Manque d’ambition

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Point essentiel de la séance du Conseil ce 19 décembre 2024 : le vote du budget primitif de la commune. Sans surprise, nous avons voté contre, en voici les principales raisons.

En décembre, nous sommes toujours dans l’expectative puisque dans l’attente des mesures du budget 2025 concernant les collectivités locales. Il y a donc de grandes incertitudes, puisque les précédentes annonces gouvernementales prévoyaient entre 5 et 11 milliards de ponction sur les collectivités. C’est un moment compliqué pour voter un budget local, comme cela a été évoqué lors du débat de novembre sur les orientations budgétaires.

Quelques remarques avant notre appréciation générale.

En ce qui concerne les dépenses de personnel, il est fait état d’une progression modérée en 2025 (+1,58%) malgré que les cotisations à la caisse de retraite des agents (CNRACL) soient en nette hausse. Les dépenses liées au personnel représentent 54% des dépenses de fonctionnement de la ville alors que la moyenne dans les villes de même importance est de 62%.

Cela est peut-être bénéfique pour les finances de la ville mais pour les agents ? Comme nous l’avons vu dans un dossier précédent, la grande majorité des employés communaux ou plutôt des employées communales, est en catégorie C avec des salaires…. modestes.  Reconnaître et vanter les mérites  des agents de la ville, comme le fait régulièrement le maire, c’est bien. Mais pour nous, cela passe aussi par des rémunérations à la hauteur de leur engagement. On note que le versement du « bonus attractivité » à certains agents représente par exemple un effort plutôt modéré pour le budget de la ville : 78 000€.

Des motifs d’inquiétude : le taux de CDD passe de moins de 17% en 2022 à 23,5% en 2024, les agents titulaires ne représentent plus que 60,5% des effectifs, contre 64% en 2022. C’est une précarisation des statuts. Le nombre d’assistantes maternelles diminue d’un tiers.

Dépenses de fonctionnement

Curieusement la ville ne s’étend pas (ni tableau, ni graphe) sur la forte augmentation des charges à caractère général. Elles sont en hausse de +31% en 4 ans sans que le document ne nous l’explique. De même les charges de gestion augmentent de +37% sur la même période, sans que la ville ne commente ces chiffres. Il y a là peut-être des économies à faire. La ville en recourant massivement à de la sous-traitance, ne maîtrise plus certains ouvrages, des compétences et connaissances ont été perdues. Dès qu’il faut réfléchir à un projet, on recourt à un cabinet extérieur. Quant aux concessionnaires, on voit (stationnement payant, marché..) qu’ils recourent largement à des augmentations de tarifs.

Sur les travaux annoncés pour 2025

La ville prévoit 9,7M€ de travaux. C’est un montant jamais atteint les années précédentes et il comporte bien évidemment des reports d’opérations prévues en 2024 mais pas réalisées.

Les travaux pour 2025 sont principalement la réhabilitation du centre du Parc et la reconstruction de Camille Claudel après l’incendie de juillet 2023. Cette dernière est subventionnée ou couverte par les assurances à quasi 100%. Le centre du Parc était lui dans un tel état de délabrement qu’il devenait urgent d’agir.

Le montant des investissements hors Camille Claudel est de 245€ par habitant, largement en-dessous de ce que dépensent la moyenne des villes de même importance que Saint Gratien. Surtout, ces investissements ne sont pas à la hauteur des besoins en matière de jeunesse et de bifurcation écologique. 16% seulement des travaux concernent ce dernier point, et seulement à peine 10% le secteur de la jeunesse, enfance et éducation. Les investissements restent principalement consacrés à la voirie : 30% des travaux.

Nous nous étonnons de voir des travaux de voirie dans des rues en assez bon état, comme Gabriel Péri, ou Hémonnot. Les travaux en mairie sont par contre nécessaires, et les bureaux des étages mériteraient d’ailleurs aussi une rénovation.

On remarque une somme extravagante de 834 000€ pour l’extension de la vidéosurveillance ! Il y a certes 700 000€ de subventions.. mais qui sont aussi de l’argent public. Le tout pour une course aux dispositifs technologiques qui ne remplaceront jamais la présence humaine.

D’un autre côté nous voyons à peine 400 000€ pour les travaux dans les écoles, ce qui veut dire que la dés-imperméabilisation des cours sera modérée ! 56 000€ sont prévus pour la cour de l’école Jean Jaurès ; 59 000€ pour la cour de Jules Ferry, qui ne compte actuellement… qu’un seul arbre.

Pour finir, on remarque que le total des travaux sera de 23 millions d’euros sur le mandat 2020/2026, contre 44 durant le mandat précédent. Pour la majorité, cela s’explique par le fait que la ville est déjà très bien équipée… plus besoin d’équipements nouveaux ! Un avis que nous ne partageons évidemment pas.

 

La dette

La majorité fait une priorité de contenir la dette au même niveau, voire moindre,  qu’en début de mandat : environ 20 millions d’euros. Mais la dette en elle-même n’est pas diabolique, ce qui importe c’est le taux des emprunts, le coût de la dette. La ville devrait le savoir, puisqu’elle a connu des taux pharamineux au temps de la flambée de ses prêts toxiques !

On remarque au passage que le surcoût lié au dernier emprunt toxique, bien que ce dernier soit d’une part à présent négligeable dans l’encours de dette, s’élèvera en 2025 aux alentours de 32 000€… heureusement pris partiellement en compte par le fond de soutien national… c’est à dire au final le contribuable.

Cette frilosité sur la dette entraîne selon nous un niveau d’investissement inférieur aux besoins et aux enjeux, notamment écologiques.

Tous ces choix budgétaires sont évidemment révélateurs des ambitions de la majorité municipale.

Notre avis général sur ce BP 2025

Les montants annoncés des investissements sont supérieurs aux autres années. Certes deux centres culturels seront réhabilités ou reconstruits (Claudel subventionné en quasi-totalité).

Une part toujours importante est comme chaque année dédiée aux aménagements urbains, avec en 2025, une partie significative pour les LED qui équiperont les lampadaires. Ce sont des économies futures certes mais on éclaire toujours des rues vides d’habitants la majeure partie de la nuit avec des nuisances écologiques non négligeables.

Il y a des acquisitions foncières rue Léon Fontaine pour un projet qui nous est à ce jour inconnu… un espace vert agrandi ? Si peu sur la passerelle de la gare, projet sur lequel on a zéro info…Si peu pour les écoles ce qui laisse augurer des travaux a minima dans les cours. Rien pour le centre de loisirs Fossiez qui pour  le coup ne fait pas l’admiration des villes voisines (argument imparable puisqu’invérifiable, souvent avancé par la majorité pour vanter nos équipements gratiennois..)

Aucun aménagement cyclable pour encourager les mobilités actives : c’est sans surprise étant donné la position de la majorité sur le sujet, comme on l’a vu dans les échanges sur le projet de plan des mobilités en Île-de-France.

En février 23, nous avions interrogé sur un état des performances énergétiques des bâtiments communaux. Pas eu de nouvelles depuis de ce cabinet d’études qui devait faire un diagnostic et conseiller la ville pour des travaux éventuels. Quid des fenêtres de Grusse Dagneaux dont une partie est toujours en bois et de celles de Jean Jaurès qui s’ouvrent et se ferment difficilement, avec un fabricant qui n’existe plus ?

Bref si les montants des investissements peuvent paraître plus importants, il n’y a pas de prise en compte des enjeux en matière d’adaptation au changement climatique, ni de mobilités différentes.

Pour le fonctionnement, on pèse toujours sur le personnel. Les dépenses sociales sont a minima comme les sommes consacrées aux écoles, augmentées en 2024 après 10 ou 12 ans de stagnation et qui seront à nouveau grignotées par l’inflation. Les tarifs des services n’augmentent pas. C’est donc possible ! Par contre,  jamais la grille des quotients familiaux n’est revalorisée à hauteur de l’inflation.  Ce sont là des avantages grignotés peu à peu pour les familles.

En matière de solidarité, le compte n’y est pas. En matière d’évolution écologique, le compte n’y est pas. Et dans le domaine scolaire, le compte n’y est pas non plus. Cela devrait pourtant être un axe essentiel de l’action municipale. En matière d’information et de démocratie, le compte n’y est pas non plus. Pas de concertation sur ce budget, info a minima des élus de la minorité, pas de budget participatif, pas de réunion de présentation aux habitants…

Rien ne change et pour nous, il est temps que cela change.

Nous votons ensuite pour les subventions au Centre Communal d’Action Sociale, aux coopératives scolaires et aux associations pour l’année 2025.

Nous voterons ces subventions bien évidemment mais en faisant quelques remarques. Les subventions pour les coopératives scolaires relèvent de l’anecdotique, bien que réévaluées de 10% en 2024. Le total pour les 14 coopératives est de 2412€… La participation aux projets des classes de CM2, bien qu’augmentée elle aussi en 2024 après 15 ans de non-évolution, demanderait à être revue tous les ans a minima en fonction de l‘inflation. L’organisation de projets pédagogiques voire de mini-séjours coûte de plus en plus cher, notamment les locations de cars.

Le total 2025 des subventions aux écoles est de 33 500€, en baisse de plus de 5000€ sur 2024, puisque moins d’élèves sont concernés. Cela reste très modeste dans un budget communal.

Quant à la subvention au CCAS, ses augmentations sont dues à des transferts divers. Cette année 800 000€ de mieux pour  compensation d’un transfert de personnel de la ville au CCAS. Est-ce à la hauteur des besoins d’aide sociale qui sont partout en forte augmentation ?

Pourrait-on rêver des subventions en augmentation en fonction de l’inflation ? La réponse était prévisible : soyez contents qu’elles soient maintenues…

Prochain Conseil municipal le 13 février 2025

Mobilités et immobilisme

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Le Conseil débat ensuite du projet de Plan 2030 des Mobilités en Ile-de-France, document qui émane de de Région et sur lequel la commune doit donner un avis.

Remarque préalable : ces documents, qu’il s’agisse du PDUIF (Plan de déplacements urbains d’Île-de-France) puis à présent PMIDF, mais aussi le PLM (plan local des mobilités), ou encore le PCAET (plan climat-air-énergie territorial), le SDRIF (schéma directeur de la Région Île-de-France)…  sont très peu connus des citoyens. Comment les faire connaître et débattre ? Ils mériteraient d’être présentés en réunion de quartier ou en réunion publique.

Le document de la Région est évidemment beaucoup plus complet que la présentation succincte qui en est faite dans notre dossier. Nous aurions pu avoir au moins la synthèse. De plus, une concertation, peut-être imparfaite, a concerné les élus, et notamment les maires des communes concernées. Le projet circule depuis 2022 et ne tombe pas sur la tête de la municipalité de façon inattendue. Par contre les élus minoritaires que nous sommes n’ont jamais été informés de ce dossier par la commune.

Aller plus loin : lire la synthèse du PMIDF

Il y a dans ce projet de nombreux points intéressants que nous portons depuis des années et qui sont incontournables. Citons par exemple la nécessité de développer les modes actifs et les transports collectifs et de soutenir l’essor du vélo par des infrastructures adaptées ; l’autopartage ; l’accessibilité des transports collectifs ; l’amélioration de la qualité de l’air ; la réduction des émissions de gaz à effet de serre ; la limitation de l’artificialisation des sols ; un meilleur partage de la voirie urbaine ; la place du piéton ; l’écomobilité scolaire…

Ce sont des objectifs environnementaux et sanitaires louables. Il y a urgence vis-à-vis du changement climatique car 2030 c’est demain.

Bien évidemment nous ne sommes pas naïfs non plus ! On connaît l’état désastreux des transports collectifs, et la responsabilité d’Île-de-France Mobilités et de sa présidente, Valérie Pécresse.

Mais on ne peut pas se contenter de dire « non » sans rien proposer d’autre. C’est le reproche qui nous est souvent adressé par la majorité !

Nous ne comprenons donc pas la position proposée par la ville : s’opposer au projet de plan de la Région.

Les arguments de la ville sont d’ailleurs très surprenants.

Il est incohérent par exemple de lire sous la plume de la ville que St Gratien « ne dispose pas d’un réseau de transport à la hauteur des enjeux de mobilité attendus ». Les habitants seraient contraints d’utiliser la voiture, et il ne faut donc pas réduire sa place… Or, nous avons trois gares importantes sur notre territoire, des lignes de bus en nombre. Nous sommes certes les premiers à dénoncer les difficultés de fonctionnement, le manque d’entretien et les privatisations annoncées par V. Pécresse, qui font que ces transports collectifs sont de moins fiables. C’est tout le sens de notre engagement dans la campagne « Stop galère » menée par les conseillers régionaux de gauche, à l’initiative du groupe communiste, campagne dont nous avons rappelé l’existence au Conseil. Mais néanmoins ces transports en commun existent sur notre territoire ! Et cela ne peut servir de prétexte pour rester inactifs face aux défis des mobilités futures.

La ville invoque aussi « les contraintes du territoire » en citant l’absence de transports entre Cergy et Saint Gratien. Mais elle oublie de citer les responsables de cet état de fait. Il n’y a pas de tramway à St Gratien, nous dit encore le maire. Trop fort pour le coup ! Qui ne s’est jamais engagée pour réclamer la poursuite jusque chez nous de la ligne de tram d’Épinay, au prétexte que la ville serait coupée en deux ? J. Eustache, à l’époque maire et conseillère régionale.. St Gratien est la ville la plus dense du 95, nous dit-on encore, et il est difficile d’agir sur ce territoire très urbanisé. Mais à qui la faute ? Qui est aux affaires depuis 40 ans ? Localement, depuis 1990 nous alertons sur le bétonnage excessif de notre territoire et insistons sur la nécessité de s’engager vraiment pour un développement durable. J’ai retrouvé plusieurs de nos tracts de l’époque, réclamant davantage d’espaces verts et dénonçant la densification excessive. 

Et maintenant il faudrait attendre une hypothétique amélioration des transports pour développer les mobilités actives ? Attendre 2050 pour une ligne 19 ? Attendre pour le covoiturage que la majorité a récemment refusé sur l’A15 ?

Nous estimons que la ville ne peut se contenter de l’immobilisme. Comme en 2018 lorsque Francis Rol-Tanguy, préfet chargé des transports avait préconisé la réalisation de la « tangentielle nord ». Saint Gratien n’a à l’époque pas émis d’avis pour soutenir ce projet.  

On ne peut pas en rester au statu quo, et attendre l’amélioration certes souhaitable des transports collectifs pour limiter la place de la voiture dans nos villes, et développer la pratique de la marche et du vélo. Aussi, nous votons contre l’avis négatif de la ville sur ce projet de plan des mobilités en Île-de-France.

La formule

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Après quelques questions sur les décisions du maire (14 depuis le Conseil de novembre, certains non anodines..), nous prenons acte du traditionnel (et obligatoire) rapport sur l’égalité hommes/femmes. Un document toujours intéressant car il donne quelques chiffres sur la situation du personnel féminin de la commune. Nous demandons à connaître aussi les chiffres des temps partiels accordés, ceux des arrêts de travail, les jours de congé pour enfant malade et le montant des indemnités versées,  le tout avec une répartition hommes/femmes. Nul doute qu’il y a dans ces domaines des inégalités persistantes.  

Sur le territoire, une question est peu traitée : comment lutter contre les violences faites aux femmes ? La ville peut-elle éditer une brochure reprenant les différentes démarches possibles quand on est confronté à de telles situations ? La ville peut-elle engager des actions spécifiques dans le cadre de journées nationales, telles que le 25 novembre, journée de lutte contre les violences faites aux femmes et le 8 mars, journée internationale des droits des femmes ? Réponse floue sur ces points.

Nous votons contre les nouveaux tarifs de stationnement dans le parking P1.  

Des augmentations record ! Les tarifs horaires sont en hausse de +5,8%, +7%, +8,3%, +9% et jusqu’à 9,3%, les abonnements de plus de 8%.  

On remarque des tarifs un peu aberrants : le ¼ d’heure est à 50 c entre 45 min et une heure de stationnement… à 60c entre 1h30 et 1h45.. mais à 20c ensuite..

Le gestionnaire Effia a réalisé 204 000€ de recettes en 2023 avec un bénéfice de 26 000€, selon le compte rendu d’activité que nous avons vu en septembre, dans un document qui était d’ailleurs truffé d’erreurs. La ville quant à elle, perçoit une redevance d’environ 16 000€.

La délégation de service public pour le stationnement payant est de 10 ans. La ville se contentera pendant 10 ans d’avaliser les augmentations prévues par le contrat, selon une formule bien opaque dont on nous dit qu’elle est basée sur les salaires et l’énergie. Un point important dans ce contrat mais qui curieusement n’a pas été mis en avant lors du vote de la délégation de service public à Effia…

Le maire minimise les hausses en mettant en avant la gratuité de la première demi-heure, très utilisée par les Gratiennois. Il n’en reste pas moins que les 200 004€ ont été perçus par Effia en 2023. C’est autant que les Gratiennois ne dépenseront pas dans les commerces.    

D’autres villes ont opté pour un stationnement réglementé mais non payant.

Voici la fameuse formule pour les lecteurs du blog qui voudraient s’amuser :

Kn = 0,15 + 0,70 (ICHT-rev-TS/ICHT-rev-Tso) + 0,15( EBIQ/EBIQo)

Nous votons également contre les tarifs du marché municipal pour l’année 2025. Là encore, il s’agit d’une délégation de service public pour une durée de 13 ans. Le contrat prévoit des augmentations annuelles des droits de places des commerçants.         

Ces tarifs augmenteront de 4,56% ! Quelle justification à une telle hausse ? Pour mémoire, les tarifs avaient déjà augmenté de +3,29 % en 2024 et +2,60% en 2023. De plus le concessionnaire ne tient aucun de ses engagements… La ville dira ensuite que le marché est trop cher, mais visiblement elle y contribue. Notamment le concessionnaire avait une obligation de taux de remplissage de la halle de 90%. Or nous voyons le marché dépérir peu à peu, la fréquentation s’érode, le marché du mercredi est particulièrement fragile.

Plus grave encore, les commerçants paient des notes d’eau et d’électricité sans factures du concessionnaire, même si l’arrivée d’un nouveau placier a quelque peu clarifié certains points. Ces « dérives » ont été constatées dans de nombreux autres marchés d’Île-de-France et sont régulièrement dénoncées dans la presse locale. Le maire reconnaît être en conflit avec Mandon sur de nombreux points mais il réaffirme que la ville ne doit surtout pas être à l’initiative d’une rupture du contrat. Sauf que Mandon avait rompu ce contrat par lettre recommandée en avril dernier…  

À suivre…

Des réponses a minima

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Après avoir répondu aux inhabituelles questions orales de son propre groupe, le maire répond à celles des groupes de la minorité. Voici les nôtres, pour notre groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». La première et la dernière de nos questions ont également été posées par un autre groupe.

1 – Traversée voie ferrée en l’absence de passerelle au-dessus du RER C

Depuis des mois (cf. conseil de février 2024, suite à la fermeture de la passerelle), nous attendons que les contremarques gratuites de la SNCF permettant d’emprunter le souterrain de la gare RER sans titre de transport soient enfin disponibles et distribuées aux Gratiennois· e· s qui en feraient la demande. La ville a-t-elle des informations et quelle publicité sera ensuite faite de ce dispositif auprès de la population ?

Réponse du maire : depuis le 17 décembre, les habitants situés dans le périmètre retenu peuvent obtenir un « pass » gratuit pour emprunter le souterrain  de la gare de Saint Gratien. Une affiche est apposée dans les panneaux administratifs de la gare et du centre commercial des Raguenets, et un flyer est en cours de distribution dans toutes les boites aux lettres concernées ou affiché dans les halls des immeubles. Le retrait des « pass » se fera directement au guichet de la gare le mardi entre 7h et midi ; le jeudi entre 14h et 19h30 ; le samedi entre 9h30 et 13h, en présentant les pièces justificatives.

Notre commentaire : la passerelle a été démontée le 19 avril 2024… et dès connu cet événement, nous avions réclamé qu’un passage puisse être autorisés pour les Gratiennois sans titre de transport. Huit mois plus tard, il est enfin en place !  

2 – Passages piétons et passages réservés aux cyclistes

Des dispositifs d’éclairage particuliers des passages piétons avec détection de présence humaine permettent une meilleure sécurisation des traversées piétonnes. Il existe même des procédés de signalisation lumineuse au sol de ces passages, comme pour les pistes cyclables, qui amènent un meilleur respect du passage piéton et des cyclistes par les automobilistes. La ville a-t-elle engagé une réflexion sur ces possibilités ?

Réponse du maire : la ville a effectivement engagé une réflexion qui devrait aboutir à des propositions prochainement.

Notre commentaire : information a minima… nous en saurons davantage quand les dispositifs seront installés, concertation inexistante oblige. C’est pourtant une question que nous avons soulevée à plusieurs reprises depuis quelques mois.  

 3 – Entretien des trottoirs

Le maire a précisé en réunion de quartier le 12 décembre 2024 que « l’entretien des trottoirs revient aux riverains ». Or, sur le site de la ville, nous lisons que seul le balayage des trottoirs (comme l’enlèvement de la neige) incombe aux riverains. Qu’en est-il et quelle publicité est faite à d’éventuelles obligations de désherbage notamment ?

Réponse du maire : en vertu de ses pouvoirs de police, le maire apprécie au cas par cas et au vu des moyens dont dispose la commune, s’il est opportun de faire supporter le nettoiement, dont le désherbage des trottoirs, par les riverains. Ces derniers doivent procéder à l’élagage des plantations qui empiètent sur le domaine public.    

Notre commentaire : réponse un peu surprenante et certainement très mal connue en ville ! « Au cas par cas » laisse la porte ouverte à toutes les interprétations…

4 – Place des Cyclades 

Cette grande place de centre-ville est aujourd’hui un espace peu attractif, tant au niveau du revêtement du sol que des quelques aménagements et mobiliers urbains qu’elle comporte. Comment la ville pourrait-elle aménager cet endroit pour le rendre plus agréable pour les habitants et plus propice à diverses animations conviviales et jeux d’enfants ?    

Réponse du maire : un plan de rénovation des espaces publics de la ville a été établi et dès 2025, le mobilier urbain de la place François Truffaut sera par exemple remplacé, pour poursuivre ensuite sur Berthie Albrecht. Les espaces privés, tels ceux par exemple des copropriétés des Cyclades et des Cygnes feront l’objet d’une programmation ultérieure. S’agissant des animations pour enfants, elles ne sont pas souhaitées par les habitants pour éviter les nuisances sonores.

 Notre commentaire : heureusement que cette question nous a permis de découvrir l’existence d’un plan de rénovation des espaces publics… sur lequel bien évidemment nous ne serons pas consultés, comme sur l’aménagement des passages piétons. On regrette l’opposition a priori aux jeux d’enfants, qui certes crient parfois en jouant ! De là à les cataloguer en « nuisances sonores »…  

5 – Mayotte

L’île de Mayotte vient d’être ravagée par un cyclone d’une ampleur inédite. Les besoins sont immenses pour ce territoire déjà très défavorisé. Nous savons que la politique de la ville est de ne pas verser une aide financière. Malgré tout, comment peut-elle d’une part encourager les citoyens à participer de quelque manière que ce soit, à l’indispensable solidarité que requiert ce drame ? D’autre part, St Gratien, ville non jumelée jusque-là, peut-elle engager des démarches de l’ordre du symbole et travailler à son jumelage avec une des villes de l’ile de Mayotte, pour de futurs échanges culturels et de solidarité ?

Réponse du maire : comme la ville le fait à chaque catastrophe, et elles sont de plus en plus nombreuses, la ville met sur ses sites les coordonnées de plusieurs associations qui collectent des dons pour Mayotte. En ce qui concerne un éventuel jumelage, il s’agit d’un département français et la ville n’a pas vocation à se jumeler avec l’une de ces villes.   

Notre commentaire : le service est très minimum. Quant au jumelage, bien entendu rien n’interdit à des villes françaises de se jumeler entre elles.

À suivre : les dossiers essentiels de la séance, notamment le vote du budget 2025, les subventions aux associations, l’augmentation des tarifs du parking P1, l’avis de la commune sur le plan de mobilités en Île-de France, et les droits de places du marché municipal.

Sentiment

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Deuxième surprise ! Le groupe « UPSG » a une autre question orale au maire… Elle porte sur l’installation en 2025 de nouvelles caméras de vidéosurveillance, qui s’ajouteront aux 45 déjà en place sur le territoire communal.

Le groupe UPSG, par la voix de l’adjoint au développement durable (un lointain rapport avec les caméras..) indique trouver l’initiative pertinente. On va de surprise en surprise !

Le maire se fait donc un plaisir de détailler le projet. Selon le maire, police municipale et nationale sollicitent chaque jour (!) les images de la vidéoprotection (dénomination positive de la vidéosurveillance, ndlr) pour des identifications de suspects, levées de doutes ou appuis opérationnels. Il détaille ensuite trois exemples : bagarre, refus d’obtempérer, suivi d’individus en repérage… L’investissement dans 70 nouvelles caméras répond, selon lui, à un objectif de sécurité et de bien-être des Gratiennois, avec un maillage territorial équitable.  Les quartiers n’étaient pas tous couverts mais ce sera désormais le cas. Pour prévenir et dissuader, les caméras sont des outils efficaces pour prévenir les comportements délictueux et les actes de vandalisme, les agressions ou autres infractions. Avec cette extension, la ville augmente significativement sa capacité à anticiper et éviter ces situations. Pour aider la police nationale dans ses enquêtes, en cas d’incident, les images permettront d’identifier les responsables et d’apporter les preuves aux forces de l’ordre.  En couvrant l’ensemble des quartiers, la ville améliore sa capacité à résoudre les incidents rapidement et efficacement. Enfin cet investissement répond aussi à la demande des habitants, car les Gratiennois aspirent comme tous les Français à vivre dans un environnement sûr. Le maire estime qu’il était de sa responsabilité d’agir en ce sens. Ajouté au renforcement des équipes de la police municipale, c’est une étape importante dans l’engagement pour une ville plus sûre et plus sereine. 

Nos commentaires

On imagine volontiers que la majorité a débattu de cette question lors de ses réunions internes, et qu’il est simple d’y consacrer un article dans la prochaine revue de la ville. Pourquoi alors la poser en Conseil municipal ?  On espère en tout cas que le maire n’a pas été le seul à y travailler puisque son groupe lui demande de le présenter. Mais décidément ce soir, tout est possible en salle des mariages.

Sur le fond de ce dossier

La ville va donc investir 834 000€ pour 70 nouvelles caméras. Certes, l’opération est subventionnée à hauteur de 700 000€ : toujours de l’argent public issu de la poche du contribuable, rappelons-le. Les caméras sont très coûteuses, comparons leur coût aux 21 000€ que la ville consacrera cette année aux travaux dans les structures de la petite enfance, ou aux 392 000€ pour les travaux dans les écoles… Une somme particulièrement importante donc.

Sont-elles au moins efficaces, ces caméras ? Nous nous sommes déjà exprimés sur ce sujet, faisant entendre nos doutes sur l’efficacité de ces dispositifs technologiques, qui ne remplaceront jamais , à notre avis, la présence humaine sur le terrain. Aucune étude n’a prouvé quoi que ce soit, les questions de sécurité publique sont trop complexes pour que soit automatiquement attribuée à la vidéosurveillance une éventuelle baisse de la délinquance. Les caméras ne dissuadent pas le passage à l’acte, pour de multiples raisons. Elles sont parfois efficaces a posteriori pour révéler l’identité du délinquant… et très souvent non. Ce n’est pas parce que la police demande les images que celles-ci sont exploitables. Elles ne l’étaient pas visiblement le jour de l’incendie du centre Camille Claudel en juin 2023, puisque les coupables courent toujours. Je vous renvoie à notre expression sur le sujet lors du Conseil municipal du 20 juin dernier, où nous avions détaillé notre opposition à un investissement massif dans ce dispositif.

 https://isabellevolat.fr/2024/07/26/salle-des-mariages-20-juin-3/

Aucun chiffre précis (aucun chiffre tout court, d’ailleurs!) sur les différents faits de délinquance ne nous étant jamais communiqué, nous ne pouvons d’ailleurs pas apprécier une éventuelle évolution positive de l’installation des caméras. La sécurité est-elle meilleure dans les quartiers déjà vidéosurveillés, et moindre dans ceux qui ne le sont pas ? Ce serait donc inquiétant pour les habitants du quartier du Parc, et rassurant pour ceux des Raguenets ? Comme quoi, on se fait une bien fausse idée de l’insécurité ! 

En tout cas, nous interrogerons régulièrement le maire sur l’évolution de ce dossier, pour tenter de savoir à quoi ont été utiles ces 70 engins à 12 000€ pièce.  À assurer un « sentiment » de sécurité ?  

À suivre, nos propres questions orales au maire,  puis les différents dossiers traités lors de la séance.

Exhibition

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Commençons par la fin et les réponses du maire aux questions orales des groupes. Il n’y a pas de débat après la réponse du maire. La pratique a donc ses limites.

Surprise ! Cette fois-ci, le groupe majoritaire a lui aussi des questions pour le maire ! C’est étrange car c’est un peu comme si le maire s’interrogeait lui-même. On va vite comprendre de quoi il retourne…

Première question posée par le premier adjoint. Elle concerne la séance précédente du Conseil et notre question sur l’entraînement au Sivom de l’équipe israélienne de foot. N’était-ce pas l’occasion de parler de paix, demandions-nous alors, comme relaté ici :  https://isabellevolat.fr/2024/11/22/houleux/

Le maire nous accusait dans sa réponse « de prendre en otages » les victimes de Gaza, et ce à des fins électoralistes. Des accusations assez ignobles, contre lesquelles nous nous réservons d’ailleurs le droit de saisir pour diffamation les autorités compétentes, comme nous l’avons indiqué en début de la séance.

Et bien le premier adjoint interroge « naïvement » le maire pour savoir quelles suites il compte donner à « l’incident » qui aurait eu lieu selon lui lors de la séance du  21 novembre. Il accuse alors mon collègue « LFI » d’avoir « exhibé » un maillot de foot aux couleurs de la Palestine, ce qui « violerait les principes de neutralité et de respect de l’assemblée ». Il nous cite alors des articles du Code des collectivités territoriales selon lesquels les débats doivent se dérouler « sans manifestation partisane ». D’après lui, même le Conseil d’État soulignerait l’importance de la « neutralité politique » dans les Conseils. Nous aurions introduit « une symbolique politique dans un cadre institutionnel » et cela nuirait à la sérénité des débats. Le groupe « UPSG » souhaite donc savoir quelles mesures le maire compte prendre pour garantir à l’avenir le respect  de la neutralité.

Réponse attendue de celui-ci puisque l’échange est biaisé depuis le départ. Le maire indique partager l’analyse !  La ficelle est un peu grosse… Il indique avoir saisi le Préfet du Val d’Oise pour signaler l’attitude consistant à montrer un maillot de foot, en lui demandant d’examiner la conformité de cet acte avec la règlementation du fonctionnement des Conseils municipaux, et de prendre les mesures pour prévenir toute « répétition de tels incidents » pour préserver la sérénité des débats.

Nos commentaires (que nous n’avons pu faire en séance, règlement oblige) :  l’appartenance « LFI » que l’on nous prête est inexacte, mais la majorité a visiblement décidé de l’utiliser pour effrayer son électorat ; nous y avons déjà eu droit en réunion de quartier. Nous avons soutenu la campagne de Gabrielle Cathala, à présent députée LFI-NFP de notre circonscription, et y avons participé, mais notre étiquette politique n’a pas changé, et la majorité municipale le sait très bien.

Sur le fond… qui peut croire à la « neutralité politique » des Conseils municipaux ? Lieux par excellence où on fait de la politique ! Laquelle politique n’est pas une vilaine chose, mais au sens strict du terme recouvre tout ce qui  touche à l’exercice du pouvoir dans une société organisée, ce qui a trait au collectif, qui a rapport aux affaires publiques… Il est donc fort étonnant de voir nier ce qui est l’essence même du travail du Conseil municipal.

Quant à l’ «exhibition », le mot n’est pas choisi par hasard, il est connoté négativement, tel un étalage impudique. C’est là que la majorité municipale a un comportement bien hypocrite. « L’exhibition » du maillot palestinien ne serait pas acceptable et troublerait les débats. Mais l’accrochage du drapeau tibétain à la façade de la mairie revêt une toute autre signification ! Il manifesterait le soutien de la ville aux Tibétains opprimés par les Chinois. Un geste très politique, non ? Et de plus, jamais débattu en Conseil municipal… et qui pour le coup, n’a aucun lien avec notre territoire : nous ne sommes jumelés avec aucune ville de cette région du monde, nous n’avons aucune action de solidarité.

Le fond de l’affaire est à chercher ailleurs. Un vilain prétexte pour tenter de nous faire passer pour de violents agitateurs, accompagné du refus de voir apparaître même furtivement une quelconque allusion aux crimes génocidaires qui se déroulent  en Palestine. Les preuves s’accumulent, de multiples organisations internationales dénoncent le massacre qui continue : Josef Borell, commissaire européen aux affaires étrangères, Dominique de Villepin, l’équipe de foot de Norvège, Human Rights Watch qui vient de déclarer « Israël commet le crime d’extermination et des actes de génocide à Gaza »…

Mais ce qui serait insupportable, ce serait la vision d’un maillot de foot aux couleurs de la Palestine ?

Oui, notre question avait un lien direct avec notre ville puisque l’entraînement de l’équipe se déroulait sur notre territoire.

Non, nous n’importons rien sur notre sol, encore moins à des fins électoralistes. Notre parti, le PCF, ne prend personne en otage. Le PCF travaille avec des Palestiniens, des Israéliens, constitués en partis en Israël et des associations juives qui œuvrent pour la paix. Il n’a pas de leçon à recevoir, lui qui est à l’origine de la loi contre  le racisme et l’antisémitisme, la loi Gayssot.

Notre question était l’occasion d’appeler à la paix, tout simplement. Et nous continuerons à exhiber fièrement cette exigence.

À suivre… la deuxième question du groupe majoritaire…. et les nôtres, puis les différents dossiers traités lors de la séance.

Nos questions de décembre

Voici nos « questions orales au maire » pour le Conseil municipal du jeudi 19 décembre 2024, au nom du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». Venez écouter les réponses qui y seront apportées : c’est ce jeudi soir à 20h30 en salle des mariages de la mairie.

 1 – Traversée voie ferrée en l’absence de passerelle au-dessus du RER C Depuis des mois (cf. conseil de février 2024, suite à la fermeture de la passerelle), nous attendons que les contremarques gratuites de la SNCF permettant d’emprunter le souterrain de la gare RER sans titre de transport soient enfin disponibles et distribuées aux Gratiennois· e· s qui en feraient la demande. La ville a-t-elle des informations et quelle publicité sera ensuite faite de ce dispositif auprès de la population ?

2 – Passages piétons et passages réservés aux cyclistes

Des dispositifs d’éclairage particuliers des passages piétons avec détection de présence humaine permettent une meilleure sécurisation des traversées piétonnes. Il existe même des procédés de signalisation lumineuse au sol de ces passages, comme pour les pistes cyclables, qui amènent un meilleur respect du passage piéton et des cyclistes par les automobilistes. La ville a-t-elle engagé une réflexion sur ces possibilités?                                 

3 – Entretien des trottoirs

Le maire a précisé en réunion de quartier le 12 décembre 2024 que « l’entretien des trottoirs revient aux riverains ». Or, sur le site de la ville, nous lisons que seul le balayage des trottoirs (comme l’enlèvement de la neige) incombe aux riverains. Qu’en est-il et quelle publicité est faite à d’éventuelles obligations de désherbage notamment ? 

4 – Place des Cyclades 

Cette grande place de centre-ville est aujourd’hui un espace peu attractif, tant au niveau du revêtement du sol que des quelques aménagements et mobiliers urbains qu’elle comporte. Comment la ville pourrait-elle aménager cet endroit pour le rendre plus agréable pour les habitants et plus propice à diverses animations conviviales et jeux d’enfants ?

5 – Mayotte

L’île de Mayotte vient d’être ravagée par un cyclone d’une ampleur inédite. Les besoins sont immenses pour ce territoire déjà très défavorisé. Nous savons que la politique de la ville est de ne pas verser une aide financière. Malgré tout, comment peut-elle d’une part encourager les citoyens à participer de quelque manière que ce soit, à l’indispensable solidarité que requiert ce drame ? D’autre part, St Gratien, ville non jumelée jusque-là, peut-elle engager des démarches de l’ordre du symbole et travailler à son jumelage avec une des villes de l’ile de Mayotte, pour de futurs échanges culturels et de solidarité ?

Conseil municipal de décembre

Prochain Conseil municipal de Saint Gratien le jeudi 19 décembre 2024. Séance ouverte au public à partir de 20h30 en salle des mariages.

À lire ci-dessous l’ordre du jour, avec comme principaux dossiers : le vote du budget 2025, les augmentations des tarifs du stationnement payant et celles des droits de place au marché, ainsi que l’avis de la commune sur le futur plan des mobilités en Île-de-France pour 2030.

Des sujets qui touchent le quotidien des Gratiennois·es !

À suivre nos questions orales au maire.  

Pas de politique

Nous étions hier soir à la réunion de quartier du Parc, et on vous en raconte quelques moments. Même si cela peut paraître dérisoire au vu de l’actualité nationale, et même si nous en connaissons toutes les limites, nous sommes toujours attentifs à ces rencontres avec les habitants.

Le système est bien rodé, et immuable. Le maire siège à la tribune, entouré de la police municipale et parfois nationale, des agents de la ville chargés de la politique dite de proximité, de sa cheffe de cabinet, du directeur général des services, du directeur des services techniques, et d’élus de la majorité… Ce qui représente un aéropage relativement impressionnant pour le citoyen de base, autorisé à poser des questions, jusqu’au moment où le maire décide que c’est la dernière.

Il est moins acceptable d’émettre un avis ou une opinion. Cela peut entraîner à votre égard une accusation de « faire de la politique », ce qui curieusement n’est pas admis dans une assemblée pourtant conviée à venir débattre de la gestion de la ville… Les élus de la minorité que nous sommes sont tolérés, mais immédiatement désignés comme trouble-fête s’ils se risquent à évoquer un sujet considéré comme politique, voir plus haut. Éventuellement, le maire leur demande de bien vouloir « laisser la parole aux habitants », montrant ainsi qu’il ne les considère pas tout à fait comme des citoyens ordinaires.

Une fois ces règles connues à défaut d’être admises, on peut se risquer à intervenir en réunion de quartier.  

Réunion d’information et non de concertation, la soirée commence comme d’habitude ce 12 décembre 2024, par une présentation de projets municipaux déjà finalisés. La réhabilitation du centre culturel du Parc, structure vétuste où se tient la réunion, est ainsi dévoilée : travaux d’isolation et d’amélioration acoustique, rénovation des espaces intérieurs. Tout cela est indispensable au vu de l’état actuel des locaux, et permettra une économie substantielle de chauffage. On regrette que l’occasion n’ait pas été saisie d’agrandir le centre, ni que l’association de la MJC n’ait guère été entendue sur ses demandes de sas d’entrée et de salles dédiées aux différentes activités. Les travaux débuteront en juin 2025 pour une durée de six mois et un coût estimé de 1,2M€.

Le centre culturel Camille Claudel connaîtra lui une reconstruction de ses locaux incendiés à 80% en juillet 2023. Il faudra attendre septembre 2025 pour le début des travaux qui devraient s’achever au printemps 2026. L’occasion pour le maire d’une diatribe sur les jeunes à l’origine du sinistre, sur les habitants qui d’après lui, les connaissent sans toutefois les dénoncer, sur le coût des travaux pour la ville (2,8M€), omettant de dire que la facture ne sera pas à sa charge, affichant aussi sa volonté de laisser à la vue de tous la façade calcinée pour encore des mois durant… « Pour ne pas oublier il faut le voir tous les jours ».. une quasi punition pour le quartier entier alors que l’incendie, bien évidement condamnable, n’est le fait que de quelques individus, dont d’ailleurs les caméras n’ont pas pu révéler l’identité à ce jour. Cette volonté nous semble aberrante pour l’image du quartier qui ne mérite pas cela et pour les habitants qui sont les premiers pénalisés par la fermeture du centre. Cela fait même fuir de possibles candidats médecins pour la maison de santé toute proche… avons-nous appris de source sûre.

Pas de bonne réunion de quartier sans un point sécuritaire sur les différents dispositifs qui nous protègent, police municipale, caméras (42 actuellement et bientôt 70 supplémentaires) et bien sûr Voisins Vigilants, à l’efficacité redoutable puisque le maire nous annonce que cette plate-forme entre voisins aux yeux grands ouverts a fait baisser de 50% les cambriolages dans le quartier ! Hélas, je crains que le problème ne soit un peu plus complexe..

Vient ensuite le moment des questions au maire, lequel a invariablement la bonne réponse. Quand la question est jugée pernicieuse, le maire peut soit « faire de l’humour »  en conseillant de déménager au perturbateur qui émet une critique ou un souhait, soit le désigner comme un dangereux gauchiste (effroi garanti dans la salle, composée majoritairement d’électeurs de droite plutôt âgés..), lui attribuant même une appartenance dont il sait pertinemment qu’elle est erronée : non, nous ne sommes pas adhérents de LFI…  Le maire s’exonère ainsi de la règle pourtant connue de tous : pas de politique en réunion de quartier, voir plus haut. À moins qu’il ne soit traumatisé par les résultats des dernières législatives dans ce qui n’est plus « son fief » ?

Parmi les questions de ce soir, plusieurs sur le changement climatique et ses dangers potentiels, les solutions possibles pour lutter contre les inondations, le risque de voir assouplir les dispositions de la loi « zéro artificialisation nette », le PLU.  L’occasion pour le maire de regretter que Saint Gratien soit la ville la plus dense du Val d’Oise, sans toutefois aller jusqu’à en citer les responsables. Selon lui, il est donc compliqué de désimperméabiliser, mais il importe surtout de ne plus construire, malgré que la région et le département nous y poussent.

Pour mémoire, dès les années 1990, nous avions alerté sur la densification excessive de notre ville, sans alors beaucoup d’échos, puisque l’objectif affiché était pour la majorité d’arriver à 23 000 habitants, et que la demande d’espaces verts était jugée irréalisable. Heureusement que les habitants des Marais ont su à cette époque se battre pour la couverture arborée du BIP, et que nous avons poussé pour la création du parc urbain, que la ville veut à présent agrandir !

Les transports ont fait l’objet d’échanges assez tendus, notamment comme à chaque fois sur les mobilités douces. Il n’y aura pas de parc à vélos couverts devant les centres culturels, les cyclistes sont présentés comme non respectueux des règles, et le maire profite aisément du désintérêt de son public, peu concerné par l’usage du vélo, pour évacuer la question. Pas surprenante non plus sa réponse sur les nuisances aériennes. Les avions modernes seront moins bruyants, et le trafic va baisser, donc inutile de se mobiliser pour un couvre-feu à Roissy ! Un avis contraire pourtant à toutes les prévisions qui annoncent une explosion du nombre de vols. Mais pour notre maire, la circulation automobile n’est pas non plus un problème, puisque bientôt les voitures seront électriques et donc non polluantes, sans qu’on voie bien quelles répercussions positives cela pourrait avoir sur la circulation et le stationnement… Curieusement, le maire regrette un manque selon lui de transports en commun, alors que Saint Gratien est tout de même desservi par trois gares importantes. Mais nous n’avons ni métro ni tramway, nous dit-il. Alléluia ! Il y a plus de 10 ans, la majorité et madame Eustache nous riaient au nez lorsque nous évoquions le prolongement du tramway entre Épinay et Saint Gratien !

À 21h30, le maire décide que ma question est la dernière, et je reste avec mon interrogation sur les possibilités d’améliorer la démocratie de proximité, en associant les habitants via un budget participatif, ou un conseil municipal des jeunes. Ouf, le maire a échappé à une question très politique.

Orientations budgétaires

Principal dossier de la séance du Conseil municipal de novembre : les orientations budgétaires pour 2025.

Ce point a donné lieu à de nombreux échanges entre les élus. En voici quelques-uns, sans prétention exhaustive, en reprenant les éléments des interventions des deux élus de notre groupe.

Sur un plan général, la situation des collectivités locales est très difficile après les annonces gouvernementales. Grande colère des élus, vue lors du Congrès des maires. « Faire mieux avec moins » ça a toujours été compliqué. Les collectivités ne sont pas responsables de la dette de la France, elles font de l’investissement public. Avec moins de moyens elles en feront moins et c’est mauvais pour l’économie. de plus, elles sont quasiment mises sous tutelle car elles n’ont plus d’autonomie financière avec la disparition de la taxe d’habitation et sont entièrement dépendantes des dotations…

Comme le 1er ministre est de la famille politique du maire, nous aurions aimé connaître son appréciation de ces coupes budgétaires, évaluées entre 5 et 11 M€ à aujourd’hui… ? Même si visiblement St Gratien n’est pas si impacté que ça par les mesures directes, nous le serons par contre par l’assèchement des dotations des autres collectivités dont nous recevons les subventions.

Le maire ne s’engagera pas à nous répondre sur ce point…  

Il y a évidemment risque avec ces coupes drastiques que les services publics soient mis à mal ; que la transition écologique soit freinée par des coupes dans les financements. Ce sont notamment les alertes concernant le « fond vert », amputé au niveau national de -1,5 milliard d’euros, et la suppression du plan vélo national avec cascades sur les autres plans vélo. Déjà que la ville est très en retard dans ce domaine !  

Localement, comme nous l’avions déjà fait remarquer en juin lors du vote du Compte administratif, il est surprenant de voir que la situation financière de la ville qui était présentée en novembre 2022 comme catastrophique et nécessitant une forte augmentation du taux de taxe foncière (ce sera +14%, à ajouter à l’augmentation des bases de +7%), est à présente tellement bonne qu’on pourrait investir comme jamais, entre 12 et 14 millions d’euros ! Les dépenses d’investissement sont en effet d’environ 5 M€ habituellement chaque année. Alors qu’on nous annonçait que les courbes des recettes et des dépenses devaient se croiser (le redoutable effet ciseau !), il n’en est rien, et d’ailleurs les fameuses courbes ont opportunément disparu de notre document.

Évidemment, les débat montre que le montant total des investissements ne sera pas supérieur à celui des années précédentes. Ce sont des reports, des investissements planifiés les exercices antérieurs, mais comptablement non engagés et des frais d’études, qui anticipent une partie des investissements, gonflant ainsi artificiellement les chiffres.

Il n’y aura finalement que des choses très classiques.. les habituels travaux de voirie, un bâtiment communal rénové, la salle d’armes, à grands coups de subventions, et la rénovation du centre culturel du Parc. La reconstruction du centre Camille Claudel sera, elle, entièrement financée par les assurances et l’État.

La ville a-t-elle beaucoup souffert de la baisse de la DGF ? Pas vraiment, puisque la baisse était assez faible depuis 2018, et qu’en même temps d’autres dotations augmentaient.

Un nouvel objectif de la majorité est de conserver la dette au niveau où elle était en début de mandat. Or, ce qui compte, c’est le coût de la dette.. Saint Gratien est bien placée après la douloureuse expérience des emprunts toxiques pour savoir que des taux d’intérêt exorbitants sont effectivement un problème !  Mais derrière la dette, il y a l’investissement en ville.. Moins de dette, c’est moins d’investissement, ou un sous-investissement, inférieur aux besoins. Or nous constatons qu’il y a un gros retard d’investissements sur la transition écologique. Les inondations du mois d’octobre ont su nous le rappeler. Non, la dette n’est pas diabolique, tout dépend du taux des emprunts, et des travaux qui seront ainsi financés.

En ce qui concerne les agents municipaux,  nous constatons de plus en plus de CDD… 87 postes sur 370, c’est-à-dire 23,5%, contre 16,8% en 2022. Les titulaires ne représentent plus que 60,5% des effectifs en 2024 contre 64% en 2022. C’est une précarisation des statuts. Nous retrouvons également l’invariable rhétorique sur les « rémunérations contenues ». C’est positif du côté de l’employeur mais moins du côté des salariés ! Nous estimons que la revalorisation du point d’indice est positif, même s’il y a un coût pour la collectivité. Le nombre d’assistantes maternelles passe de 9 à 6 et c’est inquiétant.  

Pour la partie « orientations » puisque c’est le rapport d’orientations budgétaires dont nous débattons, il faut arriver à la page 18 d’un document qui en compte 24 pour les découvrir…  

Pour maitriser nos dépenses de fonctionnement, je réitère la proposition d’éteindre l’éclairage public une partie de la nuit dans une partie de la ville, ce qui apporterait des économies substantielles. Les Leds ne règlent pas tout.

La ville annonce une quasi stabilité des tarifs des services pour 2025. On s’en félicite ! Depuis longtemps nous déplorons le très haut niveau des tarifs de cantine… parmi les plus chers du département Le maire nous répond que les réfectoires sont pleins. Oui, les parents qui travaillent sont contraints de laisser leurs enfants à la cantine. Mais, beaucoup plus gênant : si les élèves de Grusse Dagneaux déjeunent à plus de 80% à la cantine, ceux de l’école Jean Sarrailh ne le font qu’à 55%… selon les infos obtenues -difficilement- en commission scolaire. Il y a donc une grosse inégalité entre quartiers qui doit nous interroger . Donc si on se réjouit de voir que les tarifs de cantine n’augmenteront pas cette année encore, notons qu’ils n’en restent pas moins très élevés -trop- pour certaines familles.

Nous regrettons aussi que la médiathèque Motordu ne soit pas davantage développée et rendue plus accessible parce que c’est un équipement qui le mériterait, dans un quartier qui en a bien besoin.

Toujours dans le domaine des écoles, la ville a beaucoup communiqué sur la « végétalisation » des cours d’école. Nous avons été parmi les premiers à dire qu’il faut revoir le modèle des cours entièrement bitumées. Hélas, on craint que ce bel objectif ne se réduise finalement à assez peu de choses : des auvents qui ne protègent pas forcément de la chaleur, quelques plantations. Pourtant l’enjeu est grand en matière de dés imperméabilisation des espaces urbains, et de lutte contre les ilots de chaleur. Le bitume emmagasine et renvoie la chaleur la nuit. C’est donc réduire sa place qu’il importe de faire. Sans oublier l’impact positif qu’un réaménagement bien mené peut avoir sur le climat….. scolaire.

Mais hélas là comme ailleurs, la majorité municipale a un gros défaut : elle ne consulte personne, ou si peu. Les enseignants, les parents et même les enfants ont de très bonnes idées. Ce n’est pas dessaisir les élus de leurs prérogatives car au final, ce sont toujours les élus qui décident… mais en meilleure connaissance de cause s’ils ont entendu les avis des uns et des autres, ceux qui utilisent les équipements au quotidien. Or, nous voyons que se profilent des projets déjà ficelés qu’on annonce aux intéressés en oubliant que peut-être ils ont un avis.. Même remarque d’ailleurs pour tous les projets importants pour la ville : manque de concertation pour la passerelle de la gare, si importante pour la liaison centre-ville/Raguenets ou encore la rénovation du centre du Parc.. D’ailleurs pas de budget participatif non plus chez nous alors que la pratique se répand y compris dans des villes dirigées par des maires de droite… moins frileux.  Impliquer les habitants quant au budget est pourtant essentiel.

Toujours dans le domaine des enfants, rien en ce qui concerne le centre Fossiez qui vraiment n’est pas un centre de loisirs qui les accueille dans de bonnes conditions.

En ce qui concerne la si nécessaire adaptation au changement climatique qui nous rattrape plus vite que prévu, je regrette qu’on en reste souvent au « la ville est si dense qu’on ne peut pas faire grand-chose ». Si elle est l’est, c’est aussi parce que depuis 40 ans la bétonisation a beaucoup prospéré… Je rappelle à ce sujet au maire qui nous accuse d’avoir toujours voulu davantage de logements, que dès les années 90, nous étions les seuls à souligner le fait que Saint Gratien était la ville la plus dense du 95. Nous avons beaucoup travaillé avec les habitants pour sauvegarder quelques espaces libres, par exemple par l’implantation du parc urbain ou la réalisation de la couverture du BIP. Ce sont aujourd’hui des espaces verts appréciés. Seule la construction de logement social est à notre avis nécessaire, rappelons que 70% des Français y sont éligibles.

Mais même dans une ville dense, des choses sont possibles. Même les parkings peuvent être dés-imperméabilisés… La majorité a peu d’ambition dans ce domaine malgré les alertes. Rien ou si peu pour les mobilités douces, toujours aussi compliquées dans notre ville. C’est l’exemple des parcs à vélos dans les écoles, ou des « rues scolaires », qui pourraient contribuer à désengorger les entrées/sorties des écoles de la circulation automobile : on se contente de nous répondre : « il n’y a pas de demande des familles ni des enseignants »… Mais c’est aux élus aussi de parfois se montrer audacieux.     

Enfin, nous votons « contre » ce rapport d’orientations budgétaires afin de marquer notre profond désaccord sur la politique municipale qu’il sous-tend.