Comment sauver l’école ?

Natacha Polony, comment sauver l’école et les contradictions du maire de St Gratien

Natacha Polony était invitée à St Gratien à une conférence débat mardi 11 février salle Georges Brassens.

On nous avait mis en garde : « les salons de la Princesse Mathilde étaient surtout fréquentés par des intellectuels marqués à droite » – Franz Olivier Giesbert et Nicolas Vannier avaient été les derniers invités – voire dit qu’« elle était  » réactionnaire « par certains côtés ».

Tout d’abord, nous ne sommes pas sectaires.

D’autant que nous avions déjà écouté Natacha Polony au siège du PCF, place du Colonel Fabien, le 8 janvier dernier, à l’occasion d’une soirée hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes. Elle animait et participait à un débat entre notamment Fabien Roussel et Richard Melka (cf. photos ci-dessous en fin d’article).

Nous sommes donc allés écouter Natacha Polony mardi soir, sur un sujet qui nous tient à cœur : Comment sauver l’école ?

Ce qui jeudi soir, au Conseil municipal, nous a permis de constater l’ampleur des contradictions de M. le maire et de son équipe municipale sur le sujet de l’éducation [ce qui fera l’objet d’un deuxième article rendant compte du conseil municipal].

La conférence de Natacha Polony était charpentée. Il y avait de la substance dans ses propos. En un peu plus d’une heure d’exposé, elle a abordé beaucoup de sujets, certains très rapidement (on aurait pu y passer la soirée), d’autres de façon factuelle, et illustrés par sa propre expérience d’enseignante, puisqu’avant d’être journaliste et essayiste, pendant une dizaine d’années elle a été enseignante. Tout d’abord à Épinay (en collège si on a bien compris) puis dans le supérieur à Léonard de Vinci.

Elle a ensuite débuté une carrière de journaliste, d’abord comme spécialiste des questions d’éducation.

En guise d’entrée en matière, N. Polony a dit que les débats sur l’école dans les médias étaient affligeants : Pour ou contre l’uniforme à l’école ? Faut-il changer les rythmes scolaires ?  etc. n’étaient pas des thèmes à la hauteur au regard des enjeux.

Qu’est-ce que l’école ? À quoi sert l’école ? L’école est un sujet éminemment politique !

L’école est un pilier de la République Française. L’école n’est pas un service public au sens d’une « prestation de services ». Ce n’est pas quelque chose que l’on consomme. C’est bien plus que cela : c’est une institution de la Nation. Elle n’est pas seulement au service des individus. L’école est le creuset de la Nation.

Dire que l’on ne peut pas réformer l’école, c’est faux. L’école a connu beaucoup de réformes et les enseignants ont accepté beaucoup de réformes toujours venues du haut. L’une remplaçant l’autre. Sans évaluation de leurs résultats.

Les années 80/90 ont été des années de transformations majeures, qui se sont inscrites dans le projet européen à visée libérale : l’école doit être un service rendu aux entreprises (cf. Stratégie de Lisbonne de l’UE[1]). Il ne s’agit plus de transmettre des savoirs mais plutôt des compétences.

C’est une vision utilitaire – utilitariste – de l’école qui l’a emporté. Le rôle de l’école est dans cette logique libérale est de « fournir des travailleurs, adaptables, recyclables qui vont pouvoir interagir ».

On s’est éloigné du projet d’émancipation. C’est ce qui a guidé les différentes lois sur l’école entre 1985 et 2024. La droite et la gauche ont toujours fait la même politique en matière d’école.

Et malgré toutes ces réformes, l’école française ne va pas bien. C’est le ventre mou des maux de la société française.

L’école connait une baisse du niveau. Ce que révèlent les enquêtes du type Pisa. Ce n’est pas nouveau.

Déjà dans les années 90, le phénomène était identifié. Mais il ne fallait pas en parler au sein de l’Éducation Nationale. J’avais déjà vu niveler par le haut des moyennes et faire passer coûte que coûte des élèves dans le niveau supérieur.

Comment cela s’explique-t-il ?

La France a un des systèmes éducatifs les plus inégalitaires. Il ne faut pas idéaliser l’école de la IIIè République, qui elle aussi était inégalitaire. On emmenait la masse des élèves des catégories les moins favorisées jusqu’au certificat d’étude. Et seuls les élèves des classes aisées allaient jusqu’au bac et au-delà.

Aujourd’hui si l’école française porte près de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac, on constate depuis plusieurs années, que le noyau dur des très bons élèves se réduit. Et la masse des élèves de niveau moyen voient leur moyenne baisser. Ils tirent vers le bas les résultats.

Ce décrochage du niveau scolaire aura des conséquences économiques : moins d’ingénieurs, de chercheurs, etc. à terme cela impactera la compétitivité de la France.

Comment cela s’explique-t-il ?

Il y a une paupérisation des enseignants. Un enseignant gagne en moyenne 1,2 Smic. La place des professeurs dans l’échelle sociale dégringole.

Cette paupérisation des enseignants s’explique parce qu’on a voulu faire baisser le nombre d’élèves par classe, avec une moyenne d’élèves par classe qui a baissé de 30, à 28/27 élèves en moyenne. Cela a un coût. Et ce coût a été compensé par la non augmentation des salaires des enseignants.

Cette dévalorisation du métier d’enseignant s’est traduite par une crise des vocations. Les concours de l’éducation ne font plus le plein : faute d’être attractive, l’éducation nationale n’arrive plus à recruter les meilleurs par matière, qui vont ensuite aller les enseigner.

Cela s’explique aussi par une destruction progressive de l’image de l’école aux yeux des familles. On pense à un ancien président qui laissait entendre qu’être prof, c’est avoir 6 mois de vacances… Cela a participé à délégitimer l’école, y compris au niveau des savoirs qui y sont enseignés. Tous les jours il y a des parents qui viennent contester auprès des enseignants le contenu de certains cours, qui déplaisent aux familles. Tous les jours des élèves contestent la fonction du professeur qui n’est plus respectée : « toi qui enseigne à 1700€ / 1900€,  tu es là parce que tu n’as pas été pris ailleurs ». [La rémunération des enseignants français est en queue de peloton dans l’OCDE : elle représente 50% de la rémunération des enseignants allemands. Elle se situe juste au-dessus de la rémunération des enseignants polonais].

La France est parmi les pays de l’OCDE celui où il y a le plus de problèmes de discipline dans les classes. Il n’est pas rare, que sur une heure de cours, l’enseignant consacre 15 minutes à régler des problèmes de discipline. Cela a des conséquences sur le résultat des élèves et sur la crise des vocations.

Dans le privé est-ce mieux ? Les gens fuient vers le privé. Mais si l’école publique jouait son rôle, alors il n’y aurait pas de fuite vers le privé. Dans l’école publique on ne peut pas virer les élèves qui posent problème.

Que faire ?

ž Il n’y aura pas de cohésion nationale sans une école qui fonctionne. Il faut retrouver le sens de l’école.

ž Il faut rappeler que les professeurs sont indispensables. Pour un élève suivre un cours à distance devant un écran n’a rien à voir au gain qu’il en retire quand il s’agit d’un cours en présentiel, avec interaction avec l’enseignant.

ž Si en valeur absolue il est vrai que le budget de l’Éducation nationale progresse chaque année, en part relative il n’a pas arrêté de décrocher depuis 1997. Par rapport à cette époque, si aujourd’hui on avait le même % de budget, il nous manque 15 à 20 milliards par an.

ž Il faut en finir avec la baisse des rémunérations des enseignants et le manque de considération. Il faut rendre leur honneur aux enseignants.  Et cela passe par une revalorisation significative du métier de professeur, pour le rendre à nouveau attractif : pour qu’à nouveau l’éducation sélectionne les meilleurs par matière et que ceux-ci soient devant les élèves pour les former.

ž Disposer de plus d’enseignants et disposer d’enseignants formés. J’ai connu le système de l’IPES[2] qui formait sur 3 ans de futurs professeurs. Ce système de formation des enseignants permettait un brassage social :  il permettait à des jeunes adultes issus de la classe moyenne de trouver un emploi, de les payer pendant leurs études et en compensation, ils devaient 10 ans de service à l’État.

 Rappeler que le rôle des parents ne doit pas être de contester les enseignants. Les parents ont toute leur place à l’école, mais pas pour contester les méthodes d’enseignement et encore moins les contenus des enseignements. Devant les enseignants, ils doivent tirer dans le même sens que les enseignants et les directions d’école.

Merci à Stéphane Bauer pour ce compte-rendu de la soirée, et pour ses photos !

[1] La dynamique de la politique éducative française du début des années 2000, qui a inspiré notamment la loi Fillon, tire directement son inspiration de la « Stratégie de Lisbonne », élaborée lors du Conseil européen tenu dans la capitale portugaise en mars 2000. C’est la feuille de route libérale de toutes les politiques européennes. On y retrouve, appliquées à l’éducation, bon nombre de notions qui fleurissent par ailleurs dans le discours des institutions internationales, de la Commission européenne et des dirigeants politiques : compétitivité, efficacité, développement des partenariats, financement public-privé, marché de l’éducation, capital humain, économie de la connaissance, esprit d’entreprise, individualisation de la responsabilité de la formation, etc. L’un des derniers documents du Conseil est parfaitement explicite à cet égard : « Les ressources humaines constituent la principale richesse de l’Union européenne. Elles sont au cœur de la création et de la transmission des connaissances et sont un élément décisif du potentiel d’innovation de chaque société. L’investissement dans l’éducation et la formation est un facteur déterminant en matière de compétitivité, de croissance durable et d’emploi dans l’Union, et constitue de ce fait un préalable pour atteindre les objectifs économiques, sociaux et environnementaux que l’Union européenne s’est fixé à Lisbonne. De même, il est essentiel de renforcer les synergies et la complémentarité entre l’éducation et d’autres domaines d’action tels que l’emploi, la recherche et l’innovation et la politique macro-économique ». Pourquoi se former ? Pour mieux s’adapter aux changements économiques. Le droit de se former tout au long de la vie rime avec le droit de rechercher un emploi dans un marché du travail dérégulé où la « concurrence est libre et non faussée »

[2] En France, un institut de préparation aux enseignements de second degré (en abrégé IPES) rassemblait, au sein d’une faculté des sciences ou des lettres, des élèves-professeurs rémunérés, généralement durant 3 ans, en vue de l’acquisition des titres habilitant à l’enseignement dans les lycées, les collèges classiques et moderne, les écoles normales primaires, les écoles nationales professionnelles et les collèges techniques. Créés en 1957, ces instituts furent supprimés en 19792 mais les postes d’élèves-professeurs furent maintenus jusqu’en 1978. Les élèves professeurs devaient souscrire l’engagement de servir dans l’enseignement public pendant une durée minimum de dix années à dater de l’entrée à l’institut. Les élèves professeurs devaient préparer normalement en deux ans dans les facultés les certificats des licences d’enseignement. Ils accédaient aux centres pédagogiques régionaux pour y effectuer un stage d’une année en tant que professeur-stagiaire.

Ci-dessous, Natacha Polony, Julie Gayet, Fabien Roussel, Richard Melka, pour une soirée-hommage à Charlie le 8 janvier 2025, au siège parisien du PCF

0,056%

Nos interventions lors du Conseil municipal du 13 février 2025 à Saint Gratien.

Nous votons contre le PV de la séance de décembre 2024. Aucune de nos questions sur les décisions du maire lors de la séance de décembre ne sont reprises. À deux reprises, le PV me prête  des propos inverses de ceux que j’ai tenus, ceux de Stéphane Bauer sont devenus difficilement compréhensibles car tronqués… Le diable se niche dans les détails, dit-on. En tout cas, ce document est pour nous important puisque c’est  pour les Gratiennois·es, le seul canal d’information sur les débats entre élu·es. Encore plus gênant, le PV reprend des propos qui ont bien été tenus le 19 décembre 2024 mais qui n’en sont pas moins faux : Stéphane Bauer n’est pas membre de LFI. Le maire et l’adjoint qui l’a faussement affirmé le savent très bien.  

Les décisions du maire (35, c’est beaucoup) génèrent de nombreuses demandes de précisions.

Nous votons pour l’achat d’une torche olympique, bien que très peu convaincu·es de l’efficacité de cette mesure pour « renforcer l’engouement pour le sport » comme le vante la ville. C’est à notre sens anecdotique et effectivement purement symbolique…

Nous votons pour les tarifs des longs séjours d’été 2025.      

Nous regrettons que ce dossier n’ait pas fait l’objet d’une réunion de la commission « jeunesse ».

La ville prévoit 30 places pour trois séjours en France et à l’étranger. … Le coût pour la ville est de 16 150€ soit 0,056% du budget de fonctionnement. Tout est dit.

Avec la suppression des classes de découverte, celle des séjours courts, voilà des colos quasi inexistantes… Combien y a -t-il en effet d’enfants entre 6 et 16 ans dans notre ville ? La possibilité offerte de voyager à des enfants qui ne partent pas de chez eux disparaît. Je ne cesserai jamais de dire que je le regrette car la découverte d’autres lieux et de la vie avec d’autres sont indispensables à la construction de l’individu. 

Rester dans le simple constat plus ou moins exact « les colos ne sont plus à la mode » ? Mais pourquoi ? Il y a certes des freins financiers. Une étude IFOP indique que le prix des séjours apparait comme le deuxième frein le plus largement cité par les parents. Il y a aussi certainement des réticences psychologiques, et une méconnaissance des bénéfices de la colo. Aussi un désintérêt des élus locaux… 

Il faut à notre avis une politique plus volontaire si on est persuadé de l’intérêt des séjours collectifs pour les enfants autour d’un projet éducatif construit. Des communes travaillent notamment avec les enseignants, développent une communication positive sur les colonies de vacances, proposent des séjours découvertes des colos à tarifs étudiés (un week-end par exemple) pour susciter l’envie de partir en séjour. Il y a besoin de revaloriser les colonies de vacances comme espaces d’apprentissages auprès des enfants, des jeunes, des parents, de la communauté éducative en général. Encore faut-il être persuadé soi-même de l’intérêt éducatif des séjours collectifs de vacances… ce qui visiblement n’est pas le cas des élus de la majorité gratiennoise, qui s’intéressent peu à la question, au point d’indiquer oralement des tarifs deux fois moindres que ceux qui nous sont présentés !

Nous votons contre la vente d’un studio que la ville possède allée du Square aux Clercs. Le maire affirme que le fait que la performance énergétique de cet appartement soit « G » donc plus louable à partir de janvier 2025, n’est pas la raison de la vente.

Nous pensons qu’il est dommage de se séparer de ce logement , qui aurait pu servir de secours pour des cas d’urgence, ou même être loué comme il l’était jusqu’ici.

À suivre….

Nos questions de février

Échos du Conseil municipal du jeudi 13 février 2025 à Saint Gratien

En fin de séance, le maire répond aux questions orales des groupes. Voici les nôtres, les réponses apportées et nos commentaires, que nous ne pouvons faire en séance, les questions orales ne faisant pas l’objet de débat.

Questions orales au Conseil municipal du 13 février 2025 ; groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

 Diagnostic des performances  énergétiques – Isabelle Volat

Un diagnostic des performances  énergétiques des bâtiments communaux a été réalisé en 2023 ou 2024. Pouvons-nous en connaître les grandes lignes avant la présentation du dossier plus détaillé en commission espace public, comme il a déjà été demandé ?

Réponse du maire : un audit énergétique a effectivement été réalisé en 2023. Cela a permis d’obtenir une photographie des consommations d’énergie dans les bâtiments et d’évaluer leurs performances par rapport au décret tertiaire avec l’objectif de 60% de réduction de consommation d’ici 2035. La ville a pu constater que les opérations lourdes engagées par le passé ont permis d’obtenir de bons résultats comme à l’école Herriot ou Logeais. Des gains ont également été obtenus salle Georges Brassens et la salle d’armes, et le seront prochainement dans le centre Camille Claudel et dans le centre du Parc. Parmi les sites peu performants, on note le groupe scolaire Jean Moulin et l’hôtel de ville. La ville procède au renforcement de l’isolation thermique en ce qui concerne la mairie. D’autres équipements devront faire l’objet de programmations à moyen terme. Tout cela sera présenté en détail en commission.    Décryptage : le proverbe  dit que « tout vient à point à qui sait attendre ». Dès 2023, nous avions interrogé sur ce diagnostic et avons depuis reposé la question en commission et au Conseil. Espérons donc pouvoir prendre connaissance de ce document dans des délais raisonnables.

NB : le « décret tertiaire » évoqué par le maire est la réglementation qui impose une réduction progressive de la consommation d’énergie dans les bâtiments de 1 000 m² et plus, à usage tertiaire, afin de lutter contre le changement climatique.

Espace public (1) –  Isabelle Volat

Un plan de rénovation des espaces publics a été évoqué lors de la réponse du maire à notre question au Conseil de décembre 2024 sur la place des Cyclades. Ce plan qui concerne au moins la place du Forum, la rue Berthie Albrecht et la place des Cyclades, et peut-être d’autres espaces, pourrait-il faire l’objet d’une présentation en réunion de quartier afin de prendre l’avis des Gratiennois ?

Réponse du maire : le projet pour la place du Forum a déjà été présenté en réunion de quartier le 27 juin dernier. En ce qui concerne la rue Berthie Albrecht, il est prévu de nouvelles jardinières pour remplacer celles qui sont vétustes puisqu’installées il y a plus de 20 ans. Les espaces publics des Cyclades et des Cygnes viendront dans un second temps.

Décryptage : notre question reste sans réponse. La ville décide du réaménagement d’espaces sans en référer à quiconque. On aurait pu imaginer une consultation des riverains, premiers intéressés, que ce soit pour renouveler les mobiliers à l’identique ou reconfigurer leur disposition. On ne doute pas que les habitants ont suffisamment d’idées sur l’aménagement de leur environnement ! Jardinières certes, mais peut-être aussi bancs, stationnements vélos ou autres innovations auraient pu émerger d’une consultation, mais la ville ne connaît que la « présentation » de projets déjà décidés.

Espace public (2) – Stéphane Bauer

Le passage en bois entre la résidence de Lussay et les magasins est très glissant en cas de pluie ou de gel. Plusieurs personnes nous l’ont signalé par exemple le samedi 1er février, et la ville a procédé à un sablage. Quelle solution plus durable pour éviter des chutes ? 

Réponse du maire : le seul moyen de conserver la qualité des espaces publics de cette zone serait de créer un cheminement minéralisé intégré au platelage existant. La ville a décidé de mener des études sur ce sujet.

Décryptage : à suivre… Ce revêtement particulier pose problème depuis des années. Les bandes métalliques apposées sur les lames de bois ne l’ont pas résolu.

Finances des collectivités locales – Isabelle Volat

En plus de la hausse de 12 points des cotisations employeurs à la CNRACL sur quatre ans, dont 3 % dès cette année, le budget 2025 de la nation récemment adopté (à défaut d’être voté) prévoit des mesures impactant négativement les finances des collectivités, notamment la réduction de leurs dépenses de 2,2 MDS. (Certains élus contestent d’ailleurs ce chiffrage et l’estiment plutôt à 7 MDS, ndlr). À Saint Gratien, avez-vous chiffré les répercussions sur le budget communal ?

Réponse du maire : la hausse des cotisations de la CNRACL (caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales) va peser pour 150 000€ en 2025 ; 300 000€ en 2026 ; 450 000€ en 2027 ; 600 000€ en 2028, soit sur 4 ans une ponction de 1,5 M€. Ensuite, une ponction de 600 00€ chaque année à partir de 2028. Autre impact financier très négatif pour la ville : la diminution des subventions accordées par les partenaires, département, région, État, qui sont très affectés par la baisse de leurs recettes et l’augmentation de leurs dépenses et qui ont réduit très fortement leur soutien financier aux communes.

Décryptage : nous reviendrons sur cette question des ressources des collectivités, fondamentale quand on veut élaborer un projet municipal alternatif ! Attaquer les finances des  communes, c’est évidemment négatif pour les services rendus à la population, et pour l’investissement public. Les collectivités réalisent en effet plus de 60% des travaux publics. On remarque tout de même que le maire qui déplore la situation oublie que les premières attaques sont venues de sa propre famille politique. Chaque quinquennat comporte son lot de maltraitances pour les collectivités : Nicolas Sarkozy supprime la taxe professionnelle, ce qui leur a fait perdre la moitié de leurs revenus ; François Hollande a coupé 10 milliards d’euros de dotation globale de fonctionnement et Emmanuel Macron a supprimé la taxe d’habitation avant de s’attaquer à la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), en plus de coupes régulières.

Conseil municipal des enfants – Stéphane Bauer

Comme aucune commission scolaire ne s’annonce, nous souhaiterions avoir un aperçu des actions du Conseil municipal des enfants, en dehors des traditionnelles visites de lieux institutionnels et de la présence aux différentes cérémonies.

Dans les villes aux alentours de St Gratien, les jeunes conseillers municipaux ont été invités à travers des jeux à se concerter et à réfléchir ensemble sur des thématiques qui les concernent au quotidien. Ils ont par exemple évoqué les problématiques qu’ils pouvaient rencontrer et dégagé des pistes d’amélioration sur la gestion des cantines scolaires, le manque de végétalisation de certaines rues, ou encore la sécurité des enfants sur le trajet école/domicile. Qu’en est-il au niveau du conseil municipal de St Gratien ?

Réponse du maire : le CME gratiennois est très actif sur les questions de citoyenneté, du développement durable ou de la vie locale. Le maire cite l’exemple du travail mené avec une association pour une prochaine collecte de matériel sportif en avril. En mars, visite de la caserne des pompiers autour des questions de sécurité. Une réflexion sera ensuite engagée sur la seconde vie du livre. Le maire cite encore la participation du CME à la cérémonie du 8 mai et le 24 mai à l’initiative « Inspirations durables ».

Décryptage : des initiatives sans nul doute intéressantes mais tout de même peu ambitieuses. Cantonner les enfants élus aux cérémonies ou aux visites de structures publiques est réducteur face aux multiples actions qui pourraient être menées sur des thèmes qui concernent la vie des enfants dans notre ville : l’aménagement des cours d’écoles en est un parfait exemple. On aurait même pu envisager d’attribuer un budget à des actions initiées par le CME… Trop d’audace ?

À suivre, les autres dossiers du Conseil

Reconnaître l’État de Palestine

Gaza : « Le monde attendra-t-il que Trump déclare l’annexion de la Cisjordanie ? », alerte Hala Abou Hassira

Torpillé en direct par Donald Trump, le droit international prohibe l’expulsion de populations de leur territoire par la force. Face à cette volonté d’enterrer l’idée d’un État palestinien, l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira, réaffirme le droit à l’autodétermination. Elle répond aux questions de Lina Sankari pour l’Humanité. 

Comment qualifieriez-vous les propos de Donald Trump sur la prise de contrôle de Gaza par les États-Unis et les menaces de nettoyage ethnique ?

Ces propos sont une insulte à l’histoire, à l’humanité, au droit international, mais aussi aux droits inaliénables du peuple palestinien. Les calculs des hommes d’affaires ne peuvent déterminer le destin des peuples en quête de liberté. Notre peuple est enraciné sur cette terre, il a toujours été là et y restera.

Nous rejetons ces propos criminels qui légalisent l’illégal. Ils sont un appel au crime de guerre et au crime contre l’humanité via la déportation et l’expulsion forcée d’un peuple. S’il fallait retenir une seule idée des propos du président Trump, c’est que l’enfer est bel et bien là, à Gaza. C’est la responsabilité d’Israël qui a rendu cette terre inhabitable.

Vous évoquez un peuple enraciné dans sa terre. En proposant de déporter les Palestiniens dans d’autres pays arabes, Trump ranime l’idée que les Palestiniens seraient dénués d’une identité propre…

Trump s’aligne sur une vieille idéologie israélienne. Les appels à expulser par la force et à déporter les Palestiniens ne sont pas nouveaux. Rappelons que, le 25 juin 1967, après l’occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie consécutive à la guerre des Six-Jours, Moshe Dayan (ex-ministre de la Défense – NDLR) appelait à expulser par la force 300 000 Palestiniens de la bande de Gaza pour l’annexer.

Trump s’aligne sur cette idéologie coloniale. Ce n’est pas comme cela que le président de l’État le plus puissant au monde parviendra à imposer la paix. Cette dernière sera le résultat du respect du droit international et des droits fondamentaux, dont celui du peuple palestinien à l’autodétermination dans un État indépendant et souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. C’est la seule manière de vivre en paix avec Israël. L’établissement de l’État palestinien est le préalable à la paix.

La question du droit à l’autodétermination est évacuée, tout comme celle d’une gouvernance palestinienne du territoire après-guerre.

Ce n’est pas à une seule personne de décider du sort d’un État sous occupation. Le seul représentant légitime du peuple palestinien est l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Son seul agent, l’État de Palestine par le biais du gouvernement palestinien qui est prêt à gouverner Gaza.

C’est le seul à avoir la tutelle juridique et politique pour gouverner Gaza et secourir la population. Depuis le cessez-le-feu, on a oublié que l’aide humanitaire entrait au compte-goutte dans l’enclave. On a oublié la réalité qui prévaut sur le terrain. Le gouvernement palestinien est prêt. Il n’attend qu’à déployer son plan de secours et de reconstruction par étapes.

Est-ce une menace sur la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, qui prévoyait l’ouverture de négociations pour parvenir à la fin de la guerre ?

C’est la question que tout le monde se pose. Que cherche Trump en tenant de tels propos ? Dans son sillage, Bezalel Smotrich (ministre des Finances – NDLR) a assuré qu’il enterrerait l’idée d’un État palestinien. S’agit-il pour Netanyahou de sortir de l’accord obtenu grâce à la médiation de plusieurs États ? Souhaite-t-il poursuivre son projet de déportation forcée du peuple palestinien avec l’objectif ultime d’annexer la bande de Gaza ?

C’est la seule question qui doit être posée aux Israéliens. Le moment est également venu de mettre un terme à l’impunité. Depuis le déplacement aux États-Unis de Netanyahou, le monde entier semble avoir oublié qu’il est un criminel de guerre, dont la Cour pénale internationale demande l’arrestation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Qu’attendez-vous de la France aujourd’hui ?

En ces instants où nous voyons le président américain et le premier ministre israélien mettre en péril les droits du peuple palestinien, semer le chaos dans notre région et dans le monde et saper le droit international, le moment de l’action est venu. Les réactions, nous les saluons.

Mais nous disons depuis des années qu’elles ne suffisent plus. Pour les pays qui ne l’ont pas fait, dont la France, le moment est venu de reconnaître l’État de Palestine. On oublie que le génocide perpétré devant nos yeux à Gaza s’étend également en Cisjordanie occupée.

Le monde attendra-t-il que Trump déclare l’annexion de la Cisjordanie la semaine prochaine ? C’est le moment de protéger ce territoire en reconnaissant l’État de Palestine, afin de donner de l’espoir au peuple palestinien en premier lieu. Il verrait ainsi son droit à exister dans un État indépendant reconnu.

En mai dernier, nous avions rencontré Hala Abou Hassira à Argenteuil lors d’une rencontre à l‘initiative du PCF du Val d’Oise. Tous les intervenants avaient souligné l’urgence et l’importance de la reconnaissance par la France de l’État de Palestine. Aujourd’hui hélas, la question reste entière : qu’attend la France ?  

Un autre budget

Les députés GDR (Gauche démocrate et républicaine) voteront la censure du budget de F. Bayrou.

Et au Sénat, que se passe-t-il  ?

Opposés eux aussi au budget, les sénateurs du groupe CRCE-K défendent dix mesures alternatives. Pierre Barros, sénateur apparenté communiste du Val d‘Oise, co-signe à ce propos une tribune parue dans l’Humanité. À lire ci-dessous.

Les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2025 Attal-Barnier-Bayrou prévoient des coupes importantes dans les dépenses du budget de l’État et une baisse des moyens pour les services publics, les collectivités, la Sécurité sociale, déjà exsangues. Le refus de dégager de nouvelles recettes confine le débat parlementaire aux choix des dépenses à couper. Nous refusons cette parodie de démocratie.

C’est un autre budget que les groupes de la Gauche démocrate et républicaine de l’Assemblée nationale et du groupe Communiste républicain citoyen et écologiste – Kanaky du Sénat veulent proposer : un budget qui soit au service de la solidarité nationale et non au profit de quelques-uns, un budget qui crée une richesse vertueuse. C’est pourquoi nous venons de déposer une proposition de loi visant à instaurer diverses mesures d’urgence sociale et fiscale. Elles mettent en évidence que l’austérité pour tous est un choix politique et non une fatalité.

Face à l’urgence climatique et écologique, un sursaut est indispensable notamment dans les territoires dits ultramarins, en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique. Nous formulons dix propositions alternatives en faveur de la justice sociale : abrogation de la réforme des retraites, augmentation des salaires (Smic à 1 600 euros et salaires indexés sur l’inflation), évolution du traitement des fonctionnaires (point d’indice reconsidéré à + 10 %), revalorisation des pensions de retraite (fixation du montant minimum de retraite à 100 % du Smic net pour une carrière complète) et des minima sociaux à hauteur de + 10 %, amélioration du pouvoir d’achat des ménages (par un blocage des prix des loyers, des produits alimentaires…) et lutte contre la vie chère dans les territoires dits d’outre-mer (instauration d’un taux à 0 % pour les produits de première nécessité).

Dix propositions de justice fiscale viennent compléter le projet : lutte contre l’évasion fiscale grâce notamment à l’imposition des plus-values, mise à contribution des revenus du capital, doublement de la taxe sur les transactions financières, rétablissement de l’impôt sur les sociétés, abrogation des niches fiscales injustes, conditionnement des aides aux entreprises ou encore instauration de taxes sur les très hauts patrimoines.

Nous voulons aussi protéger les services publics et les collectivités locales par l’indexation de la dotation globale de fonctionnement des collectivités sur l’inflation. Ces propositions démontrent notre crédibilité financière.

L’enjeu consiste à sortir d’une société corsetée par la rente et l’héritage où l’accumulation stérile remplace l’élan collectif. Chaque fois, dans notre histoire, que les rentiers accumulent des sommes considérables, le pays s’appauvrit et les inégalités s’accentuent. C’est le respect du pacte social et fiscal que nous remettons au centre des débats afin que notre République et les valeurs universelles qui la fondent soient respectées.

Pierre Barros ; sénateur CRCE-K du Val-d’Oise, membre de la commission des Finances

Pascal Savoldelli ; sénateur CRCE-K du Val-de-Marne, vice-président de la commission des Finances

Logement, une crise sans précédent

30è Rapport sur le mal-logement de la Fondation pour le logement des défavorisés

Après avoir été annoncée, la bombe sociale du logement est en train d’exploser sous nos yeux et la crise du logement s’accélère de manière très inquiétante, comme le souligne le 30è rapport annuel sur l’état du mal-logement de la Fondation.

En France, 350 000 personnes sont sans domicile, en hébergement ou à la rue. 30 % des ménages ont eu froid dans leur logement en 2024, contre 14 % en 2020. Plus de 2,7 millions de ménages étaient en attente d’un logement social mi-2024. Plus de 19 000 ménages ont été victimes d’expulsion locative en 2024.

Une crise du logement sans précédent dans notre région, alerte le groupe de « La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne » au Conseil régional d’Île-de-France. À lire ci-dessous son communiqué.  

La Fondation pour le logement des défavorisés dévoile son 30ème rapport sur l’état du mal-logement en France, document de référence. Chiffres à l’appui, la Fondation confirme une crise sans précédent du logement. Tous les signaux sont au rouge : explosion du nombre d’enfants à la rue, des expulsions sans relogement, du prix des logements, des charges locatives… et une chute de la production de logement de 23,4% entre 2016 et 2021. Ils confirment que l’Ile-de-France s’enfonce dans une crise du logement sans précédent. Il s’agit d’une situation explosive.

Toujours plus de demandes, toujours moins de constructions

En effet, en 2023, le nombre de demandes de logement social en attente en dénombre 837 129. Cela représente une augmentation de 53 640 demandes sur un an (+6,85%). Le nombre de personnes en attente d’un logement social grimpe à 1 858 337, soit 106 462 personnes en plus en une seule année (+6,01%). L’Ile-de-France compte 100 000 demandes de plus qu’en 2020, soit 335 000 personnes en attente supplémentaires en seulement 3 années.

Ces terribles chiffres s’ajoutent à l’explosion des expulsions sans relogement, du prix des logements, des charges locatives… et à une chute de la production de logement de 23,4% entre 2016 et 2021. Depuis le 3ème trimestre 2023, le nombre de logements mis en construction chaque trimestre est inférieur à celui enregistré lors du confinement de 2020 ! La construction de logements en Ile-de-France atteint son plus bas niveau depuis 1993. Par ailleurs, les loyers des logements sociaux neufs explosent : ils sont, en moyenne en Ile-de-France, 28% supérieurs aux logements sociaux existants.

L’Ile-de-France, région capitale du sans-abrisme

Le nombre d’enfants à la rue et de sans-abri bat un record : 350 000 sans-abris estimés en 2024 (plus 20 000 en un an) en France, dont plus de la moitié en Île-de-France. Il est à déplorer un record du nombre de morts dans la rue : 735 morts en 2024, record depuis le recensement associatif de ces victimes. L’Île-de-France concentre également 72% des nuitées  d’hébergement en hôtel du pays, alors qu’elle ne représente qu’un habitant sur cinq.

25 ans après la loi SRU, le nombre de communes carencées augmentent

L’Île-de-France compte désormais 67 communes hors la loi, soit 17 de plus que le précédent bilan triennal ! En effet, 67 collectivités (dans le Val d’Oise : Auvers, Enghien,  Ezanville, Franconville, Montlignon, Montmorency, Nesles-la Vallée, Le Plessis-Bouchard, Saint Brice, Saint-Leu la Forêt) ne respectent pas l’obligation de disposer de 25% de logements sociaux, plus de 23 ans après l’application de la loi SRU. Ce nombre augmente. Certains édiles revendiquent même, jusque dans la presse, un droit à l’illégalité et au refus de construire du logement social. La censure du Gouvernement de Michel Barnier a évité la mise en œuvre des projets visant à supprimer l’obligation de construire 25% de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants. Toutefois, les mesures efficaces de la loi SRU restent dans le viseur de la droite et de l’extrême-droite.

Zéro euro pour le logement en 2025, clause anti-ghetto, stigmatisation du logement social et de leurs habitants : la droite régionale complice

Alors que 70% de la population est éligible à un logement social, niant la gravité de la situation et des millions de Francilien·nes mal-logé·es ou non-logé·es, la droite régionale a réduit de 55,8% les crédits de paiement dédiés au logement entre 2015 et 2023. Pire, en 2025, Valérie Pécresse a décrété une « année blanche » : aucun crédit de paiement ne sera versé pour la rénovation ou la construction de logements sociaux (hors ANRU). Désavouée par l’État sur sa « clause anti-ghetto », la droite régionale persiste à vouloir stigmatiser les communes qui construisent du logement social au-delà du seuil minimal légal dans un contexte de pénurie historique.

Face à cela, un plan d’urgence pour la construction de logements sociaux et très sociaux s’impose. Il doit reposer notamment sur des aides nationales à la pierre, le soutien aux bailleurs sociaux (notamment publics), le renfort des aides aux locataires mais aussi par la prise de sanctions, prévues par la loi, à l’encontre des maires complices de cette situation qui constitue une véritable mise en danger de la vie d’autrui.

Céline Malaisé, Présidente du groupe de « La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne »

Lire ici le dossier de synthèse du rapport

Les vœux de Gabrielle

Belle affluence à la salle des fêtes d’Enghien-les-Bains ce 28 janvier 2025 pour les vœux de la députée Gabrielle Cathala !

Des élus (mais aucun des maires de la 6è circonscription, oublieux des traditions républicaines), des militants, des responsables associatifs et syndicaux, des citoyens des huit villes concernées et même au-delà, sont venus se retrouver et échanger après les différentes interventions.

On y était ! Nous avons répondu présents à l’invitation de Gabrielle, ainsi que d’autres Gratiennois·es. Nous apprécions son action de terrain, sa présence active devant les écoles, les marchés, les cités… toujours à l’écoute des problèmes, des inquiétudes, des revendications, et sa réactivité dès qu’on la sollicite sur quelque sujet que ce soit. Elle connaît parfaitement les villes de la circonscription pour les arpenter si régulièrement, et avoir visité tous les lieux qui comptent, hôpital des enfants de Margency, casernes des pompiers, écoles, quartiers, forêt de Montmorency… Elle connaît les dossiers brûlants, nuisances aériennes, non-remplacements des professeurs absents, difficultés d’accès aux soins, de logement, prolongement heureusement abandonné du BIP…

Au-delà de son territoire d’élection, elle agit dans le Val d’Oise, notamment en visitant les lieux de privation de liberté, prison et centre de rétention, ou en soutenant les chauffeurs de bus grévistes.

À l’Assemblée, elle est de tous les combats avec un travail parlementaire acharné au sein de son groupe et avec ses partenaires du NFP. Au rebours des précédent·es député·s que nous avons connu·es dans la 6è, absent·es du terrain, injoignables, rétrogrades, on aime sa pugnacité, son attention pour les problèmes du quotidien, sa présence sur le terrain, l’information sur son activité qu’elle rétrocède régulièrement. Et bien sûr, nous sommes proches de ses orientations politiques, même si nous appartenons à des formations différentes.

Avant l’intervention de Gabrielle, se sont exprimé·es Sophie Maley, conseillère municipale d’Enghien, et Manuel Bompard, coordinateur du mouvement de La France Insoumise.

Nous retranscrivons ici la prise de parole de Stéphane Bauer, élu de Saint Gratien.

 Vœux 2025, Enghien-les-Bains, mardi 28 janvier 2025, 19h30

Mesdames, messieurs, chèr·es ami·es, collègues de campagne, camarades,

Bonsoir et merci d’être venus aussi nombreux·ses à cette cérémonie des vœux de notre députée, Gabrielle Cathala, auprès des habitants de notre 6è circonscription du Val d’Oise.

Qui aurait cru qu’un jour, des vœux de la gauche et des écologistes réunis, sous la bannière du Nouveau Front Populaire, seraient prononcés ici dans cette enceinte, à Enghien les Bains !  

Nous pensions que cela était impossible, nous, vous l’avez fait le 7 juillet dernier au terme d’une dense campagne de terrain, où on nous a vus partout, partout sur les terrains de notre circonscription.

 Je vous souhaite d’abord une bonne santé, et une bonne année de paix, et pour le reste le meilleur. Ce n’est pas rien, dans la période, pleine de tensions et d’incertitudes, nationales et internationales.

Pour me concentrer sur notre terrain, sur notre circonscription, deux souhaits, deux vœux.

Et je me tourne vers Gabrielle.

Mon  premier vœu. Le souhait de conserver une députée de terrain, le plus longtemps possible. Une députée efficace. Une députée qui se nourrit du terrain, de notre terrain, pour porter à l’Assemblée Nationale et dans les instances nationales, des propositions aiguisées, claires, qui marquent des points. Et tu as marqué des points : contre la 2 fois 2 voies, la prolongation inutile du BIP de Soisy vers Bonneuil, ta première proposition de loi dès mi- juillet ; ton intervention à la tribune de l’Assemblée Nationale sur les aidants, en commission sur les conditions d’enseignement, les nuisances aériennes, les crèches privées…

Cela avait été un élément de discussion lors de la campagne. Tenir l’engagement de revenir après la campagne auprès des gens, des personnes, que l’on rencontrait au pied des magasins, dans les escaliers lors de nos porte-à-porte.

Engagement tenu. Très bien tenu ! Dès le 14 juillet tu organisais un pique-nique à Montmagny, puis un autre dès début septembre aux Raguenets à St Gratien. Depuis tu as démultiplié les contacts et les points de contacts avec les habitants de la circonscription. 

De par ta présence dans la circonscription, partout, au point que nous avons du mal à te suivre, nous avons là un outil pour exprimer nos doléances, mais aussi pour, de part nos expériences et nos vécus, faire suivre auprès de toi de la matière qui peut servir à alimenter, à illustrer, à conforter un projet de loi.

Mon premier souhait, c’est qu’ensemble nous continuions à créer les conditions pour que Gabrielle rayonne dans la circonscription, dans l’intérêt des besoins des habitants et dans l’intérêt général.

Deuxième souhait, deuxième vœu qui va au-delà de 2025.

Que notre rassemblement sous la bannière du Nouveau Front Populaire, de la gauche et des écologistes, résiste ici, dans nos villes, aux tempêtes, aux vicissitudes, aux ornières sur la route. Que le NFP s’élargisse, qu’il s’approfondisse.

Comme l’a dit encore récemment Lucie Castets, « quand on croit au NFP, ne nous arrêtons pas à chaque difficulté, à chaque soubresaut, à chaque tension… Les gens, les électeurs de gauche, les militants de gauche nous demandent de rester unis. Il existe un chemin pour être unis ». Sans rassemblement, sans notre rassemblement, il ne pourra y avoir de victoire en 2026 dans nos villes respectives. Sans rassemblement, nous ne serons pas capables de concevoir et porter un projet dans nos villes respectives pour faire changer les choses… Nous avons cette responsabilité-là. Construire un projet ambitieux, dans nos villes respectives. Avec les habitants. Pour les habitants.

Les gens ont besoin de cet espoir. Notamment dans la perspective des municipales de 2026.

Pourquoi cette exigence de projets ambitieux pour 2026, travaillés avec les habitants ?

Parce que nos services publics sont exsangues : des classes sans enseignant ici et là, une paupérisation de l’école publique ; un hôpital public dans une situation critique ; des besoins en matière de logements à des prix abordables pour les habitants de nos secteurs géographiques.

Et en face, nous avons des majorités aux commandes dans les villes où nous habitons, des majorités à droite sur l’échiquier politique, dans presque toutes les villes de notre circonscription, qui sont à bout d’idées, à bout de volonté, nous mettent à bout.

Un exemple à St Gratien, où je suis élu du groupe « St Gratien Solidaire Écologique et Citoyen ».

Dans le budget 2025, 16% des investissements seulement seront consacrés à la transition écologique ; et moins de 10% à l’enfance. 

Mais 30% du budget seront consacrés à la réfection de la voirie (= remettre du goudron) et 834 000 € (9% du budget d’investissement) pour installer 60 nouvelles caméras, à comparer à 56 000 € pour végétaliser une seule des 14 cours d’école…

Rien pour développer les mobilités alternatives à la voiture.

Rien pour le vieux centre de loisirs Fossiez, mal adapté à l’accueil des enfants.

Deux centres culturels seront certes réhabilités, avec recours à de fortes subventions, mais sans aucune concertation avec les responsables associatifs, ni les utilisateurs.

Il faut que cela change, au regard des enjeux.

Mon deuxième souhait est que nous travaillions ensemble dans nos villes respectives pour changer la donne. Il en va de notre responsabilité. Travailler à gauche, travailler avec les écologistes voire avec d’autres partenaires clairs sur ces objectifs et ambitions en matière de solidarité, de bifurcation écologique, de renouvellement de la démocratie locale.

Voilà l’ambition.

Voilà mes vœux pour 2025 et au-delà.

Merci à tou·tes. Et encore bonne année !

Stéphane Bauer

No Other Land

Pour fêter les 50 ans de notre cinéma « Les Toiles », nous sommes allés ce samedi… au cinéma !

C’est un documentaire sur la vie des Palestiniens en Cisjordanie occupée que nous avons choisi de voir : « No Other Land ». Un sujet assez peu traité au cinéma !

On ne ressort pas indemne de la séance, tant ce film est bouleversant. Violence, injustice, négation totale de droits fondamentaux, souffrance des familles palestiniennes chassées de leurs terres, leurs maisons éventrées, leurs puits bouchés… et cette faible lueur d’espoir qui naît de l’amitié entre deux jeunes, le Palestinien et l’Israélien, que tout pourrait pourtant opposer.

À lire ci-dessous la critique parue dans le journal « l’Orient-Le Jour ».

L’Orient-Le Jour est le seul quotidien libanais d’expression française. Il défend depuis sa création les valeurs démocratiques, le pluralisme, l’ouverture vers l’autre et le dialogue des cultures et des religions.

« No Other Land », un documentaire sur la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, nommé aux Oscars

Le film a reçu le prix du meilleur film documentaire au Festival international du film de Berlin en février 2024.

Il fait nuit et l’on entend seulement les sirènes de la police israélienne qui s’approche. La bande-annonce de No Other Land, un film projeté pour la première fois à la Berlinale en février 2024, donne le ton d’emblée. Le documentaire a comme mission de montrer la réalité brutale de la vie quotidienne des Palestiniens en Cisjordanie occupée, à travers une histoire humaine. Celle de l’amitié se formant entre un Palestinien, Bassel Adra, qui tente de documenter la perte de sa terre natale dans le village de Masafer Yatta, entouré de colonies israéliennes illégales, et d’un journaliste israélien juif, Yuval Abraham, avec lequel il couvre la violence des colons israéliens à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie occupée.

Bassel résiste depuis son enfance au déplacement forcé de son peuple par l’armée israélienne. Il enregistre la destruction progressive de sa terre natale, où les soldats israéliens démolissent les maisons et expulsent leurs habitants afin de créer une zone de tir militaire. Yuval l’aide alors dans son combat. Le lien inattendu qui se crée entre eux est mis à mal par le fossé énorme qui sépare leurs conditions de vie : Bassel est confronté à une oppression et à une violence constantes, tandis que Yuval jouit de la liberté et de la sécurité.

Le film a été tourné sur cinq ans, de 2019 à 2023, combinant 20 ans de documentation accumulée par les habitants qui luttent contre leur expulsion.

No Other Land  a été nommé dans la catégorie du meilleur long-métrage documentaire aux Oscars, bien qu’il n’ait pas été distribué aux États-Unis. La 96ᵉ cérémonie des Oscars se tiendra à Hollywood le 2 mars prochain.

Un film qui traite « de notre existence »

Le film marque les débuts en tant que réalisateur de Bassel Adra, Yuval Abraham, tous deux à l’écran, en collaboration avec Hamdan Ballal et Rachel Szor, qui sont tous les quatre membres d’un collectif rassemblant des Palestiniens et des Israéliens. Les quatre créateurs décrivent le tournage de ce documentaire comme « un acte de résistance sur le chemin de la justice » alors que la guerre de Gaza, ayant duré plus de 15 mois, connaît une trêve fragile depuis le 19 janvier suite à un accord de cessez-le-feu signé entre Israël et le Hamas.

Au cours du tournage du documentaire, le domicile de Bassel Adra dans le village de Masafer Yatta fait notamment l’objet de deux descentes de l’armée israélienne, au cours desquelles des ordinateurs et des caméras ont été saisis. Dans la bande-annonce, alors que Bassel filme des destructions menées par des soldats de l’armée israélienne, il est poursuivi par l’un d’entre eux qui tente de s’emparer des images.

« Félicitations à nos amis pour leur nomination dans la catégorie “meilleur documentaire”. No Other Land donne un aperçu vital de la vie quotidienne des Palestiniens sous la menace constante d’un nettoyage ethnique à Masafer Yatta », a réagi sur la plateforme X le collectif Breaking the Silence, une ONG d’anciens soldats et de réservistes de l’armée israélienne visant à rendre publics des témoignages sur la réalité des opérations israéliennes dans les territoires palestiniens.

Ce film a déjà remporté plusieurs prix, notamment celui du meilleur film documentaire au Festival international du film de Berlin, la Berlinale, en février 2024. La prise de parole de Yuval Abraham, dans laquelle il avait dénoncé une « situation d’apartheid » en Israël, l’occupation israélienne de la Cisjordanie et appelé à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, lui avait valu d’être accusé « d’antisémitisme » par des responsables politiques allemands avant de recevoir des menaces de mort sur les réseaux sociaux.

Le tollé suscité par cette cérémonie en Allemagne avait par ailleurs donné lieu à des appels à la démission de la ministre d’État chargée de la culture, Claudia Roth, membre du parti des Verts, qui avait applaudi le discours d’Abraham et de Adra. Preuve de la sensibilité du sujet, la ministre s’était rétractée par la suite, précisant avoir « applaudi le discours du journaliste israélien » exclusivement.

En parallèle, No Other Land a fait des remous en Israël à la suite de ce même discours, les réalisateurs ayant appelé à l’époque à un cessez-le-feu à Gaza et demandé au gouvernement allemand de cesser de fournir des armes à Israël. Abraham disait alors : « Je sais que c’est un moment très difficile pour sortir un film, mais il est très important pour moi que le public israélien le voie. Le film traite de sujets que nous n’avons pas l’habitude de voir dans les grands médias, de l’amitié impossible, du régime militaire en Cisjordanie, mais aussi de la lutte commune des jeunes Israéliens et Palestiniens pour un avenir égalitaire. (…) Nous avons invité le public à regarder un film qui traite de notre existence même et qui propose une voie différente vers la réconciliation et une solution de paix. » 

Le quotidien israélien Haaretz rappelait alors que la sortie de No Other Land avait amené certains médias israéliens à considérer ses réalisateurs comme « antisémites », dénonçant le fait « qu’à la télévision israélienne, vous êtes un antisémite si vous osez mentionner l’occupation. »

« Il est temps de distribuer “No Other Land” »

Yuval Abraham avait également déclaré au journal britannique The Guardian qu’il avait dû renoncer à son retour en Israël au lendemain de la cérémonie, après avoir appris que les médias israéliens qualifiaient son discours d’antisémite, certains citant des responsables allemands.

Malgré l’accueil positif de la critique, le film a rencontré des difficultés pour trouver des sociétés de distribution prêtes à le diffuser aux États-Unis ou dans d’autres pays occidentaux. Au début du mois, alors qu’il recevait un prix décerné par le New York Film Critics Circle, Brady Corbet, réalisateur du film The Brutalist, également nommé aux Oscars et mettant en scène l’immigration aux États-Unis d’un juif d’origine hongroise survivant de la Shoah, a profité de son discours de remerciement pour appeler l’industrie cinématographique à mettre fin à ce boycott. « Et la dernière chose que je voudrais dire, c’est qu’il est temps de distribuer No Other Land », a-t-il lâché.

Plus de 750 000 colons israéliens sont illégalement établis en Cisjordanie occupée, tandis que plus de 1 800 attaques de colons contre des Palestiniens ont été recensés depuis le 7 octobre 2023, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU. Au moins 870 Palestiniens, dont 177 enfants, y ont été tués depuis cette date des suites de violences commises par des colons ou des soldats israéliens, qui ont également blessé 6 700 personnes, selon le ministère palestinien de la Santé. De plus, au moins 13 500 Palestiniens, ont été arrêtés et plus de 2 100 structures ont été démolies, entraînant le déplacement de plus de 6 700 personnes, selon l’organisation onusienne, qui ajoute que 34 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée depuis le début de l’année.

Parmi eux, au moins 12 ont été tués depuis le début du raid de grande ampleur lancé mardi par l’armée israélienne dans le camp de réfugiés à Jénine, d’après le bilan du ministère palestinien de la Santé.

Voir la bande annonce

Tribune libre

Voici notre première « tribune libre » de 2025 !

Elle est parue dans le magazine municipal de janvier.

Budget 2025 

La ville sous-estime l’urgence de lutte et d’adaptation au changement climatique.

Sur 9,4 M€ de travaux, 16% seulement seront consacrés à la transition écologique ; moins de 10% à l’enfance.  

Mais 30% à la réfection de la voirie et 834 000 €  (9%) pour installer 60 nouvelles caméras. À comparer à 56 000 € pour végétaliser une seule des 14 cours d’école…

Rien pour développer les mobilités alternatives à la voiture.

Rien pour le vieux centre de loisirs Fossiez, mal adapté à l’accueil des enfants.

Deux centres culturels seront certes réhabilités : C. Claudel entièrement subventionné et le centre du Parc, où il y avait urgence.

Sans concertation avec les responsables associatifs, ni les utilisateurs. Alors que la salle d’armes rénovée pour les J.O a déjà été confrontée aux mêmes causes d’inondations que précédemment et que sa température ne convient pas aux escrimeurs.

La Fédération des usagers de la bicyclette nous consulte 

St Gratien, une ville cyclable ? Pour que cela bouge, répondez du 28/02 au 03/06 au Baromètre Vélo, donnez vos impressions sur les aménagements municipaux et ce qui manque : https://barometre.parlons-velo.fr

Info & contact : www.fub.fr ; saint-gratien@mdb-idf.org

Tous nos vœux pour 2025 et d’abord de paix !

I. Volat, S. Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr