Café citoyen aux Raguenets

Ce samedi, nous étions dans le quartier des Raguenets pour échanger avec les habitants autour d’un café citoyen. On vous raconte..

Café citoyen  par Stéphane Bauer, élu municipal du groupe  » Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Nous ne sommes pas venus faire des selfies devant Franprix (comme certains..), au milieu du centre commercial des Raguenets samedi 16 mars…

Mais échanger avec les habitant-e-s, avec une question simple :

Comment ça va ? Quelles suggestions et propositions aimeriez-vous faire pour les Raguenets ?

Tour d’horizon en 3 heures 

– Rue d’Orgeval, Square de la Terre aux Clercs et place des Jolivats, l’enterrement des lignes électriques et la réfection de la voirie annoncés pour octobre et votés en Conseil municipal ont pris du retard. Les travaux prévus ne sont pas commencés. Pourquoi ? Personne ne sait… on ne nous l’a pas dit.. nous confie un riverain.

– Certes la rue de Verdun a été refaite. On l’attendait depuis longtemps. Mais « le quartier est calme. Trop calme. Encore plus le samedi après-midi ». Il n’y a plus d’enfants qui jouent dehors depuis les évènements de juin. Que font-ils ? Ils restent chez eux. « Mais méfions-nous de l’eau qui dort… rien n’a changé depuis avant les évènements… ».

Quant à la lettre du maire, datée de début juillet 2023, et qui faisait appel à dénoncer les responsables de l’incendie de Camille Claudel, elle a fait un « sale effet » ; « On nous a pris pour des étrangers à la ville ». Vécue comme une absence de respect.

-Que font les jeunes aux Raguenets le samedi après-midi ? « On va à Sannois faire du foot », nous disent quelques ados qui passent vers 17h.. « parce que le city stade…. » avec une moue significative. Visiblement la destruction du seul espace sportif libre du quartier par la ville en 2020 n’est pas oubliée.    

Transports 

– Au regard de l’absence de transports en commun en marche le week-end, les habitants restent aussi chez eux. La question du dysfonctionnement des transports en commun est récurrente :

Qu’il s’agisse de la ligne de bus 138 qui conduit jusqu’à Levallois. Il y a un bus à 10h30. Puis un autre à 16h30. Entre les deux ? Rien.

La ligne 16 aussi dysfonctionne. Depuis la gare RER de St-Gratien, elle passe devant le lycée Monod… enfin généralement avec toujours 15 min de retard avec l’horaire indiqué.

Le besoin de pistes cyclables et de mobiliers urbains pour les transports alternatifs à la voiture nous est rapporté. Très utile quand on estime ne pas avoir besoin de sortir sa voiture, lorsqu’on vient par exemple de Montmorency rendre visite à l’un de ses parents résidant aux Raguenets.

– La passerelle : les habitants déplorent sa neutralisation depuis fin 2023, et découvrent qu’elle va être démontée le 13 avril.

Hélas, ceci n’est pas le projet pour la passerelle de la gare, mais juste un exemple de ce qui peut être réalisé…

En attendant des travaux qui débuteront et dureront au moins un an, selon les dires de l’élu qui a présidé la dernière commission travaux, pointe le besoin de franchir la voie ferrée, par un autre moyen que passer par la rue d’Argenteuil, sous le pont de la gare. Et arrive aussi la question des poussettes, caddies et vélos, impossibles à utiliser sur la passerelle … Et si on réfléchissait à un autre mode de franchissement de la voie ferrée ? En s’inspirant de ce qui a pu être fait ailleurs ? Et quid également du fonctionnement des ascenseurs de la gare ?

Santé 

La maison de santé était fermée cette après-midi. La plaque annonçant les noms des médecins pratiquant dans le centre a même été enlevée…

L’absence de médecin pèse sur les habitants, qui vont chercher des praticiens jusque dans Épinay… ou un psychologue à Paris 17ième

Écoles/crèche 

Le faible nombre de places en crèche en ville, est évalué par les habitants à moins de une pour 10 enfants en bas âge.

La réduction des horaires d’ouverture de la bibliothèque de Motordu, après le congé maladie d’une des rares salariées par la ville officiant ici et non remplacée. La lecture repassera, elle aussi…

Fuites d’eau à l’école Jean Sarrailh… un problème qui est déjà remonté, et qu’on espère, est arrivé à l’oreille du maire, lui qui a également fréquenté l’école primaire Jean Sarrailh entre 6 et 10 ans… « mais c’était il y a longtemps, s’en souvient-il ? » 

Salaires, retraite, pouvoir d’achat 

On a aussi parlé de pouvoir d‘achat. Après 35 années d’ancienneté chez Auchan, levée à 4h du lundi au samedi, pour un salaire net perçu pour un temps complet de 1300€  (avec prise en compte de l’ancienneté) et une participation annuelle qui s’élève à … 17€ …

Et de retraites, concernant une future retraitée qui a appris que son entreprise – pourtant un grand groupe d’origine allemande – avait perdu la trace de près de six années de ses cotisations sociales, bien qu’elle n’ait travaillé quasiment que pour cette entreprise depuis … 1991…

Avec comme conclusion, que les plus jeunes ne seront pas ainsi attirés par ces professions ni ces entreprises… Mais faute de plus jeunes, que deviendront ces activités en France ?

Débuté à 15h, notre café citoyen s’est terminé à 18h. Pendant 3 heures nous avons pu observer le faible nombre de magasins ouverts dans le centre commercial et également la grande mare d’eau au niveau de la rampe d’accès à gauche du Franprix qui oblige les habitants à passer sous la rambarde pour éviter de se mouiller les pieds… Une illustration concrète que la politique de la ville aux Raguenets fuit. Depuis longtemps. Vue la taille de la mare au pied de la tour…

Que faire.. ? Par où re-commencer ? Points que nous ré-évoquerons mercredi prochain (20 mars à 20h, ndlr) dans le préau de l’école Jean Sarrailh, lieu qui accueillera la prochaine réunion de quartier.                     

 

 

Raguenets : où en est la maison de santé ?

Maison de santé à St Gratien : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Une maison de santé va voir le jour prochainement dans le quartier des Raguenets à Saint-Gratien, lisons-nous dans « La Gazette ». Le maire « espère » y accueillir cinq médecins, dont deux généralistes, mais un reste encore à trouver.
Un psychologue et un cardiologue souhaiteraient rejoindre cette maison de santé.  

Nos remarques

Cela fait plus d’un an que le projet a été annoncé au Conseil municipal. Il a été repris dans le programme de l’équipe qui gère la ville. Nous l’en avons félicité à l’époque aux nom des Gratiennois-e-s, car cela faisait plus de 10 ans que nous leur avions indiqué que dans le quartier des Raguenets il y a une décroissance du nombre de praticiens et qu’on va petit à petit vers un désert médical.

– Interrogé par nos soins à plusieurs reprises et encore récemment en Conseil municipal sur ce projet, le maire nous assurait que « ça avance… » sans autre précision. On est donc content d’en savoir un peu plus par Gazette interposée.

– Si on compte bien : sur cinq médecins « espérés », il manque toujours un généraliste et un spécialiste. D’après nos informations, le généraliste retenu exerce déjà dans un cabinet situé… dans la tour jouxtant la maison de santé. Il ne s’agit donc pas d’une offre médicale supplémentaire pour le quartier. Juste un changement d’adresse.

– Il se dit aussi qu’un autre généraliste sollicité aurait préféré une offre plus intéressante de la ville… d’Épinay.

Effets de la crise sanitaire ou difficultés de recrutement des médecins ? Le fait est que les travaux de la maison de santé se sont terminés en septembre et qu’aucune date d’ouverture n’est annoncée. Il semble bien qu’il soit difficile de recruter !

Un projet très peu concerté

– N’ayant aucune information, nous nous interrogeons sur les motifs qui ont guidé le choix des spécialistes annoncés par La Gazette. Pourquoi un cardiologue quand St Gratien en compte déjà deux ?
Le conseil de quartier et le conseil citoyen ont-ils par exemple été contactés pour compléter l’appréciation des besoins médicaux de la population ? Une concertation que réalise tout élu qui veut réussir l’implantation d’un espace de soins dans sa ville…

– Les chiffres annoncés par « La Gazette » ne correspondent pas par ailleurs à ceux affichés sur les locaux. Notamment, le coût restant à la charge de la ville est de 322 700€ et non de 217 000 €. Ville qui suit de très près le chantier, puisqu’il nous a été dit que c’est la sénatrice (la maire, en fait ?) en personne qui a voulu choisir la couleur du carrelage… Couleur qui hélas n’a pas plu à l’un des médecins contactés, qui a imposé finalement une autre teinte…

Décidément un projet qui a du mal à se concrétiser alors que les besoins en soins et en prévention dans le contexte du Covid et de la grippe sont conséquents.

Retour sur l’historique de ce projet

Depuis des années, nous soulignions la nécessité d’une structure médicale aux Raguenets. Le projet municipal de maison de santé, structure privée, a été voté il y a plus d’un an, en 15 minutes – lors d’un débat encore tronqué, comme le Conseil en a l’habitude – au Conseil municipal de novembre 2019, c’est-à-dire en toute fin de mandat, et en toute opacité quant à sa préparation. La ville s’appuyait sur un rapport de l’ARS dont nous n’avions pas eu connaissance, et ce projet ne figurait pas dans le programme électoral de la majorité.

Sœur Anne, ne verrais-tu pas plutôt un Centre de Santé (CDS) aux Raguenets ?
Proposer des locaux ne suffit pas à attirer des praticiens dans les quartiers.
Les médecins recherchent de nouvelles formes d’exercice, des pratiques coordonnées, pluriprofessionnelles, et souvent un exercice salarié, avec l’assurance de concentrer leur temps sur l’activité médicale, sans avoir à gérer la lourdeur administrative d’un cabinet.

C’est pourquoi nous avions fait la proposition d’un « Centre de Santé municipal» (CDS), structure publique qui assure un accès aux soins à TOUS car pratiquant le tiers payant et aucun dépassement d’honoraires.
C’est précieux, à l’heure où un Français sur trois renonce à se faire soigner à cause de l’augmentation du reste à charge.
Le Centre de santé occupe une place particulière dans l’offre de soins. Il assure une politique de prévention et d’éducation à la santé sur des problématiques comme l’obésité, les violences conjugales…
C’est la santé au sens large qui est ici traitée, avec des passerelles vers le sport, la nutrition, en partenariat avec les structures sanitaires et sociales de la ville, le CCAS, les collèges…. Tout ce que ne fera pas obligatoirement une maison de santé, structure privée qui doit assurer une certaine rentabilité. Enfin, du moins quand les praticiens sont au rendez-vous…

Car le projet municipal tousse et peine visiblement à démarrer. Affaire à suivre.

S.B./I.V.

Colère aux Raguenets

Colère aux Raguenets ! Un journaliste de « L’Écho régional » s’est déplacé la semaine dernière sur les « ruines » du city stade du quartier et est allé à la rencontre des habitants. Enfin un reportage qui interroge les différentes parties au lieu de n’écouter qu’une   seule ! À lire ci-dessous.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Gazette juin 2020-9 

 

 

 

Saint Gratien : les rats sont entrés dans la ville !

Ce mercredi 5 juin, assemblée de quartier aux Raguenets. Des habitants interpellent le maire sur la présence importante de rats dans leur quartier. Ces animaux pulluleraient au ras des entrées, malgré les campagnes de dératisation, que le maire cite sans visiblement rassurer les habitants. La réunion se termine sans que le problème ne semble vraiment inquiéter les élus de la majorité.

Nous avons voulu en savoir plus. Ce samedi, nous nous sommes donc rendus sur place, rue Massenet, square Georgette Agutte, autour du centre culturel et dans les espaces verts et terrains de sport qui le jouxtent. Nous avons rencontré et interrogé des habitants, des enfants, du personnel d’entretien des cages d’escalier, et échangé avec eux.

C’est édifiant.

Cette partie du quartier est infestée.

Tous le disent : ils voient des rats, des familles de rats, des jeunes rats, au bas de leur immeuble, au ras des portes d’entrée, dans les espaces de verdure au pied des murs. Un enfant se propose de nous montrer un « terrier », « là-bas, près du terrain de jeux ». Une dame sur un banc nous raconte que son mari a pris une vidéo montrant les bestioles devant les escaliers de son immeuble. La dame de ménage lâche son balai pour nous indiquer des trous impressionnants, avec effondrement du sol au ras des escaliers qu’elle nettoie. Les plus gros trous sont bouchés artisanalement par des morceaux de bois. Elle n’ose pas les toucher, dit avoir peur, et nous les désigne comme étant les plus gros débouchés des galeries. D’autres seraient obstrués avec des bouteilles : seul moyen rudimentaire trouvé par les résidents pour tenter de gêner la circulation des rats. 

Nous ne connaissons pas l’ampleur de l’invasion, mais au vu des photos et des récits, elle ne peut être qu’importante. Quelques boîtes servant à la dératisation sont déposées ça et là, mais visiblement sans grand résultat. Les habitants rencontrés sont excédés, craignent pour les enfants, s’interrogent sur le risque sanitaire et demandent que des mesures plus radicales et enfin efficaces soient prises.

Comment ne pas leur donner raison ? Cette situation ne peut pas durer. Il y a urgence.