Sept minutes pour cinq questions

Nos questions orales au Conseil municipal du 20 juin 2024, au nom du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », et les « réponses » du maire.

Ce système de questions/réponses est totalement vidé de son sens, puisqu’aucun débat n’est possible. En effet, nous ne pouvons plus nous exprimer après la réponse faite par le maire.

De plus, ce dernier nous fait des réponses tellement laconiques, inexactes ou provocatrices, que cette possibilité d’interpeler le maire est dans notre ville,  devenue caricaturale. Un nouvel exemple ci-dessous, en fin de la séance du 20 juin 2024 du Conseil municipal.   

Marché municipal- Stéphane Bauer

Lors du Conseil municipal du 21 mars 2024, le maire annonçait avoir reçu de la part de l’actuel concessionnaire SOMAREP-MANDON, par Lettre Recommandée, un avis officiel de rupture de la délégation de service public concernant le marché municipal. Depuis, le gestionnaire continue d’assurer la tenue des deux marchés hebdomadaires et un nouveau placier est en fonction. Cet état de fait et nos échanges avec les commerçants, nous ont fait comprendre que SOMAREP-MANDON est toujours en charge de la gestion du marché. Aucune information de la ville ne nous est parvenue à ce sujet et la commission commerce ne s’est pas réunie sur ce point. Nous souhaitons donc savoir dans quelles conditions la DSP se poursuit avec SOMAREP-MANDON (toujours avec un prélèvement global d’environ 100 000 €/an sur les commerçants ?) et si on peut espérer un changement positif dans les pratiques du gestionnaire (facturation sans lien avec un relevé d’eau et/ou d’électricité, etc.), souvent dénoncées dans les médias à l’encontre de SOMAREP-MANDON, ici et dans de nombreux autres marchés. Notre seul souci est la pérennité du marché, sa relance pouvant être compromise si le nombre de commerçants continuait de diminuer.

Que s’est-il donc passé entre Mandon-Somarep et la ville en mars 2024 ?

Réponse du maire : la ville a reçu un courrier de Somarep de cessation de délégation de service public à compter du 7 mai. La ville, appuyée de son avocat, s’y est formellement opposée, exigeant l’application du contrat. Finalement, Somarep a informé de sa renonciation à sa décision de résilier le contrat de façon unilatérale. La situation est entre les mains des avocats respectifs.  

Nos commentaires : réponse très partielle qui ne nous donne que bien peu d’informations, notamment sur les conditions dans lesquelles la délégation va se poursuivre entre deux partenaires qui ont des relations si dégradées. Il reste 6 ans à tenir… les commerçants sont fatigués de ce bras de fer permanent qui bloque toute avancée, comme par exemple l’installation de calicots indiquant le nom du commerce, ce qui se pratique dans tous les marchés.. Tous les engagements de Somarep, animations, marché des terroirs, aménagement des allées vides… restent sans suite.    

Passerelle de la gare-Stéphane Bauer

L’intérêt de cette liaison inter-quartiers n’est plus à démontrer, particulièrement pour les habitants des Raguenets. Nous estimons que cet équipement qui perdurera pour les décennies à venir, mérite plus qu’une reconstruction à l’identique (qui ne serait pas subventionnée) et qu’il faut profiter de l’occasion pour créer une liaison piétonne et cyclable, si possible couverte, facilement empruntable pour tous, y compris les personnes à mobilité réduite, entre les quartiers du centre-ville et les Raguenets et ainsi atténuer la coupure physique entre les quartiers. Cela devrait faire l’objet d’une large concertation citoyenne.

Que prévoit la ville pour cet équipement ?   ²

Réponse du maire : la ville prévoit la construction d’une passerelle totalement accessible et non couverte. Les études foncières sont en cours ainsi que les discussions avec la SNCF. Il est techniquement impossible d’assurer une liaison entièrement cyclable qui demanderait une pente de plusieurs centaines de mètres. La ville sera contrainte d’opter pour des ascenseurs de part de d’autre permettant le cheminement des piétons, des cyclistes et des personnes à mobilité réduite.  

Nos commentaires : « Techniquement impossible » est un argument imparable pour couper court à toute discussion. Nous l’avons entendu à l’époque de la réalisation de la casquette du BIP, jugée impossible mais pourtant finalement créée.. Une pente suffisamment douce pour être empruntée par des piétons poussant un vélo ou une poussette d’enfants, le sujet mérite débat car l’équipement sera reconstruit pour des dizaines d’années à venir.    

Travaux de reconstruction du centre Camille Claudel-Isabelle Volat

Le centre Camille Claudel incendié il y a bientôt un an présente toujours une façade ravagée.

Pouvez-vous nous faire un état récapitulatif de ce qui est maintenant acté pour sa rénovation et le calendrier des travaux ? 

Réponse du maire : une réhabilitation complète du centre sera réalisée sauf dans sa partie basse, globalement épargnée par l’incendie. En revanche, la partie haute sera intégralement reconstruite, charpente, toiture et éléments intérieurs. Les performance s énergétiques répondront aux exigences de la loi Élan. Les travaux débuteront mi 2025 et s’achèveront courant 2026.  

Nos commentaires : deux ans pour ces travaux de reconstruction… espérons que la façade calcinée sera d’ici là un minimum recouverte pour présenter un aspect moins sinistre. À moins que le maire ne veuille jusqu’au bout laisser sous les yeux des habitants les stigmates des émeutes de juin 2023, après les avoir sommés de dénoncer les incendiaires ?   

 Inspirations durables-Isabelle Volat

La journée du 25 mai 2024 nous a semblé riche de diverses pistes d’actions en termes de développement durable. Pour autant, elles demandent à être mises en application : par exemple, le principe de collecte des mégots, initiative judicieuse que nous avions d’ailleurs suggérée dès 2020, a trouvé un débouché de recyclage, mais l’action peine encore à être connue à Saint Gratien. 

Quelles seront pratiquement les retombées concrètes à court terme des différents thèmes traités lors de cette journée ? 

Réponse du maire : Saint Gratien est exemplaire en matière de développement durable et l’a encore prouvé lors de cet événement. S’agissant des mégots, la ville les collecte et les recycle, ce que très peu de villes font. Saint Gratien est la seule ville à le faire dans le Val d’Oise. Nous sommes fiers d’être régulièrement cités en exemple, sur le cimetière, qui devient un lieu de visite, le compostage dans les écoles…   

Nos commentaires : aucune réponse donc à notre question sur les suites concrètes de la journée « Inspirations durables » mais un cocorico bien étonnant ! Notre cimetière n’a rien de particulier et bien d’autres villes alentour en possèdent de bien aussi entretenus et apaisants ! Le compostage dans les écoles est une pratique répandue dans de nombreuses villes. Sur quelles nouvelles initiatives débouchera donc la journée du 25 mai ? A priori, aucune. Quel dommage.

 Parking P1-Stéphane Bauer

Ce parking qui depuis le changement de gestionnaire, paraissait mieux entretenu, semble à présent connaître des problèmes de sécurité et d’entretien : grilles accès voitures abaissées et plusieurs issues piétonnes sont condamnées à partir de 20 h (4 sur 6 sans qu’on en comprenne la raison), portes qui s’ouvrent difficilement, et l’éclairage, quand il existe, est très faible. La signalisation des 6 issues, dénommées A, B,C, D, E et F mais ne figurant sur aucun plan, est inexistante.

Comment sortir rapidement du parking en cas d’urgence, incendie ou agression, ou tout simplement accéder facilement à son véhicule lorsque 4 issues sur 6 sont fermées et qu’aucun plan ne signale l’emplacement des 2 seules issues accessibles ?    

Réponse du maire : le mode de fonctionnement des accès du parking n’a pas évolué depuis l’arrivée du nouveau délégataire Effia. Seuls les deux accès réglementaires piétons restent accessibles avec un ticket après 20h. Les accès voitures fonctionnent en mode automatique quand se présente un véhicule. Le parking répond bien aux normes d’incendie réglementaires. L’accès aux issues de secours est balisé et affiché sur les plans d’évacuation. L’éclairage est assuré par des LED et des dispositifs détecteurs de mouvements.   

Nos commentaires : pour être allée vérifier sur place, je confirme que l’indication des issues de secours ouvertes le soir est inexistante. L’éclairage est minimal dans les différents escaliers d’accès.

Réponses du maire à ces 5 questions en 7 minutes chrono, lecture des questions par nous-mêmes comprise.

Léon

Léon Deffontaines : « Mon adversaire, c’est Jordan Bardella »

À une semaine des européennes, la tête de liste du PCF, Léon Deffontaines, revient sur les enjeux de la campagne, la situation à gauche, l’urgence climatique et le combat à mener contre l’extrême droite. Il est interrogé pour l’Humanité par Aurélien Soucheyre et Diego Chauvet.

Le candidat des communistes pour le 9 juin, Léon Deffontaines, a réalisé une percée médiatique en mettant le RN face à la réalité de ses votes contre l’intérêt général. Il entend déjouer les pronostics le jour du scrutin et appelle la gauche à se rassembler sur la question sociale, en plus de défendre une « écologie populaire et rationnelle ».

Quel est votre principal adversaire pour ces européennes ?

C’est Jordan Bardella. Nous avons tous les deux 28 ans, et le duel pourrait s’installer dans la durée. Je veux montrer ses contradictions. Chaque fois qu’il peut défendre les travailleurs français, le RN vote contre leurs intérêts.

L’extrême droite a refusé l’indexation des salaires sur l’inflation, le rétablissement de l’ISF, et ce parti qui se dit défenseur de la ruralité s’oppose aux lois contre les déserts médicaux. Déconstruire le mythe du RN, défenseur des travailleurs français, est l’un des enjeux de cette campagne.

Que répondez-vous à ceux disent qu’on n’a jamais essayé le RN ?

Que l’on est en réalité en train de l’essayer sur le plan économique et social. À l’Assemblée, la coalition gouvernementale et le RN votent systématiquement contre toute avancée pour les travailleurs. Leur projet est identique en la matière. Et le RN au Parlement européen vote majoritairement pour les traités de libre-échange.

Il faut bien sûr attaquer ce parti sur le caractère xénophobe, fasciste même, de son programme. Mais on s’évertue à le faire depuis quarante ans, et ce n’est pas suffisant. Le RN se dédiabolise sur la question sociale, et c’est sur cette supercherie qu’il faut l’attaquer.

Comment expliquer son niveau dans les sondages ?

L’extrême droite est épargnée. Le débat sur LCI (le 21 mai – NDLR) a été symptomatique. Les autres candidats avaient l’air tétanisés par Bardella. Personne n’osait l’attaquer. Il ne faut pas le laisser dérouler ses mensonges. Allons à l’affrontement ! D’autre part, nous n’avons pas été à la hauteur à gauche. Nous nous écharpons sur des questions de société et des sujets internationaux qui devraient nous rassembler. Nous devons refaire de la question sociale notre priorité.

Bardella n’avait rien d’autre à vous répondre que « vous êtes communiste », lorsque vous l’avez attaqué dans ce débat. Est-ce un problème d’être communiste ?

Quand on l’attrape sur le fond, Bardella est incapable de répondre. Il me renvoie donc à mon communisme comme s’il s’agissait d’une insulte. C’est révélateur de son absence de projet social. Mais si on veut nous renvoyer au passé, je suis fier d’être membre du parti de Missak Manouchian, panthéonisé cette année. L’histoire de mon parti, c’est la Résistance, le CNR, la Sécurité sociale.

L’héritage du RN, cofondé par un Waffen-SS, c’est la collaboration et Vichy. Le communisme aujourd’hui est synonyme d’espoir, de rupture avec une société capitaliste incapable de répondre à l’impératif environnemental et à nos aspirations à vivre mieux. Il s’agit d’aider chaque individu à s’épanouir pleinement, quelle que soit son origine sociale ou géographique. C’est le projet que je porte.

Vous étiez en meeting à Avion (Pas-de-Calais), il y a une semaine, seule circonscription perdue par le RN aux législatives 2022, au profit du PCF…

Nous sommes la seule force politique qui a fait reculer l’extrême droite. Dans le Pas-de-Calais, nous avons aussi fait perdre trois cantons au RN. Lorsque la gauche est capable de rassembler sur la question sociale, elle peut battre les lepénistes. C’est mon ambition pour les européennes et au-delà.

Qu’avez-vous appris dans cette campagne au cours de laquelle vous avez sillonné toute la France ?

J’en retiens la beauté des paysages et la richesse de la population. Une campagne, c’est l’occasion de parler, de reconstruire du lien social. Depuis quinze ans, la gauche est captive de deux offres politiques : l’une outrancière et polémiste, l’autre libérale. C’est ce qui l’empêche d’aller à la reconquête de l’électorat populaire et de progresser.

On nous renvoie toujours à François Hollande et à Jean-Luc Mélenchon, sur les marchés. Ce sont les deux cailloux dans nos chaussures. Nous devons écrire une nouvelle page. C’est avec une gauche du travail rassemblée que l’on retrouvera un électorat populaire et que nous redeviendrons majoritaires dans le pays.

Vous avez 23 syndicalistes sur votre liste, un record. En quoi est-ce une force ?

C’est une chose de défendre le monde du travail. C’en est une autre de faire élire au Parlement celles et ceux qui en sont les premiers représentants. Sigrid Gérardin et Fabien Gâche, en 2e et 7e position sur ma liste, incarnent au quotidien ceux qui luttent contre les effets dévastateurs des politiques européennes libérales. Les élire, c’est les faire entrer dans l’institution probablement la plus antisociale de notre système politique. Ils peuvent y être le fer de lance de la lutte contre la destruction des droits sociaux.

Dans vos meetings, on vous entend dire : « Cette Europe, qu’elle crève ! » N’est-ce pas contradictoire ?

Les institutions européennes se sont construites avec le dogme néolibéral. Elles sont une machine à broyer l’avenir des jeunes, à détruire l’emploi. Si nous y envoyons des députés européens, ils seront un appui pour résister à la marche forcée du néolibéralisme. Je ne crois pas que l’UE sera, demain, un levier pour l’émancipation des peuples, parce qu’elle sera dominée par la droite et l’extrême droite. Mais, y envoyer des représentants du peuple sera un moyen de mener la résistance dans les travées du Parlement.

Vous êtes donné entre 2 et 3 % des intentions de vote dans les sondages. Que comptez-vous faire pour y remédier dans la dernière ligne droite ?

Il fallait que nous tracions notre sillon dans cette campagne, peu importent les sondages. Lors de la campagne de 2019, ils se sont lamentablement plantés. J’ai donc peu confiance dans ces enquêtes. Les Français font leur choix au dernier moment, et c’est encore plus vrai dans une européenne. Le niveau de participation peut tout changer.

70 % des 18 à 29 ans prévoient de ne pas aller voter le 9 juin. Que leur dites-vous ?

J’observe le décalage entre ce que nous vivons, nous, les jeunes, et les discours sur l’Europe. L’exemple le plus édifiant, c’est Erasmus, que l’on nous vante comme merveilleux. Mais seulement 5 % d’une classe d’âge participent à ce programme. C’est quoi, l’Europe, pour les 95 % restants ? C’est l’impasse écologique à laquelle l’UE est incapable de répondre en nous enfermant dans les énergies fossiles.

C’est la baisse du pouvoir d’achat, avec des jeunes particulièrement touchés, qui se tournent vers l’aide alimentaire. Que fait l’UE ? Les contrats précaires, la mise en concurrence des travailleurs, la difficulté à faire des études… Culpabiliser les jeunes pour les envoyer voter revient à les mépriser. Ce ne sont pas les jeunes qui se désintéressent de l’Europe, mais l’UE et les candidats qui se détournent d’eux. Moi, je veux parler de leur réalité, de leur quotidien.

L’écologie est la grande absente de cette campagne. Que défendez-vous ?

Je souhaite faire de ce combat une priorité, pour une écologie populaire et rationnelle. Il faut traiter le problème du réchauffement climatique sans dogmatisme. Si on veut atteindre la neutralité carbone en 2050, donc diminuer les émissions de gaz à effet de serre, il faut prioriser le fret ferroviaire et les transports en commun. Il faut aussi développer le mix énergétique entre nucléaire et renouvelable. C’est la seule façon de produire suffisamment d’électricité pour mener la transition écologique et industrielle. C’est ce discours raisonné, raisonnable, qu’il faut tenir.

Pourquoi défendez-vous l’organisation de référendums avant toute nouvelle adhésion à l’UE ?

L’élargissement sans condition, ni harmonisation fiscale et sociale s’est traduit par un accroissement de la mise en concurrence des travailleurs au sein de l’UE. De nombreuses usines ont été délocalisées à l’est parce que la main-d’œuvre y est moins chère. Les Français doivent être consultés parce que les conséquences sont très concrètes sur leur vie.

Élargir l’UE à des pays où le salaire minimum est inférieur à 200 euros par mois entraînera encore plus de délocalisations et un nivellement par le bas des salaires et des conditions de travail. L’agriculture subirait la même concurrence déloyale. Il ne s’agit pas de refuser la solidarité, il s’agit même d’aider ces pays à se développer. Mais un élargissement dans l’état actuel, c’est non.

Les délocalisations se font à l’intérieur de l’UE, mais aussi vers des pays du monde entier…

Parce que l’Europe est incapable de se défendre. Il faut remettre en place des mesures protectionnistes. Notre projet politique repose autour des trois P : protection, production, planification. Il faut en finir avec les traités de libre-échange qui saturent le marché européen de produits fabriqués dans des conditions sociales et environnementales non conformes à nos réglementations. Nous devons contrôler nos ports et docks, instaurer des taxes douanières plus conséquentes et permettre à nos marchés publics de privilégier nos usines françaises.

Nous voulons créer des filières industrielles stratégiques pour permettre à la France de retrouver sa souveraineté dans les secteurs où elle l’a perdue. Enfin, si l’on veut réindustrialiser et répondre aux impératifs environnementaux, il faut créer de nouveaux droits pour les travailleurs. Ils sont bien souvent la clé pour la reconversion de leur entreprise. Leurs choix stratégiques sont toujours plus intéressants et plus vertueux que ceux des actionnaires.

Vous défendez un espace européen de coopération. Êtes-vous pour une UE qui accueille ou qui refoule ?

On peut à la fois plus accueillir et mieux accueillir. La politique migratoire de la France et de l’UE ne peut se contenter de délivrer ou non des titres de séjour. Elle doit permettre à chacun d’être intégré pleinement dans la société. Ceux qui travaillent et tiennent nos services publics à bout de bras doivent bénéficier des mêmes droits que les autres, ce qui passe par la régularisation des travailleurs sans papiers.

J’insiste également sur la coopération. Les gens n’émigrent pas de gaîté de cœur, mais pour fuir le sous-développement. Nous devons changer notre rapport avec l’espace méditerranéen et l’Afrique subsaharienne, et multiplier les aides au développement. On ne peut pas reprocher aux gens de fuir la guerre, la misère ou la galère, quand le taux d’électrification du Niger, par exemple, avoisine les 17 %… Nos relations actuelles sont très ascendantes, avec la France qui dicte et qui pille les richesses.

Photos du meeting parisien de Léon Deffontaines, le 15 mai au gymnase Japy

La « Gauche unie pour le monde du travail » regroupe le PCF, la Gauche Républicaine et Socialiste, les radicaux de gauche, l’Engagement, le Mouvement Républicain et Citoyen. 

Reconnaître la Palestine maintenant

Je viens de signer cette pétition lancée aujourd’hui par le PCF et je vous invite à le faire également. Contrairement à ce que dit E. Macron, c’est bien le moment ! Plus qu’un symbole, c’est reconnaître le droit à la Palestine d’exister, alors que la politique de colonisation menée par Israël cherche à effacer les territoires palestiniens de Cisjordanie et Jérusalem est, et massacre la population gazaouie.

La France doit reconnaître l’État de Palestine immédiatement !

Trois pays européens, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, ont choisi de reconnaître officiellement l’État de Palestine. Désormais, au total, 147 pays dans le monde auront reconnu l’État de Palestine.

Le silence et l’immobilisme de la France sont incompréhensibles et honteux. Ils brouillent et décrédibilisent l’action de notre pays. Après avoir voté en faveur de l’adhésion pleine et entière de la Palestine à l’ONU au Conseil de sécurité le 18 avril dernier, puis à l’Assemblée générale de l’ONU le 10 mai dernier, la France doit appliquer à elle-même ses propres votes.

Il est totalement hypocrite de la part du gouvernement français de prétendre que les conditions ne seraient pas réunies.

Assez de discours ! Une action concrète est urgente.

La France doit reconnaître immédiatement l’État de Palestine, aux côtés de l’État d’Israël, sur la base des frontières de 1967. Cela serait un geste hautement politique, et concret, un engagement fort pour une paix juste et durable reposant sur une solution à deux États. Toutes les grandes voix pour la paix, en Palestine et en Israël, portent cette exigence.

La France dont la voix a longtemps compté au Proche-Orient ne peut pas rester à côté de l’Histoire. La résolution votée en 2014 par l’Assemblée nationale doit être appliquée.

Sa politique étrangère en serait d’autant plus grandie que cela représenterait une forte pression politique sur le gouvernement d’extrême droite de B. Netanyahou pour un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, alors que le procureur de la Cour Pénale Internationale vient de demander un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre deux dirigeants israéliens et trois dirigeants du Hamas. Ce serait également un engagement de la France à agir pour la fin de la colonisation et de l’occupation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, en conformité avec les résolutions de l’ONU. Alors qu’Emmanuel Macron brandit l’autonomie stratégique dans les discours et sur le papier, cela serait une réelle autonomisation vis-à-vis de la politique des États-Unis.

Assez d’hypocrisie ! Assez d’effacement !

Je signe pour que la France reconnaisse immédiatement et sans condition l’État de Palestine !

Signez ici

 

Une tribune en mai

À lire ci-dessous notre tribune municipale de mai… où nous ne faisons pas du tout ce qui nous plaît, puisque notre texte est contraint à 1334 caractères, y compris la signature, ce qui nous oblige à beaucoup synthétiser ! 

Tribunc libre des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », parue dans le Magazine de Saint Gratien de mai 2024.

Les grands ciseaux du maire

Nos interventions sur le budget 2024 ont totalement disparu du PV du Conseil municipal. C’est pourtant la seule voie d’information pour les Gratiennois, la séance n’étant pas en ligne. Une censure antidémocratique pathétique.

Pour la passerelle : signez !

La passerelle municipale à la gare est essentielle pour la liaison entre les Raguenets et le centre-ville. Sa reconstruction nous engage pour des dizaines d’années à venir. Il faut créer une large passerelle empruntable par tous, yc pour les caddies, poussettes, vélos et fauteuils roulants. Ce doit être l’occasion d’une large concertation. Signez notre pétition pour le demander au maire : https://chng.it/ZNDsybGzbd

Dérive lamentable de J. Eustache-Brinio

Maire, elle avait plombé nos finances par des emprunts toxiques chez Dexia, et fait condamner la ville pour discrimination en refusant l’accès de la cantine à des enfants de réfugiés. Sénatrice, le naufrage s’accélère. Elle vote POUR la retraite à 64 ans, CONTRE le bouclier énergétique pour les collectivités, CONTRE l’inscription de l’IVG dans la Constitution et signe un rapport qui s’inspire de complotistes dans une croisade transphobe et discriminatoire. Sans jamais rendre compte de ses mandats !

I.Volat, St. Bauer
FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen
Blog : isabellevolat.fr

8 mai 1945

8 mai 2024 : 79è anniversaire de la défaite nazie

Nous étions, comme chaque année, présents à la cérémonie gratiennoise pour commémorer cette date qui nous tient à cœur. Voici quelques images de la place Gambetta puis du cimetière.

Une fois n’est pas coutume, nous avons apprécié une partie du discours du maire. Julien Bachard a en effet assez longuement évoqué la mémoire de Jean Moulin, rappelant l’unité mais aussi la diversité des mouvements de résistance, citant les communistes et Gabriel Péri. Il a rendu hommage à « tous ces combattants qui surent faire fi de leurs divergences », nous rappelant en quelque sorte la rose et le réséda *. C’est assez rare pour être souligné ! Pas assez d’audace cependant pour aller jusqu’à évoquer Manouchian, tout récemment entré au Panthéon, ni la place des étrangers dans la Résistance. La fin de l’allocution fut plus banale avec un appel à défendre la paix qui nous a paru rester trop formel.

Il y avait peu de monde ce matin devant le monument aux morts, fraîchement nettoyé. Heureusement que les jeunes élus du Conseil municipal des enfants, et leurs parents, étaient là pour faire nombre, ainsi que des jeunes des collèges de la ville. Convier la jeune génération à divers moments officiels de commémorations, c’est bien évidemment utile. Attention toutefois, en ce qui concerne le Conseil municipal des enfants, à ne pas les confiner à un simple rôle d‘accompagnement des cérémonies, ce qui semble être le cas jusqu’à maintenant.  

* La rose et le réséda, poème de Louis Aragon, extraits

Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Et leur sang rouge ruisselle

Même couleur même éclat

Il coule il coule il se mêle

À la terre qu’il aima

Pour qu’à la saison nouvelle

Mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Où l’on reparle de la banque Dexia…

Suite de notre compte-rendu de la séance du 21 mars 2024 du Conseil municipal de Saint Gratien

Nous votons pour une subvention exceptionnelle au CCAS, qui n’est hélas pas une augmentation de l’aide à apporter aux familles en cette période de forte inflation, mais seulement une subvention ponctuelle destinée à l’achat de deux véhicules frigorifiques pour le portage des repas des personnes âgées. Une subvention exceptionnelle pour une dépense ponctuelle, ce qui fait que la subvention au CCAS reste de fait inchangée depuis de nombreuses années. La ville nous affirme qu’elle est suffisante pour répondre aux besoins, ce dont nous doutons fortement.

Nous votons contre la décision modificative liée au budget 2024 que nous n’avons pas approuvé. Nous interrogeons à ce propos sur le coût de « l’ilot de fraicheur », nouvelle dénomination des espaces verts, situé place Marcel Sembat car il nous semble bien élevé : plus de 143 000€. Ceci comprend l’acquisition et la démolition des boxes anciennement situés à cet endroit. Nous nous étonnons de la nécessité d’un système de vidéoprotection pour le jardin pédagogique des Raguenets, mais le maire nous indique que c’est la règle pour tout lieu accueillant du public.. Nous sommes donc partout vidéosurveillés, oups, « vidéoprotégés » ce qui est infiniment plus positif.

Le vote des taux d’imposition 2024 n’apporte pas de débat particulier, les taux restant inchangés (39,91% notamment sur les propriétés bâties). Personne n’a oublié leur forte augmentation en 2023, +14% du taux communal, ce qui couplé à la forte augmentation des bases, a entraîné une hausse de +22% de la taxe foncière. Une remarque : nous manquent cette année les comparatifs avec les taux des communes avoisinantes, les taux des communes de même strate et les taux départementaux, pourtant promis en commission.   

La ville demande la prorogation du dispositif du « fonds de soutien » relatif aux emprunts structurés… ceux-là même que l’adjoint aux finances se risque parfois à appeler « toxiques ». Cela concerne un emprunt dont les taux sont corrélés au dollar américain et au franc suisse.

La ville bénéficiera donc du fonds de soutien jusqu’à son extinction en 2028, mais le prêt court lui jusqu’en 2032.

Le taux de ce prêt au 1er avril 2024 est de 8,9%. Le reste à charge (surcoût) pour la ville sera de +4000€, après versement du fonds de soutien, qui, rappelons-le, est issu des poches des contribuables. Le surcoût total est de +27 000€, pour un emprunt qui ne s’élève plus qu’à 200 000€… une bonne affaire qui ne saute pas aux yeux..

Nous nous sommes souvent exprimés sur ce dossier et avons toujours condamné ce recours à des prêts très risqués, puisque indexés sur la parité entre monnaies étrangères. Cela avait conduit à des taux d’intérêt de 23% et des renégociations en catastrophe, très coûteuses pour les finances de la ville. Le maire et l’adjoint aux finances se refusent aujourd’hui à tirer le bilan de ces emprunts contractés en 2007 par J. Eustache (qui curieusement, n’intervient jamais sur ce dossier) et qui courent jusqu’en 2032. La promesse nous avait pourtant été faite de faire les comptes, une fois ce dossier clôturé.

Les emprunts toxiques s’élevaient à l’origine à 7 millions d’euros. En intérêts, ils auront coûté à la commune 5 804 00€, à savoir : remboursements, frais des deux renégociations, échéances « dégradées » en 2014, 2015, 2016 avec des surcoûts de 300 000 à 500 000€ avec des taux à 19%, 21% et 22%, le surcoût de 125 000 lié à un nouvel emprunt avec Dexia sur 15 ans à 4,65%… Addition : 5,804 millions. Le fonds de soutien s’élevant à 2,12 millions, le solde est donc de 3,577 millions. La réponse du maire ? « Bon, allez.. on passe au vote.» 

Certes, Saint Gratien n’est pas la seule commune à être tombée dans le piège de ces prêts. Mais elle n’a jamais reconnu son erreur et a au contraire toujours vanté « sa bonne affaire », alors même qu’elle portait plainte contre la banque Dexia.. Elle a toujours refusé d’en tirer le bilan, se contentant d’affirmer que cela lui avait permis de financer plusieurs équipements. Mais à quel prix !

La ville étend le périmètre du dispositif du « permis de louer », qui permet de mieux lutter contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil. Cela aurait d’après le maire un effet dissuasif puisque les propriétaires sont obligés de déclarer leurs locations, et un effet de contrôle en cas de signalement par un locataire ou à l’occasion d’une relocation.

Enfin, la ville reconduit de nouveau sa « brocante de rue » le 30 juin avenue Terré. Comme d’habitude, nous dit l’adjoint au commerce dans sa présentation. Nous regrettons que cette initiative se déroule immuablement dans le même quartier. Pourquoi pas en centre-ville, ou aux Raguenets, où il y a des commerces et où les habitants seraient aussi contents d’avoir de l’animation dans leur quartier ? Et pourquoi interdire la vente (et même le don !) de vêtements, alors que c’est cela qui intéresse nombre de familles dans un contexte économique difficile ? Notamment les vêtements d’enfants sont très demandés. Nous nous abstenons donc sur ce sujet.

Prochain Conseil municipal le 20 juin. Des séances qui se font de plus en plus rares ! On le regrette, car la démocratie locale souffre de cette gestion municipale de moins en moins partagée.  

Une passerelle accessible à tous

Je vous invite à signer la pétition proposée par « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », suite au démontage de la passerelle de la gare RER de Saint Gratien le 13 avril dernier.

Cette initiative vise à faire reconnaître l’importance pour les Gratiennois·es de ce cheminement piéton, et la nécessité de l’améliorer en le rendant praticable aisément par tous et toutes.

Cet équipement, que beaucoup pensaient propriété de la SNCF, est en fait municipal. Cette liaison entre les Raguenets et le centre-ville était très utilisée, malgré le fait qu’elle était très raide, d’une trentaine de marches, impraticable aux vélos, caddies de courses ou poussettes d’enfants, et totalement impossible à franchir pour les personnes à mobilité réduite. Mais il s’agit d’un des deux seuls passages piétons pour relier les deux quartiers. L’autre est évidemment la rue d’Argenteuil, itinéraire plus long, où la circulation est importante et les trottoirs étroits. Sans la passerelle, l’accès piéton entre les Raguenets et les autres quartiers de la ville se complique donc un peu plus.

Parce que je pense que la circulation des piéton·nes et des cyclistes est essentielle dans une ville, et que la reconstruction de la passerelle se fera pour des dizaines d’années à venir, il me semble qu’il faut profiter de l’occasion pour créer une liaison accessible à tous.

Ce projet pourrait être accompagné d’une large consultation citoyenne.

Peut-être ce débat ferait-il émerger d’autres solutions, telles que l’aménagement ou l’élargissement du souterrain existant, qui lui, appartient à la SNCF mais pourrait être accessible à tous.

En tout cas, la ville ne peut ignorer toute l’importance d’atténuer la coupure physique entre les quartiers, et doit saisir cette occasion qui ne se représentera pas de sitôt. C’est le sens de notre initiative.  

Pour signer en ligne : https://chng.it/NHdFWbK8SL

Vous pouvez aussi signer la version papier et nous la faire parvenir, soit en nous la donnant le dimanche matin au marché municipal, soit en nous envoyant votre accord via un message sur ce blog.

Un dernier coup de chapeau à toutes celles et tous ceux qui ont œuvré sur le terrain à ce chantier hors normes, ouvrier·ères, technicien·nes, ingénieur·es, conducteur·trices d’engins… La place de la gare était rendue à la circulation dans les temps, le trafic SNCF a repris comme prévu, bravo !

Photos S.B./I.V.

50 tonnes de nostalgie

Nous n’aurions manqué l’événement pour rien au monde !

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une passerelle de 50 tonnes s’élever dans les airs et passer au-dessus des bâtiments de la gare ! Opération pleinement réussie et totalement maîtrisée grâce au savoir-faire des salariés de plusieurs entreprises, qui ont œuvré sur place à ce chantier de titans depuis toute la semaine. Une technique et une habileté qu’on admire en voyant décoller sans peine cet ouvrage qui tourne ensuite délicatement pour venir se poser en douceur sur la place de la gare…  

Et puis aussi beaucoup d’émotion puisque bon nombre des spectateurs d’aujourd’hui ont souvent emprunté la passerelle et la voient partir avec un pincement au cœur.. sans savoir ce qui la remplacera, ni à quelle échéance.

Construite en 1936, et inaugurée par Léon Blum, comme nous l’avons appris cet après-midi, elle a vu passer foultitude de piétons, voyageurs de la gare, habitants des Raguenets ou du centre, qui reliaient ainsi rapidement (mais non sans effort !) les différents quartiers de Saint Gratien. Elle n’était certes pas facile pour les personnes âgées ou à mobilité difficile, inaccessible aux vélos et poussettes d’enfants ! Mais on la voit déposée et promise au découpage avec un brin de nostalgie.

La question reste entière de l’équipement qui la remplacera… Nous serons attentifs à ce dossier, essentiel pour la liaison entre les quartiers.

Merci à S.B. pour ses photos !