Quatre déceptions et une lueur d’espoir

Les réponses du maire à nos questions de décembre…

Jeux Olympiques – Stéphane Bauer

Quelles retombées concrètes peut-on attendre des Jeux Olympiques pour les Gratiennois, habitants et sportifs, et notamment de l’accueil des équipes colombienne et américaine : visite des scolaires ; séances de selfies avec habitants ; invitations de Gratiennois aux JO, eux qui prêteront leurs installations sportives… ?

Réponse du maire : le maire rappelle que la délégation américaine sera hébergée au CDFAS et sur le site du Sivom sous l’égide du CDFAS. Cette proximité aura un impact considérable pour les Gratiennois. Un partenariat est en cours pour l’accueil des scolaires, et les enfants du secteur jeunesse et du périscolaire. De nombreuses rencontres sont prévues pour permettre aux classes des écoles et collèges d’échanger avec des représentants du « Team USA ». Il y aura aussi le passage de la flamme le 19 juillet qui sera un grand moment avec de nombreuses animations. Lorsque la ville connaîtra le nom des qualifiés pour l’escrime, elle pourra engager des actions fortes entre les classes et les escrimeurs français et étrangers qui seront accueillis. Le partenariat avec le cercle d’escrime et ses champions est déjà largement engagé depuis des années.

Notre commentaire : rencontres entre sportifs et scolaires… le minimum ?

Transports – Isabelle Volat

Le tramway fait un retour dans de nombreuses villes. C’est un mode de transport moderne, efficace. Circulant sur une voie réservée, il est rapide, régulier et accessible à tous. Des lignes de tram se développent ou sont en projet dans notre département. Le tram existe dans des villes voisines, notamment Épinay. Des  réflexions ont été avancées à Argenteuil pour poursuivre la ligne qui dessert Bezons. Ce sont des projets qui pourraient permettre le désengorgement de la circulation automobile.

Pourquoi notre ville, (et vous en tant que Conseiller départemental), ne s’engage-t-elle pas pour que le tram arrive jusqu’à son territoire ?   

Réponse du maire : les transports ne sont pas une compétence du Conseil départemental. Par contre, le département du Val d’Oise s’est engagé pour la ligne 19 du métro. La présidente de la Région a reçu le 20 décembre des représentants du 95 pour travailler sur les études de plusieurs dizaines de millions  sur la faisabilité de la ligne 19. Ce qui est pressenti est un départ de Nanterre, un passage à Argenteuil soit à la gare, soit au Val d’Argent, ensuite soit Ermont-Eaubonne ou Saint Gratien, puis Champ-de-Courses à Soisy et Deuil-Montmagny jusqu’à Roissy. Le maire indique que sa priorité sera de défendre ce projet au plus proche des habitants. L’État ne mettant plus un euro en-dehors des gares du Grand Paris, le financement sera assuré par la Région et le département. Le préprojet estime le coût à 8 milliards d’euros, pour une réalisation en 2040. Pour ce qui concerne le tramway, il pourrait y avoir un prolongement, mais ce n’est pas du tout défendu par l’État. Le prolongement du T11 jusqu’à Argenteuil, pourtant promis, n’est d’ailleurs même plus à l’ordre du jour. Tous les élus du Val d’Oise soutiennent le projet du métro.          

Notre commentaire : le Conseil départemental n’a pas la compétence transports, mais cela ne l’empêche visiblement pas de donner son avis sur le projet de cette ligne 19… Le maire ne répond pas à notre question qui portait sur le prolongement du tramway d’Épinay jusqu’à Saint Gratien. La ligne de métro dans le 95 et ses 8 milliards d’euros nous semble bien lointaine. Le projet est loin d’être finalisé, le tracé pourrait même utiliser une partie de la si contestée ligne 17, et sa fameuse gare en plein champ.. La ville a raté le coche du tramway, quel dommage.        

Passerelle de la gare – Stéphane Bauer

Le sujet de la passerelle a rapidement été évoqué le 14/12/23 en réunion de quartier. Des échafaudages de soutien ont été installés sous la structure mais apparemment il n’y a pas de travaux engagés pour le moment. Il est à craindre que la passerelle reste condamnée pour une longue période. Pouvez-vous revenir sur le diagnostic et les perspectives de rénovation ?

Cet équipement étant très emprunté, nous suggérons de permettre l’accès au souterrain pour les personnes désirant relier le centre-ville aux Raguenets mais ne possédant pas de titre de transport. Cela pourrait être organisé avec l’accord de la SNCF pour un système de contremarque afin de franchir gratuitement les tourniquets.

Réponse du maire : la SNCF a refusé cette proposition par 3 fois. L’idée la plus simple était d’avoir une passerelle commune avec la SNCF et de ne pas avoir à refaire une passerelle si on arrivait à avoir un souterrain commun. Le problème aujourd’hui, c’est qu’on n’est plus dans la réparation. Ce qui a été fait n’a pas servi à grand-chose puisqu’aujourd’hui l’état du soutien et de la charpente métallique est tel que la passerelle devra être déposée au plus vite. La ville s’est rapproché de la SNCF pour travailler à déposer la passerelle et mener des échanges avec la SNCF pour permettre le passage. La ville va redemander que le passage soit possible sans titre de transport mais il n’y  aucune garantie à ce stade.        

Notre commentaire : nous ne sommes visiblement pas sortis du problème… et les habitants du quartier vont devoir faire le détour encore pendant une longue période… Les travaux seront coûteux et complexes mais on peut se demander pourquoi la ville a laissé cet équipement se dégrader pendant aussi longtemps.

Centre Fossiez – Isabelle Volat

Des interventions ont lieu ces jours-ci sur les fenêtres du centre de loisirs. Cet équipement ancien et peu adapté à l’accueil de groupes d’enfants va-t-il faire l’objet d’une rénovation ? 

Réponse du maire : il y a effectivement un plan de rénovation. La ville a rencontré cette semaine les représentants du Département et de la Région pour financer cette rénovation dans le cadre d’un contrat d’aménagement régional, ce qui permettrait d’engager les études dès 2024, pour des travaux en 2025.   

Notre commentaire : c’est Noël ! Cette rénovation n’a jamais été évoquée et n’est pas prévue dans le programme de la majorité. Une question pertinente, donc, qui nous apporte une information que le maire s’est bien gardé de nous transmettre jusqu’ici. On a la prétention d’avoir souvent mis la question sur le tapis, et ainsi contribué à la faire prendre en compte… Une bonne nouvelle pour les enfants accueillis à Fossiez ! Un projet à suivre.    

Marché municipal – Stéphane Bauer

Divers articles de presse et de reportages télé (y compris sur TF1), ont récemment mis en cause la gestion par Mandon-Somarep de marchés dans le 78 et le 95. Encore plus récemment, après débats en conseil municipal, des villes avoisinantes ont amorcé des actions à l’encontre de Mandon : fin du règlement en espèces des places à Cergy ; désignation d’une commission d’enquête à Argenteuil ; questions diverses à Bezons. Des pratiques, recoupées au marché Hémmonot, nous interpellent, car elles font écho à ce qui est rapporté ailleurs.

Voici une liste non exhaustive des  engagements non tenus par le concessionnaire : outre le non-respect du taux de remplissement à 95%, état déplorable des poubelles du marché (il n’est reste plus que 5..), dont le modèle date du concessionnaire précédent (Guérin) ; poubelles non nettoyées (problème d’hygiène) ; non entretien du local poubelle (gonds cassés, portes condamnées, trous dans le sol, cf. photos jointes) ; facturation des commerçants volants à des niveaux de prix vus nulle part ailleurs dans le 95 (ce qui explique leur nombre en diminution à l’extérieur) ; animations non tenues  (pas de décoration de Noël cette année ; pas d’animation habituelle pour la fête des mères…) alors que SOMAREP prélève aux commerçants une ligne « animations » ; plusieurs dimanches où n’a pas été respectée l’interdiction de stationner devant le marché.. ; regard d’égout enfoncé dans les allées du marché..

La facturation des fluides n’est pas motivée par un relevé de compteur (alors que les commerçants ont tous un compteur électrique personnel)…cf article dans le Parisien ;

La commission tripartite avec l’ensemble des acteurs ne se tient plus ou bien il y a des engagements verbaux donnés par Mandon, mais infirmés par courrier de son avocat après la séance.. (comme il a été dit en réunion publique jeudi dernier)

Pour toutes ces raisons, il nous semble qu’une commission d’enquête devrait être constituée, pour porter un diagnostic factuel sur ces remontées (qui pourra être complété par l’obtention du rapport des commissaires aux comptes sur les derniers bilans comptables du marché, communiqués par Mandon).

La commission aurait pour objectif de retisser un lien entre les acteurs, ou à défaut pourrait proposer à la ville des arguments devant mener à une rupture de la concession avant son terme, pour tenter avec un autre concessionnaire (comme récemment à Enghien), de relancer le marché ou bien le reprendre en régie, comme cela est suggéré par plusieurs commerçants.

Approuvez-vous le principe d’une telle commission d’enquête ? 

Réponse du maire : on n’est pas à l’Assemblée nationale ou au Sénat, il n’y a pas de commission d’enquête possible ! S’agissant de la gestion du délégataire, le maire a confié une mission à un avocat. Il attend sa conclusion et sa stratégie pour répondre. 

Notre commentaire : une commission d’enquête municipale est tout à fait possible, Argenteuil l’a mise en place. Nous reviendrons sur cette question de l’avenir du marché, qui a aussi fait l’objet d’un assez long débat en séance, lors du vote de l’augmentation du droit de place des commerçants. On voit que le caractère « problématique » de la gestion de Mandon, que nous avons souvent évoquée suite à nos échanges avec les commerçants, est enfin reconnue par la ville. Il ne sera certes pas facile de sortir du contrat, qui court jusqu’en 2030. Une des erreurs n’a-t-elle pas été de signer pour une durée de 13 ans ? Le marché de Saint Gratien est en grande difficulté.  Pourtant, les marchés alentour peuvent rencontrer un grand succès. Grosse affluence ces jours-ci au marché d’Eaubonne, ou d’Enghien… Il se dit même que des élus gratiennois y feraient leurs courses…   

Nos questions au maire

Voici nos « questions orales » au maire lors du Conseil municipal du 21 décembre 2023, au nom du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».

Réponses du maire ce jeudi soir, en dernier point à l’ordre du jour du Conseil municipal. Venez assister à la séance !

Jeux Olympiques – Stéphane Bauer

Quelles retombées concrètes peut-on attendre des Jeux Olympiques pour les Gratiennois, habitants et sportifs, et notamment de l’accueil des équipes colombienne et américaine : visite des scolaires ; séances de selfies avec habitants ; invitations de Gratiennois aux JO, eux qui prêteront leurs installations sportives… ?

Transports – Isabelle Volat

Le tramway fait un retour dans de nombreuses villes. C’est un mode de transport moderne, efficace. Circulant sur une voie réservée, il est rapide, régulier et accessible à tous. Des lignes de tram se développent ou sont en projet dans notre département. Le tram existe dans des villes voisines, notamment Épinay. Des  réflexions ont été avancées à Argenteuil pour poursuivre la ligne qui dessert Bezons. Ce sont des projets qui pourraient permettre le désengorgement de la circulation automobile.

Pourquoi notre ville, (et vous en tant que Conseiller départemental), ne s’engage-t-elle pas pour que le tram arrive jusqu’à son territoire ?   

Passerelle de la gare – Stéphane Bauer

Le sujet de la passerelle a rapidement été évoqué le 14/12/23 en réunion de quartier. Des échafaudages de soutien ont été installés sous la structure mais apparemment il n’y a pas de travaux engagés pour le moment. Il est à craindre que la passerelle reste condamnée pour une longue période. Pouvez-vous revenir sur le diagnostic et les perspectives de rénovation ?

Cet équipement étant très emprunté, nous suggérons de permettre l’accès au souterrain pour les personnes désirant relier le centre-ville aux Raguenets mais ne possédant pas de titre de transport. Cela pourrait être organisé avec l’accord de la SNCF pour un système de contremarque afin de franchir gratuitement les tourniquets. 

Centre Fossiez – Isabelle Volat

Des interventions ont lieu ces jours-ci sur les fenêtres du centre de loisirs. Cet équipement ancien et peu adapté à l’accueil de groupes d’enfants va-t-il faire l’objet d’une rénovation ? 

Marché municipal – Stéphane Bauer

Divers articles de presse et de reportages télé (y compris sur TF1), ont récemment mis en cause la gestion par Mandon-Somarep de marchés dans le 78 et le 95. Encore plus récemment, après débats en conseil municipal, des villes avoisinantes ont amorcé des actions à l’encontre de Mandon : fin du règlement en espèces des places à Cergy ; désignation d’une commission d’enquête à Argenteuil ; questions diverses à Bezons. Des pratiques, recoupées au marché Hémmonot, nous interpellent, car elles font écho à ce qui est rapporté ailleurs.

Voici une liste non exhaustive des  engagements non tenus par le concessionnaire : outre le non-respect du taux de remplissement à 95%, état déplorable des poubelles du marché (il n’est reste plus que 5..), dont le modèle date du concessionnaire précédent (Guérin) ; poubelles non nettoyées (problème d’hygiène) ; non entretien du local poubelle (gonds cassés, portes condamnées, trous dans le sol, cf. photos jointes) ; facturation des commerçants volants à des niveaux de prix vus nulle part ailleurs dans le 95 (ce qui explique leur nombre en diminution à l’extérieur) ; animations non tenues  (pas de décoration de Noël cette année ; pas d’animation habituelle pour la fête des mères…) alors que SOMAREP prélève aux commerçants une ligne « animations » ; plusieurs dimanches où n’a pas été respectée l’interdiction de stationner devant le marché.. ; regard d’égout enfoncé dans les allées du marché..

La facturation des fluides n’est pas motivée par un relevé de compteur (alors que les commerçants ont tous un compteur électrique personnel)…cf article dans le Parisien ;

La commission tripartite avec l’ensemble des acteurs ne se tient plus ou bien il y a des engagements verbaux donnés par Mandon, mais infirmés par courrier de son avocat après la séance.. (comme il a été dit en réunion publique jeudi dernier)

Pour toutes ces raisons, il nous semble qu’une commission d’enquête devrait être constituée, pour porter un diagnostic factuel sur ces remontées (qui pourra être complété par l’obtention du rapport des commissaires aux comptes sur les derniers bilans comptables du marché, communiqués par Mandon).

La commission aurait pour objectif de retisser un lien entre les acteurs, ou à défaut pourrait proposer à la ville des arguments devant mener à une rupture de la concession avant son terme, pour tenter avec un autre concessionnaire (comme récemment à Enghien), de relancer le marché ou bien le reprendre en régie, comme cela est suggéré par plusieurs commerçants.

Approuvez-vous le principe d’une telle commission d’enquête ? 

Un poison xénophobe

J’ai signé cet appel du journal « l’Humanité » et je vous invite à le faire.

Monsieur le Président, ne promulguez pas la loi immigration !

Appel

À l’initiative de l’Humanité, des élus, des syndicalistes, des intellectuels et des artistes exhortent Emmanuel Macron à renoncer à une législation qui « fracture les fondements de la République, en instillant le poison xénophobe de la préférence nationale ».

À la dernière élection présidentielle, des millions de voix se sont reportées sur Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen. « Ce vote m’oblige », avait assuré le président élu. La loi immigration, véritable marchepied à l’idéologie nationaliste de l’extrême droite, est une trahison de cet engagement solennel pris devant les Français.

Soutenu par le RN, ce texte, adopté sans réel débat au Parlement, fracture le camp présidentiel mais, surtout, les fondements de notre République. En instillant le poison xénophobe de la préférence nationale, en remettant en cause le droit du sol, il bafoue les principes d’égalité et de non-discrimination, socle de notre démocratie fraternelle.

Cette loi de haine et de division fait peser une lourde menace sur le sort de nos semblables, étrangers ou immigrés, donc sur la cohésion de notre société. Elle ouvre la voie au pire.

Face à ce danger, nous, citoyennes et citoyens soucieux du vivre-ensemble, appelons le chef de l’État à se ressaisir. Ne promulguez pas ce texte de tous les dangers !

Signez ici

La devise républicaine insultée

Marie-Christine Vergiat : « Cette loi immigration insulte notre devise républicaine »

Au lendemain du vote d’une loi répressive contre les étrangers souhaitant vivre en France, loi qui remet en cause les principes de la République, Marie-Christine Vergiat*, vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) affirme l’urgence d’imposer un contre-discours face aux idées d’extrême droite qui gagnent le Parlement et la société.

Entretien avec Eugénie Barbezat pour l’Humanité

Quel est votre sentiment après l’adoption de la loi Darmanin sur l’immigration ?

Je n’ai même pas de mots. C’est une honte pour les parlementaires qui l’ont approuvée et pour notre pays qui se dit « des droits de l’homme ». Cette loi est une insulte à notre devise républicaine. Le pire c’est qu’aucun argument rationnel ou scientifique ne justifie une telle répression et une telle rupture d’égalité entre les personnes qui vivent en France.

Malgré le travail acharné que nous avons fait avec un large collectif inter-associatif pour démontrer point par point les écueils de ce texte et les dangers qu’il représente, nous n’avons pas réussi à faire entendre nos arguments à l’ensemble des députés. Le débat public a été saturé par de fausses allégations basées sur des fantasmes. Et la course aux voix de droite et aux idées d’extrême-droite a pu ainsi opérer. C’est très grave.

L’assimilation entre personne étrangère et menace, voire délinquance, voire terroriste semble avoir inspiré ce texte…

Les statistiques officielles prouvent que les personnes étrangères, pourtant plus souvent contrôlées et condamnées que les nationaux, ne commettent absolument pas plus de crime que les Français. Le taux de criminalité parmi les étrangers est de 0,6 %, légèrement inférieur à celui de la population générale. Lorsque des étrangers sont condamnés, c’est à 98 % pour des délits en lien avec le droit au séjour : faux papiers, vente à la sauvette, etc…

Dans son discours à l’Assemblée précédant le vote du texte, Gérald Darmanin a parlé de l’expulsion de 4 000 personnes sous OQTF (obligation de quitter le territoire français, ndlr), rendue possible par ce texte. En réalité, rien n’empêchait jusqu’alors leur expulsion puisque qu’avant le vote de cette nouvelle loi, aucun étranger, sauf les mineurs, n’était protégé contre une expulsion. Mais le ministre de l’Intérieur n’est pas à une approximation près.

En revanche, la notion floue de « risques de trouble à l’ordre publique » est très dangereuse, car cela permettra, sur décision totalement arbitraire du préfet de distribuer des OQTF et d’expulser des personnes alors même qu’elles n’ont pas été condamnées par la justice. Cette disposition, comme d’autres, violent les conventions internationales que la France a pourtant signées.

Quelles autres dispositions de ce texte vous inquiètent ?

Les mesures concernant les étudiants vont instaurer un tri en fonction de la richesse, et risquent de décourager les étudiants africains les moins fortunés qui préféreront aller se former outre-Atlantique ou dans les pays du golfe Persique. C’est une perte énorme en termes d’attractivité et de rayonnement pour notre pays.

Le fait de conditionner le versement d’allocations familiales au fait de disposer d’un titre de séjour depuis plusieurs années est une violation des droits de l’enfant. En effet, tout enfant doit se voir garantir les moyens de subvenir à ses besoins quelque que soit sa nationalité.

Les entraves mises au droit à la vie en famille à travers les dispositions concernant les mariages mixtes, dont on sait qu’ils sont un facteur d’intégration, constituent aussi des atteintes graves aux droits humains.

Personne ne parle du coût de la mise en place des mesures contenues dans cette loi, qu’en est-il ?

Le coût moyen d’une expulsion est estimé à 20 000 euros. Multiplier les contrôles, les OQTF, les enfermements et les reconduites dans les pays d’origine représente donc un budget considérable. Par ailleurs, maintenir les personnes étrangères dans une précarité liée à l’absence de titre de séjour pérenne et les empêcher de travailler légalement constitue un manque à gagner en termes de contributions sociales.

Pour des raisons idéologiques on se prive de la grande ressource que constitue l’immigration. D’ailleurs, même l’Italie, gouvernée par l’extrême droite, a répondu favorablement à la demande de patrons qui réclamaient la possibilité de faire travailler légalement des personnes étrangères.

Quelles actions la LDH compte encore mener pour combattre ce texte ?

En tant qu’association, nous allons faire usage de ce que l’on appelle une « porte ouverte » pour appuyer les recours qui seront faits contre ce texte de loi devant le Conseil constitutionnel.

Nous envisageons aussi, avec d’autres associations, de proposer la création d’un intergroupe (ouvert à tous) de parlementaires qui défendent les droits humains.

Il faut surtout que l’on mène une bataille culturelle pour montrer que d’autres politiques migratoires sont possibles. En Espagne par exemple, la régularisation de 500 000 sans papier a abouti à une hausse générale des salaires… L’accueil réussi des Ukrainiens qui n’a posé aucun problème l’a prouvé : si on offre aux personnes qui arrivent un hébergement, la possibilité d’apprendre notre langue et de travailler, elles s’intègrent rapidement et contribuent à la richesse économique et culturelle de notre pays. La réalité décrite par les scientifiques, comme François Héran** est celle-là, il faut maintenant la faire entendre au plus grand nombre.

* Nous avions invité en 2016 à Saint Gratien Marie-Christine Vergiat, alors députée européenne Front de Gauche. Deux sujets avaient dominé les débats : les échéances de 2017 et la question des migrants. En effet, MC Vergiat était signataire de « l’appel des 100 » qui mobilisait pour le rassemblement  de la gauche alternative en 2017, et était, au Parlement européen, coordinatrice de la sous-commission des droits de l’Homme.

** François Héran est sociologue, anthropologue et démographe français, qui travaille notamment sur les migrations internationales, les dynamiques démographiques et les discriminations

Hélas

Réunion de quartier ce jeudi 14 décembre 2023 dans le quartier du Parc, avec comme à l’accoutumée une assistance assez nombreuse dans la salle principale du centre culturel.

C’est tout d’abord le traditionnel exposé sur la « marche exploratoire » précédant la rencontre. Je souris en imaginant le maire en explorateur d’un territoire inconnu et peut-être découvrant les dangers des trous dans les trottoirs ou d’une végétation débordante à élaguer… Plus sérieusement, rien à signaler de cette déambulation qui ne sert qu’à donner l’illusion que le groupe de quartier est associé aux réflexions municipales. Hélas.

Peu de présentations de projets cette année. En dehors d’un point sur la sécurité publique, thème à la mode s’il en est, seule la réhabilitation du centre du Parc fera l’objet d’une courte et incomplète présentation. Certes, le projet n’en est qu’à ses prémices, 50 000€ ont été budgétés pour les études et une « concertation » engagée avec les associations qui utilisent les locaux. Le bâtiment est en assez mauvais état, nous le déplorons depuis des années car il est très utilisé pour des activités variées, hélas dans des conditions relativement mauvaises. En effet, les salles sont partagées par les différentes associations ce qui peut occasionner des nuisances ou inconvénients pour les uns et les autres. Difficile en effet de dérouler son tapis de yoga dans une salle ouvrant directement sur l’extérieur et où circulent les adhérents d’autres activités… le sol est vite sali, pour ne donner que cet exemple. Les utilisateurs, premiers à savoir ce qui doit être amélioré, demandent donc des salles dédiées avec rangements adéquats, en plus de la nécessaire réhabilitation du bâtiment, qui doit être isolé et grandement rénové. Hélas… on s’aperçoit au fil des échanges que cette demande restera lettre morte puisqu’aucun agrandissement des locaux n’est envisagé. Pourtant le terrain sur lequel se trouve le centre le permettrait sans problème, et le centre est redisons-le, très utilisé : environ 400 personnes par semaine pour ses quatre salles. S’oriente-t-on vers une rénovation a minima au lieu de profiter de l’occasion pour donner aux associations des locaux plus spacieux et plus adaptés ? Ce serait dommage.

Concernant la sécurité publique, on apprend que 20 agents de police municipale et 3 ASVP travaillent sur Saint Gratien, pour pallier l’absence de police nationale sur notre territoire. Une effet pervers que nous avions dénoncé dès l’installation de la « PM » : voilà un très beau et très coûteux transfert de charges vers les collectivités, la CAPV en l’occurrence, pour des personnels qui n’ont pas les mêmes compétences que les policiers nationaux… Nous disposons également à présent de 45 caméras dont 3 nomades. Je sais qu’il est de bon ton de réclamer toujours plus de ces machines de surveillance mais je continue de regretter qu’aucune évaluation de leur efficacité ne nous soit jamais communiquée. La délinquance n’aurait-elle pas dû baisser en fonction du nombre des engins installés ? Leur coût est de plus, loin d’être anodin. Quant au dispositif « Voisins vigilants », j’ai déjà dit ici tout le mal que j’en pensais. À part une publicité à bon compte pour le maire, qui peut ainsi prétendre agir contre « l’insécurité », c’est au mieux inefficace, mais aucune évaluation n’en sera jamais possible, au pire cela instaure un climat de défiance malsain envers toute personne « suspecte » qui déambulerait dans le quartier…

Place ensuite aux questions de la salle, puisque le fonctionnement de ces assemblées réduit la participation des citoyens au simple questionnement au maire, lequel a imparablement la réponse…

La question du marché municipal revient sur la table. Marché en grande difficulté, géré par un concessionnaire qui ne répond pas à ses obligations et dont les pratiques envers les commerçants sont régulièrement pointées par la presse locale.. Notamment le local poubelles est dans un état déplorable et ne permet plus le dépôt et le tri des déchets dans des conditions convenables. Hélas, que faire ? La ville s’est engagée pour une concession de 13 ans, et jusqu’en 2030, il sera très difficile de revenir à une régie municipale, seule issue pour sauvegarder ce commerce de proximité et lieu majeur de lien social en ville. Je doute que notre marché, que la majorité municipale accuse volontiers de tous les maux, soit réellement deux fois plus cher que les marchés environnants, et je doute aussi que le maire soit le mieux placé pour une étude comparative des prix.. lui qui ne fréquente le marché que les veilles d’élections… et uniquement pour serrer les mains.

Les travaux de la passerelle de la gare, évoqués ensuite, laissent prévoir une réhabilitation plus longue, compliquée et coûteuse que prévu. L’autorisation de réouverture, annoncée initialement pour mi-novembre, a été repoussée de 15 jours et n’est toujours pas accordée à ce jour. Un problème important de déplacement pour les Gratiennois·es qui empruntent régulièrement cet équipement et qui doivent à présent faire le tour par la rue d’Argenteuil, sauf à posséder une carte de transports pour utiliser le souterrain de la gare… À la question de savoir si la ville ne pourrait pas profiter des travaux sur la passerelle pour l’équiper d’une rampe permettant le passage de vélos, poussettes d’enfants et cabas  à roulettes pour les courses, le maire rétorque que c’est techniquement impossible. Hélas, le coche a été manqué il y a des années lors de l’implantation du souterrain routier sur ce qui était alors la RN 14. Nous avions proposé à l’époque avec l’appui du conseiller général communiste, d’étudier un large passage souterrain reliant les Raguenets au centre-ville.. une coupure géographique bien regrettable pour l’unité de la ville.

Des sujets précis concernant le quartier sont ensuite abordés. On souligne le fait que la signalisation sur la limitation de vitesse à 30 km/h qui concerne maintenant l’ensemble de la ville est insuffisante.  La traversée piétonne de la rue Danielle Casanova pose problème depuis l’installation du feu « récompense » :  puisque le dit feu reste au vert dès lors que les véhicules roulent bien à 30km/h… quand traverser alors ? Des questions sur le compostage qui sera mis en place en janvier : pas d’obligation pour les habitants, mais uniquement pour les collectivités qui doivent proposer une possibilité de dépôt des biodéchets. Des bornes expérimentales sont implantées aux Marais et Raguenets, alimentant ensuite une usine de méthanisation. Questionnement  aussi sur le projet de géothermie avec les villes de Soisy et d’Eaubonne. Un puits de forage de 3 000 m serait creusé à Soisy jusqu’à atteindre une eau à température suffisante pour alimenter les circuits de chauffage pour 6 000 habitants. Ce dispositif est opérationnel et performant depuis déjà des années dans d’autres communes voisines.

Enfin, le sujet du vélo s’invite dans le débat grâce à « Saint Gratien à vélo », association qui travaille à faciliter la circulation des bicyclettes dans notre ville. C’est la question des arceaux à vélos qui est abordée, avec le regret de voir malgré des demandes répétées, que le stationnement des vélos reste compliqué à Saint Gratien : manque de places devant la gare, devant la médiathèque et le cinéma, devant le magasin Carrefour où les arceaux sur le trottoir gênent le passage des piétons.. Les embouteillages récurrents à la sortie des écoles sont aussi pointés. Pourquoi pas de « pédibus » ou de « vélobus » pour accompagner les enfants ? Le maire se contente de vanter sa politique en matière de déplacements doux, affirmant que Saint Gratien est reconnu pour être à la pointe de l’innovation en matière de développement durable.. assertion péremptoire mais que, hélas, nous ne partageons pas. Soulignons quand même un moment de franche gaieté quand le maire explique que s’il n’y a pas d’arceaux devant la salle d’armes pourtant tout récemment rénovée, mais seulement un local fermé à clef réservé aux initiés, c’est parce qu’il s’est fait lui-même voler son vélo à cet endroit lorsqu’il était collégien ! Un traumatisme compréhensible mais devenu une aversion chronique au vélo ?     

Bien qu’étant moi aussi une habitante du quartier, j’attends prudemment la fin des questions des présents pour lever la main. Je sais que le maire est rapide à nous accuser de « profiter » de la réunion de quartier pour notre « propagande ». Loin de moi cette idée, je considère seulement que ces assemblées doivent dépasser les simples questions relatives aux problèmes de voirie et de stationnement et être l’occasion d’aborder des sujets plus fondamentaux de politique municipale.

J’ai choisi cette fois de revenir sur les énergies renouvelables. En 2010, la ville avait mandaté le cabinet Solving pour l’aider dans sa démarche de développement durable. Solving avait alors pointé le manque « de sites de production d’énergies renouvelables, ce qui à terme peut constituer une faiblesse au vu de l’évolution des prix des énergies fossiles ». Bien vu ! Or, presque 15 ans plus tard, et malgré la pertinence du propos, on constate peu d’évolutions : seuls la salle d’armes et les vestiaires du stade Auguste Delaune sont équipés de panneaux photovoltaïques… La ville a-t-elle raté le coche, alors que des villes voisines ont su installer ce genre de dispositifs sur leurs bâtiments ?

Hélas, bien que je n’ai pas tenu le micro plus de 30 secondes, le maire prend à témoin l’assemblée sur ce qu’il « doit supporter au Conseil municipal » de la part de sa méchante opposition, et se lance dans une longue tirade sans grand rapport avec ma question… Pas de réponse non plus sur le sujet du tramway, un transport efficace et qui se développe partout, jusqu’à Épinay.. mais pas jusqu’à Saint Gratien… Je reste avec mes questions.

Le maire ayant annoncé en début de réunion qu’il était un peu souffrant, nous mettrons sur le compte de son état fiévreux le fait qu’il ait encore raté l’occasion d’un échange démocratique fructueux.  

Ci-dessous quelques images, non projetées lors de l’assemblée de quartier, mais qui éclairent sur l’état de la passerelle de la gare, et sur celui du local poubelles du marché.

Pour un cessez-le-feu immédiat

Je partage la déclaration du PCF sur la situation en Palestine. Rendez-vous dans la manifestation parisienne pour un cessez-le-feu, pour une paix juste et durable, dimanche 17 décembre 2023, place de la République à 14 heures.

Israël / Palestine : Après l’odieux veto américain, la France doit agir pour une coalition internationale pour le cessez-le-feu et la paix

Déclaration du conseil national du PCF ; 10 décembre 2023

La rupture de la trêve à Gaza a signifié non seulement la reprise, mais aussi l’intensification des opérations militaires israéliennes, désormais dans le sud de la bande de Gaza, exposant directement des centaines de milliers de personnes aux bombardements.

La population civile palestinienne, prise en étau, en est la première victime. Elle se retrouve acculée près de Rafah et totalement démunie. Près d’un million d’enfants ont été déplacés de force et se retrouvent sans eau, nourriture ni protection.

Les alarmes impérieuses et nombreuses lancées par les agences de l’ONU et les ONG sur l’effondrement humanitaire, sanitaire, alimentaire à Gaza qui menace l’existence des 2,4 millions de Gazaouis ne sont pas entendues par le gouvernement suprémaciste de Benyamin Netanyahou qui poursuit les massacres de masse, les crimes de guerre, les déplacements forcés et les expulsions de populations. C’est la réalité des opérations de l’armée israélienne à Gaza comme à Jérusalem-Est. En Cisjordanie, l’armée et les colons d’extrême droite arrêtent, expulsent violemment les civils palestiniens.

Les atrocités des actes terroristes du Hamas et d’autres forces du 7 octobre contre les civils israéliens ne justifient en rien ce massacre, qui viole toutes les règles du droit international.

Face à la gravité de la situation, le secrétaire général de l’ONU a activé l’article 99 de la charte des Nations Unies. Reculant les limites de la honte, le gouvernement des États-Unis a imposé un veto contre une résolution appelant à un cessez-le-feu, alors que 13 des 15 États membres du Conseil de sécurité la soutenaient. Il a en outre approuvé, sans passer par le Congrès, la vente à Israël de 14 000 obus équipant des chars de combat engagés dans l’offensive à Gaza. Il portera dans l’histoire la responsabilité d’avoir ainsi encouragé, seul, la poursuite du massacre, contre la position de l’immense majorité des États et des peuples.

Le gouvernement américain ne peut pas imposer sa loi au monde ! Un cessez-le-feu immédiat et permanent est urgent. La France peut et doit prendre une initiative pour constituer une large coalition internationale pour le cessez-le-feu et la paix, avec l’ensemble des États qui portent cette exigence, capable de l’imposer au gouvernement israélien.

Le PCF affirme sa solidarité avec toutes les forces progressistes palestiniennes et israéliennes qui luttent pour une solution de paix dans la justice et le droit, avec les familles des otages israéliens qui s’opposent au gouvernement Netanyahou, avec les familles palestiniennes frappées par le deuil.

Le PCF rappelle son engagement pour :
➡️ Un cessez-le-feu permanent avec la fin des bombardements et du déplacement forcé de la population et le retrait de l’armée israélienne de Gaza.
➡️ La libération de tous les otages détenus par le Hamas.
➡️ La mise en place d’un corridor humanitaire permanent pour acheminer les produits de première nécessité.
➡️ La protection de toutes les personnes civiles, quelle que soit leur nationalité.
➡️ La cessation de la coopération militaire avec l’État d’Israël et la suspension de l’accord d’association qui lie celui-ci à l’Union européenne, tant que le droit international sera bafoué.
➡️ La levée du blocus de Gaza, en place depuis 2007.
➡️ La libération des prisonniers politiques palestiniens, à commencer par celle de Marwan Barghouti, capable de porter les aspirations de son peuple et l’exigence de paix, à l’opposé du projet intégriste du Hamas.
➡️ Une initiative diplomatique de la France pour une paix juste et durable sur la base des résolutions de l’ONU, en particulier la résolution n° 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies de 1967, exigeant le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés.
➡️ La reconnaissance de l’État de Palestine par la France, conformément au vote du Parlement français en 2014 et sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, aux côtés de l’État israélien, doit permettre d’ouvrir le débat dans l’Union européenne afin d’aboutir à la même reconnaissance votée par le Parlement européen la même année. Le PCF salue l’annonce dans ce sens du gouvernement de gauche espagnol.
➡️ La traduction des dirigeants israéliens et ceux du Hamas devant la Cour Pénale Internationale.
➡️ La condamnation des viols, utilisés comme armes dans la guerre en cours.

Le Parti communiste français appelle à la plus large mobilisation contre les logiques de haine et de guerre qui ont trop ensanglanté le Proche-Orient, pour faire prévaloir l’exigence d’une paix dans la justice et la démocratie entre les peuples palestinien et israélien.

Le PCF appelle à participer aux rassemblements qui se tiennent dans toute la France sur la base de cet appel avec l’ensemble des forces progressistes qui se battent pour la paix et la justice.

À Paris, il appelle à participer à la manifestation du dimanche 17 décembre.

Jeune ministre, vieilles recettes

Le 20è ministre de l’Éducation nationale depuis 40 ans annonce des mesures « fortes », le contraire aurait été étonnant, pour lutter contre la baisse du niveau des élèves.

Le tout fleure bon les années 50 : retour du redoublement, groupes de niveau, retour de l’autorité des professeurs et exigence accrue vis-à-vis des élèves… Ne manque que l’uniforme mais cela ne saurait tarder, une expérimentation étant lancée sur le sujet.

Hélas, pauvre école publique, ce n’est pas de ce remède illusoire et inefficace dont elle a besoin pour être à même d’assurer une formation de qualité à tous nos enfants.

Le constat n’est pas difficile à faire. Notre école peine à remplir ses missions, ce n’est pas nouveau mais a été certainement aggravé par l’épisode Covid. Un enseignement à distance ou sur ordinateur ne remplacera jamais un enseignant en chair et en os. Qui en doutait ? Et ce sont bien évidemment les plus fragiles qui ont le plus souffert d’être éloignés de l’école. Il apparaît de plus que les enseignants français étaient mal préparés à l’enseignement à distance. 

Les annonces et projets du ministre Attal tombent pile poil avec les résultats de l’enquête internationale « Pisa » menée par l’OCDE dans 81 pays sur 700 000 jeunes de 15 ans. L’édition 2022 montre une chute importante du niveau des élèves français, particulièrement en mathématiques.

Moins médiatisée, une « alerte sociale » a été lancée par le principal syndicat enseignant il y a quelques jours. Alerte sur la situation de l’école : absence de moyens de remplacement, classes surchargées, inclusion sans moyens supplémentaires, sans formation spécifique des personnels.… Comment faire réussir dans ces conditions ? Les heures d’enseignement perdues faute de professeurs n’influent-elles pas sur le niveau des élèves ? Surtout quand elles sont nombreuses dans les zones déjà frappées par l’échec scolaire.

La pandémie n’expliquant pas tout, l’OCDE pointe cette année la gestion de notre système éducatif. C’est édifiant. Contrairement à l’enquête précédente, « les chefs d’établissement déclarent en France un manque important d’enseignants et de personnels non-enseignants dans leurs établissements en 2022 », note l’OCDE. 67% des élèves souffraient en 2022 d’un manque d’enseignants, contre seulement 17% en 2018. Pourquoi ? Parce que l’investissement éducatif est toujours insuffisant. Par exemple, les dédoublements des classes de CP et CE1 dans les zones sensibles ont été faits à moyens constants, ce qui revient à déshabiller Paul pour habiller Jacques : les collèges et lycées ont souffert de suppressions de postes, alors que le taux d’encadrement français est déjà largement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté ont aussi beaucoup souffert, notamment les « Rased ». Les écoles manquent de moyens humains, d’enseignants mais aussi de psychologues, de psychomotriciens, d’infirmières, de médecins scolaires…   

La formation des enseignants est aussi un gros point noir. La formation continue notamment est quasi inexistante, alors que les métiers de l’éducation demandent non seulement une solide formation de base, mais aussi une réflexion continue sur l’évolution des pratiques pédagogiques. Un point fondamental, car des études montrent que plus un État investit dans la formation des maîtres, plus l’échec scolaire recule.  

Quant aux groupes de niveau à nouveau vantés, on les a connus par le passé. Ils peuvent être bénéfiques à certaines conditions, mais ne seront jamais la panacée. Ils ne doivent pas être généralisés dans toutes les matières, sauf à recréer des ghettos d’élèves en difficulté. Les groupes doivent être flexibles, avec des enseignants formés au soutien. Là aussi, rien de neuf ne se fera sans moyens. Recruter des enseignants pour ces dispositifs sera évidemment difficile, quand on connaît la dévalorisation du métier. Le retour du possible redoublement ne changera pas fondamentalement la donne, sans moyens supplémentaires pour lutter contre l’échec scolaire. Ce ne sont pas non plus les stages de « remise à niveau » pendant les vacances qui règleront le problème.

Retour en arrière aussi sur la place des parents dans l’école. Ceux-ci sont vus comme des empêcheurs d’enseigner en rond. Pourtant, l’ouverture de l’école aux parents est essentielle, et doit aller au-delà du simple suivi de scolarité ou de la surveillance des devoirs à la maison. Là encore, rien de facile. Les situations sont variées, entre les intrusions pédagogiques néfastes ou une absence d’investissement. Une question complexe qui nécessiterait un éclairage particulier lors de la formation des maîtres  pour prendre en compte la diversité des familles et la nécessité d’une coopération entre parents et enseignants.     

Enfin, on remarque que les nombreuses réformes menées quasiment à chaque fois qu’on change de ministre, ne font pas l’objet d’évaluation. On attend notamment encore le point sur les réformes du précédent ministre, JM Blanquer. Réformes qui sortent de la poche du ministre, mais qui ne sont jamais l’émanation de réflexions ou de travaux partagés avec ceux qui auront à les mettre en œuvre : les enseignants.

On doute fort que cette fois encore, le remède préparé soit approprié pour guérir une école publique bien malade, inapte à combler les inégalités sociales. La France reste une championne des pays les plus inégalitaires en matière d’éducation.

La galère continue…

…dans les transports franciliens : la campagne « Stop galère » aussi !

Céline Malaisé, Présidente de la « Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne » au Conseil Régional d’Île-de-France, nous alerte. Son courrier ci-dessous.

Depuis plusieurs années, notre groupe alerte les conséquences des choix de Valérie Pécresse en matière de transports publics. Privatisation, baisse de l’offre de transports, économies au détriment du service public… notre réseau de transports a été volontairement affaibli. Il souffre. Les usagers et salariés avec lui. 

Ces choix comptables et dogmatiques plongent les usagers et les finances d’Ile-de-France Mobilités dans une insécurité comptable néfaste. Le 26 septembre 2023, la Présidente d’Ile-de-France Mobilités a signé dans la précipitation un accord avec le Ministre des Transports, Clément Beaune. 

En acceptant un accord insuffisant et partisan, Valérie Pécresse impose des hausses tarifaires aux usagers, chaque année, de 2024 à 2028. Le pass Navigo mensuel passera ainsi à 86,4 € dès 2024. Il atteindra, dans un scénario optimiste 92,6 € en 2028 et dans un scénario pessimiste, 97,2 € par mois. Valérie Pécresse fait le choix, dans le même temps, de réduire la part des entreprises dans le financement d’Ile-de-France Mobilités ! 

Cet accord ne répond en rien aux besoins. Le problème du financement n’est pas réglé. Il reviendra très rapidement sur le devant de la scène et plus tôt que Valérie Pécresse ne le pense.

Autre problème majeur : l’organisation des transports pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Là aussi, les mauvais choix et incohérences s’accumulent. La volonté farouche d’Ile-de-France Mobilités de contourner les entreprises publiques multiplie les interlocuteurs et créée une usine à gaz façon Shadoks. 

Le plan de transport n’est pas prêt. Les mauvaises nouvelles sont distillées au compte-goutte aux salariés des transports et aux usagers. En l’absence de revalorisation salariale suffisante et d’abandon de la privatisation, le recrutement de conducteurs en nombre suffisant pour produire l’offre de transport avant, pendant et après des Jeux, reste incertain voire impossible en 2024 tant le retard pris est immense. Tout cela pourrait amener Ile-de-France Mobilités à déshabiller les lignes de banlieue pour habiller les lignes olympiques. Nous alertons et les réponses obtenues ne nous rassurent en rien !

2024 sera l’année de tous les dangers pour nos transports. Elle sera peut-être celle de l’accélération de la privatisation… ou de son abandon. Avec 40 Maires d’Ile-de-France, nous demandons l’abandon de la privatisation pour renouer avec un service public des transports et de qualité.

Plus d’infos sur le site de « Stopgalere »

Valérie Pécresse fera voter au Conseil Régional, le 7 décembre, une hausse de +2,6% des tarifs de tous les titres de transports dès le 1er janvier 2024. Surprise : le passe Imagine R augmentera également !

C’est donc une journée de mobilisation dans les gares d’Île-de-France. Les communistes iront à la rencontre des usager·ères. Nous serons à la gare RER de Saint Gratien entre 17h30 et 19h ce jeudi. Venez nous retrouver !