Un crime d’État

Hommage ce dimanche, aux victimes du massacre de masse du 17 octobre 1961.

Nous étions ce matin sur le pont de Bezons, d’où était parti, il y a 60 ans, un cortège de manifestants algériens en provenance du bidonville de Nanterre.

Aujourd’hui, des citoyens, des militants associatifs, syndicaux et politiques, des élus, de Bezons et au-delà, ont salué leur mémoire : dépôts de gerbes, prises de parole, fleurs et bouquets jetés dans la Seine, là même où furent repêchés dans le fleuve plusieurs corps de « Français musulmans d’Algérie », comme on les qualifiait alors, assassinés par la police.

Le 17 octobre 1961 eut lieu une répression sanglante dont le bilan, longtemps nié, est aujourd’hui estimé à des dizaines et dizaines de morts. Selon certains historiens, il s’agit de la répression d’État « la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine ».

Les manifestants, pacifiques et non armés, protestaient contre le couvre-feu discriminatoire dont ils étaient l’objet depuis le 5 octobre.

 

Dans Paris, les violences se poursuivirent à divers endroits. Les forces de l’ordre procédèrent à des rafles gigantesques. « Les véhicules de police ne suffisent plus, on réquisitionne les bus de la RATP qui vont rentrer au dépôt souvent couverts de sang ».

Emmanuel Macron a reconnu hier en déposant une gerbe des « crimes inexcusables pour la République ». Mais il a pointé la seule culpabilité et la responsabilité du préfet de police d’alors. Maurice Papon, ancien haut fonctionnaire de Vichy, qui sera condamné en 1998 pour crime contre l’humanité pour ses  actions durant l’occupation nazie, a certes joué un rôle central dans le massacre. Pour autant il est loin d’être le seul responsable. Il n’a pas pu agir sans l’aval de ses supérieurs hiérarchiques, le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre de l’époque, Michel Debré. D’ailleurs Maurice Papon est resté en poste après le 17 octobre et la tragédie a été occultée pendant des dizaines d’années.

Aujourd’hui il importe de reconnaître toutes les responsabilités et de nommer le 17 octobre 1961pour ce qu’il a réellement été : un crime d’État.  L’ouverture des archives est également indispensable pour que toute la lumière soit faite sur les événements tragiques de 1961.

60 ans plus tard, n’est-il pas temps ?  

Images du rassemblement au pont de Bezons. Une cérémonie avait également lieu au pont d’Argenteuil ce matin.

17 octobre 1961

Il y a 60 ans, le 17 octobre 1961, un massacre avait lieu en plein Paris.
Des centaines de manifestants algériens pacifiques étaient matraqués, piétinés, battus à mort, tués par balle ou jetés à la Seine par la police française aux ordres de Maurice Papon.
Il est grand temps que la France reconnaisse ce crime d’État.
Hommage demain dimanche 17 octobre au pont de Bezons à 11h.
Images et témoignages