Fermeture de la librairie (2)

Fermeture de la maison de la presse – librairie « le Grand Cercle » à Saint Gratien. Pourquoi ? Que faire ? Nos propositions

Stéphane Bauer

Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ?

Peut-on conserver un commerce de librairie-presse en centre-ville ?

Ce n’est pas parce qu’on s’associe à un grand groupe, choix qu’avait fait la ville de Saint-Gratien en 2018, en s’associant avec le « Grand Cercle », qu’on garantit l’avenir d’une librairie presse de centre-ville.

À l’époque, à la réouverture du magasin à l’automne 2019, après 3 années de fermeture, il avait été convenu que le magasin ne vendrait pas de fournitures scolaires – source de marge – pour ne pas concurrencer « Bureau Vallée ». Comme quoi, on peut être comme monsieur Bachard, notre maire, pour la concurrence libre et non faussée, et la biaiser localement.

Nous suggérons la reprise en gérance d’une activité de librairie-maison de la presse au forum

La France dispose de 3000 librairies indépendantes : de quoi classer le pays parmi les mieux dotés au monde. Depuis le confinement, les ouvertures s’accélèrent, notamment dans les villes petites et moyennes. Comment s’en sortent ces librairies et quels sont leurs avantages ?

Une piste : la reprise en gérance d’une activité de librairie-maison de la presse

Près de 700 librairies à travers le pays souhaitent ainsi transmettre l’histoire et la culture du livre.

On observe une démultiplication des ouvertures de librairies, notamment dans les territoires ruraux. Alors que l’on dénombrait déjà 140 créations de librairies en 2021, l’année 2022 affiche un nouveau record avec 142 librairies créées. Il s’agit d’un rythme de création doublé par rapport aux années antérieures (62 en 2017, 79 en 2018, 68 en 2019, et 59 en 2020).

Parmi les enseignes spécialisées ouvertes (20 % du total), une sur deux porte sur la bande-dessinée (hors mangas), et une sur six est concentrée sur la littérature jeunesse.

Pas moins d’une librairie sur deux ouverte depuis 2017 l’a été dans une commune de moins de 15.000 habitants et une sur quatre de moins de 5000 habitants, dans une démarche souvent revendiquée de service de proximité.

La vague des créations s’est poursuivie ces cinq dernières années, comme le souligne l’étude d’ »Axiales », société de conseil en France spécialisée dans la filière du livre : c’est à lire ici.

2022 est l’année de pic : elle comptabilise à elle seule 33 % des 574 créations recensées sur la période 2019-2023.

Le profil des librairies indépendantes qui s’ouvrent en France

  • Les librairies indépendants se sont implantées dans presque tous les départements de France, maillant densément le territoire. Elles sont plus nombreuses à Paris.
  • Les librairies sont implantées majoritairement dans des petites villes, 1 sur 5 est située dans une commune de moins de 5000 habitants. 44 % des créations sont situées en dehors des zones d’attractivité des aires urbaines principales, montrant là encore que le maillage s’est fait principalement dans des zones peut-être plus risquées économiquement.
  • Les créations sont venues combler des “trous” (fermetures, zones vides depuis longtemps) ou ont créé une dynamique plus locale (librairie “de quartier” ou de proximité).
  • 75 % des librairies créées sont généralistes. Parmi les spécialisées, les librairies « mangas » et « littérature de l’imaginaire » sont plus présentes qu’en 2022. Confirmant la tendance observée en 2022, près d’une librairie sur 4 propose un espace café. Près de 40 % des librairies proposent d’autres produits que le livre, qui représente plus de 20 % du chiffre d’affaires pour 18 % des répondants : le poids des autres produits devient important dans l’activité.
  • La moitié des librairies créées sur la période fait moins de 65 m². Les librairies sont néanmoins très remplies : elles proposent 7500 volumes en moyenne et la part des librairies proposant entre 7000 et 20000 volumes est passée de 33 % des répondants à 44 % entre 2022 et 2024. Un niveau de stock qui pourrait devenir inquiétant en période plus tendue économiquement.
  • Avec un chiffre d’affaires médian de 170 000 €, les librairies créées sont de surface économique modeste, en corrélation avec surface et implantation.
  • 60 % seulement des répondants proposent une solution de réservation ou vente en ligne, ce sont notamment les librairies les plus récentes qui s’en passent.
  • 82 % des libraires ont été accompagnés au démarrage de leur projet, principalement par les agences régionales pour le livre. Les libraires ont accès à de nombreux dispositifs, qu’ils soient génériques ou spécialisés pour les acteurs du livre. 75 % d’entre eux se sont formés en amont de l’ouverture.
  • 80 % des répondants estime que leur prévisionnel était bien ajusté au départ. L’emprunt bancaire reste majoritaire dans le plan de financement, bien que les libraires aient eu un peu plus recours à l’apport personnel que dans les réponses 2022.
  • 73 % des répondants estiment que leur activité va se développer dans les prochaines années et 61 % a atteint son prévisionnel. Ils sont néanmoins inquiets quant à la rentabilité et au niveau de charges auxquels ils doivent faire face. Peu de libraires déclarent des résultats nets négatifs.
  • 54 % des librairies reposent sur les épaules du seul gérant. 16 % seulement des librairies emploient plus d’un équivalent temps plein en plus du gérant.

Les enjeux pour la reprise d’une librairie presse en centre-ville à St Gratien par un libraire indépendant

ž Les locaux appartiennent à la ville. Un futur gestionnaire pourra donc travailler avec elle, qui a intérêt à ce que ces locaux ne restent pas vides.

ž Tout d’abord, compte tenu de la réglementation du secteur, que l’on soit intégré à un grand groupe ou pas, les conditions commerciales vis-à-vis des maisons d’édition et les groupes de presse, sont quasiment les mêmes : le prix du livre est fixe. Les groupes, via les volumes d’achat plus important, disposeront de davantage de remise unitaire.

Quant au stock de livres, les banques ne le financent pas. Or, à la librairie du Forum, la valeur du stock de livres s’élève à 100 000€.

žQue faire des presque 300 m² de surface ? Plus la surface est grande, plus il faut de stocks et d’employés.

Coupler l’activité librairie-presse ? Avec quelles autres activités ? Le but étant d’attirer du monde et d’équilibrer les comptes qui, sur la seule activité librairie-presse, ne dégagent pas beaucoup de résultats au regard des charges fixes (loyer, fluides, charges de personnel).

Une librairie sur quatre propose un espace café et près de 40 % d’entre elles proposent d’autres produits que le livre, avec un poids de ces autres produits qui devient de plus en plus important dans l’activité : plus de 20 % du chiffre d’affaires.

Quelles synergies avec la politique culturelle de la ville ? Avec le cinéma, les écoles,  dans le cadre de la semaine de la presse, le festival « Un monde des cultures », etc.

En bref, un projet parmi d’autres, pour une librairie indépendante en centre- ville :

  • Une entreprise indépendante et coopérative ;
  • Un tiers-lieu de X m² sur les presque 300 m² existants, répartis équitablement sur deux étages pour profiter :
    • De la presse quotidienne, hebdomadaire et mensuelle, d’une librairie comptant + de 4 à 6 000 ouvrages ;
    • D’un espace café – salon de thé – bar où il sera possible de grignoter sur le pouce des mets sucrés et salés ;
    • D’un espace de création ou de travail isolé, qu’il sera possible de louer au sous-sol ou à l’étage ;
    • D’expositions et d’animations régulières en lien avec la vie de la librairie et la politique culturelle de St-Gratien ;
    • De papeterie et autres objets choisis ;
    • De jeux de société (y compris à utiliser sur place) …

Ci-dessous des projets qui ont vu le jour ailleurs ou qui tiennent le coup

Le Temps de Vivre, c’est une librairie indépendante généraliste installée dans la jolie ville du Faouët, Morbihan 

Lot : Création et reprises sont à l’ordre du jour dans le secteur qui a connu deux années exceptionnelles

À Sélestat, la dernière Maison de la presse du centre-ville, la famille Wachenheim tient à faire perdurer le métier de quatre générations d’aïeux. Malgré « les temps qui changent » et pour la clientèle d’habitués

Saint-Gilles-Croix-de-Vie : un an après, la librairie les Oiseaux voyageurs a réussi son envol

Comment réussir à faire d’un lieu underground alternatif une librairie de quartier installée ?

Après six mois de travaux, la librairie a ouvert ses portes le 3 mai, à deux pas de la plage de Luc-sur-Mer (Calvados)

Quelles aides pour se lancer dans une activité de librairie ?

Un tiers des 300 reprises effectives depuis 2017 ont été soutenues par l’Adelc (Association de développement de la librairie de création) et le CNL (Centre national du Livre) notamment. En 2022, le CNL a soutenu 23 reprises à travers ses aides à l’investissement.

Les aides de l’Adelc

L’association s’engage auprès des libraires sur plusieurs types de projets, et en particulier : la transmission et la création de librairies ; le développement et la rénovation de la surface de vente ; les déménagements ; la restructuration de fonds propres (capitaux) ou de fonds de roulement (trésorerie)

Les aides du Le Centre National du Livre (CNL)

Le CNL accompagne et soutient tous les acteurs de la chaîne du livre : auteurs, traducteurs, illustrateurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et organisateurs de manifestations littéraires : 22 aides, pour soutenir tous les acteurs de la chaîne du livre

Les aides de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) :

Aides à la modernisation des librairies : afin d’accompagner les libraires indépendantes, réseau dense de professionnels, qui sont le poumon économique de la chaine du livre, à poursuivre leurs investissements de modernisation, l’État mobilise des fonds pour leur permettre de moderniser leurs équipements.

Last but not least

Animation d’une librairie féministe à Rennes dans le film « L’attachement » …film au programme ce mois de mars au cinéma « Les Toiles » !

Nous remercions nos contacts en ville qui nous ont permis de disposer d’informations sur cette actualité.

Voici nos autres sources :

Librairies indépendantes de Paris et d’Île-de-France

Décryptage. Plus de 500 ouvertures en cinq ans : libraire, un métier qui attire de plus en plus

nouveaux_libraires.pdf

France: les créations de librairies à un «niveau record» en 2022

https://www.livreshebdo.fr/article/les-maison-de-la-presse-se-developpent-en-france

https://www.culture.gouv.fr/regions/drac-ile-de-france/Actualites/actualite-a-la-une/rendez-vous-avec-les-nuits-de-la-lecture-2025-en-ile-de-france

Fermeture de la librairie (1)

Fermeture de la maison de la presse – librairie « le Grand Cercle » à Saint Gratien. Pourquoi ? Que faire ? Nos propositions

Stéphane Bauer

À l’orée de l’opération de promotion de la lecture, le « Quart d’heure de lecture national » , qui a lieu tous les ans le 10 mars (ce sera la quatrième édition de cet événement, également appelé #10marsjelis, et organisé par le Centre National du Livre, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale), et la prochaine « Fête de la librairie » qui compte bien célébrer la littérature le samedi 26 avril 2025, nous avons appris cette semaine que la librairie-presse du centre-ville allait fermer le 7 avril.

Nous déplorons cette prochaine fermeture d’un magasin de proximité qui crée du lien, des échanges, est un lieu de rencontres : les discussions sont plus riches dans les rayons de notre librairie qu’à Carrefour Market.

Les librairies-maisons de la presse avaient été qualifiées de « commerce essentiel » lors du confinement et étaient restées ouvertes.

La librairie constitue l’un des facteurs essentiels de la fréquentation du centre-ville.

Sommes-nous condamnés à la fermeture de la librairie de centre-ville ? Quelle alternative ?C’est l’objet de cet article qui va plus loin que l’appel à pétition organisé en ville, qui en lui-même ne fera pas revenir le groupe « Le Grand Cercle », propriétaire de la librairie-maison de la presse du Forum, sur sa décision.

Nous avons mobilisé nos réseaux en ville pour vous éclairer sur ces questions : 

Pourquoi le Grand Cercle ferme-t-il son magasin à Saint Gratien ?

Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ?

Pourquoi le Grand Cercle ferme-t-il son magasin à St Gratien ?

La décision aurait été prise début 2025, en janvier par le groupe dont les résultats se sont dégradés depuis plusieurs années. Implantés dans le Centre Commercial « Art De Vivre » à Éragny, l’enseigne subit la concurrence de la vente en ligne, mais également des difficultés propres au centre commercial « Art de Vivre » concurrencé lui-même par les enseignes existantes aux Trois Fontaines à Cergy-Pontoise et dans la zone commerciale de la Patte d’Oie d’Herblay.

Le Grand Cercle réduit ses implantations commerciales jugées insuffisamment rentables, selon une source interne.

Selon les chiffres disponibles sur internet, le Grand Cercle subit un recul de son chiffre d’affaires.

Selon les comptes arrêtés à fin janvier 2020, il a réalisé un peu plus de 18 M€ de CA, pour 100 000€ de bénéfices.

Selon les comptes arrêtés à fin janvier 2024, le groupe « Le Grand Cercle » a réalisé 15,7 M€ de chiffres d’affaires, pour des pertes de 1,2 M€.

Entre janvier 2023 et janvier 2024, la diminution du chiffre d’affaires a été de – 10% : avec un CA qui en 2024 a retrouvé son niveau de 2022, mais qui est presque inférieur de 3 M€ par rapport à ce qu’il était en 2019, avant la crise du COVID.

Sur les 3 dernières années, le groupe « Le Grand Cercle » a cumulé près de 2,5 M€ de pertes.

Dans le détail, si la marge commerciale progresse, à un niveau un peu supérieur au secteur, les charges fixes (et notamment de personnel, bien que le niveau des rémunérations soit inférieur au secteur) absorbent toute la valeur ajoutée.

D’où l’enregistrement de pertes, au niveau de l’exploitation :

L’activité ne génère plus de trésorerie : les stocks ont augmenté et surtout les délais de paiement auprès des fournisseurs se sont réduits.

Au point que le groupe « Le Grand Cercle » a fait l’objet d’un plan de sauvegarde en février 2023. Le tribunal de Pontoise a prononcé un plan de continuation de l’activité en mai 2024.

Depuis le groupe a réduit la voilure et a diminué ses points de ventes, en fermant notamment les magasins à l’enseigne City Geek.

La diversification des activités de Merik Vautrin, dirigeant et actionnaire du groupe « Le Grand Cercle », dans le commerce de détail de jeux et jouets en magasin spécialisé, n’a pas fonctionné, puisqu’elle a été liquidée.

Parmi la myriade des autres participations de M. Vautrin, dirigeant et actionnaire du « Grand Cercle », nous n’avons pas d’information sur leur santé financière.

La dernière décision en date est la fermeture du magasin de Saint-Gratien le 7 avril, qui juridiquement est un prolongement de l’établissement d’Éragny, lequel fera une offre de réintégration des salariés du site du Forum.

Quelle alternative pour la reprise de l’espace par un libraire indépendant ? Peut-on conserver un commerce de librairie-presse en centre-ville ?

À suivre…

 

 

École en crise

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.

Le dernier rapport présenté au Conseil est une motion au sujet des absences et des non remplacements d’enseignants et d’un directeur dans les écoles de Saint Gratien.        

Nous avons évidemment voté pour cette motion, tout en rappelant certains éléments.

Nous sommes nous aussi intervenus à propos de cette dégradation des conditions d’apprentissage. Effectivement, comme partout en France, nos écoles sont touchées par des absences non remplacées, parfois pour plusieurs semaines ! Nous avons sollicité suite à l’interpellation de parents, l’intervention de Gabrielle Cathala, députée LFI-NFP de notre circonscription, qui a écrit à plusieurs reprises à l’inspection de secteur et à l’inspection académique pour Jean Jaurès et Raymond Logeais notamment. Nous étions également présents lors du rassemblement des parents qui manifestaient leur mécontentement devant l’école Jean Jaurès en octobre 2024.   

À l’école Jean Jaurès, la seule « solution » qu’a trouvée l’Éducation nationale pour remplacer la directrice en arrêt a été de solliciter la directrice de Grusse Dagneaux, qui se partage depuis septembre entre les deux établissements. Un état de faits qui n’est satisfaisant pour aucune des deux écoles.

Nous avons alerté le Conseil sur les mesures de carte scolaire pour la rentrée 2025. Deux écoles maternelles des Raguenets, Jean Sarrailh et Jean Zay, sont sous « surveillance pour fermeture », une fermeture se dessine à Jean Zay élémentaire.  

Nous avons fait remarquer que cette motion municipale qui demande que les remplacements soient assurés, a très peu de chances d’être entendue. Un vœu pieux, car il ne s’agit pas d’un problème de remplacement. Les remplaçants qui pourraient arriver à Saint Gratien seront retirés d’autres communes. Comme tous les services publics, l’école publique est dans un tel état de crise avancée suite aux politiques des différents gouvernements ! Dévalorisation salariale importante, conditions de travail dégradées, classes surchargées, réformes contre l’avis des personnels, formation professionnelle mise à mal, manque d’Aesh qui rend impossible une école inclusive, attractivité du métier en berne, attaques contre les enseignants accusés de peu travailler. Récemment encore c’est Nicolas Sarkozy, qui pense que les enseignants travaillent six mois de l’année et seulement 24h par semaine ! Ou c’est une ignorance crasse de la réalité du métier, ou c’est une nouvelle attaque contre l’école publique pour la déconsidérer aux yeux de l’opinion.

Si la suppression de 4 000 postes a disparu du budget de la nation récemment voté, il faudrait créer 26 000 postes pour arriver au taux d’encadrement des autres pays européens ! On est donc bien loin du compte. L’école de la réussite est une chimère.  L’école aujourd’hui ne participe pas à la réduction des inégalités, mais au contraire contribue à leur creusement. Donc la motion aurait pu aller plus loin, ce n’est pas qu’une question de non-remplacement, c’est une grave crise de l’école publique, et il aurait fallu alerter sur les causes profondes. D’ailleurs la récente conférence de Natacha Polony salle Georges Brassens intitulée « comment sauver l’école » a fait le même constat et préconisé des moyens d’ampleur pour « sauver » notre système éducatif.         

Enfin, n’oublions pas quelle formation politique avait proposé la suppression de 4 000 profs, et a voté contre l’augmentation salariale des Aesh. S’indigner localement des conséquences de mesures qu’on soutient au niveau national : voilà qui est bien difficile à expliquer pour le maire, pourtant LR, qui considère que « ce n’est pas le sujet »…

Prochain Conseil municipal le 10 avril 2025

Au Conseil…

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien, la suite

Le Conseil prend acte d’un rapport intitulé « Rapport Social Unique » qui informe, comme cela est obligatoire, sur la gestion des « ressources humaines » de la collectivité pour l’année 2023. Comme il n’y a pas de commission dédiée aux questions de personnel, nous avons des questions assez nombreuses. Et comme nous n’avons pas eu toutes les réponses, nous irons consulter le rapport complet en mairie.

Tout d’abord nous constatons que les données concernant le personnel qui figuraient dans le rapport des orientations budgétaires, voté en novembre, sont différentes de celles  qui nous sont présentées aujourd’hui : 387 agents ce soir contre 363 indiqués en novembre… Les explications du maire nous ont semblé assez… nébuleuses.

Ensuite quelques chiffres qui nous semblent inquiétants.

Nous constatons une baisse de 15 fonctionnaires et il y a par contre 9 contractuels permanents et 35 contractuels non permanents de plus qu’en 2022. C’est une précarisation du statut qui se dessine.

Quant aux agents qui quittent la ville, ils étaient 27 en 2021 ; 31 en 2022 ; 38 en 2023. 10% de départs par an… n’est-ce pas beaucoup ? Selon le maire, c’est un problème rencontré par toutes les collectivités et qui oblige la ville à être attentive aux rémunérations de ses agents et à son « attractivité ».

La formation professionnelle qui était mentionnée dans le rapport de l’année 2022 ne l’est plus en 2023. Un oubli selon le maire, qui signale pourtant qu’il s’agit d’un enjeu très important…  

Il y a eu 13 accidents du travail en 2022 et 20 en 2023. « Une légère augmentation » note le rapport. C’est +50 % d’augmentation et cela concerne donc 6% des agents, ce qui paraît beaucoup.  Le maire indique que ce sont surtout des accidents de trajet.

Le taux d’absentéisme est plus fort chez les contractuels que chez les fonctionnaires, inversement de ce qu’on entend dans les médias.. sans explication particulière apportée.  

Quant aux jours de grève, ils sont passés de 9 jours en 2022 à 109 jours en 2023. Le mouvement contre la pseudo-réforme des retraites n’a visiblement pas laissé les agents municipaux indifférents.  

Un rapport suivant nous donne l’occasion de soulever les questions relatives aux écoles. Il s’agit de la création d’emplois non permanents au titre « d’activités accessoires », à savoir 20 enseignants pour les études surveillées dans les écoles élémentaires. C’est une régularisation et non des créations de postes nouveaux.

Mais le problème est surtout que la ville ne rémunère que des études « surveillées » et non « dirigées ». Une différence qui peut paraître anodine, mais qui ne l’est pas… En effet, les études dirigées, mieux rémunérées, consistent à aider les écoliers·ères dans l’apprentissage de leurs leçons, et non seulement à assurer la « garderie » des élèves. Un petit investissement pour la ville, un grand pas pour les élèves qui bénéficieraient ainsi d’un soutien scolaire le temps de l’étude. Un soutien scolaire qui n’existe pas pour les élèves des écoles élémentaires, alors que les besoins sont grands dans le domaine.

À suivre… le dernier point à l’ordre du jour qui concerne aussi les conditions d’enseignement dans nos écoles primaires : le non-remplacement chronique des maîtres absents.

Trame noire

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.

Nous votons pour un partenariat avec la LPO (Ligue de protection des oiseaux) pour que cette association accompagne la ville dans un plan d’action 2025-2029. Le projet consiste à inscrire le jardin du petit lac comme refuge LPO, avec une campagne de sensibilisation des publics scolaires et des habitants.

Toutefois nous avons exercé notre « esprit critique », expression entendue dans les rangs de la majorité.

Effectivement, nous avons fait remarquer que cette initiative est certainement très positive mais…

Les causes principales des menaces sur les espèces végétales et animales, évoquées dans le rapport présenté au vote, sont les pollutions lumineuses et sonores de la ville. Ce sont des causes de sérieuses perturbations pour la faune et de la flore sauvages, selon la LPO. Donc pour « contribuer à la préservation de la biodiversité » ce qui est un objectif très louable, nous pensons qu’il faut pousser la réflexion et l’action de la ville un peu plus en profondeur.

Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur les dangers de la pollution lumineuse, sans compter la gabegie de l’éclairage de rues vides entre 23h et 6 h du matin. Cela participe à l’extinction massive des insectes et donc à la disparition d’oiseaux et de chauve-souris. Pour les plantes, comme pour les animaux, l’alternance du jour et de la nuit est vitale. Les associations alertent aussi sur la prolifération des LED, certes plus économiques mais plus dangereuses pour la biodiversité à cause de leur lumière blanche. À l’heure où on prône des « trames vertes et bleues », il faut aussi implanter des « trames noires ».  Existent des systèmes intelligents qui activent l’éclairage à pleine puissance seulement lors du passage d’un piéton ou d’un véhicule. Sinon le niveau de lumière se fixe à 10 % de la puissance, plongeant les rues dans une semi-obscurité.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’en ville, où le fond sonore est constant en raison de la circulation routière ou encore des travaux urbains, le bruit impacte directement la reproduction des espèces.

Ces mesures pour limiter bruit et lumière auraient aussi de conséquences très positives sur le sommeil.. des humains ! Et évidemment des répercussions positives sur les dépenses d’énergie.

Je remarque aussi que la famille politique du maire a voté cette semaine sans état d’âme au Sénat pour ré-autoriser un pesticide de la famille des néonicotinoïdes via la « loi Duplomb ». Les néonicotinoïdes sont un danger avéré pour la biodiversité. L’acétamipride en question dans la loi est un insecticide qui tue notamment les oiseaux et les abeilles.

Nous nous étonnons que la ville demande une subvention pour un montant si modeste : 2540€…

Curieusement, le maire, qui d’habitude s’indigne de ces propositions car selon lui elles portent gravement atteinte à la sécurité publique, s’est cette fois-ci contenté de dire qu’il partageait ces remarques. Enfin une évolution dans la lutte contre la pollution lumineuse dans notre ville ? Si c’est le cas, on se félicite d’avoir fait avancer cette réflexion. Nous restons convaincus qu’à l’avenir, entre coût de l’énergie et dangers écologiques, l’éclairage public, qui n’est pas synonyme de sécurité, sera réduit en cœur de nuit.

Plus d’infos ici sur le sujet pour les lecteurs/lectrices qui le souhaiteraient :

https://www.lpo.fr/la-lpo-en-actions/mobilisation-citoyenne/refuges-lpo/les-15-gestes-refuges/mosaique-15-gestes/les-15-gestes-refuges-pour-proteger-la-biodiversite/je-limite-les-pollutions-lumineuses-et-sonores-pour-respecter-la-faune-et-la-flore-sauvages

https://www.socialter.fr/article/comment-l-eclairage-perturbe-la-biodiviversite

https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/conseils-biodiversite/conseils-biodiversite/accueillir-la-faune-sauvage/reduire-la-pollution-lumineuse

À suivre…

Comment sauver l’école ?

Natacha Polony, comment sauver l’école et les contradictions du maire de St Gratien

Natacha Polony était invitée à St Gratien à une conférence débat mardi 11 février salle Georges Brassens.

On nous avait mis en garde : « les salons de la Princesse Mathilde étaient surtout fréquentés par des intellectuels marqués à droite » – Franz Olivier Giesbert et Nicolas Vannier avaient été les derniers invités – voire dit qu’« elle était  » réactionnaire « par certains côtés ».

Tout d’abord, nous ne sommes pas sectaires.

D’autant que nous avions déjà écouté Natacha Polony au siège du PCF, place du Colonel Fabien, le 8 janvier dernier, à l’occasion d’une soirée hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes. Elle animait et participait à un débat entre notamment Fabien Roussel et Richard Melka (cf. photos ci-dessous en fin d’article).

Nous sommes donc allés écouter Natacha Polony mardi soir, sur un sujet qui nous tient à cœur : Comment sauver l’école ?

Ce qui jeudi soir, au Conseil municipal, nous a permis de constater l’ampleur des contradictions de M. le maire et de son équipe municipale sur le sujet de l’éducation [ce qui fera l’objet d’un deuxième article rendant compte du conseil municipal].

La conférence de Natacha Polony était charpentée. Il y avait de la substance dans ses propos. En un peu plus d’une heure d’exposé, elle a abordé beaucoup de sujets, certains très rapidement (on aurait pu y passer la soirée), d’autres de façon factuelle, et illustrés par sa propre expérience d’enseignante, puisqu’avant d’être journaliste et essayiste, pendant une dizaine d’années elle a été enseignante. Tout d’abord à Épinay (en collège si on a bien compris) puis dans le supérieur à Léonard de Vinci.

Elle a ensuite débuté une carrière de journaliste, d’abord comme spécialiste des questions d’éducation.

En guise d’entrée en matière, N. Polony a dit que les débats sur l’école dans les médias étaient affligeants : Pour ou contre l’uniforme à l’école ? Faut-il changer les rythmes scolaires ?  etc. n’étaient pas des thèmes à la hauteur au regard des enjeux.

Qu’est-ce que l’école ? À quoi sert l’école ? L’école est un sujet éminemment politique !

L’école est un pilier de la République Française. L’école n’est pas un service public au sens d’une « prestation de services ». Ce n’est pas quelque chose que l’on consomme. C’est bien plus que cela : c’est une institution de la Nation. Elle n’est pas seulement au service des individus. L’école est le creuset de la Nation.

Dire que l’on ne peut pas réformer l’école, c’est faux. L’école a connu beaucoup de réformes et les enseignants ont accepté beaucoup de réformes toujours venues du haut. L’une remplaçant l’autre. Sans évaluation de leurs résultats.

Les années 80/90 ont été des années de transformations majeures, qui se sont inscrites dans le projet européen à visée libérale : l’école doit être un service rendu aux entreprises (cf. Stratégie de Lisbonne de l’UE[1]). Il ne s’agit plus de transmettre des savoirs mais plutôt des compétences.

C’est une vision utilitaire – utilitariste – de l’école qui l’a emporté. Le rôle de l’école est dans cette logique libérale est de « fournir des travailleurs, adaptables, recyclables qui vont pouvoir interagir ».

On s’est éloigné du projet d’émancipation. C’est ce qui a guidé les différentes lois sur l’école entre 1985 et 2024. La droite et la gauche ont toujours fait la même politique en matière d’école.

Et malgré toutes ces réformes, l’école française ne va pas bien. C’est le ventre mou des maux de la société française.

L’école connait une baisse du niveau. Ce que révèlent les enquêtes du type Pisa. Ce n’est pas nouveau.

Déjà dans les années 90, le phénomène était identifié. Mais il ne fallait pas en parler au sein de l’Éducation Nationale. J’avais déjà vu niveler par le haut des moyennes et faire passer coûte que coûte des élèves dans le niveau supérieur.

Comment cela s’explique-t-il ?

La France a un des systèmes éducatifs les plus inégalitaires. Il ne faut pas idéaliser l’école de la IIIè République, qui elle aussi était inégalitaire. On emmenait la masse des élèves des catégories les moins favorisées jusqu’au certificat d’étude. Et seuls les élèves des classes aisées allaient jusqu’au bac et au-delà.

Aujourd’hui si l’école française porte près de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac, on constate depuis plusieurs années, que le noyau dur des très bons élèves se réduit. Et la masse des élèves de niveau moyen voient leur moyenne baisser. Ils tirent vers le bas les résultats.

Ce décrochage du niveau scolaire aura des conséquences économiques : moins d’ingénieurs, de chercheurs, etc. à terme cela impactera la compétitivité de la France.

Comment cela s’explique-t-il ?

Il y a une paupérisation des enseignants. Un enseignant gagne en moyenne 1,2 Smic. La place des professeurs dans l’échelle sociale dégringole.

Cette paupérisation des enseignants s’explique parce qu’on a voulu faire baisser le nombre d’élèves par classe, avec une moyenne d’élèves par classe qui a baissé de 30, à 28/27 élèves en moyenne. Cela a un coût. Et ce coût a été compensé par la non augmentation des salaires des enseignants.

Cette dévalorisation du métier d’enseignant s’est traduite par une crise des vocations. Les concours de l’éducation ne font plus le plein : faute d’être attractive, l’éducation nationale n’arrive plus à recruter les meilleurs par matière, qui vont ensuite aller les enseigner.

Cela s’explique aussi par une destruction progressive de l’image de l’école aux yeux des familles. On pense à un ancien président qui laissait entendre qu’être prof, c’est avoir 6 mois de vacances… Cela a participé à délégitimer l’école, y compris au niveau des savoirs qui y sont enseignés. Tous les jours il y a des parents qui viennent contester auprès des enseignants le contenu de certains cours, qui déplaisent aux familles. Tous les jours des élèves contestent la fonction du professeur qui n’est plus respectée : « toi qui enseigne à 1700€ / 1900€,  tu es là parce que tu n’as pas été pris ailleurs ». [La rémunération des enseignants français est en queue de peloton dans l’OCDE : elle représente 50% de la rémunération des enseignants allemands. Elle se situe juste au-dessus de la rémunération des enseignants polonais].

La France est parmi les pays de l’OCDE celui où il y a le plus de problèmes de discipline dans les classes. Il n’est pas rare, que sur une heure de cours, l’enseignant consacre 15 minutes à régler des problèmes de discipline. Cela a des conséquences sur le résultat des élèves et sur la crise des vocations.

Dans le privé est-ce mieux ? Les gens fuient vers le privé. Mais si l’école publique jouait son rôle, alors il n’y aurait pas de fuite vers le privé. Dans l’école publique on ne peut pas virer les élèves qui posent problème.

Que faire ?

ž Il n’y aura pas de cohésion nationale sans une école qui fonctionne. Il faut retrouver le sens de l’école.

ž Il faut rappeler que les professeurs sont indispensables. Pour un élève suivre un cours à distance devant un écran n’a rien à voir au gain qu’il en retire quand il s’agit d’un cours en présentiel, avec interaction avec l’enseignant.

ž Si en valeur absolue il est vrai que le budget de l’Éducation nationale progresse chaque année, en part relative il n’a pas arrêté de décrocher depuis 1997. Par rapport à cette époque, si aujourd’hui on avait le même % de budget, il nous manque 15 à 20 milliards par an.

ž Il faut en finir avec la baisse des rémunérations des enseignants et le manque de considération. Il faut rendre leur honneur aux enseignants.  Et cela passe par une revalorisation significative du métier de professeur, pour le rendre à nouveau attractif : pour qu’à nouveau l’éducation sélectionne les meilleurs par matière et que ceux-ci soient devant les élèves pour les former.

ž Disposer de plus d’enseignants et disposer d’enseignants formés. J’ai connu le système de l’IPES[2] qui formait sur 3 ans de futurs professeurs. Ce système de formation des enseignants permettait un brassage social :  il permettait à des jeunes adultes issus de la classe moyenne de trouver un emploi, de les payer pendant leurs études et en compensation, ils devaient 10 ans de service à l’État.

 Rappeler que le rôle des parents ne doit pas être de contester les enseignants. Les parents ont toute leur place à l’école, mais pas pour contester les méthodes d’enseignement et encore moins les contenus des enseignements. Devant les enseignants, ils doivent tirer dans le même sens que les enseignants et les directions d’école.

Merci à Stéphane Bauer pour ce compte-rendu de la soirée, et pour ses photos !

[1] La dynamique de la politique éducative française du début des années 2000, qui a inspiré notamment la loi Fillon, tire directement son inspiration de la « Stratégie de Lisbonne », élaborée lors du Conseil européen tenu dans la capitale portugaise en mars 2000. C’est la feuille de route libérale de toutes les politiques européennes. On y retrouve, appliquées à l’éducation, bon nombre de notions qui fleurissent par ailleurs dans le discours des institutions internationales, de la Commission européenne et des dirigeants politiques : compétitivité, efficacité, développement des partenariats, financement public-privé, marché de l’éducation, capital humain, économie de la connaissance, esprit d’entreprise, individualisation de la responsabilité de la formation, etc. L’un des derniers documents du Conseil est parfaitement explicite à cet égard : « Les ressources humaines constituent la principale richesse de l’Union européenne. Elles sont au cœur de la création et de la transmission des connaissances et sont un élément décisif du potentiel d’innovation de chaque société. L’investissement dans l’éducation et la formation est un facteur déterminant en matière de compétitivité, de croissance durable et d’emploi dans l’Union, et constitue de ce fait un préalable pour atteindre les objectifs économiques, sociaux et environnementaux que l’Union européenne s’est fixé à Lisbonne. De même, il est essentiel de renforcer les synergies et la complémentarité entre l’éducation et d’autres domaines d’action tels que l’emploi, la recherche et l’innovation et la politique macro-économique ». Pourquoi se former ? Pour mieux s’adapter aux changements économiques. Le droit de se former tout au long de la vie rime avec le droit de rechercher un emploi dans un marché du travail dérégulé où la « concurrence est libre et non faussée »

[2] En France, un institut de préparation aux enseignements de second degré (en abrégé IPES) rassemblait, au sein d’une faculté des sciences ou des lettres, des élèves-professeurs rémunérés, généralement durant 3 ans, en vue de l’acquisition des titres habilitant à l’enseignement dans les lycées, les collèges classiques et moderne, les écoles normales primaires, les écoles nationales professionnelles et les collèges techniques. Créés en 1957, ces instituts furent supprimés en 19792 mais les postes d’élèves-professeurs furent maintenus jusqu’en 1978. Les élèves professeurs devaient souscrire l’engagement de servir dans l’enseignement public pendant une durée minimum de dix années à dater de l’entrée à l’institut. Les élèves professeurs devaient préparer normalement en deux ans dans les facultés les certificats des licences d’enseignement. Ils accédaient aux centres pédagogiques régionaux pour y effectuer un stage d’une année en tant que professeur-stagiaire.

Ci-dessous, Natacha Polony, Julie Gayet, Fabien Roussel, Richard Melka, pour une soirée-hommage à Charlie le 8 janvier 2025, au siège parisien du PCF

0,056%

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.

Nous votons contre le PV de la séance de décembre 2024. Aucune de nos questions sur les décisions du maire lors de la séance de décembre ne sont reprises. À deux reprises, le PV me prête  des propos inverses de ceux que j’ai tenus, ceux de Stéphane Bauer sont devenus difficilement compréhensibles car tronqués… Le diable se niche dans les détails, dit-on. En tout cas, ce document est pour nous important puisque c’est  pour les Gratiennois·es, le seul canal d’information sur les débats entre élu·es. Encore plus gênant, le PV reprend des propos qui ont bien été tenus le 19 décembre 2024 mais qui n’en sont pas moins faux : Stéphane Bauer n’est pas membre de LFI. Le maire et l’adjoint qui l’a faussement affirmé le savent très bien.  

Les décisions du maire (35, c’est beaucoup) génèrent de nombreuses demandes de précisions.

Nous votons pour l’achat d’une torche olympique, bien que très peu convaincu·es de l’efficacité de cette mesure pour « renforcer l’engouement pour le sport » comme le vante la ville. C’est à notre sens anecdotique et effectivement purement symbolique…

Nous votons pour les tarifs des longs séjours d’été 2025.      

Nous regrettons que ce dossier n’ait pas fait l’objet d’une réunion de la commission « jeunesse ».

La ville prévoit 30 places pour trois séjours en France et à l’étranger. … Le coût pour la ville est de 16 150€ soit 0,056% du budget de fonctionnement. Tout est dit.

Avec la suppression des classes de découverte, celle des séjours courts, voilà des colos quasi inexistantes… Combien y a -t-il en effet d’enfants entre 6 et 16 ans dans notre ville ? La possibilité offerte de voyager à des enfants qui ne partent pas de chez eux disparaît. Je ne cesserai jamais de dire que je le regrette car la découverte d’autres lieux et de la vie avec d’autres sont indispensables à la construction de l’individu. 

Rester dans le simple constat plus ou moins exact « les colos ne sont plus à la mode » ? Mais pourquoi ? Il y a certes des freins financiers. Une étude IFOP indique que le prix des séjours apparait comme le deuxième frein le plus largement cité par les parents. Il y a aussi certainement des réticences psychologiques, et une méconnaissance des bénéfices de la colo. Aussi un désintérêt des élus locaux… 

Il faut à notre avis une politique plus volontaire si on est persuadé de l’intérêt des séjours collectifs pour les enfants autour d’un projet éducatif construit. Des communes travaillent notamment avec les enseignants, développent une communication positive sur les colonies de vacances, proposent des séjours découvertes des colos à tarifs étudiés (un week-end par exemple) pour susciter l’envie de partir en séjour. Il y a besoin de revaloriser les colonies de vacances comme espaces d’apprentissages auprès des enfants, des jeunes, des parents, de la communauté éducative en général. Encore faut-il être persuadé soi-même de l’intérêt éducatif des séjours collectifs de vacances… ce qui visiblement n’est pas le cas des élus de la majorité gratiennoise, qui s’intéressent peu à la question, au point d’indiquer oralement des tarifs deux fois moindres que ceux qui nous sont présentés !

Nous votons contre la vente d’un studio que la ville possède allée du Square aux Clercs. Le maire affirme que le fait que la performance énergétique de cet appartement soit « G » donc plus louable à partir de janvier 2025, n’est pas la raison de la vente.

Nous pensons qu’il est dommage de se séparer de ce logement , qui aurait pu servir de secours pour des cas d’urgence, ou même être loué comme il l’était jusqu’ici.

À suivre….

Nos questions de février

Échos du Conseil municipal du jeudi 13 février 2025 à Saint Gratien

En fin de séance, le maire répond aux questions orales des groupes. Voici les nôtres, les réponses apportées et nos commentaires, que nous ne pouvons faire en séance, les questions orales ne faisant pas l’objet de débat.

Questions orales au Conseil municipal du 13 février 2025 ; groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

 Diagnostic des performances  énergétiques – Isabelle Volat

Un diagnostic des performances  énergétiques des bâtiments communaux a été réalisé en 2023 ou 2024. Pouvons-nous en connaître les grandes lignes avant la présentation du dossier plus détaillé en commission espace public, comme il a déjà été demandé ?

Réponse du maire : un audit énergétique a effectivement été réalisé en 2023. Cela a permis d’obtenir une photographie des consommations d’énergie dans les bâtiments et d’évaluer leurs performances par rapport au décret tertiaire avec l’objectif de 60% de réduction de consommation d’ici 2035. La ville a pu constater que les opérations lourdes engagées par le passé ont permis d’obtenir de bons résultats comme à l’école Herriot ou Logeais. Des gains ont également été obtenus salle Georges Brassens et la salle d’armes, et le seront prochainement dans le centre Camille Claudel et dans le centre du Parc. Parmi les sites peu performants, on note le groupe scolaire Jean Moulin et l’hôtel de ville. La ville procède au renforcement de l’isolation thermique en ce qui concerne la mairie. D’autres équipements devront faire l’objet de programmations à moyen terme. Tout cela sera présenté en détail en commission.    Décryptage : le proverbe  dit que « tout vient à point à qui sait attendre ». Dès 2023, nous avions interrogé sur ce diagnostic et avons depuis reposé la question en commission et au Conseil. Espérons donc pouvoir prendre connaissance de ce document dans des délais raisonnables.

NB : le « décret tertiaire » évoqué par le maire est la réglementation qui impose une réduction progressive de la consommation d’énergie dans les bâtiments de 1 000 m² et plus, à usage tertiaire, afin de lutter contre le changement climatique.

Espace public (1) –  Isabelle Volat

Un plan de rénovation des espaces publics a été évoqué lors de la réponse du maire à notre question au Conseil de décembre 2024 sur la place des Cyclades. Ce plan qui concerne au moins la place du Forum, la rue Berthie Albrecht et la place des Cyclades, et peut-être d’autres espaces, pourrait-il faire l’objet d’une présentation en réunion de quartier afin de prendre l’avis des Gratiennois ?

Réponse du maire : le projet pour la place du Forum a déjà été présenté en réunion de quartier le 27 juin dernier. En ce qui concerne la rue Berthie Albrecht, il est prévu de nouvelles jardinières pour remplacer celles qui sont vétustes puisqu’installées il y a plus de 20 ans. Les espaces publics des Cyclades et des Cygnes viendront dans un second temps.

Décryptage : notre question reste sans réponse. La ville décide du réaménagement d’espaces sans en référer à quiconque. On aurait pu imaginer une consultation des riverains, premiers intéressés, que ce soit pour renouveler les mobiliers à l’identique ou reconfigurer leur disposition. On ne doute pas que les habitants ont suffisamment d’idées sur l’aménagement de leur environnement ! Jardinières certes, mais peut-être aussi bancs, stationnements vélos ou autres innovations auraient pu émerger d’une consultation, mais la ville ne connaît que la « présentation » de projets déjà décidés.

Espace public (2) – Stéphane Bauer

Le passage en bois entre la résidence de Lussay et les magasins est très glissant en cas de pluie ou de gel. Plusieurs personnes nous l’ont signalé par exemple le samedi 1er février, et la ville a procédé à un sablage. Quelle solution plus durable pour éviter des chutes ? 

Réponse du maire : le seul moyen de conserver la qualité des espaces publics de cette zone serait de créer un cheminement minéralisé intégré au platelage existant. La ville a décidé de mener des études sur ce sujet.

Décryptage : à suivre… Ce revêtement particulier pose problème depuis des années. Les bandes métalliques apposées sur les lames de bois ne l’ont pas résolu.

Finances des collectivités locales – Isabelle Volat

En plus de la hausse de 12 points des cotisations employeurs à la CNRACL sur quatre ans, dont 3 % dès cette année, le budget 2025 de la nation récemment adopté (à défaut d’être voté) prévoit des mesures impactant négativement les finances des collectivités, notamment la réduction de leurs dépenses de 2,2 MDS. (Certains élus contestent d’ailleurs ce chiffrage et l’estiment plutôt à 7 MDS, ndlr). À Saint Gratien, avez-vous chiffré les répercussions sur le budget communal ?

Réponse du maire : la hausse des cotisations de la CNRACL (caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales) va peser pour 150 000€ en 2025 ; 300 000€ en 2026 ; 450 000€ en 2027 ; 600 000€ en 2028, soit sur 4 ans une ponction de 1,5 M€. Ensuite, une ponction de 600 00€ chaque année à partir de 2028. Autre impact financier très négatif pour la ville : la diminution des subventions accordées par les partenaires, département, région, État, qui sont très affectés par la baisse de leurs recettes et l’augmentation de leurs dépenses et qui ont réduit très fortement leur soutien financier aux communes.

Décryptage : nous reviendrons sur cette question des ressources des collectivités, fondamentale quand on veut élaborer un projet municipal alternatif ! Attaquer les finances des  communes, c’est évidemment négatif pour les services rendus à la population, et pour l’investissement public. Les collectivités réalisent en effet plus de 60% des travaux publics. On remarque tout de même que le maire qui déplore la situation oublie que les premières attaques sont venues de sa propre famille politique. Chaque quinquennat comporte son lot de maltraitances pour les collectivités : Nicolas Sarkozy supprime la taxe professionnelle, ce qui leur a fait perdre la moitié de leurs revenus ; François Hollande a coupé 10 milliards d’euros de dotation globale de fonctionnement et Emmanuel Macron a supprimé la taxe d’habitation avant de s’attaquer à la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), en plus de coupes régulières.

Conseil municipal des enfants – Stéphane Bauer

Comme aucune commission scolaire ne s’annonce, nous souhaiterions avoir un aperçu des actions du Conseil municipal des enfants, en dehors des traditionnelles visites de lieux institutionnels et de la présence aux différentes cérémonies.

Dans les villes aux alentours de St Gratien, les jeunes conseillers municipaux ont été invités à travers des jeux à se concerter et à réfléchir ensemble sur des thématiques qui les concernent au quotidien. Ils ont par exemple évoqué les problématiques qu’ils pouvaient rencontrer et dégagé des pistes d’amélioration sur la gestion des cantines scolaires, le manque de végétalisation de certaines rues, ou encore la sécurité des enfants sur le trajet école/domicile. Qu’en est-il au niveau du conseil municipal de St Gratien ?

Réponse du maire : le CME gratiennois est très actif sur les questions de citoyenneté, du développement durable ou de la vie locale. Le maire cite l’exemple du travail mené avec une association pour une prochaine collecte de matériel sportif en avril. En mars, visite de la caserne des pompiers autour des questions de sécurité. Une réflexion sera ensuite engagée sur la seconde vie du livre. Le maire cite encore la participation du CME à la cérémonie du 8 mai et le 24 mai à l’initiative « Inspirations durables ».

Décryptage : des initiatives sans nul doute intéressantes mais tout de même peu ambitieuses. Cantonner les enfants élus aux cérémonies ou aux visites de structures publiques est réducteur face aux multiples actions qui pourraient être menées sur des thèmes qui concernent la vie des enfants dans notre ville : l’aménagement des cours d’écoles en est un parfait exemple. On aurait même pu envisager d’attribuer un budget à des actions initiées par le CME… Trop d’audace ?

À suivre, les autres dossiers du Conseil

Tribune libre

Voici notre première « tribune libre » de 2025 !

Elle est parue dans le magazine municipal de janvier.

Budget 2025 

La ville sous-estime l’urgence de lutte et d’adaptation au changement climatique.

Sur 9,4 M€ de travaux, 16% seulement seront consacrés à la transition écologique ; moins de 10% à l’enfance.  

Mais 30% à la réfection de la voirie et 834 000 €  (9%) pour installer 60 nouvelles caméras. À comparer à 56 000 € pour végétaliser une seule des 14 cours d’école…

Rien pour développer les mobilités alternatives à la voiture.

Rien pour le vieux centre de loisirs Fossiez, mal adapté à l’accueil des enfants.

Deux centres culturels seront certes réhabilités : C. Claudel entièrement subventionné et le centre du Parc, où il y avait urgence.

Sans concertation avec les responsables associatifs, ni les utilisateurs. Alors que la salle d’armes rénovée pour les J.O a déjà été confrontée aux mêmes causes d’inondations que précédemment et que sa température ne convient pas aux escrimeurs.

La Fédération des usagers de la bicyclette nous consulte 

St Gratien, une ville cyclable ? Pour que cela bouge, répondez du 28/02 au 03/06 au Baromètre Vélo, donnez vos impressions sur les aménagements municipaux et ce qui manque : https://barometre.parlons-velo.fr

Info & contact : www.fub.fr ; saint-gratien@mdb-idf.org

Tous nos vœux pour 2025 et d’abord de paix !

I. Volat, S. Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr