L’étoile Andromède

Retour sur l’inauguration de la statue rénovée d’Andromède et échos des allocutions des acteurs qui ont participé au transfert d’Andromède dans l’espace public. Notes de Stéphane Bauer 

Un peu d’histoire….

«Dans la mythologie grecque, Andromède est une princesse éthiopienne, fille du roi de Cephée et de la reine Cassiopée. Cette dernière avait vanté la beauté de sa fille, allant même jusqu’à prétendre qu’elle était plus belle que les nymphes de la mer, les Néreides. En colère devant cette arrogance, elles demandèrent à Poséidon de punir l’insolence de Cassiopée. Le roi de l’océan envoya un monstre aquatique du nom de Cétus, pour ravager le royaume éthiopien. Prévenant les parents d’Andromède, un oracle révéla que pour éviter ce désastre, il fallait sacrifier leur fille. Elle fut donc attachée nue sur un rocher dans l’attente d’être dévorée par le monstre. C’est à ce moment que Persée, montée sur son cheval ailé de Pégase, et revenant de son combat contre la Gorgone Méduse, l’aperçut. Tombant instantanément amoureux et chaussé des sandales d’Hermès, il plongea vers la mer sur un rocher et trancha la tête de sa créature marine. Plus tard, Persée épousa Andromède.»

Extrait de la page 14 du livret de François Paget : À St Gratien, Andromède Hier et Aujourd’hui, ASGVO –Aimons St-Gratien en Val d’Oise, comme les citations suivantes

Courts extraits des allocutions entendues jeudi 4 septembre lors de l’inauguration de la statue restaurée d’Andromède

Le maire de St Gratien

«Andromède est une étoile (en référence à la galaxie d’Andromède qui est un groupement de 4 000 étoiles situées dans le sud de Cassiopée (Ibid., p 14 du livret), et notre commune est un réseau d’étoiles, avec ses associations, ses commerçants, ses responsables organisations publiques (écoles, services publics ou municipaux..). Andromède est une femme qui a affronté l’injustice, l’inégalité…elle nous rappelle qu’il y a toujours dans l’adversité un chemin vers la lumière».

François Scellier, ancien député-maire, s’excuse d’abord, car il n’a rien préparé. Il improvise complètement son discours, et met en garde du fait qu’il pourrait divaguer. Il rappelle que l’Empereur voulait récupérer la statue offerte par Jules Francesci, son sculpteur, après le décès de la princesse Mathilde. Mais celle-ci de son vivant avait dit qu’elle voulait que la statue d’Andromède reste dans la propriété et que son personnel et ses domestiques restés à demeure profitent eux de la présence de la statue dans le parc de sa propriété… la statue resta donc dans la propriété. François Scellier rappelle que Jules Francesci, le sculpteur de la statue est né et a vécu à Troyes, dans l’Aube (région où F. Scellier a des attaches, ndlr)… et que le musée de Troyes s’était déclaré dans un premier temps intéressé par la récupération de la statue, au moment où elle est revenu dans le domaine public, mais cela ne s’est pas finalement fait… C’est l’association ASGVO – Aimons St Gratien en Val d’Oise de François Paget qui alors a à nouveau manifesté son vif intérêt pour sauver la statue et organiser son transfert sur le domaine public et sa restauration. François Scellier est pris ensuite d’une « divagation ». S’il félicite l’expertise et travail minutieux et de Dan Robert, il évoque aussi «les élu-e-s étoiles filantes qui siègent au conseil municipal et qui ne laissent pas de trace de l’honneur que leur ont fait les habitants en les élisant…»

François Paget souligne qu’« une œuvre d’art ne vaut rien tant qu’elle n’est pas partagée… En 1859, la statue a été offerte à la princesse Malthide. Il a fallu plus de 150 ans pour qu’elle soit visible par tou·tes ! Le patrimoine né vit que si on l’aime et on l’honore…Il souligne que Dan Robert, qui a enseigné comme professeur d’arts plastiques pendant près de 15 ans à Langevin Wallon, a participé à maintenir bon nombre d’œuvres du patrimoine de Saint Gratien en bon état, et le remercie pour tout le travail effectué dans un temps contraint».

Dan Robert, lui, insiste sur le fait que la statue était gravement endommagée… La pierre date du lutétien… La pierre dont est constituée la statue d’Andromède est posée en délits, ce qui veut dire que lorsqu’il pleut, la pierre absorbe d’autant plus l’eau. De plus, la statue était enterrée à 20 cm dans le sol, et par conséquent par capillarité elle absorbait également l’eau présente dans le sol. La statue de pierre s’est retrouvée très abîmée : «plus de jambes, des restes de chevilles et de pieds complètement usés, plus de doigts aux mains, un visage défiguré, Andromède ne pouvait rester dans cet état» (Ibid, p 39 du livret).

En mars 2025, une angoisse supplémentaire a saisi l’équipe en charge du transfert de la statue de la propriété privée où elle se trouvait vers la place Gambetta. Le grutier a déclaré que la statue avait dû être fêlée au moment de son levage… De son habitacle sur la grue, il avait entendu un net craquement au point où il s’était demandé si on n’arrêtait pas toutes les opérations de levage et de transfert… Or il s’agissait d’un craquement dans le dallage en pierre à la base qui parce qu’il était constitué de mortier, c’est lui qui avait craqué lors du levage et non pas la statue.

Des armatures en inox et des enroulements de fil de fer recouvrent la statue. Andromède a été protégée contre l’humidité par un hydrofuge et encore un vernis mat pour la protéger de l’humidité. (Ibid., p 39 du livret)

Dan Robert explique qu’il faudra la housser l’hiver, comme les statues du château de Versailles, pour la protéger du cycle hivernal. Dan Robert met en garde vis-à-vis de la pollution, qui attaque de façon encore plus virulente la pierre et ses protections naturelles: «Pour le nettoyage, il fallait préserver au maximum la couche de calcin tout en purgeant les parties altérées». (Ibid, p 39 du livret) Or cette couche de calcin peut être attaqué maintenant aussi par l’augmentation du Co² de l’air… À surveiller de près donc!

Un grand merci à François Paget, cité dans ce commentaire pour son engagement: «Andromède incarne un patrimoine retrouvé et un combat mené avec cœur»

«Elle a cette immense mérite d’être poétique, excitante et noble» Charles Baudelaire

 

La belle Andromède

Aujourd’hui, Andromède a retrouvé sa splendeur !

Inauguration ce 4 septembre 2025 de cette belle statue restaurée, en présence de l’artiste restaurateur, de François Scellier, dont l’association « l’art dans la ville » a financé la restauration et le déplacement de la statue, de François Paget dont l’association « « Aimons Saint Gratien en Val d’Oise » s’est fortement engagée pour sauver Andromède, du maire et de Gratiennois, dont nous étions !  

Initialement dans le parc de la princesse Mathilde, cette statue du sculpteur Jules Franceschi représentant la célèbre princesse éthiopienne, femme de Persée, était très dégradée par le temps. Grâce au travail de Dan Robert, artiste val d’oisien, Andromède a de nouveau ses jambes et ses mains, ainsi que sa blancheur immaculée. Elle se trouve dorénavant place Gambetta, après avoir traversé la rue Gabriel Péri de manière assez spectaculaire !

Si sur ce blog, nous avons souvent évoqué la statue d’Andromède, c’est bien parce que nous sommes sensibles à la conservation du patrimoine local, et à l’implantation dans l’espace public d’œuvres ainsi accessibles à tous.

Autant d’occasions pour les Gratiennois, pour les enfants des écoles, de déambulations pour découvrir l’histoire de notre ville. Fresques de Villeglé, de Érro, de Lolita Séchan, bustes de Catinat et de Truffaut, de Pedrosa sur le mur du marché.. la ville a choisi d’exposer aux yeux de tous des œuvres d’artistes qui sont habituellement enfermés dans des locaux culturels. Heureuse initiative ! Un seul regret : que les quartiers des Marais et des Raguenets soient les grands oubliés de l’affaire, les œuvres étant quasi toutes installées en centre-ville. Une bien mauvaise habitude municipale que d’oublier les quartiers périphériques, et hélas, pas seulement dans le domaine de la culture.

Ci-dessous, retrouvez les articles du blog consacrés à Andromède, son déplacement, le (faible) rôle de la ville dans cette initiative de sauvegarde, et nos interventions en Conseil municipal  sur le sujet.

https://isabellevolat.fr/2025/03/19/andromede-jules-et-cassiopee/

https://isabellevolat.fr/2024/07/23/salle-des-mariages-20-juin-2/

https://isabellevolat.fr/2021/10/18/conseil-municipal-de-septembre-4/

https://isabellevolat.fr/2021/09/21/andromede-en-peril/

Andromède, Jules et Cassiopée

Oui, le patrimoine local ne doit pas être oublié ! Oui, il doit être accessible à tous !

Ce matin, nous avons assisté avec grand intérêt au spectaculaire déplacement de la statue d’Andromède jusqu’à la place Gambetta.

Voir ici la vidéo réalisée pour « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Andromède a traversé dans le ciel la rue Gabriel Péri. Elle ne pèse finalement que 2,8 tonnes et non 6 comme précédemment estimé. Merci au lecteur attentif et averti qui m’a indiqué le poids exact ! 

Élément important du patrimoine gratiennois, implantée à l’origine dans le parc de la princesse Mathilde, l’œuvre du sculpteur Jules Franceschi est à présent posée sur un socle place de la mairie.

Le propriétaire du jardin où elle était dressée en a fait don à la ville.

Cette sauvegarde a été rendue possible par l’engagement de deux associations, « Aimons Saint Gratien en Val d’Oise » de François Paget, et « L’art dans la ville », de François Scellier.

Dans les années 1850, la princesse Mathilde, nièce de Napoléon 1er et cousine de Napoléon III, acquiert le « Château neuf » et son domaine de 230 hectares de verdure. La statue, œuvre du sculpteur Jules Franceschi (1825-1893) se trouvait dans ce parc, qui fut démembré et loti à la mort de la princesse, tombée dans son escalier en 1904….

Andromède sera restaurée par l’artiste Dan Robert. La statue devrait retrouver sa splendeur d’origine, principalement ses membres inférieurs et ses mains.

En effet, la statue a été très dégradée au cours du temps. Elle a notamment perdu ses deux jambes. C’est grâce à l’obstination des deux associations qu’Andromède sera sauvée. Elles financent le déplacement et la restauration d’Andromède. Sa restauration se fera à partir d’une statuette en bronze identique à l’originale et nécessitera des moyens financiers et techniques.

La ville se charge plus modestement de la réalisation du socle place de la mairie.  

En septembre, Andromède, fille de Cassiopée dans la mythologie grecque, devrait avoir retrouvé sa légendaire beauté !

Nous nous sommes intéressés ces dernières années à l’aventure d’Andromède, et plus particulièrement au rôle qu’aurait pu jouer la ville pour sauvegarder cette statue, mémoire du Saint Gratien du 19è siècle.

À relire ci-dessous les précédents articles du blog sur le sujet  

https://isabellevolat.fr/2024/07/23/salle-des-mariages-20-juin-2/

https://isabellevolat.fr/2021/10/18/conseil-municipal-de-septembre-4/

https://isabellevolat.fr/2021/09/21/andromede-en-peril/

Andromède en péril

Saint-Gratien : il faut sauver la statue d’Andromède

Des passionnés d’histoire locale se mobilisent pour sauver l’œuvre de Jules Franceschi, qui s’abime au fil des années. Ils voudraient la voir exposée au grand public.

Article de Christophe Lefèvre dans « Le Parisien » du 21 septembre 2021

Des passionnés d’histoire locale se mobilisent pour sauver la statue d’Andromède du sculpteur Jules Franceschi (1825-1893). Aujourd’hui, dans le jardin d’un particulier, ils souhaiteraient qu’elle trouve sa place dans un lieu public.

Ils aimeraient bien célébrer son installation et son exposition au public lors des Journées du patrimoine de 2022. Mais pour l’heure, la statue d’Andromède fait peine à voir. L’œuvre du sculpteur Jules Franceschi (1825-1893), dont on voit la trace sur des tableaux montrant le parc du château de la princesse Mathilde Bonaparte, nièce de Napoléon Ier et cousine de Napoléon III, et figure importante de l’histoire de Saint-Gratien, a vu l’une de ses jambes arrachée accidentellement il y a quelques jours, à l’occasion de travaux dans la propriété où elle se situe. Et c’est en constatant les dégâts que François Paget, président de l’association Aimons Saint-Gratien en Val-d’Oise (ASGVO) , a décidé de se mobiliser… Après avoir été chercher le morceau manquant dans un tas de gravats.

Une alerte sur les réseaux sociaux

Il a donc lancé l’alerte sur les réseaux sociaux, interpellé la mairie et retrouvé le propriétaire de la statue. « C’est une œuvre qui a toute sa place à Saint-Gratien, ville fortement marquée par la princesse Mathilde, explique l’historien local. Mais j’ai très peur qu’elle soit de nouveau abîmée car elle n’est pas protégée. À chaque fois que je passe devant, je me dis pourvu qu’elle ne soit pas tombée. »

L’idée serait de voir dans le domaine public la statue, installée actuellement sur un terrain privé légué au domestique principal de la princesse Mathilde au début du XXe siècle, et qui a depuis changé à plusieurs reprises de propriétaire. La parcelle et la maison qu’elle abrite, ont été vendues en mai dernier. Mais l’ancien propriétaire a souhaité conserver la propriété de la statue qu’il espérait vendre à une institution. Le musée de Troyes, qui possède déjà des œuvres de Franceschi, s’était d’ailleurs montré intéressé, avant de renoncer, en raison notamment des coûts de transports et de remise en état.

Il est possible de voir certaines de ses œuvres sur les plus beaux édifices parisiens : La Pensée figure sur la façade de l’Opéra Garnier, les sculptures Antoine François Fourcroy et Marie Thérèse Rodet-Geoffrin sur celle de l’hôtel de ville de Paris.

Estimée à 15 000 euros par Drouot Paris

Afin de parer au plus pressé et pour éviter d’importantes formalités administratives, l’œuvre pourrait être achetée par l’association L’art dans la ville, qui la donnerait à la municipalité pour qu’elle la restaure et la mette en sécurité. Une idée portée notamment par l’ancien maire François Scellier, et président de l’association en question. « Cela fait des années qu’on en parle, souffle l’ex-député et ex-président Département. Quand j’étais maire, j’avais déjà proposé à la famille, qui avait la statue dans son jardin, de la racheter. La tante de l’actuel propriétaire m’avait dit on verra plus tard. Aujourd’hui, l’idée est de la racheter dans les meilleures conditions possibles, entre 2 000 et 3000 €. »

Reste à se mettre d’accord sur le montant. « Pour l’instant, nous n’avons pas du tout parlé chiffres, souligne le propriétaire, Jean-Luc Léglise. Nous sommes des personnes de bonne intelligence. L’estimation de Drouot Paris était de 15 000 euros. L’idée, c’est de sauver ce qui est sauvable, car la statue est en péril. Je veux que ça aboutisse et qu’au final, la sculpture arrive dans le domaine public et que tout le monde en profite. »

Julien Bachard, maire (LR), se montre optimiste. « On va trouver une solution, assène l’édile. On a tous la même volonté de préserver cette œuvre. Après nous sommes aussi comptables du denier public. »