Raguenets : où en est la maison de santé ?

Maison de santé à St Gratien : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Une maison de santé va voir le jour prochainement dans le quartier des Raguenets à Saint-Gratien, lisons-nous dans « La Gazette ». Le maire « espère » y accueillir cinq médecins, dont deux généralistes, mais un reste encore à trouver.
Un psychologue et un cardiologue souhaiteraient rejoindre cette maison de santé.  

Nos remarques

Cela fait plus d’un an que le projet a été annoncé au Conseil municipal. Il a été repris dans le programme de l’équipe qui gère la ville. Nous l’en avons félicité à l’époque aux nom des Gratiennois-e-s, car cela faisait plus de 10 ans que nous leur avions indiqué que dans le quartier des Raguenets il y a une décroissance du nombre de praticiens et qu’on va petit à petit vers un désert médical.

– Interrogé par nos soins à plusieurs reprises et encore récemment en Conseil municipal sur ce projet, le maire nous assurait que « ça avance… » sans autre précision. On est donc content d’en savoir un peu plus par Gazette interposée.

– Si on compte bien : sur cinq médecins « espérés », il manque toujours un généraliste et un spécialiste. D’après nos informations, le généraliste retenu exerce déjà dans un cabinet situé… dans la tour jouxtant la maison de santé. Il ne s’agit donc pas d’une offre médicale supplémentaire pour le quartier. Juste un changement d’adresse.

– Il se dit aussi qu’un autre généraliste sollicité aurait préféré une offre plus intéressante de la ville… d’Épinay.

Effets de la crise sanitaire ou difficultés de recrutement des médecins ? Le fait est que les travaux de la maison de santé se sont terminés en septembre et qu’aucune date d’ouverture n’est annoncée. Il semble bien qu’il soit difficile de recruter !

Un projet très peu concerté

– N’ayant aucune information, nous nous interrogeons sur les motifs qui ont guidé le choix des spécialistes annoncés par La Gazette. Pourquoi un cardiologue quand St Gratien en compte déjà deux ?
Le conseil de quartier et le conseil citoyen ont-ils par exemple été contactés pour compléter l’appréciation des besoins médicaux de la population ? Une concertation que réalise tout élu qui veut réussir l’implantation d’un espace de soins dans sa ville…

– Les chiffres annoncés par « La Gazette » ne correspondent pas par ailleurs à ceux affichés sur les locaux. Notamment, le coût restant à la charge de la ville est de 322 700€ et non de 217 000 €. Ville qui suit de très près le chantier, puisqu’il nous a été dit que c’est la sénatrice (la maire, en fait ?) en personne qui a voulu choisir la couleur du carrelage… Couleur qui hélas n’a pas plu à l’un des médecins contactés, qui a imposé finalement une autre teinte…

Décidément un projet qui a du mal à se concrétiser alors que les besoins en soins et en prévention dans le contexte du Covid et de la grippe sont conséquents.

Retour sur l’historique de ce projet

Depuis des années, nous soulignions la nécessité d’une structure médicale aux Raguenets. Le projet municipal de maison de santé, structure privée, a été voté il y a plus d’un an, en 15 minutes – lors d’un débat encore tronqué, comme le Conseil en a l’habitude – au Conseil municipal de novembre 2019, c’est-à-dire en toute fin de mandat, et en toute opacité quant à sa préparation. La ville s’appuyait sur un rapport de l’ARS dont nous n’avions pas eu connaissance, et ce projet ne figurait pas dans le programme électoral de la majorité.

Sœur Anne, ne verrais-tu pas plutôt un Centre de Santé (CDS) aux Raguenets ?
Proposer des locaux ne suffit pas à attirer des praticiens dans les quartiers.
Les médecins recherchent de nouvelles formes d’exercice, des pratiques coordonnées, pluriprofessionnelles, et souvent un exercice salarié, avec l’assurance de concentrer leur temps sur l’activité médicale, sans avoir à gérer la lourdeur administrative d’un cabinet.

C’est pourquoi nous avions fait la proposition d’un « Centre de Santé municipal» (CDS), structure publique qui assure un accès aux soins à TOUS car pratiquant le tiers payant et aucun dépassement d’honoraires.
C’est précieux, à l’heure où un Français sur trois renonce à se faire soigner à cause de l’augmentation du reste à charge.
Le Centre de santé occupe une place particulière dans l’offre de soins. Il assure une politique de prévention et d’éducation à la santé sur des problématiques comme l’obésité, les violences conjugales…
C’est la santé au sens large qui est ici traitée, avec des passerelles vers le sport, la nutrition, en partenariat avec les structures sanitaires et sociales de la ville, le CCAS, les collèges…. Tout ce que ne fera pas obligatoirement une maison de santé, structure privée qui doit assurer une certaine rentabilité. Enfin, du moins quand les praticiens sont au rendez-vous…

Car le projet municipal tousse et peine visiblement à démarrer. Affaire à suivre.

S.B./I.V.

Colère aux Raguenets

Colère aux Raguenets ! Un journaliste de « L’Écho régional » s’est déplacé la semaine dernière sur les « ruines » du city stade du quartier et est allé à la rencontre des habitants. Enfin un reportage qui interroge les différentes parties au lieu de n’écouter qu’une   seule ! À lire ci-dessous.

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Gazette juin 2020-9 

 

 

 

Saint Gratien : les rats sont entrés dans la ville !

Ce mercredi 5 juin, assemblée de quartier aux Raguenets. Des habitants interpellent le maire sur la présence importante de rats dans leur quartier. Ces animaux pulluleraient au ras des entrées, malgré les campagnes de dératisation, que le maire cite sans visiblement rassurer les habitants. La réunion se termine sans que le problème ne semble vraiment inquiéter les élus de la majorité.

Nous avons voulu en savoir plus. Ce samedi, nous nous sommes donc rendus sur place, rue Massenet, square Georgette Agutte, autour du centre culturel et dans les espaces verts et terrains de sport qui le jouxtent. Nous avons rencontré et interrogé des habitants, des enfants, du personnel d’entretien des cages d’escalier, et échangé avec eux.

C’est édifiant.

Cette partie du quartier est infestée.

Tous le disent : ils voient des rats, des familles de rats, des jeunes rats, au bas de leur immeuble, au ras des portes d’entrée, dans les espaces de verdure au pied des murs. Un enfant se propose de nous montrer un « terrier », « là-bas, près du terrain de jeux ». Une dame sur un banc nous raconte que son mari a pris une vidéo montrant les bestioles devant les escaliers de son immeuble. La dame de ménage lâche son balai pour nous indiquer des trous impressionnants, avec effondrement du sol au ras des escaliers qu’elle nettoie. Les plus gros trous sont bouchés artisanalement par des morceaux de bois. Elle n’ose pas les toucher, dit avoir peur, et nous les désigne comme étant les plus gros débouchés des galeries. D’autres seraient obstrués avec des bouteilles : seul moyen rudimentaire trouvé par les résidents pour tenter de gêner la circulation des rats. 

Nous ne connaissons pas l’ampleur de l’invasion, mais au vu des photos et des récits, elle ne peut être qu’importante. Quelques boîtes servant à la dératisation sont déposées ça et là, mais visiblement sans grand résultat. Les habitants rencontrés sont excédés, craignent pour les enfants, s’interrogent sur le risque sanitaire et demandent que des mesures plus radicales et enfin efficaces soient prises.

Comment ne pas leur donner raison ? Cette situation ne peut pas durer. Il y a urgence.