Hala, la voix de la Palestine

La fédération du PCF 95 organisait mardi soir à Argenteuil (95) un échange avec Hala ABOU HASSIRA, Ambassadrice de Palestine en France. Autour d’elle : Taoufiq TAHANI, Président d’honneur de l’association France Palestine Solidarité ; Francis WURTZ, ancien député PCF européen ; Pierre BARROS, sénateur du Val d’Oise ; Cécile DUMAS, conseillère régionale d’Île-de-France et secrétaire fédérale du PCF95.

Hala ABOU HASSIRA, Ambassadrice de Palestine en France :

Le traitement du conflit par les grandes puissances qui gouvernent les instances internationales, comme l’ONU, l’OMS, l’UNHCR…  montre bien là une inégalité entre le nord et le sud.

Alors qu’elle était invisibilisée, la question palestinienne est revenue sur le devant de la scène. Mais à quel prix ?

Le problème ne se limite pas à Netanyahu. Les Palestiniens sont victimes de toute une politique d’état. Nous sommes victimes d’une oppression systémique. Avec l’objectif déclaré, dans la bouche de ministres israéliens d’exterminer le peuple palestinien[1].

Car qu’en est-il quand il s’agit de la démolition des maisons, du retournement de toutes les terres cultivées, de la confiscation des cartes d’identité, des emprisonnements administratifs en Israël de nos militants sans jugement ?  La vie d’un Palestinien vaut-elle la vie d’un autre être humain sur terre ?

Ce conflit met en évidence une politique du deux poids deux mesures. Pourtant, nous sommes les Ukrainiens du Moyen Orient.

C’est une politique de vengeance de la part d’Israël : Ce matin (mardi 28 mai 2024) le dernier hôpital de la bande de Gaza a cessé de fonctionner. Les 80 000 blessés qui vivent sur le territoire de Gaza n’ont plus accès aux soins.

C’est le moment de la vérité concernant la valeur du droit international. Ce droit a été écrit par des mains européennes et françaises. Il a été écrit pour que ne se reproduisent plus les horreurs de la guerre. C’est le moment de voir l’applicabilité du droit international.

Or, les instances internationales sont bloquées par les États-Unis.

Alors que l’État de Palestine a choisi la diplomatie, la voie du pacifisme, avec l’affirmation d’appartenir à la communauté des nations. Malgré cela, on refuse de nous reconnaître. On nous dénie le droit d’exister et à être reconnus.

Un crime ne justifie pas un crime encore plus grand. C’est un deux poids deux mesures à l’échelle 1000… C’est une hypocrisie totale.

Il faut que la France soit au rendez-vous. Il faut mettre à l’ordre du jour  du Sénat et de l’Assemblée nationale la question de la reconnaissance de l’État palestinien. Nous attendons ce moment. Que la France soit au rendez-vous de l’histoire.

Taoufiq TAHANI, Président d’honneur de l’association France Palestine Solidarité

Sans remonter à 1947 et la création de l’État d’Israël, nous avons fait des sacrifices pour arriver à la solution de deux États. Souvenons-nous des débats au Fatah en 1988, où à partir de là, Yasser Arafat va aller convaincre tous les représentants politiques palestiniens – et le spectre est large -, en disant : nous avons une opportunité pour créer un État. Certes sur 22 % de la Palestine. Mais on aura notre État.

Depuis, ils lui ont tourné le dos. En 1993/1994, ce sont les accords d’Oslo. Mais contrairement à ce qui a été prévu, il n’y a pas eu de création de l’État palestinien à compter de 1998. Sharon réoccupe alors le tiers des 22% dévolus aux Palestiniens.

… Dans les médias, c’est le deux poids deux mesures : on dit qu’Israël a le droit de faire des frappes préventives. Mais a-t-on entendu symétriquement que les Palestiniens ont le droit de se défendre ?

Examinons le sens des mots. Il est dit concernant le 7 octobre, qu’il s’agit de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Oui. Ce débat est connu en France et on qualifie le Hamas d’organisation terroriste[2]. On lui impute un crime de génocide.

Mais ce qu’on dit pour l’un, il faut aussi le dire pour l’autre…

Dans les médias français, il est dit qu’on ne peut pas comparer les crimes des uns et des autres. Je cite Caroline Fourest qui a dit que « ce n’est pas les mêmes morts ». D’autres ont dit, que « les civils palestiniens tués, c’étaient des dégâts collatéraux ».

Tout cela est intolérable : Le combat que nous avons à mener, c’est un combat pour la défense de l’humanité.

Personne dans la salle : Je reviens sur le terme d’anéantissement de toute une population[3]. Car le dynamitage de l’université de Gaza avec l’embrasement de tous ses livres, filmé de l’extérieur par des soldats israéliens, revient à dire sur les réseaux sociaux : vous n’aurez plus d’éducation. Le dynamitage des bureaux de l’état civil de l’équivalent de la préfecture de Gaza City, revient à dire : vous n’aurez plus d’endroit où faire reconnaître la naissance des vôtres. Le dynamitage du palais de justice revient à dire : vous n’avez plus d’endroit pour faire justice. Ce sont tous les symboles de ce qui fait société qui est détruit.

Francis Wurtz, ancien député PCF européen

Que faut-il faire ? Faire pression sur Israël, en suspendant les accords d’association entre l’UE et Israël. Car ces accords disent que quand il y a des violations des droits de l’homme, on suspend les accords.

Il y a une responsabilité européenne. Bien qu’on dise qu’on soit pour deux États, on n’agit pas.

Chaque année, est rédigé un rapport européen qui prévoit la création d’un État palestinien. Chaque année il est republié. Il y a toute une série de recommandations pour qu’on y arrive. Mais chaque année le document est classé sans suite.

J’ai moi-même interpellé Javier Solana quand il était responsable des affaires étrangères pour l’UE, de la tribune du parlement européen, pour dénoncer l’attitude complice des États européens, qui va à l’encontre de la diplomatie européenne qui prévoyait malgré tout de petites avancées vers la reconnaissance de la Palestine. Mais c’est l’ensemble des États européens qui à l’époque étaient responsables.

Pierre BARROS 

Le sénateur rappelle ses voyages en Cisjordanie et ce qu’il y a vu, notamment la patiente et méthodique avancée de la colonisation, mètre par mètre, maison par maison. Mais aussi la joie des Palestiniens lors des fêtes traditionnelles malgré le mur, malgré les obstructions à leur liberté de mouvement.

Personne dans la salle : Puisque la solution à deux États, presque plus personne n’y croit, est ce qu’un état binational ne serait pas la solution ?

Hala ABOU HASSIRA : J’entends la proposition. Au final, ce sont les Palestiniens qui choisiront. Deux États côte à côte ou un seul État binational ?

Pour ma part, je reste pour la solution à deux États. Pourquoi ? Pour pouvoir exercer notre droit à l’autodétermination. Exercer ce droit souverain. Mais, c’est vrai, l’espace se réduit du fait de la fragmentation, de l’isolement de Gaza et de la Cisjordanie.

Demander l’égalité dans un seul État ? L’alternative avec un seul État, aujourd’hui, serait terrible : l’apartheid. À Gaza, les notions d’égalité et de liberté n’existent pas. 2,5 millions de Palestiniens ne sont pas sortis de Gaza (40 km de long, 10 km de large) depuis 17 ans.

Les Palestiniens avaient dans le passé fait la proposition d’un état binational laïque. Ce sont les Israéliens qui en n’ont pas voulu.

On reste engagé sur la solution à deux États. Car définie par des résolutions de l’ONU de 1967… nous sommes pour le respect du droit international.

Je souhaite remercier pour le soutien dont on bénéficie partout dans le monde et en France en particulier.

Prises de notes : Stéphane BAUER

Hala Abou Hassira dans quelques articles de médias français

Frappes à Rafah : « c’est une condamnation à mort pour les 2,3 millions de civils Palestiniens », selon Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France (francetvinfo.fr)

Reconnaissance de la Palestine : « J’invite les autorités françaises à passer à l’acte », exhorte Hala Abou Hassira – L’Humanité (humanite.fr)

Guerre Israël-Hamas : à Paris, le drame personnel de l’ambassadrice palestinienne, Hala Abou Hassira (lemonde.fr)

[1] « J’en appelle au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères, c’est l’occasion de mettre au point un projet visant à encourager l’émigration des habitants de Gaza vers d’autres pays du monde » ministre de la Sécurité nationale https://www.sudouest.fr/international/moyen-orient/israel/guerre-israel-hamas-des-ministres-israeliens-veulent-chasser-les-palestiniens-de-gaza-et-le-retour-des-colons-17990072.php?csnt=18fc6526c90

« Tirez sur les femmes et les enfants pour la sécurité d’Israël », a déclaré le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. https://www.tf1info.fr/international/guerre-gaza-un-ministre-israelien-a-t-il-appele-a-tirer-sur-les-femmes-et-les-enfants-palestiniens-pour-garantir-la-securite-d-israel-2286056.html

[2] Si selon Taoufiq TAHANI, Président d’honneur de l’association France Palestine Solidarité, la notion de terrorisme n’existe pas en droit, l’Assemblée générale des Nations unies l’a cependant consacrée au niveau politique en affirmant la définition en janvier 2006 (résolution 60/43), définissant les actes de terrorisme comme des « actes criminels conçus ou calculés pour terroriser l’ensemble d’une population, un groupe de population ou certaines personnes à des fins politiques ».

[3] « Je pense que Houwara devrait être anéantie », a déclaré le ministre israélien des Finances https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2023-03-04/israel/un-ministre-regrette-avoir-appele-a-aneantir-une-ville-palestinienne.php

À lire d’autres infos sur cette soirée et la plantation d’un olivier à Argenteuil sur la page Facebook du Front de Gauche de Saint Gratien : https://www.facebook.com/frontdegauche.stgratien

La Palestine à l’ONU

Le 10 mai, l’assemblée générale de l’ONU a voté sur une résolution qui recommande au Conseil de sécurité de reconnaître la Palestine comme un État membre à part entière.

La France a voté pour, comme 143 pays sur les 193 membres de l’ONU. 9 ont voté contre et 25 se sont abstenus.

Les Palestiniens sont seulement membres « observateurs » depuis 2012, car le droit de veto des Américains bloque le processus d’adhésion. Sans cela, les Palestiniens auraient donc une très large majorité pour intégrer l’ONU. Le vote de l’Assemblée générale, malgré son caractère symbolique, témoigne d’un soutien international croissant à l’État palestinien, et de l’isolement croissant d’Israël sur la scène internationale.

« Il est temps d’inscrire l’action des Nations unies dans la perspective d’un règlement du conflit israélo-palestinien, sur la base de la solution des deux États. Celle-ci est la seule à même de répondre aux besoins de sécurité d’Israël, ainsi qu’aux aspirations légitimes des Palestiniens à un État », a déclaré l’ambassadeur de France, expliquant le vote positif de la France.

Aujourd’hui 144 pays dans le monde reconnaissent la Palestine. L’Espagne et l’Irlande pourraient le faire bientôt, ainsi que la Belgique, la Norvège et la Slovénie. Pablo Sanchez affirme travailler à cette reconnaissance « par conviction morale (…) mais aussi parce que c’est la seule façon pour que deux États, Israël et la Palestine, puissent coexister et cohabiter dans la paix et la sécurité. »

Ces dernières semaines, plusieurs pays des Caraïbes ont reconnu l’État palestinien, ainsi que le Vatican.

17 personnalités israéliennes, dont Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, ont également appelé à la reconnaissance d’un État palestinien, «une question de principe et de justice historique».

Le 21 mars 2024, à l’occasion de leur niche parlementaire, les sénateurs communistes du groupe CRCE-K devaient présenter une proposition de résolution « invitant le gouvernement à reconnaître l’État palestinien et à agir pour un cessez-le-feu effectif et durable dans l’attente de négociations ». Malheureusement, faute de temps, la résolution n’a pas été mise à la discussion.

« Il faut que les États occidentaux et en premier lieu la France sortent de leur complaisance coupable, selon la sénatrice PCF Michelle Gréaume, qui devait présenter le texte. Il y a urgence, 30 000 Gazaouis ont été tués, pour deux tiers des femmes et des enfants, et 85 % de la population a été déplacée. Les Nations unies parlent de “risque plausible de génocide”. Nous devons faire pression pour contraindre Israël à appliquer les mesures conservatoires préconisées par la Cour internationale de justice. »

Deux mois plus tard, il y a à présent 35 000 morts, des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, un territoire ravagé devenu un immense champ de gravats où la vie est devenue un enfer. La France s’honorerait à reconnaitre la Palestine, signifiant ainsi son engagement pour stopper le massacre.  

Stoppons le génocide

A Gaza, après 5 mois de guerre, la tragédie humaine et le massacre de masse du fait de l’intervention militaire israélienne s’aggravent de jour en jour.

Les civils palestiniens meurent par milliers. La situation humanitaire est gravissime pour les Palestiniens en proie au manque d’eau, de nourriture dans des lieux surpeuplés. Le système de santé est détruit. Famine, maladies et épidémies menacent désormais près de deux millions de Gazaouis.

L’heure est à amplifier la mobilisation et à empêcher une offensive terrestre sur Rafah qui est toujours à cette heure une cible pour Benjamin Netanyahou et son gouvernement suprémaciste d’extrême droite. Ces dirigeants israéliens devront répondre de leurs crimes devant la justice internationale. De même, les responsables de l’organisation islamiste du Hamas devront répondre de leurs actes terroristes du 7 octobre.

La France doit proposer la tenue d’une conférence internationale de paix, afin de fixer les conditions d’un arrêt durable de cette guerre effroyable au moyen d’une solution à deux États sur la base des résolutions des Nations unies.

Le PCF appelle à participer aux initiatives avec l’ensemble des forces progressistes qui se battent pour la paix et la justice, et notamment à la manifestation parisienne qui partira de République à 14 heures, ce samedi 9 mars 2024.

Le PCF demande que la France

-Reconnaisse l’État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël.

-Agisse avec d’autres États pour contraindre le gouvernement israélien à un cessez-le-feu immédiat et permanent et à se conformer à la décision de la Cour internationale de justice.

-Rétablisse d’urgence sa contribution financière à l’UNRWA.

-Exige que l’UE suspende son accord d’association avec l’État d’Israël tant que les dirigeants israéliens ne se conforment pas au droit international.

-Suspende toute coopération militaire avec l’État d’Israël.

-Exige la libération des otages détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.

-Exige la libération des prisonniers politiques palestiniens, au premier rang desquels figure Marwan Barghouti, présenté par de nombreux ressortissants et humanitaires palestiniens comme l’un des recours possibles à la paix.

-Agisse pour la levée du blocus de Gaza et l’arrêt de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

À lire ci-dessous l’entretien que Fabien Roussel a accordé cette semaine au journal L’Humanité à son retour du Proche-Orient.

Guerre à Gaza : « La France doit reconnaître l’État de Palestine », alerte Fabien Roussel

Au Proche-Orient, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a rencontré Mohammed Chtayyeh, le premier ministre palestinien, et s’est rendu dans des camps de réfugiés. Lors de ce déplacement, il s’est également entretenu avec des familles israéliennes qui manifestent devant la Knesset pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages.

Pour quelles raisons vous êtes-vous rendu en Israël et dans les territoires palestiniens ?

Ce qui se passe en Palestine, à Gaza notamment, mais aussi dans les territoires occupés, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, est d’une gravité sans nom. Peu de monde le mesure véritablement, hormis les Palestiniens. Les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre ont été un événement majeur qui va marquer ce XXIe siècle. Ce qui est en train de se passer à Gaza risque de le marquer de la même horreur et de la même barbarie.

À Gaza, 2 millions d’habitants sont enfermés. Ils subissent une grande famine. Toutes les personnes que nous avons rencontrés nous expliquent que jamais ils n’ont connu une situation humanitaire aussi grave. C’est sans précédent dans l’histoire contemporaine.
La politique de Benyamin Netanyahou et de son gouvernement suprémaciste d’extrême droite débouche sur des crimes terribles en Cisjordanie et à Gaza dont ils devront répondre devant la justice internationale. Les mots que nous avons entendus sont les mots de génocide, de nettoyage ethnique, d’apartheid. Des mots employés par des ONG, par des habitants, par des élus palestiniens. C’est donc d’une extrême gravité. Il est important de rapporter en France ce qui se passe ici. Il faut mettre fin à cette barbarie.

Vous avez rencontré des Israéliens endeuillés le 7 octobre et des Palestiniens de divers camps de réfugiés en Cisjordanie. Qu’en retenez-vous ?

Nous avons rencontré un père de famille qui a perdu son fils, Tom, de 52 ans, tué dans un kibboutz, le 8 octobre, au matin. Il est effondré. Il dénonce la responsabilité du gouvernement de Netanyahou dans la mort de son fils. J’ai fait aussi la connaissance d’un père de famille dans le camp de Jalazone. La Paix est l’exigence qui revient dans la bouche de ces deux hommes. Les députés communistes israéliens que nous avons rencontrés mènent le même combat au sein de la Knesset, dans des conditions extrêmement difficiles. Car ce gouvernement d’extrême droite réprime violemment tous ceux qui osent mettre en doute le principe même de cette guerre.

En Israël, 44 organisations ont comme mot d’ordre : « Arrêtez la guerre ». À l’instar de Standing Together (Debout ensemble), qui réunit des juifs et des Arabes et qui organise depuis des années des manifestations pour la paix, elles appellent au retour des otages, à la fin de l’occupation et à une solution politique à deux États. Je propose de reprendre cet appel en France.

En Cisjordanie, nous nous sommes entretenus avec des familles dans plusieurs camps de réfugiés. Nous avons vu Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan, l’un des plus anciens prisonniers politiques palestiniens. Nous avons également été reçus par le premier ministre palestinien, Mohammad Chtayyeh, le ministre des prisonniers, le maire de Bethléem. L’aggravation et la détérioration de la situation en Cisjordanie est particulièrement grave.

Elle est le fruit d’une stratégie politique du gouvernement israélien, qui consiste à pousser les Palestiniens de ce territoire à quitter leur pays. Il s’agit d’une politique de colonisation extrêmement violente : plus de 400 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, parfois par des colons. Je regrette que si peu de chefs d’État ne dénoncent ces crimes, des crimes contre l’humanité. La France a pris des sanctions contre 28 colons. Je demande au président de la République d’aller plus loin. Il faut sanctionner les associations de colons qui organisent des violentes expéditions punitives.

Avez-vous eu l’occasion de discuter de la question de l’UNRWA, l’organisme des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens dont l’existence est menacée ?

Bien avant le 7 octobre, le gouvernement israélien faisait tout pour discréditer le rôle de l’UNRWA. Désormais, son existence même est en jeu. Si, demain, cette agence disparaissait, tous les habitants des camps, en Cisjordanie comme à Gaza, mais aussi en Jordanie, au Liban et en Syrie, se retrouveraient dans le dénuement le plus complet. C’est elle qui garantit, entre autres, le fonctionnement des écoles et des hôpitaux. L’UNRWA a également subi de lourdes pertes à Gaza : 160 membres de son personnel ont été tués depuis le 7 octobre et 355 de ses infrastructures ont été bombardées. Il est indispensable que cette agence des Nations unies poursuive ses activités.

De son existence dépend la reconnaissance du statut de réfugié, et donc du droit au retour pour ces millions de réfugiés palestiniens, comme le stipule la résolution 194 de l’ONU. Quant à la bande de Gaza, ce n’est plus une prison à ciel ouvert, c’est un cimetière. L’armée et le gouvernement israéliens font tout pour, à terme, vider ce territoire de ses habitants. Face à la politique de Benyamin Netanyahou, qui ne montre aucun signe de fléchissement, la pression internationale doit être plus forte afin que l’aide humanitaire arrive. Il faut stopper cette guerre.

Que comptez-vous faire en ce sens ?

Tous ceux que j’ai rencontré m’ont demandé d’agir pour que cesse ce qu’ils appellent le génocide. Ils m’ont dit aussi que, s’ils avaient regretté la position de la France au début, ils observent un changement de ton ces dernières semaines. Ils souhaitent que la France parle beaucoup plus fortement et, surtout, agisse. Comme l’a souligné le premier ministre palestinien, Mohammad Chtayyeh, la France doit reconnaître l’État de Palestine. Le PCF appuie cette demande depuis des années. De nombreux pays de l’Union européenne seraient prêts à une telle décision. Le moment est venu. Je défendrai cette proposition auprès du président de la République.

Il faut créer un mouvement de pression politique sur le gouvernement de Netanyahou. La reconnaissance de l’État de Palestine y participe. Des sanctions contre les responsables des crimes commis actuellement à Gaza sont également nécessaires tout comme contre ceux qui empêchent la nourriture de rentrer. Cinq points de passage sont possibles vers l’enclave palestinienne. Quatre se situent sur le territoire israélien et un en Égypte. Seuls deux sont ouverts. Les Israéliens bloquent les trois autres points d’accès. Ce n’est pas tolérable, c’est pourquoi il faut élever le niveau des sanctions.

Il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures en matière de droits internationaux. L’Europe et la France ont pris des sanctions importantes contre les oligarques russes, contre ceux qui soutiennent la guerre de Poutine. Il faut faire de même contre les responsables des massacres de Palestiniens en Cisjordanie et ceux qui, à Gaza, organisent une des plus grandes famines de ce siècle.

Enfin, les acteurs économiques, qui entretiennent des relations étroites avec le gouvernement israélien, ne peuvent être exonérés de leurs responsabilités dans cette tragédie.
Il convient également de dénoncer le sort fait aux femmes : celui des Israéliennes, victimes des violences du Hamas le 7 octobre ; celui des Palestiniennes harcelées, battues dans les prisons israéliennes, parfois menacées de viols par l’armée.
Il faut aussi parler aux Israéliens, aux membres de la communauté juive qui ont peur de la paix. Car la guerre à perpétuité n’apportera jamais la sécurité. Au contraire, elle engendre du racisme, de la haine et de la pauvreté.

Toutes les familles israéliennes sont touchées par la guerre, par les attentats du 7 octobre ou par le sort des otages. De même, aucune famille palestinienne n’est épargnée par le drame de Gaza tout comme par l’occupation de la Palestine. Il faut de nouveau croire en la paix. C’est la seule garante de la sécurité et de la prospérité pour les deux peuples et la région.

 

Gaza, cimetière pour les vivants

L’histoire nous jugera, chronique de Philippe Rio parue dans l’Humanité du 7 mars 2024.

Avec Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory, et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, nous étions en délégation en Palestine et en Israël du 3 au 6 mars. Le monde ne mesure pas encore ce qui s’y passe. Depuis les attaques terroristes du 7 octobre, l’État israélien est entré dans une vengeance funeste et une spirale destructrice pour les Palestiniens mais aussi pour l’avenir de son propre peuple. Gaza est devenu un cimetière pour les vivants. La famine s’installe, 16 enfants en sont morts, s’ajoutant aux 5 350 mineurs déjà décédés et aux 2,5 millions de personnes qui courent un risque fatal. Selon le droit international, le risque génocidaire est engagé.

En Cisjordanie, la politique d’effacement du peuple palestinien s’est intensifiée. La population carcérale a doublé, les incursions y sont quotidiennes et ont fait plus de 400 victimes. Certains camps de réfugiés sont devenus, par une oppression décuplée, des camps d’enfermement. Le peuple israélien est plongé dans un déni hallucinant par un gouvernement mêlant hypernationalisme et extrémisme religieux, le pire depuis 1948.

L’État entraîne son peuple dans une mécanique de mort et de haine avec des conséquences qui marqueront le siècle. L’exigence de libération des otages, qui devrait être une priorité du gouvernement, est à contre-courant de l’idée de guerre totale et définitive de Benyamin Netanyahou et de ses soutiens extrémistes. Et un cessez-le-feu reste le meilleur moyen de préserver la vie des otages.

En Israël, en plus des mobilisations des familles d’otages, les résistances sont passées sous silence par les médias français. Tout autant que des actes de solidarité concrets envers les Palestiniens. Des deux côtés, des familles de victimes appellent à la paix, dénuées de toute haine.

Notre diplomatie comme les acteurs progressistes israéliens et palestiniens nous encouragent à renforcer les échanges. Les coopérations de nos collectivités sont le fil qui rattache les Palestiniens à l’humanité, comme l’est le dialogue avec les progressistes en Israël.

Renforcer le financement de l’UNWRA par l’entremise de nos collectivités est une priorité ! L’agence est le squelette où s’accroche toute la structure de l’aide humanitaire et les seuls yeux du monde sur ce qui se passe à Gaza. Sa disparition sonnerait celle des Gazaouis. L’ONU décrit cette crise comme la pire de son histoire.

Seule la paix et la reconnaissance de deux États légitimes peuvent assurer la sécurité de tous à long terme. Seule la paix peut garantir un avenir hors du fanatisme pour les générations à venir des deux peuples. Il y a urgence à constituer un arc français et un bloc européen avec les nations à l’avant-poste du droit international. Pour la France, c’est une exigence politique, une première étape pour déconstruire la guerre. La grande histoire de l’humanité nous jugera et il reste peu de temps pour agir.

Les illustrations et les gras sont du blog. Œuvres d’artistes parues dans l’Humanité lors de la guerre de Gaza en 2014

Sur la Lune

Gaza : près de 30 000 morts, dont 70% sont des femmes et des enfants.

Près de 70 000 blessés, des milliers de disparus.

17 000 enfants sont séparés de leur famille. Un million d’enfants sont touchés par la guerre. La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant.

2,2 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

90 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

L’eau et l’électricité sont coupés, le traitement des eaux usées est suspendu. Les hôpitaux sont débordés, le système de santé effondré. Deux tiers des hôpitaux ne fonctionnent plus.

Pour les familles de Gaza, la menace de mourir de faim est officielle.

Source : Unicef

« On attend autre chose des États que des discours humanitaires ! « a tout récemment déclaré « Médecins du monde ». Médecins du Monde estime que les gouvernements européens  « à l’exception de celui de l’Espagne ou de la Belgique, notamment, s’alignent sur le récit radical d’Israël « , selon lequel « tout le monde, à Gaza, est responsable, et donc, d’une certaine manière, tout le monde peut mourir « .

Médecins du Monde dénonce des « bombardements indiscriminés ; des quartiers entiers rasés ; 80 % de la population déplacée ; une aide alimentaire qui ne peut pratiquement pas rentrer ; des poches de famine ; un défaut d’accès à l’eau potable ; une médecine de guerre obligée de faire le tri des blessés ; des centaines d’employés des Nations unies et d’acteurs humanitaires tués.« 

Face à ce désastre annoncé depuis cinq mois, que fait la communauté internationale ? Devant la menace d’une attaque de Rafah, où un million et  demi de Palestiniens sont désormais piégés après avoir fui le nord de Gaza, les déclarations changent quelque peu. Il est temps !

L’opération à Rafah provoque un coup de sang du chef de la diplomatie européenne :  » Ils vont aller où ? Sur la Lune ? «  a déclaré Josep Borrell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui a aussi critiqué la vente d’armes à l’armée israélienne. Même E. Macron s’inquiète du « désastre humanitaire sans précédent » que provoquerait une offensive sur Rafah.

La gauche française appelle, elle,  à saisir la Cour pénale internationale pour prévenir un « risque de génocide » à Gaza

Soixante-six députés communistes, insoumis et écologistes ont déposé à l’Assemblée nationale, une proposition de résolution visant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) afin de prévenir un  » risque de génocide » et pour enquêter sur les crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

Alors que l’Afrique du Sud a saisi, en décembre, la Cour internationale de justice (CIJ) d’une requête visant Israël pour  » actes de génocide » dans la bande de Gaza, Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, insiste : « Le dépôt de cette résolution, c’est un appel aux actes pour la France. Nous sommes inquiets face aux risques génocidaires, à Gaza, à Rafah et dans toute la Palestine. L’urgence est de pousser notre pays à agir pour stopper le carnage qui est en cours. »

Pour éviter que le crime de génocide n’advienne, s’il n’est pas déjà en cours, il faut des mesures dissuasives. Saisir la CPI est une mesure dissuasive. « La Cour pénale internationale a des possibilités d’agir, de récolter des preuves et c’est absolument nécessaire. Mais elle peut aussi sanctionner et identifier les responsables. »

Les preuves seront difficiles à réunir. Plusieurs dizaines de journalistes palestiniens sont morts depuis le mois d’octobre et de nombreux autres ont vu leur matériel détruit. La CPI mène une investigation suite à une plainte de « Reporters sans frontières », qui estime qu’à Gaza, les journalistes sont spécifiquement ciblés pour empêcher toute documentation.

100 jours

100 jours après le début de l’offensive militaire ordonnée par le gouvernement israélien, 23 000 Palestiniens ont été tués et la bande de Gaza est détruite à 60%.

Voici la position du PCF.  

La France doit s’engager concrètement pour un cessez-le-feu à Gaza.

À Gaza, la tragédie humaine s’aggrave de jour en jour. 

Victimes des bombardements massifs, les civils meurent par milliers. 23 000 Gazaouis, en majorité des femmes et des enfants, sont d’ores et déjà morts sous les bombes de l’armée israélienne. Écoles, hôpitaux, habitations, édifices culturels… aucun lieu, aucun refuge n’est épargné. 

Comment accepter que l’année 2024 débute avec de tels crimes contre tout un peuple ? Comment accepter le soutien de l’administration américaine à ces massacres de populations civiles ? Comment justifier le silence des pays de l’UE et le « deux poids deux mesures » en matière de droit international ?

Les risques de famine et d’épidémies, dénoncés par l’ONU, menacent désormais la survie des près de deux millions de Gazaouis déplacés depuis le début de l’intervention militaire israélienne.

Nous redisons toute notre amitié et toute notre solidarité au peuple palestinien endeuillé.

Nous apportons aussi tout notre soutien aux familles des victimes israéliennes des actes terroristes du 7 octobre, aux familles des otages comme aux députés et citoyens israéliens qui appellent à l’arrêt des combats et à une solution à deux États.

Nous réaffirmons que les actes terroristes du Hamas du 7 octobre ne justifient en rien ces massacres de masse, cette logique de vengeance aveugle.

À cela s’ajoutent les déclarations dangereuses, honteuses des ministres israéliens racistes Belazel Smotrich et Itamar Ben Gvir appelant à « l’émigration » de la population palestinienne de Gaza. Ce sont de véritables insultes faîtes à l’humanité. Elles vont à l’encontre du droit international, des conventions de Genève et du statut de Rome. Les annonces de réimplantation de colons dans la bande de Gaza font partie du projet politique de l’extrême-droite israélienne. 

C’est d’une véritable épuration ethnique que les territoires palestiniens sont aujourd’hui menacés.

Les opérations d’expulsion, les assassinats et les arrestations menés par l’armée et les colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem Est ont fait de l’année 2023 la plus meurtrière depuis 2005.

Les risques de régionalisation du conflit sont plus graves que jamais.

Nous appelons de nouveau à un cessez-le-feu immédiat et permanent. Ces crimes doivent cesser. 

Nous demandons que la France hausse le ton, exige des sanctions contre le gouvernement israélien, saisisse la Cour Internationale de Justice comme l’a fait l’Afrique du Sud. Il faut augmenter la pression sur le gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou.

La France doit, avec les États qui s’y montreront prêts, proposer la tenue dans les meilleurs délais, d’une conférence internationale de paix, afin de fixer les conditions d’un arrêt durable de cette guerre effroyable qui ensanglante toute une région, au moyen d’une solution à deux États sur la base des résolutions des Nations unies. 

Dans cette perspective, le PCF demande que la France :

–        Reconnaisse l’État de Palestine, comme vient de le faire l’Espagne, comme premier acte d’une solution politique à deux États sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale de l’État palestinien ;

–        Saisisse la Cour Internationale de Justice afin que les dirigeants israéliens répondent de leurs actes devant la justice internationale. L’initiative prise par l’Afrique du Sud en invoquant la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide pose cette exigence, sur laquelle les juridictions internationales compétentes doivent statuer. Les dirigeants du Hamas doivent également être traduits devant la justice internationale.

–        Exige que l’UE suspende son accord d’association avec l’État d’Israël tant que les dirigeants israéliens ne se conforment pas au droit international

–        Suspende toute coopération militaire avec l’État d’Israël.

–        Exige la libération des otages détenus dans la bande de Gaza.

–        Fasse pression pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, au premier rang desquels figure Marwan Barghouti. 

–        Agisse pour la levée du blocus de Gaza.

Le PCF appelle à renforcer la mobilisation pour la paix et à participer aux manifestations qui se dérouleront le week-end du 13 et 14 janvier.

Seuls la paix, la justice et le droit permettront de rompre avec ce cycle de violences. 

Pour un cessez-le-feu immédiat

Je partage la déclaration du PCF sur la situation en Palestine. Rendez-vous dans la manifestation parisienne pour un cessez-le-feu, pour une paix juste et durable, dimanche 17 décembre 2023, place de la République à 14 heures.

Israël / Palestine : Après l’odieux veto américain, la France doit agir pour une coalition internationale pour le cessez-le-feu et la paix

Déclaration du conseil national du PCF ; 10 décembre 2023

La rupture de la trêve à Gaza a signifié non seulement la reprise, mais aussi l’intensification des opérations militaires israéliennes, désormais dans le sud de la bande de Gaza, exposant directement des centaines de milliers de personnes aux bombardements.

La population civile palestinienne, prise en étau, en est la première victime. Elle se retrouve acculée près de Rafah et totalement démunie. Près d’un million d’enfants ont été déplacés de force et se retrouvent sans eau, nourriture ni protection.

Les alarmes impérieuses et nombreuses lancées par les agences de l’ONU et les ONG sur l’effondrement humanitaire, sanitaire, alimentaire à Gaza qui menace l’existence des 2,4 millions de Gazaouis ne sont pas entendues par le gouvernement suprémaciste de Benyamin Netanyahou qui poursuit les massacres de masse, les crimes de guerre, les déplacements forcés et les expulsions de populations. C’est la réalité des opérations de l’armée israélienne à Gaza comme à Jérusalem-Est. En Cisjordanie, l’armée et les colons d’extrême droite arrêtent, expulsent violemment les civils palestiniens.

Les atrocités des actes terroristes du Hamas et d’autres forces du 7 octobre contre les civils israéliens ne justifient en rien ce massacre, qui viole toutes les règles du droit international.

Face à la gravité de la situation, le secrétaire général de l’ONU a activé l’article 99 de la charte des Nations Unies. Reculant les limites de la honte, le gouvernement des États-Unis a imposé un veto contre une résolution appelant à un cessez-le-feu, alors que 13 des 15 États membres du Conseil de sécurité la soutenaient. Il a en outre approuvé, sans passer par le Congrès, la vente à Israël de 14 000 obus équipant des chars de combat engagés dans l’offensive à Gaza. Il portera dans l’histoire la responsabilité d’avoir ainsi encouragé, seul, la poursuite du massacre, contre la position de l’immense majorité des États et des peuples.

Le gouvernement américain ne peut pas imposer sa loi au monde ! Un cessez-le-feu immédiat et permanent est urgent. La France peut et doit prendre une initiative pour constituer une large coalition internationale pour le cessez-le-feu et la paix, avec l’ensemble des États qui portent cette exigence, capable de l’imposer au gouvernement israélien.

Le PCF affirme sa solidarité avec toutes les forces progressistes palestiniennes et israéliennes qui luttent pour une solution de paix dans la justice et le droit, avec les familles des otages israéliens qui s’opposent au gouvernement Netanyahou, avec les familles palestiniennes frappées par le deuil.

Le PCF rappelle son engagement pour :
➡️ Un cessez-le-feu permanent avec la fin des bombardements et du déplacement forcé de la population et le retrait de l’armée israélienne de Gaza.
➡️ La libération de tous les otages détenus par le Hamas.
➡️ La mise en place d’un corridor humanitaire permanent pour acheminer les produits de première nécessité.
➡️ La protection de toutes les personnes civiles, quelle que soit leur nationalité.
➡️ La cessation de la coopération militaire avec l’État d’Israël et la suspension de l’accord d’association qui lie celui-ci à l’Union européenne, tant que le droit international sera bafoué.
➡️ La levée du blocus de Gaza, en place depuis 2007.
➡️ La libération des prisonniers politiques palestiniens, à commencer par celle de Marwan Barghouti, capable de porter les aspirations de son peuple et l’exigence de paix, à l’opposé du projet intégriste du Hamas.
➡️ Une initiative diplomatique de la France pour une paix juste et durable sur la base des résolutions de l’ONU, en particulier la résolution n° 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies de 1967, exigeant le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés.
➡️ La reconnaissance de l’État de Palestine par la France, conformément au vote du Parlement français en 2014 et sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, aux côtés de l’État israélien, doit permettre d’ouvrir le débat dans l’Union européenne afin d’aboutir à la même reconnaissance votée par le Parlement européen la même année. Le PCF salue l’annonce dans ce sens du gouvernement de gauche espagnol.
➡️ La traduction des dirigeants israéliens et ceux du Hamas devant la Cour Pénale Internationale.
➡️ La condamnation des viols, utilisés comme armes dans la guerre en cours.

Le Parti communiste français appelle à la plus large mobilisation contre les logiques de haine et de guerre qui ont trop ensanglanté le Proche-Orient, pour faire prévaloir l’exigence d’une paix dans la justice et la démocratie entre les peuples palestinien et israélien.

Le PCF appelle à participer aux rassemblements qui se tiennent dans toute la France sur la base de cet appel avec l’ensemble des forces progressistes qui se battent pour la paix et la justice.

À Paris, il appelle à participer à la manifestation du dimanche 17 décembre.

Ce que la Palestine apporte au monde

Comment un peuple sans État, sans territoire reconnu, sans souveraineté ni indépendance, écrasé par des années de blocus, de guerres et d’occupation, peut-il avoir un musée ?  Alors que les Palestiniens de Gaza meurent par milliers sous les bombardements, comment parler de vie culturelle ?

Et pourtant. L’Institut du monde arabe expose le musée « Sahab », constitué de 400 œuvres données en solidarité à la Palestine. « Sahab » en arabe veut dire « nuage », car en Palestine, « prison à ciel ouvert », le seul moyen de rêver est d’observer les nuages…

Cette collection d’œuvres d’art, prémices d’un musée d’art moderne palestinien, a été rassemblée depuis 2019 à l’initiative d’Élias Sanbar, ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, écrivain. Ernest Pignon-Ernest coordonne l’initiative. Des œuvres d’artistes contemporains palestiniens sont également présentées à L’IMA. 

Souffrances, enfermement, isolement, violence, émotion : la Palestine n’est pas que cela. L’exposition de l’IMA, en trois parties : œuvres offertes pour la création d’un musée, photographies du 19è et contemporaines, focus sur les valises  de Jean Genet qui se rendit à Sabra et Chatila, est aussi source de résistance et d’espoir.

On est surpris par les images décalées de jeunes faisant du skateboard ou d’un concours de cerfs-volants sur la plage.. Humour et dérision sont présents de façon surprenante, avec les panneaux indicateurs de l’irréel « métro de Gaza ». Ou encore cette agence immobilière terrifiante qui propose des photos de maisons et bâtiments comme on le ferait ici, sauf que tout a été détruit par les bombes israéliennes. Les annonces sont accompagnées de commentaires anodins détaillant le nombre et la disposition des pièces… ainsi que le nombre d’habitants. Mais nous les imaginons morts ou estropiés… Une expo émouvante, qui remet sur le devant de la scène l’impérieuse et urgente nécessité de donner aux Gazaouis la possibilité d’être libres… de construire des musées et de les faire vivre.    

 Expo à voir jusqu’au 31 décembre à l’Institut du monde arabe

Pour que cesse la guerre

Guerre Israël-Hamas : 500 personnalités de la culture appellent à une « marche silencieuse » dimanche à Paris

Au lendemain de manifestations contre l’antisémitisme, le collectif « Une autre voix », présidé par l’actrice Lubna Azabal, organise un rassemblement « humaniste » et « pacifique ».

D’autres initiatives se dérouleront ce week-end : une manifestation pour dire « halte au massacre à Gaza » à Argenteuil, vendredi 17 novembre à 18h (RV boulevard du Général Leclerc devant Auchan) ; une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien samedi 18 novembre à Paris, place de la République à 14h30. 

Infos AFP

Quelque 500 personnalités de la culture, parmi lesquelles Isabelle Adjani, Sami Bouajila et Claude Lelouch, ont appelé lundi 13 novembre à une « marche silencieuse, solidaire, humaniste et pacifique », dimanche à Paris, et souhaité que « cesse immédiatement » la « guerre fratricide » entre Palestiniens et Israéliens.

« Nous organisons une marche silencieuse, solidaire, humaniste et pacifique qui s’ouvrira avec une seule longue banderole blanche. Pas de revendication politique, ni de slogan. Drapeaux blancs, mouchoirs blancs sont les bienvenus », écrit dans un communiqué un collectif dénommé « Une autre voix », présidé par l’actrice Lubna Azabal.

Ce défilé doit partir de l’Institut du monde arabe vers le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, pour se diriger ensuite vers le Musée des arts et métiers. Une pétition, reprenant le contenu de l’appel, a été publiée sur le site change.org.

« Faire entendre la voix de l’union »

« Depuis le 7 octobre 2023, l’horreur et la souffrance déchirent Palestiniens et Israéliens selon une mathématique monstrueuse qui dure déjà depuis longtemps. Cette guerre fratricide nous touche toutes et tous, et peu importe nos raisons ou affinités de part et d’autre du mur, nous souhaitons qu’elle cesse immédiatement et que les deux peuples puissent enfin vivre en paix », écrit le collectif, regrettant que « les mots “choix” et “clan” [lui soient] imposés ».

« À cette injonction de choisir un camp à détester, il est urgent de faire entendre une autre voix : celle de l’union, invite la tribune. La voix de l’union, c’est la voix multiple, polyphonique, vivante, c’est la preuve du lien si puissant qui existe en France entre les citoyens juifs, musulmans, chrétiens, athées et agnostiques. »

Ci-dessous la tribune appelant à une marche silencieuse le 19 novembre 2023, lancée par le collectif « Une autre voix ».

Le 7 octobre 2023, le monde s’est réveillé éventré.
Les viscères de son humanité entre les mains.
Le 7 octobre 2023, les vies de 1450 civils Israéliens ont été broyées, exterminées, détruites, assassinées, un massacre perpétré par les milices terroristes du Hamas.
Le 7 octobre 2023, 240 civils israéliens ont été kidnappés et demeurent introuvables. Depuis le 7 octobre 2023, il y a eu le 8, le 9, le 10… jusqu’à ce jour et jusqu’à quand ? Depuis le 7 octobre 2023, le sang ne cesse de couler, depuis, des milliers de civils palestiniens meurent à leur tour, ils meurent toutes les heures, tous les jours sous les bombardements de l’armée israélienne. Et le nombre des morts s’ajoute aux nombres des malheurs, il se multiplie à chaque heure.
A ce nombre hors du nombre, il faut multiplier la peine de chaque individu par dix, par vingt, car pour une seule de ces vies perdues, ce sont dix, vingt vies effondrées, dévastées, de frères, de sœurs, mères, amis, amours, enfants, bambins, pères, repères. Somme incalculable de chagrins.

Depuis le 7 octobre 2023, l’horreur et la souffrance déchirent palestiniens et israéliens selon une mathématique monstrueuse qui dure déjà depuis longtemps.
Cette guerre fratricide, nous touche toutes et tous, et peu importe nos raisons ou affinités de part et d’autre du mur, nous souhaitons qu’elle cesse et que les deux peuples puissent enfin vivre en paix.

Deux peuples pris en otage de politiques que nous ne pouvons maîtriser, qui nous dépassent et dont nous sommes les témoins impuissants.

Aujourd’hui le monde est dramatiquement divisé.
Aujourd’hui nos rues sont divisées.
Une vague immense de haine s’y installe peu-à-peu et tous les jours actes antisémites et violences en tous genres surgissent dans nos vies.
Les mots « choix » et « clan » nous sont imposés : « Choisis ton clan » ! Mais quand la mort frappe, on ne pleure ni ne se réjouit en fonction de son lieu de naissance. On se tait, on prie, on pleure avec ses proches, on a de la compassion, on est humain. À cette injonction de choisir un camp à détester, il est urgent de faire entendre une autre voix :
Celle de l’union.
La voix de l’union, c’est la voix multiple, polyphonique, vivante, c’est la preuve du lien si puissant qui existe en France entre les citoyens Juifs, Musulmans, Chrétiens, Athées et Agnostiques, c’est la voix jumelle à laquelle s’ajoutent celles de toutes les humanités, toutes les bontés, toutes les empathies et tous les ébranlements. Cette voix-là existe, car ces consciences-là, ces utopies-là, ces amitiés-là, ces amours-là existent.
C’est la voix qui est à l’unisson de nos cœurs et plus que jamais il est urgent de la faire entendre. Ensemble.
Urgent que cette voix-là se mette en marche et retisse maille à maille les tissus déchirés de nos rues.                                                                                                          Cette voix forte et unie n’a pas besoin de parler parce que le silence, nos visages et nos corps côte-à-côte sont la plus belle réponse aux vociférations de tous les extrêmes.
C’est pourquoi nous organisons une marche silencieuse, solidaire, humaniste et pacifique qui s’ouvrira avec une seule longue banderole blanche.

Pas de revendication politique, ni de slogan. Drapeaux blancs, mouchoirs blancs sont les bienvenus…

Rejoignez-nous le dimanche 19 novembre à 14h.

Nous partirons de l’Institut du Monde Arabe vers le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme pour aller vers la place des Arts et métiers.

Collectif « Une Autre Voix, Ensemble »

Cet appel est accompagné d’une pétition à signer ici.