Fermeture de la maison de la presse – librairie « le Grand Cercle » à Saint Gratien. Pourquoi ? Que faire ? Nos propositions
Stéphane Bauer
Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ?
Peut-on conserver un commerce de librairie-presse en centre-ville ?
Ce n’est pas parce qu’on s’associe à un grand groupe, choix qu’avait fait la ville de Saint-Gratien en 2018, en s’associant avec le « Grand Cercle », qu’on garantit l’avenir d’une librairie presse de centre-ville.
À l’époque, à la réouverture du magasin à l’automne 2019, après 3 années de fermeture, il avait été convenu que le magasin ne vendrait pas de fournitures scolaires – source de marge – pour ne pas concurrencer « Bureau Vallée ». Comme quoi, on peut être comme monsieur Bachard, notre maire, pour la concurrence libre et non faussée, et la biaiser localement.
Nous suggérons la reprise en gérance d’une activité de librairie-maison de la presse au forum
La France dispose de 3000 librairies indépendantes : de quoi classer le pays parmi les mieux dotés au monde. Depuis le confinement, les ouvertures s’accélèrent, notamment dans les villes petites et moyennes. Comment s’en sortent ces librairies et quels sont leurs avantages ?
Une piste : la reprise en gérance d’une activité de librairie-maison de la presse
Près de 700 librairies à travers le pays souhaitent ainsi transmettre l’histoire et la culture du livre.
On observe une démultiplication des ouvertures de librairies, notamment dans les territoires ruraux. Alors que l’on dénombrait déjà 140 créations de librairies en 2021, l’année 2022 affiche un nouveau record avec 142 librairies créées. Il s’agit d’un rythme de création doublé par rapport aux années antérieures (62 en 2017, 79 en 2018, 68 en 2019, et 59 en 2020).
Parmi les enseignes spécialisées ouvertes (20 % du total), une sur deux porte sur la bande-dessinée (hors mangas), et une sur six est concentrée sur la littérature jeunesse.
Pas moins d’une librairie sur deux ouverte depuis 2017 l’a été dans une commune de moins de 15.000 habitants et une sur quatre de moins de 5000 habitants, dans une démarche souvent revendiquée de service de proximité.
La vague des créations s’est poursuivie ces cinq dernières années, comme le souligne l’étude d’ »Axiales », société de conseil en France spécialisée dans la filière du livre : c’est à lire ici.
2022 est l’année de pic : elle comptabilise à elle seule 33 % des 574 créations recensées sur la période 2019-2023.
Le profil des librairies indépendantes qui s’ouvrent en France
- Les librairies indépendants se sont implantées dans presque tous les départements de France, maillant densément le territoire. Elles sont plus nombreuses à Paris.
- Les librairies sont implantées majoritairement dans des petites villes, 1 sur 5 est située dans une commune de moins de 5000 habitants. 44 % des créations sont situées en dehors des zones d’attractivité des aires urbaines principales, montrant là encore que le maillage s’est fait principalement dans des zones peut-être plus risquées économiquement.
- Les créations sont venues combler des “trous” (fermetures, zones vides depuis longtemps) ou ont créé une dynamique plus locale (librairie “de quartier” ou de proximité).
- 75 % des librairies créées sont généralistes. Parmi les spécialisées, les librairies « mangas » et « littérature de l’imaginaire » sont plus présentes qu’en 2022. Confirmant la tendance observée en 2022, près d’une librairie sur 4 propose un espace café. Près de 40 % des librairies proposent d’autres produits que le livre, qui représente plus de 20 % du chiffre d’affaires pour 18 % des répondants : le poids des autres produits devient important dans l’activité.
- La moitié des librairies créées sur la période fait moins de 65 m². Les librairies sont néanmoins très remplies : elles proposent 7500 volumes en moyenne et la part des librairies proposant entre 7000 et 20000 volumes est passée de 33 % des répondants à 44 % entre 2022 et 2024. Un niveau de stock qui pourrait devenir inquiétant en période plus tendue économiquement.
- Avec un chiffre d’affaires médian de 170 000 €, les librairies créées sont de surface économique modeste, en corrélation avec surface et implantation.
- 60 % seulement des répondants proposent une solution de réservation ou vente en ligne, ce sont notamment les librairies les plus récentes qui s’en passent.
- 82 % des libraires ont été accompagnés au démarrage de leur projet, principalement par les agences régionales pour le livre. Les libraires ont accès à de nombreux dispositifs, qu’ils soient génériques ou spécialisés pour les acteurs du livre. 75 % d’entre eux se sont formés en amont de l’ouverture.
- 80 % des répondants estime que leur prévisionnel était bien ajusté au départ. L’emprunt bancaire reste majoritaire dans le plan de financement, bien que les libraires aient eu un peu plus recours à l’apport personnel que dans les réponses 2022.
- 73 % des répondants estiment que leur activité va se développer dans les prochaines années et 61 % a atteint son prévisionnel. Ils sont néanmoins inquiets quant à la rentabilité et au niveau de charges auxquels ils doivent faire face. Peu de libraires déclarent des résultats nets négatifs.
- 54 % des librairies reposent sur les épaules du seul gérant. 16 % seulement des librairies emploient plus d’un équivalent temps plein en plus du gérant.
Les enjeux pour la reprise d’une librairie presse en centre-ville à St Gratien par un libraire indépendant
Les locaux appartiennent à la ville. Un futur gestionnaire pourra donc travailler avec elle, qui a intérêt à ce que ces locaux ne restent pas vides.
Tout d’abord, compte tenu de la réglementation du secteur, que l’on soit intégré à un grand groupe ou pas, les conditions commerciales vis-à-vis des maisons d’édition et les groupes de presse, sont quasiment les mêmes : le prix du livre est fixe. Les groupes, via les volumes d’achat plus important, disposeront de davantage de remise unitaire.
Quant au stock de livres, les banques ne le financent pas. Or, à la librairie du Forum, la valeur du stock de livres s’élève à 100 000€.
Que faire des presque 300 m² de surface ? Plus la surface est grande, plus il faut de stocks et d’employés.
Coupler l’activité librairie-presse ? Avec quelles autres activités ? Le but étant d’attirer du monde et d’équilibrer les comptes qui, sur la seule activité librairie-presse, ne dégagent pas beaucoup de résultats au regard des charges fixes (loyer, fluides, charges de personnel).
Une librairie sur quatre propose un espace café et près de 40 % d’entre elles proposent d’autres produits que le livre, avec un poids de ces autres produits qui devient de plus en plus important dans l’activité : plus de 20 % du chiffre d’affaires.
Quelles synergies avec la politique culturelle de la ville ? Avec le cinéma, les écoles, dans le cadre de la semaine de la presse, le festival « Un monde des cultures », etc.
En bref, un projet parmi d’autres, pour une librairie indépendante en centre- ville :
- Une entreprise indépendante et coopérative ;
- Un tiers-lieu de X m² sur les presque 300 m² existants, répartis équitablement sur deux étages pour profiter :
- De la presse quotidienne, hebdomadaire et mensuelle, d’une librairie comptant + de 4 à 6 000 ouvrages ;
- D’un espace café – salon de thé – bar où il sera possible de grignoter sur le pouce des mets sucrés et salés ;
- D’un espace de création ou de travail isolé, qu’il sera possible de louer au sous-sol ou à l’étage ;
- D’expositions et d’animations régulières en lien avec la vie de la librairie et la politique culturelle de St-Gratien ;
- De papeterie et autres objets choisis ;
- De jeux de société (y compris à utiliser sur place) …
Ci-dessous des projets qui ont vu le jour ailleurs ou qui tiennent le coup
Le Temps de Vivre, c’est une librairie indépendante généraliste installée dans la jolie ville du Faouët, Morbihan
Lot : Création et reprises sont à l’ordre du jour dans le secteur qui a connu deux années exceptionnelles
À Sélestat, la dernière Maison de la presse du centre-ville, la famille Wachenheim tient à faire perdurer le métier de quatre générations d’aïeux. Malgré « les temps qui changent » et pour la clientèle d’habitués
Saint-Gilles-Croix-de-Vie : un an après, la librairie les Oiseaux voyageurs a réussi son envol
Comment réussir à faire d’un lieu underground alternatif une librairie de quartier installée ?
Après six mois de travaux, la librairie a ouvert ses portes le 3 mai, à deux pas de la plage de Luc-sur-Mer (Calvados)
Quelles aides pour se lancer dans une activité de librairie ?
Un tiers des 300 reprises effectives depuis 2017 ont été soutenues par l’Adelc (Association de développement de la librairie de création) et le CNL (Centre national du Livre) notamment. En 2022, le CNL a soutenu 23 reprises à travers ses aides à l’investissement.
L’association s’engage auprès des libraires sur plusieurs types de projets, et en particulier : la transmission et la création de librairies ; le développement et la rénovation de la surface de vente ; les déménagements ; la restructuration de fonds propres (capitaux) ou de fonds de roulement (trésorerie)
Les aides du Le Centre National du Livre (CNL)
Le CNL accompagne et soutient tous les acteurs de la chaîne du livre : auteurs, traducteurs, illustrateurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et organisateurs de manifestations littéraires : 22 aides, pour soutenir tous les acteurs de la chaîne du livre
Les aides de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) :
Aides à la modernisation des librairies : afin d’accompagner les libraires indépendantes, réseau dense de professionnels, qui sont le poumon économique de la chaine du livre, à poursuivre leurs investissements de modernisation, l’État mobilise des fonds pour leur permettre de moderniser leurs équipements.
Last but not least
Animation d’une librairie féministe à Rennes dans le film « L’attachement » …film au programme ce mois de mars au cinéma « Les Toiles » !

Nous remercions nos contacts en ville qui nous ont permis de disposer d’informations sur cette actualité.
Voici nos autres sources :
Librairies indépendantes de Paris et d’Île-de-France
Décryptage. Plus de 500 ouvertures en cinq ans : libraire, un métier qui attire de plus en plus
France: les créations de librairies à un «niveau record» en 2022
https://www.livreshebdo.fr/article/les-maison-de-la-presse-se-developpent-en-france
À l’orée de l’opération de promotion de la lecture, le «
Nous déplorons cette prochaine fermeture d’un magasin de proximité qui crée du lien, des échanges, est un lieu de rencontres : les discussions sont plus riches dans les rayons de notre librairie qu’à Carrefour Market.














Nous avons évidemment voté pour cette motion, tout en rappelant certains éléments.
À l’école Jean Jaurès, la seule « solution » qu’a trouvée l’Éducation nationale pour remplacer la directrice en arrêt a été de solliciter la directrice de Grusse Dagneaux, qui se partage depuis septembre entre les deux établissements. Un état de faits qui n’est satisfaisant pour aucune des deux écoles.
Nous avons fait remarquer que cette motion municipale qui demande que les remplacements soient assurés, a très peu de chances d’être entendue. Un vœu pieux, car il ne s’agit pas d’un problème de remplacement. Les remplaçants qui pourraient arriver à Saint Gratien seront retirés d’autres communes. Comme tous les services publics, l’école publique est dans un tel état de crise avancée suite aux politiques des différents gouvernements ! Dévalorisation salariale importante, conditions de travail dégradées, classes surchargées, réformes contre l’avis des personnels, formation professionnelle mise à mal, manque d’Aesh qui rend impossible une école inclusive, attractivité du métier en berne, attaques contre les enseignants accusés de peu travailler. Récemment encore c’est Nicolas Sarkozy, qui pense que les enseignants travaillent six mois de l’année et seulement 24h par semaine ! Ou c’est une ignorance crasse de la réalité du métier, ou c’est une nouvelle attaque contre l’école publique pour la déconsidérer aux yeux de l’opinion.
Si la suppression de 4 000 postes a disparu du budget de la nation récemment voté, il faudrait créer 26 000 postes pour arriver au taux d’encadrement des autres pays européens ! On est donc bien loin du compte. L’école de la réussite est une chimère. L’école aujourd’hui ne participe pas à la réduction des inégalités, mais au contraire contribue à leur creusement. Donc la motion aurait pu aller plus loin, ce n’est pas qu’une question de non-remplacement, c’est une grave crise de l’école publique, et il aurait fallu alerter sur les causes profondes. D’ailleurs la récente conférence de Natacha Polony salle Georges Brassens intitulée « comment sauver l’école » a fait le même constat et préconisé des moyens d’ampleur pour « sauver » notre système éducatif.
Enfin, n’oublions pas quelle formation politique avait proposé la suppression de 4 000 profs, et a voté contre l’augmentation salariale des Aesh. S’indigner localement des conséquences de mesures qu’on soutient au niveau national : voilà qui est bien difficile à expliquer pour le maire, pourtant LR, qui considère que « ce n’est pas le sujet »…
Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien, la suite
Nous constatons une baisse de 15 fonctionnaires et il y a par contre 9 contractuels permanents et 35 contractuels non permanents de plus qu’en 2022. C’est une précarisation du statut qui se dessine.
La formation professionnelle qui était mentionnée dans le rapport de l’année 2022 ne l’est plus en 2023. Un oubli selon le maire, qui signale pourtant qu’il s’agit d’un enjeu très important…
Mais le problème est surtout que la ville ne rémunère que des études « surveillées » et non « dirigées ». Une différence qui peut paraître anodine, mais qui ne l’est pas… En effet, les études dirigées, mieux rémunérées, consistent à aider les écoliers·ères dans l’apprentissage de leurs leçons, et non seulement à assurer la « garderie » des élèves. Un petit investissement pour la ville, un grand pas pour les élèves qui bénéficieraient ainsi d’un soutien scolaire le temps de l’étude. Un soutien scolaire qui n’existe pas pour les élèves des écoles élémentaires, alors que les besoins sont grands dans le domaine.
Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.
Les causes principales des menaces sur les espèces végétales et animales, évoquées dans le rapport présenté au vote, sont les pollutions lumineuses et sonores de la ville. Ce sont des causes de sérieuses perturbations pour la faune et de la flore sauvages, selon la LPO. Donc pour « contribuer à la préservation de la biodiversité » ce qui est un objectif très louable, nous pensons qu’il faut pousser la réflexion et l’action de la ville un peu plus en profondeur.
Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur les dangers de la pollution lumineuse, sans compter la gabegie de l’éclairage de rues vides entre 23h et 6 h du matin. Cela participe à l’extinction massive des insectes et donc à la disparition d’oiseaux et de chauve-souris. Pour les plantes, comme pour les animaux, l’alternance du jour et de la nuit est vitale. Les associations alertent aussi sur la prolifération des LED, certes plus économiques mais plus dangereuses pour la biodiversité à cause de leur lumière blanche. À l’heure où on prône des « trames vertes et bleues », il faut aussi implanter des « trames noires ». Existent des systèmes intelligents qui activent l’éclairage à pleine puissance seulement lors du passage d’un piéton ou d’un véhicule. Sinon le niveau de lumière se fixe à 10 % de la puissance, plongeant les rues dans une semi-obscurité.
Je remarque aussi que la famille politique du maire a voté cette semaine sans état d’âme au Sénat pour ré-autoriser un pesticide de la famille des néonicotinoïdes via la « loi Duplomb ». Les néonicotinoïdes sont un danger avéré pour la biodiversité. L’acétamipride en question dans la loi est un insecticide qui tue notamment les oiseaux et les abeilles.
Rester dans le simple constat plus ou moins exact « les colos ne sont plus à la mode » ? Mais pourquoi ? Il y a certes des freins financiers. Une étude IFOP indique que le prix des séjours apparait comme le deuxième frein le plus largement cité par les parents. Il y a aussi certainement des réticences psychologiques, et une méconnaissance des bénéfices de la colo. Aussi un désintérêt des élus locaux…
En fin de séance, le maire répond aux questions orales des groupes. Voici les nôtres, les réponses apportées et nos commentaires, que nous ne pouvons faire en séance, les questions orales ne faisant pas l’objet de débat.

Décryptage : notre question reste sans réponse. La ville décide du réaménagement d’espaces sans en référer à quiconque. On aurait pu imaginer une consultation des riverains, premiers intéressés, que ce soit pour renouveler les mobiliers à l’identique ou reconfigurer leur disposition. On ne doute pas que les habitants ont suffisamment d’idées sur l’aménagement de leur environnement ! Jardinières certes, mais peut-être aussi bancs, stationnements vélos ou autres innovations auraient pu émerger d’une consultation, mais la ville ne connaît que la « présentation » de projets déjà décidés.
Réponse du maire : le seul moyen de conserver la qualité des espaces publics de cette zone serait de créer un cheminement minéralisé intégré au platelage existant. La ville a décidé de mener des études sur ce sujet.
Décryptage : à suivre… Ce revêtement particulier pose problème depuis des années. Les bandes métalliques apposées sur les lames de bois ne l’ont pas résolu.

Dans les villes aux alentours de St Gratien, les jeunes conseillers municipaux ont été invités à travers des jeux à se concerter et à réfléchir ensemble sur des thématiques qui les concernent au quotidien. Ils ont par exemple évoqué les problématiques qu’ils pouvaient rencontrer et dégagé des pistes d’amélioration sur la gestion des cantines scolaires, le manque de végétalisation de certaines rues, ou encore la sécurité des enfants sur le trajet école/domicile. Qu’en est-il au niveau du conseil municipal de St Gratien ?
Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.
Le montant des investissements hors Camille Claudel est de 245€ par habitant, largement en-dessous de ce que dépensent la moyenne des villes de même importance que Saint Gratien. Surtout, ces investissements ne sont pas à la hauteur des besoins en matière de jeunesse et de bifurcation écologique. 16% seulement des travaux concernent ce dernier point, et seulement à peine 10% le secteur de la jeunesse, enfance et éducation. Les investissements restent principalement consacrés à la voirie : 30% des travaux.


On remarque au passage que le surcoût lié au dernier emprunt toxique, bien que ce dernier soit d’une part à présent négligeable dans l’encours de dette, s’élèvera en 2025 aux alentours de 32 000€… heureusement pris partiellement en compte par le fond de soutien national… c’est à dire au final le contribuable.
Les montants annoncés des investissements sont supérieurs aux autres années. Certes deux centres culturels seront réhabilités ou reconstruits (Claudel subventionné en quasi-totalité). 