internationales. En ce qui concerne la Palestine, les infrastructures sportives y ont été détruites par l’armée Israélienne, plus de 400 athlètes, bénévoles et employés du monde sportif ont été tués ou blessés en 2024 (dont 71 footballeurs pro. ou amateurs tués). L’entraineur de l’équipe olympique de Palestine en football est mort dans un bombardement sur la bande de Gaza début 2024. Lundi dernier, une footballeuse internationale libanaise (de la Beirut Football Academy) , membre de la sélection nationale, a été gravement touchée à la tête lors d’une frappe israélienne sur la banlieue de Chiyah.

Pourquoi notre collectivité n’a-t-elle pas utilisé cette occasion pour se prononcer pour l’arrêt des carnages (selon Joseph Borrel, chef de la diplomatie européenne en nov. 2023 et encore en mai 2024) et pour lancer un appel pour la paix dans cette région du monde, en écho du discours tenu devant le monument aux morts le 11 novembre ?

Réponse du maire : il rappelle que les questions en fin de Conseil doivent  avoir un lien direct avec notre commune. Il trouve regrettable que notre parti prenne en otages les malheureux qui meurent dans cette région. « Vous importez sur notre sol à des fins électoralistes un conflit venu du Proche-Orient », nous dit-il. Comme le maire l’a dit le 11 novembre, il est pour la paix dans le monde, que ce soit en Europe, au Proche-Orient, au Sahel, en Afghanistan, en Syrie, au Yémen et dans d’autres régions du monde où sévissent encore des guerres dont nous n’entendons jamais parler.   

Nos commentaires : vilaine réponse très politicienne ! Notre « parti », j’imagine qu’il vise le PCF bien que nous intervenions au Conseil au nom de la liste « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » a effectivement depuis des mois pris position contre ce qui apparait non pas comme une guerre, mais comme une entreprise génocidaire. L’évoquer à l’occasion d’une présence de footballeurs israéliens sur le territoire de la ville n’est pas incongru. Demander qu’un appel à la paix soit lancé à ce moment n’est nullement une « prise d’otages ». Le maire devrait mesurer ce que ces mots recouvrent. Nous ne savons pas si Dominique de Villepin, qui fortement alerte sur le massacre en cours à Gaza, ou la Cour pénale internationale, qui vient de lancer un mandat d’arrêt contre B. Netanyahou pour crimes de guerre, sont aussi soupçonnés d’arrière-pensées machiavéliques. Pour notre part, nous sommes horrifiés de ce qui se passe à Gaza, où meurent dans des conditions atroces des centaines de milliers de civils, majoritairement des femmes et des enfants. À notre modeste niveau, il nous semble de notre devoir  d’agir pour que cesse le piétinement du droit international par des dirigeants, qui faut-il le rappeler, sont d’extrême-droite. Je trouve également regrettable que les élus de la majorité ne soient pas capables de faire preuve d’un peu de correction, et ne puissent se retenir d’exprimer bruyamment leur désaccord, essayant de couvrir la voix de celui qui pose la question, comme si celle-ci était scandaleuse. Je rappelle aussi que le PCF n’a pas de leçon à recevoir de quiconque en ce qui concerne sa lutte incessante partout dans le monde, et de tous temps, pour la paix. 

À suivre les dossiers examinés en Conseil…