Encore à l’Assemblée Nationale !

Nous avions déjà été invité·es pour une visite des prestigieux locaux du « Palais Bourbon » en juillet. C’est à présent à une rencontre avec les associations écologistes du Val d’Oise que Gabrielle Cathala, députée LFI-NFP de la 6è circonscription, nous a convié·es ce 25 octobre 2024.

On salue au passage l’engagement total de Gabrielle, évidemment à l’Assemblée en cette période pour le moins agitée de débat budgétaire, mais aussi sa présence régulière sur le terrain, au plus près des habitants des communes de sa circonscription. Les précédent·es député·es ne nous y avaient pas vraiment habitué·s.. à tel point que les habitant·es des Raguenets, croisé·es récemment lors d’une « permanence mobile », s’étonnaient de déjà nous revoir, certain·es y voyant même le signe d’élections en cours ! C’est dire si le fait qu’une élue soit accessible et présente est peu habituel aux yeux des citoyen·nes.

Il s’agissait ce vendredi d’échanger avec diverses associations locales engagées dans le domaine de l’écologie. Voici un bref aperçu, qui n’a pas la prétention de tout relater, de la rencontre en présence de Gabrielle Cathala et d’un de ses collègues LFI au Conseil régional, sur ces sujets régulièrement commentés sur notre blog.

Les photos des « ors de la République »ont été prises lors de la visite de l’Assemblée qui a suivi.

Vivre sans BIP

Un « grand projet » heureusement tout récemment abandonné ! Mais ne pas croire que tout s’arrête là. Il importe maintenant de construire un projet alternatif pour ces espaces qui échappent,  momentanément, peut-être…, au rouleau de bitume et à une circulation dense, porteuse de nuisances non négligeables dans une région très urbanisée. Développement des transports en commun, trames verte et bleue, liaison avec la forêt de Montmorency, préservation des activités agricoles, travail de développement durable avec les écoles, partenariat avec le Siare, contournement routier de la ville de Soisy… un nouveau projet regroupant toutes ces thématiques serait utile pour éviter tout retour d’un tracé routier destructeur de ces espaces naturels dans cette partie du Val d’Oise. Une proposition de loi visant à préserver l’environnement avait été déposée dès septembre par Gabrielle Cathala.

Mieux se déplacer à bicyclette-MDB

Les mobilités douces : un sujet qui nous tient à cœur et sur lequel nous intervenons régulièrement à Saint Gratien !  MDB rappelle tout d’abord la mort d’une « personne à vélo », qui avant d’être un « cycliste », est un individu ! Un contexte de violences routières assez inquiétant. MDB fait ensuite, en lien avec le sujet précédent, la proposition d’implanter sur l’ex-tracé du BIP, une piste cyclable qui pourrait relier les écoles et ainsi offrir la possibilité aux enfants de se rendre à l’école en vélo, limitant du même coup l’engorgement automobile qu’on connait aux entrées et sortie des établissements.

Le département investit chaque année entre 6 et 8 millions pour les infrastructures cyclistes, MDB regrette toutefois que cela soit surtout dans les zones peu denses. Si la pratique du cyclotourisme est intéressante, on ne doit pas oublier pour autant l’urgence de continuités cyclables dans nos villes, pour permettre une pratique quotidienne du vélo plus aisée et en toute sécurité. On souligne l’importance du stationnement des vélos dans les immeubles, qui pose bien souvent problème, et la question encore irrésolue de l’intermodalité… comment monter son vélo dans un bus, un train ou dans le RER ?  

Triangle de Gonesse

Le « CPTG » relate l’annulation de la ZAC de 300 hectares, mais craint une nouvelle ZAC et une nouvelle DUP. La question de l’accès routier à cette zone n’est pas anodine non plus.. et bien entendu, le CPTG continue de s’opposer à l’implantation d’une cité scolaire avec internat sur le Triangle, zone déclarée inhabitable pour cause de nuisances aériennes insupportables… et donc inapte à accueillir un établissement où le bruit environnant rendrait toute activité scolaire particulièrement pénible. Un projet alternatif à cette implantation est en réflexion, dans un lieu moins isolé et beaucoup plus propice à l’accueil d’étudiant·es. Quant à la gare prévue, le CPTG rappelle que les transports du quotidien manquent cruellement d’investissements et d’entretien, et que cette gare « en plein champ » ne sera utile à aucun·e habitant·e du Val d’Oise.

Nuisances aériennes

L’association « Advocnar » qu’on ne présente plus, agit depuis des années pour la réduction du trafic aérien afin de préserver la santé des riverains et de lutter contre le dérèglement climatique. Force est de constater que les avancées technologiques et les différentes techniques de manœuvre des avions se révèlent peu efficaces, ainsi que les arrêtés de restriction des avions les plus bruyants. Pour aboutir à une réduction du trafic, l’Advocnar se prononce pour une taxation du kérosène et une modulation du prix des billets : plus on voyage et plus on est taxé. Cela pénaliserait les grands voyageurs tout en permettant une utilisation raisonnée de l’avion. L’Advocnar préconise un couvre-feu de 23 h à 6 h du matin aux abords des aéroports, notamment Roissy qui en est dépourvu, et également le plafonnement du nombre de vols. Attention évidemment à l’importance des emplois qui dépendent directement de l’activité aéroportuaire, comme Fedex pour qui travaillent de nombreux Val d’Oisiens. L’Advocnar alerte aussi sur le projet des taxis volants qui permettraient, à prix d’or, de relier les aéroports entre eux, y compris au-dessus de Paris, dont le survol est jusqu’ici interdit.  

Alors que notre députée regagnait l’hémicycle pour l’examen de la partie recettes du budget (malgré la séance du samedi, le vote n’a finalement pas eu lieu), les participant·es à la réunion ont pu visiter une partie de l’Assemblée. Merci à Clément, notre guide !

La fin du BIP

Excellente nouvelle ! On apprend par la presse locale (à lire l’article de la Gazette ci-dessous), l’abandon du projet d’avenue du Parisis, partie du BIP entre Soisy et Bonneuil. On se réjouit de voir stoppé ce projet coûteux d’autoroute urbaine, inutile et nocif pour notre santé et notre environnement. On salue la mobilisation citoyenne, soutenue par les députés et sénateurs de gauche du 95 (parmi lesquels Pierre Barros et Gabrielle Cathala), qui a pesé dans cette heureuse issue !

Val-d’Oise : le Département fait marche arrière sur le projet d’avenue intercommunale du Parisis

Mercredi 25 septembre 2024, la présidente du Conseil département du Val-d’Oise a annoncé que le Département renonçait au projet initial de l’Avenue du Parisis lancé en 2010.

Lancé tout droit vers la construction de l’avenue intercommunale du Parisis à la suite du feu vert du Conseil d’État en juin dernier, le Département vient de mettre un brutal coup de frein à ce projet lancé en 2010.

Dans un communiqué publié mercredi 25 septembre 2024 en fin de journée, Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du Conseil départemental du Val-d’Oise a ainsi annoncé que « nous ne demanderons pas à Monsieur le Préfet du Val-d’Oise de confirmer la déclaration d’utilité publique (validée en appel par le Conseil d’État, Ndlr) de l’Avenue du Parisis ».

Un projet qui «nécessite d’être repensé»

Pour expliquer sa décision, elle ajoute que « les derniers échanges avec les maires confirment ma conviction que le projet initial, tel qu’il fut imaginé il y a bientôt 15 ans, nécessite aujourd’hui d’être repensé ».

Ce chantier titanesque, dont les premières esquisses remontaient à plusieurs dizaines d’années, consistait en la réalisation d’un boulevard urbain de 11 km (2×2 voies) entre Soisy-sous-Montmorency et Bonneuil-en- France, dans la continuité du boulevard intercommunal du Parisis (Bip).

La section dite Est – Groslay, Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Arnouville, Bonneuil-en-France – a fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique (Dup) en 2016. Conscient qu’en presque 15 ans, les besoins de la population ont évolué, le Département a pris l’initiative de mener de nouvelles discussions dès avril 2023 avec les communes concernées. 

Un projet contre lequel se sont élevées de nombreuses voix au cours des dernières années pour demander son arrêt, dont un collectif issu des associations Vivre sans Bip, Sos Vallée de Montmorency, Les Amis de la Terre. « Il coupe en deux plusieurs villes du Val-d’Oise. Il menace la santé de 10 000 enfants, dont les écoles sont le long du tracé. Ce projet routier détruira également une centaine d’hectares d’espaces naturels et agricoles », fustigeait la semaine dernière Vivre sans Bip.

L’opposition des élus

Parmi ses opposants figuraient également Patrick Haddad, maire (Ps) de Sarcelles et Maxime Thory, maire (LR) de Montmorency. Mais aussi la députée (NFP) de la 6e circonscription du Val-d’Oise, Gabrielle Cathala, qui durant fin juillet a déposé une proposition de loi visant à abandonner l’aménagement routier de l’avenue du Parisis « pour protéger la santé humaine et préserver l’environnement par l’abandon du projet d’aménagement routier de l’Avenue du Parisis ». Deux lettres ayant été adressées au préfet du Val-d’Oise pour lui demander de ne pas valider la déclaration d’utilité publique.

Selon nos informations, cette dernière action ne serait toutefois pas à l’origine de la décision de la présidente du Département, celle-ci ayant cette conviction depuis un certain temps.

« Nos territoires bougent. Les modes de déplacement changent. Les consciences aussi. Le Département se doit d’être au rendez-vous de ces nouveaux enjeux. Ses réponses en matière de déplacement doivent être en adéquation avec ces attentes et ces impératifs. Notre priorité pour l’avenir du territoire a toujours été de concilier amélioration de la mobilité et préservation du cadre de vie de tous les Valdoisiens. C’est le sens de la décision que je prends aujourd’hui.  » Marie-Christine Cavecchi Présidente (LR) du Département   

Un changement de direction aussi soudain que surprenant alors qu’en 2022 le Département avait fait appel de la décision d’annulation de l’arrêté d’utilité publique du projet. « Cette annulation portait sur une question de forme et non sur le fonds de l’utilité publique », relève la patronne du Département.

Transports collectifs, plan Vélo et aménagements locaux

Aujourd’hui, le Département souhaite encourager les transports collectifs, les mobilités douces. Dans le communiqué, il précise « porter des projets structurants pour ses habitants tels que les trois lignes de bus à haut niveau de service dans le Grand Roissy, l’interconnexion de la ligne H à Saint-Denis Pleyel, le Plan Vélo ou bien encore la ligne 19 du Grand Paris Express », et assure « ne pas vouloir opposer développement économique et environnement » comme cela a pu lui être reproché par les opposants à l’Avenue du Parisis.

Pour autant le Conseil départemental estime que « les transports en commun et les déplacements doux ne permettront pas à eux seuls de résorber les embouteillages dans de nombreuses villes du tracé concerné par la DUP. Des aménagements locaux et des dessertes routières respectueuses de l’environnement, étudiés, discutés et validés avec les maires, restent indispensables pour améliorer significativement les circulations en milieu urbain. Il en va de l’attractivité du Val-d’Oise. Il s’agit d’ailleurs aussi d’une attente forte des nombreux Val d’Oisiens qui se déplacent chaque jour en voiture pour se rendre au travail. »

Thomas Hoffmann pour la Gazette

Vivre sans BIP

Pour répondre à l’interrogation de certains de nos lecteurs, voici la position de Gabrielle Cathala et Stéphane Bauer, candidats du Nouveau Front Populaire, sur le sujet de la continuation du « BIP » , sur les villes de Soisy et Deuil, Montmorency, Groslay, Garges… jusqu’à Bonneuil en France. Nos candidats s’expriment aussi sur la politique des transports publics locaux dans notre circonscription.

Le BIP, c’est toujours non

BIP : un sigle bien connu à Saint Gratien puisque notre commune est traversée par un tronçon de ce « boulevard intercommunal du Parisis », dont on reparle beaucoup du prolongement.

Pour mémoire, ce projet autoroutier a vu le jour dès… 1933 ! Sous la dénomination d’« ARISO », il s’agissait alors d’un gigantesque tracé de 2 fois 4 voies, traversant le val d’Oise, sans grande protection des riverains, à une époque où la lutte contre les nuisances routières n’était pas à l’ordre du jour. Des emprises sont délimitées et gelées sur toute les communes traversées. Jusque-là en sommeil, c’est en 1990 que ce projet refait surface, notamment à Saint Gratien puisque est prévu de réaliser le tronçon entre l’autoroute A15 et le Champ de Courses à Soisy.

Ce morceau du BIP sera ultérieurement construit en deux étapes, tandis qu’à l’autre extrémité, le tronçon entre l’autoroute A1 et Gonesse voit également le jour.

Le BIP a donné lieu à une forte mobilisation des riverains durant les 10 années des études et de sa réalisation. Une association d’habitants du quartier de « la Croix des Marais », regroupant la résidence des Marais à Saint Gratien et les quartiers pavillonnaires voisins de Saint Gratien et Sannois, a mené bataille sans relâche. L’utilité du projet a dès le début été contestée, car il apparaissait déjà que le BIP ne résoudrait en rien les difficultés de circulation dans nos communes. D’autre part, les protections contre les nuisances sonores et polluantes étaient à l’origine réduites au minimum ! Le BIP a d’abord été imaginé en hauteur… puis pourvu d’un simple rideau d’arbres, alors qu’il longeait au plus près des zones très densément peuplées, notamment la cité des Marais à Saint Gratien. Le tout sans que les élus de droite ne s’en émeuvent beaucoup…

Heureusement, les habitants ont su se faire entendre. Un mémorable Conseil municipal se tient alors à Saint Gratien, et la salle des mariages est archipleine de spectateurs, qui bien que normalement tenus au silence, se manifestent par des applaudissements nourris à la fin de l’intervention des élus communistes, qui réclament une large concertation et dénoncent les dangers du projet.

Longue bataille… qui malgré qu’elle n’arrivera pas à faire stopper l’implantation du BIP, réussit toutefois à faire suffisamment modifier le projet. Les voies seront enterrées, recouvertes d’une casquette de végétation malgré que les élus de droite affirment que cela est techniquement impossible, puis trop coûteux. La passerelle piétonne reliant la résidence à la gare d’Ermont est reconstruite, suite à la remise d’une pétition au ministre des transports de l’époque, un certain.. Jean-Claude Gayssot.

Le nouvel espace vert est apprécié et les nuisances réduites pour les riverains. N’oublions pas que nous le devons à l’action des habitants !

Quant au BIP, il a drainé une circulation nouvelle et comme prévu, il n’a nullement empêché le centre vile de Saint Gratien de subir un engorgement automobile important.

Aujourd’hui ressurgit le projet de tronçon central du BIP, avec les mêmes arguments : il faut désengorger les communes d’une circulation devenue insupportable. Mais qui y croit ? Une voie nouvelle apporte toujours une circulation nouvelle. Sans compter que les villes traversées se sont densément peuplées, et que l’insertion d’une route de deux fois deux voies parait impossible sans de nouvelles nuisances importantes. C’est à présent le Conseil départemental qui est à la manœuvre. À nouveau, les riverains s’organisent, manifestent, contestent en justice, font valoir d’autres solutions pour le Val d’Oise. Conserver des espaces verts, développer des liaisons douces, des transports en commun !

Aujourd’hui, comme hier, on soutient pleinement la mobilisation ! Quelques images ci-dessous, en direct de la grande marche organisée aujourd’hui sur le parcours. Pierre Barros, tout nouveau sénateur, apparenté PCF, était présent. 

Merci à Cécile et Brigitte pour leurs photos !