Café citoyen aux Raguenets

Ce samedi, nous étions dans le quartier des Raguenets pour échanger avec les habitants autour d’un café citoyen. On vous raconte..

Café citoyen  par Stéphane Bauer, élu municipal du groupe  » Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Nous ne sommes pas venus faire des selfies devant Franprix (comme certains..), au milieu du centre commercial des Raguenets samedi 16 mars…

Mais échanger avec les habitant-e-s, avec une question simple :

Comment ça va ? Quelles suggestions et propositions aimeriez-vous faire pour les Raguenets ?

Tour d’horizon en 3 heures 

– Rue d’Orgeval, Square de la Terre aux Clercs et place des Jolivats, l’enterrement des lignes électriques et la réfection de la voirie annoncés pour octobre et votés en Conseil municipal ont pris du retard. Les travaux prévus ne sont pas commencés. Pourquoi ? Personne ne sait… on ne nous l’a pas dit.. nous confie un riverain.

– Certes la rue de Verdun a été refaite. On l’attendait depuis longtemps. Mais « le quartier est calme. Trop calme. Encore plus le samedi après-midi ». Il n’y a plus d’enfants qui jouent dehors depuis les évènements de juin. Que font-ils ? Ils restent chez eux. « Mais méfions-nous de l’eau qui dort… rien n’a changé depuis avant les évènements… ».

Quant à la lettre du maire, datée de début juillet 2023, et qui faisait appel à dénoncer les responsables de l’incendie de Camille Claudel, elle a fait un « sale effet » ; « On nous a pris pour des étrangers à la ville ». Vécue comme une absence de respect.

-Que font les jeunes aux Raguenets le samedi après-midi ? « On va à Sannois faire du foot », nous disent quelques ados qui passent vers 17h.. « parce que le city stade…. » avec une moue significative. Visiblement la destruction du seul espace sportif libre du quartier par la ville en 2020 n’est pas oubliée.    

Transports 

– Au regard de l’absence de transports en commun en marche le week-end, les habitants restent aussi chez eux. La question du dysfonctionnement des transports en commun est récurrente :

Qu’il s’agisse de la ligne de bus 138 qui conduit jusqu’à Levallois. Il y a un bus à 10h30. Puis un autre à 16h30. Entre les deux ? Rien.

La ligne 16 aussi dysfonctionne. Depuis la gare RER de St-Gratien, elle passe devant le lycée Monod… enfin généralement avec toujours 15 min de retard avec l’horaire indiqué.

Le besoin de pistes cyclables et de mobiliers urbains pour les transports alternatifs à la voiture nous est rapporté. Très utile quand on estime ne pas avoir besoin de sortir sa voiture, lorsqu’on vient par exemple de Montmorency rendre visite à l’un de ses parents résidant aux Raguenets.

– La passerelle : les habitants déplorent sa neutralisation depuis fin 2023, et découvrent qu’elle va être démontée le 13 avril.

Hélas, ceci n’est pas le projet pour la passerelle de la gare, mais juste un exemple de ce qui peut être réalisé…

En attendant des travaux qui débuteront et dureront au moins un an, selon les dires de l’élu qui a présidé la dernière commission travaux, pointe le besoin de franchir la voie ferrée, par un autre moyen que passer par la rue d’Argenteuil, sous le pont de la gare. Et arrive aussi la question des poussettes, caddies et vélos, impossibles à utiliser sur la passerelle … Et si on réfléchissait à un autre mode de franchissement de la voie ferrée ? En s’inspirant de ce qui a pu être fait ailleurs ? Et quid également du fonctionnement des ascenseurs de la gare ?

Santé 

La maison de santé était fermée cette après-midi. La plaque annonçant les noms des médecins pratiquant dans le centre a même été enlevée…

L’absence de médecin pèse sur les habitants, qui vont chercher des praticiens jusque dans Épinay… ou un psychologue à Paris 17ième

Écoles/crèche 

Le faible nombre de places en crèche en ville, est évalué par les habitants à moins de une pour 10 enfants en bas âge.

La réduction des horaires d’ouverture de la bibliothèque de Motordu, après le congé maladie d’une des rares salariées par la ville officiant ici et non remplacée. La lecture repassera, elle aussi…

Fuites d’eau à l’école Jean Sarrailh… un problème qui est déjà remonté, et qu’on espère, est arrivé à l’oreille du maire, lui qui a également fréquenté l’école primaire Jean Sarrailh entre 6 et 10 ans… « mais c’était il y a longtemps, s’en souvient-il ? » 

Salaires, retraite, pouvoir d’achat 

On a aussi parlé de pouvoir d‘achat. Après 35 années d’ancienneté chez Auchan, levée à 4h du lundi au samedi, pour un salaire net perçu pour un temps complet de 1300€  (avec prise en compte de l’ancienneté) et une participation annuelle qui s’élève à … 17€ …

Et de retraites, concernant une future retraitée qui a appris que son entreprise – pourtant un grand groupe d’origine allemande – avait perdu la trace de près de six années de ses cotisations sociales, bien qu’elle n’ait travaillé quasiment que pour cette entreprise depuis … 1991…

Avec comme conclusion, que les plus jeunes ne seront pas ainsi attirés par ces professions ni ces entreprises… Mais faute de plus jeunes, que deviendront ces activités en France ?

Débuté à 15h, notre café citoyen s’est terminé à 18h. Pendant 3 heures nous avons pu observer le faible nombre de magasins ouverts dans le centre commercial et également la grande mare d’eau au niveau de la rampe d’accès à gauche du Franprix qui oblige les habitants à passer sous la rambarde pour éviter de se mouiller les pieds… Une illustration concrète que la politique de la ville aux Raguenets fuit. Depuis longtemps. Vue la taille de la mare au pied de la tour…

Que faire.. ? Par où re-commencer ? Points que nous ré-évoquerons mercredi prochain (20 mars à 20h, ndlr) dans le préau de l’école Jean Sarrailh, lieu qui accueillera la prochaine réunion de quartier.                     

 

 

Conseil de mars

Prochain Conseil municipal à Saint Gratien le jeudi 21 mars 2024.

Ne le ratez pas, les séances deviennent rares ! Et aucune retransmission en ligne n’est faite dans notre commune. Il vous faudra attendre 3 mois pour lire le procès-verbal officiel des échanges (officiel, mais souvent partiel..) Ou plutôt lire ici-même le compte-rendu que nous en ferons beaucoup plus rapidement !

L’Île-de-France de demain

Le projet de Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF-E) doit organiser le développement de la région jusqu’en 2040. C’est un document stratégique qui s’impose à tous les documents d’urbanisme. Il précise les moyens à mettre en œuvre pour corriger les disparités spatiales, sociales et économiques de la Région, coordonner l’offre de déplacement et préserver les zones rurales et naturelles afin d’assurer les conditions d’un développement durable de l’Île-de-France.

Voici l’avis sur ce document de Céline Malaisé, Présidente du groupe « Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne » au Conseil Régional d’Île-de-France.

« Ce SDRIF-E aurait dû être au rendez-vous de la réduction des inégalités sociales et territoriales et d’une accélération inédite de la lutte contre le réchauffement climatique et de l’adaptation de l’Ile-de-France au dérèglement climatique. Il n’en est rien ! La droite régionale, qui a tenu la plume de ce schéma, propose au contraire d’aggraver les inégalités en empêchant la construction d’un logement social sur cinq avec un dispositif « anti-ghetto » qui s’avère être d’abord une mesure anti-logement social, contraire à la loi. En faisant la grande couronne la grande oubliée de ce schéma, ce SDRIF-E ne répond en rien au manque de transports publics Face à la crise climatique, la promesse de zéro artificialisation nette (ZAN) des espaces naturels, agricoles ou forestiers est nulle car elle ne sera pas tenue. »

Nous avons déposé notre avis, issu de nos pratiques  et expérience d’élus locaux, en participant à l’enquête publique relative au projet de Schéma Directeur de la Région Ile-de-France Environnemental (SDRIF-E) organisée du 1er février au 16 mars 2024

C’est à lire ci-dessous.

Avis sur le projet de SDRIF-E soumis à l’enquête publique- Stéphane Bauer, Isabelle Volat, élu·es du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».  

1 – Développement du réseau de transport en commun et de transports alternatifs

Le schéma ne prévoit aucune nouvelle ligne ferroviaire (métro, tram, RER, Transilien) en grande couronne, dans un contexte d’urgence climatique qui oblige à réduire les transports individuels et à énergie fossile. En oubliant la grande couronne – cf. les projets non évoqués de réactivation de la tangentielle nord, ou le prolongement de la ligne de tramway qui arrive à Bezons vers Argenteuil- le SDRIF-E ne répond en rien au manque de transports publics que nous constatons quotidiennement, et notamment de banlieue à banlieue. Le Val d’Oise est le grand oublié par ce schéma car aucune liaison Est Ouest n’est prévue à l’exception de la ligne 19 du métro, entre Argenteuil et le Triangle de Gonesse (dont le principe est à ce stade rejeté par l’État). Rien pour le cœur du Val d’Oise, enfermant durablement ce territoire dans la dépendance à l’automobile.

Nous pensons au contraire que notamment le tramway est un transport d’avenir et doit être développé dans nos territoires.

Nous sommes favorables au principe de création d’un réseau de voies réservées au covoiturage et aux transports publics sur autoroute. Nous sommes favorables à une écotaxe sur les poids lourds.

Nous demandons l’arrêt de la privatisation du réseau de transport francilien qui concerne dès 2025 le réseau de bus et dès 2029 le réseau de tramways.

La gratuité des transports publics doit être mis en débat en Île-de-France, comme l’ont d’abord fait quelques villes de province (Aubagne, Dunkerque), avant de l’expérimenter dans les zones à très fortes concentrations automobiles.

2 – Adaptation de l’Ile-de-France au dérèglement climatique

  A -Transports alternatifs

Les aides à la création ou au renforcement de continuités cyclables (et au-delà des pistes, nous insistons sur le mobilier urbain tel que des stations autonomes de réparation de vélos ou tout du moins de gonflage de pneus, et piétonnes, y compris des bancs et toilettes publiques) doivent être renforcées. Les modes de circulation dits « doux ou actifs » doivent prendre une place beaucoup plus importante dans nos villes, pour des raisons de lutte contre la pollution atmosphérique et sonore et l’engorgement automobile, a fortiori devant les écoles. Ces modes de déplacement sont aussi bénéfiques pour la santé, le lien social et le commerce de proximité (comme l’ont montré les études faites également à l’étranger, comme à Londres).

B – Renaturation                                                                                                                                                 En zone urbaine, les documents d’urbanisme doivent permettre de préserver et de restaurer des espaces de pleine terre, c’est-à-dire des espaces libres ne comportant pas de construction et permettant l’infiltration des eaux pluviales. Les cours d’école sont de véritables ilots de chaleur, et doivent à notre sens faire l’objet de re végétalisation et renaturation, bénéfiques aussi pour un meilleur climat scolaire. Ces surfaces bétonnées génèrent de l’imperméabilisation des sols et des îlots de chaleur. En effet, l’asphalte empêche l’écoulement des eaux et stocke la chaleur. Afin de limiter ces phénomènes, la végétalisation et la désimperméabilisation des surfaces doivent être encouragées, comme l’installation de points d’eau facilement accessibles.

De même, il est impératif de désimperméabiliser les parkings de surface, consommateurs d’espace*, et les couvrir lorsque cela est possible car les couvertures de parking peuvent contribuer à la production d’énergie par l’intermédiaire du photovoltaïque**.

* et ** Rappelons que :

La loi zéro artificialisation nette (ZAN) de 2023 réduit l’emprise au sol des parkings et leur éventuelle extension. Quid de la politique de la région IdF ?

La loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 a créé des zones à faibles émission (ZFE), qui devraient, à terme, limiter la circulation des véhicules polluants et compliquer leur accès à ces zones. Quid de la politique de la région IdF ?

– La loi Climat et Résilience sur le développement des énergies renouvelables de 2021 et la loi accélération de la production d’énergies renouvelables (APER) de 2023 obligent les gestionnaires de nouveaux parkings en surface à installer des ombrières végétalisées ou recouvertes de panneaux photovoltaïques.

C – Énergies renouvelables                                                                                       Nous sommes pour favoriser toutes les énergies renouvelables en Île-de-France dont l’implantation d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques.

Pour encourager la production, le transport et la transformation d’énergies en provenance de sources renouvelables, les orientations réglementaires doivent être revues pour permettre une plus grande liberté d’installations pour les sites de production d’énergies renouvelables sans altérer les milieux naturels.

Par contre un moratoire est nécessaire sur l’installation de méthaniseurs, dont les effets néfastes pour l’environnement sont connus.

L’extension et la création de nouveaux réseaux de chaleur (y compris chauffage par l’utilisation de la chaleur dégagée par les eaux usées, comme cela s’est fait au début des années 2010 à l’éco-quartier de Nanterre), doivent être une priorité en zone urbaine. Les documents d’urbanisme doivent réserver l’espace nécessaire pour des plateformes de forage permettant d’exploiter la géothermie profonde ou pour des chaufferies biomasse.

D – Projets routiers

Dans le Val d’Oise, le schéma prévoit le prolongement du BIP. Ce projet autoroutier ne correspond plus aux exigences de la réduction des gaz à effet de serre. L’urbanisation dense de la région ne permet plus la construction de cette nouvelle autoroute urbaine qui engendrerait des nuisances importantes pour les populations riveraines en termes de bruit et de pollution (a fortiori devant les écoles qui jouxteront ce projet de BIP) et la destruction d’espaces naturels.

Le prolongement du BIP entre Soisy-sous-Montmorency et Bonneuil-en-France n’aura pour résultat, comme toute nouvelle voie routière, que d’augmenter la circulation automobile et notamment des camions. Il va à l’encontre des objectifs de réduction des GES. Nous sommes opposés à ce projet.

E – Consommation de terres agricoles

Le projet de SDRIF poursuit une logique de consommation des terres agricoles en autorisant de nouveaux grands projets d’aménagement, sur le triangle de Gonesse* notamment.

Le projet de SDRIF-E prévoit la possibilité d’urbaniser jusqu’à 75 hectares de terres agricoles situées dans le sud du triangle de Gonesse (95). Ce projet d’urbanisation suscite, depuis plus d’une décennie, une très vive opposition des élu.es et des populations locales mais aussi d’associations de défense de l’environnement.

Cette opposition et les arguments légitimes avancés doivent être entendus. Maintenir cette possibilité d’urbanisation sur 75 hectares de terres agricoles contrevient aux objectifs affichés du SDRIF-E et concourt à détruire des terres productives situées aux portes de Paris.

La création de la gare du Triangle de Gonesse de la ligne 17 du métro permet ce début d’urbanisation et justifiera ultérieurement de nouvelles vagues d’urbanisation  sur des terres agricoles. Nous sommes contre la création de la gare du Triangle de Gonesse, située en plein champ et éloignée des habitations. Nous voulons préserver l’intégralité du triangle de Gonesse, terres fertiles qui pourraient alimenter par leurs productions agricoles nos cantines scolaires et les cuisines de nos maisons de retraite et favoriser l’avancée vers l’indépendance alimentaire de la Région. Le projet porté par CARMA** (Coopération pour une Ambition agricole, Rurale et Métropolitaine d’Avenir) doit au contraire être débattu en Île-de-France et concrétisé si la consultation va en ce sens.

* et ** : A 10 kilomètres de la porte de la Villette, 300 hectares d’excellentes terres agricoles, les plus proches de Paris, risquent d’être urbanisées. Pour des raisons essentielles – climatiques, alimentaires, d’emploi et de qualité de vie – CARMA veut maintenir l’agriculture sur ces terres et progressivement recréer une ceinture alimentaire et horticole autour de Paris.

Le projet CARMA soutient le désir des habitants de se nourrir sainement et de manière écologique. Il souhaite faire évoluer les pratiques agricoles sur le territoire du Pays de France dans ce sens :

https://carmapaysdefrance.com/carma/domaines-dactions/agro-ecologie/

L’équipe CARMA est composée de bénévoles de différentes disciplines (urbanistes, agronomes, paysagistes, architectes, sociologues, etc.), d’habitant.es du pays de France et de l’ensemble de la région.

3- Construction de logements sociaux

Le SDRIF prévoit une « norme anti-ghetto » visant à interdire la construction de logements sociaux PLAI dans les communes comptant plus de 30% de logements sociaux PLAI/PLUS. Cette mesure, si elle était appliquée, entrainerait une réduction de la production de logements sociaux de l’ordre de 21% par rapport à la production de la période 2018-2022. Il s’agirait donc d’une mesure dramatique dans le contexte de pénurie de logement historique que connait l’Ile-de-France. Plus de 780 000 demandes de logement sont en attente dans les 8 Préfectures d’Île-de-France. 50 % des personnes sans domicile fixe de France, soit 150 000 personnes, vivent en Ile-de-France. De plus, rien n’est prévu pour les 50 communes hors la loi SRU qui ne respectent pas l’obligation de disposer de 25 % de logements sociaux. Nous sommes opposés à cette mesure de restriction de la construction de logement social et au contraire favorables à la construction de logements sociaux dans tout nouveau programme immobilier, seule mesure susceptible de favoriser la mixité sociale indispensable à nos villes. Nous sommes également favorables aux mesures d’encadrement des loyers à l’échelle de la Région, et à la réquisition des logements vacants.

Par ailleurs, les promoteurs du type GPA ne doivent pas pouvoir agir sans bride au cou en Île-de-France. Les pouvoirs publics doivent cogérer les cas d’expropriation et en amont tout faire que les rénovations urbaines en Île-de-France se fassent en intégrant les doléances des habitants. Concertation et consultations doivent prédominer.

4- Intervention citoyenne

Les citoyens restent très éloignés des consultations du type du SDRIF, qui pourtant ont d’importantes répercussions sur leur vie quotidienne. Il faut favoriser la participation et l’intervention citoyenne dans les consultations du type du SDRIF, pour associer véritablement les habitantes et habitants de la Région à l’élaboration du SDRIF-E : réunions publiques, publications des différentes contributions, appels à idées et contributions, référendums locaux…

Régie municipale

Décidément, il ne se passe pas une semaine sans que la presse, locale ou nationale, ne se fasse l’écho des pratiques pour le moins douteuses de la société « Mandon Somarep », visée par une enquête judiciaire pour soupçons de corruption. 

On s’y intéresse puisque c’est à ce concessionnaire que la ville a confié la gestion de notre marché municipal.  

Après plusieurs articles dans « Le Parisien », c’est à nouveau « Le Canard enchaîné » (c’est à lire ci-dessous et très édifiant) qui nous raconte les embrouilles subies par la ville de Sevran, qui a repris la gestion de son marché en régie après s’être débarrassé de Mandon… La commune était si mécontente que le Conseil municipal de Sevran n’approuvait plus les derniers rapports d’activité présentés par Mandon ! Un audace que jamais nous n’avons connue à Saint Gratien…

Une régie municipale, quelle bonne idée !

Nous le suggérons à la commune de Saint Gratien depuis de nombreux mois, tant il est connu que la gestion par Mandon est opaque et pose quantité de problèmes : facturations aux commerçants d’eau et d’électricité sans justificatifs, engagements non tenus comme la venue de nouveaux commerçants, les animations non réalisées pourtant elles aussi facturées, des travaux ineptes, ou le délabrement du local poubelles… Le marché dépérit lentement sous cette gestion erratique et peut-être suspecte.

Le maire lui-même a dû nous avouer en Conseil municipal que la concession à Mandon posait de tels problèmes que la ville avait dorénavant recours aux services d’un avocat. Il aura fallu longtemps pour que les plaintes des commerçants qui dénonçaient la façon dont ils étaient traités aboutissent enfin à une prise de conscience de la municipalité…. elle qui se contentait jusqu’ici d’encaisser environ 45 000€ annuels sans d’ailleurs rien en dépenser pour le marché.

Que faire à Saint Gratien, quand on sait que le problème principal réside dans le contrat qui nous lie à Mandon pour une durée de… 13 ans, jusqu’en 2030 !

Est-ce une gestion de « bon père de famille », comme nous la vante l’adjoint aux finances, que de passer des concessions si longues avec des délégataires si hasardeux ? Vraiment ?    

Missak et Mélinée à Saint Gratien

Très belle soirée ce 8 mars au bar « Le Catinat » de Saint Gratien ! Faute de salle municipale, c’est là que nous avons reçu Gérard Streiff pour un débat autour de son livre « Missak et Mélinée Manouchian, un couple en résistance ».

La Panthéonisation de Missak Manouchian, premier étranger et premier communiste à être ainsi honoré, a remis sur le devant de la scène la période de la résistance face aux nazis, et l’histoire si particulière du groupe de résistants étrangers de « l’affiche rouge ». 

Excellent connaisseur de son sujet, Gérard Streiff, auteur et journaliste, a su nous faire partager sa passionnante recherche sur ce couple exceptionnel, comme l’étaient aussi leurs compagnons de « l’affiche rouge ». Belle surprise pour nous, il y avait dans la salle, non seulement des Gratiennois·es, mais des gens venus de villes voisines, des Arméniens, des Libanais, et très émouvant, un Gratiennois d’origine arménienne qui a connu Mélinée Manouchian !

Le parcours personnel de Missak et Mélinée, orphelins du génocide arménien devenus « Français de préférence », leur engagement au PCF puis dans la Résistance, l’organisation et les actions des FTP-MOI, leur traque par la police française, le rôle essentiel des femmes dans les actions de guérilla urbaine, la propagande immonde de l’affiche rouge, le courage héroïque de ces résistants face à la torture et à l’exécution… les deux heures et demi d’échanges ont été passionnants, à la hauteur de l‘histoire du groupe Manouchian.

Une page de notre histoire, qui 80 ans après, pose la question bien actuelle de la place des étrangers dans la construction de la France, et celle, fondamentale également, de notre engagement d’aujourd’hui.

Merci, Gérard Streiff, pour ce bel hommage à ces « étrangers et nos frères pourtant » ! 

 

Stoppons le génocide

A Gaza, après 5 mois de guerre, la tragédie humaine et le massacre de masse du fait de l’intervention militaire israélienne s’aggravent de jour en jour.

Les civils palestiniens meurent par milliers. La situation humanitaire est gravissime pour les Palestiniens en proie au manque d’eau, de nourriture dans des lieux surpeuplés. Le système de santé est détruit. Famine, maladies et épidémies menacent désormais près de deux millions de Gazaouis.

L’heure est à amplifier la mobilisation et à empêcher une offensive terrestre sur Rafah qui est toujours à cette heure une cible pour Benjamin Netanyahou et son gouvernement suprémaciste d’extrême droite. Ces dirigeants israéliens devront répondre de leurs crimes devant la justice internationale. De même, les responsables de l’organisation islamiste du Hamas devront répondre de leurs actes terroristes du 7 octobre.

La France doit proposer la tenue d’une conférence internationale de paix, afin de fixer les conditions d’un arrêt durable de cette guerre effroyable au moyen d’une solution à deux États sur la base des résolutions des Nations unies.

Le PCF appelle à participer aux initiatives avec l’ensemble des forces progressistes qui se battent pour la paix et la justice, et notamment à la manifestation parisienne qui partira de République à 14 heures, ce samedi 9 mars 2024.

Le PCF demande que la France

-Reconnaisse l’État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël.

-Agisse avec d’autres États pour contraindre le gouvernement israélien à un cessez-le-feu immédiat et permanent et à se conformer à la décision de la Cour internationale de justice.

-Rétablisse d’urgence sa contribution financière à l’UNRWA.

-Exige que l’UE suspende son accord d’association avec l’État d’Israël tant que les dirigeants israéliens ne se conforment pas au droit international.

-Suspende toute coopération militaire avec l’État d’Israël.

-Exige la libération des otages détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.

-Exige la libération des prisonniers politiques palestiniens, au premier rang desquels figure Marwan Barghouti, présenté par de nombreux ressortissants et humanitaires palestiniens comme l’un des recours possibles à la paix.

-Agisse pour la levée du blocus de Gaza et l’arrêt de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

À lire ci-dessous l’entretien que Fabien Roussel a accordé cette semaine au journal L’Humanité à son retour du Proche-Orient.

Guerre à Gaza : « La France doit reconnaître l’État de Palestine », alerte Fabien Roussel

Au Proche-Orient, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a rencontré Mohammed Chtayyeh, le premier ministre palestinien, et s’est rendu dans des camps de réfugiés. Lors de ce déplacement, il s’est également entretenu avec des familles israéliennes qui manifestent devant la Knesset pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages.

Pour quelles raisons vous êtes-vous rendu en Israël et dans les territoires palestiniens ?

Ce qui se passe en Palestine, à Gaza notamment, mais aussi dans les territoires occupés, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, est d’une gravité sans nom. Peu de monde le mesure véritablement, hormis les Palestiniens. Les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre ont été un événement majeur qui va marquer ce XXIe siècle. Ce qui est en train de se passer à Gaza risque de le marquer de la même horreur et de la même barbarie.

À Gaza, 2 millions d’habitants sont enfermés. Ils subissent une grande famine. Toutes les personnes que nous avons rencontrés nous expliquent que jamais ils n’ont connu une situation humanitaire aussi grave. C’est sans précédent dans l’histoire contemporaine.
La politique de Benyamin Netanyahou et de son gouvernement suprémaciste d’extrême droite débouche sur des crimes terribles en Cisjordanie et à Gaza dont ils devront répondre devant la justice internationale. Les mots que nous avons entendus sont les mots de génocide, de nettoyage ethnique, d’apartheid. Des mots employés par des ONG, par des habitants, par des élus palestiniens. C’est donc d’une extrême gravité. Il est important de rapporter en France ce qui se passe ici. Il faut mettre fin à cette barbarie.

Vous avez rencontré des Israéliens endeuillés le 7 octobre et des Palestiniens de divers camps de réfugiés en Cisjordanie. Qu’en retenez-vous ?

Nous avons rencontré un père de famille qui a perdu son fils, Tom, de 52 ans, tué dans un kibboutz, le 8 octobre, au matin. Il est effondré. Il dénonce la responsabilité du gouvernement de Netanyahou dans la mort de son fils. J’ai fait aussi la connaissance d’un père de famille dans le camp de Jalazone. La Paix est l’exigence qui revient dans la bouche de ces deux hommes. Les députés communistes israéliens que nous avons rencontrés mènent le même combat au sein de la Knesset, dans des conditions extrêmement difficiles. Car ce gouvernement d’extrême droite réprime violemment tous ceux qui osent mettre en doute le principe même de cette guerre.

En Israël, 44 organisations ont comme mot d’ordre : « Arrêtez la guerre ». À l’instar de Standing Together (Debout ensemble), qui réunit des juifs et des Arabes et qui organise depuis des années des manifestations pour la paix, elles appellent au retour des otages, à la fin de l’occupation et à une solution politique à deux États. Je propose de reprendre cet appel en France.

En Cisjordanie, nous nous sommes entretenus avec des familles dans plusieurs camps de réfugiés. Nous avons vu Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan, l’un des plus anciens prisonniers politiques palestiniens. Nous avons également été reçus par le premier ministre palestinien, Mohammad Chtayyeh, le ministre des prisonniers, le maire de Bethléem. L’aggravation et la détérioration de la situation en Cisjordanie est particulièrement grave.

Elle est le fruit d’une stratégie politique du gouvernement israélien, qui consiste à pousser les Palestiniens de ce territoire à quitter leur pays. Il s’agit d’une politique de colonisation extrêmement violente : plus de 400 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, parfois par des colons. Je regrette que si peu de chefs d’État ne dénoncent ces crimes, des crimes contre l’humanité. La France a pris des sanctions contre 28 colons. Je demande au président de la République d’aller plus loin. Il faut sanctionner les associations de colons qui organisent des violentes expéditions punitives.

Avez-vous eu l’occasion de discuter de la question de l’UNRWA, l’organisme des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens dont l’existence est menacée ?

Bien avant le 7 octobre, le gouvernement israélien faisait tout pour discréditer le rôle de l’UNRWA. Désormais, son existence même est en jeu. Si, demain, cette agence disparaissait, tous les habitants des camps, en Cisjordanie comme à Gaza, mais aussi en Jordanie, au Liban et en Syrie, se retrouveraient dans le dénuement le plus complet. C’est elle qui garantit, entre autres, le fonctionnement des écoles et des hôpitaux. L’UNRWA a également subi de lourdes pertes à Gaza : 160 membres de son personnel ont été tués depuis le 7 octobre et 355 de ses infrastructures ont été bombardées. Il est indispensable que cette agence des Nations unies poursuive ses activités.

De son existence dépend la reconnaissance du statut de réfugié, et donc du droit au retour pour ces millions de réfugiés palestiniens, comme le stipule la résolution 194 de l’ONU. Quant à la bande de Gaza, ce n’est plus une prison à ciel ouvert, c’est un cimetière. L’armée et le gouvernement israéliens font tout pour, à terme, vider ce territoire de ses habitants. Face à la politique de Benyamin Netanyahou, qui ne montre aucun signe de fléchissement, la pression internationale doit être plus forte afin que l’aide humanitaire arrive. Il faut stopper cette guerre.

Que comptez-vous faire en ce sens ?

Tous ceux que j’ai rencontré m’ont demandé d’agir pour que cesse ce qu’ils appellent le génocide. Ils m’ont dit aussi que, s’ils avaient regretté la position de la France au début, ils observent un changement de ton ces dernières semaines. Ils souhaitent que la France parle beaucoup plus fortement et, surtout, agisse. Comme l’a souligné le premier ministre palestinien, Mohammad Chtayyeh, la France doit reconnaître l’État de Palestine. Le PCF appuie cette demande depuis des années. De nombreux pays de l’Union européenne seraient prêts à une telle décision. Le moment est venu. Je défendrai cette proposition auprès du président de la République.

Il faut créer un mouvement de pression politique sur le gouvernement de Netanyahou. La reconnaissance de l’État de Palestine y participe. Des sanctions contre les responsables des crimes commis actuellement à Gaza sont également nécessaires tout comme contre ceux qui empêchent la nourriture de rentrer. Cinq points de passage sont possibles vers l’enclave palestinienne. Quatre se situent sur le territoire israélien et un en Égypte. Seuls deux sont ouverts. Les Israéliens bloquent les trois autres points d’accès. Ce n’est pas tolérable, c’est pourquoi il faut élever le niveau des sanctions.

Il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures en matière de droits internationaux. L’Europe et la France ont pris des sanctions importantes contre les oligarques russes, contre ceux qui soutiennent la guerre de Poutine. Il faut faire de même contre les responsables des massacres de Palestiniens en Cisjordanie et ceux qui, à Gaza, organisent une des plus grandes famines de ce siècle.

Enfin, les acteurs économiques, qui entretiennent des relations étroites avec le gouvernement israélien, ne peuvent être exonérés de leurs responsabilités dans cette tragédie.
Il convient également de dénoncer le sort fait aux femmes : celui des Israéliennes, victimes des violences du Hamas le 7 octobre ; celui des Palestiniennes harcelées, battues dans les prisons israéliennes, parfois menacées de viols par l’armée.
Il faut aussi parler aux Israéliens, aux membres de la communauté juive qui ont peur de la paix. Car la guerre à perpétuité n’apportera jamais la sécurité. Au contraire, elle engendre du racisme, de la haine et de la pauvreté.

Toutes les familles israéliennes sont touchées par la guerre, par les attentats du 7 octobre ou par le sort des otages. De même, aucune famille palestinienne n’est épargnée par le drame de Gaza tout comme par l’occupation de la Palestine. Il faut de nouveau croire en la paix. C’est la seule garante de la sécurité et de la prospérité pour les deux peuples et la région.

 

Sans les femmes, tout s’arrête !

8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Ce n’est ni la fête de la femme, ni la fête des mères, ni la Saint-Valentin. 

Il est donc inutile de faire un cadeau. (Mais il est utile de le rappeler au maire de Saint Gratien qui est en resté à cette vision erronée.)

Le 8 mars est une journée pour revendiquer et gagner l’égalité réelle au travail et dans la vie, et aussi une journée de solidarité avec les femmes du monde entier, une journée de lutte contre les idées d’extrême droite sexistes et patriarcales. 

En France, le chemin vers l’égalité entre les femmes et les hommes est encore long. La victoire historique obtenue par la constitutionnalisation du droit à l’IVG, dont on se félicite toutes*, même si elle reste symbolique et limitée à une « liberté garantie », ne doit pas nous faire perdre de vue que nous devons continuer à mener les luttes pour l’égalité.

Les femmes subissent des inégalités de carrière et de revenus. Temps partiels imposés, discriminations, salaires inférieurs à compétence égale, dévalorisation des métiers à prédominance féminine. Les salaires des femmes sont d’un quart inférieurs à ceux des hommes, 58 % des smicards sont des femmes et bien que toujours plus diplômées, elles ne comptent que pour 39 % des cadres.

De plus, on n’oublie pas l’impact souvent négatif de la maternité sur le déroulement de leur carrière avec des temps partiels et les congés parentaux essentiellement pris par les mères. On connaît aussi le poids de la double journée et la charge mentale qui leur sont souvent réservés…

Trop de femmes sont également contraintes de rester à la maison par manque d’un service public de la petite enfance.

Les tâches domestiques et familiales leur incombent toujours en grande majorité.

Les violences sexistes et sexuelles persistent dans tous les milieux, sportif, professionnel, cinématographique… 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sur leur lieu de travail et 70 % d’entre elles n’en ont pas parlé à leur employeur. Le harcèlement de rue reste un phénomène courant. Les moyens alloués par le gouvernement pour lutter contre ces violences sont notoirement insuffisants.

La prise en compte de la santé menstruelle des femmes est impérative et doit se traduire par l’instauration d’un congé spécifique sans jour de carence et sans justificatif médical.

Le propos d’Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique », qui révèle une misogynie profondément rétrograde, a fait bondir plus d’une femme…

En politique, si quelques progrès ont été faits avec la parité des candidatures, seulement 20% des maires, moins d’un tiers des présidents de région, 20% des présidents de conseils départementaux, 37% des députés et 36% des sénateurs sont des femmes…

Le 8 mars est aussi l’occasion d’exprimer la solidarité internationale avec toutes les femmes et les peuples qui luttent dans les conflits armés, qui sont toujours plus dévastateurs pour les femmes et les filles, avec toutes celles et ceux qui luttent contre les régimes autoritaires et fanatiques qui bafouent les droits les plus fondamentaux des femmes.

Ce 8 mars 2024 est novateur : la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, appellent à se mobiliser et à faire grève ce 8 mars. C’est la première fois !

Peut-être le prolongement de la forte mobilisation unitaire contre la réforme des retraites et aussi très certainement l’effet de la présence de deux femmes à la tête des deux premiers syndicats : Marylise Léon pour la CFDT et Sophie Binet pour la CGT !

L’idée portée par la CGT est de débrayer à 15 h 40, heure à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement, pour réaffirmer le principe « un salaire égal pour un travail de valeur égale ».

Un investissement massif dans les services publics pour garantir un droit d’accueil aux enfants et pour répondre aux problèmes liés à la perte d’autonomie est revendiqué. Il est ainsi rappelé qu’il manque plus d’un million d’emplois dans les métiers du soin et du lien aux autres, et au moins 200 000 places d’accueil dans la petite enfance.

Plus généralement, cet appel à la grève féministe, ce 8 mars 2024, est là pour démontrer le rôle fondamental des femmes et rappeler que « quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête ».

Sans les femmes, tout s’arrête, car non seulement elles sont indispensables dans bon nombre de professions, notamment du soin et du lien aux autres, mais qui plus est, elles continuent à assumer la grande majorité des tâches domestiques et familiales. Il faut donc repenser la manière dont travail domestique et travail salarié s’agencent, en impliquant l’ensemble du monde du travail car ces combats sont ceux de tous et toutes les salarié·e·s.

Soulignons enfin que la transmission de la valeur d’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, se fait dès l’école primaire. Là aussi, beaucoup reste à faire..

Bon 8 mars à tous et toutes !

* Toutes sauf la sénatrice du Val d’Oise, J. Eustache-Brinio, jamais en retard d’un combat d’arrière-garde, qui a voté contre cette inscription dans la Constitution…

Gaza, cimetière pour les vivants

L’histoire nous jugera, chronique de Philippe Rio parue dans l’Humanité du 7 mars 2024.

Avec Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory, et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, nous étions en délégation en Palestine et en Israël du 3 au 6 mars. Le monde ne mesure pas encore ce qui s’y passe. Depuis les attaques terroristes du 7 octobre, l’État israélien est entré dans une vengeance funeste et une spirale destructrice pour les Palestiniens mais aussi pour l’avenir de son propre peuple. Gaza est devenu un cimetière pour les vivants. La famine s’installe, 16 enfants en sont morts, s’ajoutant aux 5 350 mineurs déjà décédés et aux 2,5 millions de personnes qui courent un risque fatal. Selon le droit international, le risque génocidaire est engagé.

En Cisjordanie, la politique d’effacement du peuple palestinien s’est intensifiée. La population carcérale a doublé, les incursions y sont quotidiennes et ont fait plus de 400 victimes. Certains camps de réfugiés sont devenus, par une oppression décuplée, des camps d’enfermement. Le peuple israélien est plongé dans un déni hallucinant par un gouvernement mêlant hypernationalisme et extrémisme religieux, le pire depuis 1948.

L’État entraîne son peuple dans une mécanique de mort et de haine avec des conséquences qui marqueront le siècle. L’exigence de libération des otages, qui devrait être une priorité du gouvernement, est à contre-courant de l’idée de guerre totale et définitive de Benyamin Netanyahou et de ses soutiens extrémistes. Et un cessez-le-feu reste le meilleur moyen de préserver la vie des otages.

En Israël, en plus des mobilisations des familles d’otages, les résistances sont passées sous silence par les médias français. Tout autant que des actes de solidarité concrets envers les Palestiniens. Des deux côtés, des familles de victimes appellent à la paix, dénuées de toute haine.

Notre diplomatie comme les acteurs progressistes israéliens et palestiniens nous encouragent à renforcer les échanges. Les coopérations de nos collectivités sont le fil qui rattache les Palestiniens à l’humanité, comme l’est le dialogue avec les progressistes en Israël.

Renforcer le financement de l’UNWRA par l’entremise de nos collectivités est une priorité ! L’agence est le squelette où s’accroche toute la structure de l’aide humanitaire et les seuls yeux du monde sur ce qui se passe à Gaza. Sa disparition sonnerait celle des Gazaouis. L’ONU décrit cette crise comme la pire de son histoire.

Seule la paix et la reconnaissance de deux États légitimes peuvent assurer la sécurité de tous à long terme. Seule la paix peut garantir un avenir hors du fanatisme pour les générations à venir des deux peuples. Il y a urgence à constituer un arc français et un bloc européen avec les nations à l’avant-poste du droit international. Pour la France, c’est une exigence politique, une première étape pour déconstruire la guerre. La grande histoire de l’humanité nous jugera et il reste peu de temps pour agir.

Les illustrations et les gras sont du blog. Œuvres d’artistes parues dans l’Humanité lors de la guerre de Gaza en 2014

Une liberté garantie

Ce lundi 4 mars 2024, la « liberté garantie » aux femmes d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse sera inscrite dans la Constitution française et deviendra ainsi une liberté fondamentale.

Une journée historique sans nul doute !  La France est le premier État au monde à inscrire l’avortement dans sa Constitution, et à ainsi réaffirmer haut et fort que les femmes doivent pouvoir disposer de leur corps.

Les parlementaires sont convoqués pour se prononcer sur l’article suivant : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. »

Cette réforme est soutenue par 86 % des Français, ce qui montre une évolution spectaculaire des mentalités depuis cinquante ans. Sauf peut-être celle de Gérard Larcher, président du Sénat qui menait il y a peu un combat d’arrière-garde..

Mobilisation des associations féministes, du Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception, manifeste des 343 qui prirent le risque de dire qu’elles avaient avorté illégalement, du Mouvement de libération des femmes … le combat a été rude et long avant d’aboutir enfin à cette avancée majeure.

Un droit qui est loin d’être répandu : 47 000 femmes meurent chaque année dans le monde au cours d’avortements clandestins. Le droit à l’avortement est menacé, restreint ou interdit dans de nombreux pays, notamment par l’extrême-droite, comme aux États-Unis, en Hongrie, Argentine, Pologne, ou Italie…

Le fait de rendre ce droit constitutionnel n’est donc pas anodin, même si on aurait préféré une formulation plus radicale qui reconnaisse totalement le « droit » à l’interruption volontaire de grossesse. Ce droit doit sans cesse être défendu contre des forces réactionnaires, même en France, comme nous le prouve la récente « erreur » d’une certaine chaîne de télé intégrant le recours à l’IVG dans les causes de mortalité…

Un brin d’histoire… Les sénatrices et sénateurs communistes ont porté cette proposition de constitutionnalisation dès 2017, notamment par la voix de l’ancienne sénatrice communiste Laurence Cohen. Un combat auquel se sont joints les socialistes, les écologistes et les insoumis, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI réussissant ensuite à faire voter un texte à l’Assemblée nationale en 2022.

L’histoire ne se termine pas le 4 mars. Le droit à l’avortement doit désormais être inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, comme le réclament les associations. 

N’oublions pas surtout que l’effectivité du droit à l’avortement recule dans notre pays. Le droit à l’avortement ne peut être considéré comme un acquis. La « liberté garantie » nécessite des moyens pour l’être vraiment !

Or, près de 130 centres d’IVG ont été fermés en quinze ans. Le droit à l’IVG est encore entravé par une inégalité d’accès aux services publics sur l’ensemble du territoire. Un quart des femmes doit changer de département pour avoir recours à l’avortement, en raison de la difficulté d’accès aux services publics. Le Collège national des gynécologues obstétriciens parle de l’IVG comme « le parent pauvre dans les services ».

Ci-dessous les propositions du PCF pour un réel droit à l’interruption volontaire de grossesse

-L’accès libre et gratuit à la contraception, sous toutes ses formes et sur tout le territoire, doit être garanti. La France doit s’aligner avec les pays européens les plus progressistes, en vertu de la « clause de l’Européenne la plus favorisée ».

-L’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution et dans la Charte européenne des droits fondamentaux pour que ce droit des femmes soit respecté et garanti partout en Europe.

-La parution des décrets d’application de la loi Gaillot de février 2022 permettant aux sages-femmes de pratiquer des IVG instrumentales.

-L’augmentation des budgets consacrés à la santé et l’accès aux soins pour toutes sur tous les territoires avec la réouverture des centres fermés, des maternités et des hôpitaux de proximité.

-Une politique publique de production des médicaments, comprenant les produits nécessaires à l’IVG.

Hommages au groupe Manouchian

Retour en images sur les différents moments de l’hommage à Missak Manouchian et aux combattants de son groupe.

À Paris sur le parcours lors de la Panthéonisation, dans la crypte le lendemain pour visiter l’exposition qui leur est consacrée, ou encore à la commémoration à Arnouville dans le Val d’Oise.

Missak à l’honneur sur la façade du siège du PCF, place du Colonel Fabien

Rue Plaisance, dernière planque de Missak Manouchian, lors de l’hommage rendu par le PCF et la CGT le 21 février avant la Panthéonisation.

Sur le chemin du Panthéon le 21 février…

Dans la crypte du Panthéon, le caveau n° XIII avec la plaque qui reprend les noms des camarades de Missak

Au Panthéon, l’expo visible jusqu’au 8 septembre 2024

À Arnouville lors de la commémoration devant la stèle Manouchian, puis à l’exposition

Et enfin à Saint Gratien…