En silence

Lu dans l’Humanité de ce week-end

L’accord de « cessez-le-feu » conclu en octobre entre Israël et le Hamas a été présenté en grande pompe par Donald Trump comme un « premier pas vers… une paix durable ». En réalité, dans un silence redoublé depuis cette date, le génocide se poursuit à Gaza. Au moins 327 personnes, dont 136 enfants, ont été tuées depuis tandis que les survivants sont sciemment privés d’une aide humanitaire à la hauteur de leur besoin. « Les autorités israéliennes continuent de commettre un génocide contre les Palestiniens en leur infligeant délibérément des conditions de vie destinées à les anéantir », résume Amnesty International dans un rapport étayé publié hier.

Au même moment, en Cisjordanie, le nombre de raids de colons et de soldats explose. Violences, expulsions, arrestations sont le lot quotidien des familles palestiniennes sous le joug du plan d’annexion de Benyamin Netanyahou. Après la diffusion de vidéos montrant des soldats tuant deux Palestiniens, l’Autorité palestinienne a dénoncé, hier, une « exécution sommaire » et un « crime de guerre documenté et complet ». Un crime qui s’ajoute à une liste d’une insupportable longueur.

Pourtant, les pays européens, qui avaient à peine commencer à envisager des sanctions lorsque les images d’enfants ravagés par la famine avaient secoué l’opinion publique mondiale, ont remballé toute velléité de contraindre le gouvernement israélien à respecter le droit international et la dignité humaine. C’est pour les rappeler à la raison que des manifestations sont organisées partout sur le continent ce samedi, dont une à Paris au départ de République à 14 heures.

L’Humanité publie également, ce vendredi 28 novembre 2025, un appel à la libération de Marwan Barghouti, le « Mandela palestinien » emprisonné depuis plus de vingt-trois ans, signé par plus de 50 personnalités. Car si le plan Trump entend mettre sous tutelle le peuple palestinien, la paix ne pourra s’écrire sans justice et respect de sa souveraineté et de ses droits.

Pense aux autres

Sans grande surprise, le drapeau de la Palestine n’a pas été accroché hier 22 septembre, au fronton de la mairie de Saint Gratien, malgré notre demande au maire. Mais en ce jour historique de reconnaissance officielle de la Palestine par la France à la tribune de l’ONU, le drapeau palestinien a tout de même flotté devant l’hôtel de ville ! Une trentaine de Gratiennois·es ont répondu à l’appel d’organisations et d’élus et se sont rassemblé·es  quelques heures avant le discours du Président de la République.

La vidéo de mon intervention est à retrouver ci-dessous, ainsi que celle de mon collègue Stéphane Bauer.

https://www.facebook.com/share/v/1CQZNPZAW7/

https://www.facebook.com/share/v/1DaB87DrLE/

Nous avons rappelé toute l’importance de la reconnaissance de la Palestine par la France et neuf autres pays. Même symbolique, c’est une étape marquante sur le chemin de la paix. Mais n’oublions pas qu’il faut arrêter le massacre des Palestiniens, que le monde entier caractérise comme un génocide, et enclencher un processus qui mène à une paix juste et durable, avec deux États aux frontières sûres et reconnues. Seules de fortes sanctions politiques et économiques pourront contraindre le gouvernement d’extrême-droite israélien : total embargo sur les armes, dénonciation de l’accord entre l’Union Européenne et Israël notamment. Des sanctions, maintenant, alors que Netanyahou, malgré le mandat d’arrêt international lancé contre lui, continue de menacer de terminer son entreprise génocidaire. Des sanctions, maintenant.

Merci à tous ceux et toutes celles qui se sont rassemblé·es hier devant notre mairie pour manifester leur solidarité envers le peuple palestinien !

Nous avons terminé par la lecture d’un poème de Mahmoud Darwich, tiré de : « Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin », traduit de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar  

Quand tu prépares ton petit-déjeuner, pense aux autres.

(N’oublie pas le grain aux colombes.) 

Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres.

(N’oublie pas ceux qui réclament la paix.) 

Quand tu règles la facture d’eau, pense aux autres.

(Qui tètent les nuages.) 

Quand tu rentres à la maison, ta maison, pense aux autres.

(N’oublie pas le peuple des tentes.) 

Quand tu comptes les étoiles pour dormir, pense aux autres.

(Certains n’ont pas le loisir de rêver.) 

Quand tu te libères par la métonymie, pense aux autres.

(Qui ont perdu le droit à la parole.) 

Quand tu penses aux autres lointains, pense à toi.

(Dis-toi : Que ne suis-je une bougie dans le noir ?)

Palestine, rien ne peut plus attendre

Manifestation parisienne de soutien au peuple palestinien ce dimanche 21 septembre 2025, dans le cadre de la journée internationale pour la paix. PCF, PS et écologistes avaient appelé à cette  manifestation, pas LFI, ce qu’on regrette. 

Demain, 22 septembre, la France reconnaîtra officiellement à l’ONU l’État de Palestine. Enfin ! Nous réclamions cette annonce depuis des années. Elle est importante, mais insuffisante pour arrêter le massacre et permettre d’envisager un processus conduisant à une paix juste et durable, avec deux États coexistant pacifiquement dans des frontières sûres et reconnues. Il nous faut à présent continuer à nous mobiliser pour obtenir l’arrêt des ventes d’armes à Israël, la suspension de l’accord de coopération UE/Israël, décider de sanctions contre l’État d’Israël, apporter une aide humanitaire massive à la population gazaouie.. Plus rien ne peut attendre. Stoppons le génocide.

Pour exprimer notre soutien aux Palestiniens et demander que la France s’engage beaucoup plus activement dans un processus conduisant à une paix juste et durable, nous donnons rendez-vous ce lundi 22 septembre à 18h devant la mairie de Saint Gratien.Ci-dessous l’appel des différentes organisations gratiennoises à l’initiative de ce rassemblement, puis nos images de la manifestation.

Un État palestinien

État de Palestine, le tournant ?

Tribune de Francis Wurtz dans l’Humanité Magazine

« Il n’y aura pas d’État palestinien : cet endroit nous appartient » : en prononçant ces paroles sur le lieu le plus emblématique de la colonisation de la Cisjordanie – car destiné à couper le territoire palestinien en deux pour tenter de rendre physiquement impossible l’édification d’un État autre que celui de l’occupant –, Netanyahou ne pouvait pas se montrer plus provocateur face au groupe d’États occidentaux, considérés jusqu’alors comme des alliés indéfectibles d’Israël, mais qui s’apprêtent à leur tour à reconnaître l’État de Palestine.

Les voici – France en tête – placés spectaculairement devant leurs responsabilités : ils vont devoir montrer à toute la communauté internationale ce que vaut leur acte diplomatique, tant de fois repoussé, mais que l’isolement sans précédent de ce pouvoir assassin dans l’opinion mondiale a rendu incontournable. Quelles mesures vont-ils prendre pour que soit mis fin au génocide à Gaza1 et à l’entreprise coloniale d’Israël dans sa globalité ?

En finir avec l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens.

Vont-ils laisser définitivement démonétiser leur parole collective en capitulant ouvertement devant ce politicien hors la loi, ou auront-ils cette fois à cœur de concrétiser leur engagement rituel en faveur de la « solution à deux États » ? Désormais, plus d’échappatoire. Aucune nouvelle lâcheté de leur part ne passera inaperçue. Tous les amis du peuple palestinien, tout comme les militants de la paix en Israël, y veilleront, et, au-delà, quiconque ne supporte plus le « deux poids, deux mesures » en matière de droit international sera, n’en doutons pas, aux aguets.

Emmanuel Macron est, à cet égard, le plus exposé. Lui qui revendique le « leadership » européen en matière de sanctions économiques contre Moscou, de livraisons d’armes à Kiev et d’envoi de troupes au sol en Ukraine, face à « l’ogre qui a besoin de continuer à manger » pour survivre. Que va-t-il proposer concernant l’« ogre » de Tel-Aviv, qui, de Gaza à la Cisjordanie, du Liban à l’Iran, de la Syrie au Yémen et jusqu’au Qatar, sème la mort et attise les tensions alors qu’une seule décision suffirait à créer les conditions d’une paix durable en Israël comme dans toute la région : en finir avec l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, conformément aux résolutions des Nations unies adoptées depuis 1967 !

Observons que, dans ce cas, nul ne demande que l’on recourt, pour obtenir une paix juste, à la livraison de chars, d’avions de chasse, de drones, de missiles ni de munitions aux Palestiniens occupés et martyrisés. Ce que demandent les Palestiniens depuis des décennies n’est autre que l’arrêt de toute vente d’armes à l’agresseur ainsi que l’exercice de pressions économiques et politiques suffisantes sur le pouvoir israélien pour obtenir l’ouverture de véritables négociations de paix sur la base du droit international.

Avec pour objectif l’édification de l’État palestinien à côté de l’État d’Israël, dans des frontières sûres et reconnues. Rendre enfin possible ce rêve simple et raisonnable : c’est tout l’enjeu que la désormais très large reconnaissance de l’État de Palestine remet à l’ordre du jour de l’agenda diplomatique mondial.

Je veux rendre hommage à José Fort, ce grand journaliste de l’Humanité, dont il dirigea longtemps avec compétence et sensibilité la rubrique internationale.

  1. « J’ai refusé pendant des années d’utiliser ce terme : « génocide ». Mais maintenant je ne peux pas m’empêcher de l’utiliser, après ce que j’ai lu dans les journaux, après les images que j’ai vues et après avoir parlé avec des personnes qui y ont été » (David Grossman 1er août 2025).

Le pire de l’horreur

« En Cisjordanie, l’apartheid s’amplifie avec la création de nouvelles colonies » : Pierre Barros, sénateur communiste, de retour de Palestine, est interrogé par l’Humanité.  

Sénateur communiste, Pierre Barros revient de Cisjordanie, où il s’est rendu dans le cadre d’une délégation du groupe d’amitié France Palestine 1. Il invite à préparer le « jour d’après » la reconnaissance de l’État de Palestine par la France, prévue le 22 septembre. Entretien.

Comment, en Cisjordanie, la situation à Gaza est-elle perçue ?

Ils considèrent que nous sommes face à une catastrophe colossale. On affame des gens, qui finissent par se déplacer eux-mêmes, qui cherchent de la nourriture sur les points contrôlés par l’armée israélienne. Avec une centaine de morts par jours, des bombardements quotidiens, on touche au pire de l’horreur.

La population est déshumanisée, placée dans une détresse folle. Il y a quelques mois, nous avions déjà reçu Médecins sans frontières, qui utilisait des termes similaires. On n’a pas affaire à une guerre, où deux pays, deux armées régulières s’affrontent, dans laquelle les populations civiles sont le moins affectées possible, avec des règles. Là, on a affaire à un déplacement de population. Il n’y a plus de règles. On est totalement hors du cadre du droit international.

La solidarité vit-elle entre Cisjordanie et Gaza ?

À Ramallah, nous avons visité un site du Croissant rouge palestinien. De là, ils gèrent l’ensemble des secours sur Gaza et la Cisjordanie. Sur le site, sont affichés l’ensemble des professionnels de santé tués à Gaza et en Cisjordanie. Cela pose l’ambiance.

On voit que c’est un métier difficile. Le sous-sol est un site logistique avec de la nourriture, du matériel médical, des tentes, des générateurs. On nous dit que le problème n’est pas tant le matériel, que de le faire entrer dans Gaza.

Le gouvernement israélien explique que ce n’est pas possible parce que les piquets de tentes, ça peut être des armes, etc. L’acheminement se fait au compte-goutte de sorte que les Gazaouis aient un peu à manger, mais aussi pour que cela entraîne des problèmes, des trafics, des bagarres. La faim devient une arme pour déplacer les populations.

Vos interlocuteurs vous font-ils part de l’évolution en Cisjordanie également ?

Absolument. Par exemple, lorsque nous étions à Bethléem, cartes à l’appui, l’installation de nouvelles colonies nous a été montrée, avec un zonage conçu pour faire en sorte qu’un État de Palestine n’ait aucune continuité territoriale. Une colonie est en train de s’installer à l’Est de Jérusalem, qui séparera le Nord et le Sud de la Palestine.

Des Palestiniens nous ont raconté leur quotidien, marqué par les coupures d’eau et d’électricité, les checkpoints, les permis de déplacement, de travail ou autre. Cela s’est dégradé depuis la crise du Covid. Il est plus difficile d’avoir une autorisation de déplacement.

Les atteintes aux droits humains se multiplient ?

Concernant les droits humains, on a un paquet global, fait d’humiliations, d’un apartheid qui s’amplifie par la création de colonies, de réseaux routiers auxquels seuls les colons peuvent accéder. Cela s’accélère. Un pays se superpose sur un autre avec ses propres infrastructures.

L’Autorité palestinienne vous fait-elle part de sa difficulté à administrer le territoire ?

Elle n’a pas les moyens de tout gérer. Ainsi, il y a beau y avoir des puisages en territoire palestinien, l’eau, comme l’électricité sont gérées par des entreprises israéliennes. C’est le gouvernement israélien qui a donc la main sur le robinet.

Or, en Cisjordanie, il y a de fortes restrictions d’eau. Un Palestinien pourra avoir au mieux 50 litres par jour alors qu’un colon bénéficiera de 150 litres. Il y a un véritable rationnement qui est un outil de l’État israélien. C’est ce genre de détail qui empêche les gens de vivre au quotidien, de travailler, de construire un avenir.

De plus, l’État israélien a détourné deux milliards de dollars de recettes fiscales qui auraient dû permettre à l’administration palestinienne de payer les salaires de ses agents.

La France s’apprête à reconnaître l’État de Palestine. Quels autres gestes doit produire la France ?

Le jour d’après la reconnaissance, il faut faire en sorte que l’État de Palestine puisse disposer d’une administration avec des cadres compétents. Cela va être un combat, car Israël va entraver la possibilité d’un État de Palestine de fonctionner normalement. Il va y avoir besoin d’un appui de l’ONU, de partenaires économiques, d’investissements. Il va falloir irriguer économiquement le territoire pour qu’il soit libéré de l’emprise du gouvernement israélien.

Faut-il sanctionner Israël pour faire pression sur lui ?

Malheureusement, on voit bien que rien ne bouge sans qu’il y ait, à un moment donné, une contrainte. Il faudra des sanctions pour qu’Israël se plie au droit international, comme il y en a eu après l’agression russe contre l’Ukraine. Il faut des sanctions, mais il ne faudra pas manier le seul bâton.

Je pense qu’il y a un vrai travail à faire sur la question de l’empathie. Les gens doivent être reconnus pour ce qu’ils sont et il faut tenir compte de l’histoire d’Israël, des citoyens d’Israël, la manière dont cette population a été martyrisée, chassée de partout à un moment de son histoire. Cela ne peut être balayé d’un revers de main. Mais en ce moment, on assiste à un repli et les premières victimes sont les Palestiniens, qui sont chassés.

Qu’avez-vous appris au contact des communautés chrétiennes ?

Nous avons rencontré des communautés religieuses. Leurs établissements vivent autour de lieux de culte et de pèlerinage. Ils étaient très fréquentés. Il n’y a plus personne et ce n’est pas sans conséquence. Tout un modèle économique existe autour du pèlerinage.

Or, les congrégations finançaient des écoles, des hôpitaux, des orphelinats, des centres sociaux. Elles permettaient un accès aux droits dans les territoires palestiniens. Tout ce réseau est en difficulté. Nous avons visité une congrégation dont le terrain a été coupé en deux pour y placer un mur.

Certaines voient leur eau, leur électricité coupée. Les membres des congrégations font face aux check-points, sont mis à nu pour être fouillés. Parfois on leur crache dessus. Les chrétiens, pour certains venus de l’étranger, nous disent vivre ce que vivent les Palestiniens en matière de privations.

  1. La délégation comprenait également Gisèle Jourda et Adel Ziane (socialistes) Raymonde Poncet-Monge (écologiste), et Étienne Blanc (LR).

Reconnaissance de la Palestine

Ce lundi 22 septembre, le Président de la République annoncera à la tribune de l’ONU la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France.

Nous nous félicitons de cette initiative, tout en regrettant qu’elle soit si tardive puisque 148 pays ont déjà reconnu la Palestine.  

Cette déclaration de reconnaissance, certes symbolique, marquera toutefois une étape décisive pour préserver la perspective de deux États – Israël et l’État de La Palestine – vivant côte à côte dans la sécurité et le respect mutuel de leurs droits.

Afin d’associer chaque municipalité de France à cette annonce solennelle, l’idée a été avancée de faire flotter le drapeau palestinien au fronton des mairies.

Notre groupe d’élus au Conseil municipal de Saint Gratien s’associe à cette initiative lancée au niveau national par Olivier Faure, dirigeant du PS. Cela permettrait d’exprimer la solidarité des habitants de notre ville envers une nation victime d’une agression militaire sans précédent, ainsi que vis-à-vis des otages israéliens du Hamas.

Nous nous sommes donc adressés au maire pour lui demander de faire flotter le drapeau de la Palestine au fronton de notre hôtel de ville ce lundi 22 septembre 2025.

Nous appelons par ailleurs les habitants à venir exprimer leur solidarité envers un peuple victime de la politique génocidaire d’un état colonialiste d’extrême – droite, en se rassemblant devant la mairie, ce lundi 22 septembre à 18h.

Le 21 septembre, pour la paix

Le 21 septembre est la journée internationale de la paix, instituée en 1981 par l’Assemblée générale des Nations-Unies.

Pour la paix, ce 21 septembre 2025, marchons pour la reconnaissance de l’État palestinien et l’arrêt immédiat du génocide en cours.

À Paris, le rendez-vous est fixé à 14h Place de la République.

Le PCF appelle à marcher dimanche pour :

-la reconnaissance immédiate de l’État de Palestine dans les frontières de 1967  

-l’arrêt immédiat du génocide en cours

-le cessez-le-feu et la libération des prisonniers politiques palestiniens et des otages israéliens  

-la fin de la colonisation et de l’occupation  

-un embargo sur les armes et des sanctions contre le gouvernement Netanyahou.

Voici l’appel unitaire des différentes organisations.

Marchons pour la paix, la justice, la liberté et l’arrêt immédiat du génocide en cours.

Partout dans le monde, des forces se lèvent pour la paix et l’arrêt des massacres. En Israël, le gouvernement Netanyahou fait face à une mobilisation d’une très large partie de la société pour stopper la guerre.

Le temps n’est plus aux déclarations et aux remontrances sans sanction.

La France doit reconnaître maintenant et sans condition l’État de Palestine dans les frontières de 1967 pour préserver la perspective de deux États vivant côte à côte dans la sécurité et le respect mutuel de leurs droits.

Nous appelons à un cessez-le-feu, à la libération des otages israéliens et des prisonniers politiques palestiniens, à la fin de colonisation et de l’occupation.

La France doit peser de tout son poids pour stopper la famine à Gaza, imposer un embargo sur les armes et sanctionner le gouvernement de Benyamin Netanyahou par tous moyens, à commencer par la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, puisque son article 2 sur le respect des droits humains n’est pas respecté.

Il est plus que temps pour la France d’agir, il est déjà bien tard.

Dans le cadre de la journée internationale de la paix du 21 septembre, marchons pour la reconnaissance de l’État palestinien et l’arrêt immédiat du génocide en cours.

Premiers signataires

Gregory Benzekry, collectif Golem

Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT)

Caroline Chevé, secrétaire nationale de la Fédération syndicale unitaire (FSU)

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS)

Julie Ferrua et Murielle Guilbert, co-délégués de l’Union syndicale Solidaires

Pascal Lederer et Olivier Gebuhrer, co-animateurs d’Une autre voix juive (UAVJ)

Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF)

Claude Sarcey, co-président de l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE)

François Sauterey, co-président et Renée Le Mignot, présidente honoraire du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)

Marine Tondelier, secrétaire nationale Les Écologistes

Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine solidarité (AFPS)

La reconnaissance, enfin

Déclaration de l’association nationale des élu· communistes et républicain·es, la « Coopérative des élu·es »

Lundi 22 septembre dans nos mairies soutenons les droits du peuple palestinien et de l’humanité !

Le 24 juillet, le Président Macron s’est engagé à reconnaître officiellement, au nom de la France, l’État de Palestine. Il co-présidera, le 22 septembre 2025, aux côtés de Mohammed Ben Salmane, prince héritier saoudien, une conférence au siège des Nations Unies à New York, consacrée à la mise en œuvre de la solution à deux États.

Nous saluons cet acte politique marquant qui est un pas vers une paix juste et durable au Proche- Orient.

Il aura fallu attendre 35 ans d’alertes répétées de l’ONU et les ONG sur l’urgence de la situation en Palestine, il aura fallu un génocide en cours à Gaza et que la Palestine soit mitée de centaines de colonies rendant sa continuité territoriale impraticable sur le terrain, pour que la France franchisse enfin le pas de cette reconnaissance.

Cette décision, si elle veut véritablement marquer l’histoire, doit s’accompagner d’un travail diplomatique et politique courageux pour parvenir à une solution crédible et à la mise en place effective de deux États.

La colonisation en Cisjordanie et le génocide à Gaza, menés par l’État israélien d’extrême droite est commis en toute impunité. C’est une normalisation du bafouement de l’état de droit, ce même droit qui a tiré le monde de la barbarie après la Seconde Guerre mondiale, et que nous défendons chaque jour, dans nos collectivités. Un monde qui permet cela, réduit à néant le sentiment de justice et le vivre ensemble, même à l’échelle locale.

La défense quotidienne des droits et des libertés les plus fondamentales de chaque être humain, c’est ce qui fait l’identité de notre engagement. Lutter contre cette injustice, c’est aussi clamer haut et fort que la violence ne doit pas être la base des relations entre les êtres humains et que la dignité et la liberté des peuples sont le seul avenir durable.

Devant les attaques du gouvernement envers les élus faisant le choix courageux de défendre la paix, nous appelons nos élus et nos maires à prendre toutes les dispositions qu’ils jugeront adaptées afin de marquer ce jour du sceau de l’humanité.

Ce lundi 22 septembre, nous, maires, élu·e·s de la République, attaché·e·s aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de justice, ferons entendre cette voix pour que la France soit à la hauteur des enjeux et au rendez-vous de l’histoire.

Un silence honteux

Je partage l’éditorial du Monde du 1er septembre 2025, et la Une de l’Humanité du même jour. 

Que veut cacher Israël en imposant le huis clos à Gaza ?

En interdisant à la presse d’accéder au territoire palestinien et en menant la guerre la plus meurtrière envers les journalistes dans l’histoire des conflits, l’État hébreu détruit la liberté d’informer, sans réelle réaction des États-Unis ou des pays de l’Union européenne.

La guerre meurtrière conduite par Israël contre Gaza depuis les massacres commis lors de l’opération terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, compte parmi ses victimes un droit fondamental : la liberté d’informer. Depuis près de deux ans, en effet, les autorités israéliennes interdisent à la presse l’accès libre à l’étroite bande de terre. Cette situation est sans précédent pour un territoire pourtant régulièrement livré au fracas des armes et indigne d’un pays qui se targue d’être la seule démocratie du Proche-Orient.

Rien ne peut justifier un tel blocus de l’information. Il a cependant été accepté sans discussion par de nombreux alliés occidentaux de l’État hébreu qui prétendent défendre par principe le droit à l’information. Les États-Unis tout d’abord, qui n’ont à aucun moment exigé la levée de cette pratique digne des pires régimes de la planète. Les pays de l’Union européenne ensuite, en dépit de cette violation flagrante de l’article de l’accord de partenariat commercial avec Israël qui fait du respect des droits humains un élément essentiel de la relation bilatérale.

Ce silence honteux des démocraties a facilité le franchissement de trop de limites par la coalition au pouvoir en Israël, sans que jamais l’État hébreu ne soit questionné sur ce qu’il tenait tant à soustraire aux yeux du monde. Imposer le huis clos et délégitimer la parole palestinienne avec l’accusation systématique de liens avec la milice islamiste du Hamas a garanti l’impunité, y compris envers les journalistes de Gaza.

Des journalistes tués dans les frappes israéliennes sur l’hôpital Nasser de la bande de Gaza, le 25 août 2025. De gauche à droite : Hussam Al-Masri (Reuters), Mariam Abou Dagga (Associated Press), Moaz Abou Taha (un indépendant qui a travaillé notamment pour Reuters), Mohammed Salama (Al-Jazeera basée au Qatar) et Ahmed Abou Aziz. REUTERS

Car cette stratégie d’invisibilisation ne prive pas seulement la presse internationale de la liberté d’informer. Elle s’accompagne d’une conduite de la guerre qui en fait la plus meurtrière contre la presse dans l’histoire des conflits. A ce jour, plus de 200 journalistes, palestiniens pour l’essentiel, ont perdu la vie dans les bombardements qui ont transformé l’étroite bande de terre en champ de ruines. Une partie d’entre eux ont été tués dans des frappes indiscriminées, parfois avec leur famille. D’autres sont morts en couvrant les bombardements malgré le danger, au nom du devoir d’informer. D’autres enfin ont été délibérément ciblés en dépit des dénégations israéliennes, comme cela a été le cas de ceux travaillant pour des médias internationaux reconnus tués le 10 août et le 25 août.

En juin 2024, alors qu’une centaine de journalistes palestiniens avaient déjà été tués, la publication dans ces colonnes d’une enquête collaborative coordonnée par l’organisation Forbidden Stories avait mis en évidence une stratégie particulièrement agressive d’Israël vis-à-vis de la presse. Elle s’inscrit dans une tendance lourde, mais la guerre en cours se caractérise par un dramatique changement d’échelle.

Les appels au cessez-le-feu et à la levée des restrictions concernant une aide alimentaire cruciale pour un territoire où sévit la famine, selon les experts des Nations unies, doivent donc s’accompagner de deux exigences : la protection des journalistes dans leur travail d’information, quel que soit le média qui les emploie, et l’ouverture de Gaza à la presse internationale. C’est le sens de la campagne lancée le 1er septembre par l’organisation Reporters sans frontières. Israël étant resté sourd aux injonctions des institutions défendant le travail de la presse, les gouvernements soucieux de la liberté d’informer doivent lui signifier de la manière la plus claire que persister aura un coût.

Le Monde, 1er septembre 2025

 

Pour une aide concrète à Gaza

En quelques jours, la pression sur le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou s’est accentuée comme jamais. Suite à l’engagement pris par la France de reconnaître l’État de Palestine, d’autres pays lui ont emboîté le pas, comme les quatorze États signataires de la déclaration issue de la conférence de New York. Le Royaume-Uni, ancienne puissance mandataire, a lui-même annoncé qu’il pourrait prendre la même décision.

Pour autant, les crimes de l’armée israélienne se poursuivent à Gaza, et la famine, suite au blocus total du territoire, y est si grave que le gouvernement Netanyahou a dû laisser entrer un peu d’aide humanitaire. Devant la réprobation internationale des opinions, l’administration Trump s’est elle-même vue contrainte de reconnaître que la vie de dizaines de milliers de civils palestiniens était menacée. Cinq présidents d’universités israéliennes exigent que Netanyahou « résolve la famine à Gaza ». Pour la première fois, deux ONG israéliennes considèrent que le gouvernement israélien « commet un génocide » et appellent à une intervention internationale. Les Pays-Bas ont déclaré les ministres suprémacistes Ben Gvir et Smotrich personæ non gratæ.

Pendant ce temps, les exactions et les assassinats se poursuivent en Cisjordanie. Le village palestinien de Taybeh a été violemment attaqué par des colons.

Il est urgent que la communauté internationale prenne des mesures d’urgence pour arrêter l’horreur en cours. Soit elle continue de se montrer complice des massacres de masse et de l’épuration ethnique, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement, l’armée et les colons israéliens. Soit elle impose à Netanyahou et à son protecteur états-unien un cessez-le-feu immédiat, l’expédition d’une aide humanitaire massive aux populations de Gaza, l’arrêt des exactions en Cisjordanie et la libération des otages encore détenus par le Hamas.

La France a une responsabilité primordiale en ce sens. L’annonce de la reconnaissance de l’État de Palestine a contribué à desserrer l’étau dans lequel est pris le peuple palestinien. Celui-ci, comme les forces de paix en Israël, a repris espoir en une solution politique qui mette fin à la guerre et permette aux deux peuples de vivre demain dans des États aux frontières sûres et reconnues.

Le Parti communiste français appelle donc le gouvernement français à prolonger sa démarche en agissant concrètement et immédiatement :

  • Pour qu’une aide humanitaire d’urgence entre au plus vite à Gaza sous contrôle de l’ONU, de l’UNWRA et des organisations humanitaires reconnues internationalement ; pour la libération immédiate des otages israéliens encore détenus à Gaza.
  • Pour que des sanctions soient prises à l’encontre de l’actuel pouvoir israélien tant qu’il bafouera le droit international. La France doit déclarer personæ non gratæ Ben Gvir et Smotrich, comme les Pays-Bas l’ont fait, et annoncer qu’elle  appliquera le mandat de la CPI contre Netanyahou et Gallant. Elle doit agir concrètement pour que l’UE suspende l’accord d’association avec l’État d’Israël et pour déclarer un embargo sur les armes. Sans attendre, notre pays doit prendre la tête d’une coalition de tous les États disposés à prendre des sanctions contre les dirigeants israéliens.
  • ⁠Pour aller au bout de la reconnaissance de l’État de Palestine, en lui permettant de bénéficier d’une pleine capacité juridique devant la justice internationale, CPI et CIJ et à rendre possible une solution politique.

Paris, le 31 juillet 2025

Parti communiste français.