La haine

La mort rend-elle soudain respectable ? Certes non. Qu’il soit vif ou mort, il n’y a aucun respect à avoir pour celui qui aura remis en selle l’extrême-droite dans notre pays.

Ni « polémiste », ni « figure de la vie politique », Le Pen père était un provocateur haineux, un tortionnaire, raciste, antisémite, islamophobe, négationniste, homophobe, sexiste, condamné par la justice à de multiples reprises pour des saillies abjectes.

Le porteur de haine est mort, notre combat contre l’immonde continue.

Pour 2025…

« Il n’y a aucune cause perdue, excepté celles qu’on abandonne en chemin. » Madeleine Riffaud (23 août 1924 – 6 novembre 2024)

Malgré tous les malheurs du monde, continuons en 2025 de ne rien abandonner !  

Très bonne année 2025 à toutes et tous !

Avec tout d’abord ce souhait majeur : une paix juste et durable dans toutes les régions du monde, pour tous les peuples !

En ce tout début 2025, un petit retour en images sur l’année passée, avec quelques images du blog sur des événements locaux ou nationaux…

Le massacre génocidaire en Palestine horrifie toujours plus le monde au fil des mois ; le 21 février, Mélinée et Missak Manouchian entrent au Panthéon, c’est la reconnaissance de la place des étrangers dans la Résistance, et de celle des communistes ; en avril, la passerelle de la gare est démontée, un exploit technique mais une coupure géographique qui s’accroit ; le 8 mai, une commémoration pour la paix, avec une pensée pour jacques Prévert ; la gauche rassemblée au sein du Nouveau Front Populaire arrive en tête des élections législatives de juillet ; Gabrielle Cathala est élue dans notre circonscription, coup de semonce pour les uns, espoir pour les autres ; en septembre, la fête de l’Huma accueille  Hala Abou-Hassira, ambassadrice de Palestine en France ; en novembre, Madeleine Riffaud nous quitte après 100 ans d’engagement ; la mairie, siège des conseils municipaux où nous portons de nombreuses propositions pour une ville plus solidaire, plus écologique et plus citoyenne ; place de la gare, de nombreux vélos s’entassent, signe d’une évolution dans les mobilités urbaines

Madeleine

Madeleine Riffaud, résistante, journaliste à l’Humanité, vient de nous quitter à l’âge de 100 ans.

Une vie extraordinaire, hors du commun  pour celle qui disait  « Il n’y a aucune cause perdue, excepté celles qu’on abandonne en chemin. » Elle n’a rien abandonné, de la résistance contre le nazisme sous le pseudonyme allemand de « Rainer », référence au poète Rainer Maria Rilke, à l’engagement contre les guerres colonialistes d’Indochine puis du Vietnam et d’Algérie.

Poète, elle fut amie d’Eluard, de Vercors, de Picasso et d’Hô Chi Minh… Dans les années 70, son livre « les linges de la nuit » remporta un immense succès : elle y racontait son immersion dans le monde déjà si malmené de l’hôpital, après y avoir travaillé incognito sous pseudonyme.

Sa vie a fait l’objet d’une bande dessinée, « Madeleine, résistante. » L’hommage ci-dessous de son auteur, Jean-David Morvan.     
 
« Je pense que je ne rencontrerai plus jamais quelqu’un comme ça », réagit, jeudi 7 novembre, sur franceinfo, Jean-David Morvan, scénariste et auteur de BD, co-auteur avec Dominique Bertail de Madeleine, résistante.

Jean-David Morvan perd celle qu’il considérait comme l’un de ses « meilleurs potes » malgré leurs 45 ans d’écart. Il décrit une relation « magnifique ». Madeleine Riffaud « avait vécu tant de choses », elle « avait tant de choses à m’apprendre », poursuit-il. Jean-David Morvan se souvient de leur échange quand il l’a appelée pour lui « demander si elle voulait faire de la bande dessinée. Elle avait répondu : ‘N’importe quoi, on m’aura mise à toutes les sauces’, raconte-t-il en l’imitant. Finalement, elle a accepté et c’était un changement de vie incroyable » car Madeleine Riffaud, était vraiment « exceptionnelle, je suis encore amoureux d’elle. » Il insiste parce que cette « amitié sincère » l’a « énormément enrichi ».

« Madeleine m’avait dit : ‘Tu verras, tu vivras très bien avec moi, sans moi.’ Voilà, ça commence… (Et pour l’instant, je ne le vis pas super bien) », a écrit sur sa page Facebook Jean-David Morvan. « Je ne la verrai plus » alors que « j’ai passé sept ans avec elle. J’habitais quasiment chez elle dans le Marais à Paris, deux ou trois jours par semaine », ajoute sur franceinfo l’auteur de BD qui habite à Reims. Il était dans le train avec Dominique Bertail quand il a appris le décès de Madeleine Riffaud. Ils se rendaient à Paris pour lui rendre visite.

Jean-David Morvan a co-écrit un texte pour rendre hommage à Madeleine Riffaud, « une femme étonnante de lucidité sur le monde comme il ne va pas, nourrie par son expérience de vie, redoutant d’être récupérée par les uns ou par les autres, ce qui ne manquera pas d’arriver néanmoins ». Il précise qu’elle « écoutait franceinfo toute la journée », y compris le soir quand, selon elle, « les journalistes disent ce qu’ils n’osent pas dire dans la journée ».

Co-auteur de Madeleine, résistante, il est « super fier de l’avoir ramenée à sa place dans l’histoire de France » parce que Madeleine Riffaud « a été très célèbre jusque dans les années 70 » puis a été un peu oubliée par les plus jeunes générations.

Dans un communiqué, la ministre de la Culture, Rachida Dati, « salue la mémoire de cette héroïne au courage admirable et exemplaire ». « Je suis content qu’elle le dise », réagit, un peu amer Jean-David Morvan. « On lui a demandé pour la faire Chevalier des Arts et des Lettres et on n’a jamais eu de réponse, mais c’est sûr que Tom Cruise, c’est sans doute plus intéressant », ironise-t-il. L’ami de Madeleine Riffaud estime qu’elle « mérite largement » un hommage national « parce qu’elle a raconté une sorte de contre-histoire du roman national de la fin du 20e siècle » mais, poursuit-il, « ce sera à la Nation de décider ».

Un poison pour la démocratie

Quand l’extrême-droite nie les faits… Deux articles nous alertent aujourd’hui sur les menaces qui pèsent sur la démocratie lorsque de fausses informations sont présentées comme des vérités.  

Éditorial de Stéphane Sahuc dans l’Humanité du 4 novembre 2024
Les faits et les fakes
« On peut au moins se mettre d’accord sur un fait. » Cette petite phrase a été prononcée par le journaliste Patrick Cohen lors d’un échange houleux avec le député Éric Ciotti. Ce dernier affirmait que les publicités du livre de Jordan Bardella avaient été « censurées » dans les gares sous la pression des « gauchistes ».
Le journaliste rappelait de son côté que, dans les gares, la règle est que « tout message publicitaire présentant un caractère politique, syndical, confessionnel (…) est prohibé » . Ce fait incontournable, Ciotti refuse de l’accepter et fait comme si, entre Patrick Cohen et lui, il n’était question que d’une divergence de point de vue.
Ce petit moment de télévision est révélateur de la stratégie utilisée partout dans le monde par cette extrême droite déterminée à prendre le pouvoir. La réalité, la vérité des faits sont ravalées au rang d’opinion. Ce qui permet de raconter son histoire quelle que soit la réalité. L’un des champions de cette stratégie est bien Donald Trump. Son récit à base de complot, de grandeur perdue, de virilisme, de nationalisme identitaire et de racisme se double d’un style ponctué d’injures, d’onomatopées et d’outrances.
Trump a imposé sa propre caricature, ce qui l’autorise à tout dire, à tout se permettre en prétendant parler au nom du « vrai » peuple américain. D’autant que les formes de la communication publique avec Internet, les réseaux sociaux et leurs algorithmes, aggravent ce brouillage des légitimités, accélèrent la circulation des rumeurs, dégradent le débat politique et intellectuel.
La philosophe espagnole Marina Garcés appelle cela la « crédulité surinformée ». Voilà sur quoi mise l’extrême droite pour discréditer ceux, responsables politiques, journalistes, enseignants, magistrats, scientifiques, experts, qui s’opposent à son projet séparatiste, autoritaire et ultraconservateur au service des plus riches.
La « post-vérité », les « faits alternatifs » sont un poison pour la démocratie. C’est bien elle qui est ciblée car elle peut potentiellement faire obstacle à l’accumulation sans limites et sans contraintes des richesses, du capital, par une poignée de privilégiés. La fable du capitalisme synonyme de démocratie a vécu.

Le billet de Thomas Legrand dans Libération du 4 novembre 2024
Le trumpisme, aujourd’hui aux États-Unis, demain chez nous
Le débat public français n’en est pas encore au point extrême de dégradation qu’il atteint outre-Atlantique. Mais on y décèle déjà de premiers symptômes.
On s’inquiète, on panique, on ne veut pas y croire… Les Américains ne peuvent pas nous faire ça. Cette grande démocratie ne peut pas élire Donald Trump, ce pitre fascisant, cette outre de vulgarité, ce milliardaire grossier, immature, ce repris de justice qui a fait exploser toutes formes de bienséances politiques, envoyé valser tous les codes de la vie publique. Le fonctionnement trumpien, la réaction, ou plutôt l’absence de réaction de l’électorat républicain face aux provocations répétées du candidat orange, nous paraissent bien étranges.
Et pourtant, observons notre débat politique : nous y trouverons de vrais morceaux de trumpisme, l’émergence de cette dérive que la science politique ne sait pas encore qualifier, entre nouveau fascisme, populisme, délitement généralisé de toute rationalité collective. Nous n’en sommes pas, loin de là, au niveau américain de déchéance de la parole publique et de polarisation, mais le trumpisme progresse de façon préoccupante en Europe et en France.
Comment reconnaître les éléments de trumpisme chez nous, au-delà du simple score de nos extrêmes droites ? C’est principalement un rapport défiant vis-à-vis de la vérité factuelle. La place prépondérante que prend aujourd’hui la sphère médiatique bollorisée, qui arrive à imposer ses thèmes identitaires et sécuritaires, à décrire la France en une société disloquée, en proie aux ravages de «l’immigration incontrôlée», à ne lire les faits de l’actualité économique ou sociale qu’au prisme du «grand remplacement», est le signe le plus saillant. Cette mécanique bollorienne pousse une partie des médias, bien au-delà des organes dont le milliardaire breton est propriétaire, à préférer commenter des «informations» non vérifiées, (qui bien souvent se révèlent fausses) plutôt que d’employer leur énergie à faire leur métier : établir la véracité des faits.
Un aplomb dans le mensonge
Un exemple récent est à décortiquer, cas chimiquement pur de la méthode trumpienne exportée en France et mis en branle par la sphère Bolloré. L’affaire de la «publicité interdite» du futur livre de Jordan Bardella sur les murs des gares SNCF. Fayard, éditeur de la biographie du jeune patron du RN commande à Publicis, régie publicitaire qui gère les espaces pour la SNCF, une campagne d’affichage dans les gares de France. Refus de Publicis, en vertu de son contrat avec la SNCF qui stipule explicitement qu’il ne peut pas y avoir d’affichage politique dans les gares, y compris s’agissant de la promotion d’un livre dont l’auteur est un personnage politique en activité.
Fayard, propriété de Vincent Bolloré, ne pouvait pas ignorer que sa demande serait refusée. C’est peut-être même pour cela que la maison d’édition de Bardella l’avait formulée : susciter une victimisation sur la base d’un mensonge. Le refus fut donc présenté en censure. L’échange, mardi 29 octobre, entre Eric Ciotti et les animateurs de l’émission C à vous, sur France 5, à propos de cette manip grossière fut un moment de trumpisme pur jus, les journalistes rappelant les faits et le député de Nice, aujourd’hui allié du RN, leur répondant en substance : «C’est votre vérité, ce n’est pas la mienne».
Cet aplomb dans le mensonge, qui place le journalisme en ennemi, producteur d’une vérité relative, n’est possible que parce qu’il est épaulé, encouragé et financé par des capitaines d’industrie comme Vincent Bolloré. Plusieurs responsables de droite et d’extrême droite, encouragés par ceux qui peuvent être leurs riches mécènes pour de prochaines échéances, se sentent autorisés à dire n’importe quoi, sans ressentir le besoin de se baser sur une quelconque réalité factuelle. Cette réalité factuelle, s’agissant du réchauffement climatique ou des chiffres avérés de l’immigration, ne serait établie, selon les agents bolloro-trumpiens, que pour tenir le peuple à distance.
C’est par le délitement du statut de la vérité et du fait scientifiquement ou journalistiquement établi que le trumpisme se déploie. La France, sans presse tabloïd, avait longtemps été épargnée par ce fléau mais aujourd’hui, sous le joug des réseaux sociaux, de la politique algorithmique de leurs propriétaires et de leur relais industriels et médiatiques français, le trumpisme, ce rapport biaisé aux faits, se répand dans notre débat national et abîme profondément nos rapports sociaux.

Le retour de la galère

Rien ne va de nouveau plus dans les transports franciliens !

Après la courte embellie de la période des Jeux Olympiques, pendant laquelle miraculeusement nous avons vu circuler trains, métros, bus et trams en nombre, à l’heure, avec une multitude de personnel pour renseigner les voyageurs… c’est la même galère qui recommence pour les usagers.

Retards récurrents, suppressions, pannes, trafic ralenti, pas de trains les week-end ou en soirée, information des voyageurs défaillante, guichets fermés… nous connaissons ces dysfonctionnements régulièrement sur le RER C, les trains des lignes H et J.

Ajoutez les hausses des tarifs prévues pour janvier, avec un Pass Navigo qui devrait atteindre les 89€ mensuels, et vous aurez une idée du mécontentement -justifié-de toutes celles et tous ceux qui empruntent quotidiennement les transports en commun de l’Île-de France. En grande couronne, s’ajoute la déroute des bus depuis la mise en concurrence : ce sont des centaines de bus supprimés chaque jour ! Et l’annonce de la privatisation probable du groupe « Transdev » fait redouter de voir le service se dégrader encore. La privatisation des lignes de bus RATP s’accélère également.

Pour des transports en commun de qualité, la campagne « Stop galère » continue ! Voici le nouveau tract. Vous pouvez si ce n’est pas déjà fait, signer la pétition. 

17 octobre

17 octobre 1961 : des dizaines de milliers d’Algériens sortent dans Paris, depuis les proches banlieues, pour manifester pacifiquement à l’appel de la Fédération de France du Front de libération nationale, le FLN. Ils veulent protester contre le couvre-feu instauré par le préfet de police de l’époque : Maurice Papon.  Un couvre-feu discriminatoire puisqu’il ne vise que les seuls « Français musulmans d’Algérie ».

On le sait, les manifestants vont être littéralement massacrés par la police française, au pont de Neuilly, à Argenteuil, dans le métro, sur le pont Saint-Michel…. Jetés à la Seine, matraqués, exécutés sommairement…

En plein Paris, c’est une véritable chasse au faciès qui va se dérouler. Une immense rafle qui aboutira à 12 000 personnes arrêtées en quelques heures.

Selon les historiens, près de 200 personnes ont été assassinées, criblées de balles ou jetées dans la Seine, par les bien mal nommées « forces de l’ordre ». Aucune suite n’a jamais été donnée aux nombreuses plaintes déposées.

 Aujourd’hui il est grand temps que ce massacre soit reconnu comme un crime d’État. Cette énorme « ratonnade » a bel et bien été préparée et exécutée par la préfecture de police sous les ordres du gouvernement. En 2012, François Hollande a reconnu la répression sanglante. En 2021, Emmanuel Macron a explicitement déclaré que les crimes « inexcusables pour la République » avaient été commis cette nuit-là « sous l’autorité de Maurice Papon ».

Mais la responsabilité du massacre ne peut être imputée au seul préfet de police Papon, quelle que soit l’ignominie bien connue du personnage. Le crime d’État doit être reconnu, et il ne faut plus hésiter à nommer le contexte de guerre coloniale et de racisme.

Le Jour de la Nuit

12 octobre 2024 : 16è édition du « Jour de la Nuit » !

Le « Jour de la Nuit » est une grande manifestation nationale de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et à la beauté du ciel étoilé.

Cet événement a contribué à développer une politique de l’éclairage plus juste en France, pour mieux concilier les différents besoins, y compris ceux d’obscurité. Car l’obscurité est précieuse pour notre santé, la biodiversité et… l’accès aux merveilles du ciel étoilé. Sans oublier les économies non négligeables en ces temps d’envolée des prix de l’énergie que pourrait apporter une extinction partielle de l’éclairage public..

Une journée pour questionner la place de la lumière et de l’obscurité de notre quotidien. Dans une démarche de sobriété énergétique, les citoyens peuvent aussi participer à titre individuel en éteignant toutes les lumières de leur domicile qui donnent sur l’extérieur. Et admirer une belle nuit étoilée.

À partir de ce soir 12 octobre, on peut aussi admirer la « comète du siècle« , visible à l’œil nu.

La comète dénommée  » C/2023 A3 Tsuchinshan-Atlas » sera visible juste après le coucher du soleil en début de soirée. La fenêtre d’observation dépendra de plusieurs facteurs : l’obscurité du ciel après le crépuscule, la luminosité de la comète ; sa position, qui descend vers l’horizon.

Hélas, à Saint Gratien, le ciel est loin d’être obscur ! Il nous sera donc difficile d’apercevoir cette fameuse comète, comme il nous est difficile, voire impossible, d’observer jamais la moindre étoile… C’est triste.

En savoir plus sur le « Jour de la nuit »

Calomnie

La tribune libre de la majorité municipale, parue dans le magazine de septembre (vous pouvez la lire en toute fin d’article), nous interpelle. Elle nous est entièrement et nominativement consacrée, ce qui est déjà inhabituel. Mais surtout elle colporte bon nombre de contrevérités. Cela mérite une réponse.

La moitié de ce texte concerne la ville… de Grenoble ! Assez étonnant !  Qu’avons-nous de commun avec cette commune iséroise ? La suite du propos nous éclaire. Si la délinquance est importante à Grenoble, c’est, selon la tribune majoritaire, la faute du maire Éric Piolle, qui refuse d’armer sa police municipale et doute de l’efficacité des caméras de surveillance ! Voilà pourquoi l’insécurité serait si grande à Grenoble, comme plus généralement dans les villes dirigées « par la gauche et l’extrême-gauche » ! Et voilà qu’on en arrive au Nouveau Front Populaire gratiennois, qui mènerait le « même combat idéologique » que le maire de Grenoble.

En effet, nous avons refusé au dernier Conseil municipal, de voter 600 000€ pour l’installation de 70/90 nouvelles caméras, qui s’ajouteront aux 45 déjà en place. Nous nous sommes expliqués sur le sujet ici même.

Quelques remarques sur la prose d’ «Union pour Saint Gratien».

Le passage sur Grenoble et son maire reprend les mensonges propagés par la droite et l’extrême-droite sur les propos tenus par Éric Piolle. Ce dernier n’a jamais assimilé le drame de Grenoble, où un agent de la ville a été abattu alors qu’il portait secours suite à une collision entre véhicules, à un « accident ». Cela a largement été démontré par la presse, comme par exemple le Parisien ou Franceinfo.

Cela  est notamment très bien expliqué dans le « vrai du faux « de Franceinfo (et pour le coup, ces accusations sont fausses ! ). C’est à lire ici.

Le Parisien démonte également la fake news visant à discréditer Éric Piolle. À lire ici.

Il s’agissait bien d’une campagne de calomnie destinée à faire passer Éric Piolle pour un élu dangereux,  et responsable de l’insécurité qui existe dans sa ville. Il est assez surprenant de voir ces mensonges repris dans notre revue municipale, qui se déclare « revue d’information« . Ou de désinformation, cela dépend des pages….

Deuxième inexactitude : mais quelles sont donc les villes dirigées par l’extrême-gauche ? Aucune ! Car ni les écologistes, ni les communistes ne sont ainsi classés, ni d’ailleurs les Insoumis, comme l’a reconnu le Conseil d’État, qui les classifie « à gauche ». Mais « extrême-gauche », assurément, c’est beaucoup plus effrayant !

Il n’y a pas qu’Éric Piolle qui est injustement dénigré dans cette tribune. Le détour par Grenoble ne sert qu’à déformer nos propos et notre position à propos de « l’insécurité ». Elle reprend des échanges qui ont bien eu lieu lors de la séance du Conseil, mais en les sortant de tout contexte.

« Pour eux (les deux élus de SGSEC), ce serait de la politique fiction », nous assène la majorité municipale, laissant entendre que nous nions tout problème de sécurité. C’est faux ! Nous avons seulement dit que les caméras de surveillance ne réglaient aucun problème, et que seul « de l’humain sur le terrain » était efficace ! Une preuve éclatante en a d’ailleurs été donnée récemment. Si les Jeux Olympiques se sont si bien déroulés sur le plan sécuritaire, c’est parce que les forces de police étaient en nombre sur le terrain… les caméras n’ayant pour le coup pas été jugées suffisantes !

Lors de ce Conseil municipal, nous avons aussi insisté sur le versant « prévention ». Autant d’arguments que la tribune se garde bien de reprendre. Ce que nous qualifions de « politique fiction », c’est quand le maire élucubre sur ce qui se SERAIT passé en l’absence de caméras, dans un cas précis d’agression.  On peut toujours imaginer ce qui aurait pu advenir… ou pas. Avec des « si », tout est possible mais cela n’est pas un argument, et c’est cela que j’ai qualifié de «fiction ».

Si le maire nous avait démontré, chiffres à l’appui, l’efficacité des caméras, le débat aurait été différent. Mais jamais aucun chiffre concernant la délinquance ne nous est communiqué, aucun chiffre d’affaires ayant été élucidées grâce aux caméras, aucun pourcentage de faits dans les quartiers surveillés et ceux qui sont dépourvus de caméras…  

Ce que nous voyons, c’est que la multiplication des caméras ne règle pas les problèmes et surfe sur le « sentiment d’insécurité ».

Plus grave encore, il y a effet pervers. La sécurité publique est une compétence régalienne. La transférer aux communes, par le biais des polices municipales, et/ou par l’implantation des caméras, a eu l’effet pervers de désengager l’État. Plus les villes investissent dans la sécurité, plus leurs forces de police nationales disparaissent. C’est bien le cas à Saint Gratien, qui ne dispose non seulement pas de commissariat, mais a perdu son poste de police nationale.

En bref, nous avons certes avec la majorité des positions très éloignées sur les questions sécuritaires, mais rien ne justifie que nos positions soient complètement dénaturées.

Le fond de l’affaire, c’est que Monsieur Bachard et madame Eustache sont inquiets.

Il y a de quoi.

En juillet 2024, une députée LFI-NFP a été élue dans notre circonscription. Au premier tour, Gabrielle Cathala, dont mon collègue au Conseil, Stéphane Bauer, était le suppléant au titre du PCF,  a obtenu 39% des voix à Saint Gratien, contre seulement 9% pour la candidate de droite… Le grand malheur s’est confirmé une semaine plus tard, lorsque Gabrielle a recueilli plus de 45% des voix à Saint Gratien et a été élue députée de la 6è circonscription ! Jamais arrivé depuis 40 ans !

Les élections municipales ayant lieu dans un et demi, l’alerte est sérieuse pour l’équipe en place. Il faut remobiliser les électeurs de droite, voire ceux de la droite extrême, et donc agiter le chiffon rouge : des dangereux « d’extrême-gauche » qui ne croient pas aux caméras et réfutent même les problèmes d’insécurité, risquent d’être majoritaires au prochain scrutin.

Attendons-nous donc dans les prochains mois à voir s’aiguiser les attaques contre toute proposition d’action municipale alternative.

Pour nous, c’est clair. Le débat politique ne doit pas être coups bas et rumeurs infondées. Le débat, oui. La calomnie, non.

La fin du BIP

Excellente nouvelle ! On apprend par la presse locale (à lire l’article de la Gazette ci-dessous), l’abandon du projet d’avenue du Parisis, partie du BIP entre Soisy et Bonneuil. On se réjouit de voir stoppé ce projet coûteux d’autoroute urbaine, inutile et nocif pour notre santé et notre environnement. On salue la mobilisation citoyenne, soutenue par les députés et sénateurs de gauche du 95 (parmi lesquels Pierre Barros et Gabrielle Cathala), qui a pesé dans cette heureuse issue !

Val-d’Oise : le Département fait marche arrière sur le projet d’avenue intercommunale du Parisis

Mercredi 25 septembre 2024, la présidente du Conseil département du Val-d’Oise a annoncé que le Département renonçait au projet initial de l’Avenue du Parisis lancé en 2010.

Lancé tout droit vers la construction de l’avenue intercommunale du Parisis à la suite du feu vert du Conseil d’État en juin dernier, le Département vient de mettre un brutal coup de frein à ce projet lancé en 2010.

Dans un communiqué publié mercredi 25 septembre 2024 en fin de journée, Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du Conseil départemental du Val-d’Oise a ainsi annoncé que « nous ne demanderons pas à Monsieur le Préfet du Val-d’Oise de confirmer la déclaration d’utilité publique (validée en appel par le Conseil d’État, Ndlr) de l’Avenue du Parisis ».

Un projet qui «nécessite d’être repensé»

Pour expliquer sa décision, elle ajoute que « les derniers échanges avec les maires confirment ma conviction que le projet initial, tel qu’il fut imaginé il y a bientôt 15 ans, nécessite aujourd’hui d’être repensé ».

Ce chantier titanesque, dont les premières esquisses remontaient à plusieurs dizaines d’années, consistait en la réalisation d’un boulevard urbain de 11 km (2×2 voies) entre Soisy-sous-Montmorency et Bonneuil-en- France, dans la continuité du boulevard intercommunal du Parisis (Bip).

La section dite Est – Groslay, Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Arnouville, Bonneuil-en-France – a fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique (Dup) en 2016. Conscient qu’en presque 15 ans, les besoins de la population ont évolué, le Département a pris l’initiative de mener de nouvelles discussions dès avril 2023 avec les communes concernées. 

Un projet contre lequel se sont élevées de nombreuses voix au cours des dernières années pour demander son arrêt, dont un collectif issu des associations Vivre sans Bip, Sos Vallée de Montmorency, Les Amis de la Terre. « Il coupe en deux plusieurs villes du Val-d’Oise. Il menace la santé de 10 000 enfants, dont les écoles sont le long du tracé. Ce projet routier détruira également une centaine d’hectares d’espaces naturels et agricoles », fustigeait la semaine dernière Vivre sans Bip.

L’opposition des élus

Parmi ses opposants figuraient également Patrick Haddad, maire (Ps) de Sarcelles et Maxime Thory, maire (LR) de Montmorency. Mais aussi la députée (NFP) de la 6e circonscription du Val-d’Oise, Gabrielle Cathala, qui durant fin juillet a déposé une proposition de loi visant à abandonner l’aménagement routier de l’avenue du Parisis « pour protéger la santé humaine et préserver l’environnement par l’abandon du projet d’aménagement routier de l’Avenue du Parisis ». Deux lettres ayant été adressées au préfet du Val-d’Oise pour lui demander de ne pas valider la déclaration d’utilité publique.

Selon nos informations, cette dernière action ne serait toutefois pas à l’origine de la décision de la présidente du Département, celle-ci ayant cette conviction depuis un certain temps.

« Nos territoires bougent. Les modes de déplacement changent. Les consciences aussi. Le Département se doit d’être au rendez-vous de ces nouveaux enjeux. Ses réponses en matière de déplacement doivent être en adéquation avec ces attentes et ces impératifs. Notre priorité pour l’avenir du territoire a toujours été de concilier amélioration de la mobilité et préservation du cadre de vie de tous les Valdoisiens. C’est le sens de la décision que je prends aujourd’hui.  » Marie-Christine Cavecchi Présidente (LR) du Département   

Un changement de direction aussi soudain que surprenant alors qu’en 2022 le Département avait fait appel de la décision d’annulation de l’arrêté d’utilité publique du projet. « Cette annulation portait sur une question de forme et non sur le fonds de l’utilité publique », relève la patronne du Département.

Transports collectifs, plan Vélo et aménagements locaux

Aujourd’hui, le Département souhaite encourager les transports collectifs, les mobilités douces. Dans le communiqué, il précise « porter des projets structurants pour ses habitants tels que les trois lignes de bus à haut niveau de service dans le Grand Roissy, l’interconnexion de la ligne H à Saint-Denis Pleyel, le Plan Vélo ou bien encore la ligne 19 du Grand Paris Express », et assure « ne pas vouloir opposer développement économique et environnement » comme cela a pu lui être reproché par les opposants à l’Avenue du Parisis.

Pour autant le Conseil départemental estime que « les transports en commun et les déplacements doux ne permettront pas à eux seuls de résorber les embouteillages dans de nombreuses villes du tracé concerné par la DUP. Des aménagements locaux et des dessertes routières respectueuses de l’environnement, étudiés, discutés et validés avec les maires, restent indispensables pour améliorer significativement les circulations en milieu urbain. Il en va de l’attractivité du Val-d’Oise. Il s’agit d’ailleurs aussi d’une attente forte des nombreux Val d’Oisiens qui se déplacent chaque jour en voiture pour se rendre au travail. »

Thomas Hoffmann pour la Gazette