Stoppons le génocide

A Gaza, après 5 mois de guerre, la tragédie humaine et le massacre de masse du fait de l’intervention militaire israélienne s’aggravent de jour en jour.

Les civils palestiniens meurent par milliers. La situation humanitaire est gravissime pour les Palestiniens en proie au manque d’eau, de nourriture dans des lieux surpeuplés. Le système de santé est détruit. Famine, maladies et épidémies menacent désormais près de deux millions de Gazaouis.

L’heure est à amplifier la mobilisation et à empêcher une offensive terrestre sur Rafah qui est toujours à cette heure une cible pour Benjamin Netanyahou et son gouvernement suprémaciste d’extrême droite. Ces dirigeants israéliens devront répondre de leurs crimes devant la justice internationale. De même, les responsables de l’organisation islamiste du Hamas devront répondre de leurs actes terroristes du 7 octobre.

La France doit proposer la tenue d’une conférence internationale de paix, afin de fixer les conditions d’un arrêt durable de cette guerre effroyable au moyen d’une solution à deux États sur la base des résolutions des Nations unies.

Le PCF appelle à participer aux initiatives avec l’ensemble des forces progressistes qui se battent pour la paix et la justice, et notamment à la manifestation parisienne qui partira de République à 14 heures, ce samedi 9 mars 2024.

Le PCF demande que la France

-Reconnaisse l’État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël.

-Agisse avec d’autres États pour contraindre le gouvernement israélien à un cessez-le-feu immédiat et permanent et à se conformer à la décision de la Cour internationale de justice.

-Rétablisse d’urgence sa contribution financière à l’UNRWA.

-Exige que l’UE suspende son accord d’association avec l’État d’Israël tant que les dirigeants israéliens ne se conforment pas au droit international.

-Suspende toute coopération militaire avec l’État d’Israël.

-Exige la libération des otages détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.

-Exige la libération des prisonniers politiques palestiniens, au premier rang desquels figure Marwan Barghouti, présenté par de nombreux ressortissants et humanitaires palestiniens comme l’un des recours possibles à la paix.

-Agisse pour la levée du blocus de Gaza et l’arrêt de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

À lire ci-dessous l’entretien que Fabien Roussel a accordé cette semaine au journal L’Humanité à son retour du Proche-Orient.

Guerre à Gaza : « La France doit reconnaître l’État de Palestine », alerte Fabien Roussel

Au Proche-Orient, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a rencontré Mohammed Chtayyeh, le premier ministre palestinien, et s’est rendu dans des camps de réfugiés. Lors de ce déplacement, il s’est également entretenu avec des familles israéliennes qui manifestent devant la Knesset pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages.

Pour quelles raisons vous êtes-vous rendu en Israël et dans les territoires palestiniens ?

Ce qui se passe en Palestine, à Gaza notamment, mais aussi dans les territoires occupés, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, est d’une gravité sans nom. Peu de monde le mesure véritablement, hormis les Palestiniens. Les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre ont été un événement majeur qui va marquer ce XXIe siècle. Ce qui est en train de se passer à Gaza risque de le marquer de la même horreur et de la même barbarie.

À Gaza, 2 millions d’habitants sont enfermés. Ils subissent une grande famine. Toutes les personnes que nous avons rencontrés nous expliquent que jamais ils n’ont connu une situation humanitaire aussi grave. C’est sans précédent dans l’histoire contemporaine.
La politique de Benyamin Netanyahou et de son gouvernement suprémaciste d’extrême droite débouche sur des crimes terribles en Cisjordanie et à Gaza dont ils devront répondre devant la justice internationale. Les mots que nous avons entendus sont les mots de génocide, de nettoyage ethnique, d’apartheid. Des mots employés par des ONG, par des habitants, par des élus palestiniens. C’est donc d’une extrême gravité. Il est important de rapporter en France ce qui se passe ici. Il faut mettre fin à cette barbarie.

Vous avez rencontré des Israéliens endeuillés le 7 octobre et des Palestiniens de divers camps de réfugiés en Cisjordanie. Qu’en retenez-vous ?

Nous avons rencontré un père de famille qui a perdu son fils, Tom, de 52 ans, tué dans un kibboutz, le 8 octobre, au matin. Il est effondré. Il dénonce la responsabilité du gouvernement de Netanyahou dans la mort de son fils. J’ai fait aussi la connaissance d’un père de famille dans le camp de Jalazone. La Paix est l’exigence qui revient dans la bouche de ces deux hommes. Les députés communistes israéliens que nous avons rencontrés mènent le même combat au sein de la Knesset, dans des conditions extrêmement difficiles. Car ce gouvernement d’extrême droite réprime violemment tous ceux qui osent mettre en doute le principe même de cette guerre.

En Israël, 44 organisations ont comme mot d’ordre : « Arrêtez la guerre ». À l’instar de Standing Together (Debout ensemble), qui réunit des juifs et des Arabes et qui organise depuis des années des manifestations pour la paix, elles appellent au retour des otages, à la fin de l’occupation et à une solution politique à deux États. Je propose de reprendre cet appel en France.

En Cisjordanie, nous nous sommes entretenus avec des familles dans plusieurs camps de réfugiés. Nous avons vu Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan, l’un des plus anciens prisonniers politiques palestiniens. Nous avons également été reçus par le premier ministre palestinien, Mohammad Chtayyeh, le ministre des prisonniers, le maire de Bethléem. L’aggravation et la détérioration de la situation en Cisjordanie est particulièrement grave.

Elle est le fruit d’une stratégie politique du gouvernement israélien, qui consiste à pousser les Palestiniens de ce territoire à quitter leur pays. Il s’agit d’une politique de colonisation extrêmement violente : plus de 400 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, parfois par des colons. Je regrette que si peu de chefs d’État ne dénoncent ces crimes, des crimes contre l’humanité. La France a pris des sanctions contre 28 colons. Je demande au président de la République d’aller plus loin. Il faut sanctionner les associations de colons qui organisent des violentes expéditions punitives.

Avez-vous eu l’occasion de discuter de la question de l’UNRWA, l’organisme des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens dont l’existence est menacée ?

Bien avant le 7 octobre, le gouvernement israélien faisait tout pour discréditer le rôle de l’UNRWA. Désormais, son existence même est en jeu. Si, demain, cette agence disparaissait, tous les habitants des camps, en Cisjordanie comme à Gaza, mais aussi en Jordanie, au Liban et en Syrie, se retrouveraient dans le dénuement le plus complet. C’est elle qui garantit, entre autres, le fonctionnement des écoles et des hôpitaux. L’UNRWA a également subi de lourdes pertes à Gaza : 160 membres de son personnel ont été tués depuis le 7 octobre et 355 de ses infrastructures ont été bombardées. Il est indispensable que cette agence des Nations unies poursuive ses activités.

De son existence dépend la reconnaissance du statut de réfugié, et donc du droit au retour pour ces millions de réfugiés palestiniens, comme le stipule la résolution 194 de l’ONU. Quant à la bande de Gaza, ce n’est plus une prison à ciel ouvert, c’est un cimetière. L’armée et le gouvernement israéliens font tout pour, à terme, vider ce territoire de ses habitants. Face à la politique de Benyamin Netanyahou, qui ne montre aucun signe de fléchissement, la pression internationale doit être plus forte afin que l’aide humanitaire arrive. Il faut stopper cette guerre.

Que comptez-vous faire en ce sens ?

Tous ceux que j’ai rencontré m’ont demandé d’agir pour que cesse ce qu’ils appellent le génocide. Ils m’ont dit aussi que, s’ils avaient regretté la position de la France au début, ils observent un changement de ton ces dernières semaines. Ils souhaitent que la France parle beaucoup plus fortement et, surtout, agisse. Comme l’a souligné le premier ministre palestinien, Mohammad Chtayyeh, la France doit reconnaître l’État de Palestine. Le PCF appuie cette demande depuis des années. De nombreux pays de l’Union européenne seraient prêts à une telle décision. Le moment est venu. Je défendrai cette proposition auprès du président de la République.

Il faut créer un mouvement de pression politique sur le gouvernement de Netanyahou. La reconnaissance de l’État de Palestine y participe. Des sanctions contre les responsables des crimes commis actuellement à Gaza sont également nécessaires tout comme contre ceux qui empêchent la nourriture de rentrer. Cinq points de passage sont possibles vers l’enclave palestinienne. Quatre se situent sur le territoire israélien et un en Égypte. Seuls deux sont ouverts. Les Israéliens bloquent les trois autres points d’accès. Ce n’est pas tolérable, c’est pourquoi il faut élever le niveau des sanctions.

Il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures en matière de droits internationaux. L’Europe et la France ont pris des sanctions importantes contre les oligarques russes, contre ceux qui soutiennent la guerre de Poutine. Il faut faire de même contre les responsables des massacres de Palestiniens en Cisjordanie et ceux qui, à Gaza, organisent une des plus grandes famines de ce siècle.

Enfin, les acteurs économiques, qui entretiennent des relations étroites avec le gouvernement israélien, ne peuvent être exonérés de leurs responsabilités dans cette tragédie.
Il convient également de dénoncer le sort fait aux femmes : celui des Israéliennes, victimes des violences du Hamas le 7 octobre ; celui des Palestiniennes harcelées, battues dans les prisons israéliennes, parfois menacées de viols par l’armée.
Il faut aussi parler aux Israéliens, aux membres de la communauté juive qui ont peur de la paix. Car la guerre à perpétuité n’apportera jamais la sécurité. Au contraire, elle engendre du racisme, de la haine et de la pauvreté.

Toutes les familles israéliennes sont touchées par la guerre, par les attentats du 7 octobre ou par le sort des otages. De même, aucune famille palestinienne n’est épargnée par le drame de Gaza tout comme par l’occupation de la Palestine. Il faut de nouveau croire en la paix. C’est la seule garante de la sécurité et de la prospérité pour les deux peuples et la région.

 

Gaza, cimetière pour les vivants

L’histoire nous jugera, chronique de Philippe Rio parue dans l’Humanité du 7 mars 2024.

Avec Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory, et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, nous étions en délégation en Palestine et en Israël du 3 au 6 mars. Le monde ne mesure pas encore ce qui s’y passe. Depuis les attaques terroristes du 7 octobre, l’État israélien est entré dans une vengeance funeste et une spirale destructrice pour les Palestiniens mais aussi pour l’avenir de son propre peuple. Gaza est devenu un cimetière pour les vivants. La famine s’installe, 16 enfants en sont morts, s’ajoutant aux 5 350 mineurs déjà décédés et aux 2,5 millions de personnes qui courent un risque fatal. Selon le droit international, le risque génocidaire est engagé.

En Cisjordanie, la politique d’effacement du peuple palestinien s’est intensifiée. La population carcérale a doublé, les incursions y sont quotidiennes et ont fait plus de 400 victimes. Certains camps de réfugiés sont devenus, par une oppression décuplée, des camps d’enfermement. Le peuple israélien est plongé dans un déni hallucinant par un gouvernement mêlant hypernationalisme et extrémisme religieux, le pire depuis 1948.

L’État entraîne son peuple dans une mécanique de mort et de haine avec des conséquences qui marqueront le siècle. L’exigence de libération des otages, qui devrait être une priorité du gouvernement, est à contre-courant de l’idée de guerre totale et définitive de Benyamin Netanyahou et de ses soutiens extrémistes. Et un cessez-le-feu reste le meilleur moyen de préserver la vie des otages.

En Israël, en plus des mobilisations des familles d’otages, les résistances sont passées sous silence par les médias français. Tout autant que des actes de solidarité concrets envers les Palestiniens. Des deux côtés, des familles de victimes appellent à la paix, dénuées de toute haine.

Notre diplomatie comme les acteurs progressistes israéliens et palestiniens nous encouragent à renforcer les échanges. Les coopérations de nos collectivités sont le fil qui rattache les Palestiniens à l’humanité, comme l’est le dialogue avec les progressistes en Israël.

Renforcer le financement de l’UNWRA par l’entremise de nos collectivités est une priorité ! L’agence est le squelette où s’accroche toute la structure de l’aide humanitaire et les seuls yeux du monde sur ce qui se passe à Gaza. Sa disparition sonnerait celle des Gazaouis. L’ONU décrit cette crise comme la pire de son histoire.

Seule la paix et la reconnaissance de deux États légitimes peuvent assurer la sécurité de tous à long terme. Seule la paix peut garantir un avenir hors du fanatisme pour les générations à venir des deux peuples. Il y a urgence à constituer un arc français et un bloc européen avec les nations à l’avant-poste du droit international. Pour la France, c’est une exigence politique, une première étape pour déconstruire la guerre. La grande histoire de l’humanité nous jugera et il reste peu de temps pour agir.

Les illustrations et les gras sont du blog. Œuvres d’artistes parues dans l’Humanité lors de la guerre de Gaza en 2014

Sur la Lune

Gaza : près de 30 000 morts, dont 70% sont des femmes et des enfants.

Près de 70 000 blessés, des milliers de disparus.

17 000 enfants sont séparés de leur famille. Un million d’enfants sont touchés par la guerre. La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant.

2,2 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

90 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

L’eau et l’électricité sont coupés, le traitement des eaux usées est suspendu. Les hôpitaux sont débordés, le système de santé effondré. Deux tiers des hôpitaux ne fonctionnent plus.

Pour les familles de Gaza, la menace de mourir de faim est officielle.

Source : Unicef

« On attend autre chose des États que des discours humanitaires ! « a tout récemment déclaré « Médecins du monde ». Médecins du Monde estime que les gouvernements européens  « à l’exception de celui de l’Espagne ou de la Belgique, notamment, s’alignent sur le récit radical d’Israël « , selon lequel « tout le monde, à Gaza, est responsable, et donc, d’une certaine manière, tout le monde peut mourir « .

Médecins du Monde dénonce des « bombardements indiscriminés ; des quartiers entiers rasés ; 80 % de la population déplacée ; une aide alimentaire qui ne peut pratiquement pas rentrer ; des poches de famine ; un défaut d’accès à l’eau potable ; une médecine de guerre obligée de faire le tri des blessés ; des centaines d’employés des Nations unies et d’acteurs humanitaires tués.« 

Face à ce désastre annoncé depuis cinq mois, que fait la communauté internationale ? Devant la menace d’une attaque de Rafah, où un million et  demi de Palestiniens sont désormais piégés après avoir fui le nord de Gaza, les déclarations changent quelque peu. Il est temps !

L’opération à Rafah provoque un coup de sang du chef de la diplomatie européenne :  » Ils vont aller où ? Sur la Lune ? «  a déclaré Josep Borrell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui a aussi critiqué la vente d’armes à l’armée israélienne. Même E. Macron s’inquiète du « désastre humanitaire sans précédent » que provoquerait une offensive sur Rafah.

La gauche française appelle, elle,  à saisir la Cour pénale internationale pour prévenir un « risque de génocide » à Gaza

Soixante-six députés communistes, insoumis et écologistes ont déposé à l’Assemblée nationale, une proposition de résolution visant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) afin de prévenir un  » risque de génocide » et pour enquêter sur les crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

Alors que l’Afrique du Sud a saisi, en décembre, la Cour internationale de justice (CIJ) d’une requête visant Israël pour  » actes de génocide » dans la bande de Gaza, Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, insiste : « Le dépôt de cette résolution, c’est un appel aux actes pour la France. Nous sommes inquiets face aux risques génocidaires, à Gaza, à Rafah et dans toute la Palestine. L’urgence est de pousser notre pays à agir pour stopper le carnage qui est en cours. »

Pour éviter que le crime de génocide n’advienne, s’il n’est pas déjà en cours, il faut des mesures dissuasives. Saisir la CPI est une mesure dissuasive. « La Cour pénale internationale a des possibilités d’agir, de récolter des preuves et c’est absolument nécessaire. Mais elle peut aussi sanctionner et identifier les responsables. »

Les preuves seront difficiles à réunir. Plusieurs dizaines de journalistes palestiniens sont morts depuis le mois d’octobre et de nombreux autres ont vu leur matériel détruit. La CPI mène une investigation suite à une plainte de « Reporters sans frontières », qui estime qu’à Gaza, les journalistes sont spécifiquement ciblés pour empêcher toute documentation.